Difficile passage de l'occitan au français ou le faux ami

Par Stéphane Cosson le 12 août 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Actuellement, je travaille sur une famille tarnaise dont un des membres, Me Jean Rougé, était dit, au tout début des actes notariés en français, dans les années 1540 donc, barbier et sarger du lieu de Lasgraïsses. Je notais donc scrupuleusement cette formule : barbier et sarger.

Etonnante formule tout de même. Comment un barbier pouvait-il être en même temps fabricant de serge ? Ce n'était pas très logique. C'était même très curieux. Mais si le notaire le disait... Je voulais bien le croire.

Et puis continuant de chercher, de remonter dans le temps, je passe au-delà de Villers-Cotterêts. Plus d'acte en français. Par contre, le notaire écrit en occitan.  Et là, dans la lenga nostra, la formule devient : barbie et surgie.

Petite vérification dans un dictionnaire. Le surgie occitan est-il un sarger français ? Que nenni ! Il faut en effet rétablir la bonne écriture et lire : barbie et surgian, c'est-à-dire en français : barbier et ...Chirurgien ! Aaaaaaaah ! Là, ça va mieux, c'est logique !

Sauf que le notaire, filou qu'il est, a noté en français la formule qu'il entendait telle qu'il l'entendait, sans la traduire, quand il est passé d'une langue à l'autre.  Surgié, sarger, on ne va pas chicaner non plus ! C'est vrai quoi !

Et voilà comment un chirurgien s'est transformé en tisserand. Heureusement que je suis en train de traduire les actes de la lenga nostra en français pour mon client. Sinon, ce faux-ami passait complètement à travers les mailles de mon filet.

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Homo Connexus

Par Stéphane Cosson le 7 août 2014 | (0) Commentaires | Permalink

En ces temps où nous avons des alertes Geneanet, où nous sommes sur des groupes Facebook de généalogie, où nous suivons le Geneafil sur Twitter, où nous lisons les articles des blogs des autres, où nous faisons nos recherches via les sites des Archives Départementales, où si le téléphone portable est éteint certains ont l'impression d'être hors monde, perdu sur une île déserte, Robinson des temps modernes, bref en ces temps où nous sommes souvent connectés, je viens de lire un article intéressant dans Archimag :  Peut-on mourir à cause d'un excès d'information ?

Question importante s'il en est ! David Lewis, psychologue britannique, a essayé d'y apporter une réponse en analysant les témoignages de 1300 salariés. Il s'est alors rendu compte que les deux tiers souffrent de stress lié à la prolifération de l'information dans le cadre professionnel. Il apparaît quand ils doivent gérer d'énormes volumes de données alors qu'ils sont pris par le temps. La veille (documentaire) nuit fortement au sommeil.

Mieux : 30% du temps des managers sert à gérer l'infobésité. Cette déferlante d'informations, ce tonneau des Danaïdes, ce rocher de Sisyphe que nous espérons pouvoir laisser au sommet et qui retombe inexorablement.

L'Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises s'est rendue compte, de son côté, que 56% des usagers passent plus de deux heures par jour à lire trier leurs e-mails (38% en ont plus de 100/jour). 65% avouent vérifier leur messagerie toutes les heures (sans doute plus souvent).

Tout cela entraîne des sentiments d'impuissance, d'incapacité et de frustation. Ce qui débouche sur une impression d'incompétence et donc in fine au burn-out. De nouvelles formes de pathologie de l'intelligence sont apparues : cyberdépendance, déficit d'attention, peur de toujours rater quelque chose. Une hyperactivité se crée et se répand. Selon cet Observatoire, on est passé du travail à la chaîne manuel au travail à la chaîne intellectuel.

Créée le 1er Janvier 1991, la Fédération Syntec regroupe dans ses syndicats constitutifs plus de 1 250 groupes et sociétés françaises spécialisés dans les domaines de l'Ingénierie, du Numérique, des Etudes et du Conseil, de la Formation Professionnelle, des Foires Salons, Congrès et Evénements de France.  Et cette Fédération a pris la première ce problème à bras le corps. Elle a donc signé en avril 2014 un accord portant sur une obligation de déconnexion de 11 h/jour. Sans savoir si vraiment cet accord va être applicable. Mais cela montre l'ampleur du problème.

