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Se bâtir une stratégie d'entreprise
Par Stéphane Cosson le 31 mai 2006
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Je l'ai déjà dit : un généalogiste professionnel est un entrepreneur. Donc, à mon avis, comme tout entrepreneur, il doit mettre en place une stratégie d'entreprise, se créer une réputation si possible au niveau national.
Bâtir une stratégie d'entreprise, certes. Mais comment ?
Voici quelques pistes possibles.
Une des premières façons, si le généalogiste se sent l'âme d'un écrivain, est de publier dans des revues spécialisées : articles sur des histoires d'ancêtres (un peu à la manière de Maurice Coutot quand il a rédigé "ces héritiers que je recherche") ou sur des points particuliers qui peuvent aider la communauté généalogique toute entière.
Il me semble qu'au bout d'un moment, il pourra se lancer dans l'écriture d'ouvrages. Il pourra être alors plus crédible pour les éditeurs professionnels.
Une deuxième piste est, si cela lui est possible aussi, de faire de la formation : transmettre son savoir permet toujours de récupérer des clients assez facilement. Vous les avez formé, ils vous connaissent, vous font plus facilement confiance et hésitent moins à aller vers vous.
La troisième piste est de communiquer tous azimuts, toujours en respectant le cadre de la loi sur les archives, bien sûr. Les NTIC existent alors profitons-en. Une manière de faire de la publicité sans la payer, mais en référençant son savoir-faire. Le généalogiste a un savoir et un savoir-faire. Alors autant qu'il le fasse savoir !
S'il est à l'aise à l'oral, pourquoi ne pas se lancer en plus dans des conférences ? Toujours concernant le savoir et le savoir-faire du généalogiste. Toujours dans le but de le faire savoir.
Il n'y a pas de modèle pré-établi. Mais il me semble que, en fonction de ce qu'il ressent, de ce qu'il pense être capable de faire sans trop de difficultés, le professionnel peut investir des niches de marché sans trop de difficulté.
C'est en tout cas la recette, si je puis m'exprimer ainsi, que j'essaie d'appliquer. Ah, bien sûr, il y a un but derrière. J'ai connu un jour une baisse d'activité. Elle m'a fait comprendre qu'il ne fallait pas se contenter d'un seul panier mais que je devais en ouvrir plusieurs, et surtout les remplir.
Vérifier les informations
Par Stéphane Cosson le 29 mai 2006
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Un des premiers trucs que j'enseigne lors de mes cours d'initiation à la généalogie : toujours vérifier les informations, même celles qui sont marquées dans les actes, notamment dans les actes de décès.
Je m'explique.
La plupart du temps, au XIXe siècle, les personnes qui venaient déclarer le décès d'une personne donnaient les informations qu'ils connaissaient. Ces personnes étaient soit des parents, soit le plus souvent des voisins : des messagers. Ces informations n'étaient pas recoupées par des documents officiels mais données en toute bonne foi.
Par exemple, les voisins pouvaient déclarer la personne défunte native d'une ville : Toulouse. Le premier réflexe du généalogiste est d'aller y chercher la naissance. Et il peut ne rien trouver. Mais, le généalogiste peut se rendre compte qu'en fait, le défunt est né ailleurs mais que sa famille maternelle est bien de là. L'information n'était donc pas entièrement fausse, pas entièrement vraie non plus. Simplement déformée par le temps. Ou encore que le défunt y a vécu toute son enfance ou une partie de celle-ci avant de déménager ailleurs.
Le plus souvent, je m'en suis rendu compte souvent, on fonce les yeux fermés, le nez dans le guidon. Par expérience, par tâtonnements successifs, on apprend à exercer son esprit critique, à se poser des questions, à ne pas tout prendre pour parole d'évangile.
Cela peut sembler étrange pour les néophytes. Mais en fait, cela me semble primordial.
Un généalogiste, ça se déplace !
Par Stéphane Cosson le 28 mai 2006
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En quelques jours, je viens de recevoir plusieurs demandes de renseignements sur le métier de généalogiste. Je ne sais si c'est dû à l'article de Pierre-Valéry Archassal sur mon blog dans le dernier numéro de la Revue Française de Généalogie ou si c'est une simple coïncidence.
Un point que je crois quand même utile de préciser : un généalogiste cela se déplace. Ce n'est pas une profession statique. Nous allons où le client nous envoie, une fois que la zone géographique d'intervention a été choisie.
Personnellement, parce que j'ai choisi d'intervenir uniquement sur Midi-Pyrénées, je fais peu de kilométrage d'ordre professionnel : environ un millier par mois. D'autres de mes collègues ont choisi d'intervenir là où le client les envoie, soit parfois à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile. Ce poste de dépense augmente d'autant, même si une partie est prise en charge par le client lui-même (une partie seulement parce que si on lui rajoute trop de dépenses annexes en plus des heures de recherche, au bout d'un moment, il risque de ne plus commander).
Ce qu'il ne faut pas oublier non plus, c'est que qui dit déplacement, dit dormir à l'hôtel, manger au restaurant ou se préparer des sandwichs si on veut réduire les dépenses. Autrement dit, pour les gens qui veulent se lancer dans la profession : ne pas rentrer tous les soirs chez soi. Du point de vue de la vie familiale, cela veut dire qu'il faut aussi que le conjoint assure si le professionnel doit partir plusieurs jours loin de chez lui.
Cela n'a l'air de rien comme cela, mais cela fait aussi partie des décisions à prendre à deux. Cela peut peser dans la balance de la décision.
