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Créer la confiance

Par Stéphane Cosson le 30 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Une fois la relation établie avec le client, une fois qu'il a accepté le devis, le plus important à mes yeux est de maintenir la confiance afin de pouvoir prolonger la relation... Et les recherches.

Comment faire ? Ce n'est pas forcément une tâche facile... Sauf si on s'intéresse d'abord et avant tout au client. C'est en tout cas la solution pour laquelle j'ai toujours opté.

Il y a plusieurs manières de créer la confiance et de prolonger la relation. On peut faire au client de petits cadeaux, du type une recherche courte gratuite ou à bas prix. Lui proposer aussi de lui faire de nouvelles recherches, toujours aux mêmes conditions, si son budget le lui permet.

On peut aussi s'intéresser à lui. Il m'est arrivé ainsi à plusieurs reprises de reprendre contact avec un client, en lui disant que j'avais trouvé un acte concernant sa famille dans un endroit où il n'aurait pas forcément cherché. Cela l'intéresse-t-il ? Souvent, j'ai constaté qu'il me passe alors la commande en me remerciant.

On peut enfin rédiger pour lui. Là encore, je l'ai fait à plusieurs reprises en n'omettant pas d'abord de demander l'accord au client, de lui préciser dans quel cadre je le fais et pour quelles raisons j'ai choisi ses ancêtres plutôt que ceux d'un autre, ensuite en lui envoyant le texte. Je parle de ses ancêtres, il est rare que cela ne l'intéresse pas. C'est un peu de son histoire que je raconte. Mais en même temps, je crois qu'il en ressort une certaine fierté : ses ancêtres ont été choisis. Cen 'est pas n'importe quoi. C'est flatteur. Il arrive alors qu'il me commande à nouveau.

Enfin, en fonction des renseignements personnels qu'il m'a donné par le biais de ses courriers, comme par exemple il me répond avec du retard parce qu'il a été malade ou fatigué, je n'oublie pas d'envoyer un petit mot dans lequel je m'inquiète de sa santé et lui souhaite un prompt rétablissement en glissant un mot sur une opportunité, s'il veut en profiter.

Oui, je sais, tout cela est bassement matérialiste, très commercial. Mais je suis un professionnel et je ne l'oublie jamais.  Je crois qu'à chaque fois nous sommes gagnants tous les deux.


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La relation client

Par Stéphane Cosson le 28 juin 2006 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Souvent, on me pose la question : Généalogiste, c'est un métier ? Ah, bon ! Vous êtes sûr ? Mais comment vous faites pour trouver des clients ?

Il serait peut-être temps d'y répondre. Pourquoi va-t-on vers un  professionnel ? Que peut-il apporter de différent des associations ou d'Internet ?

Tout d'abord, on va vers un professionnel souvent pour trois raisons :

  • la personne est éloignée de ses sources ou est bloquée vis-à-vis d'elles.
  • La personne n'arrive plus à lire.
  • La personne n'a pas envie de chercher par elle-même pour diverses raisons.

Que peut-il apporter de différent ? D'abord, ses compétences. Un professionnel, c'est quelqu'un qui s'est formé même s'il n'existe pas de formation de généalogiste. Il est allé vers le droit, l'ethnologie, l'histoire. Je crois qu'il serait un bon exemple dans le cadre de la VAE (Validation des Acquis de l'Expérience).

Un professionnel, c'est quelqu'un qui connaît son ou ses dépôts d'archives, ceux qu'il pratique quotidiennement. Il sait comment ils fonctionnent, comment chercher l'information. Personnellement, il m'est déjà arrivé que le personnel des Archives du Tarn ne sache pas répondre à une question posée par un lecteur et vienne me voir au cas où je saurais où trouver la réponse. Cela ni Internet, ni les associations ne peuvent le faire.

Un professionnel, c'est quelqu'un qui, de ce fait, va vers des sources que les amateurs ne pratiquent pas ou peu : le cadastre, le contrôle des actes, les registres militaires, les archives religieuses, la justice.

Il connaît aussi la mentalité des ancêtres. Souvent, un parrainage peut l'amener vers un lieu auquel n'aurait pas penser l'amateur. Parfois même ce n'est qu'un mot ou une absence d'information. Dans le Midi, par exemple, si au XVIIe siècle, les parents du fiancé ne sont pas mentionnés, c'est bien souvent qu'il est veuf et que ceux-ci sont morts (donc il est inutile de gâcher de la place et du papier pour eux).

Tout cela fait que cela peut déclencher l'envie d'aller vers le professionnel. Internet ne peut recracher que l'information qui lui a été préalablement transmise. Internet n'est pas encore intelligent, ne sait pas raisonner. Les amateurs, sans vouloir les dénigrer, n'ont pas forcément les réflexes du professionnel qui lui est tous les jours sur la tâche.

Mais, même si le travail est différent tous les jours, il peut aussi être fastidieux et routinier parfois. Au professionnel de savoir l'inventer tous les jours pour donner l'envie d'aller vers lui.


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Choisir son secteur géographique

Par Stéphane Cosson le 27 juin 2006 | Commentaires (10) Commentaires | Permalink

Mes différents dialogues avec un futur coach m'ont fait comprendre une chose. Notamment dans le cadre de son étude de marché. Ce qui me paraît important,c'est de bien choisir son secteur géographique.

Actuellement, il me semble que c'est un peu la jungle entre les personnes installées.  Mëme si des secteurs géographiques ont été choisis, les frontières sont un peu floues. Et pourtant ...

Dans sa publicité, chaque généalogiste se présente sous un secteur géographique. Il me semble qu'ainsi cela peut rassurer le client : "Mes ancêtres sont là, il y a un professionnel spécialiste du secteur, pourquoi ne pas lui confier mes recherches ?". Le message me paraît alors clair.

Sauf que si le généalogiste part faire des recherches ailleurs que là où il fait de la publicité, il me semble qu'il rend flou son message publicitaire. "Il dit qu'il est spécialiste de ce secteur et il part faire des recherches sur un endroit pour lequel il ne dit rien. Est-il vraiment spécialiste ? N'est-ce pas de la publicité mensongère ? Peut-on lui faire confiance ?" Personnellement, je trouve cela dommage. Ou alors il vaut mieux ne rien dire. Ainsi le client potentiel peut penser que le généalogiste est spécialiste sur la France entière.

