Chronologie généalogique : le XVIIe siècle
Par Stéphane Cosson le 31 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
Que s'est-il passé pour nous, généalogistes, au cours de ce siècle ? A-t-il été aussi riche que le siècle précédent, aussi fondateur ? C'est ce que nous allons découvrir maintenant.
26 mars 1659 : Louis XIV ordonne de rédiger un livre-terrier afin de dénombrer les domaines du roi dans l'ensemble du royaume.
Il s'agit de l'ancêtre du cadastre. Le terrier contient les déclarations authentiques par lesquelles des dépendants fieffés ou censitaires reconnaissent tenir des biens du roi.
22 septembre 1664 : Obligation aux pasteurs de constater et d'enregistrer l'état civil de leurs ouailles.
Cette mesure, prise par le Conseil, dans un de ses arrêts, évite ainsi toutes les réticences qui existaient depuis près d'un siècle, tant du côté catholique que du côté protestant, d'enregistrer les nouveaux-nés protestants.
Avril 1667 : Ordonnance de Saint Germain en Laye. Obligation de signer les actes ; obligation de tenir en double les regsitres ; dépôt des registres aux greffes.
Le "Code Louis" stipule que les regsitres paroissiaux doivent être tenus en double et le double déposé aux greffes.Il tend aussi à essayer d'uniformiser la rédaction des regsitres : signature des baptêmes par les parrain et marraine, des actes de mariage par les mariés et leurs témoins, des actes de sépulture par deux parents présents.
Octobre 1685 : Révocation de l'édit de Nantes. Début des registres du Désert.
Cette révocation ordonne que les nouveaux-nés protestants soient inscrits sur les regsitres catholiques.
Afin de contrer cette obligation, les protestants commencent à tenir des regsitres clandestins.
Mars 1693 : Début du contrôle des actes des notaires.
A compter du 1er mai 1693, tous les actes de notaires sont assujettis à la formalité du contrôle. C'est l'ancêtre de notre enregistrement.
1694 : Instauration de la capitation et premier dénombrement de la population.
La capitation devait rétablir l'égalité devant l'impôt en touchant chaque foyer (y compris les nobles). Mais, dès le début du XVIIIe siècle, elle ne touche plus que les roturiers.
La première capitation date en fait de 1695.
Là encore, vous pouvez le constater, certains évènements sont fondateurs de ce que nous connaissons encore.
Généalogie et tourisme
Par Stéphane Cosson le 31 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
Vous souhaitez faire votre arbre généalogique mais vous ne savez pas comment orienter vos recherches ? Ou bien vous avez déjà quelques notions en généalogie et vous souhaitez aller plus loin dans votre passion ? Vous avez des difficultés à lire les documents d'avant la Révolution Française ?
Vous aimeriez faire partager votre passion à votre conjoint, organiser des vacances autour de cela mais votre conjoint n'est pas vraiment enthousiaste ? Que va-t-il faire pendant que vous êtes aux Archives ?
Comment concilier les deux ?
Une solution est peut-être possible. Je l'appelle : généalogie et tourisme. Elle se fait sous forme de stages d'un week-end ou de cinq jours, en individuel ou en groupe (si vous appartenez à une association de généalogie par exemple).
Tout est organisé pour vous, autour de la généalogie : l'hébergement et les repas, des cours avec un généalogiste professionnel (8 heures pour un week-end, 15 heures pour cinq jours), les visites (accompagnées) de la région, les animations vespérales avec chant, repas festif.
Je crois que cela pourrait vous permettre, ensuite, lorsque vous programmerez vos prochains séjours en salle d'archives, de mieux organiser votre travail de recherche.
Et pour votre conjoint, me direz-vous ? Eh bien, pendant que vous suivrez vos cours, assouvirez votre passion, il pourra se balader. Tout serait aussi prévu pour lui.
Qu'en pensez-vous ? Cette formule vous plairait-elle ?