Pourquoi se déplacer ? Parce que si nous voulons vraiment en vivre, et pas seulement en vivoter, si nous voulons que ce soit autre chose qu'un revenu de complément, c'est parfaitement impossible de faire autrement. Un seul département ne peut faire vivre correctement un généalogiste.
Dans l'étude de marché, indispensable avant tout lancement dans une profession libérale, c'est un poste à ne pas négliger.
Ouvrage sur la paléographie
Par Stéphane Cosson le 26 mai 2006
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Roland de Tarragon a écrit un ouvrage sur la paléographie. Je ne sais exactement ce qu'il vaut car je ne l'ai pas eu entre les mains.
Toutefois, vu comment on peut galérer parfois à essayer de comprendre les pattes de mouches de nos ancêtres, je crois que cela valait la peine de vous le signaler. A vous de vous faire votre propre opinion.
Bien évidemment, comme tous les ouvrages, il donne les lettres de l'alhabet sous leurs différentes formes. Ce qui est toujours pratique. Qui sait qu'un V barré est en fait un R majuscule, par exemple ?
Il donne aussi des syllabes et éléments de mots, quelques particularités comme des lettres ajoutées à un mot ou utilisées à la place d'autres. Un exemple plus personnel : quand j'ai recherché la famille Frespuech dans le Tarn, qui aurait pris au départ les Furpuech, Prefuech ?
Bien évidemment aussi, l'ouvrage donne les abréviations indispensables. Pbre = prêtre !
L'ouvrage est accompagné d'un Cd-Rom, qui pourrait être considéré comme une sorte de didacticiel.
Profil de la clientèle du généalogiste professionnel
Par Stéphane Cosson le 25 mai 2006
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Je viens de m'apercevoir qu'il n'y aucune étude sur la clientèle du généalogiste professionnel : Qui vient le contacter ? Est-il fidèle ?
Première approche de cette question à partir de mon fichier clientèle, soit 122 personnes pour qui j'ai fait de la recherche pure de janvier 2001 à nos jours.
Premier constat : le client est d'abord un homme (67 % dans mon cas).
En moyenne, l'homme dépense plus que la femme (par rapport aux commandes qu'ils m'ont faites bien sûr). Pour cela, j'ai effectué un tableau faisant la liste de tous mes clients hommes, ajoutant leur CA HT de 2001 à 2006, sous Excel. J'ai réalisé le même tableau pour les femmes.
Sur cette période, en moyenne, un homme a dépensé 576.36 € HT et une femme 483.24 €HT pour sa généalogie. Les écarts peuvent être bien sûr plus importants puisque j'ai par exemple un client qui a consacré pour sa généalogie un budget de 2000 € HT par an depuis 6 ans, et d'autres qui ne me demandent que de leur faire des photocopies de documents qu'ils n'arrivent pas à obtenir par le biais des prêts inter-bibliothèques (ce qui est d'un coûr relativement faible pour eux).
De même l'homme est plus fidèle que la femme (par rapport aux commandes qu'ils m'ont faites bien sûr) : 28% des hommes sont mes clients sur plusieurs années, 3 ans en moyenne contre 25 % des femmes et elles reviennent pour 2.5 ans en moyenne.
Bien sûr ces chiffres sont sur un petit échantillon. Il pourrait être intéressant de calculer les mêmes pourcentages sur plusieurs études et de les comparer. Mais cela peut donner un aperçu.
Comment embaucher un salarié (5e partie) ?
Par Stéphane Cosson le 24 mai 2006
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Je viens de lire avec profit le livre de Fabienne Brutus sur l'ANPE. Peut-être un peu polémique, mais intéressant malgré tout.
Par rapport à la question qui me préoccupe, je commence à comprendre des réactions et pourquoi la situation peut parfois paraître ubuesque. Cette compréhension me fait dire que nous avons un long chemin dans le domaine de la communication à parcourir, un très long chemin.
Tout d'abord, j'ai appris que l'ANPE, dans sa démarche marketing, classait les entreprises en fonction du potentiel d'embauches possibles en six catégories. Au vu et au lu de ces catégories, j'ai compris que j'appartenais vraisemblablement pour eux à la catégorie n° 1 : entreprise dont le potentiel est faible ou que l'Agence ne connaît pas et à laquelle il faut fournir une information légère si le potentiel d'embauches est faible ou conquérir en cas de détection de potentiels. Sauf que, pour conquérir, il faut aller voir le chef d'entreprise, discuter avec lui, bref prendre ce temps-là si c'est possible.
Ensuite, dans sa conclusion, Fabienne Brutus parle toujours de la démarche marketing de l'ANPE. A la page 238 de l'ouvrage, elle écrit ceci :
Former les agents de l'ANPE à la création d'entreprise permettrait de favoriser l'essor de petites structures, de lancer des chômeurs sur la voie d'un "entreprenariat" à taille humaine. Au lieu de ramper devant les groupes de la grande distribution, pour quémander quelques postes sous-payés, les conseillers seraient une vraie force de proposition envers les TPE, les PME. Les conseillers ANPE actuels méconnaissent en général l'entreprise, ses mécanismes et impératifs financiers notamment. Les agents ont adopté la "démarche marketing", qui ne renvoie qu'à l'univers des multinationales et n'a absolument aucun rapport avec les réalités de l'artisanat, par exemple.
Effectivement, si tel est bien le cas, en tant que petit entrepreneur ne pouvant proposer pour le moment qu'un contrat de 20 h par semaine, même en CDI, la tâche va s'avérer rude.