Et c'est là que je me rends compte que plus ça va, plus j'apprécie les recherches dans les salles d'archives, le nez plongé dans les documents, dans un silence quasi-monacal. Là, je peux me concentrer, réfléchir à mes dossiers. Et surtout, surtout, il y a des impératifs d'horaires qui sont tellement plus compliqués à respecter quand on a le nez plongé dans son ordinateur.

 

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Le droit moral de l'auteur

Par Stéphane Cosson le 6 août 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Ce matin, en attendant que l'informatique aux AD du Tarn veuille bien fonctionner correctement, j'en ai profité pour lire dans Archimag un très intéressant article sur le droit moral attaché à l'auteur. J'ai même eu le temps d'en faire un résumé pour vous.

Le droit moral attaché à l'auteur et à son oeuvre naît avec celle-ci avant même qu'elle ne soit divulguée. Sa violation constitue une contrefaçon (3 ans de prison et 300 000 euros d'amende).

Il comprend : 

  • Le droit au nom ou à la paternité de l'oeuvre : L'auteur peut exiger que son nom figure au côté de son oeuvre toutes les fois où celle-ci est utilisée. S'il publie sous un pseudonyme ou de manière anonyme, nul autre que lui ne peut révéler son vrai nom.
  • Le droit au respect ou à l'intégrité de l'oeuvre : L'auteur est seul à pouvoir modifier ou autoriser la modification de son oeuvre. Ce principe s'applique notamment pour les photos : impossible de recadrer une photo ou de la flouter (pour respecter le droit à l'image des personnes) sans l'accord de l'auteur. Impossible de compresser une image numérique pour la rendre exploitable sur le web sans accord de son auteur.
  • Le droit à la divulgation : Nul ne peut se saisir d'une oeuvre inédite d'un auteur et la divulguer sans son accord. Cela concerne les papiers inédits d'auteurs, les mémoires d'étudiants, les rapports de stage, l'envoi d'un document par courriel. Attention à ne pas confondre avec la diffusion. La divulgation protège la création originale, la diffusion l'information.
  • Le droit de repentir : L'auteur est seul autorisé à renier et détruire son oeuvre.

Ce droit moral est inaliénable. L'auteur peut y renoncer mais que temporairement et juste pour une exploitation déterminée. Ce droit se transmet aux héritiers. enfin, c'est un droit perpétuel, alors  même que l'oeuvre peut être tombée dans le domaine public.

Comme quoi, il me semble au vu de cela que le débat sur les droits d'auteur en généalogie n'est pas clos, même si la question de l'arbre généalogique a été réglée.

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Jean-Marie Roussel (1921-1947)

Par Stéphane Cosson le 1 août 2014 | (0) Commentaires | Permalink

En cette période où on célèbre les Poilus tous azimuts, je me suis dit que c'était le moment de parler de Jean-Marie Roussel. Pourquoi ? Plusieurs raisons : C'est un très lointain cousin (sa mère porte le même nom que la mère de la grand-mère maternelle de ma grand-mère maternelle). C'est le héros de tout un village. Et, dans le cadre d'un dossier, je suis en train de travailler sur les descendants de sa soeur, décédée il y a quelques mois. Et surtout, ce n'est pas un Poilu !

Jean-Marie Roussel

Jean-Marie naît en 1921 à Saint Grégoire (Tarn), un village où j'ai plusieurs familles d'ancêtres. Au vu de son nom, je ne serais pas étonné que nous cousinions plusieurs fois. Il est le fils d'Emilien Roussel et d'Eugénie Flottes. La famille Flottes est une famille d'origine aveyronnaise (aux alentours de Naucelle) que j'ai pu remonter jusqu'au début du XVème siècle, une famille de marchands au départ.

