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Moraliser la profession
Par Stéphane Cosson le 28 février 2006 | (30) Commentaires | Permalink
Actuellement, il y a un projet de loi pour essayer de moraliser la profession de généalogiste successoral.
Ce projet de loi est passé une première fois à l'Assemblée Nationale et est en cours de lecture au Sénat.
Voici ce sur quoi nos députés se sont basés pour rédiger ce projet.
Contractualisation de l'activité de recherche d'héritier
Il convient d'encadrer l'activité des généalogistes afin de moraliser cette profession. S'ils ne participent pas d'une activité de service public, ils contribuent utilement au règlement des successions, notamment des successions vacantes. Cependant, cette activité peut donner lieu à des excès difficilement acceptables.
Sans créer une profession réglementée, il est opportun d'encadrer au moins le contrat de recherche d'héritier, de façon à éviter des spoliations. La finalité du contrat de recherche s'apparentant à celle de l'agent immobilier mandaté pour trouver soit un acheteur soit un bien à vendre, il est proposé de prévoir, en dehors du code civil, une disposition analogue à celle existant pour les agents immobiliers dans la loi dite Hoguet du 2 janvier 1970.
En particulier, il est proposé de conditionner la recherche d'un héritier à l'autorisation préalable par un tiers, qu'il s'agisse d'un cohéritier ou du notaire, dans le cadre d'un contrat. Ainsi pourront
être contrôlées notamment les pratiques particulièrement condamnables consistant à identifier des « clients » par des méthodes peu avouables, et à leur proposer ensuite de prendre connaissance des résultats dans des conditions totalement déséquilibrées.
La Commission a adopté un amendement (amendement n° 256) du rapporteur subordonnant la perception d'une rémunération pour une activité de recherche d'héritier dans une succession ouverte à la possession d'un mandat donné à cette fin par un héritier ou par un notaire".
Rapport * n° 2850 de M. Sébastien HUYGHE, député, fait au nom de la commission des lois, déposé le 8 février 2006
Branches roturières de familles nobles
Par Stéphane Cosson le 26 février 2006 | (30) Commentaires | Permalink
Au cours de mes recherches généalogiques, je suis tombé sur deux noms de famille bien particuliers : Bourbon et Lautrec. Dans les deux cas, il s'agissait de familles roturières. Dans les deux cas, ce nom m'a interpellé.
Je vais prendre l'exemple de la famille Lautrec tout d'abord.
En 1992 est paru aux éditions Christian un ouvrage intitulé « Les Comtes de Toulouse et leurs descendants les Toulouse-Lautrec : étude historique et généalogique, IXe – XXe siècles », sous la plume de Jacques-René Magné et Jean-Robert Dizel.
Au cours de mes recherches généalogiques personnelles, je suis plusieurs fois tombé sur le nom de famille Lautrec, avec ou sans particule, dans des lieux et avec des professions qui m’étonnaient : paysans, tisserands, couturiers, notaires, marchands, bourgeois parfois. Me référant à cet ouvrage, je ne trouvais mention d’eux nulle part. Qui étaient ces Lautrec que je pouvais rencontrer ? D’où venaient-ils ?
Ces branches se répartissent sur sept départements pour le moment : le Tarn, l’Hérault, l’Aveyron, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, l’Ariège et l’Aude.
Le nom de famille Lautrec a parfois été déformé : Lautrac, Lautret, Lautrey, Lautré, Delautre, Lautrex, Lautrets, Lautres. Tout dépend en fait comment le scripteur entendait le nom. Comme les porteurs de ce nom, pour la plupart, ne savaient ni lire ni écrire, ils n’ont pas fait modifier les erreurs.
Cette déformation du nom s’explique assez facilement. En effet, selon Jacques Astor, la lettre c a avancé son point d’articulation en t dans de nombreuses occasions. De même, la chute du c final est assez courante en Occitanie.
De même, toujours selon cet auteur, le e tonique latin, qu’il soit fermé ou ouvert, peut se transformer en a en français devant une nasale entravée.
Ainsi certains des Lautrec que j’ai trouvé avant la Révolution, écrits alors « Lautrec », sont devenus après la Révolution « Lautre ». C’est le cas notamment de ceux du Pont-de-Cirou, de Monestiés, dans le Tarn, ou de Pézenas, dans l’Hérault.
