Employabilité après le DU de Nîmes

Par Stéphane Cosson le 17 janvier 2016 | (0) Commentaires | Permalink

Mon job ne se termine pas quand mes cours se terminent  dans le cadre du DU. Hors de question pour moi de les lâcher dans la nature quand il m'est encore possible de les aider et les soutenir. Même si seul Fabien a, pour le moment, le titre de padawan, je suis toujours présent pour eux ensuite. C'est naturel pour moi et je m'en voudrais de ne plus être dans l'écoute.


Ma question en permanence est : Sont-ils employables quand ils sortent du DU ? S'ils ont une formation en droit, qu'ils veulent postuler dans un cabinet de généalogiste successoral, je ne m'inquiète pas trop. Dans la nouvelle fournée, alors qu'ils viennent juste de commencer, Jean-Marie me dit samedi matin : "j'ai une proposition de stage chez un successoral (15 jours à un mois) avec peut-être un emploi à la clé derrière. Comment ça se passe ?"  Ils ont, comme lui, une double compétence. Je sais qu'ils s'en sortiront. De même pour ceux qui ont eu précédemment un diplôme en histoire.

Mais les autres ? Ceux qui veulent se reconvertir et qui n'ont ni l'un ni l'autre ? Noé n'étant pas mon prénom, je ne suis pas du genre à clamer : après moi, le Déluge ! Il faut donc être là présent. Les accompagner. Les rassurer. Si je ne le fais pas, je sais que personne ne le fera. Il ne faut pas rêver !

Pas la peine qu'ils cherchent une cartographie des métiers afin de leur donner une vision globale de la profession. Cela n'existe pas. Mieux comprendre l'état du marché par le biais d'un observatoire des métiers ? Non plus ! Un référentiel des métiers et des compétences afin de clarifier les besoins en formation et l'accompagnement des évolutions professionnelles ? Toujours pas ! Se tourner vers les chambres syndicales ? On va encore me traiter de polémiste mais elles ne s'intéressent qu'à ceux qui ont au moins un an d'expérience. Les petits nouveaux, passez votre chemin. Sauf qu'un généalogiste qui s'installe ou qui veut devenir salarié d'un cabinet, n'est pas de la chair à canon. Et qu'il a besoin d'être aidé, de comprendre où sont ses erreurs. Quand il y a un turn over important, il faut quand même à un moment ou à un autre se poser la question du pourquoi et du comment y remédier.


Je l'ai déjà dit mais je préfère enfoncer ce clou à nouveau. Ce n'est ni pour me vanter ni pour me jeter des fleurs. Quand un lien s'est créé, pour moi il a de la valeur. J'y tiens à mes "petits" DU.


Pour tous ceux qui veulent en faire leur métier, je mets un point d' honneur à être présent car, que je sache, ils trouveront peu de professionnels qui le feront. Donc ma main leur sera toujours ouverte et tendue. De même pour ceux qui démarrent leur activité.

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Généalogie et réalité augmentée

Par Stéphane Cosson le 11 janvier 2016 | (0) Commentaires | Permalink

Attendant des documents en salle de lecture des Archives du Tarn, j'en ai profité pour lire un dossier sur la réalité augmentée, notamment aux Archives Municipales de Bordeaux. Le Studio 2Roqs a créé son propre logiciel permettant d'entrer en 3D dans les documents anciens. Mickaël Zancan, son concepteur, a pu ainsi répondre à un appel d'offres du Ministère de la Culture.

Mais qu'est-ce que la réalité augmentée ? Il s'agit de superposer de l'information (texte, animation, image, vidéo, son,...) sur un objet ou un décor réels via un smartphone, une tablette ou une paire de lunettes connectées. Cela combine donc réel et virtuel.

Cela permet de nombreux apports dans le domaine des contenus et dans celui des services à l'usager. Pour cela, il faut : 

1/Bien accompagner et expliquer ce qu'est et à quoi sert ce nouvel outil.

2/Proposer une offre claire de façon à ce qu'elle soit identifiée et bien comprise.

3/Doubler l'offre d'une version accessible aux usagers non équipés.

Il faut penser d'abord en terme de projet avant de penser en terme de technologie. Ce qui implique de construire une offre, l'accompagner, la documenter, en évaluer les usages, assurer la maintenance sur le long terme. S'il y a matière à utiliser de la réalité augmentée, il faut le faire. Donc se former et faire de la veille sur le sujet. 

