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La généalogie : produit de luxe ?

Par Stéphane Cosson le 14 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

J'aimerais revenir sur un point. Il me semble qu'il y a deux écoles sur le point de se mettre en place à propos de la généalogie.

L'une d'elles justifierait ses prix en partant du principe que faire faire sa généalogie est une sorte de luxe.

L'autre part plutôt du principe qu'il s'agit d'une recherche personnelle et que cela n'a pas besoin d'être forcément cher. Ce qui compte, c'est la démarche.

Mais essayons d'abord de définir ce qu'est le luxe.

Le luxe, c'est quelque chose de superflu, ni nécessaire, ni utile. En ce sens, la généalogie peut être considérée comme un luxe. Mais n'est-ce que cela ?

Le luxe c'est quelque chose qui est porteur de tradition. La généalogie aussi. Mais s'arrêter à cette définition n'est toujours pas suffisant.

Le luxe, cela change selon les modes et le goût. Pas la généalogie. Elle s'est installée il y a une trentaine d'années de manière démocratique et les méthodes n'ont pas changé depuis des lustres ou presque. Seuls les outils de recherche se sont modifiés.

Le luxe, cela procure du plaisir, de l'émotion. La généalogie aussi. C'est, il me semble, une des raisons pour lesquelles on parle de virus. Une fois qu'on l'a, on ne peut plus s'en séparer.

Le luxe, cela a un côté inacessible qui le rend désirable. La généalogie n'est pas vraiment inaccessible. Du moment qu'on a l'envie, un peu de méthodologie, c'est parfaitement accessible. Ce qui est complètement inaccessible, un véritable mythe par contre, c'est de croire qu'un jour, on aura tous ses ancêtres, que la recherche sera finie. Ce ne sera jamais le cas.

Il me semble donc que la généalogie n'est pas un produit de luxe. Pour Martine Segalen, la généalogie est en passe de devenir un fait social. La généalogie, c'est d'abord une construction : on choisit toujours les ancêtres avec qui on souhaite s'identifier. Il y a selon elle une part d'autobiographie dans l'inscription mémoriale. Elle concerne actuellement une population à la mémoire cassée, ce que j'appelle personnellement les "déracinés". La généaloige, c'est un périple imaginaire et c'est dans ce périple que l'émotion surgit. Mais il n'est pas sûr que ce plaisir soit transmissible de génération en génération, que cette recherche perdure comme elle perdure dans d'autres classes sociales où on vit au milieu de ses ancêtres.

Je ne suis pas sûr, de ce fait, qu'il faille lui appliquer des tarifs qui, personnellement, me semblent des tarifs luxueux. Pour moi, c'est un plaisir très démocratique. La tarification doit être en accord avec ce principe de démocratie.

Ce qui veut dire aussi occuper le terrain autrement pour que l'on puisse correctement en vivre.


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Structure potentielle du secteur de la généalogie

Par Stéphane Cosson le 13 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

Tout secteur part d'une structure initiale, existante au moment où il naît. Elle résulte d'une combinaison des caractéristiques de base, des contraintes imposées par sa faible dimension de départ, des compétences et ressources des premiers entrants.

Mais le secteur a aussi une structure potentielle, rarement connue en totalité pendant que le secteur évolue. Cette structure potentielle est riche d'une large palette de possiblités.

Qu'en est-il en généalogie ?

Si on regarde ce que proposaient les premiers généalogistes familiaux qui se sont mis à leur compte, à la fin des années 1970, tous proposaient la même chose : la recherche à la place de ... Ensuite, comme le dit Patrice Cabanel, l'offre s'est étendue petit à petit. L'heure des média apparaît. Viennent alors des produits comme les arbres généalogiques, la littérature généalogique, les logiciels spécialisés, les premiers services Minitel, la création des cercles d'amateurs...

Malgré tout, l'offre continue d'être relativement restreinte. Peu de nouveautés. Même s'il y a de nouveaux produits qui se mettent en place, ils sont toujours dans le même type d'offres : la recherche à la place de... Voyez le site Patro. Que propose-t-il ? La vente d'actes en ligne. Plutôt que d'aller les rechercher vous-mêmes dans les archives, venez les rechercher chez nous, tel pourrait être sa publicité. Je ne critique pas. Je dis bien assez que les professionnels ne le font pas suffisamment et qu'il faudrait le changer cela car cela ferait une ressource financière supplémentaire. Mais on est toujours dans le même type d'offres.

