Définition économique de la vie privée
Par Stéphane Cosson le 20 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink
Je vais faire mon Petit Poucet et essayer de semer des petites pierres sur le chemin du « Droit à l’oubli » qui semble si cher à l’Europe et qui est, à mon avis, si mal compris par elle. Et si on regardait du côté de l’économie ? Peut-on y trouver des clés de compréhension ? La théorie économique considère en effet les données personnelles comme des biens particuliers, des ressources immatérielles, leur exploitation affectant la vie privée. Avant de s’attaquer aux données personnelles, et si on essayait de se poser en premier la question : qu’est-ce que la vie privée ? Est-ce que la définition de l’une peut nous aider à avoir une meilleure définition des autres pour mieux comprendre ensuite ce qu'est ce fameux droit à l'oubli ?
La vie privée est une notion difficile à saisir. Son contenu varie en fonction des pays, des périodes historiques. Il varie aussi en fonction de la personne, de ses perceptions et stratégies individuelles, de son éducation, de sa soumission aux lois... Tout cela élargit ou rétrécit son étendue. Bref, ce n'est pas simple car il y a beaucoup d'inconnues, de facteurs entrant en jeu.
C’est Aristote qui est à l’origine de cette notion quand il opéra la distinction entre la sphère publique (l’activité politique, la cité) et la sphère privée (vie familiale et domestique). Mais la notion telle que nous l’entendons de nos jours provient de deux juristes, Samuel Warren et Louis Brandeis, des Etats-Unis comme leurs noms l’indiquent, qui l’ont définie en 1890. Ils ont fait apparaître trois dimensions :
- Le secret : La vie privée est la capacité qu’a l’individu de contrôler la collecte et l’utilisation de ses informations personnelles. Certains économistes, comme ceux de l’Ecole de Chicago, y ajoutent une dimension de suspicion, d’autres préfèrent mettre derrière ce secret une notion plus positive de liberté individuelle. Malheureusement, les effets économiques ne sont abordés que sous l’angle suspicieux.
- La tranquillité : C’est la possibilité de ne pas être perturbé dans son quotidien. Savoir et pouvoir s’aménager une zone de quiétude. Pouvoir s’isoler de la société devient alors une source de bien-être. C’est un droit à être laissé seul, la zone d’intimité propre à chacun où personne ne peut entrer s’il n’y est pas convié au préalable. Pas seulement du point de vue territorial, mais aussi relationnel et communicationnel.
- L’autonomie individuelle : C’est la capacité à se gouverner soi-même. Cela implique que nous puissions avoir confiance dans nos capacités de prise de décision afin d’être responsables de nos actes, de nos décisions. C’est aussi un respect moral à avoir vis-à-vis de nous et des autres. Cela renvoie à l’authenticité des désirs, valeurs, émotions à l’origine de nos actions. En France, la libre disposition de soi est un droit reconnu. Un individu peut décider de son propre chef dans quelles circonstances il montre ou dissimule des aspects de sa vie. Mais pour d’autres aspects, bien malgré lui, il subit des contraintes sociales, normatives, parfois coutumières, procédurales d’un point de vue organisationnel, légales, etc. Quand je vous dis que ce n'est pas simple !
L’économiste Hischleifer donne malgré tout cette définition de la vie privée en 1980 : désir humain d’indépendance par rapport au contrôle des autres, désir de contrôler sa propre personne et son propre temps.
A partir de là, on peut s’intéresser aux données personnelles et se poser la question : qu’a-t-on le droit de voloir faire oublier ? Mais ça c'est pour une autre note.
Voir aussi : Actualité
Les noms d'oustal seraient-ils issus des cognomen romains ?
Par Stéphane Cosson le 18 mai 2013 | (1) Commentaires | Permalink
La France Méridionale a un héritage inégalitaire. Le plus cohérent à première vue puisqu’il concilie nécessité de transmettre un bien entre les générations et maintien du patrimoine familial intact afin que les exploitations soient viables.
