« décembre 2005 | Accueil | février 2006 »
Généalogie et immobilier
Par Stéphane Cosson le 31 janvier 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Dans les spécialités de la généalogie, il existe ce que l'on appelle la généalogie foncière. Le plus souvent, il s'agit de démêler des histoires de propriétés. Pour cela, les recherches se mènent en farfouillant les cadastres pour suivre les mutations.
Mais n'y a-t-il que cela ?
Il me semble qu'il y a d'autres possibilités dans le domaine du foncier.
Par exemple, vous êtes propriétaire d'une demeure de style et vous avez décidé d'en faire un gîte, une chambre d'hôtes, bref de rentabiliser votre investissement en accueillant des vacanciers. Pourquoi ne pas connaître l'histoire de cette maison afin de lui donner un cachet, de vous imprégner des lieux ?
De même, vous êtes agriculteur et vous voulez des revenus autres que ceux de l'agriculture, par le biais du tourisme vert. Peut-être que connaître l'histoire de votre ferme peut vous aider à vous démarquer des autres.
C'est en tout cas, une opération que j'ai mené il y a quelques années déjà, à la demande des Archives Départementales de l'Aveyron. Des agriculteurs, après concertation avec la Chambre d'Agriculture, avaient décidé de se lancer dans une autre forme de tourisme, mettant en valeur l'architecture de leur propriété et son histoire. Pour cela, il fallait la connaître, effectuer des recherches les plus poussées possibles en utilisant toutes les sources imaginables : recensements de population, cadastres, état civil et registres paroissiaux, archives des notaires, etc. Cette recherche se concluait par une visite des lieux avec le propriétaire qui pouvait donner des anecdotes sur les habitants anciens, comme la chambre de la bonne qui se trouvait sous l'escalier ou les enfants cadets de la famille qui dormaient au galetas, avec les domestiques. Cela pouvait donner des indications sur la manière dont chacun avait sa place dans la maisonnée.
Mais il faut ensuite que chacun joue le jeu correctement. Une autre forme pour allier généalogie et tourisme.
Ouvrage sur le métier de généalogiste
Par Stéphane Cosson le 30 janvier 2006 | (23) Commentaires | Permalink
Avez-vous constaté qu'il n'existe rien sur le métier de généalogiste ? J'ai beau chercher, je ne trouve rien. Ni à l'APCE, ni au CIDJ, ni à l'ONISEP. Rien non plus chez les éditeurs spécialistes.
Seule une notice existe dans le ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et Emplois).
Quelles pourraient en être les raisons ?
J'ai posé la question à Elisabeth Vinay, responsable des fiches professionnelles à l'APCE. Je lui ai même fait une proposition. Sa réponse fut la suivante :
Nous n'avons pas la généalogie comme priorité. Je garde cependant vos coordonnées au cas où nous aimerions disposer de l’information de façon résumée, non dans une fiche mais sur le site APCE à la rubrique sectorielle.
J'ai posé aussi la question au responsable de la Boutique de Gestion du Tarn CREER, qui suit mon dossier depuis que je suis installé et qui m'aide à prendre des décisions parfois difficiles. Il commence à bien connaître mon métier depuis bientôt trois ans que je lui en parle et qu'il me voit agir. Sa réponse fut très différente : la généalogie est un métier de niche. Ce qui l'intéresserait, lui et ses collègues, ce serait justement de trouver de l'information sur ces métiers de niche en général, pas sur les métiers plus communs dont tout le monde parle.
Seul le ROME, disais-je, présente une notice. La voici :
Conditions générales d'exercice de l'emploi/métier : Formation et expérience :Définition de l'emploi/métier :
Collecte, gère et met à la disposition des demandeurs d'informations ou des utilisateurs potentiels les ouvrages et la documentation générale ou spécialisée, en vue de satisfaire leurs besoins d'information, de formation, ou de loisir. Gère et enrichit un stock et un flux d'informations par des techniques documentaires appropriées. Après analyse des besoins, recherche, sélectionne, traite cette information, quel que soit le support. Elabore une gamme de produits communicants répondant aux besoins des usagers. Peut aussi réaliser, à la demande, des recherches ou des études sur des sujets spécifiques. Peut être appelé à effectuer la veille documentaire (surveillance de l'information innovante).