Il semblerait que c'est en train de changer. Il me semble que la généalogie est en train de grandir à nouveau. Petit à petit, timidement, elle s'ouvre. Elle va sentir d'autres types d'activités. J'en ai déjà présenté quelques unes.

Dans son article sur la "fièvre généalogique", paru dans la Revue Française de Généalogie en 1995, Patrice Cabanel écrit :

La généalogie est de ce fait bien autre chose qu'un loisir, une thérapie inconsciente à l'encontre des pertes et deuils de l'histoire individuelle ou collective. L'essor de la généalogie se situe au moment de la grande crise économique du dernier quart du 20e siècle.

D'où la psycho-généalogie par exemple. Il me semble que beaucoup de potentialités de ce secteur sont encore endormies, qu'il est nécessaire de les réveiller si le secteur veut vivre et se développer.


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Cycle de vie

Par Stéphane Cosson le 11 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

Le plus ancien comcept permettant de prédire le cours plausible de l'évolution est le concept du cycle de vie. Un secteur passe par quatre étapes :

  • l'introduction.
  • la croissance.
  • la maturité.
  • le déclin.

La croissance du secteur se présente alors sous forme d'un S. A mesure que le secteur avance dans son cycle de vie, la concurrence change de nature.

Qu'en est-il en généalogie ?

Deux phases, me semble-t-il, nous intéressent.

Dans la phase d'introduction, l'acheteur a un revenu élevé. Il achète par impulsion et il doit être convaincu d'essayer. Du point de vue du produit, sa qualité est plutôt médiocre, il n'y a aucune norme, des changements de conception sont fréquents. Quant à la commercialisation, la publicité est très forte par rapport aux ventes.

Ili me semble que cette phase pour la généalogie est terminée.

Dans la phase de croissance, le groupe des acheteurs s'élargit et le consommateur acceptera une qualité inégale mais en amélioration constante. Les produits se différencient, sont plus compétitifs et plus fiables. Du point de vue commercialisation, la publicité est encore forte.

Par rapport à la généalogie, il me semble que nous sommes en fin de ce cycle. En effet, le fait qu'une norme se mette en place, qu'il y ait une évolution moins rapide du produit (quelles sont les véritables nouveautés en matière de logiciel généalogique par exemple ?), que le marché se segmente (les généalogistes familiaux se spécialisent sur un secteur géographique propre) me font dire que nous sommes en train de passer vers la phase de maturité.

Mais d'autres signaux sont à regarder. C'est ce que nous feront une prochaine fois.


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L'évolution du secteur

Par Stéphane Cosson le 10 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink

Elle a une importance cruciale pour la formulation d'une stratégie. Eh oui, même dans le domaine de la généalogie, il faut parler de stratégie ! Cette évolution peut augmenter ou diminuer l'attrait initial qu'offre un secteur en tant qu'occasion d'investissement.

Ainsi, quand je disais à mon expert-comptable qu'il serait peut-être intéressant pour moi de contacter un capital-investisseur, il m'a répondu que pour le moment le secteur ne lui semblait pas suffisamment rentable pour intéresser quelqu'un de ce genre sur une aussi courte période. La généalogie serait donc un secteur à faible attrait.

Mais où en est-on dans l'évolution de notre secteur d'activité ?

Existe-t-il des changements internes au secteur qui pourraient influer sur chacun des éléments de la structure ? Il me semble que oui. Cela bouge enfin dans la généalogie !

Un des exemples les plus frappants est le fait qu'un des fils Andriveau a préféré créer son cabinet plutôt que d'entrer dans la structure familiale centenaire. En outre, il est allé dans la chambre syndicale de l'adversaire : Coutot-Roehrig. Cela n'a l'air de rien comme cela, mais c'est une mini-révolution.

Mais il y en aurait d'autres en y réfléchissant bien. Notamment, une journaliste que j'avais au téléphone cet après-midi et qui s'étonnait que le secteur professionnel soit aussi peu structuré, qu'il n'y ait aucun chiffre ou presque sur la profession. Cela l'interrogeait vraiment. Journaliste dans le domaine de la gestion du patrimoine, elle n'avait jamais rencontré cela auparavant.