Selon la règle de droit romain appliquée normalement que sous l’Ancien Régime (mais qui a perduré ensuite, le Code civil n'ayant pas changé grand chose dans les faits) un seul des enfants est désigné comme héritier. Il reçoit la totalité du patrimoine, l’oustal ou oustau suivant les régions : une maison, des champs, une part dans les droits d’accès aux pâturages. Il vit avec les parents qui lui accordent soit par contrat de mariage soit par testament cet héritage. Les parents gardent toutefois l'usufruit leur vie durant d'une partie et prévoient le cas éventuel de séparation avec leur héritier désigné.
Les cadets reçoivent une dot : un peu d’argent versé en plusieurs fois, des draps (toujours désignés sous le nom occitan de « linceuls »), un lit garni de couette et coussin remplis de plumes, une nappe, des serviettes, un coffre fermant à clé (la caisse) ou une armoire (le cabinet), des animaux. Les femmes reçoivent en plus des robes dont une noire (la robe de mariage). Dans certaines régions, comme la frontière entre le Tarn et la Haute-Garonne, dans le Vaurais, les parents de la fiancée donnent en plus ce qu’ils appellent des aides à la noce, c'est-à-dire des aliments.
A chaque maison est attaché un nom qui vient se substituer au patronyme du couple qui l’occupe et un certain prestige social à défendre.
A chaque maison est attaché un nom. Apportons quelques nuances car en fait en plus du droit écrit romain, socle de l’Occitanie en ce domaine, nous trouvons des coutumes différentes selon les régions. Dans les Baronnies pyrénéennes, tout individu est désigné par le nom de la maison dans laquelle il vit et ce nom est attaché à la maison sans considération pour les liens de parenté unissant les occupants successifs. C’est le système à maison le plus pur.
Dans les Pyrénées Atlantiques un homme qui entre en gendre chez une héritière perd le droit de transmettre son nom. Ses enfants porteront celui de sa femme. J’ai étudié par exemple une famille Betbeder sur la commune d’Ogenne. En 1674, l’héritière de la famille Betbeder, prénommée Marie, épouse Jean Supervielle. Leurs enfants portent le nom de Betbeder. Leur fille Catherine, héritière à son tour, épouse en 1690 Bernard Labricq. A nouveau, les enfants de ce couple sont des Betbeder, pas des Labricq. S’ils existent plusieurs familles Betbeder dans le village, ce qui est le cas à Ogenne, on les distingue par un surnom : Betbeder Gouzenne, Betbeder Candau. Le surnom pouvant être alors le nom de la maison où la branche habite.
Dans le Quercy, l’homme qui venait en gendre voyait ses enfants porter en plus un surnom dérivé du patronyme de leur mère ou même de son surnom. Par exemple les enfants d’une héritière nommée Sembel épouse Bach peuvent s’appeler Bach Sembelat ou Bach Sembelou. Une demoiselle Couderc dite Clarou, car son père habitait un lieu habité Saint-Clair, peut transmettre ce surnom à ses enfants. Mais s'il était héritier, les branches pouvaient se distinguer par le prénom de l'ancêtre fondateur.
Entre autres exemples.
Toutefois, mes recherches dans différents départements de Midi-Pyrénées, depuis des années, le dépouillement de notaires m’ont posé desquestions au fil du temps. Car, en fait, pour une personne déterminée, on peut dire qu’elle porte trois noms : son prénom, son nom de famille et le surnom qui lui est attaché. Or là aussi, il me semble que nous sommes en plein dans le droit romain. Le nom complet d’un romain en effet se compose d’un prénom (le praenomen), d’un nom (le nomen) suivis d’un surnom (le cognomen).
Aurions-nous de ce fait, sous une autre forme, la réminiscence des gentes romaines ? Une gens est un groupe familial patrilinéaire portant le même nom. Si elle est nombreuse, la gens s’est divisée au cours du temps en diverses branches se distinguant par un cognomen différent.
C'est bien le cas, il me semble, pour nos noms d'oustal.