En même temps, il me semble qu'il rend flou aussi les messages que sa chambre peut faire passer pour lui. Et cela me paraît plus dangereux à terme. La masse des généalogistes appartenant à la même chambre peût être assimilé à ce flou. Je suis peut-être pessimiste pour une fois mais cela me semble très dangereux. Comme si, d'une certaine manière, le professionnalisme était biaisé.

Personnellement, depuis six ans que j'exerce, volontairement, alors que des clients potentiels me proposaient d'aller ailleurs que sur le secteur géographique sur lequel je me spécialise, j'ai toujuors refusé et je les ai renvoyé vers des collègues.

Je ne sais si je suis parfaitement clair. A vous de me le dire. En tout cas, cela me paraît primordial.


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Les relevés systématiques

Par Stéphane Cosson le 25 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Les cercles de généalogie amateurs effectuent des relevés systématiques. C'est toujours très pratique pour tout le monde. Cela fait gagner du temps.

Toutefois...

Toutefois, mon expérience me fait dire que, parfois, sans le vouloir, l'erreur étant humaine, il peut y avoir no pas des erreurs mais des omissions.

Je m'explique. Sur le Tarn, je suis tombé sur deux communes qui ont une église principale avec beaucoup d'annexes : Puylaurens et Mazamet en l'occurrence. Puylaurens n'a pas été relevé de manière systématique, contrairement à Mazamet. De ce fait, sur Puylaurens, quand je travaille sur les registres paroissiaux, je peux noter avec précision s'il s'agit de l'église principale ou d'une de ses annexes. Mazamet a été relevé et les personnes n'ont pas différencié sur les actes paroisse principale et ses annexes. Il faut dire pour leur gouverne que ce n'est pas forcément évident de les connaître. Mais du coup, cela peut poser des soucis, mineurs toutefois.

De ce fait, c'est un conseil que je donne toujours lors de mes cours d'initiation : notez bien toutes les informations, y compris au niveau des églises ! Cela peut éviter des bévues par la suite et permettre de mieux connaître, même par ce biais, la vie de nos ancêtres, d'imaginer correctement comment ils vivaient.


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Etre présent sur la Toile

Par Stéphane Cosson le 24 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je viens de lancer une recherche sur mon nom dans Google. J'ai été surpris des résultats. J'ai lancé alors la même recherche en tapant lesnoms des généalogistes familiaux membres de ma chambre et membres de la chambre concurrente.

Là encore les résultats ont été surprenants. Cela m'inspire quelques réflexions.

Tout d'abord, être présent sur la Toile me paraît actuellement indispensable.  Je crois qu'il y a plusieurs manières d'y être : par son site professionnel, ses écrits notamment.

Mais en ce qui concerne le site professionnel, je crois qu'il ne faut pas hésiter à tout référencer. Pas seulement pour faire du chiffre dans le référencement, mais pour que les personnes vous retrouvent plus facilement, sachent mieux ce que vous proposez.

Je m'aperçois ainsi que le fait d'avoir référencé ma liste-éclair ressort sur la Toile à chacun des noms sur lesquels j'ai travaillé.

Qu'en est-il de mes collègues ? Si j'élimine ceux qui sont connus médiatiquement, dont le nombre de références explose (mais ils sont peu nombreux) :  dans le cadre de ma chambre, sur 22, 9 ont moins d'une centaine de références sur la Toile ; pour l'autre chambre, sur 13 généalogistes familiaux, ils sont seulement 3 dans ce cas.

Pourtant, cela me paraît personnellement primordial pour que le métier devienne à terme le plus lucratif possible.


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Soigner sa notoriété

Par Stéphane Cosson le 22 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Un dimanche matin, j'ai rencontré deux de mes collègues, un familial et un successoral. A la fin de notre conversation, alors que nous allions nous quitter, j'ai annoncé ma volonté : nous savions tous les trois que la généalogie est un métier émergent. Nous savions tous les trois que le successoral rapporte plus financièrement que le familial. Ma volonté ? Faire en sorte que les deux soient au même niveau. Aucun de mes collègues n'y a cru. Et pourtant, je suis persuadé du contraire.

Pour cela, il me semble qu'il y a un point important : soigner sa notoriété.

En effet, mais je peux me tromper sur toute la ligne, il me semble que, dans notre métier se faire connaître, faire attention à ce que l'on montre peut être important, voire même primordial, y compris dans les moindres détails.

La généalogie est un métier émergent. Avez-vous déjà essayé d'emprunter de l'argent à votre banquier si vous êtes un familial ? Je peux vous le dire, ce n'est pas simple. J'ai vécu l'expérience. Certaines publicités vous disent qu'ils vous donnent leur réponse dans les deux jours. Personnellement, ce fut dans le mois. Et encore en insistant. Entre-temps j'avais trouvé d'autres solutions financières.

Pourquoi ? Parce que la généalogie familiale n'a pas encore fait ses preuves économiquement parlant. Et je ne vous parle même pas du fait d'essayer de contacter un business angel. C'est mission impossible. Vous n'êtes pas suffisamment rentable.

Soigner sa notoriété peut alors être un atout. A mon sens, il vaut mieux rédiger des articles, publier si c'est possible des ouvrages sur le métier, voir son nom être référencé sur le web plutôt que de rester seul dans son coin. Il me semble que, du coup, les banquiers ou les business angels peuvent alors vous regarder d'un autre oeil. Curieusement, vous semblez être plus sérieux, même si votre bénéfice est tout petit par rapport à un CA HT qui est moindre lui aussi.

Personnellement, c'est ce à quoi je m'emploie depuis bientôt trois ans que je suis officiellement installé en tant qu'indépendant. Il en est de même par rapport à la relation clients. La notoriété passe aussi par là : le bouche à oreille. Un exemple : j'ai été très surpris quand une de mes clientes m'a dit que je lu iavais été chaudement recommandé par quatre personnes différentes, ne se connaissant pas, quatre personnes pour lesquelles je n'ai pas forcément travaillé. C'est là que je me suis rendu compte que le bouche à oreille commençait à bien fonctionner.

Le seul souci, c'est de pouvoir chiffrer cela. Pour le moment, à ce sujet, je n'ai pas la solution.


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La déclaration de grossesse

Par Stéphane Cosson le 21 juin 2006 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Depuis un édit de Henri II, les femmes célibataires ou veuves qui se retrouvaient enceintes devaient absolument déclarer leur grossesse, sous peine, si l'enfant décédait peu de temps après la naissance, d'être accusées d'infanticide. La peine était alors la pendaison.

