Trois actes ou un troupeau de puces sur un chien

Par Stéphane Cosson le 16 mars 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Sophie Boudarel vient de rédiger un article sur les recherches que nous pouvons faire au-delà des trois actes d'état civil. Allez savoir pourquoi cela m'a fait penser à mes Charlie (les étudiants du DU de généalogie de cette année).

Au-delà des trois actes d'état civil, je suis sûr qu'ils vont y aller sans problème notamment pour leur mémoire collectif. Je leur ai donné ce week-end le nom du personnage sur lequel ils vont travailler : Emmanuel Daudé d'Alzon. J'ai réussi à tenir trois mois je ne sais pas comment, tellement ils étaient impatients d'y travailler dessus.

 Et j'ai reçu hier un premier gedcom avec la généalogie telle qu'on peut la trouver sur Internet, plus des prises de notes. Vendredi, ils vont discuter de comment ils vont organiser les recherches entre eux. Ils savent que toutes les archives du Gard leur sont ouvertes, ils ne vont pas se gêner à mon avis pour en consulter le maximum.

Il y a des moments où.... Beep Beep ! VRAOUM !!!

Bipbip

Je me demande qui va jouer le rôle de Vil Coyote !

J'ai rarement vu une promotion qui a une telle envie de faire des recherches généalogiques, d'aller au-delà, qui a une telle soif d'apprentissage et qui veut en profiter au maximum. C'est exaltant au possible !

Voir aussi : Actualité

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Catherine Moraux Hocry

Par Stéphane Cosson le 16 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Une émulation entre les DU serait-elle en train de se mettre en place ? En tout cas, voici le premier texte d'une ancienne DU qui s'est dit qu'il n'y avait pas de raison que seuls ceux de cette année puissent écrire. Voici son texte :

Je ne voulais pas pasticher ce cher Arthur (Enfance ; Illuminations) mais il faut avouer que le slogan y invite et soyons iconoclastes dès le début !

Je suis le Chevalier de La Barre, torturé, décapité et brûlé pour blasphème à 21 ans et qualifié d’  « impie, blasphémateur et sacrilège exécrable ». (Wikipédia)

Mais je suis aussi mon ancêtre Normand qui rejoignit M. de Frotté pour chouanner,

Je suis le Cathare (tout en étant loin d’être parfaite) dont la dernière vision de ce bas monde fut le champ des Cramats et le Templier persécuté,

Je suis la sorcière boiteuse et laide ou trop belle qui dérangeait et qu’on brûla vive,

Je suis le galérien qui rama jusqu’à la mort pour sa foi « prétendue réformée » ou pour le vol d’un pain,

Je suis la Demoiselle qui lutta pour la survie des siens contre le Code forestier dans les montagnes ariégeoises,

Mais je suis aussi la descendante des Petchets*, dissidence post concordataire et sorte d’intégristes avant l’heure…

Alors, voilà j’ai plus de facilité à inviter tous ces gens dans mon arbre qu’à accepter un collatéral « Croix de feu » … nul n’est parfait !

Je suis la fille-mère rejetée, l’homosexuel ostracisé, l’étranger, le pasteur, le curé et l’hérétique, le rabbin déporté et l’imam modéré.

Et je suis le Danois mort à Copenhague.

Suis-je Charlie ? Sans aucun doute car tous sont portés par un seul idéal la Liberté !

Par autodérision (peut-être ou conviction ?) je citerai pour terminer l’Evangile de Mathieu (I, 5) « Ne juge pas pour n’être pas  jugé à  la même aulne ».

Voir aussi : Actualité

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Eric Le Sabazec

Par Stéphane Cosson le 10 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Etre Charlie, c'est être résistant contre toute forme de racisme, contre toute forme de dictature, c'est être libre, alors que déjà nos aînés avaient lutté en 39-45 contre l'occupant fasciste.