Les premiers surnoms romains ont pour origine un trait physique ou un lieu géographique. Cela peut être peu flatteur s’il s’agit d’un trait de caractère. Ce sont les mêmes origines pour nos surnoms d’oustal. Et pour tous les surnoms d’ailleurs, la règle n’est pas propre à l’Occitanie.
Et si nos surnoms d’oustal venaient directement de cet héritage ? Je ne suis pas sûr que les ethnologues se soient posé cette question. Je n’ai rien trouvé dans la littérature à ce sujet. De même, je n’ai rien lu dans la littérature généalogique. Une question à creuser sans doute, un nouvel espace de recherche peut-être.
Voir aussi : Initiation
A propos du mariage pour tous
Par Stéphane Cosson le 12 mai 2013 | (8) Commentaires | Permalink
Il est rare que je fasse un sujet qui soit vraiment d'actualité. Cette fois-ci j'ai pris le risque.L’adoption de la loi sur le mariage pour tous apportant de nombreuses modifications, les revendications des opposants m’agaçant profondément, sans doute à cause de ma formation universitaire en ethnologie de la famille et en sociologie, je suis donc allé chercher du côté des sociologues et des ethnologues ce qui se disait. Et en m'impliquant dans cette bataille peut-être beaucoup plus que d'autres fois. Du coup mes écrits peuvent déplaire, je préfère prévenir même si j'ai essayé d'être le plus neutre possible. Mais l'est-on vraiment ?
Filiation et parentalité homosexuelle :
Tout d’abord, la filiation est avant tout un lien juridique par lequel est définie l’appartenance de l’individu à un groupe de parents et auquel sont associé un ensemble de droits (transmission du nom, succession et héritage), de devoirs (obligation d’entretien réciproque) et d’interdits (prohibition de l’inceste).
Notre système de filiation se rapproche le plus possible de l’engendrement. Mais c’est un choix culturel accompagné d’une norme qu’est l’exclusivité. Chacun de nous n’est en position de fils ou de fille que par rapport aux individus qui l’auraient en principe conjointement engendré et ne peut avoir qu’un seul père et qu’une seule mère, d’une génération ascendante (et de sexe différent jusqu’à l’adoption de la loi concernant le mariage pour tous qui modifie cela).
Le désir d’enfant n’est pas lié à l’orientation sexuelle.
De ce fait, environ 20000 enfants vivent en 2006 dans un foyer constitué d’un couple de concubins de même sexe. La majorité se trouvant dans des situations juridiques problématiques du point de vue de leur filiation. Si le parent décède, si le couple se sépare, qu’advient-il de l’enfant ? Le compagnon ou la compagne n’a en effet aucun lien juridique avec l’enfant qu’il contribue à éduquer.
Les familles homoparentales sont par définition pluriparentales : elles mettent en jeu plus de deux adultes dans le processus de formation d’une famille, dont des parents « sociaux ». C’est le cas aussi, soit dit en passant, dans les familles hétérosexuelles recomposées.
Le mythe du « bon parent »
Être parent est associé à un univers de compétences et d’apprentissages. La parentalité « défaillante » est devenue l’objet de toutes les attentions.
Le sociologue américain Howard Becker a, de ce fait, parlé de « nouveaux entrepreneurs de la morale familiale » car il y a, selon lui, des producteurs de normes familiales. Mais qui les applique ? Comment sont-elles reçues et mises en pratique par les familles ?
L’enfant est devenu un « bien précieux ». Tout serait mis en œuvre pour préserver l’enfance, devenue une période idéalisée. Il faut la protéger non seulement d’éventuels dangers mais aussi anticiper les risques, notamment « psychologiques », qui pourraient compromettre son vécu.
Sous l’impulsion des discours psychanalytiques, le bien-être de l’enfant est désormais considéré de façon quasi-exclusive entre les mains de sa mère.
Rappelons qu’il est difficile pour les hommes gays de devenir père, en dehors de l’adoption et de la coparentalité. L’homme « célibataire » est, en plus, imaginé comme frappé d’une incapacité congénitale à s’occuper d’un enfant. Quand on ne craint pas purement et simplement la pédophilie de sa part.