Chronologie généalogique : le XVIe siècle
Par Stéphane Cosson le 30 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
Suite de notre chronologie. Que s'est-il passé entre 1500 et 1600, du point de vue juridique, qui puisse intéresser le généalogiste ?
C'est ce que nous allons voir maintenant.
Août 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts, fondement de l'état civil. Le français devient la langue officielle du pays.
Quatre articles de cette ordonnance sont en fait importants :
- L'article 50 stipule que les chapitres, collèges, monastères et cures doivent tenir un registre des sépultures des personnes pourvues d'un bénéfice (donc majeures).
- L'article 51 ordonne la tenue par les curés des registres de baptême.
- Les articles 52 et 53 déterminent le mode de tenue et le lieu de conservation de ceux-ci.
Cette ordonnance impose par ailleurs l'usage du français à la place du latin pour les actes de justice.
Février 1556 : Déclarations de grossesses obligatoires pour les filles non mariées et veuves. Le consentement des parents est obligatoire pour tout homme jusqu'à 30 ans et pour toute femme jusqu'à 25 ans pour pouvoir se marier.
Il s'agit d'un édit d'Henri II. Si elles ne déclaraient pas leurs grossesses hors mariage, les femmes pouvaient être punies de mort. Elles n'avaient pas obligation par contre de mentionner le nom du père. Il s'agissait de lutter à la fois contre les mariages clandestins et contre les infanticides à la naissance.
Mai 1559 : Premiers registres paroissiaux protestants.
Le premier synode protestant, dans son article 35, stipule que les mariages et les baptêmes doivent être enregistrés et soigneusement gardés au temple.
Toutefois, les registres paroissiaux protestants les plus anciens sont ceux de la paroisse Saint Pierre Le Vieux à Strasbourg. Ils remontent à 1525.
1563 : Le Saint Siège permet aux évèques de délivrer les dispenses nécessaires pour marier les cousins aux 3e et 4e degrés.
Avant cette date, le Saint Siège était seul habilité à délivrer les dispenses.
A partir de cette date, ils est seulement compétent pour les dispenses des mariages entre cousins germains.
9 août 1564 : Charles IX impose le 1er janvier comme date obligatoire et définitive du début de l'année.
Auparavant, la date du début de l'année était variable et dépendait en fait de la date de Pâques. Cette décision ne prit effet qu'en 1567 pour des raisons d'ordre astronomique. De ce fait l'année 1566 ne dura que huit mois.
Mai 1579 : Ordonnance de Blois, obligation de tenir des registres de baptêmes, mariages et sépultures.
L'article 181 de cette ordonnance confirme l'ordonnance de 1539 et rajoute l'obligation de tenir des regsitres de mariages et de sépultures. Cela pour éviter le mariage clandestin entre deux personnes de condition différente et le recours à la preuve par témoins.
Novembre 1582 : Application du calendrier grégorien. Le 10 décembre 1582 devient le 20 décembre 1582.
Grégoire XIII, pape de 1572 à 1585, modifia le calendrier julien. Ce dernier introduisait une année bissextile tous les quatre ans, aboutissant alors à une année de 365, 25 jours. L'année astronomique étant légèrement plus courte, l'écart ne cessa de se creuser au cours des siècles.
Au XVIe siècle, cet écart était de 10 jours. Grégoire XIII a donc rétabli la concordance. Dans les Etats pontificaux, le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre 1582.
D'autres pays n'adoptèrent ce calendrier que beaucoup plus tardivement :
- Angleterre : 1752.
- Russie : 1918.
- Grèce : 1923.
1585 : Rappel des déclarations de grossesses pour les filles non mariées et veuves.
Ce rappel est effectué par Henri III.
13 avril 1598 : Promulgation de l'édit de Nantes par Henri IV.
Les actes célébrés par les pasteurs protestants deviennent valides. Toutefois, les morts protestants ne peuvent pas être enterrés dans les mêmes cimetières que les défunts catholiques.