L'emploi/métier s'exerce dans les entreprises du secteur public ou privé, au sein d'un service spécialisé en documentation ou attaché à un service travaillant dans un domaine spécifique ou général. L'activité consiste à partager son temps entre les activités techniques spécifiques et l'accueil des usagers, dont il faut satisfaire les demandes dans les meilleurs délais. Les nouvelles technologies de l'information nécessitent de plus en plus la maîtrise de logiciels informatiques qui influent sur les activités en termes d'accès, de stockage, de diffusion et de production. L'activité s'effectue en interrelation avec les utilisateurs internes ou externes et le réseau de fournisseurs d'information. L'amplitude horaire du service est conditionnée par le secteur d'activité ou le type de public auquel il s'adresse.
Cet emploi/métier est généralement accessible à partir de formations dans le domaine information et documentation de niveau III (DUT information et communication options documentation d'entreprise ou métiers du livre, DEUST) ou de niveaux II et I (licence et maîtrise d'information et de documentation, DESS en documentation, diplôme supérieur des sciences et techniques de l'information et de la documentation, mastère spécialisé en management de l'information stratégique, certificat d'aptitude à la fonction de bibliothécaire). Dans la fonction publique, le recrutement s'effectue sur concours à partir de titres ou diplômes.
Quand j'ai lu cette notice, je me suis vraiment posé la question : parlait-on vraiment de mon métier ? Fonction publique, recrutement à partir de titres ou diplômes, service spécialisé de documentation... J'avais vraiment l'impression que la fiche ROME parlait du métier de documentaliste ou de bibliothécaire car à ma connaissance, il n'y a pas de diplôme pour ce métier, pas non plus de généalogiste fonctionnaire.
Il me semble qu'il y a là une grave lacune à combler, un gros effort pédagogique à faire vis-à-vis de nos partenaires. Je commence vraiment à comprendre l'utilité de la mise en place d'une norme professionnelle. Car cette notice me paraît être véritablement une hérésie, un non-sens. Elle est hors de la réalité de mon métier.
Pourquoi ne pas proposer un ouvrage expliquant concrètement le métier ? Y aurait-il un public pour cela ?
Elaboration d'une norme sur la profession
Par Stéphane Cosson le 29 janvier 2006 | (1) Commentaires | Permalink
Dans le cadre de ses actions, l'USGP travaille avec l'AFNOR à l'élaboration d'une norme professionnelle.
Il s'agit par ce biais de présenter la profession aux différents intervenants de manière officielle ainsi que d'une vitrine de présentation vis-à-vis du public.
L'USGP souhaite :
- des exigences communes minimales.
- une image de marque de la généalogie.
- une harmonisation des pratiques.
- une reconnaissance du professionnalisme des familiaux par rapport aux amateurs.
Pour cela, plusieurs étapes sont nécessaires. Tout d'abord une étude de faisabilité. L'AFNOR va rencontrer chaque chambre de manière individuelle. Ce qui va permettre d'établir un cahier des charges du document définitif.
Puis il y aura la création d'une commission de normalisation avec intégration des personnes du milieu généalogique.
Cette commission va valider le cahier des charges avant de s'attaquer à la rédaction des textes.
Le texte rédigé sera mis en ligne sur le site Internet de l'AFNOr pour une enquête publique. Puis viendra le texte définitif.
Tout cela va prendre un peu plus d'un an puisqu'il est prévu que la norme sorte en avril 2007 si tout va bien.
L'USGP
Par Stéphane Cosson le 29 janvier 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Trois chambres syndicales ont créé l'Union des Syndicats de Généalogistes Professionnels en mars 2005 :
- Le Syndicat national des Généalogistes
- La Chambre des Généalogistes Professionnels
- La Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France.
Quels sont ses objectifs ?