Cette déclaration de grossesse est, me semble-t-il un auxiliaire utile pour mettre de la chair dans la vie de nos ancêtres.

La déclaration de grossesse se trouve en série B, la série de la justice d'Ancien Régime, aux Archives Départementales.

Tout comme la dispense de consanguinité, il s'agit au départ d'une enquête. Est auditionnée en premier lieu la femme enceinte. Si cela lui est possible, elle doit donner le nom de l'homme qui l'a engrossée. Il peut être ainsi interrogé et la justice peut connaître ses intentions à l'égard de cette naissance.

Viennent ensuite les auditions de témoins, du côté de la femme comme du côté de l'homme, afin de confirmer ou d'infirmer leurs dires.

Souvent cela s'arrête là. Il faut alors aller chercher d'autres informations dans d'autres séries. Vérifier si les futurs parents se sont mariés par exemple dnas les registres d'état civil. Sinon, voir comment la mère a déclaré l'enfant naissant.

Une autre information à aller rechercher est le montant de la pension que le père peut verser à la mère pour s'occuper de l'éducation de l'enfant. Cette information se trouve dans les registres des notaires.

Si le père ne veut pas se marier, ne veut pas s'occuper de l'enfant pécuniairement parlant, c'est sa famille alors qui le fait à sa place. Mais cela a un coût. L'homme est souvent obligé alors de partir à l'aventure.

C'est ce qui est arrivé au père d'Honoré de Balzac. Il a mis une jeune fille enceinte, est parti en prison pour refus de mariage, ses parents ont payé la pension à sa place et lui ont montré la porte. Et c'est ainsi qu'Honoré Balssa est devenu Honoré de Balzac.


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Adoption de la loi sur la réforme des successions

Par Stéphane Cosson le 20 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Le 17 mai 2006 le Sénat a adopté la nouvelle loi de réforme des successions. L'Assemblée Nationale a confirmé le vote du Sénat le 13 juin.

Voici le texte de l'article 23 sexies, dit au départ amendement Huyghes.

Article 23 sexies :

Hormis le cas des successions soumises au régime de la vacance ou de la déshérence, nul ne peut se livrer ou prêter son concours à la recherche d'héritier dans une succession ouverte ou dont un actif a été omis du règlement de la succession s'il n'est porteur d'un mandat donné à cette fin. Le mandat peut être donné par toute personne qui a un intérêt direct et légitime à l'identification des héritiers ou au règlement de la succession.

Aucune rémunération, sous quelque forme que ce soit, et aucun remboursement de frais n'est dû aux personnes qui ont entrepris ou se sont prêtées aux opérations susvisées sans avoir été préalablement mandatées à cette fin dans les conditions du premier alinéa.

Quelques commentaires : D'après ce que j'ai pu entendre de la part de mes collègues successoraux, il semblerait que l'article de loi sous cette forme leur convienne parfaitement. De même, la Chancellerie refusant de réglementer la profession de généalogiste, l'article de loi ainsi rédigé lui convient aussi.

Bref, il semblerait qu'un consensus ait enfin été trouvé dans la rubrique "gagnant - gagnant". Et je crois que c'est tant mieux pour tout le monde.


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La dispense pour consanguinité

Par Stéphane Cosson le 18 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Il s'agit d'un document que l'on trouve en série G aux Archives Départementales, plus précisément dans la sous-série concernant l'officialité diocésaine.

Un document tel que celui-ci est toujours très intéressant à dépouiller, même si c'est un peu long. Celui que j'ai sous les yeux fait 27 pages. Mais on y trouve une mine d'informations.

Tout d'abord, on y trouve l'arbre généalogique dessiné montrant très précisément la parenté entre les suppliants. Dans la requête des cousins, ils justifient souvent les raisons du mariage : ils se sont connus charnellement, l'absence de mariage ferait scandale dans la communauté, ils sont pauvres ...

Suivant le degré de parenté prohibé, il faut obtenir un bref papal de dispense. Si c'est le cas, vous pouvez trouver toute l'explication concernant ce bref papal et sa fulmination.

Bien évidemment, comme dans tout acte de justice (ce qui est bien le cas ici car il s'agit de justice ecclésiastique), on auditionne les suppliants et plutôt deux fois qu'une. L'un après l'autre, et pas par les mêmes personnes, pas le même jour, pas au même endroit mais chacun dans sa paroisse s'ils vivent dans des paroisses différentes, ils doivent justifier leur volonté de se marier, comment ils se sont connus de manière très précise.

Auditionner les suppliants c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Ils peuvent s'être entendus au préalable et ressortir le même récit. Il faut donc auditionner des témoins, voisins le plus souvent (pas la famille, elle est trop impliquée), afin de vérifier les dires. Et pour être le plus complet possible, il faut aller chercher des témoins d'un côté comme de l'autre.

Enfin, vient le jugement, l'autorisation. Il y a alors une pénitence à accomplir. Par exemple : les suppliants devront assister à la messe de leurs paroisses les dimanches et fêtes, le temps des fiançailles, à genoux, avec modestie, un cierge allumé à la main. Ils devront se confesser pour obtenir l'absolution suite à l'inceste qu'ils s'apprêtent à commettre. Après le mariage, ils réciteront dans l'église de la paroisse de leur domicile, à genoux, après la messe, le chapelet. De même, chaque soir, avant de se coucher, toujours à genoux, ils réciteront cinq Pater et cinq Ave puis baiseront la terre. Et ce pendant six mois.

La dispense de parenté donne donc une tranche de vie intéressante à aller chercher. Il me semble que cela donne de la vie à l'arbre généalogique, de la chair. Je trouve dommage qu'elle ne soit pas plus exploitée. Allez voir ! Vous ne serez jamais déçus.


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Un changement de patronyme

Par Stéphane Cosson le 16 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Il peut arriver au cours de nos recherches que l'on tombe sur un patronyme dont on ne comprend pas l'origine. Ainsi, lors de mes recherches, je suis tombé sur un prénom féminin servant de nom de famille. Ce nom de famille était celui de la mère d'un enfant naturel né au début du XIXe siècle.

J'ai trouvé une explication plausible à ce propos en faisant des recherches sur une des paroisses de Castres, dans le Tarn.

Je m'explique :

En 1744, sur la paroisse Saint Martial de Camarens, Marguerite Mauriès épouse Pierre, fils naturel de Marguerite Roques et de père inconnu. Actuellement, Pierre porterait le nom de sa mère : Roques. A cette date, il s'appelle simplement Pierre.