 

DESSINE-MOI UN CERCUEIL

Dans le Taxi qui m'amena de la gare de Nîmes à la chambre d'hôtes, le chauffeur me dit qu'il y avait eu un attentat à Paris. Le chauffeur monte le son, affolement à la radio.

Triste nous étions, fusillade, beaucoup de morts.

 

Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités ou non, je sortis du taxi, on venait d'assassiner " Charlie Hebdo".

 

Nuit terrible, nuit agitée, impossible de dormir, puis le marchand de sable a dû passer.

Dans le rêve profond, une voix m'appelle :

« Norton… Norton… »

J'ouvre les yeux dans mon rêve et là, j'entends TIGNOUS qui me dit :

« Norton, Dessine-moi un cercueil »

 

Je me rappelai alors que j'avais surtout étudié la généalogie, l'histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme que je ne savais pas dessiner. Il me répondit :

- « ça ne fait rien. Norton, Dessine-moi un cercueil »

Dans ce rêve qui ne voulait pas se terminer, je lui dis que je ne savais pas dessiner.

Il me répondit :

- « ça ne fait rien. Norton, Dessine-moi un cercueil »

 

Je pris mon crayon, une feuille blanche, griffonnais quelques traits, puis mise en boule de la feuille. Je recommence, puis remise en boule de la feuille, ceci dura presque tout le rêve.

Puis soudain le dessin commença à naître, le crayon joyeux comme la LIBERTE sur des traits en parfaite EGALITE avec une mine de FRATERNITE.

 

TIGNOUS me dit : «  merci, c'est comme cela que je le veux mon Cercueil. »

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Dominique Ros

Par Stéphane Cosson le 9 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Voici un extrait de ce que j'écrivais dans la revue N°80 du CGL en 2006 :

 

« La généalogie est une bien belle école de patience et d’humilité, un superbe tremplin pour l’histoire. Elle est aussi un rempart contre la peur de l’autre ; comment ne pas se rendre à l’évidence : nous sommes tous cousins, tous issus d’un grand brassage multiple de peuples de tous horizons. C’est sur cette parcelle aux confins ouest de l’Europe, ouverte sur l’Océan et la Méditerranée, qui vit passer, s’affronter mais aussi s’unir tant de peuples que notre arbre familial a germé et grandi. Grecs, Latins, Wisigoths, Celtes, Maures et bien plus récemment Italiens, Portugais, Espagnols, Asiatiques ou Africains, ont su prendre racine en notre terre pour devenir le peuple de France.

 

Quelle belle histoire que celle des hommes, même si chacun d’entre nous n’en entrevoit qu’une infime partie, souhaitons que la généalogie aujourd’hui et demain nous conforte dans l’idée d’appartenir à une seule et même humanité. »

 

Pour moi, être Charlie en généalogie, c'est ça.

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Nathalie Pouderoux et Magali Vincent

Par Stéphane Cosson le 8 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Nathalie Pouderoux :

 

En ce moment on entend des disputes entre les gens qui se disent "être Charlie" et ceux qui disent ne pas l'être. Du point de vue d'un généalogiste la réflexion est très enrichissante. 

 

Pour moi, "être Charlie" pour un généalogiste c'est ne jamais céder devant les difficultés pour retrouver un ancêtre ou un descendant, dans la mesure où "Je suis Charlie" est devenu un symbole de lutte contre les intolérants, contre ceux qui sont hermétiques à toutes sortes d'idées.

 

Magali Vincent :

 

L'esprit Charlie, c'est un peu çà aussi : vingt-cinq personnes, inconnues les unes des autres, qui quittent tout quelques heures chaque semaine pendant six mois, pour se retrouver côte à côte dans une salle d'apprentissage ; venant de tous les horizons, de tous âges, chacun son vécu et sa propre lumière, là, juste plus loin... Une parenthèse commune au-delà de tout déterminisme, juste pour savoir plus, faire mieux, donner davantage. 