Il faut aussi beaucoup de curiosité, d'intérêt et d'ouverture d'esprit pour imaginer des offres pouvant s'appuyer sur ces nouvelles technologies. Par exemple, tout comme dans le domaine viticole, des étiquettes scannées permettent de voir le vigneron présenter son vin, pourquoi un arbre généalogique ne pourrait-il permettre de montrer le généalogiste présenter sa recherche, des images des lieux avec des anecdotes historiques ou que sais-je encore.

Il me semble qu'il existe de nombreuses possibilités. 

Voir aussi : Innovation

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Le nadalet de Soeur Tarsicie du Tabernacle entrouvert

Par Stéphane Cosson le 24 décembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Si la généalogie est quelque chose de sérieux, cela ne veut pas dire que ce doit être quelque chose de triste pour autant. Alors, en cette période de Noël, je me suis dit que vous parler du nadalet occitan était tout indiqué. Pour cela, je me suis dit que passer par la voix d'une Soeur Bleue de Castres était la voix normale. Je l'ai appelée Soeur Tarsicie du Tabernacle entrouvert.

Mais qu'est-ce qu'une Soeur Bleue de Castres, me demanderez-vous  ? Et pourquoi cette congrégation plutôt qu'une autre ?

Sainte Jeanne Émilie de Villeneuve fonde à Castres, en collaboration avec deux compagnes, la congrégation de Notre Dame de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1836 : une communauté religieuse connue rapidement sous le nom de “Sœurs Bleues de Castres” en raison de la couleur de leur habit. Dans l’anonymat d’une maison de Castres d’abord, elles servent les plus démunis : les jeunes ouvrières, les malades, les prostituées, les condamnés en prison. Leur fondatrice en effet veut avoir avec eux une relation d’égal à égal, leur rendre leur dignité d’être humains, à l’exemple de Jésus.

Toutes les communautés auront désormais cette triple vocation de l’éducation des enfants, du catéchisme et du soin des malades. si les Sœurs Bleues servent « Dieu seul », c’est dans la rencontre avec les pauvres qu’elles sont à son service. Dans l’esprit même de leur fondatrice, en s’attachant à rechercher Dieu en toutes choses, elles sont donc envoyées dans les lieux de pauvreté. Noël étant un moment particulier pour les enfants, il m'a semblé évident de passer par cette voix, plutôt que par une voix laïque.

Alors asseyons-nous et écoutons Soeur Tarsicie du  Tabernacle entrouvert nous parler : 

" Le Nadalet, terme occitan que l’on pourrait traduire littéralement par "Petit Noël", est une très ancienne tradition méridionale, remontant au XVIème siècle, qui consiste à sonner quotidiennement les cloches durant les jours précédant Noël. On trouve également d'autres appellations comme Gaudinas à Soual (commune toute proche de Castres) ou Gaudetas dans le Lauragais, à rapprocher de l’article occitan « gaudi, ia » qui signifie joyeux, et encore Aubetas en Ariège et dans le Bigorre.

Cette façon de sonner les cloches se pratiquait tous les soirs à la tombée de la nuit, à partir du 17 décembre (parfois du 13 décembre) jusqu’à la veille de Noël, et chaque carillonneur sonnait en fonction du nombre de cloches qu’il avait à sa disposition, souvent deux ou trois, rarement plus. Il se faisait aider par les jeunes du lieu qui se retrouvaient au clocher dans la joie et la bonne humeur.

A Castres, là où vivaient les Soeurs Bleues, le Nadalet se déroule ainsi du 17 au 23 décembre : Toutes les cloches de la ville sont lancées à la volée et cette sonnerie grandiose, connue sous le nom de grand balandran, dure environ un quart d'heure, puis cesse lentement.

Pourquoi ce nom de "balandran" ? C'est l'occitan qui nous donne la réponse. Balandran a deux significations. La première nous dit que c'est un grand manteau d'étoffe, une robe de capucin, un froc, un dadais. Et de là vient le mot "balandrana" qui un grand manteau de berger, comme ceux venant pour la naissance du Christ. Dans ce sens, on peut dire que le son des cloches enveloppe toute la ville et la protège comme le fait un manteau. La deuxième signification nous vient du verbe occitan "balandrar" qui veut dire balancer mais aussi brimbaler ou flâner.  Le balandran est alors le branle des cloches.  Cela emplie la ville. Le son court de rue en rue, percutant les murs.Tout le monde s'arrête et écoute : Il est annonciateur de la Bonne Nouvelle.

