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Réflexions à propos du métier

Par Stéphane Cosson le 10 mars 2006 | Commentaires (6) Commentaires | Permalink

sI j'en crois les résultats de l'enquête menée par la Chambre des Généalogistes Professionnels auprès de ses membres, le métier de généalogiste est d'abord un métier exercé par des passionnés. La majorité des familiaux, semble-t-il, ont été au préalable des généalogistes amateurs qui ont franchi le pas de la professionnalisation.

Mais il y a des moments où je me demande s'ils n'ont pas oublié une étape. Je m'explique...

Je suis en train actuellement de dépouiller les statistiques des courriers, e-mails et appels téléphoniques reçus par la Chambre des Généalogistes Professionnels concernant les demandes de renseignements sur la profession.

Je n'ai pas encore les résultats concernant les e-mails. Mais pour ce qui est du courrier, un quart des lettres porte sur ce sujet. De même, environ 10 % des appels téléphoniques. Cela me semble être relativement important comme chiffres pour une profession somme toute peu connue.

Toutefois, les candidats potentiels se renseignent, comme ça, au cas où... Peu de ceux que j'ai reçu en tant que professionnel ont réalisé une véritable étude de marché. Peu se sont posés véritablement la question sur la difficulté du métier. Et il semblerait en outre que la majorité des professionnels aient oublié (volontairement ?) qu'ils avaient été auparavant des généalogistes amateurs, utilisant des méthodes particulières.

Un exemple ? A ma connaissance, très peu de généalogistes familiaux professionnels ne réalisent leur liste-éclair. C'est pourtant très pratique pour faire connaître ses recherches, éviter de recommencer celles-ci.

Et je me demande ce que cela cache. Renieraient-ils leur passé d'amateur ? Personnellement, ce n'est pas mon cas. Au contraire, j'exploite le mieux possible les méthodes apprises lorsque je n'étais qu'un amateur. Je les trouve très utiles dans ma vie professionnelle. Je ne crois pas qu'il y ait de séparation si définitive entre ces deux mondes.




Commentaires

Rédigé par: malhache | 16 mars 06 21:39:10

à propos des demandes d'information : à mon sens la proportion est importante précisément parce que la profession est peu visible, peu connue, si ce n'est peu reconnue ; tout cela est très cohérent ; la dernière demande de renseignements date de lundi dernier (13 mars) sur mon portable en tant que président de la CGP d'une étudiante en DEA de droit notarial qui voulait connaître les filières pour accéder à la profession de généalogiste successoral.
concernant le "passage à l'acte" ; je souhaiterais plutôt que de constater "j'avais la passion de la généalogie, j'avais acquis un savoir-faire, un jour je me suis dit pourquoi ne pas vendre mes services", entendre "j'avais envie de créer mon entreprise, une entreprise viable, et comme en plus j'avais le goût et la pratique de la généalogie, j'ai décidé de créer un cabinet de généalogiste. A mon avis la différence est là. La motivation réelle, et non la "passion" (toute passion est éphémère)garantit, à terme, le service fourni, la qualité de la prestation.

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 20 mars 06 18:32:05

Tout à fait d'accord pour ce qui est de la motivation réelle. Toutefois, d'après mon expérience, il semblerait que cela ne soit pas vraiment le cas. Ce qui expliquerait le turn-over important dans la profession.
Un fait est sûr : on réussit mieux dans son entreprise si on choisit un domaine dans lequel on a des compétences reconnues.

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Rédigé par: de Barrau | 4 avr. 06 12:01:39

La passion est une motivation réelle, la principale parfois.

Cela va cependant de soi que l'on ne peut en aucun cas exclure la problématique financière à partir du moment où l'on fait de sa passion sa vie professionnelle.

En effet, je trouve également que le métier de généalogiste n'est peut-être pas encore suffisamment connu (défiçit de communication ?) dans une société qui prétend mettre sa mémoire à l'honneur.

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 4 avr. 06 20:15:44

Pour ce qui est de la communication, il me semble que c'est en train de changer. Et ce depuis peu. En effet, il y a eu au début de l'année un article dans le magazine "Défis" présentant le métier de généalogiste familial. Est sorti le 31 mars dans "Actifs", un hebdomadaire des professionnels du patrimoine, un article sur le métier de généalogiste successoral.