 

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Jean-Louis Lambert

Par Stéphane Cosson le 7 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

C’est vrai que le l’idée d’expliciter notre position sur le sujet est judicieuse. Les différentes choses qui ont déjà été dites m’ont franchement fait sourire, puisqu’elles vont tout à fait dans ma vision des événements passés, présents (à venir aussi malheureusement en ce qui concerne les “cons” comme le chante très bien Maxime Leforestier).

 

J’aime bien l’idée de joindre le devoir de mémoire à la liberté de se comporter en  électron libre quand cela est nécessaire (de préférence sans trop conforter les sceptiques). L’image du poil à gratter, en particulier, qui tient au départ de la blague potache, devrait pourtant suffire à faire comprendre que le fait de titiller les intolérants ne constitue pas une atteinte à leur personne ou à leur foi. Bien au contraire, cela ne sert qu’à prendre le recul suffisant, par le biais de l’autodérision (premier caractère indispensable  de tolérance) le plus souvent, pour mieux comprendre sa propre position. Mais comme cela se fait à travers les yeux de l’autre (ou le dessin en l’occurrence), les plus fainéants ou obtus ne font pas le travail nécessaire. Ils ne le font pas plus pour comprendre les positions autre que la leur et par là même passent à côté de l’essentiel : l’Humanité dans sa diversité la plus admirable.

 

 La généalogie est une très belle manière de nous connaître, ou de nous retrouver dans certaines occasions en se découvrant de nouveaux cousins (même éloignés et quelle que soit son origine ou sa religion). Peu importe malgré tout, d’une certaine façon, ce qui nous différencie. Il vaut mieux parfois se concentrer sur ce qui nous rassemble que sur ce qui nous divise. Pour ma part,  la Généalogie remplie tous ces critères et peut être un outil pédagogique très utile.

 

Pour moi être Charlie c’est être LIBRE  et accepter que les autres le soient tout autant.

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Anne Rampon

Par Stéphane Cosson le 6 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Ne pas oublier que l’AUTRE, c’est moi  n’en déplaise aux mouvements sectaires de tout genre (religieux ou pas).

 

 je rappellerai simplement cette règle d’or commune à bien des courants de pensées et religions, appelée l’éthique de réciprocité :

Ethique de Réciprocité

 

Et en tant que généalogiste c’est chercher la vérité, l’accepter quelle qu’elle soit, faire taire la rumeur familiale et replacer les choses dans leur contexte (familial, historique etc…)  c’est tellement simple de faire abstraction de ce qui dérange, de tenter d’effacer des personnes ou des évènements qui feraient « tâche »  sur un arbre et d’en valoriser d’autres qui n’ont parfois même pas existés.

 C’est accepter de ne  pas être parfait, que nos ancêtres ne l’étaient pas non plus et en aucun cas les juger.

N’en déplaise aux » bien-pensants » qui sont persuadés qu’ils auraient mieux  fait à leur place

  C’est un devoir de mémoire envers ceux qui nous ont précédés. Et cela se transpose aussi en histoire.

  Hélas, tout le monde n’est pas prêt à çà, et je citerai Schopenhauer : «  la vérité n’est pas une fille qui saute au cou de qui ne la désire pas »

 

 J’aime l’idée d’être le poil à gratter qui dérange, quand il est plus facile de fermer les  yeux et de continuer sa route ; c’est secouer certains qui se comportent en spectateurs abrutis et léthargiques pensant qu’ils proviennent du pays des Bisounours et les confronter à la preuve de ce que je trouve, souvent loin de leurs souhaits.

 

C’est être profondément Humaniste défendant Liberté Justice et Paix.  

 

J’ai très présent en mémoire mon père pleurant lors de l’arrivée au second tour des présidentielles d’un certain parti.( Il avait vécu les deux guerres, résistant et prisonnier dans la seconde.) me disant «  n’acceptez jamais quoi que ce soit au prix de votre Liberté, sinon cela recommencera ! » et je mets Liberté avec une majuscule pour regrouper toutes les libertés

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Anne-Claire Despont

Par Stéphane Cosson le 5 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Que veut dire être Charlie quand on est généalogiste ?