En outre, ne serait-ce que sur le Tarn, nous trouvons à la fois le nom de lieu Lautrec (la commune) et le nom de lieu Lautre. Quatre hameaux portent ce nom dans ce département : commune du Bes paroisse Notre Dame de Guior, commune d’Escroux paroisse Saint Pierre de Lacapelle, commune de Montredon-Labessonié paroisse Saint Salvy de Salclas et commune de Terre-Clapier paroisse Saint Salvy. Pour un au moins, il est situé proche des possessions de la famille de Toulouse-Lautrec. Cela ne serait qu’une coïncidence que ce serait pour le moins étonnant.
En ce qui concerne la famille Bourbon, pareillement, je les trouve dans des lieux où les branches nobles ont vécu, du moins les lieux que j'ai étudié actuellement en Midi-Pyrénées, où ce n'est pas vraiment un nom du cru. La coïncidence me paraît encore étonnant.
Ce qui m'a le plus surpris, cela a été les quelques mots rédigés par Hervé Pinoteau dans l'ouvrage de Patrick Van Kerrebrouck sur la famille noble. Hervé Pinoteau écrit : "Un bon nombre de personnes ont Bourbon comme patronyme et sans particule : ils sont probablement originaires d'un lieu-dit Bourbon, ou peut-être encore de familles ayant servi des Capétiens de ce nom."
Mais bien sûr ! Je vais le croire ! Surtout que, quand j'ai parcouru l'ouvrage de Patrick Van Kerrebrouck, j'ai constaté que la quasi-totalité des bâtards masculins de la famille noble des Bourbon n'ont pas eu de descendance, même s'ils étaient mariés. Ce qui est statistiquement impossible.
Pourquoi ne pas penser plutôt que ces bâtards ont eu une descendance tombée dans la roture, donc "inintéressante" pour les nobiliaires ?
Etude de marché sur les logiciels de généalogie
Par Stéphane Cosson le 25 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Enfin ! Il semblerait que les économistes commencent à s'intéresser à notre secteur d'activité !
La Chambre des Généalogistes Professionnels vient de recevoir une demande de la part de trois étudiants de l'Université Paris Dauphine, étudiants en Master "Management Global parcours entrepeunariat".
Dans le cadre d'une UV marketing, ils s'intéressent plus particulièrement aux logiciels de généalogie.
Leurs questions ?
- Les raisons qui ont conduit le répondant à s'intéresser à la généalogie.
- Le nombre d'années de pratique (amateur ou professionnel).
- les évènements majeurs qui ont marqué l'histoire de la généalogie.
- Les évènements majeurs qui ont marqué l'histoire des logiciels généalogiques.
- La généalogie, phénomène de mode ?
- Les facteurs explicatifs de l'engouement des Français pour la généalogie.
- Taille et volume du marché de la généalogie. Même question pour le marché des logiciels.
- Profil des généalogistes amateurs.
- Un logiciel de généalogie est-il indispensable pour gérer une généalogie de nos jours ?
- Les logiciels les plus utilisés.
- Les caractéristiques essentielles d'un bon logiciel.
- Quid des logiciels gratuits ? Sont-ils une menace pour les payants ?
- Critiques des logiciels commerciaux existants.
- Attentes particulières concernant les logiciels et idées pour les améliorer.
- Quel est le meilleur moyen pour un nouveau logiciel de se faire connaître ?
- Impact de la diffusion de "démo" auprès des consommateurs potentiels.
- Les logiciels répondent-ils efficacement aux exigences et demandes des consommateurs ?
- Une place est-elle possible pour d'autres logiciels de généalogie ?
Je ne sais ce que va donner leur étude de marché. Mais je crois qu'il serait intéressant qu'elle soit un jour consultable. Enfin, cela nous donnerait quelques chiffres sur ce secteur économique.
Qu'en pensez-vous ?
Risques professionnels ?
Par Stéphane Cosson le 24 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
J'ai eu un appel de la CRAM Midi-Pyrénées. Apparemment, elle venait d'avoir une réclamation de la part de deux cabinets de généalogistes toulousains concernant des risques professionnels.
