« mai 2006 | Accueil | juillet 2006 »
L'acte de notoriété
Par Stéphane Cosson le 15 juin 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Un acte de notoriété est un acte qui remplace un acte d'état civil. Dans tous les cas que j'ai trouvé, l'acte remplacé était un acte de naissance qui avait été omis.
Ces actes se trouvent d'abord dans la série 4 U aux Archives Départementales : la série des justices de paix.
L'acte de notoriété est rédigé non pas à la date de l'acte qu'il remplace mais à la date où la personne a besoin de l'acte manquant.
Cela peut être notamment au moment d'un mariage. Un exemple ?
Prenons le cas de Jacques Capelle, fiancé avec Anne Champagnol. Nous sommes en 1831, dans le Tarn. Les bans sont en cours de publication. Pour pouvoir se marier, Jacques a besoin de présenter son acte de naissance. Il se déplace alors à la commune où il est né pour avoir son extrait de naissance. Mais, d'après les recherches les plus exactes faites dans les registres d'état civil, sa naissance n'y apparaît pas.
Le maire lui délivre un certificat de manquement et lui conseille d'aller au greffe du tribunal où se trouvent les doubles. Ce que fait Jacques. Là encore, pas de naissance déclarée. D'où l'acte de notoriété obligatoire.
Jacques Capelle se présente alors devant le juge de paix de son canton accompagné de sept témoins. Chacun des témoins prête serment et déclare qu'il connaît bien le requérant, certifiant sa date de naissance.
Souvent, la date ne donne que le mois et l'année. C'est rare que le jour exact y figure. Par contre, ce qui est intéressant, c'est quand ces actes de notoriété concernent des enfants nés de parents inconnus. Une filiation peut être alors mentionnée en filigrane.
C'est le cas pour Jacques Capelle. Il est déclaré comme né de parents inconnus dans la maison du sieur Capelle. Il se marie en 1831 sous le seul prénom de Jacques. L'année suivante, quand naît sa fille aînée, elle n'est pas fille de Jacques NN mais de Jacques Capelle. Il est possible alors de supposer que le sieur Capelle chez qui il est né est son père biologique, très marié au moment de sa naissance et qui l'a eu d'une servante restée anonyme. Surtout quand ce sieur Capelle se prénomme aussi Jacques.
J'ai eu plusieurs cas ainsi. C'est ce que j'ai appellé les reconnaissances en filigrane. Mais nous pourrons y revenir une autre fois.
Comment embaucher un salarié (8e partie) ?
Par Stéphane Cosson le 14 juin 2006 | (36) Commentaires | Permalink
Ce matin, j'ai rencontré le directeur de la Boutique de Gestion. Je lui ai raconté mes déboires avec l'ANPE. Ce qui l'a fait bondir.
Reste maintenant à trouver la solution à mon problème. Et visiblement, cela ne va pas être une sinécure.
En effet, selon lui, je ne dégage pas suffisamment de chiffre d'affaires pour me permettre d'embaucher dans le cadre du salariat classique, sans aide de l'Etat. Le faire, comme me l'exigeait l'ANPE, serait le meilleur moyen de me mettre en faillite.
Il faut donc trouver d'autres solutions. Il n'en voit que deux :
- Mon ancien salarié s'immatricule en tant que travailleur non salarié et je lui sous-traite mon surplus de travail.
- Nous nous associons dans le cadre d'une société. Oui, certes... mais laquelle ? Comment valoriser mes six années d'expérience en tant qu'indépendant ayant monté ma propre affaire ? Quel est le prix de mon entreprise individuelle ?
Bref, j'en suis ressorti avec plus de questions que de réponses. Deux certitudes toutefois. Ou plutôt deux questions auxquelles il va falloir vite répondre. Mon ancien salarié est-il prêt moralement pour l'aventure du travailleur indépendant ? En a-t-il la mentalité ?
Il va falloir ensuite, si la réponse à ces questions est positive, prendre rendez-vous avec l'expert-comptable pour monter le dossier sans crainte de se tromper à tous les niveaux car ce n'est pas une mince affaire.
Comme me le disait le directeur de la Boutique de Gestion, le refus de l'ANPE de renouveler la convention CIE me pose un véritable problème.
Il existe bien sûr une autre solution, celle que je suis en train d'appliquer pour le moment. J'utilise le "love work", c'est-à-dire une personne de ma famille à la retraite donc qui a suffisamment de temps libre pour venir m'aider bénévolement, que je forme à la recherche généalogique. Ce qui m'économise des charges et me permet d'avancer plus vite dans mes dossiers. D'autres de mes collègues l'appliquent d'après ce que j'en sais de source sûre.