Comme vous pouvez le constater, certaines de ces dates sont encore en application actuellement.
Que s'est-il passé au siècle suivant ? C'est ce que nous verrons une prochaine fois.
Chronologie généalogique antérieure au XVIe siècle
Par Stéphane Cosson le 30 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
"De quand date ...?". C'est une question que l'on me pose souvent. Poourquoi perdre du temps à chercher des documents à une époque où ceux-ci n'existaient pas encore ? Comment le savoir ?
Voici le début d'une chronologie qui pourra vous y aider.
1334 : Le curé de Givry (Saône-et-Loire) commence à noter sur un registre les mariages, les sépultures et les sommes encaissées lors de ces cérémonies.
Bien qu'il s'agisse en fait d'un livre de comptes, ce registre est considéré comme le plus ancien des registres paroissiaux.
1406 : Henri le barbu, évêque de Nantes, prescrit la tenue de registres de baptêmes dans chaque paroisse de son diocèse.
1451 : Le registre des baptêmes de Roz-Landrieux (Ille-et-Vilaine) est le plus ancien qui ait été conservé.
1469 : Le registre paroissial de Montarchez (Loire) est le plus ancien registre conservé regroupant baptêmes, mariages et sépultures.
Marché et produits généalogiques
Par Stéphane Cosson le 29 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
De quoi se compose le marché généalogique actuellement ? Quels en sont les produits ? Qui s'y est vraiment penché dessus ?
Et si on essayait de répondre à ces questions ?
A mon avis, le marché généalogique se compose des acteurs suivants actuellement :
- Des cercles généalogiques amateurs. Ils sont regroupés pour la plupart au sein de la Fédération Française de Généalogie.
- Des éditeurs spécialisés classiques.
- Des éditeurs spécialisés Internet.
- Des généalogistes professionnels. Ils sont regroupés au sein de plusieurs chambres syndicales, certaines ayant construit récemment une union.
Du point de vue des partenaires de ce marché, il y a bien évidemment les Archives, qu'elles soient départementales, municipales ou nationales.
Les Archives, municipales ou départementales, mettent aussi en ligne les registres d'état civil et paroissiaux qu'ils numérisent. De ce point de vue, à mon sens, elles appartiennent aussi au marché généalogique mais d'une manière différente car, étant des administrations, elles n'ont pas à faire des bénéfices à ce sujet. Pour la plupart, la mise en ligne est gratuite. Mais elles font concurrence aux cercles de généalogie amateurs et à leurs diffuseurs. Quoique, comme il s'agit d'actes numérisés, si les personnes qui les consultent n'ont pas suivi un brin d'initiation en paléographie, leur lecture peut s'avérer ardue. Le public qu'elles touchent n'est donc pas forcément le même.
Quels sont les produits ? D'après ce que nous venons de voir précédemment, il y a donc en vente :
- des ouvrages : guides, généalogies de familles célèbres ou pas, armoriaux, cartes, etc.
- des fiches à remplir : arbres généalogiques quelle que soit leur forme, fiches de dépouillement, fiches Soza-Stradonitz.
- Des relevés d'actes par le biais d'Internet : actes filiatifs ou non, issus des travaux effectués par les cercles d'amateurs (NMD, BMS, CM, Test.)
- Des recherches payantes, effectuées par les professionnels.
Jusqu'à présent, chacun est resté dans son pré carré. Et pourquoi ne pas bousculer un peu tout cela ?
Les cycles de vie des produits généalogiques
Par Stéphane Cosson le 28 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
Avez-vous remarqué que, dans la littérature généalogique actuelle, rien ne parle du cycle de vie des produits généalogiques ?
Mais d'abord qu'est-ce qu'un cycle de vie ? Cela comprend cinq étapes, dont la première est bien souvent oubliée.