Puis, seule la grande cloche de Notre Dame de la Platé continue sa volée solitaire. Le carillonneur  la balance à la corde tout en gravissant les 120 marches du clocher. Une lumière y brille tout en haut, au niveau du carillon. Arrivé juste sous cette cloche de 600 Kg qui balance bruyamment au-dessus de sa tête, il commence à ralentir la course de son bronze en retenant la corde lorsqu'elle remonte, mais en lui donnant une impulsion lorsque celle-ci redescend, de façon à ne faire frapper le battant que sur un seul côté du vase sonore, en fin de volée, et ce, 9 fois de suite pour symboliser les 3 fois 3 coups qui doivent être tintés pour l'Angélus.

Il doit arrêter la cloche aussitôt après ces 9 coups. Elle continue alors à vibrer longuement et, dans le silence retrouvé, le carillonneur s'installe devant le grand clavier de bois du carillon. Après avoir enfilé des gantelets de grosse toile qui lui protégeront les doigts et les poings, il commence à faire chanter les vieux chants de Noël sur son carillon dans la nuit froide de décembre... Les Castrais se rapprochent , petit à petit, rentrent dans l'église. Les hommes enlèvent le chapeau, hommes et femmes se signent dans une génuflexion. Tout le monde s'installe et écoute les notes voler tout le long de la nef. A la fin, un vin chaud est  offert à tous.

 On peut voir une corrélation entre cette pratique et les Grandes Antiennes chantées à la fin du temps de l’Avent,  qui commencent toutes en latin par O : 

O Sapientia,O Adonai, O Rádix, O Clavis, O Oriens, O Rex, O Emmanuel…

Ces sonneries seraient en effet le reflet sonore, puisque leur calendrier se calque exactement sur celui de ces chants.

Les Grandes Antiennes de l'Avent ? C'est un mot qui vient du grec et qui veut dire "chant alternatif". Deux groupes de chanteurs qui se répondent. A Réquista, dans l'Aveyron, dans l'immense église si vide de toute décoration qu'on en dirait un temple protestant, le jour de Noël, il faut entendre la dernière Antienne, profane : Le Nadalet de Paul Bonnefous. Un chant où se répondent les pastourels (les hommes) et l'Ange (les femmes)."

Cette tradition, encore bien vivante jusqu’au milieu du XXème siècle, s’est peu à peu perdue et a pratiquement disparu avec l’électrification des sonneries de cloches qui a remplacé progressivement les carillonneurs.

 

Voir aussi : Actualité

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Comment le Maître choisit-il son Padawan ?

Par Stéphane Cosson le 17 décembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Pour en terminer avec notre délire Star Wars, mais en même temps c'est d'actualité, Fabien Larue ayant répondu à ma note  (http://genealecole.blogspot.fr/2015/12/etre-un-padawandun-excellent-maitre.html), je me dis que c'est le moment de se poser la question : Comment le Maître choisit-il son Padawan ? C'est vrai, c'est quand même important. Primordial même. Le choisit-il d'ailleurs ou se choisissent-ils mutuellement ? Je ne sais pas encore totalement répondre à cette question.

Pour cela, en tout cas, il faut être trois : le Maître, le futur Padawan et celui qui met en lien les deux.

Débutons par celui-ci. Dans cette histoire Maître Jedi / Padawan, c'est lui qui a commencé après tout.  L'Entremetteur, appelons-le ainsi, connaît bien le Maître. S'il le voulait, il pourrait être Maître sans difficulté. Mais cela ne l'intéresse pas, il préfère creuser son sillon en toute tranquillité. Frédéric Deleuze, mon confrère, notre Entremetteur, est quelqu'un de discret, compétent, observateur. Il avait déjà vu le Fan Club apparaître avec une précédente promotion de mes étudiants (et désormais elles en sont fières et le revendiquent, c'est même devenu le surnom de  cette promo), et le voilà qui a enchaîné avec cela. Je le perçois comme quelqu'un de vraiment discret. Taquin aussi, non sans humour. Que des qualités nécessaires pour être un bon professionnel qui a la capacité de prendre du recul par rapport à ses dossiers et ses clients. Pour moi, un généalogiste professionnel est un passeur, quelqu'un qui donne leurs ancêtres à ses clients mais qui les laisse se les approprier. Et il me semble que cela Frédéric le fait très bien. 

