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La généalogie : un secteur dispersé
Par Stéphane Cosson le 19 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Michaël Porter définit ainsi les secteurs dispersés : Secteur dans lequel de nombreuses firmes, petites et moyennes et dont beaucoup sont des entreprises individuelles, se font concurrence, où aucune ne détient une part importante du marché et ne peut exercer une forte influence sur les résultats sectoriels. Il n'y existe pas de chef de file capable de modeler les évènements qui s'y produisent.
Il me semble que cela correspond parfaitement à la définition de la généalogie professionnelle.
En effet, si l'on en croit les résultats de l'enquête menée par la Chambre des Généalogistes Professionnels auprès de ses membres en 2004-2005, seule enquête je le rappelle qui donne enfin des chiffres, même partiels, sur cette profession et sur ces deux composantes :
Sur 18 personnes qui ont répondu à la question "Sous quelle forme juridique vous êtes-vous installés ?", 15 ont répondu s'être installés en entreprise individuelle, 1 en EURL, 2 en Société d'Exercice Libéral.
Pour ce qui est de la rentabilité de l'activité, en ce qui concerne les généalogistes familiaux :
- Deux personnes exercent depuis moins de deux ans. L'une a un CA HT compris entre 10 000 et 15 000 €, l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
- Deux personnes exercent entre 2 et 5 ans. L'une a un CA HT compris entre 5 000 et 10 000 €, l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
- Sept personnes exercent entre 5 et 10 ans. Pour d'eux d'entre elles, le CA HT se situe entre 5 000 et 10 000 €, pour deux autre entre 10 000 et 15 000 €. Les trois autres personnes ont un CA HT se situant entre 15 000 € et 40 000 €.
- Deux personnes exercent depuis plus de 10 ans. Leur CA HT est, pour l'une, compris entre 5 000 et 10 000 € et pour l'autre entre 15 000 et 20 000 €.
Pour vivre de cette activité à temps plein, un minimum de 2 ans semble nécessaire, voire même plutôt trois. Trois répondants ont mis ces 3 ans, six 5 ans ou plus. Certains n'en vivent toujours pas.
De ce fait, pas vraiment de chef de file qui puisse imposer quoi que ce soit. Aucun non plus détenant une forte part de marché.
Par contre, peut-être, à terme, les chambres syndicales pourront imposer une pratique, une fois que la norme sur la profession sera publiée.
Pourquoi la généalogie est-elle un secteur dispersé ?
Tout d'abord, les obstacles à l'entrée sont globalement peu élevés. Il n'y a pas non plus de courbe d'expérience significative, pas d'économies d'échelle importante. Les ventes connaissent des fluctuations. En effet, même s'il ne s'agit pas d'une activité saisonnière, cela ne veut pas dire que d'une année sur l'autre, les ventes vont progresser. Elles peuvent se stabiliser alors que les coûts eux, avec l'inflation, vont légèrement augmenter. Il n'y a pas non plus de pouvoir de négociation important vis-à-vis des fournisseurs de la généalogie. Entre autres points. Mais heureusement, il est parfois possible d'y mettre fin.