Pierre et Marguerite Mauriès ont naturellement des enfants, cinq pour être précis, qui naissent sur la même paroisse sur une période de 12 ans : trois filles et deux garçons. Là encore, leurs enfants ne portent pas le nom de leur grand mère : Roques. Les filles sont appelées "Pierrote" et les garçons "Pierre". Et ce en plus des prénoms qui leur ont été attribué.

De ce fait, je me pose une question. Et si mon prénom féminin servant de nom de famille était du même acabit ? Et si l'ancêtre de l'enfant naturel était lui-même un enfant naturel ? Si le changement de nom, l'attribution du nouveau s'était opéré ainsi ?

Imaginons : Pierre et Marguerite Mauriès ont une fille, prénommée Marie. Dans son acte de baptême, elle s'appelle donc Marie Pierrote et non Marie Roques. Cette Marie est  connue uniquement sous ce nom-là. Si Marie Pierrote a un enfant naturel, né hors mariage, peut-être gardera-t-il comme patronyme le nom de sa mère : Pierrote. Peut-être sera-t-il appelé Mariette, c'est-à-dire fils de Marie. Comment le savoir avec certitude ? A mon avis c'est impossible.

Par contre, si on se trouve dans la situation que j'ai décrite au début (un prénom fémini servant de nom de famille), penser l'inverse n'est peut-être pas si idiot.

La généalogie est bien souvent une série de questions difficiles à résoudre. Il faut toujours se mettre dans la peau de nos ancêtres, essayer d'imaginer au mieux comment eux réagiraient et faire un choix raisonné. Pas si simple.


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L'acte de notoriété

Par Stéphane Cosson le 15 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Un acte de notoriété est un acte qui remplace un acte d'état civil. Dans tous les cas que j'ai trouvé, l'acte remplacé était un acte de naissance qui avait été omis.

Ces actes se trouvent d'abord dans la série 4 U aux Archives Départementales : la série des justices de paix.

L'acte de notoriété est rédigé non pas à la date de l'acte qu'il remplace mais à la date où la personne a besoin de l'acte manquant.

Cela peut être notamment au moment d'un mariage. Un exemple ?

Prenons le cas de Jacques Capelle, fiancé avec Anne Champagnol. Nous sommes en 1831, dans le Tarn. Les bans sont en cours de publication. Pour pouvoir se marier, Jacques a besoin de présenter son acte de naissance. Il se déplace alors à la commune où il est né pour avoir son extrait de naissance. Mais, d'après les recherches les plus exactes faites dans les registres d'état civil, sa naissance n'y apparaît pas.

Le maire lui délivre un certificat de manquement et lui conseille d'aller au greffe du tribunal où se trouvent les doubles. Ce que fait Jacques.  Là encore, pas de naissance déclarée. D'où l'acte de notoriété obligatoire.

Jacques Capelle se présente alors devant le juge de paix de son canton accompagné de sept témoins. Chacun des témoins prête serment et déclare qu'il connaît bien le requérant, certifiant sa date de naissance.

Souvent, la date ne donne que le mois et l'année. C'est rare que le jour exact y figure. Par contre, ce qui est intéressant, c'est quand ces actes de notoriété concernent des enfants nés de parents inconnus. Une filiation peut être alors mentionnée en filigrane.

C'est le cas pour Jacques Capelle. Il est déclaré comme né de parents inconnus dans la maison du sieur Capelle. Il se marie en 1831 sous le seul prénom de Jacques. L'année suivante, quand naît sa fille aînée, elle n'est pas fille de Jacques NN mais de Jacques Capelle. Il est possible alors de supposer que le sieur Capelle chez qui il est né est son père biologique, très marié au moment de sa naissance et qui l'a eu d'une servante restée anonyme. Surtout quand ce sieur Capelle se prénomme aussi Jacques.

J'ai eu plusieurs cas ainsi. C'est ce que j'ai appellé les reconnaissances en filigrane. Mais nous pourrons y revenir une autre fois.


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Comment embaucher un salarié (8e partie) ?

Par Stéphane Cosson le 14 juin 2006 | Commentaires (36) Commentaires | Permalink

Ce matin, j'ai rencontré le directeur de la Boutique de Gestion. Je lui ai raconté mes déboires avec l'ANPE. Ce qui l'a fait bondir.

Reste maintenant à trouver la solution à mon problème. Et visiblement, cela ne va pas être une sinécure.

En effet, selon lui, je ne dégage pas suffisamment de chiffre d'affaires pour me permettre d'embaucher dans le cadre du salariat classique, sans aide de l'Etat. Le faire, comme me l'exigeait l'ANPE, serait le meilleur moyen de me mettre en faillite.

Il faut donc trouver d'autres solutions. Il n'en voit que deux :

  • Mon ancien salarié s'immatricule en tant que travailleur non salarié et je lui sous-traite mon surplus de travail.
  • Nous nous associons dans le cadre d'une société. Oui, certes... mais laquelle ? Comment valoriser mes six années d'expérience en tant qu'indépendant ayant monté ma propre affaire ? Quel est le prix de mon entreprise individuelle ?

Bref, j'en suis ressorti avec plus de questions que de réponses. Deux certitudes toutefois. Ou plutôt deux questions auxquelles il va falloir vite répondre. Mon ancien salarié est-il prêt moralement pour l'aventure du travailleur indépendant ? En a-t-il la mentalité ?

Il va falloir ensuite, si la réponse à ces questions est positive, prendre rendez-vous avec l'expert-comptable pour monter le dossier sans crainte de se tromper à tous les niveaux car ce n'est pas une mince affaire.

Comme me le disait le directeur de la Boutique de Gestion, le refus de l'ANPE de renouveler la convention CIE me pose un véritable problème.

Il existe bien sûr une autre solution, celle que je suis en train d'appliquer pour le moment. J'utilise le "love work", c'est-à-dire une personne de ma famille à la retraite donc qui a suffisamment de temps libre pour venir m'aider bénévolement, que je forme à la recherche généalogique.  Ce qui m'économise des charges et me permet d'avancer plus vite dans mes dossiers. D'autres de mes collègues l'appliquent d'après ce que j'en sais de source sûre.


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La solitude de l'entrepreneur

Par Stéphane Cosson le 13 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Un généalogiste est aussi un entrepreneur. Travailler seul n'est pas forcément tous les jours facile. Avoir la "niaque" à tous les moments non plus. S'il n'y avait que la recherche pure, ce serait beaucoup plus facile. Mais il y a aussi les clients pour qui le généalogiste travaille.