Toutefois … La lutte juridique contre les discriminations à l’égard des homosexuels a contribué à transformer leurs conditions de vie. Ils sont passés pour la majorité d’entre eux d’une culture de ghetto et de contestation de l’ordre familial traditionnel à une plus grande aspiration pour la vie conjugale.
Mais est-il vraiment possible d’identifier le niveau d’aptitude de chaque parent dans sa mission socialisatrice et de diagnostiquer l’incompétence parentale, la défaillance, voire l’irresponsabilité ? Non, même si des émissions télé telles que Super Nanny ou Le Grand Frère stigmatisent les familles qualifiées de défaillantes, sauvées par une aide venant de l’extérieur. Et donnent du coup une image rassurante, comparative, en miroir, aux autres parents.
Les sociologues ont alors étudié la mise en pratique des conseils émis par les spécialistes. Elle dépendrait de la position sociale des parents et deux modèles se dégageraient (de manière très dichotomique car la réalité est forcément bien plus complexe) :
- Un modèle « savant » : la mère, puisque on considère qu’elle seule est capable, la mère donc, dépourvue d’expérience, se réfèrerait aux conseils des professionnels de la petite enfance pour asseoir leurs pratiques.
- Un modèle « familial » : la mère s’appuierait sur les recommandations des professionnels quand celles-ci entrent en congruence avec ses pratiques héritées de sa propre socialisation familiale.
Juste un chiffre et une réflexion pour finir et ouvrir peut-être un dialogue : 90% des membres de l’APGL (association des parents et futurs parents gays et lesbiens) ont fait des études supérieures et occupent des professions intellectuelles, artistiques ou de cadres. Cette association a été à l’initiative de plusieurs colloques internationaux de chercheurs en sciences sociales sur les questions juridiques, sociologiques et politiques posées par l’homoparentalité.
Il y a peut-être derrière ce désir d’enfant de la part des gays, surtout quand il s’agit d’hommes, toute une réflexion menée, personnelle, avant de passer à la réalité d'accueillir un enfant.
Voir aussi : Actualité
Joachim, ouvrier sur cordes de violon
Par Stéphane Cosson le 4 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink
Cette note fait suite à ma note sur la lettre J du challenge AZ. Ecrire une première note sur Joachim m'a forcé à me poser des questions sur lui, notamment sur son premier métier : ouvrier sur cordes de violon. Quel pouvait être ce métier au moment où il est papa pour la première fois, en 1870 ? Pourquoi était-il parti sur Lyon ? Pourquoi a-t-il bougé ensuite à Angers puis à Nantes ? Son métier peut-il être une explication à ses déplacements ?
Donc je suis allé fouiller sur Internet. La corde est fabriquée avec la tunique médiane de l'intestin grêle du mouton. L'achat des boyaux se faisait semble-t-il exclusivement à l'automne ou à l'hiver. Et les meilleures cordes venaient des moutons élevés en zone aride (car plus résistants).
A mon sens, Joachim fabriquait exclusivement les cordes. S'il les avait accordées, j'aurais vu d'autres mentions que celle d'ouvrier. Or c'est la seule que je lis à son sujet dans les actes de naissance de ses enfants.
Joachim commençait par les dessaler dans de l'eau ammoniaquée, en préparant un banc à côté de deux fois la longueur de corde utile (auquelle on ajoutait de 30 à 40 cm) et sur lequel il fixait une perceuse munie d'une brosse circulaire. Une fois la corde dessalée, Joachim accrochait une extrémité de boyau à la brosse et faisait au maximum 5 allers-retours avec le boyau. Il lui fallait éviter les liaisons de boyaux au milieu de la corde pour ne pas faire de noeuds et il devait veiller à ce que la future corde ait une tension égale. En effet,une corde de boyau doit être dans toute sa longueur cylindrique, de même diamètre, élastique, d'une souplesse régulière et de couleur transparente. Un épaississement ou une densité irrégulière de la structure du matériau empêchent un accord tout à fait juste.