Là où je ne suis pas d'accord avec elle, c'est quand elle parle des contrats aidés à temps complet, pour les associations par exemple. C'est bien, mais il faut pouvoir financer la partie non aidée. S'il n'y a plus de financement, quel qu'il soit, il n'y a plus de contrat du tout et le problème n'est pas résolu. Plutôt que de mettre sous perfusion, aidons le corps à se défendre. L'employeur ne peut proposer qu'un contrat temps partiel : commençons par financer celui-là. Faisons le point à une date donnée, et si l'employeur peut prolonger le contrat, prolongeons l'aide avec des points précis de contrôle basés sur l'économique, le passé et le futur de l'employeur. Je suis sûr que cela pourrait mieux marcher que d'attendre le CDI temps plein miraculeux et messianique.
Par contre, ce qui me désole comme elle, c'est cette orientation systématique vers les "métiers en tension", c'est-à-dire ceux où on manque cruellement de main d'oeuvre. Peut-être au détriment d'autres projets.
Vous trouvez que je suis loin de la généalogie ? Je ne crois pas. Je suis de plus en plus persuadé que la généalogie peut être un métier où des emplois peuvent se créer, y compris chez les généalogistes familiaux. Cela va demander de la communication, bien sûr, et surtout de mettre en place des études économiques sérieuses, scientifiques presque.
Je crois qu'une étude du secteur pourrait éviter les clashs comme pour la Biennale 2006, car tout le monde aurait des chiffre précis sur le rôle de chacun. Qui s'y est penché pour le moment ?
Acheter de l'information généalogique
Par Stéphane Cosson le 23 mai 2006
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Lors de différentes discussions avec des partenaires ne se connaissant pas, nous sommes tombés d'accord sur un point : la généalogie change. Il y a deux types de publics :
- Les chercheurs, passionnés, qui font cela pendant des années.
- Les consommateurs, qui profitent de ce qu'ont fait les autres.
De ce fait, cela me pose une question : Qu'est-ce qu'acheter de l'information généalogique ?
Le premier type de public, qu'il soit amateur ou professionnel, est à la fois producteur et auteur d'information. En effet, d'une certaine manière, il collecte et sélectionne de l'information primaire (BMS, NMD, actes notariés). Il indexe celle-ci (classement Soza-Stradonitz par exemple ou relevés systématiques). De par son action, il consolide aussi les opérations de mises à jour. En effet, il est toujours à la recherche de l'information la plus exacte.
Et cette information, il la met à disposition des autres par le biais de bases de données. Il propose de l'information structurée et organisée. Ces bases de données peuvent être de quatre types en théorie :
- Bibliographiques : je travaille sur une famille et, en même temps que je recherche les actes originaux, je recherche aussi quelles sont les sources qui ont déjà fait des travaux sur elle. Et surtout, je cite mes sources pour éviter le pillage.
- Texte intégral (rarissime car très chronophage) : Je recopie in extenso les actes que j'ai trouvé et je les mets à disposition du plus grand nombre.
- Factuelles ou numériques : Je vais plus loin dans ma recherche et je mets à disposition des données chiffrées (souvent d'ordre démographique) sur les familles que j'ai trouvé.
- Images : je mets sur Internet les photos numériques que j'ai faites (C'est le cas surtout des services d'Archives).
Cette information acquiert une valeur de ce fait. C'est, je crois, cette valeur que recherche le deuxième type de public. C'est tellement plus simple de faire sa généalogie en quelques clics d'ordinateur !
Le seul problème, et il est de taille, c'est que souvent ce deuxième type d'utilisateurs ne comprend pas le temps que l'on peut passer à mettre en place ces outils. Je me souviens d'un client qui n'a pas compris que la famille de métayers que je recherchais pour lui était une famille qui bougeait, avec en plus un nom peu courant qui était transformé au fur et à mesure de leurs déplacements. La retrouver avec exactitude prend du temps. Il me disait qu'en quelques clics d'ordinateur, lui, il l'aurait trouvé plus facilement. Sauf que les données n'étaient pas disponibles sur la Toile ! Il fallait se confronter aux documents, à leurs lacunes, aux difficultés de la recherche. Et cela, il ne voulait pas le faire personnellement sinon il n'aurait pas fait appel à mes services.
Il me semble qu'il y a encore du travail d'explication à faire pour que ces deux types de public se comprennent et s'apprécient.
Les origines de la famille de Toulouse-Lautrec
Par Stéphane Cosson le 22 mai 2006
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En 1981, Philippe Zalmen Ben-Nathan a soutenu une thèse de doctorat à l'Université de Toulouse Le Mirail portant sur La vicomté de Lautrec aux XIIIe et XIVe siècles : aspects économiques et sociaux du pouvoir public en Albigeois médiéval, sous la direction de Philippe Wolff. Il enseigne actuellement en Israël.
En 2002, dans Les Annales du Midi, il a publié un article sur les origines de la famille de Toulouse-Lautrec, notamment sur le fameux passage des Lautrec aux Toulouse.
C'est un résumé de cet article que je vous propose aujourd'hui.
A partir du XVIIe siècle, une tradition historique s'est mise en place : lors de la Croisade contre les Albigeois, la famille de Lautrec serait tombée en quenouille et aurait laissé place à une nouvelle famille : les Toulouse-Lautrec. Vers 1196 Alix de Lautrec, l'héritière de cette lignée de quatre siècles et demi, se serait mariée avec le frère du comte de Toulouse : Baudouin. Vu comment la maison de Toulouse a fini, il semble à l'auteur que les chroniqueurs de l'époque n'auraient pas manqué d'en parler. Or il n'en fut rien !
