Guisle, épouse d'Isarn II de Lautrec

Par Stéphane Cosson le 17 juin 2013 | (0) Commentaires | Permalink

A quelle famille appartient Guisle, l’épouse d’Isarn II de Lautrec ? Peut-être pouvons-nous nous intéresser à ce prénom pour le savoir.

 J’ai lu certains auteurs tarnais dire qu’elle appartenait à la famille de Cerdagne mais ceux-ci ne donnaient pas plus de renseignements. Comment le démontrer ?

 Qu’avons-nous ? On trouve une première Guisle, épouse de Bérenger 1er de Melgueil décédé en 947. Nous trouvons à la même époque une autre Guisle, peut-être la même, épouse d’Amélius Simplicius avec laquelle il paraît en 947.

Dans la descendance de cette Guisle et d’Amélius Simplicius, nous trouverons l’épouse de Sicard III de Lautrec dont j’ai déjà parlé.

 Dans la descendance de Bérenger de Melgueil, une de ses petites-filles, fille de Bernard II de Melgueil et de Sénégonde de Rouergue, porte ce prénom. Elle épouse Gausfred 1er comte d’Empuries et de Roussillon, décédé en 991 et appartenant bien à la famille de Cerdagne. La piste semble donc être la bonne.

Ils ont une fille Guisle qui est l’épouse d’Ermengol (ou Ermengaud) 1er comte d’Urgell.

Ils ont aussi plusieurs fils dont Hugues 1er comte d’Empuries et de Roussillon qui épouse Guisle de Béziers, fille de Raymond 1er Roger de Carcassonne et de Garsinde de Béziers. Pour information, Garsinde de Béziers descend d’une sœur de Sénégonde de Rouergue. Raymond 1er Roger de Carcassonne est le neveu de Guisle de Melgueil.

Hugues 1er est décédé en 1040. De son mariage, il a un fils prénommé Pons, décédé en 1078, époux d’Adélaïde de Besalu.

Pons 1er d’Empuries et de Roussillon aura lui-même une fille prénommée Guisle.

 Sicard III de Lautrec est décédé âgé en 1135. Sans doute aux alentours de 80 ans. Ce qui le ferait naître vers 1055. Peut-être sa mère Guisle est-elle la fille de Pons 1er ? En effet, dans les documents que j’ai pu lire, cette fille n’a pas d’union connue. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est décédée célibataire.

 Cela pourrait expliquer dans la famille de Lautrec l’apparition de plusieurs prénoms : Pierre (comme un des fils de Pons 1er et d’Adélaïde de Besalu), Guillaume (comme le père de Garsinde de Béziers), Raymond (comme le frère de Pons 1er), Ermengaud (comme un des fils de Pons 1er et d’Adélaïde de Besalu), Hugues (comme Hugues 1er), Guilabert (comme Guilabert 1er d’Empuries et de Roussillon, frère de Hugues 1er).

 L’épouse d’Isarn II de Lautrec donnera son prénom à sa fille, abbesse de Vielmur sur Agout, dans le Tarn, et à une de ses petites-filles, épouse de Raymond-Amélius du Puy de Melgueil.

Voir aussi : Actualité

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Economie des données personnelles chez les géants du Web

Par Stéphane Cosson le 2 juin 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Vous l’avez vue, peut-être lue, voire même signée. Je parle bien évidemment de la pétition des archivistes à propos de l’anonymisation des données personnelles.

Mais que craint vraiment l’Europe ? Je suis allé chercher du côté des informaticiens (magazine 01Net n° 775) ce qu’ils nous disent des géants du web et de ce qu’ils savent de nous. En prenant ici deux exemples de géants du Web mais ils font tous pareils, rassurez-vous !

 Prenons par exemple Google. Vous connaissez, vous l’utilisez quasiment tous. Mais… Si vous  postez vos e-mails par son intermédiaire, saviez-vous qu’il peut connaître à qui vous les postez, quand vous le faites, quelles sont vos habitudes de consommation, les lieux où vous vous déplacez, les sites visités, etc. ? A partir de là, il peut en déduire comportement, goût, orientation sexuelle, préférences politiques.