 

 Voilà une problématique bien ardue se dessinant devant nous. Pour commencer et pour les plus novices d’entre nous une première question s’impose : « qu’est-ce que la généalogie ? ». Selon le dictionnaire Larousse il s’agit d’une « science qui a pour objets la recherche de l’origine et l’étude de la composition des familles. C’est une liste des membres d’une famille établissant une filiation. ». De ce fait, la généalogie a un intérêt certain à nous faire comprendre l’Histoire en recherchant l’origine des personnes, des familles. Mais de plus, cela signifie que la généalogie sert aussi à nous faire découvrir les personnes qui composaient une communauté, une famille, qui étaient unies par un lien de parenté ou d’alliance. On s’aperçoit dès lors que chaque personne est le résultat d’une liaison entre des familles et des individus disparates. La généalogie est un outil indispensable à nous faire comprendre que nous sommes tous issus d’un immense brassage de populations.

 

 La seconde interrogation qui nous vient à l’esprit est qu’est ce signifie être Charlie ? « Je suis Charlie » est un slogan crée par Joachim Roncin (directeur artistique, dessinateur) quelques heures à peine après le massacre perpétué à Charlie Hebdo. A ces yeux ce slogan signifiait qu’il ressentait cette tuerie comme s’il avait été lui-même touché, qu’il se sentait personnellement visé à travers elle. Ce slogan est devenu l’emblème de l’émotion collective de la France puis du monde entier. En l’espace de quelques minutes, quelques heures et même quelques jours tout le monde est devenu Charlie. « Je suis Charlie » est devenu l’expression d’un cri de ralliement.

 

Peut-on supposer qu’être Charlie quand on est généalogiste c’est de rappeler aux familles, aux personnes le souhaitant que Charlie c’est nous tous, c’est chacun de nos ancêtres et qu’en découvrant leurs histoires individuelles nous comprenons l’Histoire de notre Monde. Et s’il est bien une chose que l’Histoire nous apporte c’est qu’il faut tirer les leçons du passé pour que l’on ne refasse jamais les mêmes erreurs. Être Charlie quand on est généalogiste c’est apporter un message de paix à tous les individus qui sont actuellement sur Terre à nos côtés et enfin nous rappeler que nous sommes tous membres d’une même et grande famille appelée l’espèce humaine. 

Voir aussi :

Separateur_post

"Je suis Charlie" vu par les étudiants du DU de Généalogie : Alain Soirat

Par Stéphane Cosson le 4 février 2015 | (0) Commentaires | Permalink

J'avais demandé à mes étudiants  : qu'est-ce qu'être Charlie quand on est généalogiste ? Pourquoi avoir choisi ce nom de promotion ? Vous y mettez quoi derrière. Quelques uns m'ont répondu. Peut-être tous le feront-ils, peut-être pas. Voici leurs textes  au rythme d'un par jour, sachant que c'est moi qui ai mis en gras les idées qui me paraissaient les plus fortes : 

 

Être Charlie, dans le contexte de janvier 2015, c'est adhérer à un mouvement social né en France à la suite d'attentats perpétrés par des fanatiques sur le sol français. Ces attentats ont touché, en premier, un journal, Charlie-Hebdo, un des fers-de-lance de la bande dessinée provocatrice. Il n'est pas admissible de tuer des gens parce qu'ils expriment des idées, bonnes, mauvaises, grandes ou petites. Le mouvement qui a suivi a démontré l'importance que les français accordent à cette liberté.

 

 Les généalogistes que nous sommes ne pouvaient pas rester indifférents. Parmi les actions que nous pouvions entreprendre, baptiser notre promotion du nom de Charlie Hebdo, montre notre engagement dans cette volonté de liberté d'expression, de refus du nihilisme forcé, de pouvoir partager le plus d'informations possibles, sources de l'éducation et de la connaissance. Moins l'éducation et la connaissance sont importantes, plus la barbarie et la violence se développent.