Il semblerait donc qu'enfin, enfin !, les deux composantes de cette profession sortent des magazines habituels où elles se confinaient.

Il semblerait aussi, et sans doute est-ce dû au blog mais je ne l'affirmerais pas sans paraître trop arrogant, que certaines personnes me contactent et décident, avant de se lancer, de rechercher de l'information fiable sur la profession, de faire une étude de marché. Là encore, c'est nouveau. La plupart des candidats reçus il y a quelques années ne le faisaient pas du tout. Peut-être la profession arrive-t-elle à la maturité ?

La norme AFNOR qui se mettra peut-être en place, participe aussi à cette re-connaissance. Mais cela va encore prendre du temps. N'ai-je pas entendu un généalogiste successoral, lors de l'AG de l'USGP à la fin du mois de mars, dire que les généalogistes familiaux étaient des amateurs qui se faisaient payer au bakchich ? Ce qui est quand même choquant dans ce cadre et prouve une méconnaissance profonde de ce métier.

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Rédigé par: fruchier henri | 8 mars 08 07:55:06

bonsoir,

Généalogiste amateur depuis une vingtaine d'années et demandeur d'emploi (depuis un peu moins longtemps, rassurez-vous), voilà que j'ai franchi le pas. J'ai intégré depuis bientôt deux mois une couveuse d'entreprise avec un projet de création d'un cabinet de recherches en généalogie familiale. Ce n'est pas si courant et, même si je fais un peu figure d'extra-terrestre parmi mes collègues apprentis-créateurs, je suis convaincu que des possibilités existent. Je suis tout aussi conscient, d'ailleurs, des obstacles redoutables qui m'attendent. Mes grandes préoccupations dans l'immédiat:

Comment me faire connaître d'une clientèle aussi dipersée et, en apparence, insaisissable?

La constitution d'outils de communication performants (et particulièrement d'un site internet que je juge tout à fait indispensable dans ce métier, ai-je tort?)

Comment tenir les quelques années nécessaires (j'imagine) avant d'atteindre un niveau de rentabilité lorsqu'on a peu de ressources (je suis en fin de droit assedic)?

Pourriez-vous me dire comment vous avez, vous-même débuté? Faut-il "arroser large", tenter d'étendre son réseau à la France entière à grand renfort de cartes de visites, plaquettes, annonces dans les journaux... ou bien travailler plutôt au niveau local (j'ai oublié de préciser que je pense couvrir les départements suivants: 04,05,06,07,13,26,30,34,83,84).

Je me permettrai, de temps en temps de vous importuner par mes questions, et je vous remercie d'avance pour vos précieux conseils.

H. FRUCHIER


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Rédigé par: Stéphane Cosson | 8 mars 08 17:45:22

Bonjour,

Pour que vous soyez rentable, il vous faudra patienter en moyenne entre 3 et 5 ans, le temps que le bouche-à-oreille se fasse.

A mon avis, outre les recherches généalogiques basiques, pensez de suite à ce qui peut vous distinguer des autres : que pouvez-vous proposer qu'ils ne proposeront pas ? Dans quelles niches pouvez-vous vous installer ? C'est là que vous ferez vraiment la différence et votre réputation. Il y a en effet de nombreuses possibilités mais quelles sont celles qui vont vous intéresser ?
Les Archives sont en train de mettre leurs états civils sur Internet, gratuitement. Qu'est-ce qui va vous distinguer, vous permettre de gagner votre vie, d'avoir de la clientèle ? Où se situe exactement votre expertise généalogique ?

Je peux certes vous raconter comment j'ai débuté mais chacun de nous a une histoire différente avec la généalogie. Quels sont vos fondamentaux à ce sujet ? Pourquoi avez-vous eu cette envie ?

Je vous pose plus de questions que je ne vous donne de réponse mais c'est de votre entreprise dont il s'agit. Je crois que c'est important de vous les poser maintenant, dès le départ. Quels vont être vos produits ?

Si vous voulez que nous en discutions de vive voix, vous pouvez m'appeler les mardi ou vendredi après-midi sur le numéro 0 892 701 381.

Cordialement

Stéphane Cosson

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