Demandez à Facebook ce qu’il sait de vous. Par simple curiosité. Si si, demandez. Vous allez voir ! J’espère que vous aimez lire des pavés parce qu’il va vous envoyer un dossier de 800 à 1200 pages. Ce dernier comprenant en outre tout ce que vous avez supprimé (enfin le croyiez-vous, parce que, là, c’est raté !).

 Des informations confidentielles sur nous-mêmes, on en donne tous les jours. Et quand ce n’est pas nous, ce sont nos amis ou nos proches ! Involontairement bien sûr. Mais pour se cacher d'eux, cela devient de plus en plus compliqué.

 Pourquoi récoltent-ils toutes ces données ? Parce qu’elles leur rapportent. Cette blague ! En Europe, leur commercialisation a créé un CA de 315 milliards d’euros en 2011. Vos données valent de l’argent, beaucoup d’argent, vous l'aurez compris. Tenez quelques prix, pour le fun : votre statut marital rapporte 1 centime de dollars, tout comme chaque présence d’enfant. Votre niveau d’études ? 2 centimes de dollar. Vous êtes possesseur d’un Smartphone ? 3 centimes de dollar, tout comme la communication de vos centres d’intérêts. Et enfin, s’ils vendent un pack de différentes données, 5 centimes de dollar. En moyenne, nous leur rapportons 2000 euros chaque année. Chacun de nous. Faites le calcul, vous verrez.

 Pour mémoire, il existe deux modèles économiques sur le Net : L’e-commerce ou la publicité. Google et Facebook gagnent leur vie uniquement avec le deuxième.

 Mais que vendent-ils ? Certainement pas les first data ! Elles sont au cœur de leur business. Par contre, votre profil, rendu anonyme… Sachant que ces données anonymisées sont conservées aussi longtemps que nécessaire (6 mois pour Google, jusqu’à suppression du compte sur Facebook). Et ils les revendent bien sûr à des « partenaires de confiance » qui sont…. Des « partenaires de confiance » !

 Vous croyez être tranquille parce que vous êtes hors ligne ? LOL ! Oubliez tout de suite ! Ce n’est pas le cas.

A partir de tout cela, il est possible de faire de la prédiction, de la recommandation. Vous tapez un mot-clé dans Google ? Vous avez droit à une publicité en lien avec votre requête. Mais comme nous sommes des êtres vivants, cette gestion des données sert aussi à nous suivre à la trace. Ou si vous préférez, les géants du Web font du « re-targeting ».

 Et pour demain, nous devrons nous attendre à de la reconnaissance faciale (ah les photos publiées sur Facebook ! Une véritable manne future.) ou de l’hyper-contextualisation (eh oui, nous n’avons pas des mobiles pour rien !).

 Bref, vous le voyez, nous sommes bien loin, mais alors, vraiment à plusieurs galaxies voire à des milliards d’années-lumière de ce qui se passe dans les Archives. Le problème, c’est que l’Europe pour le moment du moins a du mal à faire la différence. A nous de la leur montrer.

Voir aussi : Actualité

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La femme inconnue de Sicard III de Lautrec

Par Stéphane Cosson le 28 mai 2013 | (6) Commentaires | Permalink

Travaillant actuellement à la préparation d’une conférence sur les branches inconnues et inédites de la famille de Toulouse-Lautrec, j’en profite pour faire quelques recherches le soir sur la généalogie de cette famille.

 C’est ainsi que je me suis intéressé à l’épouse inconnue de Sicard III de Lautrec. Pouvait-on savoir qui elle était ? Oui, je sais, comme cela, c’est fou comme recherche. Comment déterminer l’identité de quelqu’un dont le nom n’est pas resté dans l’histoire ? Est-ce vraiment possible ? Difficile certes, mais pas de l’ordre de l’improbable. Il faut utiliser d’autres outils.

 Que sait-on ? L’ouvrage de Jacques-René Magné et Jean-Robert Dizel sur les Toulouse-Lautrec paru en 1992 aux éditions Christian nous dit que Sicard III de Lautrec est mort après 1135, à un âge avancé, peut-être aux alentours de 80 ans, ce qui le ferait naître vers 1055. Il est fils aîné d’Isarn II de Lautrec et de Guisle. En 1072, il souscrit avec son oncle Frotaire l’acte de réformation de l’église d’Albi et d’autres monastères du diocèse, suite aux troubles engendrés par l’excommunication pour cause de simonie par le Concile de Toulouse dudit Frotaire.