Remarqué dès l'école de Saint Grégoire, le curé lui donne des leçons de latin et d'anglais.  Puis il part faire ses études à l'Institution Saint Etienne à Valence d'Albigeois. Entré en 5ème, il saute une classe et termine parmi les premiers en 1938 avec deux baccalauréats en poche : philosophie et mathématiques élémentaires.

En septembre 1939, il est admis à Saint Cyr. Ayant choisi la spécialité des chars, il rejoint l'école de Versailles. Le 20 mars 1940, il est nommé sous-lieutenant. L'unité que Jean-Marie a rejoint couvre Paris. Assimilée à la garde mobile, elle conserve sa liberté. Après l'armistice, il part à aix-en-Provence compléter son instruction pendant 4 mois.

Il choisit ensuite la coloniale et est envoyé en A.O.F. dans un régiment de tirailleurs sénégalais, à la garde du terrain d'aviation de Tamba Counda.  Il est le seul Européen, ce qui lui trempe le caractère dit-il à ses parents. Jean-Marie a 20 ans. Il en profite alors pour apprendre l'allemand, en prévision.

Après le débarquement des Américains en A.F.N., il est affecté au Régiment Colonial de Chasseurs de Chars de la 9ème D.I.C. Les années 1943-1944 seront à nouveau des années d'instruction pour lui.

Le 19 août 1944, c'est le débarquement près de Fréjus , la prise de Toulon et une première citation à l'ordre de l'armée. Direction l'Alsace via la Route Napoléon avec deux autres citations à l'ordre de l'armée : Uberstrass-Friessen et l'usine de Kembs.

Le 25 janvier 1945, il est le plus jeune capitaine de France.  Le 7 avril de la même année, De Gaulle lui remet la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Octobre 1945 : départ volontaire vers l'Indochine, la Cochinchine puis le Tonkin.  Le 1er septembre 1947, Jean-Marie cède son commandement mais refuse le rapatriement. Il prend en main un commando à Hanoï pour effectuer des raids dans la brousse.

Le 20 octobre 1947, il est à Lang-Hen, village du Tonkin, derrière l'éclaireur de pointe. Un snipper japonais juché dans un arbre lui tire une balle en pleine poitrine. Jean-Marie meurt dans les bras de l'aumônier. Jean-Marie sera enterré le lendemain à Chiem-Hoa mais sa tombe sera effacée lors repli général de la région. Jean-Marie recevra une nouvelle citation, posthume, à l'ordre de l'armée. Il avait 26 ans.

Hier, faisant des recherches sur Saint Grégoire, nous avons photographié avec ma collaboratrice son acte de naissance et la transcription de son acte de décès. Ils étaient nécessaires à notre dossier en cours. Nous nous sommes alors rendus compte qu'en mention marginale de son acte de naissance n'était pas signalé son décès. Ma collaboratrice l'a signalé à la secrétaire de mairie, comme nous le faisons à chaque fois que nous trouvons le fait dans une commune, qui l'a immédiatement signalé à son tour à Madame le Maire.

Il fallait apporter, selon elles, cette modification, surtout que tous les éléments étaient en leur possession. Le héros du village, celui qui a donné son nom à l'unique place du village, celle de l'église, devait avoir ses actes dans la norme.  Dès leur retour de congés annuels, cela serait réparé. J'ai trouvé cela touchant. Je me suis dit alors qu'il ne fallait pas l'oublier. Dont acte.

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Saint Juéry déformation de Saint Georges ?

Par Stéphane Cosson le 27 juillet 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Ce n'est pas que je sois un spécialiste de l'étymologie, ni de l'anthroponymie, loin de là. Mais la petite ville où j'ai passé toute mon enfance s'appelle Saint Juéry dans le Tarn. Tout le monde dit que son nom est un dérivé du nom Georges, qui est d'ailleurs le saint patron de l'église.

Devant y faire des recherches généalogique, je me suis dit que c'était le moment de s'intéresser à son étymologie. Nous trouvons deux autres Saint Juéry en France, dans l'Aveyron et dans la Lozère. C'est aussi un patronyme, rare, que l'on trouve dans les communes autour du Saint Juéry tarnais. Il me semble qu'il existe aussi autour du Saint Juéry de l'Aveyron.