Existe-t-il  une ou des tendances dans le secteur qui impliquerait une augmentation ou une diminution de la mobilité ? Une augmentation ou une diminution du pouvoir relatif des clients ou des fournisseurs ? Qu'est en train de changer l'USGP ? Pour la première fois, le secteur se structure, les différents acteurs s'allient. Qui plus est, successoraux et familiaux marchent presque d'un même pas.

Disons qu'ils essaient. En effet, il peut y avoir des ratés, comme par exemple quand des généalogistes d'une chambre appartenant à l'USGP sont invités à titre personnel à une manifestation et omettent de prévenir les organisateurs qu'ils ne sont pas les seuls. Dans ces cas, ils se la jouent personnel. Et cela peut créer des frictions, inutiles. A moins de vouloir semer volontairement la zizanie : diviser pour mieux régner. Sauf que, maintenant, ce n'est plus possible. Des techniques de veille existent et peuvent être mis en place. En la jouant ainsi, ils peuvent se faire couper l'herbe sous les pieds, être mis en porte-à-faux.

Bref, il me semble que cela bouge. Enfin !


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La différenciation dans le domaine de la généalogie

Par Stéphane Cosson le 9 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

J'ai déjà abordé, dans une de mes précédentes notes, le sujet de la différenciation. Il faut dire que c'est un sujet qui me tient à coeur. J'en ai discuté avec mon expert-comptable et avec le directeur de la boutique de gestion Créer du Tarn, qui me suivent l'un et l'autre dans la progression de mon activité. Ils sont d'accord tous les deux. Seule la différenciation, les projets que cela implique, pourront permettre à mon entreprise de survivre et de continuer à progresser.

Mais de quoi s'agit-il exactement ?

La différenciation vise à créer quelque chose qui soit ressenti comme unique au niveau de l'ensemble du secteur. Les démarches de différenciation peuvent prendre bien des formes :

  • une conception originale ou une image de marque.
  • une forme technologique.
  • l'apparence extérieure.
  • des services rendus à la clientèle.
  • un réseau de distributeurs.

Idéalement, une firme devrait se différencier dans plusieurs formes à la fois, dans plusieurs domaines. Elle est réussie si les profits à terme sont supérieurs à la moyenne du secteur. Elle met la firme à l'abri des agressions des ocncurrents, augmente les marges, fait apparaître des obstacles à l'entrée.

Mais pour cela, il ne faut pas des coûts trop élevés. La mesure à prendre est toujours difficile.

Qu'en est-il en terme de généalogie ?

Habituellement, les généalogistes familiaux sont sur certaines parties du secteur :

  • la recherche pure d'une généalogie.
  • la publication d'articles ou d'ouvrages.
  • la signification des noms de famille.

Ils peuvent aussi s'aventurer dans les médias. Il est rare qu'ils fassent autre chose. De ce fait, leurs clients principaux sont les particuliers.

La différenciation consiste alors à s'introduire dans des parties du secteur où personne jusqu'à présent n'est allé avec succès : les jeux, les documentaires, l'insertion professionnelle entre autres exemples. Je reste persuadé que la généalogie est un secteur actuellement sous-exploité quant à ses possiblités.

Qu'en pensez-vous ?


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Les fournisseurs en généalogie

Par Stéphane Cosson le 8 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink

En lisant la partie de l'ouvrage de Michaël Porter sur le pouvoir de négociation des fournisseurs, une première question m'est venue de suite à l'esprit. Mais qui sont nos fournisseurs ?

Certes, il y a les papetiers, libraires et autres, le monde des NTIC (logiciels de généalogie ou autres, service de maintenance, vendeurs de matériel, etc). Là, il s'agit des fournisseurs classiques. Mais en existe-til d'autres ? Il me semble que oui.

Personnellement, je considère que les services d'archives, quels qu'ils soient, sont un de nos principaux fournisseurs. Sans eux, pas de possiblité d'exercer notre métier.

Fournisseur ou partenaire ? Sans doute les deux. Fournisseur quand nous demandons à consulter les documents qu'ils conservent. Partenaire quand nous pouvons mener des actions communes, notamment auprès des généalogistes amateurs.

Je crois aussi qu'ils peuvent être nos clients. Sans doute pas des clients payants, quoique ... Il me semble qu'il serait intéressant de prendre contact avec leur centre de formation, dépendant de l'Association des Archivistes de France, pour leur expliquer en une journée notre métier. Je ne suis pas sûr que tous les archivistes le connaissent parfaitement.