En 1135, il est cité dans une donation faite par Ermengaud de Vintrou à l’église du Puy.

 De son épouse inconnue, il eut comme enfants :

1/Sicard IV, mort jeune.

2/Sicard V, dont les descendants mâles deviendront bien plus tard les Toulouse-Lautrec.

3/Pierre-Guillaume, cité dans une donation faite en 1148. Peut-être père de Pierre-Ermengaud, Guillaume-Hugues et Suisset.

4/Raymond, religieux à l’abbaye de Saint-Pons en 1139, mort en 1163.

5/Amélius-Sicard, tige des Lautrec-Venès.

 Si nous regardons les premiers degrés de la famille de Lautrec, nous retrouvons comme prénoms exclusivement Isarn, Sicard et Frotaire (ou Frotard). Les enfants de Sicard III ont des prénoms spécifiques, hors du commun pour cette famille : Pierre, Guillaume, Raymond, Amélius. Ils ne proviennent pas du côté Lautrec, c’est une évidence. Et s’ils venaient alors du côté de la femme inconnue de Sicard III ?

 L’un d’eux est très particulier : Amélius. Il fait immédiatement référence à la dynastie des Amelii, basée à Lézat (Ariège). Et si la femme de Sicard III appartenait à cette dynastie, était une Amelia ? Partons de cette hypothèse et essayons de voir de qui elle pourrait être la fille.

 Que savons-nous des Amelii ? Patrick de Latour, dans la revue du Comminges (3ème trimestre 2003), s’est penché sur la généalogie de cette famille pendant deux siècles Xème-XIIème. Son étude est basée principalement sur le cartulaire de l’abbaye de Lézat. Je vous renvoie à cet article, très intéressant, qui fait référence, si vous désirez en savoir plus.

Parmi tous les personnages qu’il étudie, celui avec qui pourrait être apparenté Sicard III de Lautrec pourrait être Amélius-Raymond, fils de Raymond-Guillaume et de N de Melgueil, qui donna naissance aux familles Marquefave et du Puy.

Amélius-Raymond eut en effet deux fils :

1/Guillaume-Amélius, époux de Belissende, ancêtre des Marquefave.

2/Raymond-Amélius, ancêtre des du Puy. Il aurait épousé Guisle, peut-être fille d’Isarn II de Lautrec, vers 1055. Certains auteurs la disent fille de Sicard III mais au vu de cette date de mariage, ce n’est pas possible.

 Ce qui pourrait expliquer l’apparition des prénoms Pierre (prénom d’un frère d’Amélius-Raymond), Raymond et Guillaume dans la famille de Lautrec, en plus du prénom d'Amélius. La femme de Sicard III de Lautrec pourrait être soit une fille de Raymond-Amélius soit une fille de Guillaume-Amélius.

 Pour ce qui est du prénom Ermengaud, fils de Pierre-Guillaume de Lautrec, petit-fils de Sicard III, il pourrait être mis en rapport avec le prénom « Ermengarde », prénom de l’aïeule d’Amélius-Raymond, des vicomtes de Carcassonne.

Par cette alliance, la famille de Lautrec se trouverait alors alliée avec de nombreuses familles importantes du secteur.

 Mais ce n’est pour le moment qu’une hypothèse à confirmer.

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Définition économique de la vie privée

Par Stéphane Cosson le 20 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Je vais faire mon Petit Poucet et essayer de semer des petites pierres sur le chemin du « Droit à l’oubli » qui semble si cher à l’Europe et qui est, à mon avis, si mal compris par elle. Et si on regardait du côté de l’économie ? Peut-on y trouver des clés de compréhension ?  La théorie économique considère en effet les données personnelles comme des biens particuliers, des ressources immatérielles, leur exploitation affectant la vie privée. Avant de s’attaquer aux données personnelles, et si on essayait de se poser en premier la question : qu’est-ce que la vie privée ? Est-ce que la définition de l’une peut nous aider à avoir une meilleure définition des autres pour mieux comprendre ensuite ce qu'est ce fameux droit à l'oubli ?

 La vie privée est une notion difficile à saisir. Son contenu varie en fonction des pays, des périodes historiques. Il varie aussi en fonction de la personne, de ses perceptions et stratégies individuelles, de son éducation, de sa soumission aux lois... Tout cela élargit ou rétrécit son étendue. Bref, ce n'est pas simple car il y a beaucoup d'inconnues, de facteurs entrant en jeu.