Tout d'abord, le premier objectif est l'entente et le rapprochement des syndicats pour la réalisation de leurs intérêts communs dans le respect de la diversité et du pluralisme.
Ensuite, l'USGP veut défendre les intérêts moraux, économiques, professionnels et sociaux, individuels et collectifs, des généalogistes successoraux et familiaux.
Cette union veut faciliter la représentation auprès des pouvoirs publics de toutes organisations et des différentes professions avec lesquelles le généalogiste collabore.
Elle veut favorsier l'établissement de règles déontologiques communes ainsi qu'une meilleure communication avec les consommateurs.
Elle souhaite organiser une formation professionnelle aux métiers de généalogiste (à ce sujet, la CGP prend de l'avance puisque à partir du mois de septembre 2006, il est prévu le début d'une formation pour les généalogistes familiaux dans le domaine de la stratégie d'entreprise, afin que tout généalogiste membre de cette chambre sache comment il peut se situer par rapport au marché généalogique, si sa pratique est bien en adéquation ou pas avec celui-ci et comment il devrait être possible d'investir ce marché différemment).
Enfin, elle va établir et diffuser une liste nationale des généalogistes adhérents.
Il s'agit d'un grand pas dans la reconnaissance de la profession, contrairement à ce que peuvent penser certains (que je ne nommerais) qui voient encore dans la généalogie professionnelle une occupation sous prétexte qu'elle n'a pas été réglementée par Vichy.
Transformation d'un nom de famille
Par Stéphane Cosson le 26 janvier 2006 | (0) Commentaires | Permalink
En tant que professionnel, je donne souvent des conseils à des personnes qui recherchent une famille sur une commune et qui, parce que le nom qu'elles cherchent n'est pas orthographié comme elles en ont l'habitude, laissent passer des informations.
J'aimerais vous donner un exemple : Je recherchais une famille au XIXe siècle, portant le nom de Duberne, sur la commune de Valdériès (Tarn).
Je remonte la généalogie jusqu'à la Révolution Française et là j'apprends que la famille provient d'une autre commune proche : Saint Grégoire (Tarn, même canton). Je vais voir les registres paroissiaux de cette commune et le nom change : de Duberne, je passe à de Berne.
Une fois les registres paroissiaux terminés, je passe aux notaires. Le nom reste de Berne jusqu'en 1541. Mais la famille vient d'ailleurs : de Lautrec.
Je vais fouiner alors dans les archives des notaires de cette commune du Tarn. Le nom change deux fois : une première fois en de Bernas au XVIe siècle et auparavant, en 1490, en de Brenas.
Les notaires de Lautrec remontant loin dans le temps, je trouve une première trace en latin de cette famille en 1400. Et là, la famille s'appelle de Brenario.
Heureusement que je ne suis pas resté sur ma première impression : Duberne. Je ne l'aurais jamais trouvée.
C'était juste une anecdote mais, quand je la présente lors de mes cours d'initiation de généalogie, curieusement les personnes comprennent tout de suite qu'il ne faut jamais se fier à l'orthographe du nom. Et qu'il vaut mieux prononcer celui-ci de vive voix plutôt que de le lire, cela peut nous donner des pistes.
Séduire un investisseur, "industrialiser" la généalogie ?
Par Stéphane Cosson le 24 janvier 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Dans toute vie d'une entreprise qui se développe, vient à un moment de sa vie un choix crucial : développer ses projets uniquement par l'autofinancement ou séduire un investisseur financier ?
Il me semble que, actuellement, dans la vie de mon entreprise de généalogie, ce choix est en train de se poser.
Petit retour en arrière d'abord. Au départ, les différentes études que j'ai mené (gestion des entreprises, techniques d'archives et de documentation, histoire, ethnologie de la famille, sociologie appliquée aux organisations), me semblaient très ecclectiques. Sans forcément en lien entre elles, même si les personnes que je rencontrais et à qui je parlais de mon projet de m'installer trouvaient qu'au contraire elles étaient liées.Mais je ne le voyais pas forcément. Je me doutais bien qu'elles étaient peut-être un atout, mais sans plus m'y attarder.