Comme d'habitude, le métier n'étant pas connu, il lui était difficile de pouvoir répondre précisément à la prise en charge des ces risques professionnels.
Malgré tout, je m'interroge : quels risques professionnels ?
Par définition, un généalogiste est une personne plutôt sédentaire, qui effectue un travail de bureau. Pas vraiment de risques graves du point de vue professionnel. Il peut avoir les maladies professionnelles de la plupart des employés de bureau travaillant sur un ordinateur. Mais rien d'exceptionnel.
De même, le généalogiste se déplaçant, il peut avoir un accident de voiture dans le cadre de ses déplacements professionnels. Accident qui peut peut-être le rendre incapable de travailler. Je ne vois que ce cas-là qui peut être gravissime.
Je ne connais pas précisément le dossier de demande à la CRAM. Mais cela me pose beaucoup de questions.
Par contre un fait me semble sûr : il y a un manque flagrant d'informations usr notre métier. Manque à combler impérativement, à mon avis.
Le coût de la différenciation
Par Stéphane Cosson le 22 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Depuis maintenant deux mois que je tiens ce blog à jour, je peux commencer à faire un petit bilan. Le rédiger me semble un point positif. Cela me permet de me différencier. Mais je me rends compte aussi que cela a un coût, que cela engage des frais qui, pour le moment, ne sont pas entièrement pris en charge.
Comment mieux comprendre, mieux appréhender ces coûts ?
Du point de vue de ma stratégie d'entreprise, je me me rends compte que bâtir une carrière ne se fait pas en claquant des doigts. Depuis six ans que j'exerce ce métier, je commence à comprendre et à rassembler tout ce que j'ai fait auparavant. Cela commence à prendre forme.
Pour le moment, ma différenciation n'est pas rentable. Ce n'est pas pour cela que je dois cesser d'y croire. Je commence quand même à envisager d'augmenter les heures de mon salarié et/où d'embaucher peut-être à terme une deuxième personne. Cela va avoir un coût et je ne sais si, du point de vue de ma trésorerie, je peux vraiment me le permettre. Mais je me dis que je suis sur la bonne voie.
En fait, je suis en train de mieux coordonner toutes mes activités diverses et variées, centrées autour de deux pôles : la généalogie et l'insertion des personnes en difficulté sociale et professionnelle. Je sais que, comptablement, je me dois d'exploiter pleinement toutes les possiblités de diminuer mes coûts. Mais je me pose beaucoup de questions. Comment faire pour éviter cette inflation, continuer à être le plus rentable possible ? Ce n'est pas aussi simple que ce que je le pensais au départ.
Je m'aperçois actuellement que les difficultés que je peux connaître peuvent avoir plusieurs sources. Jusqu'à présent, je me disais que s'il y avait des difficultés de trésorerie, c'était dû à une baisse de l'activité. Je m'aperçois que ce n'est pas forcément le cas. Ce que je mets en place a un coût car le temps que j'y consacre est du temps que je ne peux pas facturer encore. Cela viendra sans doute plus tard. En fait, je suis en train de donner à mon activité un caractère unique.
L'accession du secteur à la maturité ?
Par Stéphane Cosson le 21 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Depuis que j'étudie la généalogie en tant que secteur d'activité, et plus je l'étudie d'ailleurs, plus je me pose la question : sommes-nous en train d'accéder à la maturité ? Je vois bien qu'il y a des changements qui sont en train de se produire. Entrons-nous dans une période critique, avec des changements fondamentaux ? Faut-il changer de stratégie ?
Ce dont je suis sûr, c'est que nos clients renouvellent leurs achats et sont de plus en plus expérimentés. Cela peut paraître bizarre de parler ainsi de la généalogie. Mais je crois que c'est vraiment le cas. La généalogie n'est plus un produit nouveau. Je crois plutôt que c'est un produit bien assis maintenant, qui est reconnu comme étant valable. Le fait que les sociologues s'y intéressent me semble en être une preuve.