C’est Aristote qui est à l’origine de cette notion quand il opéra la distinction entre la sphère publique (l’activité politique, la cité) et la sphère privée (vie familiale et domestique). Mais la notion telle que nous l’entendons de nos jours provient de deux juristes, Samuel Warren et Louis Brandeis, des Etats-Unis comme leurs noms l’indiquent, qui l’ont définie en 1890. Ils ont fait apparaître trois dimensions :

  •  Le secret : La vie privée est la capacité qu’a l’individu de contrôler la collecte et l’utilisation de ses informations personnelles. Certains économistes, comme ceux de l’Ecole de Chicago, y ajoutent une dimension de suspicion, d’autres préfèrent mettre derrière ce secret une notion plus positive de liberté individuelle. Malheureusement, les effets économiques ne sont abordés que sous l’angle suspicieux.
  • La tranquillité : C’est la possibilité de ne pas être perturbé dans son quotidien. Savoir et pouvoir s’aménager une zone de quiétude. Pouvoir s’isoler de la société devient alors une source de bien-être. C’est un droit à être laissé seul, la zone d’intimité propre à chacun où personne ne peut entrer s’il n’y est pas convié au préalable. Pas seulement du point de vue territorial, mais aussi relationnel et communicationnel.
  • L’autonomie individuelle : C’est la capacité à se gouverner soi-même. Cela implique que nous puissions avoir confiance dans nos capacités de prise de décision afin d’être responsables de nos actes, de nos décisions. C’est aussi un respect moral à avoir vis-à-vis de nous et des autres. Cela renvoie à l’authenticité  des désirs, valeurs, émotions à l’origine de nos actions. En France, la libre disposition de soi est un droit reconnu. Un individu peut décider de son propre chef dans quelles circonstances il montre ou dissimule des aspects de sa vie. Mais pour d’autres aspects, bien malgré lui, il subit des contraintes sociales, normatives, parfois coutumières, procédurales d’un point de vue organisationnel, légales, etc. Quand je vous dis que ce n'est pas simple !

 L’économiste Hischleifer donne malgré tout cette définition de la vie privée en 1980 : désir humain d’indépendance par rapport au contrôle des autres, désir de contrôler sa propre personne et son propre temps.

A partir de là, on peut s’intéresser aux données personnelles et se poser la question : qu’a-t-on le droit de voloir faire oublier ? Mais ça c'est pour une autre note. 

Voir aussi : Actualité

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Les noms d'oustal seraient-ils issus des cognomen romains ?

Par Stéphane Cosson le 18 mai 2013 | (1) Commentaires | Permalink

La France Méridionale a un héritage inégalitaire. Le plus cohérent à première vue puisqu’il concilie nécessité de transmettre un bien  entre les générations et maintien du patrimoine familial intact afin que les exploitations soient viables.

Selon la règle de droit romain appliquée normalement que sous l’Ancien Régime (mais qui a perduré ensuite, le Code civil n'ayant pas changé grand chose dans les faits) un seul des enfants est désigné comme héritier. Il reçoit la totalité du patrimoine, l’oustal ou oustau suivant les régions : une maison, des champs, une part dans les droits d’accès aux pâturages. Il vit avec les parents qui lui accordent soit par contrat de mariage soit par testament cet héritage. Les parents gardent  toutefois l'usufruit leur vie durant d'une partie et prévoient le cas éventuel de séparation avec leur héritier désigné.

Les cadets reçoivent une dot : un peu d’argent versé en plusieurs fois, des draps (toujours désignés sous le nom occitan de « linceuls »), un lit garni de couette et coussin remplis de plumes, une nappe, des serviettes, un coffre fermant à clé (la caisse) ou une armoire (le cabinet), des animaux. Les femmes reçoivent en plus des robes dont une noire (la robe de mariage). Dans certaines régions, comme la frontière entre le Tarn et la Haute-Garonne, dans le Vaurais, les parents de la fiancée donnent en plus ce qu’ils appellent des aides à la noce, c'est-à-dire des aliments.

A chaque maison est attaché un nom qui vient se substituer au patronyme du couple qui l’occupe et un certain prestige social à défendre.