Le fait de rédiger sur ma profession est en train de me faire changer d'avis. Après 3 ans de travail dans le domaine de l'insertion professionnelle des personnes en difficulté, un passage de près de 3 ans dans une coopérative d'activités pour tester mon marché, 2 ans d'installation à mon compte en tant que profession libérale, je commence à me rendre compte du chemin parcouru. J'ai pu me faire un salaire, avec encore des hauts et des bas mais, je l'espère, une stabilisation en cours, j'ai embauché à mi-temps dans le cadre d'un C.I.E. une autre personne, généalogiste, avec de l'expérience, d'abord pour une durée de 7 mois. Cette embauche m'a permis de mettre en place des projets qui trottaient dans ma tête depuis longtemps. Rédiger ces projets les uns à la suite des autres, essayer de les mener tous de front ou presque, je me rends compte qu'il s'agit d'une tâche difficile. Mais j'ai réussi à trouver des partenaires pour cela, sauf encore du point de vue financier.
Je crois que c'est là la dernière étape. Elle me semble être la plus difficile. En effet, quelle image a la généalogie familiale professionnelle pour un investisseur financier ? Je crains qu'elle ne soit pas très bonne. Je parle bien d'investisseur financier, pas de banque, même si pour commencer un crédit pourra s'avérer nécessaire. Un capital-investisseur va vouloir tirer profit de la revente de ses participations avec, vraisemblablement, de fortes plus-values à la clé, en gros 5 ans après son investissement. Il soutient de ce fait exclusivement les entreprises à fort potentiel de croissance et de rentabilité. Est-ce le cas d'une entreprise de généalogie ? Peut-être.
Il va me falloir bâtir des hypothèses réalistes en terme de prévisions de CA HT, en terme de résultats. Là encore, je crois qu'il va me falloir de l'aide. Mais, au vu des ambitions que j'ai envie de réaliser, de mener à bien, je crois que c'est encore possible. La route est encore longue, malgré tout.
Généalogie et télévision
Par Stéphane Cosson le 23 janvier 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Les émissions mélangeant généalogie et variétés ont toutes été un échec en termes d'audience. Celles présentant quelques méthodes d'apprentissage sont celles qui ont duré le plus longtemps.
Mais la généalogie n'a pas été seulement présente dans ce genre télévisuel. Elle est aussi présente dans les séries télé.
Ainsi, il y a quelques années est apparue une série dont le héros était généalogiste successoral, joué par l'acteur Philippe Volter, si mes souvenirs sont exacts. Quelques épisodes ont été tournés et diffusés sur France 3.
Actuellement, un des personnages de la série "Plus belle la vie", toujours diffusée sur France 3, est généalogiste (successoral ? Familial ? Ce n'est pas précisé). Mais, du moins à un moment de la série, il travaillait pour un musée, à la recherche de manuscrits anciens. L'un comme l'autre correspondent peu au métier réel. Par contre, à un autre moment de la série, on apprend qu'il a exercé un autre métier : médecin. Et là, nous sommes bien dans le profil du généalogiste professionnel actuel.
Il est difficile de montrer un travail généalogique à la télé, de bâtir une intrigue dessus. Certes, du moins pour un généalogiste successoral, il y a un défunt au départ. Mais le généalogiste n'est pas détective privé ou policier. Il ne recherche pas l'assassin éventuel mais les héritiers. Le suspense est donc difficile à maintenir pour le téléspectateur, à moins de bâtir des histoires de famille, toujours renouvelées. Le problème, c'est qu'il n'y a que quelques modèles possibles qui peuvent se montrer intéressants pour une intrigue : l'enfant naturel caché, la famille recomposée, l'oncle d'Amérique oublié, l'enfant né sous X qui recherche ses parents.
Cependant, la généalogie est présente dans les séries télé, notamment dans toutes les sagas estivales présentées par les chaînes. Ces sagas, l'avez-vous ocnstaté, sont toujours basées sur des secrets de famille que l'héroïne doit découvrir en même temps que le ou les assassin(s). Ces secrets de famille intéressent toujours l'héroïne au premier chef. Elle y est totalement impliquée.