Si je prends mon cas personnel, mes clients reviennent acheter des produits. La clientèle est fidélisée en grande partie. Je peux avoir la moitié des clients qui me redemandent des recherches d'une année sur l'autre. C'est le cas de la plupart de mes confrères si j'en crois l'enquête réalisée par la CGP auprès de ses membres. Selon cette enquête, la clientèle est fidélisée et représente entre 20 et 30% de la clientèle totale. Mais cette fidélisation peut aller jusqu'à 40 voire 50%.
En passant de nouvelles commandes, cela prouve qu'ils ont confiance. Mais cela prouve aussi qu'ils peuvent être plus exigeants car ils sont plus avertis, prennent de l'espérience. Ils achètent ou pas le produit. Je crois qu'une réévaluation de la stratégie est alors obligatoire.
Mais ce n'est pas suffisant pour montrer que la généalogie est un secteur arrivant à maturité. Il y a encore des possibilités de création d'emplois dans ce domaine. La croissance, déjà faible, ne ralentit pas. Je ne crois pas que nous soyons dansu ne concurrence acharnée, à vouloir nous piquer les clients pour pouvoir survivre. Nous ne sommes même bien loin. Pas de bataille rangée dans le domaine des prix ni dans celui des services et encore moins dans celui de la promotion.
Mais je crois que, petit à petit, nous nous en approchons. Je trouve cela plutôt bon signe.
Mettre fin à la dispersion
Par Stéphane Cosson le 20 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Hier, j'ai parlé de la généalogie comme étant un secteur dispersé. Mais peut-être est-il possible d'y mettre fin ? Pour Michael Porter, s'il est possible de contourner l'obstacle fondamental à la concentration, il est alors fréquent qu'un processus se déclenche, par lequel toute la structure se modifie.
Est-ce possible ? Quel pourrait être l'obstacle à contourner ?
Il me semble que tout d'abord il y a un obstacle facilement déjouable : mettre en place au moins une marque. Dans le domaine de la généalogie, cela peut paraître curieux mais il me semble que cela pourrait être intéressant. En effet, plutôt que, comme certains, la jouer personnel contre tous les autres, créer une marque permettrait de créer aussi une synergie. Plusieurs généalogistes pourraient alors se regrouper, concentrer leurs efforts, diffuser un concept.
Les chambres syndicales peuvent y jouer un rôle. La norme qui est en train de se mettre en place aussi.
Mais reste à savoir sur quoi ? Je ne crois pas que ce soit sur un produit en particulier. Je pencherais plutôt sur une méthode de travail, qu'il serait alors possible de déposer. Une sorte de label de qualité.
Cela permettrait ainsi de se distinguer des généalogistes amateurs, des produits de remplacement que peuvent les archives en ligne. Mettre les archives en ligne, c'est bien. Mais si la personne qui consulte celles-ci n'a pas reçu de formation en paléographie, je crains que cela ne lui serve pas à grand chose. Ce n'est pas parce qu'elles sont en ligne qu'elles sont plus facilement lisibles.
Mettre en place de la formation pour les généalogistes professionnels peut servir à créer de la synergie. Si plusieurs généalogistes ont reçu la même formation, on peut supposer qu'au bout du compte ils auront les mêmes méthodologies de travail ou la même façon d'envisager les problèmes. Et alors la marque revient. De même, ils pourront s'entraider peut-être plus facilement si par exemple, on arrive à bien séparer géographiquement leurs compétences et à éliminer ainsi une certaine concurrence, même s'il y a de la place pour tout le monde encore actuellement.
Cette formation pourrait être soit de la formation technique (en ethnologie de la famille, en archivistique, par exemple) ou "administrative" (c'est-à-dire de la formation en gestion). Je crois que le but pourrait être alors de voir comment on peut construire un business plan, comment intéresser des réseaux d'aide pour créer de l'emploi (car je pense que c'est possible même pour les généalogistes familiaux). Si plusieurs se regroupent, mettent ensemble leurs compétences plutôt que de rester chacun dans son coin, cela ne peut être que bénéfique à chacun.
Je reste persuadé que l'amélioration des compétences de chacun ne peut qu'être utile à tous.
La généalogie : un secteur dispersé
Par Stéphane Cosson le 19 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Michaël Porter définit ainsi les secteurs dispersés : Secteur dans lequel de nombreuses firmes, petites et moyennes et dont beaucoup sont des entreprises individuelles, se font concurrence, où aucune ne détient une part importante du marché et ne peut exercer une forte influence sur les résultats sectoriels. Il n'y existe pas de chef de file capable de modeler les évènements qui s'y produisent.