 

Dans cette démarche, le généalogiste tient une place importante dans les relations qu'il crée entre individus ne se connaissant pas la veille mais possédant un même cousin, parfois très éloigné, mais avec lequel on va partager des informations, anecdotes, histoires. Il est aussi provocateur et peut semer le trouble lorsqu'il annonce que l'arrière grand-oncle était un assassin, ou que l'arrière-grand-mère est partie avec le valet de ferme faire une autre vie.

 

C'est un arbre que nous présentons, ce sont des vies que nous recréons, le généalogiste n'est-il pas très attaché à la vie, au travers de la mort de milliers d'ancêtres continuant à prouver qu'ils existent ?

 

 Être Charlie c'est un engagement, non pas un engagement furtif et aussi éphémère que l'est l'engagement social de notre époque, mais un engagement qui doit s'enraciner dans des valeurs de partage, d'échange, de liberté d'expression et de conscience que nous avons du mal à reproduire en public. Nous avons tous les outils pour cela, religieux, politiques, sociaux, associatifs. L'engagement qu'il soit à un quelconque de ces niveaux doit permettre de s'y épanouir et d'apporter à l'autre la même chose. L'engagement, le militantisme n'est pas un extrémisme, ni même un dogme aveugle dirigeant ses adeptes, ignares et incapables de critiques, vers un fanatisme arriéré. Voyons dans notre engagement de généalogiste cette promesse de faire découvrir à l'autre, de lui apporter plus de connaissances.

 

Comportons nous en Charlie et n'ayons pas honte de nos opinions, de nos critiques quand elles sont échangées et discutées.

Comportons nous en Charlie pour faire connaitre ce que nos ancêtres ont fait de bien et de mal, pour pouvoir l'analyser, se l'approprier, le reproduire ou le rejeter.

Comportons nous en Charlie pour déclarer la guerre à l'obscurantisme, aux autodafés lamentables, preuves de la volonté d'une minorité d'empêcher l'accès à la connaissance.

 

 Bien sûr ce mouvement dépasse Charlie Hebdo, journal de ma jeunesse au même titre que l'Écho des savanes, Fluide Glacial ou Hara-Kiri, en perte de vitesse, grandement décalé dans une période où l'on ne peut critiquer le prophète Mahomet, mais dans laquelle les médias montrent régulièrement des horreurs partagés par des réseaux sociaux lamentablement complices et complètement « débilisés ». Ce mouvement a été un détonateur et il faut espérer qu'il y aura, non pas une bombe au bout, mais un sursaut populaire nous faisant constater notre peu d'implication sociale ou politique dans un monde qui ne souhaite pas tellement que le peuple devienne plus acteur de sa propre vie.

 

J'aurais tant préféré que nous baptisions notre promotion "Chaix d'Est-Ange", "Anselme", "abbé Nadaud" ou "Hozier", voire même "Sosa" ou "de cujus", le terrorisme en a décidé autrement. Nous devons faire savoir que nous, étudiants généalogistes, futurs historiens de vos mémoires, avons décidés de nous emparer de ce slogan, de le mettre en tête de notre promotion afin que l'on sache qu'au-delà de nos fouilles dans les vieux papiers, nous sommes les porteurs d'idées de tolérance, de compréhension, d'étude et d'analyse de notre société, passée, présente, et à venir.

Voir aussi : Actualité

Separateur_post

Je suis Charlie

Par Stéphane Cosson le 24 janvier 2015 | (0) Commentaires | Permalink

J'ai posé la question à ma promotion Charlie : Être Charlie, pour un généalogiste, cela veut dire quoi ? Vous mettez quels mots derrière ?

Tous ne m'ont pas encore répondu. Je me suis dit alors qu'il fallait aussi que j'y mette les miens.

Être Charlie, pour moi, c'est être aussi et d'abord les victimes de l'Hyper Cacher.  Pour qu'elles ne soient pas cachées par les autres, plus médiatiques ou plus médiatisées. Elles ne faisaient pas de caricatures. Elles n'étaient pas policières. Elles ont été ciblées à cause de leur appartenance à une religion, avant le shabbat.