Dans l'ouvrage Les deux soeurs et leur mère : anthropologie de l'inceste, paru aux éditions Odile Jacob en 1994, Françoise Héritier décrypte la série télévisée "Les coeurs brûlés" et montre les mécanismes qui sous-tendent ce type de saga : l'inceste du deuxième type.
Pour pouvoir parfaitement comprendre cet inceste, différents tableaux généalogiques sont nécessaires montrant les relations officieles et celles plus officieuses entre les différents protagonistes.
Le même travail pourrait être effectué pour quasiment toutes les séries estivales diffusées depuis, basées sur la même bible ou presque. Juste une fois pour voir, regardez une de ces sagas estivales en rédigeant le tableau généalogique qui en découle. Lisez ensuite l'ouvrage de Françoise Héritier. Vous serez surpris des similitudes.
Cartographie des noms de famille de France
Par Stéphane Cosson le 22 janvier 2006 | (7) Commentaires | Permalink
Vous connaissez le logiciel "Tous les noms de famille de France" ? Ce Cd-Rom permet la localisation des patronymes en France (1 329 000 patronymes recensés de 1891 à 1990) établie à partir du fichier patronymique des communes de naissance de l'INSEE.
Et avant 1891 ? Eh bien, il n'y a rien ! Quoique...
Vous connaissez aussi la base de données Patro. Il s'agit de la liste des actes d'état civil accessibles par Minitel ou Internet (naissances, contrats de mariage, mariages, décès). Ils sont classés par régions, puis par départements. Près de 34 millions d'actes, nous dit régulièrement la publicité. Mais combien de millions de patronymes recensés ? Nul ne le sait.
Il me semble qu'à partir de cette base de données, il devrait être possible de tracer une cartographie des patronymes français avant 1891. Certes, elle ne serait pas exhaustive. Mais, cela serait une bonne base de départ non ? Et cela pourrait peut-être intéresser des démographes.
Il me semble aussi qu'il serait intéressant de mettre en place un contrat d'exploitation pour les généalogistes professionnels. Leurs bases de données sont pour le moment totalement inexploitées. Les noms qu'ils ont dans celles-ci, les communes sur lesquelles ils ont travaillé, peuvent ne pas se retrouver ailleurs. Une exploitation pourrait permettre d'enrichir la communauté généalogique et, tout comme pour les cercles généalogiques d'amateurs, apporterait une nouvelle source de financement aux généalogistes professionnels.Mais cela va demander de fournir des explications pédagogiques aux professionnels, pour qu'ils n'aient pas l'impression de se dépouiller. Du moins, c'est l'impression que j'ai eu lors du dépouillement de l'enquête auprès des membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels.
A mon avis, il n'y a qu'une seule communauté généalogique, composée de plusieurs membres, différents. Mutualisons tout ce qui peut l'être, pour le bien de cette communauté.
qu'en pensez-vous ?
Généalogiste : une profession non réglementée
Par Stéphane Cosson le 21 janvier 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Il y a quelques mois, dans la revue Héraldique et Généalogie est paru un éditorial sous la plume de Philippe Houël de Chaulieu portant ce titre. Dans ce dernier, il y avait un certain nombre d'erreurs prouvant une méconnaissance de la profession.
Il me semble important de rétablir quelques vérités.
Certes, la profession de généalogiste n'est pas réglementée. Il n'y a pas de diplôme de généalogiste. Du point de vue du droit, seule la recherche d'héritiers est reconnue par la loi. Toutefois, il est possible de constater quelques faits, toujours en mesure de rassurer nos clients potentiels.
Si l'on en croit les réponses données par les membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels lors de l'enquête réalisée auprès d'eux entre novembre 2004 et avril 2005, au moment de leur adhésion, les études effectuées avant leur installation sont très ecclectiques. Pour ce qui est des généalogistes familiaux, 11 ont fait des études de droit, 3 des études d'histoire, 2 des études en archivistique, 2 des études de sociologie ou d'ethnologie, toutes études très utiles dans le cadre de cette profession.