 A chaque maison est attaché un nom. Apportons quelques nuances car en fait en plus du droit écrit romain, socle de l’Occitanie en ce domaine, nous trouvons des coutumes différentes selon les régions. Dans les Baronnies pyrénéennes, tout individu est désigné par le nom de la maison dans laquelle il vit et ce nom est attaché à la maison sans considération pour les liens de parenté unissant les occupants successifs. C’est le système à maison le plus pur.

Dans les Pyrénées Atlantiques un homme qui entre en gendre chez une héritière perd le droit de transmettre son nom. Ses enfants porteront celui de sa femme. J’ai étudié par exemple une famille Betbeder sur la commune d’Ogenne. En 1674, l’héritière de la famille Betbeder, prénommée Marie, épouse Jean Supervielle. Leurs enfants portent le nom de Betbeder. Leur fille Catherine, héritière à son tour, épouse en 1690 Bernard Labricq. A nouveau, les enfants de ce couple sont des Betbeder, pas des Labricq. S’ils existent plusieurs familles Betbeder dans le village, ce qui est le cas à Ogenne, on les distingue par un surnom : Betbeder Gouzenne, Betbeder Candau. Le surnom pouvant être alors le nom de la maison où la branche habite.

Dans le Quercy, l’homme qui venait en gendre voyait ses enfants porter en plus un surnom dérivé du patronyme de leur mère ou même de son surnom. Par exemple les enfants d’une héritière nommée Sembel épouse Bach peuvent s’appeler Bach Sembelat ou Bach Sembelou. Une demoiselle Couderc dite Clarou, car son père habitait un lieu habité Saint-Clair, peut transmettre ce surnom à ses enfants. Mais s'il était héritier, les branches pouvaient se distinguer par le prénom de l'ancêtre fondateur.

Entre autres exemples.

 Toutefois, mes recherches dans différents départements de Midi-Pyrénées, depuis des années, le dépouillement de notaires m’ont posé desquestions au fil du temps. Car, en fait, pour une personne déterminée, on peut dire qu’elle porte trois noms : son prénom, son nom de famille et le surnom qui lui est attaché. Or là aussi, il me semble que nous sommes en plein dans le droit romain. Le nom complet d’un romain en effet se compose d’un prénom (le praenomen), d’un nom (le nomen) suivis d’un surnom (le cognomen).

Aurions-nous de ce fait, sous une autre forme, la réminiscence des gentes romaines ? Une gens est un groupe familial patrilinéaire portant le même nom. Si elle est nombreuse, la gens s’est divisée au cours du temps en diverses branches se distinguant par un cognomen différent.

C'est bien le cas, il me semble, pour nos noms d'oustal.

 Les premiers surnoms romains ont pour origine un trait physique ou un lieu géographique. Cela peut être peu flatteur s’il s’agit d’un trait de caractère. Ce sont les mêmes origines pour nos surnoms d’oustal. Et pour tous les surnoms d’ailleurs, la règle n’est pas propre à l’Occitanie.

 Et si nos surnoms d’oustal venaient directement de cet héritage ? Je ne suis pas sûr que les ethnologues se soient posé cette question. Je n’ai rien trouvé dans la littérature à ce sujet. De même, je n’ai rien lu dans la littérature généalogique. Une question à creuser sans doute, un nouvel espace de recherche peut-être.

Voir aussi : Initiation

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A propos du mariage pour tous

Par Stéphane Cosson le 12 mai 2013 | (8) Commentaires | Permalink

Il est rare que je fasse un sujet qui soit vraiment d'actualité. Cette fois-ci j'ai pris le risque.L’adoption de la loi sur le mariage pour tous apportant de nombreuses modifications, les revendications des opposants m’agaçant profondément, sans doute à cause de ma formation universitaire en ethnologie de la famille et en sociologie, je suis donc allé chercher du côté des sociologues et des ethnologues ce qui se disait. Et en m'impliquant dans cette bataille peut-être beaucoup plus que d'autres fois. Du coup mes écrits peuvent déplaire, je préfère prévenir même si j'ai essayé d'être le plus neutre possible. Mais l'est-on vraiment ?

 Filiation et parentalité homosexuelle :

Tout d’abord, la filiation est avant tout un lien juridique par lequel est définie l’appartenance de l’individu à un groupe de parents et auquel sont associé un ensemble de droits (transmission du nom, succession et héritage), de devoirs (obligation d’entretien réciproque) et d’interdits (prohibition de l’inceste).