Philippe Zalmen Ben Nathan, au cours de ses recherches, a découvert une généalogie de cette famille, oeuvre de l'archiviste et chroniqueur fuxéen Michel du Bernis. Cette généalogie est plus ancienne que la tradition du XVIIe siècle : elle date en effet des années 1455. Cette généalogie se trouve aux Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques. C'est la plus ancienne actuellement connue (et la plus méconnue des auteurs, quels qu'ils soient, qui ont rédigé un jour sur cette famille). Michel du Bernis est réputé pour être quelqu'un d'absolument fiable dans ce qu'il affirme, s'appuyant sur les documents en sa possession.
Cette généalogie permet de démontrer que, le mariage d'Alix de Lautrec et de Baudouin de Toulouse réel ou supposé, le lien avec la famille de Toulouse ne se fait pas par eux. Les enfants supposés de ce couple sont, selon Michel du Bernis, les enfants de Frotard III de Lautrec, donné par tous les auteurs comme mort sans postérité.
Ce fait appelle en moi une autre réflexion : toujours vérifier à la source les dires des personnes. Ne pas se contenter de ce qu'ils affirment. Il n'y a que comme cela que la généalogie peut avancer, progresser et que des mythes peuvent s'arrêter ou ne plus se répandre.
Généalogia 2006
Par Stéphane Cosson le 14 mai 2006
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Le Président du Cercle Généalogique de Languedoc m'a transmis le communiqué suivant, venant de Maryse Déléris, directrice des congrès, M.C.I. groupe Comexpo, organisatrice de Généalogia 2006 :
MCI, Groupe Comexpo vous informe que GENEALOGIA 2006 initialement prévue les 15 – 16 – 17 décembre prochain ne pourra se tenir.
Le calendrier des manifestations se tenant entre septembre et décembre étant très chargé. De ce fait, certains exposants n’ont pas souhaité s’engager pour 2006.
Cette constatation nous laisse à penser que nous ne pourrons offrir aux visiteurs un salon de qualité, complet et représentatif du monde de la Généalogie.
Le boycott des associations a donc atteint son objectif. Cela peut être aussi considéré comme un mauvais coup pour l'image d'une généalogie en plein essor. Quoique ...
Que reprochaient les associations ? Qu'il y ait eu, à la précédente biennale, trop de marchands du Temple, des commerçants qui, à leur avis, n'avaient pas de rapport direct avec la généalogie. Et que ces derniers reviennent pour l'édition 2006.
A mon avis, ce sont deux conceptions qui s'opposent : d'un côté, il me semble, une conception de la généalogie "recherche pure" qui ne vend que des produits en rapport direct avec la recherche des ancêtres, certains de ces produits issus de la recherche des ancêtres. De l'autre, la généalogie envisagée comme un concept que l'on peut décliner à l'infini. Les anciens et les modernes en quelque sorte.
A mon avis, cela peut avoir un effet positif. Celui de repenser la généalogie en terme global. Depuis le temps que je rédige ce blog, je pense que vous avez dû vous en douter : je serais plutôt pour la deuxième conception. Je reste persuadé que, en se cantonnant à la généalogie "recherche pure", au bout d'un moment elle va tourner en rond et décliner. Il y aura pléthore d'informations, trop de monde sur un même créneau. Je reste persuadé qu'il faut l'ouvrir, mais avec diplomatie, sans heurter.
Peut-être y aura-t-il une biennale en 2007, différente des autres éditions ?
Les gènes de Christophe Colomb
Par Stéphane Cosson le 13 mai 2006
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Le 20 mai 1506, Christophe Colomb décède. Mystères et controverses autour de ce personnage. D'où vient-il ? De Gênes ? De Savone ? De Calvi ? Est-il un corsaire catalan ? Un juif portugais ? Nul ne le sait.
Un professeur espagnol va tenter de résoudre cette énigme.
Ce professeur c'est José-Antonio Lorente, directeur du laboratoire d'identification génétique de l'Université de Grenade. Une vaste enquête est lancée à travers l'Europe à ce sujet.
300 porteurs du nom Colon des alentours de Valence, Barcelone et des Baléares, 250 Colombo de la province de Gênes, une vingtaine de Colom et Coulom autour de Perpignan et Toulouse vont fournir un peu de leur salive en vue d'une analyse ADN.
Le but ? Comparer leur chromosome Y avec celui d'un des fils de Christophe Colomb, Hernando, enterré à Séville, dans la cathédrale.
Seul souci par rapport à cette enquête : il y a trois ans, le même homme avait lancé une autre enquête pour déterminer la sépulture de Christophe Colomb. Les résultats ne sont toujours pas parus. La crainte c'est qu'il en soit de même pour celle-ci, qu'elle ne soit qu'un coup médiatique.
Toutefois, cette enquête me paraît intéressante. Une autre manière d'envisager la généalogie en quelque sorte. Sans présumer des résultats, imaginez qu'un des groupes soit apparenté avec Chrsitophe Colomb. Ne restera plus qu'à remonter la généalogie de chacun des porteurs du patronyme pour voir comment ils se rattachent à leur illustre cousin. Un long travail en perspective.
Dessiner son arbre généalogique
Par Stéphane Cosson le 12 mai 2006
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A Louvain-La Neuve, en Belgique, il existe un centre intéressant : Le Centre de Consultations Spécialisées (CPS). Là exerce Michel Legrand, l'un des plus célèbres praticiens en récit de vie du monde francophone. Son métier : aider les gens à narrer leur histoire.