Juéry déformation de Georges ? Je ne sais pas pourquoi cela m'a paru toujours bizarre. Je connais le Georges occitan : Jordi. On le retrouve partout et tout le temps, dès qu'un Georges est trouvé dans des registres d'ancien régime.

Il existe une autre forme, rarissime : Jory, que l'on retrouve dans Saint Jory à côté de Toulouse. Saint Jory est écrit en 1075 Sanctus Georgius. Le deuxième "g" n'étant plus prononcé par la population, est-ce une question de ton ?, petit à petit on est passé à Georius puis Jorius, francisé en Jory. 

Mais Juéry ? Selon Jacques Astor, il y a diphtongaison du "o" en "uè". Une diphtongaison c'est la fusion de deux voyelles qui se suivent en un seul élement vocalique. Un diphtongue, pour compléter cette définition linguistique, est une voyelle qui change de timbre en cours d'émission. La première voyelle représente la qualité initiale du son, la deuxième voyelle sa qualité finale.

Pour mieux saisir la transformation, il faut aller faire un petit détour vers l'espagnol, langue soeur de l'occitan et du français, sans faire dans le très savant. Simplement on peut constater que le mot "bon" en français se prononce "bueno" en espagnol ou que le mot "sol" se prononce "suelo". J'ai bien évidemment choisi deux mots permettant de comprendre la transformation du "o" en "uè".

D'où vraisemblablement le même phénomène de Jory en Juéry. Je ne sais si j'ai été clair. Je l'espère. En tout cas, je comprends mieux pourquoi on passe de Georges à Juéry. Du coup, je vais pouvoir l'expliquer à mes clients.

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Nouveau blog de généalogie : les épis de Beauce

Par Stéphane Cosson le 20 juillet 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Je ne le fais pas d'habitude mais je vais faire une exception pour lui.

J'avais conseillé à mes étudiants de lire les différents écrits du challenge AZ, pas forcément les miens, il n'y a pas que leur professeur dans la vie.

Maxime, après avoir suivi un double cursus cette année, en histoire et en généalogie, a suivi le conseil. Résultat, cela lui a donné envie et il vient de se lancer dans la grande aventure de l'écriture d'un blog de généalogie : Les épis de Beauce.

Alors n'hésitez pas à aller lire ses écrits. Et Maxime, l'an prochain, au Challenge AZ comme tout le monde !

 

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Gustave Cambefort, né à Carcassonne, Mort pour la France dans l'Oise

Par Stéphane Cosson le 10 juillet 2014 | (0) Commentaires | Permalink

En 1990, Martine achète un cadre sur une brocante. En le démontant pour le nettoyer, elle découvre deux photos, dont celle présentée aujourd'hui. Martine compte sur la communauté généalogique pour pouvoir remettre ces photos à leurs familles. 

Gustave est né le 7 janvier 1897 à Carcassonne de Jean CAMBEFORT et Marie THOMAS. 
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La famille a ensuite déménagé à Toulouse, peut-être suite à une nouvelle affectation de Jean, alors employé des Postes.

C'est dans la ville rose que Gustave a été inscrit dans les registres matricules.

Décrit comme un travailleur acharné, d'une fougue juvénile et d'une audace réfléchie, cet élève de l'Ecole d'Arts et métiers d'Aix a été fauché à 21 ans, à Monchy-Humières dans l'Oise, loin de son Languedoc natal.
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Cité à l'ordre du jour de la 121e division, Croix de guerre étoile d'argent, il fut inhumé au cimetière provisoire d'Entrée-Saint-Denis, maintenant transféré à Rémy dans l'Oise.

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Si Gustave CAMBEFORT fait partie de votre généalogie, vous pouvez laisser vos coordonnées via la fiche contact du blog "la Gazette des ancêtres". Sophie Boudarel transmettra à Martine, qui sera ravie de vous faire parvenir cette photo.

