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L'accession du secteur à la maturité ?
Par Stéphane Cosson le 21 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Depuis que j'étudie la généalogie en tant que secteur d'activité, et plus je l'étudie d'ailleurs, plus je me pose la question : sommes-nous en train d'accéder à la maturité ? Je vois bien qu'il y a des changements qui sont en train de se produire. Entrons-nous dans une période critique, avec des changements fondamentaux ? Faut-il changer de stratégie ?
Ce dont je suis sûr, c'est que nos clients renouvellent leurs achats et sont de plus en plus expérimentés. Cela peut paraître bizarre de parler ainsi de la généalogie. Mais je crois que c'est vraiment le cas. La généalogie n'est plus un produit nouveau. Je crois plutôt que c'est un produit bien assis maintenant, qui est reconnu comme étant valable. Le fait que les sociologues s'y intéressent me semble en être une preuve.
Si je prends mon cas personnel, mes clients reviennent acheter des produits. La clientèle est fidélisée en grande partie. Je peux avoir la moitié des clients qui me redemandent des recherches d'une année sur l'autre. C'est le cas de la plupart de mes confrères si j'en crois l'enquête réalisée par la CGP auprès de ses membres. Selon cette enquête, la clientèle est fidélisée et représente entre 20 et 30% de la clientèle totale. Mais cette fidélisation peut aller jusqu'à 40 voire 50%.
En passant de nouvelles commandes, cela prouve qu'ils ont confiance. Mais cela prouve aussi qu'ils peuvent être plus exigeants car ils sont plus avertis, prennent de l'espérience. Ils achètent ou pas le produit. Je crois qu'une réévaluation de la stratégie est alors obligatoire.
Mais ce n'est pas suffisant pour montrer que la généalogie est un secteur arrivant à maturité. Il y a encore des possibilités de création d'emplois dans ce domaine. La croissance, déjà faible, ne ralentit pas. Je ne crois pas que nous soyons dansu ne concurrence acharnée, à vouloir nous piquer les clients pour pouvoir survivre. Nous ne sommes même bien loin. Pas de bataille rangée dans le domaine des prix ni dans celui des services et encore moins dans celui de la promotion.
Mais je crois que, petit à petit, nous nous en approchons. Je trouve cela plutôt bon signe.
Commentaires
Rédigé par : de Barrau | 2 mar 2006 13:13:26
Bonjour,
Sans être un professionnel de ce secteur, je crois en effet avec vous qu'il y a un potentiel pour l'avenir. Mais quel pourrait en être son étendue ?
Au jour d'aujourd'hui, je me pose quelques questions sur lesquels vous avez déjà très probablement longuement réfléchi :
. Dans notre actuelle société, combien de personnes sont-elles prêtes à dépenser de l'argent pour "retrouver" leurs ancêtres ?
. L'augmentation actuelle du temps libre ne se fait-il pas à l'avantage des recherches effectuées par soi-même au détriment de celles proposées par les profesionnels du secteur ?
. La vulgarisation et la médiatisation des moyens de recherche (ouvrages ; revues ; Internet : ses mutiples forums et la mise en ligne d'archives ; entraide ; clubs ; associations, ...) ne constituent-ils pas également des avantages plus en faveur des particuliers que des professionnels ?
. Jusqu'où peut se déléguer le plaisir de la recherche par soi-même ?
Cordialement.
Emmanuel de Barrau
Rédigé par : Stéphane Cosson | 3 mar 2006 09:01:13
Bonjour,
Je vais essayer de répondre à vos questions.
Dans notre actuelle société, combien de personnes sont-elles prêtes à dépenser de l'argent pour "retrouver" leurs ancêtres ?
C'est très difficile à dire. Ce dont je suis sûr, c'est que le nombre de généalogistes amateurs est à peu près connu. Les Professionnels partent du principe qu'un généalogiste amateur peut être un client potentiel, mais c'est peut-être un principe erronné.
L'augmentation actuelle du temps libre ne se fait-il pas à l'avantage des recherches effectuées par soi-même au détriment de celles proposées par les profesionnels du secteur ?
Je ne crois pas. Il me semble que nous sommes complémentaires.
La vulgarisation et la médiatisation des moyens de recherche (ouvrages ; revues ; Internet : ses mutiples forums et la mise en ligne d'archives ; entraide ; clubs ; associations, ...) ne constituent-ils pas également des avantages plus en faveur des particuliers que des professionnels ?
Cette médiatisation et cette vulgarisation des moyens de recherche ne sont pas à mon avis que des avantages. Ils sont parfois aussi un inconvénient quand il y a une trop grande masse d'information, on ne sait plus où il faut chercher. Le professionnel peut alors aider. Internet n'est pas forcément une source sûre d'informations. De même, les archives d'état civil et des registres paroissiaux mis en ligne par les Archives Départementales sont intéressants pour les généalogistes qui ont déjà fait de la paléographie. Pour les autres ?
Jusqu'où peut se déléguer le plaisir de la recherche par soi-même ?
Le plus souvent, les généalogistes amateurs font appel à moi quand ils sont bloqués. Soit ils n'arrivent plus à lire, soit ils ne savent plus où il faut chercher, soit ils sont trop éloignés géographiquement de leurs sources et avoir recours à un professionnel peut revenir moins cher qu'une semaine à l'hôtel. Personnellement, afin que mes clients aient toujours du plaisir, je préfère ne pas travailler avec un logiciel de généalogie mais sous traitement de texte. Ainsi, mes clients peuvent ensuite retravailler les éléments que je leur apporte à leur manière.
Cordialement
Stéphane Cosson