Notre système de filiation se rapproche le plus possible de l’engendrement. Mais c’est un choix culturel accompagné d’une norme qu’est l’exclusivité. Chacun de nous n’est en position de fils ou de fille que par rapport aux individus qui l’auraient en principe conjointement engendré et ne peut avoir qu’un seul père et qu’une seule mère, d’une génération ascendante (et de sexe différent jusqu’à l’adoption de la loi concernant le mariage pour tous qui modifie cela).

Le désir d’enfant n’est pas lié à l’orientation sexuelle.

De ce fait, environ 20000 enfants vivent en 2006 dans un foyer constitué d’un couple de concubins de même sexe. La majorité se trouvant dans des situations juridiques problématiques du point de vue de leur filiation. Si le parent décède, si le couple se sépare, qu’advient-il de l’enfant ? Le compagnon ou la compagne n’a en effet aucun lien juridique avec l’enfant qu’il contribue à éduquer.

Les familles homoparentales sont par définition pluriparentales : elles mettent en jeu plus de deux adultes dans le processus de formation d’une famille, dont des parents « sociaux ». C’est le cas aussi, soit dit en passant, dans les familles hétérosexuelles recomposées.

 Le mythe du « bon parent »

 Être parent est associé à un univers de compétences et d’apprentissages. La parentalité « défaillante » est devenue l’objet de toutes les attentions.

Le sociologue américain Howard Becker a, de ce fait, parlé de « nouveaux entrepreneurs de la morale familiale » car il y a, selon lui, des producteurs de normes familiales. Mais qui les applique ? Comment sont-elles reçues et mises en pratique par les familles ?

 L’enfant est devenu un « bien précieux ». Tout serait mis en œuvre pour préserver l’enfance, devenue une période idéalisée.  Il faut la protéger non seulement d’éventuels dangers mais aussi anticiper les risques, notamment « psychologiques », qui pourraient compromettre son vécu.

Sous l’impulsion des discours psychanalytiques, le bien-être de l’enfant est désormais considéré de façon quasi-exclusive entre les mains de sa mère.

Rappelons qu’il est difficile pour les hommes gays de devenir père, en dehors de l’adoption et de la coparentalité. L’homme « célibataire » est, en plus, imaginé comme frappé d’une incapacité congénitale à s’occuper d’un enfant. Quand on ne craint pas purement et simplement la pédophilie de sa part.

 Toutefois … La lutte juridique contre les discriminations à l’égard des homosexuels a contribué à transformer leurs conditions de vie. Ils sont passés pour la majorité d’entre eux d’une culture de ghetto et de contestation de l’ordre familial traditionnel à une plus grande aspiration pour la vie conjugale.

 Mais est-il vraiment possible d’identifier le niveau d’aptitude de chaque parent dans sa mission socialisatrice et de diagnostiquer l’incompétence parentale, la défaillance, voire l’irresponsabilité ? Non, même si des émissions télé telles que Super Nanny ou Le Grand Frère stigmatisent les familles qualifiées de défaillantes, sauvées par une aide venant de l’extérieur. Et donnent du coup une image rassurante, comparative, en miroir, aux autres parents.

 Les sociologues ont alors étudié la mise en pratique des conseils émis par les spécialistes. Elle dépendrait de la position sociale des parents et deux modèles se dégageraient (de manière très dichotomique car la réalité est forcément bien plus complexe) :

  • Un modèle « savant » : la mère, puisque on considère qu’elle seule est capable, la mère donc, dépourvue d’expérience, se réfèrerait aux conseils des professionnels de la petite enfance pour asseoir leurs pratiques.
  • Un modèle « familial » : la mère s’appuierait sur les recommandations des professionnels quand celles-ci entrent en congruence avec ses pratiques héritées de sa propre socialisation familiale.

 Juste un chiffre et une réflexion pour finir et ouvrir peut-être un dialogue : 90% des membres de l’APGL (association des parents et futurs parents gays et lesbiens) ont fait des études supérieures et occupent des professions intellectuelles, artistiques ou de cadres. Cette association a été à l’initiative de plusieurs colloques internationaux de chercheurs en sciences sociales sur les questions juridiques, sociologiques et politiques posées par l’homoparentalité.