Et, comme tous les entrepreneurs, le généalogiste doit savoir gérer sa relation aux clients.

Un entrepreneur qui vend un produit physique, fabriqué, à mon avis peut gérer la relation aux clients plus facilement qu'un "fabricant de prestations intellectuelles". En effet, si le produit est défectueux, il peut le remplacer par un autre identique.

Ce n'est jamais le cas pour un généalogiste. Une prestation intellectuelle ne se remplace pas. Si le client est mécontent, cela arrive parfois, il faut alors s'armer d'une bonne dose de pédagogie.

Personnellement, c'est ce que je fais quand j'ai des récriminations. La perfection n'étant pas de ce monde, les coups de pompe existent. Comme tout humain, je peux être moins performant pour diverses raisons. Dans ces cas, je prends ma plus belle plume et j'explique, j'explique et j'explique encore. Souvent cela suffit à rétablir la situation et à gérer le conflit sans trop de casse.

Mais le pire, c'est quand plusieurs clients récriminent en même temps. Là, comme tout prestataire de services fournissant un travail intellectuel, le découragement peut survenir. Avoir l'envie de tout lâcher pour ne plus être ennuyé. Personnellement, j'opte pour une autre solution. Je respire profondément et, pendant quelques jours, je laisse tomber volontairement toutes les commandes en m'occupant de la mise à jour de ma base de données. C'est une des choses qui arrivent à me ressourcer.

C'est en tout cas un fait qu'il faut savoir gérer. La gestion de crise, quand on travaille en solitaire, ce n'est pas forcément le plus simple. On ne peut pas se décharger de sa faute sur quelqu'un d'autre. On est obligé d'assumer toutes les responsabilités. Et il faut en avoir toutes les capacités. Avant de s'installer à son compte, il faut savoir où on peut retrouver de la ressource.


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L'intégration au village

Par Stéphane Cosson le 12 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Avez-vous remarqué comment une nouvelle famille s'intégre dans un village ? C'est parfois très intéressant. Cela peut être aussi riche d'enseignements.

Voyons comment par le biais d'un exemple réel.

Prenons le cas de Jean Bancal. Originaire du côté de Decazeville, dans l'Aveyron, diocèse de Rodez, il est prêtre et nommé curé à côté de Sainte Foy d'Aigrefeuille, dans la Haute-Garonne, diocèse de Toulouse. Pas vraiment son secteur. Il essaie de se rapprocher de sa famille. Il est nommé alors à Guitalens, dans le Tarn, diocèse de Lavaur, quelques années plus tard. Mais il n'y reste pas et va dans une autre paroisse, toujours dans le même diocèse, à Saint Barthélémy de Montpella.

Là, il y reste, et commence à bien connaître ses ouailles, leurs niveaux de fortune. Jean Bancal est d'une famille de marchands. Il a repéré une vieille famille de marchands dans sa paroisse qui a des filles à marier. Il fait venir son neveu de son village d'origine : Antoine. Jean Bancal rapproche son neveu de cette famille, propose d'abord une association très mercantile, afin que son neveu fasse ses preuves auprès de son futur beau-père. Puis le moment venu, le mariage est conclu. Antoine n'était plus vraiment un étranger. Première alliance dans la paroisse de Montpella.

Antoine Bancal habite donc Saint Barthélémy de Montpella. Mais son mariage est sans postérité. Il lui faut pourtant un héritier pour que ses affaires ne périclitent pas. Un de ses beaux-frères décède, laissant des filles en bas-âge dont Antoine Bancal est nommé tuteur. Et si la solution était là ? Antoine fait venir un de ses neveux : Astorg, qui habite toujours son village d'origine. Il le forme au métier de marchand et dès qu'une des nièces de sa femme est suffisamment grandette, il lui fait épouser son neveu à lui. Deuxième alliance dans la paroisse de Montpella.

La femme d'Astorg décède en couches. De leur union, il ne reste qu'un garçon en vie. Astog Bancal a accru la fortune familiale. Il a fait des achats de terre, a deux grandes propriétés auxquelles il a donné son nom. Il peut rechercher une alliance un peu plus riche et va chercher la fille d'un petit nobliau en manque de fortune. Troisième alliance dans la paroisse de Montpella.

Il en sera de même pour ses descendants. La famille, de ce fait, n'est plus qualifiée d'étrangère. Ses origines ont été oubliées. Ils ont été intégré par le jeu des alliances.

On le voit, ces différents mariages permettent d'ancrer une lignée nouvellement installée dans le réseau nuptial du village. Un autre avantage consiste à faciliter l'entraide en cas de difficulté majeure. Enfin, c'est aussi une manière de se protéger en cas d'attaques de lointains cousins (dans nos sociétés occidentales, l'attaque est plus souvent juridique que véritablement physique). Les alliés servent alors de boucliers de défense.

Il s'agit de stratégies d'intégration. Elles permettent de gommer les différences, l'origine étrangère et ouvrent plus rapidement les alliances. Cela se rapproche de ce que certains ethnologues ont appelé la maison-pivot. Une lignée plus fortunée que les autres accueille chez elle des cousins pauvres comme domestiques. Ils lient ainsi mieux connaissance et la branche riche envisage de les caser avec des cadets ou des héritiers d'oustal de même niveau de vie qu'elle. Le salaire versé se transforme alors en dot potentielle. La branche riche sait qu'ainsi elle fidélise ses cousins pauvres puisqu'elle les marie avec des familles que leur niveau de vie initial rendaient inaccessibles. Elle sait aussi qu'ainsi elle pourra compter sur une aide quasi-aveugle de ceux-ci en cas de problème économique dans l'avenir.


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Les détournements de la loi

Par Stéphane Cosson le 10 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Nous l'avons vu, la loi religieuse sur les interdits est assez contraignante. De ce fait, les personnes ont essayé de la détourner. Souvent, ils y sont arrivés relativement assez bien.

Ils l'ont fait de plusieurs manières. L'explication peut parfois en être un peu compliquée. Je vais essayer de vous la rendre la plus pésagogique possible.

1 - Le mariage avec un allié d'allié :

La personne, quelle que soit son sexe, va chercher un conjoint dans un lignage allié à celui de son père. le but : avoir des cousins communs sans être soi-même cousin. La famille est proche, connue, recommandable, apparentée mais par par le sang. L'idéal !