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[challenge AZ] Y comme Ymago Mundi ou monnaie et religion

Par Stéphane Cosson le 30 juin 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Dès le départ, les religions se sont servies de la monnaie comme outil de propagande. En plus d'un instrument d'échange, la pièce devient une sorte de talisman.

C'est avec Constantin qu'apparaît pour la première fois la croix sur les monnaies. Le monogramme du Christ est très souvent représenté au revers des pièces à partir de Constantin II. On peut trouver aussi un ange. L'empire byzantin continuera sur cette lancée jusqu'à sa chute.

Le monnayage musulman est strictement épigraphique et d'écriture arabe. Après la réforme de 696, il portera une légende circulaire et quatre lignes au centre, sur les deux faces. Outre la date selon le calendrier de l'Hégire, les légendes portent les textes fondamentaux de la foi musulmane. Pendant le Moyen Age, cette monnaie est la plus répandue au monde. De ce fait, dans les régions reconquises par les rois chrétiens, avec des légendes différentes bien sûr et parfois adaptées aux usages locaux.

Les guerres de religion, catholiques contre protestants, après le décès de Henri III, les Ligueurs frappent au nom de Charles X, oncle de Henri IV. Le pouvoir de reconquête de ce dernier se voit au travers des hôtels de monnaies et de leurs émissions. Le conflit protestant se retrouve aussi dans le monnayage européen.

 Avec la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, des jetons de métal commun (souvent de plomb ou d'étain) seront émis comme signes de reconnaissance. Ils étaient remis aux frères admis à la communion, c'est-à-dire n'ayant pas fait l'objet de réprimande du consistoire, contribué aux charges du culte et assisté à toutes les réunions religieuses. Ils permettent aussi d'admettre sans crainte des nouveaux venus et donc d'exclure des espions potentiels. On les connaît dès 1584. Ils sont remis aux députés de l'église réformée de Montauban, on les nomme alors “médailles des églises du désert”.

 Le type le plus connu dans le sud-ouest est celui dit "de Sainte-Foy". Il porte, à l'avers, une bible ouverte portant l'inscription “ne crains point petit troupeau” et “St Luc, c12, v. 32”. Le revers montre un berger avec son troupeau, appuyé sur son bâton. En Poitou, mais aussi dans le nord et dans l'est, ces méreaux portent un calice ainsi que le nom ou les initiales du groupe auquel ils sont associés. Et cet usage est resté très fort parmi les protestants français de l'église réformée de France. 

 Enfin, pour faire plus proche de nous, savez-vous que ce n'est qu'en 1907 que, sur la tranche des monnaies, la devise "Liberté Egalité Fraternité" remplace  "Dieu protège la France" ? Comme quoi, monnaie et religion ont une longue histoire commune qui n'est sans doute pas finie.

 

    

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[challenge AZ] U comme usage des poids monétaires dans le commerce

Par Stéphane Cosson le 28 juin 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Je vous ai parlé dans une note précédente des dénéraux. Mais ce que je ne vous ai pas dit, c'est que les balanciers n'étaient pas les seuls à s'en servir. Il en fut fabriqué aussi pour tous ceux qui avaient besoin de s'assurer du poids des espèces passant entre leurs mains comme les agents du fisc, les marchands ou les changeurs.

On trouve par exemple des dénéraux du XIVème siècle portant un nom propre avec derrière une autre désignation : Lombard.  Vous vous doutez bien de quoi il s'agit. Ils étaient utilisés par les marchands lombards.

Vous pouvez trouver aussi des dénéraux, nombreux, portant mention d'un poids réduit de tolérance de circulation. Ils servaient aux usuriers.

Il existait aussi de faux dénéraux comme il existait de la fausse monnaie. Des numismates ont trouvé ainsi un dénéral sur lequel il était inscrit "pistole d'Italie".  Problème : la pistole n'est pas une monnaie française et s'il s'agit d'un dénéral italien, la langue ne serait pas le français. c'est donc un faux.