 Il y a peut-être derrière ce désir d’enfant de la part des gays, surtout quand il s’agit d’hommes, toute une réflexion menée, personnelle, avant de passer à la réalité d'accueillir un enfant.

Voir aussi : Actualité

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Joachim, ouvrier sur cordes de violon

Par Stéphane Cosson le 4 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Cette note fait suite à ma note sur la lettre J du challenge AZ. Ecrire une première note sur Joachim m'a forcé à me poser des questions sur lui, notamment sur son premier métier : ouvrier sur cordes de violon. Quel pouvait être ce métier au moment où il est papa pour la première fois, en 1870 ? Pourquoi était-il parti sur Lyon ? Pourquoi a-t-il bougé ensuite à Angers puis à Nantes ? Son métier peut-il être une explication à ses déplacements ?

Donc je suis allé fouiller sur Internet. La corde est fabriquée avec la tunique médiane de l'intestin grêle du mouton. L'achat des boyaux se faisait semble-t-il exclusivement à l'automne ou à l'hiver. Et les meilleures cordes venaient des moutons élevés en zone aride (car plus résistants).

A mon sens, Joachim fabriquait exclusivement les cordes. S'il les avait accordées, j'aurais vu d'autres mentions que celle d'ouvrier. Or c'est la seule que je lis à son sujet dans les actes de naissance de ses enfants.

Joachim commençait par les dessaler dans de l'eau ammoniaquée, en préparant un banc à côté de deux fois la longueur de corde utile (auquelle on ajoutait de 30 à 40 cm) et sur lequel il fixait une perceuse munie d'une brosse circulaire. Une fois la corde dessalée, Joachim accrochait une extrémité de boyau à la brosse et faisait au maximum 5 allers-retours avec le boyau. Il lui fallait éviter les liaisons de boyaux au milieu de la corde pour ne pas faire de noeuds et il devait veiller à ce que la future corde ait une tension égale. En effet,une corde de boyau doit être dans toute sa longueur cylindrique, de même diamètre, élastique, d'une souplesse régulière et de couleur transparente. Un épaississement ou une densité irrégulière de la structure du matériau empêchent un accord tout à fait juste. 

Une fois cela fait, Joachim faisait tourner la perceuse quelques minutes. Il poussait les tours en essuyant avec la main ou un morceau de cuir pour essorer et régulariser. Il répétait cela autant de fois que nécessaire. Seule l'expérience lui permettait de savoir quand il lui fallait s'arrêter. 

Joachim laissait la corde sécher puis il la frottait avec une corde de chanvre imbibée de savon noir ou d'huile d'olive. Là encore, le tour de main lui permettait de savoir combien de tours la corde de chanvre allait faire autour de la corde de boyaux. Puis il laissait à nouveau sécher.

Il la frottait avec une laine de fer la plus fine possible et recommençait avec la corde de chanvre. il enroulait alors les cordes en anneaux et les passait au soufroir. Le soufroir était le plus souvent un vieux récipient tronçonnique avec couvercle dans lequel on avait mis du soufre pour les barriques (en barre donc).

Quand il les avait sorties du soufroir, Joachim retendait les cordes, les repassait à la corde huilée. Elles étaient prêtes à être installées sur le violon.

Quatre cordes de son différent étaient fabriquées : sol (le bourdon), la, ré, mi (la chanterelle). On pouvait filer le bourdon d'un fil d'argent ou d'aluminium. Quatre cordes, donc quatre diamètres différents.

Mais, si je connais mieux son métier, il me reste encore plein de mystères qui l'entourent à résoudre. Saurais-je un jour lever ceux-ci ? Soyons positif et disons que oui. 

Voir aussi : Musique

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La généalogie des Lautrec-Venès

Par Stéphane Cosson le 2 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Les Lautrec-Venès sont une des nombreuses branches de la famille de Toulouse-Lautrec. En 1990, quand Jacques-René Magne et Jean-Robert Diziel publient leur ouvrage sur cette famille, ils écrivent ceci : 

"Amélius-Sicard 1er du nom, fils de Sicard III de Lautrec et d'une mère inconnue, est mort après 1176. Son fils Amélius-Sicard II s'est marié avec Adélaïde, fille de Géraud, seigneur de Livran et de Sivran au diocèse de Narbonne. Adélaïde décédée vers 1275."