Avec quelle méthode ?
Michel Legrand utilise le récit de vie dans une démarche de soutien individuel. Raconter son histoire, plusieurs fois parfois, la remodeler dans une version qui convienne au narrateur, qui lui soit supportable, permet de se réapproprier sa vie.
Cela a l'air simple dit comme cela. Cela ne l'est pas du tout. Cela implique de construire un récit qui ne dise que la vérité, qui soit rigoureusement exact. Comment la personne s'articule-t-elle avec l'histoire de sa famille ? Quelle est la place qu'il y tient ? Comment son histoire familiale a une influence sur lui ?
Michel Legrand propose de dessiner un arbre généalogique. Comme la personne en a envie. Voir toutes les ramifications qui nous lient à nos ancêtres. Comment ils nous guident. Je crois que le généalogiste ne le devient jamais par hasard.
Cela permet de savoir où est sa place. Souvent, je me suis rendu compte que le généalogiste devient un pivot de la mémoire familiale. Petite anecdote personnelle : Quand il y a un enterrement dans la famille, ou un mariage, souvent un membre de la famille vient me voir et me dit : "Mais lui c'est qui ? Comment on est parent ?". Il sait qu'avec moi il aura la réponse.
La généalogie c'est reconstituer l'histoire familiale. On privilégie toujours une lignée sur les autres. S'interroger sur son parcours de vie permet parfois de savoir pourquoi cette lignée-là au détriment des autres. Quelle est son influence ?
Personnellement, cela m'a pris 12 ans pour construire ce parcours. Même si ce n'était pas avec la méthode de Michel Legrand. 12 ans en parallèle des recherches généalogiques que je menais. Qui est prêt à y consacrer autant de temps ?
Le cahier de prospective
Par Stéphane Cosson le 11 mai 2006
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Dans le numéro du mois de mai du magazine "L'Entreprise", Philippe Cahen, conseil en prospective, présente la méthode du cahier de prospective.
Après l'avoir lue, j'ai décidé de vous la présenter car, effectivement, elle ne peut présenter que des avantages pour être plus créatif.
La prospective se construit par petites touches. Chaque fait a son importance, nous dit-il. Ouvrir un cahier de prospective, c'est toujours avoir sous la main de quoi écrire. Quel que soit le moment de la journée. Et ce en fonction des idées suggérées par l'actualité, les films, les livres, les conférences...
Ecrire, cela permet de ne pas oublier. Ecrire, cela permet de pouvoir se relire. Cela n'a l'air de rien, mais c'est toujours utile. Le temps a passé entre le moment de l'écriture et celui de la lecture. Il a fait son chemin. L'idée notée à la va-vite a continué de mûrir. En relisant, des liens peuvent parfois se faire plus rapidement.
Ainsi se met en place la créativité. J'ai comme ça quelques idées, informelles, pour ouvrir la généalogie. Je me note les possibilités de partenariat. C'est grâce à cela que je suis allé voir des partenaires (qu'il me faut rappeler pour certains pour voir où ils en sont de mes demandes de devis pour développer un nouveau produit que je veux lancer pour Généalogia au mois de décembre).
Bref, cela me semble une excellente idée, si l'on veut bien sortir du carcan des idées toutes faites.
Projet de loi sur les successions
Par Stéphane Cosson le 10 mai 2006
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Quelques nouvelles concernant ce projet de loi, avant qu'il ne passe au Sénat.
Même si je ne suis pas directement intéressé, en tant que généalogiste familial, il me semble important de me préoccuper de ce qui passe pour mes confrères successoraux.
En utilisant bien sûr les ciseaux d'Anastasie bien connus pour éviter de froisser les susceptibilités de tout un chacun.
L'ensemble des amendements sénatoriaux au projet de loi sur la réforme des successions et libéralités sera mis en ligne sur le site Internet du Sénat le 15 mai prochain et le texte passera au vote des sénateurs les 16 et 17 mai.
Attendons le vote mais il semblerait que, pour tous les généalogistes successoraux, cela soit une bonne nouvelle.
En effet, des bruits de couloir laissent penser que la loi pourrait être modifiée en faveur des généalogistes successoraux, en fonction des actions qu'ils ont pu mener dans le cadre de l'Union auprès des ministères.
Il semblerait que la succession pourait ne plus être ouverte seulement par l'héritier ou le notaire, comme cela était prévu au départ et voté par l'Assemblée Nationale, mais par toute personne ayant un intérêt légitime à l'identification des héritiers.
De même, comme le demandaient mes collègues successoraux, les successions vacantes et déshérentes serait une notion plus étendue.
Mais je le dis une fois encore : attendons le vote.
Génographic
Par Stéphane Cosson le 9 mai 2006
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Lu dans le journal Le Monde du 5 avril 2006 un article dont voici un extrait :
Dans le Nouvel Observateur, le journaliste ne donnait pas le nom du programme. Par contre, il donnait des exemples très concrets.
De mémoire (cela resterait à vérifier), les généticiens ont réussi à démontrer que 16 millions d'Asiatiques descendent de Gengis Khan, que de nombreux Irlandais descendent aussi d'un roi du IVe ou Ve siècle (et le journaliste donnait très précisément les noms de famille irlandais).
J'ai trouvé cela très impressionnant. Autre exemple, le journaliste parlait de 4 Eve juives qui auraient donnépour descendants une bonne partie du peuple du même nom.