Une fois cela fait, Joachim faisait tourner la perceuse quelques minutes. Il poussait les tours en essuyant avec la main ou un morceau de cuir pour essorer et régulariser. Il répétait cela autant de fois que nécessaire. Seule l'expérience lui permettait de savoir quand il lui fallait s'arrêter.
Joachim laissait la corde sécher puis il la frottait avec une corde de chanvre imbibée de savon noir ou d'huile d'olive. Là encore, le tour de main lui permettait de savoir combien de tours la corde de chanvre allait faire autour de la corde de boyaux. Puis il laissait à nouveau sécher.
Il la frottait avec une laine de fer la plus fine possible et recommençait avec la corde de chanvre. il enroulait alors les cordes en anneaux et les passait au soufroir. Le soufroir était le plus souvent un vieux récipient tronçonnique avec couvercle dans lequel on avait mis du soufre pour les barriques (en barre donc).
Quand il les avait sorties du soufroir, Joachim retendait les cordes, les repassait à la corde huilée. Elles étaient prêtes à être installées sur le violon.
Quatre cordes de son différent étaient fabriquées : sol (le bourdon), la, ré, mi (la chanterelle). On pouvait filer le bourdon d'un fil d'argent ou d'aluminium. Quatre cordes, donc quatre diamètres différents.
Mais, si je connais mieux son métier, il me reste encore plein de mystères qui l'entourent à résoudre. Saurais-je un jour lever ceux-ci ? Soyons positif et disons que oui.
Voir aussi : Musique
La généalogie des Lautrec-Venès
Par Stéphane Cosson le 2 mai 2013 | (0) Commentaires | Permalink
Les Lautrec-Venès sont une des nombreuses branches de la famille de Toulouse-Lautrec. En 1990, quand Jacques-René Magne et Jean-Robert Diziel publient leur ouvrage sur cette famille, ils écrivent ceci :
"Amélius-Sicard 1er du nom, fils de Sicard III de Lautrec et d'une mère inconnue, est mort après 1176. Son fils Amélius-Sicard II s'est marié avec Adélaïde, fille de Géraud, seigneur de Livran et de Sivran au diocèse de Narbonne. Adélaïde décédée vers 1275."
Au départ, quand je l'ai lu, cela ne m'a pas choqué du tout. Et là, que je suis en train de reprendre la généalogie, je me dis : Mais non, ça c'est pas possible. Il manque des générations entre Amélius-Sicard 1er et Amélius-Sicard II. Sinon ça ne marche pas.
Cette branche des Lautrec-Venès a donné la branche des Lautrec, seigneurs de Pépieux, issus du frère d'Amélius-Sicard II prénommé Frédol. Et si mes générations manquantes étaient là ?
Et si on avait :
I- Amélius-Sicard 1er de Lautrec-Venès. Décédé en 1176. D'une épouse inconnue, il a :
1- Frédol 1er, qui suit.
2- Amélius-Sicard
II- Frédol 1er, décédé après 1222. D'une épouse inconnue, il a :
1- Géraud 1er, qui suit.
2- Rixendis
III- Géraud 1er, décédé en 1240. Epouse Alaxadis de Pépieux. D'où :
1- Amélius-Sicard II, qui hérite de Venès.
2- Géraud II, qui hérite de Pépieux.
3- Frédol, vivant en 1290.
4- Cécile, épouse de Pierre Rigaud de Vaudreuille.
Cela me paraîtrait plus logique. Et je suis persuadé que l'on peut trouver les noms des épouses manquantes au vu des prénoms Amélius, Frédol, Géraud qui apparaissent à ce moment-là. Mais je suis en attente de documentation pour pouvoir en dire plus, même si j'ai déjà des pistes.
Voir aussi : Actualité
Challenge AZ : B et A comme B.A.
Par Stéphane Cosson le 30 avril 2013 | (0) Commentaires | Permalink
Déjà, je vais lever une ambiguïté : B.A. comme Bénévole Actif, pas comme Bonne Action. quoique l'un n'empêche pas l'autre. Pourquoi Bénévole Actif ? Une seule raison : ce n'est pas parce que je suis professionnel dans le domaine de la généalogie que, parfois, je ne peux pas être bénévole dans ce même domaine. Ce n'est pas incompatible.