Les étapes les plus connues sont les suivantes :
- Le lancement, qui entraîne des ventes faibles, un coût unitaire très élevé, des pertes plutôt que des bénéfices, une concurrence limitée. La clientèle peut être qualifiée de pionnière.
- La croissance, qui, comme son nom l'indique, permet des ventes en hausse, un coût unitaire qui diminue par rapport au lancement mais qui peut être encore élevé, un début de bénéfices, une fois l'équilibre atteint. Du point de vue concurrentiel, il y a de nombreux entrants car ils ont compris que le filon pouvait être intéressant pour eux. La clientèle est souvent qualifiée d'adopteurs précoces.
- La maturité, avec des ventes maximales, un coût unitaire dep lus en plus faible, des bénéfices de plus en plus élevés, une concurrence maximale mais toutefois stable et une clientèle de masse.
- Le vieillissement où tout en fait décroît lentement mais sûrement.
La phase la plus souvent oubliée est la première : la phase de gestation. C'est une phase de création, de recherche et de développement, une phase de projets. Elle est interne à l'entreprise.
Quel rapport avec la généalogie, me direz-vous ? Mais les produits généalogiques, quels qu'ils soient, répondent à ce cycle de vie.
Quand je fais un devis à une personne, je suis, il me semble, dans une phase de lancement. Rien n'est encore conclu. Tout est possible. Je peux être en concurrence avec d'autres de mes collègues, sans le savoir, pour un même travail.
Quand le devis est accepté, la vente n'est pas encore faite mais elle est plus que probable. Elle ne sera effective qu'une fois les recherches généalogiques effectuées. On peut qualifier ce moment, il me semble, de phase de croissance.
La maturité, c'est le moment des recherches. J'envoie un premier résultat, qui enclenche une nouvelle demande du client, qui enclenche une nouvelle demande, etc. jusqu'à épuisement des archives.
Le vieillissement, c'est le moment où les recherches pour ce client se tassent. Si je ne sais pas lui proposer de nouvelles pistes, la relation avec ce client va s'arrêter. Il me faudra en rechercher de nouveaux.
Faire des recherches généalogiques pour les particuliers, c'est bien. Cela me permet en tant que professionnel d'avoir une facturation régulière. Mais je crois que ce n'est pas suffisant.
Il manque la phase de gestation. Si, pour une raison ou une autre, plusieurs clients arrêtent de me commander des recherches, le temps que j'en trouve de nouveaux peut être plus ou moins long. Si je n'ai pas mis de projets en gestation qui peuvent me permettre de me rattraper, je coule l'entreprise.
Innover. Proposer de nouveaux produits. Proposer de nouvelles idées.
Arrêter de considérer les cercles amateurs comme des clients potentiels mais les voir aussi comme des concurrents potentiels. Regarder ce qu'ils proposent. S'en inspirer peut-être.
Arrêter aussi de voir les entreprises ou les administrations qui proposent des actes en ligne comme des partenaires. Les voir aussi comme des concurrents. Ceux qui consultent leurs sites ne viendront peut-être pas chez moi. Que puis-je proposer à mon tour ? Je suis professionnel. N'est-ce pas une carte importante à jouer.
Où y a-t-il des possibilités inconnues encore de tous ? Essayer de mettre en place des produits généalogiques qui ont des cycles de vie différents. Si certains peuvent me suivre tout au long de ma carrière de généalogiste, pourquoi pas ? Qu'est-ce que je risque ?
Lire également :
Le marché généalogique selon Jean-Louis Beaucarnot
Eventail généalogique
Par Stéphane Cosson le 27 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
Tout le monde connaît les roues et les demi-roues généalogiques. Toutefois, elles ne sont pas forcément faciles à utiliser. Pour une seule et bonne raison ; vu leur grandeur, elles sont le plus souvent en rouleau. Les dérouler pour pouvoir y travailler dessus, je ne sais pas vous, mais pour moi, c'est un peu la galère. Il faut toujours trouver quelque chose pour bloquer les angles qui rebiquent, empêcher qu'elles se ré-enroulent alors que je suis en train de noter une génération. Bref, pas toujours pratique.