Il me semble que, en tant que généalogistes, cela vaudrait le coup que l'on se mette sur les rangs. Reste à savoir comment et auprès de qui s'adresser.
Une insertion professionnelle durable
Par Stéphane Cosson le 8 mai 2006
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Une fois de plus, je me pose des questions par rapport à la réponse que j'ai eue de la part du directeur de l'ANPE. Elle m'interroge énormément.
Et...Comment dire ? Je crois que ces questions que je me pose peuvent servir aussi à une personne qui souhaite se mettre à son compte. Dans les deux cas, il s'agit de création d'emploi.
Comparons les deux.
Quand j'ai voulu me mettre à mon compte, les partenaires qui m'entouraient m'ont demandé de réfléchir à ce que je voulais mettre en place. Ils m'ont demandé une étude de marché comprenant les points suivants :
- présentation du projet et du créateur
- produits et prestations proposées : description des produits, tarifications, avantages concurrentiels.
- le marché et son environnement : description du secteur d'activité, étude d'implantation, clientèle, concurrence, prescripteurs.
- stratégie et moyens engagés : stratégie retenue, progression de la clientèle, chantiers en cours de négociation, auto-évaluation des compétences entrepeneuriales, actions commerciales, investissements matériels et moyens humains.
Tout ceci bien évidemment chiffré le mieux possible. C'est à partir de ces données qu'ils ont pu me conseiller et me donner leur feu vert pour m'installer sans que cela soit trop "casse-gueule".
C'est aussi à partir de ces données, ré-actualisées, que j'ai pu embaucher et fixer la durée du contrat de travail dans un premier temps.
Quand j'ai demandé le renouvellement du contrat, je m'attendais à ce que l'ANPE demande des données chiffrées, objectives, qui pourraient permettre de prendre une décision économiquement motivée. Ce ne fut pas le cas.
Le seul point qui intéressait le directeur de l'ANPE a été le suivant : s'agit-il d'un CDI à temps plein ? Oui, on aide et on renouvelle. Non, on n'aide pas et on ne renouvelle pas.
Signer un contrat, ce n'est pas le plus important à mon avis. Savoir ce qu'il y a derrière, comment l'employeur va se débrouiller pour remplir ce temps de travail qu'il signe, me paraît plus important. A partir de données prévisionnelles, objectives, réalistes, établies en fonction du secteur économique, leur décision aurait pu être mieux motivée.
En y réfléchissant, je suis quand même stupéfait qu'à aucun moment, alors que je l'ai proposé chaque fois que j'avais un agent ANPE au téléphone, personne de l'ANPE ne soit venu discuter en face à face, concrètement, avec moi. J'ai aussi proposé de leur transmettre les projets que je suis en train de mettre en place. Toujours pour qu'ils aient des éléments objectifs. Cela ne les a jamais intéressé.
Je trouve quand même étonnant ce décalage. Pour moi, il est incompréhensible. Alors que la démarche est la même. Que ce soit quand je me suis mis à mon compte, ou quand j'ai embauché, c'est la réalité économique qui m'a fait franchir le pas et pouvait permettre une insertion professionnelle durable.
Signer un CDI temps plein n'est aucunément une garantie d'insertion professionnelle durable. Tout mettre en place pour trouver du travail l'est, à mes yeux, beaucoup plus.
La prospection passive
Par Stéphane Cosson le 7 mai 2006
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Personnellement, une fois encore, j'ai choisi de me démarquer de mes collègues. Plutôt que de mettre de la publicité dans les revues spécialisées, j'ai opté pour la prospection passive.
De quoi s'agit-il ?
La prospection active, c'est décrocher son téléphone et appeler d'éventuels clients. C'est aussi envoyer des mailings pour essayer de décrocher de nouveaux clients.
Les deux me semblent assez peu adaptés au domaine de la généalogie. Appeler qui ? Des numéros au hasard, en espérant qu'il y en aura un d'intéressé ? De même, écrire à qui ? Prendre les premières lettres de l'alphabet sur plusieurs communes ? Quel intérêt du point de vue généalogique ? Personnellement, je n'en vois pas.
Alors, je me sers de mon site-vitrine et des outils de référencement sur le net. Je vous ai déjà parlé des listes-éclairs, ces index patronymiques. Je crois de plus en plus en leur utilité. Pour attirer le client, je mets sur le net ma liste-éclair en référençant chaque nom de famille. Ainsi, si quelqu'un tape un de ces noms sur un moteur de recherche, il peut venir vers mon site, voir ce que j'ai déjà fait et, peut-être, me passer commande. Dans ces cas-là, comme il s'agit de recherches déjà effectuées, je les fais payer à un coût moindre.
Actuellement, je suis en train de fusionner, avec son accord bien sûr, ma liste et celles de mon ancien salarié. Au bout du compte, je crois qu'il me faudra créer un nouveau site spécifique à cela. Je verrais avec ma webmestre. Le but est bien sûr de pouvoir enclencher des commandes qui me permettront par là-même de le réembaucher. Il l'a bien compris ainsi.
Les mariages d'enfants
Par Stéphane Cosson le 6 mai 2006
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Au cours de mes recherches généalogiques, je me suis rendu compte qu'une petite minorité des mariés étaient très jeunes au moment de leurs noces.
Au fur et à mesure de leur découverte, ils m'ont interrogé : pourquoi ces mariages précoces ? Quelles pouvaient être leurs raisons ?