Je me souviens d'une anecdote qui m'est arrivée au début où j'étais professionnel. Je donnais bénévolement des cours dans une association. Je transférais mon savoir, mes compétences et ceux qui y venaient, qui y assistaient, étaient ravis de ce transfert. Sauf que le président de l'association a fait voter mon exclusion à son Conseil d'Administration. Que je sois exclu, peu importe. Mais en même temps, comme une autre association m'a accueilli pour continuer de donner ces cours, la première a perdu des adhérents puisqu'ils m'ont suivi.
Le monde du bénévolat et le monde professionnel ne sont pas deux modes s'excluant les uns des autres. Nous formons, tous ensemble, le monde de la généalogie. Et il me semble qu'il est toujours intéressant de travailler main dans la main, faire des échanges gagnant/gagnant.
Comme pour cette association : je donne des cours à ses adhérents et en même temps elle m'ouvre entièrement sa base de données (exclusivement tarnaise). Alors bien sûr, en tant que professionnel, je ne le ferais pas tout le temps et pas de n'importe quelle manière. Il faut que j'y trouve aussi mon intérêt et que l'association en face le comprenne. Mais je crois qu'un professionnel peut être aussi un bénévole actif sur un sujet bien précis. Je crois que tout le monde ne peut qu'y gagner.
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Challenge AZ : C comme CIL
Par Stéphane Cosson le 29 avril 2013 | (2) Commentaires | Permalink
Faut-il avoir, en tant que généalogiste professionnel, recours à un conseiller informatique et libertés ? Je me pose la question. N'est-ce pas superfétatoire, même si le terme est peut-être un peu fort ?
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se mettre en conformité avec cette loi. Loin de moi cette idée. Mais... Aller plus loin est-ce nécessaire ?
Certes nous pouvons avoir des fichiers avec des données sensibles. Je pense notamment à nos fichiers clients. Un familial travaille aussi sur des fichiers avec des données historiques. Je peux comprendre qu'un successoral, qui travaille sur des données beaucoup plus récentes que les familiaux, puissent faire appel un CIL.
Bref, pour le moment j'étudie la question. Et je me pose des questions. On verra où mes réflexions vont me mener.
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Challenge AZ : D comme graphisme
Par Stéphane Cosson le 28 avril 2013 | (2) Commentaires | Permalink
Je viens de recevoir le nouveau Généalogie-Magazine. Et il y a la présentation à plusieurs endroits d'arbres généalogiques que l'on peut acheter. Et vous savez quoi ? ils ne me plaisent pas. Je me dis qu'on doit pouvoir les améliorer d'une manière ou d'une autre.
Ce qu'a fait Alain Rouault me plaît beaucoup plus mais là encore, il me semble que l'on peut aller plus loin. C'est déjà un énorme progrès, une véritable innovation. Vraiment. Mais je suis sûr qu'on peut encore aller plus loin. Je ne sais pas encore complètement comment mais les dernières générations sur la demi-roue, par exemple, je trouve pas ça top quand même. J'aurais voulu en discuter avec un designer mais il ne s'est pas montré intéressé. Je vais sans doute aller voir un graphiste. Personnellement, je réfléchis mieux à deux que tout seul dans mon coin. Surtout quand c'est avec un spécialiste.
De même, on sait que c'est un arbre généalogique. Alors le côté redondant du thème végétal derrière me gave sévère, disons-le. Je ne kiffe pas du tout. Cela va, on le sait que c'est un arbre ! C'est bon ! On ne va pas en remettre une couche derrière ! Soyons imaginatifs ! Lâchons-nous, nous n'avons de seule limite que notre imagination.
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Challenge AZ : E comme possession d'état
Par Stéphane Cosson le 26 avril 2013 | (0) Commentaires | Permalink
Quand on trouve un enfant naturel dans sa généalogie, que l'on connaît la mère, on se dit qu'on aimerait bien compléter la branche manquante du père.