Et s'il existait une autre solution ?
Une demi-roue, c'est quand même bien pratique. Cela permet d'avoir une vision d'ensemble de l'arbre généalogique, de pouvoir repérer où sont les manques, quelles sont les branches qu'il faut compléter. Une roue, c'est tout aussi pratique pour les deux branches : paternelle et maternelle.
Mais le support me paraît de plus en plus insupportable. J'en ai bien vu sous forme de codex, un livre que l'on déplie, branche paternelle à gauche, branche maternelle à droite. Mais les dernières générations sont un peu petites pour pouvoir noter tous les renseignements qui m' intéressent. A part les noms, je n'y note pas grand chose.
Et pourquoi pas sous une autre forme ? Garder le principe de la demi-roue mais de façon à ne pouvoir déplier que la branche qui m'intéresse. Cacher les autres en quelque sorte. Il me semble aussi que cela prendrait moins de place. Si je veux la montrer, pas besoin de chercher un cadre pour pouvoir l'accrocher au mur. Pas besoin non plus de vider totalement la table sur laquelle je veux travailler.
Il existe un support qui permet cela, un support plus petit, un accessoire féminin : l'éventail. Je lui trouve beaucoup d'avantages. Il me semble qu'il pourrait correspondre à ce que je recherche.
Et si j'adaptais ma demi-roue à l'éventail ? Ou l'inverse ? Qu'en pensez-vous ?
Bonnes fêtes de fin d'année
Par Stéphane Cosson le 26 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
A tous et à toutes, de très bonnes fêtes de fin d'année. Que cette nouvelle année qui s'annonce vous permette de vous enrichir dans tous les domaines.
Et pour ceux qui n'auraient pas d'idée de cadeaux, un arbre généalogique est toujours un cadeau original pour un futur Noël, un anniversaire ou pour toute autre occasion de fête.
Relevés systématiques et apprentissage des savoirs de base
Par Stéphane Cosson le 26 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
La généalogie peut servir à tout, y compris à réviser les savoirs de base (français, mathématiques) pour des personnes qui n'arrivent pas à trouver du travail. C'est l'expérience menée avec succès sur Gaillac (Tarn) pendant 4 mois en 2003-2004, dans le cadre de la formation AGIR.
Cette action de formation a été centrée sur la participation des stagiaires à un projet de relevé systématique de registres paroissiaux de la commune de Gaillac, entre 1782 et 1792, et à la rédaction d'un article analysant les statistiques issues de l'exploitation de ces relevés.
Pourquoi par ce biais ? Depuis la deuxième moitié des années 1970, le souci généalogique a envahi la France. Parmi les hypothèses permettant de comprendre cette flambée, l'une dit que la généalogie viendrait à panser les blessures de la crise économique du deuxième quart du 20e siècle dans la France anciennement industrielle. Elle serait alors une sorte de retour à la terre nourricière. Elle permettrait de réaliser un travail de recollement, de pardon suite à l'éclatement de la famille et aux manques de repères.
Et là, elle peut jouer un rôle intéressant pour des publics en difficulté sociale et économique.
Le public de la formation AGIR est composé de personnes qui ne tireraient pas profit d'une action directe d'orientation ou de recherche d'emploi mais qui sont cependant prêts à s'investir dans un travail de groupe, de façon à aborder le quotidien avec une plus grande confiance. Au départ, ces personnes peuvent ne pas avoir d'expériences professionnelles ou de projets bien définis.
En travaillant sur des registres paroissiaux d'ancien régime, les stagiaires ont appris une écriture dont ils n'avaient pas l'habitude. Cela leur a demandé de la concentration, de la rigueur et de la persévérance.
Ils ont travaillé sur des documents datant d'une époque où l'orthographe n'était pas fixée définitivement. Ce qui leur a permis de relativiser leur approche de celui-ci, de moins culpabiliser dans le cas où ils feraient des fautes, de prendre de la distance par rapport au français.