Benoît Garnot a écrit que, pendant longtemps, les historiens ont cru que les Français d'Ancien Régime se mariaient précocément. Ils se basaient pour cela sur les mariages aristocratiques et royaux.
En fait, globalement, le mariage est tardif au XVIIIe siècle : 27-28 ans pour les hommes, 25-26 ans pour les femmes. Plusieurs explications sont possibles : volonté de diminuer le nombre d'enfants, impossibilité d'accéder au mariage sans avoir préalablement succédé aux parents.
En cela, le modèle occidental est exceptionnel puisque, partout ailleurs dans le monde, ce sont plutôt des adolescents qui se marient.
Tout d'abord, une précision : tous les mariages que j'ai pu trouvés au cours de mes recherches ont eu lieu alors que les fiancées ont entre 10 et 17 ans.
Pourquoi donc ces mariages ? Peut-être est-ce en lien avec l'héritage ?J'ai étudié les contrats de mariage des couples dont j'étais sûr de l'âge des fiancés au mariage. Dans tous les cas, ce lien avec l'héritage a été possible.
Dans tous les cas aussi, vu l'âge de la fiancée, ce sont les parents qui négocient. Pour que le mariage s'accomplisse vraiment, il faut des garanties. La fiancée peut partir vivre, par exemple, avec ou sans ses parents, chez le fiancé. Les parents des deux fiancés peuvent décider d'exploiter des terres en commun.
Ces mariages ne concernent que 3% des unions que j'ai pu récolter jusqu'à présent, pour l'ensemble de mes clients. C'est très peu, d'accord. Mais elles sont toujours étonnantes.
La marque à l'esperluette
Par Stéphane Cosson le 5 mai 2006
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Dans les publicités reçues aujourd'hui, l'une d'elles m'a marqué. Oh, pas à cause du produit qu'elle propose mais pour la manière dont elle le propose.
En voyant cette publicité, je me suis dit que, sans doute, la généalogie était en train de franchir un grand pas.
Il s'agit d'une publicité pour un téléphone mobile. Comme personnellement, je suis réfractaire à ce genre d'instrument, d'habitude je jette ce type de publicité. Aujourd'hui, elle m'a attirée. La marque à l'esperluette présente en effet son nouveau produit par le biais d'un arbre généalogique, plutôt bien ouvragé, plutôt classique.
Dans son slogan publicitaire, il y a trois fois le mot "famille". En outre, elle joue sur le mot "branche" qui est à la fois les branches de l'arbre généalogique succinct que la marque présente et le verbe "brancher".
Curieusement, dans l'arbre généalogique présenté, il manque le grand-père. J'ai vérifié au cas où s'il y avait un rapport avec le nombre de modèles présentés. Ce n'est pas le cas. Il y a plus de modèles que de membres de cette famille. Ce grand-père, est-il mort ? Absent ? Pas intéressé par les produits présentés, pas dans la cible des publicitaires ? En tout cas, cela m'interroge.
En même temps, je trouve intéressant que cette marque est choisi un arbre généalogique. Je me dis que, d'une certaine manière, un pas a été franchi. Je ne peux me l'expliquer complètement. C'est plus du ressenti. Mais je ressens comme une victoire. Si les publicitaires s'y intéressent d'une manière détournée, commencent à la détourner, c'est qu'il existe des possiblités pour la sortir de la recherche pure.
Qu'en pensez-vous ?
Consanguinité et sang
Par Stéphane Cosson le 4 mai 2006
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En généalogie, ce que je trouve toujours très pratique ce sont les mariages entre cousins. Si je vais en série G, dans les archives de l'officialité diocésaine, je peux espérer trouver l'enquête de dispense et donc un tableau généalogique.
Mais pourquoi ces mariages consanguins existent-ils ? Une explication peut se trouver par l'approche du sang. Je m'explique.
Dans le mariage consanguin, l'échange se fait dans le groupe familial, un groupe forcément restreint.
S'épouser entre soi, c'est être quasiment certain du pouvoir économique et symbolique que possède l'autre. Cela réduit au maximum l'incertitude. C'est créer une sécurité qui n'existe pas, qui ne peut pas exister avec l'étranger.
Se marier entre soi implique peut-être aussi le refus d'une autre image. Le cousin nous renvoie notre propre image, met en place un effet de miroir. Mais ce cousin est-il intéressant parce qu'identique ?
Le mariage consanguin a peut- être une raison idéologique qui serait la préservation d'un patrimoine familial et symbolique transmis par le sang. D'après Pascale Gleize, le sang a la propriété de véhiculer des caractères prédéterminés, de les transmettre d'une génération à l'autre et de les distribuer variablement. Un mariage entre cousins affaiblit le sang, le sang deviendrait souillé, impur pour les descendants des cousins.
Mais mélanger deux sangs, n'est-ce pas aussi affaiblir la pureté de son sang ? Le sang du parent est connu, pas celui de l'étranger. Epouser un non-parent pourrait abâtardir le sang, dilapider le capital biologique. On est alors assez proche du mythe du sang bleu.
En outre, selon l'ordonnance royale de 1484, renouvelée en 1583, il faut trois générations pour que les descendants d'un roturier annobli puissent prétendre à la noblesse de race. Trois générations pour que, par une subtile alchimie, la qualité du sang soit épuré, pour que la grandeur et le caractère particulier de la personnalité noble soient transmis. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les alliances consanguines avec les cousins issus de germains ne sont pas désapprouvées, pourquoi elles sont recherchées. Si trois générations suffisent pour épurer le sang, alors ces unions ne posent plus le risque d'apparition de tare nouvelle.