2 - Le mariage avec un cognat d'un demi-germain :

Que de mots qui peuvent paraître barbares. Quelques définitions. Le cognat est un parent consanguin, c'est-à-dire quelqu'un avec qui la personne possède un ascendant commun, éloigné ou pas. Le demi-germain, c'est le demi-frère ou la demi-soeur.

Un exemple ? Une femme s'est mariée deux fois. Du premier lit, elle a eu une fille et du deuxième lit un fils. Ce dernier épouse une cousine paternelle de sa demi-soeur (donc pas cousine avec lui puisqu'ils ont la même mère !). Là encore, la famille est proche, connue, recommandable et apparentée.

3 - Le mariage avec un parent cognatique du conjoint d'un parent utérin :

Deux familles en présence : A et B. A possède une fille et un fils. B a deux fils : l'un d'eux est marié et a engendré une fille. En premier lieu, la fille A s'unit au fils B célibataire. Puis quelques années plus tard, le fils A épouse la nièce de son beau-frère B.

Dans ce cadre, nous trouvons l'union remarquable. Elle unit une soeur et un frère de parents A avec un frère eet une soeur de parents B. Cette union a plusieurs avantages : chacun perd une fille et gagne une belle-fille. Les dots des filles sont volontairement rigoureusement identiques. De ce fait, elles ne sont pas versées. Il en est de même pour les dots des garçons. Bref, de ce côté là, le mariage ne coûte rien.

Troisième cas de figure : les bouclages dans l'affinité. Mais si, vous l'avez déjà rencontré ! Le même jour, les parents veufs et leurs enfants fiancés s'épousent. Là encore, pas d'éparpillement des biens.

Vous avez déjà dû rencontrer tous ces cas de figure. Il pouvait être pour vous d'y mettre un nom dessus, vous ne croyez pas ?


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Les mariages nécessitant dispense : le droit civil face au mariage

Par Stéphane Cosson le 8 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Nous avons vu quel pouvait être la position de l'Eglise. De même, le droit civil ne permet pas tout. Il se base sur les mêmes principes pour interdire : la moralité et le biologique.

C'est par contre un peu plus compliqué qu'en droit canon. Voyons cela.

1 - La parenté et l'alliance légitimes :

En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les degrés. Il est impossible de s"unir avec ses géniteurs, ses enfants et ses grands-parents.

En ligne collatérale, le mariage entre germains, oncle et nièce, tante et neveu est aussi prohibé.

L'alliance en ligne directe porduit le même empêchement que la parenté. En ligne collatérale, un beau-frère et une belle-soeur ne pouvaient en théorie convoler ensemble. La loi du 1er juillet 1914 supprima cette interdiction, sauf en cas de divorce. La loi du 11 juillet 1975 mit fin à cette exception.

2 - La parenté et l'alliance naturelles :

La parenté naturelle, depuis la loi du 3 janvier 1972, est assimilée totalement avec la parenté légitime alors qu'auparavant il n'existait aucun lien juridique entre l'enfant naturel et la famille de ses père et mère. Du fait de cette loi, les empêchements sont identiques.

Pour ce qui est de l'alliance naturelle, toute union entre ascendants ou descendants illégitimes d'un individu et son ex-conjoint est illégale.

3 - La parenté et l'alliance adoptives :

Deux cas de figure se présentent. L'un concerne l'adoption plénière et l'autre l'adoption simple. Il est peut-être bon de rappeler ce qui fait la différence entre elles.

L'adoption plénière ne concerne que des mineurs âgés de moins de 15 ans. Elle imite la filiation légitime par le sang. Entre autres effets, l'enfant adopté prend le nom de l'adoptant et il n'existe plus aucun lien entre sa famille d'origine et lui. Conséquemment, la parenté et l'alliance adoptives présentent les mêmes interdictions que lap arenté et l'alliance légitimes.

L'adoption simple ne crée pas cette rupture entre l'adopté et sa famille d'origine. Si un lien de parenté apparaît entre lui et son adoptant, ce n'est pas le cas avec la famille de l'adoptant. De même, l'adopté simple conserve son nom auquel il peut rajouter celui de l'adoptant. L'adoption peut être révocable.

Pour des raisons morales, l'article 366 de la loi du 11 juillet 2966 stipule que les unions suivantes sont impossibles :

  • entre l'adoptant, l'adopté et ses descendants.
  • entre les enfants adoptifs d'un même individu.
  • entre l'adopté et les enfants de l'adoptant.
  • entre l'adopté et le conjoint de l'adoptant.
  • entre l'adoptant et le conjoint de l'adopté.

4 - Les cas de dispense :

Une dispense peut être obtenue pour motif grave (exemple : un enfant à naître) auprès du Président de la République.

Là encore, la loi prévoit des cas bien précis. La dispense est autorisée pour un oncle et sa nièce, une tante et son neveu, des alliés en ligne directe quand la personne qui a créé l'alliance est défunte, les enfants adoptifs d'un même individu, l'adopté et les enfants de son adoptant.

Mais la loi n'a malheureusement pas prévu tous les cas possibles. De ce fait, les implicites peuvent être résolus différemment par la jurisprudence.


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Les mariages nécessitant dispense : la position de l'Eglise

Par Stéphane Cosson le 7 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Souvent, dans ses recherches, un généalogiste trouve au moins un mariage entre parents, un mariage avec dispense.

S'il arrive à trouver le texte en latin de l'évêque, à côté de l'acte de mariage dans les registres paroissiaux, il est souvent content, même s'il ne lit pas forcément le latin, car c'est un document intéressant qui peut bien illustrer une généalogie.

Si en plus, il peut avoir l'acte de dispense, l'enquête épiscopale, alors là, cela peut être le summum : avec l'enquête, il y a toujours en effet LE tableau généalogique donnant la parenté, avec des dates et des lieux précis. Cette enquête se trouve dans la série G aux Archives Départementales, dans les archives de l'officialité diocésaine.

Mais il peut être aussi intéressant de comprendre ce qui se cache derrière ces interdictions. Voyons tout d'abord la position de l'Eglise.

1 - Les empêchements de mariage :

Plusieurs canons s'occupent de cette question.

Le canon 1058 stipule que tous ceux qui n'en sont pas empêchés par le droit peuvent contracter mariage. Les empêchements peuvent être de plusieurs sortes : état de vie exclusif du mariage comme la vie religieuse, interdiction fondée sur un motif très grave touchant le bien commun ou privé.