Le Padawan c'est donc Fabien. Lui et moi nous nous complétons. Il a, je crois, les qualités de mes défauts. Autant comme il l'écrit je peux être réservé, timide même il faut le dire, je fonctionne par la gentillesse, la sollicitude, l'attention, l'écoute, autant Fabien est quelqu'un qui fonce beaucoup plus, qui a de la gouaille, du bagou, un hyperactif (ce que je ne suis pas du tout). Nous sommes tous les deux, je crois, dans le respect de l'autre. C'est un extraverti, c'est évident pour ceux qui le connaissent. Je suis un introverti, c'est une évidence aussi. Il faut savoir m'approcher en douceur.

Nous avons ce point commun de vouloir transmettre, planter des graines dans les esprits. Nous ne touchons pas le même public par contre : il préfère planter dans les esprits jeunes, via l'école, je m'occupe de ceux qui font déjà de la généalogie pour les mener ailleurs, vers d'autres rives, d'autres horizons. Et je crois que mes étudiants aiment bien aller là où je les emmène, même si au départ ils peuvent être très surpris. Qu'est-ce que c'est que ce gars à la voix douce ? J'ai déjà eu la remarque au point de prendre des cours pour mieux jouer encore avec ma voix, comme je peux le faire en chant.

Je crois que tous deux nous savons ce que nous voulons. Nous avons juste une manière différente de le montrer. En cela, je crois que ce côté Maître Jedi / Padawan peut être intéressant. Il est une jeune pousse dans le jardin des professionnels. Et j'espère avoir plutôt la main verte de ce côté-là. En tout cas je sais que j'aime aider mes jeunes confrères à s'installer. Ensuite, c'est lui qui me dira...

 

Voir aussi : Actualité | Cinéma

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Padawan Fabien

Par Stéphane Cosson le 9 décembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Il y a quelques temps, c’était l’anniversaire de Fabien Larue. Frédéric Deleuze, mon confrère du Gard, le lui a souhaité en disant qu’il était mon Padawan. Allons bon ! J’avais déjà des groupies, un fan-club. Me voilà avec un Padawan ! Je ne suis pas rendu moi, je vous le dis !

Même s’il est vrai que Fabien peut avoir un petit côté Anakin Skywalker qu’il faut sauver avant qu’il ne devienne le Dark Vador de la généalogie. Oups ! Voilà que je me prends pour Obi Wan Kenobi maintenant. Quand je vous dis que je ne suis pas rendu.

Un Padawan d’accord mais un Padawan c’est quoi ? Si l’on croit l’ordre de chevalerie Jedi, il est un apprenti qui reçoit un entraînement intensif sous la direction d'un Chevalier ou Maître Jedi. Ce n'est qu'après une période longue de 2 à 10 années que le Padawan est autorisé par le Conseil Jedi à passer les épreuves de chevalerie au terme desquelles il accédera lui-même au rang de Chevalier Jedi. Une règle du Code Jedi dispose qu'un maître ne peut avoir qu'un seul Padawan en même temps sous sa responsabilité, qu'il choisit parmi les novices, une fois qu'ils ont acquis les bases de l'utilisation de la Force et du maniement du sabre laser, et ce, afin d'assurer au mieux sa formation Jedi.

2 à 10 ans ! Vindieu ! Est-ce que nous allons tenir le coup, tant lui que moi ? Bon, les bases de la généalogie acquise il les a. Euh… Je ne viens pas de faire mon Yoda là tout d’un coup ou je me trompe ? Je ne suis pas rendu, quand je vous le dis, ce n’est pas des blagues !

Voir aussi :

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L'ubérisation guette-t-elle la généalogie ?