Être Charlie, c'est donc pour moi être Yoav Hattab. Il faisait partie des personnes qui étaient en sécurité dans les chambres froides. Quand il a appris que deux femmes étaient menacées par le terroriste, il est remonté. Il a vu l'arme posée par le terroriste. Il l'a saisie sans savoir qu'elle était enrayée. Cet acte de bravoure lui a coûté la vie. Le terroriste savait que l'arme était enrayée, que Yoav ne pourrait rien lui faire. Aucun mal. Il pouvait le désarmer, il a préféré l'assassiner.

Être Charlie, c'est donc pour moi être Yohan Cohen. Il a protégé semble-t-il un enfant. Il a agonisé une demi-heure avant de décéder, faute de soins, après que les otages aient refusé que le terroriste l'achève. J'espère, si j'avais été à la place des otages, que, malgré le danger, j'aurais eu la force d'aller vers lui, lui tenir la main, la tête, lui parler doucement, faute de mieux.

Être Charlie, c'est donc pour moi être Philippe Braham, abattu alors qu'il payait ses courses. C'est enfin être François-Michel Saada, abattu dans le dos alors qu'il sortait du magasin.

Être Charlie, pour moi, généalogiste certes mais aussi citoyen, Français, c'est être eux. Être là pour eux, pour leur mémoire. C'est être dans la compassion. Pour eux. Pour leurs familles en deuil. C'est être fier de leurs vies et de leur bravoure.

En tant que généalogiste, c'est être tout autant dans l'amour et la fierté quand je sors de la glaise de l'oubli la vie des ancêtres de mes clients. Être dans l'amour et la fierté quand je leur communique le résultat de mes recherches. Entendre leur joie. Être en communion, être en empathie avec eux tout comme nous l'étions tous le 11 janvier 2015, mais à un degré immensément fois plus important bien évidemment ce jour-là. Les deux ne se comparent pas. Mais simplement, au quotidien, essayer de garder cela en moi.

Être Charlie, c'est être dans le respect. Trublion ? Grande gueule ? Irrévérencieux ? Oui ! Mais dans le respect. Toujours !

Être Charlie c'est être dans la bienveillance. Parce que, même s'ils tapaient sur tout le monde, je n'ai jamais ressenti de la part des Charlie de la méchanceté. L'humour était leur arme, l'est toujours pour les survivants, afin de faire passer un message. Être acerbe mais pas méchant. Et si d'aucuns ont pu penser qu'ils le sont, ce n'est pas de la vraie méchanceté, celle qui fait mal et qui détruit à jamais. Du moins si on accepte de ne pas s'arrêter au premier degré. 

Car être Charlie c'est aussi faire réfléchir. C'est ce que j'essaie de faire avec mes étudiants. Je leur transmets certes un savoir mais je les fais aussi se poser les bonnes questions, notamment à ceux qui veulent devenir professionnels. Devenir un petit objet dans leur esprit qu'ils vont, j'espère, transformer un jour en perle.

Alors certes, comme ils me l'ont déjà tous écrit, être Charlie c'est la tolérance et la liberté d'expression. C'est un petit bout de démocratie. Mais pour moi ce n'est pas que cela. Être Charlie c'est d'abord et avant tout être un humain.

Voir aussi : Actualité

Separateur_post

Tous les derniers titres

 

Avertissement: Les informations, textes, images et sons, diffusées via internet par The Social media Group ne sont pas susceptibles, à priori, de contrevenir à la réglementation afférente aux droits d´auteur. Si tel n´était pas le cas, merci de nous le signaler à l´adresse copyright at thesocialmedia point com et nous nous engagerons, sous reserve de la validité de la requête, à effectuer les modifications afférentes dans les plus brefs délais.


Le Blog Généalogie, un site du Social Media Group, réseau de blogs thématiques.