Mais tout cela devrait être prouvé et ce n'est pas une mince affaire.
Comment embaucher un salarié (4e partie) ?
Par Stéphane Cosson le 3 mai 2006
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Un de mes collègues m'a reproché que j'étais (à son goût) trop préoccupé par mon rôle d'employeur. il me semble que, pourtant, c'est important surtout si l'on veut se faire reconnaître comme de véritables professionnels et non comme des "amateurs-professionnels".
Suite donc de mes aventures concernant la poursuite du contrat de mon salarié. Depuis quelques jours en effet cela bouge.
Suite à la réponse du directeur de l'ANPE, je ne me suis pas démonté.
J'ai d'abord écrit à Monsieur Jean-Louis Borloo lui-même. Son chef de cabinet vient de me répondre : le courrier a été transmis au Préfet du Tarn qui va étudier attentivement la situation et qui me donnera une réponse.
J'ai répondu aussi au directeur de l'ANPE. En voici quelques extraits :
J’ai bien intégré que les renouvellements de CIE sont exceptionnels, soumis à des éléments forts garantissant une insertion professionnelle durable, ainsi qu’aux orientations du service public de l’emploi fixant le volume des aides mobilisables.
J’ai bien intégré aussi qu’en ce qui concerne la convention CIE liée au contrat de travail de Monsieur CF, vous n’accepterez le renouvellement de celle-ci qu’à la condition d’un contrat CDI temps plein avec une durée maximale d’aide restante de votre part de 4 mois (7 mois d’aide lors du premier contrat ôtés de 11 mois d’aide totale).
Rédiger un contrat CDI à Monsieur CF, personnellement, ne me gêne pas. Le lui rédiger actuellement pour un temps plein m’est absolument impossible. Un temps plein signifie que mon CA HT doit être doublé pour pouvoir le payer. La seule chose à laquelle je peux m’engager avec lui, et j’ai été très clair sur ce point qu’il a parfaitement compris, c’est de pouvoir l’embaucher d’abord à mi-temps dans le cadre d’un contrat aidé. Puis, au fur et à mesure que le CA HT augmentera, ses heures de travail suivront (mais l’aide versée par le CNASEA restera identique à celle fixée lors de la signature de la convention). Ce fait-là est réaliste dans le cadre de mon marché économique.
En attendant, je lui ai donc rédigé sa feuille jaune ASSEDIC pour qu’il puisse se ré-inscrire comme demandeur d’emploi.
Je vous pose la question : quelle était la meilleure solution d’insertion professionnelle durable pour Monsieur CF ? Voir son contrat prolongé avec une garantie d’augmenter les heures au fur et à mesure du développement de l’activité économique ou un retour vers le chômage ?
En outre, cette mise au chômage ne convient ni à lui ni à moi. Je ne sais en effet comment je vais caser dans mon emploi du temps déjà fort chargé (12 heures de travail par jour, 6 jours sur 7, ce qui est un rythme normal pour un jeune entrepreneur installé depuis novembre 2003), les 86 heures qu’il effectuait pour moi. Votre volonté de ne signer qu’un CDI temps plein, à l’exclusion de toute autre solution, désorganise donc mon entreprise et va m’entraîner des coûts supplémentaires lors de mes déplacements professionnels.
Attendons d'avoir les réponses.
Le testament
Par Stéphane Cosson le 1 mai 2006
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Après avoir vu rapidement comment se déroulait les unions, passons quelques années et voyons comment se prépare la mort.
Pour cela, un seul document : le testament, riche d'enseignements sur les pratiques de l'époque.
Mais un petit rappel tout d'abord ...
En 1980, Pierre Lamaison a pu constater que les pratiques en matière de transmission de patrimoine, malgré l'apparition du Code Civil (censé égaliser les pratiques), étaient restées à peu près identiques à celles de l'Ancien Régime. Les pays inégalitaires sont restés inégalitaires malgré deux siècles de Code Civil.
Que se passe-t-il donc sous l'Ancien Régime où la pratique testamentaire n'est pas négligeable ?
Tou d'abord, le testament indique el lieu où il est passé et l'état physique dans lequel se trouve le testateur. Viennent ensuite un certain nombre de legs pieux. Le testateur assure son devenir dans l'autre monde en disant le lieu de sépulture, le nombre et la fréquence des messes à dire pour cela.
Se déroule ensuite la liste des habitants de la maison ou des parents nommément désignés à qui le testateur veut faire un don : enfants, conjoint, filleuls, serviteurs ou autres. Le dernier de cette liste est l'héritier universel et général. Aucun parent ne doit être oublié et, pour qu'aucun ne se sente lésé, tous ceux dont le testateur a oublié le nom mais qui se réclameront de sa parenté auront un legs de 5 sous. N'oublions personne et en devenons pas le sujet de disputes futures !
S'il n'est pas possible d'oublier un parent, il n'est pas interdit de lui signifier tout le déplaisir qu'il nous a causé. Un exemple ? Françoise Cluzel, épouse de Guillaume Canivenq, habitant La girardié paroisse de Trébas (Tarn). Mariée en décembre 1630, elle teste une première fois le 15 septembre 1632. Parce qu'il l'a mise à la porte de sa maison après l'avoir battue chaque nuit depuis huit mois, parce qu'elle a dû à chaque fois se réfugier chez son père, elle ne lègue pour cette raison que 5 sous à son mari après son décès. Si elle fait par la suite d'autres testaments, cette clause ne sera par contre jamais cassée.