Par Stéphane Cosson le 1 décembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Peut-être commencer par une définition. Nous le constatons tous, tous les jours, l'ère du numérique change la donne et le rapport de force entre des start-ups innovantes et les acteurs traditionnels du secteur. L'ubérisation désigne l'arrivée de la concurrence de services moins chers venus d'Internet. Cette nouvelle économie, basée sur le numérique, s'affranchit des règles du business traditionnel. L'ubérisation est au carrefour de trois grandes tendances arrivées à maturité : 

  • le numérique
  • l'expérience de consommation et la recherche du meilleur service à moindre coût.
  • l'indépendance dans le domaine du travail, loin des modèles 100% salariaux.

Elle fait quitter les approches standard peu créatives pour permettre d'aller vers une différenciation. Cela modifie notre relation au travail, notre modèle social, nos réflexes juridiques. Une seule solution : s'adapter ou mourir.

Jean-François Pellan, président de la FFG, pose cette question : l'ubérisation guette-t-elle la généalogie ? http://www.leblog-ffg.eu/2015/11/l-uberisation-guette-t-elle-la-genealogie.html Les associations sont actuellement mises en concurrence avec les archives en ligne, les indexations collaboratives, les indexations commerciales associées aux images.

Jean-François Pellan nous dit que, dans le passé, réaliser sa généalogie, c'est adhérer à une association afin de bénéficier de ses relevés,  d'éviter ainsi des frais de déplacement, de  gagner beaucoup de temps dans ses recherches.  Sauf que ça, à mes yeux, ce n'est pas faire de la généalogie. Cela veut dire quoi faire sa généalogie ?

Pour le professionnel que je suis, c'est certes mettre un squelette. Et là les associations ont tout fait pendant 30 ans pour faciliter sa mise en place Mais c'est surtout y mettre de la chair autour. Nos ancêtres ne sont pas que des dates. Est-ce que vous apprécieriez que votre vie se résume à trois dates ? Non sans doute pas. Alors ! Alors ! Pourquoi alors réduire leurs vies qu'à cela ? Donc en tant que professionnel, c'est mon job, on me paie pour cela, je mets la chair. Alors certes cela a un coût, pas entièrement encore celui que je voudrais, mais il vaut la peine. Car je retrouve un monde perdu en m' intéressant à d'autres documents. Et les étoiles qui apparaissent dans les yeux de mes clients... Whaouh.... Ils faisaient ça mes ancêtres ? Eh bien oui... Whaouh.... J'adore les voir !

Amener les généalogistes amateurs vers cela, ce n'est pas simple. Ils ont encore trop l'habitude d'aligner que trois dates. Je le vois encore trop dans les salons que je fais. Qu'est-ce qu'il manque ? De la formation. En généalogie. En histoire des familles. C'est vraiment un énorme chantier à mettre en place au niveau de la FFG, à mon sens. 

On ne peut parler d'ubérisation que si on reste dans le modèle des relevés d'état civil systématiques, que si on reste protégé par son écran.  Dépouiller une série G par exemple, ça prend du temps, c'est clair mais qu'est-ce que je m'éclate à le faire ! C'est vraiment jouissif ! Et à ma connaissance, les sociétés commerciales, sachant que je n'ai absolument rien contre elles, n'ont pas ces compétences là. Il y a donc un changement de focale à faire. 

L'ubérisation guette-t-elle la généalogie ? Non mais à cette unique condition. Faire par exemple comme le fait le Centre Généalogique du Finistère depuis un an environ : accompagner le relevé d'un acte, avec des photos de l'ancêtre, des références le concernant (fiche matricule, décoration, renvoi à des articles de journaux ou à des livres, etc.) et même de le lier à la photo numérique mise en ligne par les archives.

Ne vous méprenez pas. Même si nous l'exprimons de manière différente, nous avons la même vision des choses. Il essaie de faire évoluer les choses et de motiver les associations pour qu'elles aient des offres différentes... et surtout qu'elles réfléchissent.

Il n'empêche, pour une fois, les professionnels ont pris de l'avance.

Voir aussi : Innovation

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Remerciements

Par Stéphane Cosson le 28 novembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

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Cette année, mes étudiants m'ont gâté. Ce n'est pas la première année qu'ils le font mais là ils se sont mis à deux promotions pour le faire lors du Salon de Généalogie de Nîmes.

Ce qu'il y a de bien, c'est qu'ils le font une fois qu'ils ont obtenu leur diplôme, je suis sûr qu'ainsi est exclue toute espèce de transaction (ils ne sont pas comme ça même pendant l'année), et que ce n'est qu'un retour positif sur l'année qu'ils ont passé avec moi. 