Au départ, quand je l'ai lu, cela ne m'a pas choqué du tout. Et là, que je suis en train de reprendre la généalogie, je me dis : Mais non, ça c'est pas possible. Il manque des générations entre Amélius-Sicard 1er et Amélius-Sicard II. Sinon ça ne marche pas.

Cette branche des Lautrec-Venès a donné la branche des Lautrec, seigneurs de Pépieux, issus du frère d'Amélius-Sicard II prénommé Frédol. Et si mes générations manquantes étaient là ?
Et si on avait :

I- Amélius-Sicard 1er de Lautrec-Venès. Décédé en 1176. D'une épouse inconnue, il a : 

                1- Frédol 1er, qui suit.

                 2- Amélius-Sicard

II- Frédol 1er, décédé après 1222. D'une épouse inconnue, il a :

                 1- Géraud 1er, qui suit.

                  2- Rixendis

III- Géraud 1er, décédé en 1240. Epouse Alaxadis de Pépieux.  D'où : 

                 1- Amélius-Sicard II, qui hérite de Venès.
                 2- Géraud II, qui hérite de Pépieux.

                 3- Frédol, vivant en 1290.

                 4- Cécile, épouse de Pierre Rigaud de Vaudreuille.

Cela me paraîtrait plus logique. Et je suis persuadé que l'on peut trouver les noms des épouses manquantes au vu des prénoms Amélius, Frédol, Géraud qui apparaissent à ce moment-là. Mais je suis en attente de documentation pour pouvoir en dire plus, même si j'ai déjà des pistes.

Voir aussi : Actualité

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Challenge AZ : B et A comme B.A.

Par Stéphane Cosson le 30 avril 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Déjà, je vais lever une ambiguïté : B.A. comme Bénévole Actif, pas comme Bonne Action. quoique l'un n'empêche pas l'autre. Pourquoi Bénévole Actif ? Une seule raison : ce n'est pas parce que je suis professionnel dans le domaine de la généalogie que, parfois, je ne peux pas être bénévole dans ce même domaine. Ce n'est pas incompatible.

Je me souviens d'une anecdote qui m'est arrivée au début où j'étais professionnel. Je donnais bénévolement des cours dans une association. Je transférais mon savoir, mes compétences et ceux qui y venaient, qui y assistaient, étaient ravis de ce transfert. Sauf que le président de l'association a fait voter mon exclusion à son Conseil d'Administration. Que je sois exclu, peu importe. Mais en même temps, comme une autre association m'a accueilli pour continuer de donner ces cours, la première a perdu des adhérents puisqu'ils m'ont suivi.

Le monde du bénévolat et le monde professionnel ne sont pas deux modes s'excluant les uns des autres. Nous formons, tous ensemble, le monde de la généalogie. Et il me semble qu'il est toujours intéressant de travailler main dans la main, faire des échanges gagnant/gagnant.

Comme pour cette association : je donne des cours à ses adhérents et en même temps elle m'ouvre entièrement sa base de données (exclusivement tarnaise). Alors bien sûr, en tant que professionnel, je ne le ferais pas tout le temps et pas de n'importe quelle manière. Il faut que j'y trouve aussi mon intérêt et que l'association en face le comprenne. Mais je crois qu'un professionnel peut être aussi un bénévole actif sur un sujet bien précis. Je crois que tout le monde ne peut qu'y gagner. 

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Challenge AZ : C comme CIL

Par Stéphane Cosson le 29 avril 2013 | (2) Commentaires | Permalink

Faut-il avoir, en tant que généalogiste professionnel, recours à un conseiller informatique et libertés ? Je me pose la question. N'est-ce pas superfétatoire, même si le terme est peut-être un peu fort ?

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se mettre en conformité avec cette loi. Loin de moi cette idée. Mais... Aller plus loin est-ce nécessaire ?

Certes nous pouvons avoir des fichiers avec des données sensibles. Je pense notamment à nos fichiers clients. Un familial travaille aussi sur des fichiers avec des données historiques. Je peux comprendre qu'un successoral, qui travaille sur des données beaucoup plus récentes que les familiaux, puissent faire appel un CIL.

Bref, pour le moment j'étudie la question. Et je me pose des questions. On verra où mes réflexions vont me mener.


 

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