Il existe peut-être une solution, compliquée, délicate, pour laquelle, en tant que généalogiste, nous devons chercher des preuves et des preuves, des indices, encore et toujours des indices : la possession d'état.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit de la prise en compte de la réalité vécue du lien de filiation. Elle s'établit par une réunion suffisante de faits qui révèlent le lien de filiation et de parenté entre un enfant et la famille à laquelle il est dit appartenir. Plusieurs faits sont nécessaires pour pouvoir reconnaitre celle-ci :
-
le prétendu parent a traité l'enfant comme son enfant et lui-même l'a traité comme son parent,
-
le prétendu parent a pourvu à son éducation et à son entretien,
-
la société, la famille, les administrations reconnaissent l'enfant comme celui du ou des parents prétendus,
-
l'enfant porte le nom de celui ou de ceux dont on le dit issu.
Elle doit être en outre continue, paisible et non équivoque, et ce de manière cumulative. Bref, compliqué mais pas impossible, surtout si on a la chance de trouver en plus un acte de notoriété auprès du juge du tribunal d'instance. Mais ça c'est en plus ! La cerise sur le gâteau.
Voir aussi : Actualité
Challenge AZ : F comme famille
Par Stéphane Cosson le 25 avril 2013 | (2) Commentaires | Permalink
Après un petit jour de repos, il fallait bien ça, au moins!, vu le sujet que je voulais aborder, allez hop, c'est reparti ! Aujourd'hui la famille. Après l'adoption de la loi sur le mariage pour tous, cela m'a semblé d'actualité. Même si d'une manière ou d'une autre, étant plutôt pro-Mariage pour tous et je ne m'en cache pas, cela pourra vous sembler peut-être un chouïa orienté. Mais un blog c'est aussi fait pour cela;
La famille, comment ça marche ? Et d'abord, c'est quoi ? Qui appartient à la famille ? Qui n'y appartient pas ou plus ? A partir de quel degré on considère qu'on n'est plus apparenté ? Existe-t-il une différence entre famille et parenté ? Bref, vous le voyez, le sujet est vaste. Faut-il rester dans une vision de la famille contemporaine, du monde industriel, ou bien doit-on aller comparer avec les sociétés sans écriture ?
Le champ de recherche est vaste. Très vaste. Trop peut-être !
"Famille" est un terme polysémique.
Vous avez la famille nucléaire : le père, la mère, le fils, la fille (et le Saint-Esprit de la famille Machin chère à Brassens dans ses Amoureux des bancs publics), bref un groupe de personnes associées par les liens du mariage, de la filiation, occupant un même espace résidentiel. C'est la fameuse famille de la Manif pour Tous.
C'est aussi un ensemble de parents, d'alliés, avec lesquels on ne partage pas sa résidence. Les collatéraux, la parenté avec laquelle ont entretient des relations... Ou pas.
Une famille c'est aussi ce qu'on appelle en occitan un "oustal" ou la "maison" pour lesl ignées nobles. Un ensemble de parents morts, vivants, partageant une histoire, une renommée, un patrimoine.
Du point de vue historique, le XIXème siècle voit se développer les discours des théologiens catholiques observant la destruction de la famille par les méfaits de l'individualisme révolutionnaire traduits dans le code civil. La famille se déconstitue selon Louis de Bonald. Selon Frédéric Le Play, on soumet la famille à l'autorité des légistes, de la bureaucratie.
Pour les philanthropes, c'est le paupérisme qui désunie les familles. D'où les différents principes hygiénistes pour la "regénérer" de l'intérieur.
Au début du XXème siècle, nous avions une menace qui pesait sur la famille : le péril vénérien.
Quand j'ai entendu les discours anti-mariage pour tous, j'avais parfois l'impression d'entendre ces thèmes-là ressortir, du moins deux d'entre eux, le paupérisme me semblant passé d'actualité. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle. Et il faut parfois se mettre en danger.
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