Il me semble que cela correspond parfaitement à la définition de la généalogie professionnelle.
En effet, si l'on en croit les résultats de l'enquête menée par la Chambre des Généalogistes Professionnels auprès de ses membres en 2004-2005, seule enquête je le rappelle qui donne enfin des chiffres, même partiels, sur cette profession et sur ces deux composantes :
Sur 18 personnes qui ont répondu à la question "Sous quelle forme juridique vous êtes-vous installés ?", 15 ont répondu s'être installés en entreprise individuelle, 1 en EURL, 2 en Société d'Exercice Libéral.
Pour ce qui est de la rentabilité de l'activité, en ce qui concerne les généalogistes familiaux :
- Deux personnes exercent depuis moins de deux ans. L'une a un CA HT compris entre 10 000 et 15 000 €, l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
- Deux personnes exercent entre 2 et 5 ans. L'une a un CA HT compris entre 5 000 et 10 000 €, l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
- Sept personnes exercent entre 5 et 10 ans. Pour d'eux d'entre elles, le CA HT se situe entre 5 000 et 10 000 €, pour deux autre entre 10 000 et 15 000 €. Les trois autres personnes ont un CA HT se situant entre 15 000 € et 40 000 €.
- Deux personnes exercent depuis plus de 10 ans. Leur CA HT est, pour l'une, compris entre 5 000 et 10 000 € et pour l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
Pour vivre de cette activité à temps plein, un minimum de 2 ans semble nécessaire, voire même plutôt trois. Trois répondants ont mis ces 3 ans, six 5 ans ou plus. Certains n'en vivent toujours pas.
De ce fait, pas vraiment de chef de file qui puisse imposer quoi que ce soit. Aucun non plus détenant une forte part de marché.
Par contre, peut-être, à terme, les chambres syndicales pourront imposer une pratique, une fois que la norme sur la profession sera publiée.
Pourquoi la généalogie est-elle un secteur dispersé ?
Tout d'abord, les obstacles à l'entrée sont globalement peu élevés. Il n'y a pas non plus de courbe d'expérience significative, pas d'économies d'échelle importante. Les ventes connaissent des fluctuations. En effet, même s'il ne s'agit pas d'une activité saisonnière, cela ne veut pas dire que d'une année sur l'autre, les ventes vont progresser. Elles peuvent se stabiliser alors que les coûts eux, avec l'inflation, vont légèrement augmenter. Il n'y a pas non plus de pouvoir de négociation important vis-à-vis des fournisseurs de la généalogie. Entre autres points. Mais heureusement, il est parfois possible d'y mettre fin.
La diffusion des connaissances possédées en propre
Par Stéphane Cosson le 18 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Habituellement, les technologies que des firmes particulières possèdent deviennent avec le temps de moins en moins leur propriété exclusive. L'information se diffuse.
En généalogie, il n'y a pas, à ma connaissance, de technologie particulière, possédée en propre par les professionnels. Sur quoi peuvent-ils alors s'appuyer pour montrer leur professionnalisme ?
En effet, les méthodes de travail sont les mêmes pour les généalogistes amateurs que pour les professionnels. A la rigueur, le professionnel peut arguer de sa connaissance parfaite du dépôt, de sa connaissance d'autres types de documents qui vont permettre d'avancer dans la connaissance des ancêtres.
Ce n'est pas vraiment sur cela, cette méthode de travail, qu'il va pouvoir justifier son prix. Il peut arguer sur sa formation, à la rigueur.
Il me semble que là où il peut vraiment jouer son rôle, et se protéger, justifier ses tarifs sans que personne n'y trouve à redire, c'est dans la recherche et le développement. Il connaît parfaitement la généalogie. Il en connaît tous les tenants et les aboutissants. Il en perçoit parfaitement toutes les facettes. Il est alors en capacité de créer de nouveaux produits utilisant la généalogie comme support, utilisant ses méthodes de recherche.
