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La dispense pour consanguinité

Par Stéphane Cosson le 18 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Il s'agit d'un document que l'on trouve en série G aux Archives Départementales, plus précisément dans la sous-série concernant l'officialité diocésaine.

Un document tel que celui-ci est toujours très intéressant à dépouiller, même si c'est un peu long. Celui que j'ai sous les yeux fait 27 pages. Mais on y trouve une mine d'informations.

Tout d'abord, on y trouve l'arbre généalogique dessiné montrant très précisément la parenté entre les suppliants. Dans la requête des cousins, ils justifient souvent les raisons du mariage : ils se sont connus charnellement, l'absence de mariage ferait scandale dans la communauté, ils sont pauvres ...

Suivant le degré de parenté prohibé, il faut obtenir un bref papal de dispense. Si c'est le cas, vous pouvez trouver toute l'explication concernant ce bref papal et sa fulmination.

Bien évidemment, comme dans tout acte de justice (ce qui est bien le cas ici car il s'agit de justice ecclésiastique), on auditionne les suppliants et plutôt deux fois qu'une. L'un après l'autre, et pas par les mêmes personnes, pas le même jour, pas au même endroit mais chacun dans sa paroisse s'ils vivent dans des paroisses différentes, ils doivent justifier leur volonté de se marier, comment ils se sont connus de manière très précise.

Auditionner les suppliants c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Ils peuvent s'être entendus au préalable et ressortir le même récit. Il faut donc auditionner des témoins, voisins le plus souvent (pas la famille, elle est trop impliquée), afin de vérifier les dires. Et pour être le plus complet possible, il faut aller chercher des témoins d'un côté comme de l'autre.

Enfin, vient le jugement, l'autorisation. Il y a alors une pénitence à accomplir. Par exemple : les suppliants devront assister à la messe de leurs paroisses les dimanches et fêtes, le temps des fiançailles, à genoux, avec modestie, un cierge allumé à la main. Ils devront se confesser pour obtenir l'absolution suite à l'inceste qu'ils s'apprêtent à commettre. Après le mariage, ils réciteront dans l'église de la paroisse de leur domicile, à genoux, après la messe, le chapelet. De même, chaque soir, avant de se coucher, toujours à genoux, ils réciteront cinq Pater et cinq Ave puis baiseront la terre. Et ce pendant six mois.

La dispense de parenté donne donc une tranche de vie intéressante à aller chercher. Il me semble que cela donne de la vie à l'arbre généalogique, de la chair. Je trouve dommage qu'elle ne soit pas plus exploitée. Allez voir ! Vous ne serez jamais déçus.




Commentaires

Rédigé par: de Rivero Denjean | 14 avr. 08 16:39:52

Cher Monsieur,

Je recherche, sans succès, les dossiers de dispenses de trois couples d'ancêtres, trois mariages célébrés au XVIIIè siècle, en France et en Espagne. Pour la France, les mariage ont été célébrés dans les Côtes d'Armor, Bretagne et les dispenses sonts introuvable aux archives. Pour le mariage en Espagne, la paroisse dépendant de Burgos, plus d'archives pour cette période, la faute à un certain Napoléon. La question que je me pose depuis longtemps: y a-t-il un exemplaire du dossier généalogique archivé ailleurs? L'un de ses mariage mentionne une dispense papale, pensez vous qu'il y ait une copie du fichier généalogique au Vatican ou ailleurs? Enfin, je suis étonné de lire que la dispense en question (par le souverain pontife) a été accordée pour un lien du 3è au 4è degré de consanguinité. Il me semblait que, dans ce cas, une dispense de l'évêque était suffisante?

Merci pour votre aide. Bien à vous,

MRD

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 15 avr. 08 10:30:11

Bonjour,

Si vous ne trouvez pas les dispenses de consanguinité en série G, dans les registres de l'officialité diocésaine, je ne suis pas sûr que vous les trouviez ailleurs. Rechercher aux Archives du Vatican ? J'avoue ne pas connaître les conditions d'accès à de telles archives.

Ne pas trouver les dispenses de consanguinité est quelque chose d'assez courant à ma conaissance. Cela m'est arrivé plusieurs fois. C'est bien dommage parce qu'à chaque fois l'arbre généalogique prouvant la parenté existe.

Effectivement depuis le milieu du XVIe siècle, pour une dispense du 3e au 4e degré de parenté, seule la permission de l'évêque était indispensable. Ne l'a-t-il pas accordé ? A-t-il fallu alors monté plus haut pour pouvoir l'obtenir ? Je ne peux pas vous dire.

Cordialement

Stéphane Cosson

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