Ce métier est certes et d'abord un métier exercé par des passionnés. La majorité des familiaux ont été au préalable des généalogistes amateurs qui ont franchi le pas de la professionnalisation.
Du fait de ces études, les généalogistes familiaux sont en mesure de savoir précisément ce qu'ils sont en droit de révéler ou pas. La loi sur les archives leur est parfaitement connue. Il ne viendrait à l'idée d'aucun de donner des informations de moins de 100 ans à une personne autre que leur client. Les renseignements de plus de 100 ans sont dans le domaine public, quant à eux, librement consultables par quiconque, comme le prévoit la loi sur les archives.
Les généalogistes sont rassemblés en chambres syndicales. Les plus importantes se sont regroupées dans une Union, reconnue officiellement, créée pour n'avoir sur certains points qu'un seul interlocuteur parlant d'une seule voix, permettant aussi de comparer des pratiques parfois différentes.
Je crois que cela méritait d'être rappellé.
Les séries d'ancien régime intéressant le généalogiste
Par Stéphane Cosson le 20 janvier 2006 | (7) Commentaires | Permalink
Avez-vous remarqué que, souvent, dans les cours d'initiation à la généalogie, on vous zappe les séries des Archives ? Pourtant, c'est bien utile pour pouvoir s'y repérer plus facilement.
Bon d'accord, les apprendre ou les reconnaître, cela peut sembler fastidieux. Mais, comme ce sont les mêmes partout en France, quel que soit le dépôt d'archives, ce petit effort peut se faire, vous ne croyez pas ?
Pour rappel, l'Ancien Régime se termine en 1792.
Certaines cotes nous sont très utiles.
La série E.
Elle se compose de documents d'origines fort diverses et sans liens organiques entre eux :
- Les titres féodaux et titres de familles nationalisés en vertu des lois révolutionnaires.
- Les papiers des "communautés" (municipalités, confréries laïques, etc) et de corporation de métiers, égalements saisis à l'époque de la Révolution.
- Les minutes de notaires.
- Les registres paroissiaux et d'état civil provenant des greffes, de même que les tables décennales.
Souvent, nous nous servons du 1 E (cote des registres paroissiaux conservés aux Archives) et 2 E (double du greffe des registres paroissiaux).
En ce qui concerne les minutes des notaires, plusieurs cotations existent. Certains dépôts les numérotent de 1 à l'infini. D'autres distinguent en fonction du versement par le notaire. Dans le Tarn, ils ont opéré une sous-distinction. Les minutes versées avant 1950 ont un cote, celles après 1950 un autre cote (1950 est la date d'arrivée d'un des archivistes départementaux).
La série C :
On l'utilise toujours après les registres paroissiaux et avant d'aller chercher dans les minutes des notaires. Pourquoi ? Parce que dans cette série se trouve le contrôle des actes des notaires. Tous les actes de notaires devaient être enregistrés 15 jours maximum après être passés. Le contrôle des actes se compose de différents bureaux (approximativement un bureau par canton actuel). Cela permet de savoir relativement rapidement chez qui nos ancêtres ont passé leurs actes. Cela évite d'y aller au hasard. Mais cela ne commence qu'en 1693 au plus tôt. Cette série du contrôle des actes, c'est le 2 C.
La série G :
Souvent on ne va vers elle que quand on a bien avancé et que l'on veut compléter un peu mieux l'historique de nos ancêtres. La série G c'est la série du clergé séculier. C'est dans cette série, plus précisément dans les registres de l'officialité diocésaine, que nous pouvons trouver les dispenses de consanguinité.
Une dispense de consanguinité donne toujours le tableau généalogique reliant les deux parents ! C'est pourquoi il est toujours intéressant de les rechercher.
La série B :
Comme pour la série G, on va vers elle pour compléter l'histoire des ancêtres. C'est la série de la justice. Au cas où vos ancêtres auraient eu quelques soucis de ce côté là...