Une fois les relevés effectués, l'outil mathématique leur a permis de travailler sur la démographie de Gaillac au 18e siècle. Par ce biais, ils ont découvert en partie le quotidien des habitants de cette époque et comparer avec leur quotidien.
Le résultat final a été la publication de l'article après qu'ils l'eurent rédigé tous ensemble et effectué tous ensemble la frappe sur un ordinateur portable. La plupart d'entre eux n'avaient jamais approché cet outil, cela leur a permis de l'apprivoiser un peu, de moins en avoir peur, de s'apercevoir qu'ils pouvaient l'utiliser. Ils sont tous repartis avec un exemplaire de leur article.
Au départ, les stagiaires exprimaient une certaine crainte par rapport à ce projet, à ce monde qui leur était complètement inconnu au point de croire qu'ils allaient travailler dans une église, entourés par un prêtre. En fait, pour eux, ces quatre mois sont passés à un vitesse qui les a tous surpris.
Cette formation leur a apporté une véritable remise à niveau sans qu'ils s'en rendent vraiment compte, en douceur. Ils en sont sortis avec plus de confiance en eux et en leurs capacités, se mettant à la recherche active d'un emploi ou d'une nouvelle formation.
Il s'agit d'une expérience assez innovante, non ?
Lire également :
Innovation et généalogie
Par Stéphane Cosson le 23 décembre 2005 | (0) Commentaires | Permalink
L'essentiel est d'être créatif. Pas forcément simple, mais c'est le seul moyen de s'en sortir. Innover dans le domaine de la généalogie. Un très vaste programme.
Difficile à mettre en oeuvre. En fait, c'est comme pour le blog. Au départ, on hésite : Mais que vais-je donc pouvoir raconter ? On sent bien qu'on a un avis différent mais comment l'écrire ? En fait, je crois qu'il faut supprimer toutes les oeillères que l'on peut avoir. Essayer. Cela marche, tant mieux ! Cela ne marche pas, peut-être n'était-ce pas la bonne idée ou pas le bon moment. Ou peut-être n'étais-je pas prêt pour la lancer. Mais au moins j'aurais essayé.
Innover dans la généalogie. Quand j'en parle à mes collègues, ils me regardent tous bizarremment. Mais qu'est-ce qu'il veut ? semblent-ils dire. Innover, ah mais non, pas le temps, pas l'envie. Et puis dans quoi ?
Mais dans tout ! Dans la formation, la stratégie d'entreprise, les arbres généalogiques, les jeux, la télévision et que sais-je encore. Il y a aussi des places à prendre dans le domaine du tourisme, de l'aide aux personnes en difficulté sociale, dans l'apprentissage des savoirs de base.
Je suis un professionnel de la généalogie. Je n'ai pas envie de me contenter d'un CA HT moyen annuel de 14 500 €. Je veux en vivre, décemment. J'ai envie de créer d'autres emplois que le mien dans ce domaine. Cela ne veut pas dire forcément que j'ai envie de m'enrichir. Je ne serais peut-être jamais milliardaire, mais je peux quand même essayer. Qu'est-ce que je risque ?
J'ai déjà fait quelques tests dans ce domaine. J'ai obtenu quelques résultats, modestes mais intéressants. Cela demande du temps, du temps à caser dans les douze heures journalières de travail, six jours sur sept. Mais, cela m'a permis de maintenir depuis 2003 mon CA aux alentours de 20 000 - 25 000 € HT. C'est encore modeste, mais comparé à certains qui au bout de plusieurs années n'arrivent toujours pas à en vivre, c'est mieux que rien.
Dans les prochains jours, je vous parlerais de certaines de ces expériences passées.
Lire également :
Les cycles de vie des produits généalogiques
Le marché généalogique selon Jean-Louis Beaucarnot