Selon le canon 1075, seule l'autorité souveraine de l'Eglise a pleins pouvoirs en la matière. La dispense est une solution pour résoudre la difficulté. Mais selon l'Eglise la dispense est une facilité facultative. La dispense est définie comme un relâchement de la loi ecclésiastique. Il est nécessaire qu'il existe une cause juste, compte tenu des circonstances, du cas et de l'importance de la loi.

C'est aux fidèles à signaler les cas d'empêchements dirimants (annulant ou faisant obstacle au mariage) et c'est la raison pour laquelle les bans sont publiés. Il existe douze cas d'empêchements dirimants. Le généalogiste s'intéresse principalement à deux.

2 - La consanguinité :

Elle a varié au cours des siècles. A partir de 1215 et du Concile de Latran, il est interdit de se marier si les grands-parents des fiancés sont cousins germains.

En 1917, cette interdiction pour ce degré précis est levée. En 1983, le droit canon décide de compter les degrés de parenté de la même manière que le droit civil.

Et désormais, le canon 1091 stipule que le mariage est interdit entre tous les ascendants et descendants, naturels ou légitimes, et entre cousins germains en ligne collatérale.

3 - L'affinité :

L'affinité peut se définir comme la parenté par alliance. Les affins sont les parents des conjoints et les conjoints des parents, uniquement en ligne directe. Jusqu'en 1917, l'affinité pouvait aussi provenir de relations illégitimes.

L'affinité en tant qu'interdiction a été légalisée dès 306, au Concile d'Elvira. Pourquoi cette interdiction ? Parce que, selon l'Eglise, les époux ne forment plus qu'une seule chair après le mariage ou l'union (dans le cas de relations illégitimes). Cet interdit doit alors se comprendre comme un nouvel interdit de consanguinité.


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A la recherche des surnoms

Par Stéphane Cosson le 6 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Le surnom peut être défini comme un mot ajouté au patronyme d'un individu pour le différencier de ses homonymes. Sa fonction primordiale est donc l'identification.

Son choix révèle une connivence culturelle, des comportements sociaux. Il permet de reconnaître celui qui appartient à la même communauté, de distinguer l'étranger.Le groupe choisit le surnom et sa désignation n'est jamais le fruit du hasard. Ainsi, il signifie l'acceptation dans le groupe.

Quels surnoms un généalogiste peut-il rencontrer ?

Tout d'abord, ce peut être le prénom du père, ou d'un ancêtre marquant, qui n'étant pas courant se fixe : Antoine dit Samuel par exemple. Ce prénom peut permettre aussi de différencier deux branches d'une même famille : Bouteille dit Louis et Bouteille dit Jacques, Louis et Jacques étant deux frères ayant donné chacun une branche.

Le surnom peut être en rapport avec une fonction exercée : Hérail dit Cossoul (consul), Soulages dit Diagou (le jeune valet en occitan).

Il peut mettre en évidence une particularité, physique ou morale : Montaut dit Chicane, Assié dit Redoundo (le potelé).

Il peut enfin rappeler une alliance avec un autre oustal, que celle-ci soit récente ou pas. Le surnom peut même provenir d'un remariage d'un veuf ou d'une veuve avec quelqu'un appartenant à un oustal plus riche que la première alliance. Je m'explique : J'ai trouvé sur la commune de Cadix, dans le Tarn, à la fin du XVIIIe et tout le XIXe siècle le cas d'une famille qui s'appelait Lacroux dit Coutouly. Pas d'alliance entre un Lacroux et une Coutouly. Par contre, en 1711, je trouve le remariage de la veuve de Pierre Lacroux avec Barthélémy Coutouly. Le deuxième époux étant d'un oustal plus riche que le premier, son nom est resté comme surnom pour les enfants du premier lit.

Où trouver ces surnoms ? Dans les registres paroissiaux et d'état civil bien sûr, mais pas seulement. Les actes notariés sont aussi une bonne source, de même que le cadastre. La recherche du surnom s'avère toujours compliquée mais, personnellement, je la trouve toujours intéressante et riche d'enseignement.


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Les commandes des clients

Par Stéphane Cosson le 5 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je vous ai déjà parlé des profils de la clientèle d'un généalogiste professionnel. Toujours en me servant du tableau que j'avais concocté à cette occasion, je me suis interrogé sur le montant moyen des commandes, moyenne effectuée sur mes six ans de CA HT.

Voici les résultats que cela donne.

Pour les hommes :

  • 34% ont passé une commande inférieure à une demi-journée de travail. La plupart du temps, il s'agit en fait de conseils qui ont été facturés.
  • 8% ont passé une commande égale à une demi-journée de travail.
  • 6% ont passé une commande dont le montant est compris entre une demi-journée et une journée de travail.
  • 13% ont passé une commande égale à une journée de travail.
  • 39% ont passé une commande supérieure à une journée de travail.

Pour les femmes, les résultats sont les suivants :

  • 25% ont passé une commande inférieure à une demi-journée de travail. Là encore, il s'agit de conseils qui ont été facturés.
  • 10% ont passé une commande égale à une demi-journée de travail.
  • 8% ont passé une commande dont le montant est compris entre une demi-journée et une journée de travail.
  • 15% ont passé une commande égale à une journée de travail.
  • 43% ont passé une commande supérieure à une journée de travail.

Je ne sais ce que vous en pensez, mais personnellement cela éclaire d'un jour nouveau le temps nécessaire pour pouvoir en vivre. J'ai souvent écrit qu'il fallait 4 ans pour pouvoir en vivre. Un de mes collègues donne le même temps pour obtenir un volant de clientèle suffisant. Quand on regarde le montant des commandes, on comprend tout de suite pourquoi. 60% des hommes comme des femmes (en arrondissant les pourcentages) commandent moins d'une journée de travail. Si le volant d'affaires n'est pas suffisant, l'entreprise ne peut que connaître des difficultés financières.

Pour calculer ces pourcentages, volontairement j'ai confondu la facturation à l'heure et la facturation à l'acte. En effet, dans un cas comme dans l'autre, cela ne change pas grand chose au calcul.


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Comment embaucher un salarié (7e partie) ?

Par Stéphane Cosson le 3 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je viens de recevoir la réponse de la Préfecture du Tarn par rapport à ma demande de renouvellement de Contrat Initiative Emploi (Ah, à ce propos, si cela vous intéresse, l'éditeur de Capital a bien voulu consacrer dans son courrier des lecteurs  quelques lignes de l'e-mail que je lui avais envoyé).

Cela ne va pas me faciliter la tâche. Il va falloir que là aussi je sois créatif. Reste à savoir comment.