C'est un signe de reconnaissance qu'ils m'envoient (mais pas qu'à moi, après tout c'est d'abord l'Université qui a permis la rencontre), leur manière de me dire merci dans un endroit où la communication passe souvent à sens unique et dans l'autre sens.

Alors est-ce que j'ai su et aimé leur transmettre mon savoir ? Est-ce que j'arrive à leur donner le goût de l'apprentissage ? Est-ce que j'arrive à les aider à se surpasser et à prendre confiance en eux ? Est-ce parce que je suis là, à leur écoute, réactif ? Je ne sais pas. Peut-être. C'est eux qui pourraient mieux le dire que moi. 

Mais en tout cas, j'apprécie, je me régale que ce soit en bouche ou autrement. Ce sont eux qui me poussent. Et quand je vois, lors de la discussion du nom de la nouvelle promotion des DU à distance (Bataclan ou pas ? Bataclan selon le point de vue des terroristes, des victimes ou Bataclan selon le point de vue du chant, de la musique, de la communion entre plusieurs personnes le temps d'une soirée, de la vie quoi ! Je crois que la question n'est pas complètement réglée) qu'une étudiante propose que chacun m'apporte des spécialités de sa région,cela me fait sourire.

Quand je vois une future étudiante se régaler déjà rien qu'en recevant le planning, cela me donne envie de m'éclater encore plus avec eux. 

Merci à vous mes étudiants ! Pour toutes ces rencontres, cette humanité que vous m'apportez, promotion après promotion.

Voir aussi : Gastronomie

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Promotion Bataclan

Par Stéphane Cosson le 22 novembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Et bien ça y est, l'habitude est prise ! En tout cas depuis mes Charlie de surnommer chacune de mes promotions, y compris de manière rétroactive. C'est une manière de me souvenir de mes étudiants plus facilement, en fonction de ce qui a pu se passer cette année-là. De les présenter les uns aux autres aussi.

Ainsi il y eut tout d'abord la promotion Lucien Lautrec. Ma première promotion à Nîmes. J'étais tout nouveau, tout hésitant, tout timide. Je ne savais pas si j'allais être un bon pédagogue. Et comment les nommer autrement que par le nom de la personnalité sur laquelle je les ai fait travailler ? Tout content que j'étais de trouver des Lautrec aussi dans le Gard.

La deuxième fut le fan-club dite aussi "valise-confiture". Fan-club car c'est ainsi que Frédéric Deleuze a qualifié mes étudiantes lors du Salon de Nîmes. Valise-confiture car cette année-là il m'a fallu acheter une valise pour pouvoir emporter des pots de confiture maison donnés par une de mes étudiantes après une soirée crêpes. Eh oui, déjà ils me gâtaient. J'étais rasséréné sur mes capacités pédagogiques.

La troisième fut la promotion Bernard, du prénom de cet étudiant qui marqua la vie de tous, tant professeurs qu'étudiants, et qui gâcha la vie de tous, nous empêchant d'avancer comme nous le voulions, tous ensemble. Mais cela n'empêcha pas de nous lier certains étudiants et moi, de manière relativement forte.

Après cette promotion particulière, sont venus mes Charlie. Mes oufs de généalogie. Ceux envers qui j'ai une tendresse particulière. J'avais besoin d'un groupe de fadas de généalogie tels qu'eux après LE Bernard. Ils m'ont redonné l'envie d'enseigner. Je suis toujours leur professeur mais d'autres liens se sont forgés. N'est-ce pas mon padawan ?

Et est venue ma première promotion de DU à distance. Comment allais-je les nommer ? Quel serait leur événement marquant, sachant que j'ai des liens différents avec eux qu'avec mes présentiels ? Et puis, tout comme pour les Charlie qui avaient commencé leurs cours le 9 janvier 2015, il m'a semblé que le nom de "promotion Bataclan" s'imposait de lui-même. Mes Bataclan, une autre équipe de oufs mais il va me falloir inventer avec eux et avec les promotions suivantes de DU à distance un nouveau relationnel. Ne pas les avoir en vis-à-vis mais juste via les e-mails ou en visio-conférence c'est particulier. Mais je vais m'y faire.