Les Archives ont en tout cas un rôle pivot pour les professionnels que nous sommes. Le "produit" qu'ils proposent est en tout cas un moyen de production important dans notre secteur d'activité. Peut-être par ce biais là, ont-ils un grand pouvoir. Sauf si nous constituons des "stocks de réserve" c'est-à-dire des bases de données.

Il me semble qu'un diagnostic plus poussé de cette force est nécessaire.


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Le pouvoir de négociation des clients

Par Stéphane Cosson le 7 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink

Michaël Porter affirme que les clients luttent dans les secteurs en contraignant à des baisses de prix, en négociant des services plus étendus ou de meilleure qualité et en jouant un concurrent contre l'autre.

Quand en est-il dans le secteur de la généalogie ?

Avant d'aller plus avant, continuons les explications de Michaël Porter. Pour lui, un groupe de clients est puissant si les conditions suivantes prévalent :

  • Ce groupe est concentré ou achète des quantités importantes par rapport au chiffre d'affaires du vendeur. Pour un généalogiste, il est très rare qu'un client fasse une quantité importante du chiffre d'affaires. Certains de mes collègues disent que si le client commande pour 1000 euros, c'est une commande importante. Il m'est arrivé personnellement qu'un de mes clients fasse cinquante pour cent de mon CA annuel mais il avait derrière la situation financière qui le lui permettait.
  • Les produits achetés au secteur représentent une part importante des coûts ou des achats des clients. En d'autres termes, le client sait comparer les prix.
  • Le groupe de clients n'a que de faibles profits. Cette faiblesse des profits peut pousser à une réduction du coût des achats. De ce fait, ils accordent une vision à court terme à leur achat et ne maintiennent pas ou peu la santé commerciale des vendeurs. Il me semble que c'est le cas dans le secteur de la généalogie.
  • Le client dispose d'une information complète. De ce fait, il peut s'assurer quon lui offre bien le meilleur rapport qualité / prix.

Il me semble que, dans notre domaine, un élément important n'est pas souvent pris en compte quand le généalogiste fixe ses prix : le prix psychologique. Combien sont prêts à dépenser deux mois de salaire pour un arbre généalogique six générations ? Très peu ! Annoncer un tel tarif peut faire peur. Si le client a peur, il ne commande pas. Pas de commande, pas de chiffre d'affaires ! D'où un turn-over important.

J'en discutais avec mon expert-comptable qui trouvait anormaux les prix que j'avais fixé. Mais, en même temps, il reconnaissait avec moi que des prix plus bas que la moyenne m'évitait souvent des refus de devis et me permettait d'avoir des commandes régulières. Même si l'activité n'est pas encore entièrement rémunératrice, pas complètement disons car cela fait presque trois ans que mon chiffre d'affaires plafonne aux alentours de 25 000 euros HT, elle est supérieure à la moyenne de mes confrères. Certains n'en vivent toujours pas après plus de 5 ans.

Ce n'est pas pour me lancer des fleurs. Loin de moi cette idée. Je me dis simplement qu'il faut peut-être réviser la politique de prix pour générer du chiffre d'affaires, redescendre les tarifs pour obtenir des commandes. Une de mes consoeurs trouvait curieux qu'un client me passe des petites commandes chaque mois depuis plusieurs années. Cela ne lui était jamais arrivé. Mais, en faisant ainsi, le client arrive à gérer son budget mensuel consacré à sa passion. Il se le programme. Cela me paraît personnellement plus sage plutôt que de lui demander deux mois de salaire d'un coup.

Ainsi, me semble-t-il, le pouvoir de négociation du client est amoindri.


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La pression exercée par les produits de remplacement

Par Stéphane Cosson le 5 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

Toujours selon Michaël Porter (en passant, je vous conseille de lire son ouvrage "Choix stratégiques et concurrence" dont je m'inspire car c'est une mine pour qui veut comprendre un secteur d'activité), toujours selon Michaël Porter donc, toutes les firmes d'un secteur sont en concurrence avec d'autres secteurs qui fabriquent des produits de remplacement.

Ces derniers limitent les rendements potentiels en imposant un plafond au prix que les firmes peuvent prélever avec profit. Mais comment les identifier ?

Tout d'abord en recherchant les produits qui peuvent remplir la même fonction que le produit du secteur. Ce qui peut mener parfois très loin. Ce sont ceux-là qui m'intéressent plus particulièrement dans le domaine de la généalogie.