Un exemple ? La paléographie. Quand j'ai appris celle-ci à l'université dans le cadre de mes études, on m'a toujours demandé :
- de respecter l'orthographe du texte.
- de rétablir les paragraphes, la ponctuation, les accents, les majuscules.
Et ça, cela s'utilise en français sans aucune difficulté, dans le cadre de cours. Demander à un élève, à partir d'un texte frappé à l'ordinateur (pour lui éviter d'avoir à lire une écriture différente de la sienne, ne rajoutons pas les difficultés), de respecter l'orthographe, de faire ensuite une recherche avec le dictionnaire sur les mots qui s'écrivent différemment, de rétablir paragraphes, ponctuation, accents et majuscules permet de travailler les règles de français de manière plus "ludique".
C'est une méthodologie que le généalogiste professionnel peut proposer à des centres de formation par exemple. Le généalogiste a alors une expérience que n'a pas le formateur ou le professeur. Ils sont alors complémentaires. Et cela peut être une méthodologie protégée juridiquement, franchisé à la rigueur si cela rencontre vraiment le succès. Cela peut être une nouvelle source de revenus pour le généalogiste.
Une réduction de l'incertitude
Par Stéphane Cosson le 16 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
La généalogie est, somme toute, un secteur nouveau dans l'économie. Il n'existe que depuis une trentaine d'années, ce qui est relativement court. De ce fait, il y avait au départ une bonne dose d'incertitude :
- sur la dimension potentielle du marché.
- sur la configuration optimale du produit.
- sur la nature des acheteurs.
- sur la meilleure manière d'atteindre ces acheteurs.
- sur la résolution de certains produits technologiques.
Est-ce toujours le cas ? Je ne le crois pas.
Au fil des ans, certaines de ces incertitudes se sont résolues, notamment quand des sociologues comme Martine Segalen se sont penchés sur le phénomène. En 1991, avec Claude Michelat, elle a mené une enquête auprès des généalogistes de l'association des PTT. Cette enquête a permis de cerner une population à la mémoire cassée, due à une mobilité géographique depuis parfois deux ou trois générations, et ignorant presque tout de ses origines.
Patrice Cabanel, en 1995, a pu déterminer des zones géographiques précises :
- celles où la densité généalogique est faible : l'Outre-Mer, la Corse, le Midi méditerranéen, une partie du Bassin parisien et la zone frontalière de la Suisse.
- celles où la densité géographique est forte : le Nord-Picardie, l'Est, l'Ouest, le Nord du Massif Central, l'Ariège, l'Ain, l'Ardèche et les Alpes-de-Haute-Provence.
Jean-Louis Beaucarnot, en 2002, a commenté une enquête commandée au Département des Etudes et de la Prospective par les Archives de France, portant sur les publics ayant fréquenté les dépôts départementaux et communaux au cours de l'année 1999. Le client potentiel est ainsi mieux connu.
Des technologies se sont affirmées, comme les NTIC. Minitel d'abord, puis Internet, logiciels informatiques, Cd-Roms...
Par contre, il me semble qu'une incertitude n'est toujours pas levée : les indications sur la dimension potentielle du secteur et ce à partir de la croissance connue. Personne, à ma connaissance, ne s'y est encore penché dessus, même si la Chambre des Généalogistes Professionnels a lancé en 2004-2005 une enquête auprès de ses adhérents afin d'avoir enfin quelques chiffres sur la profession. Cette enquête, à mon avis, n'est qu'un début qu'il faudrait développer à plus grande échelle.
Mais, d'un point de vue stratégique, une firme ne peut pas se reposer sur l'incertitude pour se mettre longtemps à l'abri de la concurrence, quelle qu'elle soit. Elle doit au contraire se préparer à cette levée totale de l'incertitude. De ce fait, soit elle défend sa position, soit elle adapte sa démarche si les paris sur l'avenir qu'elle avait fait se révèlent in fine faux.
Ce qui est toujours difficile si le généalogiste n'a pas d'outils de gestion spécifiques sur lesquels il peut s'appuyer. Une généalogiste, membre de la CGP, est en train de tester un logiciel de gestion spécifique à notre profession. Peut-être qu'une commercialisation de cet outil à tous les professionnels pourrait permettre d'analyser ensuite les données.