La réponse de la Préfecture du Tarn est donc la suivante :

Etant donné que l'enveloppe annuelle affectée en 2006 aux CIE était déjà consommée à 75% au 15 mai 2006, le Service Public de l'Emploi a décidé de ne plus accorder de prolongation et de limiter la durée des nouveaux CIE à sept mois.

Il n'est donc pas possible d'apporter une réponse favorable à votre requête.

Il va donc falloir trouver d'autres solutions, qui ne soient pas trop onéreuses pour moi en tant qu'employeur. La moins onéreuse serait de ne pas embaucher. Mais comment alors dégager du temps pour mettre en place les projets qui pourraient me rapporter financièrement ?

C'est peut-être la décision la plus difficile que j'ai à prendre actuellement en tant qu'entrepreneur. Je sens que quelques nuits vont être très courtes. Il va vraiment falloir tout étudier, tout mettre à plat, tout chiffrer. Réaliser une étude de marché comparative : rentabilité avec embauche, rentabilité sans embauche.

Le genre de décision vraiment difficile, angoissante même. Mais il va me falloir m'y atteler. Je n'ai pas d'autre choix. Il va me falloir solliciter mes partenaires pour cela.


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Parcours d'un généalogiste

Par Stéphane Cosson le 2 juin 2006 | Commentaires (12) Commentaires | Permalink

Cela fait plusieurs fois que je reçois des demandes de personnes qui veulent s'installer comme généalogiste.

J'ai pensé qu'il serait intéressant pour eux que je décrive dans une note le parcours que j'ai suivi. Ce n'est pas pour me mettre en valeur, mais simplement pour qu'ils aient une meilleure approche à partir d'un exemple, forcément subjectif, d'un généalogiste déjà installé.

Au départ, j'ai mené des études dans différentes directions : Gestion des entreprises pendant 4 ans, Techniques d'archives et de documentation, pendant 3 ans en commençant par une licence et  avec un bac + 5 in fine, Histoire (Bac + 4 directement en me servant des passerelles), Ethnologie de la famille (Bac + 5 toujours en me servant de passerelles entre les différentes matières) puis finalement un DESS en sociologie appliquée au développement local.

Je fais des recherches en généalogie depuis l'âge de 13 ans. J'ai commencé par celle des dieux grecs, avant de me lancer dans celle des rois de France, histoire dans les deux cas d'apprendre à rechercher une information, avant de me lancer à l'âge de 18 ans dans la mienne.

Mes recherches m'ont amené à m'inscrire dans deux cercles de généalogie amateur et à écrire des articles pour leurs revues.

Après trois années de salariat dans le domaine de l'insertion des personnes en difficulté, je me suis retrouvé au chômage. C'est à ce moment-là que j'ai choisi de me mettre à mon compte. Je m'étais aperçu en effet que le salariat n'était pas ma tasse de thé. J'étais un salarié malheureux de devoir subir la hiérarchie.

Me mettre à mon compte, OK mais comment ? Je savais que je n'étais pas à l'époque un commercial. Je ne savais pas me vendre. J'ai donc choisi l'option "coopérative d'activité" pendant 3 ans, histoire d'apprendre ces compétences qui me manquaient. J'étais entrepreneur, je menais toutes les démarches de l'entrepreneur mais j'étais aussi un salarié en fonction du CA HT que je pouvais dégager. Il s'agissait en fait d'une sécurité au cas où mon projet n'aurait pas été viable. Cela a été vraiment une période d'apprentissage, avec formations diverses et variées non diplomantes bien sûr mais importantes.

Au bout de ces trois ans, mon tuteur et l'équipe l'entourant a estimé que j'étais prêt à me lancer tout seul. Même si je connaissais une baisse d'activité au moment où la décision de voler de mes propres ailes a été prise. Mais je ne suis pas parti à l'aventure comme cela, la fleur au fusil.

Je n'avais jamais rédigé sur mon projet. Il me fallait le faire. La Boutique de Gestion du Tarn m'a alors suivi (et le fait toujours de manière de plus en plus lointaine). Rédiger mon projet a été une grande étape. Cela m'a permis de comprendre quels étaient mes atouts commerciaux.

Cela fait maintenant 6 ans que j'exerce ce métier. J'en apprends encore tous les jours. Je commence à avoir un fonds de roulement dans mes clients avec quelques uns qui commencent à revenir me voir. Je me rends compte que c'est parcce que j'ai été accompagné pendant ces 6 ans que j'arrive maintenant à m'en sortir. Cet accompagnement me paraît indispensable.

Bien sûr cet exemple est très subjectif. Il y a encore des difficultés, y compris au niveau financier, notamment quand je veux mettre en place de nouveaux produits. Mais je crois que je suis sur de bons rails.


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Comment embaucher un salarié (6e partie) ?

Par Stéphane Cosson le 1 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Ce temps d'attente, ce temps imposé, me permet de mieux réfléchir à mon travail, à la collaboration que je recherche en fait.

Je pense que, de ce fait, si je peux ré-embaucher comme je le souhaite, ce sera avec des missions différentes. Ce sera avec une autre optique.

Ce temps me permet en effet de réfléchir plus concrètement, de peser le pour et le contre. Les sept mois de CDD de mon salarié m'ont permis de mieux comprendre où j'avais commis des erreurs.

Je crois qu'en fait je recherche non seulement une personne qui soit autonome dans son travail mais aussi qui puisse m'apporter des idées. Je garderais toujours le développement à long terme de mon entreprise mais je crois que pour le court et le moyen terme, ce serait bien si nous étions deux à prendre les décisions. Une sorte d'associé en quelque sorte.

Je ne recherche pas qu'un technicien, c'est pour moi un acquis. Il faut que la personne aille aussi chercher de la clientèle, s'implique dans le développement, ne soit pas passive, en attente.

Qu'il rapporte de la rentablilité en quelque sorte. Je crois qu'il me faudra le noter d'une manière ou d'une autre dans le contrat de travail. Peut-être est-ce la perle rare que je recherche, peut-être pas.

Mais cette expérience de sept mois pendant laquelle j'étais employeur m'a permis de mûrir. Elle m'a transformé. Je ne sais encore comment, en quelle profondeur. Mais j'en suis sûr.

Un généalogiste est aussi un entrepreneur. J'en étais déjà persuadé, mais je viens de me le reprendre en pleine face. Ce temps d'attente n'est pas entièrement inutile tout compte fait. Je trouve cela rassurant.


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