Car il me semble qu'il existe des produits de remplacement dans notre secteur, produits qui se sont mis en place en même temps que l'évolution de celui-ci. Regardons comment s'est mise en place la généalogie.

Tout d'abord, il y a eu des amateurs isolés qui ont ensuite thésaurisé leurs compétences en créant des associations. Puis, au vu des restrictions des Archives, notamment par rapport aux documents d'état civil et des registres paroissiaux qui pendant des siècles dormaient tranquilles et qui là étaient non seulement réveillés mais de plus en plus consultés, les cercles de généalogie se sont dits que, pour durer, il fallait mettre en place des campagnes de relevés systématiques d'actes.

Faire des relevés c'est bien mais c'est mieux s'ils sont diffusés et s'ils servent à la communauté. D'où au départ le minitel, puis ensuite Internet.

Parallèlement à cela, s'est créée une nouvelle profession : le généalogiste familial. Son rôle ? Faire profiter de son expérience d'un dépôt ou de plusieurs dépôts d'archives les gens qui patinent un peu dans leurs recherches, moyennant finances bien sûr. Sauf que le professionnel a omis de servir autrement la communauté généalogique.

En effet, à ma connaissance, quasiment pas de sites Internet proposant la vente d'actes de la part des professionnels. Du coup, d'autres ont pris la place. Les actes que les gens trouvent sur Internet, qu'ils peuvent commander en ligne, sont autant d'actes qu'ils ne viennent pas demander aux professionnels.

De même, la mise en ligne actuelle des registres d'état civil et des registres paroissiaux par les Archives Départementales sont aussi, à mon sens, un produit de remplacement. Si les gens trouvent les originaux en ligne, gratuitement, pourquoi les demander à un professionnel ?

Je vois donc deux produits de remplacement, personnellement :

  • Les actes mis en ligne par les Archives.
  • Les actes mis en ligne par les cercles et les associations de généalogie.

Cela va sans doute nécessiter de repenser notre métier, de voir quelles sont nos exactes compétences, notre plus-value par rapport à ces produits. Je crois que ces produits de remplacement sont désormais des facteurs inévitables et qu'il va faloir rechercher une stratégie les intégrant. Nous ne pouvons pas les éliminer ? Alors redéfinissons notre rôle pour faire du généalogiste familial un opérateur de ce secteur compétent, offrons des combinaisons inédites. Allons là où personne ne peut  nous prendre la place.


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L'intensité de la rivalité entre les concurrents existants

Par Stéphane Cosson le 4 février 2006 | (2) Commentaires | Permalink

Selon Michaël Porter, la rivalité entre les concurrents existants prend la forme bien connue de manoeuvres pour obtenir une position avantageuse. Dans la plupart des secteurs, les actions contre la concurrence engagées par une firme ont des effets sensibles sur ses concurrents qui les poussent à des représailles ou à faire des efforts pour contrer ces actions.

En cas d'actions et de contre-actions trop virulentes de part et d'autre, il se peut que tout le monde en souffre et que la situation générale se soit détériorée.

Qu'en est-il dans le secteur de la généalogie ?

Je vais prendre pour cela l'exemple des Premières Assises de la Fédération Française de Généalogie. La FFG a provoqué la rencontre entre les différents partenaires du monde généalogique, dans un dialogue assez franc, sans langue de bois.

Du point de vue professionnel, ont été invités la Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France, savoir Myriam Provence et Jean-Louis Beaucarnot, ainsi que Gérard Dusseaux représentant Coutot-Roehrig. La Chambre des Généalogistes Professionnels, troisième membre fondateur de l'USGP, n'a semble-t-il pas été conviée.

Ce n'est peut-être pas anodin si cet oubli est passé par le filtre de la rivalité entre concurrents existants.  Voyons comment.

Quelles sont les actions de la Chambre des Généalogistes Professionnels ? Depuis quelques années, elle fait de la publicité pour l'ensemble de ses membres généalogistes familiaux. Elle est numériquement plus importante que l'autre chambre familiale. Elle essaie de nouvelles actions pour améliorer la situation globale des généalogistes. Elle existe depuis 1997 seulement.

La Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France existe depuis plus longtemps (1980 dit sa publicité). Certains de ses membres sont médiatiquement très connus, d'autres totalement inconnus ou presque. Elle ne fait pas de publicité pour l'ensemble de ses membres généalogistes familiaux. Elle est moins importante numériquement.

La CGP peut lui sembler être une concurrente sérieuse, en tout cas l'oblige à se remettre en question, à ne pas vivre sur ses acquis.

En outre, la Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France semble vouloir être la seule interlocutrice valable pour les partenaires insitutionnels. C'est du moins l'impression qu'elle donne. Je ne dis pas qu'elle le fait.

Un moyen est d'oublier de convier l'autre chambre rivale à des rendez-vous importants. Pas conviée, donc pas de rivalité. Donc aussi, pas de risque qu'elle prenne de la place.

Je ne parle que de ressenti. Même si je suis vice-président tout nouvellement élu de la CGP, j'essaie de rester le plus objectif possible et de m'en tenir à mon ressenti.

Il me semble que, dans notre secteur où nous sommes relativement peu nombreux, dans un secteur relativement équilibré quant à la dimension des études (du moins pour les familiaux), quant aux ressources de chacun, il n'y a guère de possiblité de se tromper sur les forces relatives en présence. Il me semble que la concurrence est malgré tout âpre, chacune des chambres essayant d'imposer une discipline et de jouer un rôle de coordination.

Il me semble aussi que la croissance de notre secteur est relativement lente. Sinon, il ne faudrait pas autant d'années pour en vivre correctement.

Pourtant, nous ne nous faisons pas complètement concurrence entre nous. Il me semble qu'il y a de la place pour tout le monde. Nous travaillons entre nous, généalogistes, quelle que soit l'appartenance de notre chambre syndicale, en bonne intelligence. Peut-être y a-t-il de chaque côté une politique à revoir pour faire progresser tout le monde ?


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Les avantages de coût non reproductibles par les nouveaux entrants

Par Stéphane Cosson le 3 février 2006 | (0) Commentaires | Permalink

Continuons notre analyse du secteur d'activité qu'est la généalogie professionnelle. Aujourd'hui, voyons quels sont les avantages de coûts que les généalogistes établis possèdent au détriment de ceux qui veulent s'installer.

il s'agit de coûts que les nouveaux entrants ne peuvent pas reproduire car ils sont uniques, propres à chaque généalogiste.

Le premier de ces avantages concerne la propriété de la technologie du produit. Avez-vous remarqué que peu de généalogistes ont fait un dépôt à l'INPI ou ailleurs ? Et pourtant, s'ils ont une idée qui peut permettre un développement économique futur, c'est le meilleur moyen pour éviter de se la faire piquer. Normalement, une idée ne se protège pas. Mais, à partir de l'idée, il peut être possible de la rédiger très concrètement, de la transformer en concept en quelque sorte, voire même de créer un prototype. Certes, ce prototype risque de se modifier au fur et à mesure que l'idée fera son chemin, mais, par ce biais, elle sera vérouillée.

Personnellement, Je reprends à mon compte le meilleur conseil jamais donné à Brian Grazer, producteur de cinéma et de télévision (Image entertainment), lauréat des Academy Awards. Je m'explique.

Un généalogiste est quelqu'un qui n'a pas d'influence économique. Nous ne sommes pas nombreux, la profession est en train de s'organiser, notre poids économique est faible. Nous avons peu d'argent, nous les généalogistes familiaux, nous n'avons pas forcément de pedigree (comme peuvent l'avoir Coutot-Roehrig ou Andriveau qui s'appuient sur une expérience centenaire), nous n'avons pas vraiment non plus de relations. C'est donc par la créativité que nous pouvons nous imposer. Alors j'écris, je crée. Tout ce qui me passe par la tête. Et je crois que c'est un sésame. Cela prendra sans doute du temps. Mais cela peut nous sauver si nous disposons à chaque fois d'un document officiel.

A mon avis, le deuxième des avantages est la courbe d'apprentissage ou d'expérience. Accumuler de l'expérience peut permettre de baisser les coûts. Je sais mieux faire, donc je fais plus vite, ou plutôt je fais de manière plus efficace. J'améliore mes méthodes. Et cette expérience que j'accumule n'appartient qu'à moi. Elle est très difficilement transférable car l'autre personne en face, à qui je voudrais la transmettre, n'a pas forcément la même formation initiale que moi. Le but, c'est de pouvoir conserver la propriété de cette expérience.


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