 

 

Voir aussi : Actualité

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Bisque bisque rage !

Par Stéphane Cosson le 10 novembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Le 20 mars 1726,Jeanne Molinier, épouse de François Tinel Paulet passe son testament chez Me Jean-François Daigouy, notaire de Coubisou.

Le testament est semble-t-il par lui-même assez banal. 

Tout d'abord, elle recommande son âme à Dieu après s'être signée de la croix.  Elle recommande aussi son âme à la glorieuse Vierge Marie. Après son décès, elle veut que son corps soit enseveli au cimetière de Coubisou, tombeau de ses prédécesseurs. Elle veut aussi que ses honneurs funèbres soient faits suivant sa condition et la coutume de la paroisse.

Elle donne aux prêtres de Coubisou la somme de dix livres pour qu'ils disent des messes incontinent après son décès.

Elle donne à Antoinette Molinié, sa soeur, la somme de 10 livres payable dans l'an après son décès.

Son mari jouira de ses biens sa vie durant mais à son décès ils iront à Antoine Molinié son frère charpentier. Le couple n'a pas d'enfant. C'est donc normal que ses biens retournent à sa famille.

Le notaire lui lit le testament en présence de témoins. Jusque là, comme je le dis, rien que de très banal. Sauf que...Juste avant de signer...

Jeanne Molinié révoque l'institution d'héritier qu'elle avait fait à propos de son frère et veut que ses biens soient partagés entre François Tinel et Catherine Molinié, fille dudit Antoine, sa nièce.Elle les nomme tous les deux ses héritiers universels et généraux. François Tinel jouira de ses biens sa vie durant.

Pourquoi change-t-elle d'avis tout d'un coup ? Rien ne permet de le dire ni de le savoir. Mais on peut supposer qu'Antoine son frère a quelque peu râlé.

Voir aussi : Actualité

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La vie est un roman

Par Stéphane Cosson le 8 novembre 2015 | (0) Commentaires | Permalink

Parfois, dans nos recherches, on se trouve des ancêtres avec des vies qui sortent de l'ordinaire. Alors on fouille un peu plus les concernant.

Vous voulez un exemple  ?

Rose Esquilat, ancêtre de la mère de mon grand-père maternel.  Elle naît le 10 juillet 1766 à Cadix, fille d'Antoine Esquilat et de Rose Nègre. Sa mère est la soeur de l'ancêtre paternel de mon grand-père maternel.
Le 24 juillet 1771, sa mère décède. Son père se remarie quatre ans plus tard avec une veuve (de son premier mari Guillaume Laurens), épouse séparée de son deuxième (Gabriel Douat). Le même jour, son frère aîné Jacques épouse une fille de la troisième épouse de son père.
Le 9 juillet 1776, Rose Esquilat est mariée avec Michel Maurel, de 15 ans son aîné. Elle a dix ans.
Dix-sept ans plus tard, alors qu'elle est enceinte de son quatorzième enfant, elle devient veuve. Elle marie alors sa fille aînée, Rose Maurel, avec Joseph Maurel. Les deux jeunes mariés sont cousins germains. Résultat, à l'âge de 28 ans, Rose Esquilat est grand-mère.
En 1812, alors qu'elle a 46 ans, elle épouse en deuxièmes noces Pierre Jalby qui lui en a 20. Elle décédera en 1815.


Voilà ce que nous disent les actes d'état civil. Les actes notariés nous en apprennent plus sur sa vie, certes. Mais elle a une vie qui, quand même vous l'avouerez, n'est pas des plus banales. Dans le petit village de Cadix de quelques centaines d'âmes, elle a dû dénoter. 

Et là nous avons deux solutions. Soit on l'écrit telle quelle, en se basant uniquement sur les documents trouvés, soit, et personnellement je préfère, tout en conservant la trame de ce que me disent les actes, j'y mets de la vie, des émotions, des sentiments. 

Comment l'a-t-elle vécu cette vie ? Ces mariages ? Ces 14 grossesses ? Comment une femme menait-elle une propriété en cette fin du 18ème début du 19ème siècle alors qu'elle n'était encore qu'une gamine, certes formée, mais une gamine ? 

Personnellement, je préfère la deuxième solution parce que là, il me semble, elle le mérite.

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