En théorie, les dénéraux n'avaient pas à être chez des commerçants. Le roi interdisait de peser ses monnaies. Le frai, c'est-à-dire l'usure de la pièce, n'avait pas à entrer non plus en ligne de compte. Seule la pièce en cours de fabrication, au pire la précédente, était autorisée. Les espèces étrangères devaient être portées chez les fondeurs pour fabriquer de nouvelles pièces françaises.

Mais ça c'est la théorie. Parce que dans la pratique, il en est tout autrement. Le roi n'est guère obéi. Regardez les actes passés chez les notaires et intéressez-vous aux pièces qui permettent les paiements. Ce ne sont pas toutes des pièces françaises. Loin de là ! Et il y a des textes officiels où même le pouvoir se déjuge. A la fin du XVème, le langage du pouvoir est à l'opposé de tout ce qu'il avait été.

A partir de 1541, les nombreuses ordonnances montrent que des espèces de tout poids et de tout étalon circulent en France. Et il faut bien les peser, surtout si elles sont en or. La circulation monétaire est des plus complexes. Le roi est impuissant à empêcher l'usage. Il essaie alors au moins de le réglementer. Il fait des concessions.

La frappe au balancier puis la paix établie dans tout le royaume favorisent une police monétaire. Cela calme un peu le jeu. En 1701 et 1704, on crée officiellement des dénéraux d'occasion.

Vous pensez que le système décimal a mis fin à cela ? Que nenni, en tout cas pendant le premier tiers du XIXème siècle. Ce qui a vraiment mis fin à cela, ce sont les billets de banque, l'or ne servant plus que dans les réglements internationaux.

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[challenge AZ] W comme monnaie écoresponsable

Par Stéphane Cosson le 27 juin 2014 | (0) Commentaires | Permalink

Aujourd'hui ce sera une note complètement différente. Jusqu'à présent, j'étais dans le passé, l'histoire. Je me suis dit qu'il fallait aussi penser au futur. De temps en temps, cela peut faire du bien. Et aussi parce que l'idée pouvait être facile à mettre en place pour un généalogiste professionnel. Que cela pouvait être une manière de se différencier de la concurrence. Une note sans doute plus proche de ce que j'écris d'habitude.

Tout d'abord peut-être une définition. L' écoresponsabilité  ou responsabilité environnementable ou encore responsabilité humaine dans l'habitat consiste à appliquer les savoirs écologiques , un état de conscience réelle et l'imputabilité des décisions au décideur. Tout au long des processus de la gouvernance (prospective, administration, gestion, caractérisation, évaluation, entretien, consultation, réparation, création...) et selon les principes du développement durable, la responsabilité environnementale s'applique.

Je ne parlerais que du principe qu'une start-up française  a mis en place. Je ne citerais ni son nom, ni le nom de la monnaie.  Je ne suis pas une agence de pub non plus. Et je reste ainsi conforme à la ligne éditoriale que je me suis donnée quand j'ai commencé à rédiger ce blog.

Cette start-up a créé une monnaie électronique indexée sur l'euro, agréée par la Banque de France et par la Banque Centrale Européenne. Elle a mis en place un site marchand avec des partenaires écoresponsables et le paiement s'y fait dans cette monnaie. Cela permet bien spur d'obtenir des avantages derrière, que je ne donnerais pas non plus. Toujours volontairement.

On peut aussi choisir les associations que l'on souhaite valoriser, soutenir, de même que le montant que l'on souhaite leur reverser à chaque achat de la clientèle.

Personnellement, je trouve ça bien.  Peut-être parce que j'ai biberonné à l'économie sociale et solidaire quand je me suis mis à mon compte. Et que donc je suis sensible à toute action qui va dans ce sens.

Alors pourquoi le W ? Tout simplement parce que cette start-up au départ avait nommé sa monnaie d'un mot commençant par cette lettre. Avant de se rendre compte que cette monnaie existait réellement en vrai, pas dans le virtuel, et qu'il lui fallait donc changer de nom. Voilà, tout simplement. Et aussi parce que c'est la seule idée que j'ai eu pour cette lettre en lien avec mon thème pour le challenge. Et que je l'ai cherchée pendant un moment.

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