La solitude de l'entrepreneur
Par Stéphane Cosson le 13 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Un généalogiste est aussi un entrepreneur. Travailler seul n'est pas forcément tous les jours facile. Avoir la "niaque" à tous les moments non plus. S'il n'y avait que la recherche pure, ce serait beaucoup plus facile. Mais il y a aussi les clients pour qui le généalogiste travaille.
Et, comme tous les entrepreneurs, le généalogiste doit savoir gérer sa relation aux clients.
Un entrepreneur qui vend un produit physique, fabriqué, à mon avis peut gérer la relation aux clients plus facilement qu'un "fabricant de prestations intellectuelles". En effet, si le produit est défectueux, il peut le remplacer par un autre identique.
Ce n'est jamais le cas pour un généalogiste. Une prestation intellectuelle ne se remplace pas. Si le client est mécontent, cela arrive parfois, il faut alors s'armer d'une bonne dose de pédagogie.
Personnellement, c'est ce que je fais quand j'ai des récriminations. La perfection n'étant pas de ce monde, les coups de pompe existent. Comme tout humain, je peux être moins performant pour diverses raisons. Dans ces cas, je prends ma plus belle plume et j'explique, j'explique et j'explique encore. Souvent cela suffit à rétablir la situation et à gérer le conflit sans trop de casse.
Mais le pire, c'est quand plusieurs clients récriminent en même temps. Là, comme tout prestataire de services fournissant un travail intellectuel, le découragement peut survenir. Avoir l'envie de tout lâcher pour ne plus être ennuyé. Personnellement, j'opte pour une autre solution. Je respire profondément et, pendant quelques jours, je laisse tomber volontairement toutes les commandes en m'occupant de la mise à jour de ma base de données. C'est une des choses qui arrivent à me ressourcer.
C'est en tout cas un fait qu'il faut savoir gérer. La gestion de crise, quand on travaille en solitaire, ce n'est pas forcément le plus simple. On ne peut pas se décharger de sa faute sur quelqu'un d'autre. On est obligé d'assumer toutes les responsabilités. Et il faut en avoir toutes les capacités. Avant de s'installer à son compte, il faut savoir où on peut retrouver de la ressource.
L'intégration au village
Par Stéphane Cosson le 12 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Avez-vous remarqué comment une nouvelle famille s'intégre dans un village ? C'est parfois très intéressant. Cela peut être aussi riche d'enseignements.
Voyons comment par le biais d'un exemple réel.
Prenons le cas de Jean Bancal. Originaire du côté de Decazeville, dans l'Aveyron, diocèse de Rodez, il est prêtre et nommé curé à côté de Sainte Foy d'Aigrefeuille, dans la Haute-Garonne, diocèse de Toulouse. Pas vraiment son secteur. Il essaie de se rapprocher de sa famille. Il est nommé alors à Guitalens, dans le Tarn, diocèse de Lavaur, quelques années plus tard. Mais il n'y reste pas et va dans une autre paroisse, toujours dans le même diocèse, à Saint Barthélémy de Montpella.
Là, il y reste, et commence à bien connaître ses ouailles, leurs niveaux de fortune. Jean Bancal est d'une famille de marchands. Il a repéré une vieille famille de marchands dans sa paroisse qui a des filles à marier. Il fait venir son neveu de son village d'origine : Antoine. Jean Bancal rapproche son neveu de cette famille, propose d'abord une association très mercantile, afin que son neveu fasse ses preuves auprès de son futur beau-père. Puis le moment venu, le mariage est conclu. Antoine n'était plus vraiment un étranger. Première alliance dans la paroisse de Montpella.
Antoine Bancal habite donc Saint Barthélémy de Montpella. Mais son mariage est sans postérité. Il lui faut pourtant un héritier pour que ses affaires ne périclitent pas. Un de ses beaux-frères décède, laissant des filles en bas-âge dont Antoine Bancal est nommé tuteur. Et si la solution était là ? Antoine fait venir un de ses neveux : Astorg, qui habite toujours son village d'origine. Il le forme au métier de marchand et dès qu'une des nièces de sa femme est suffisamment grandette, il lui fait épouser son neveu à lui. Deuxième alliance dans la paroisse de Montpella.
La femme d'Astorg décède en couches. De leur union, il ne reste qu'un garçon en vie. Astog Bancal a accru la fortune familiale. Il a fait des achats de terre, a deux grandes propriétés auxquelles il a donné son nom. Il peut rechercher une alliance un peu plus riche et va chercher la fille d'un petit nobliau en manque de fortune. Troisième alliance dans la paroisse de Montpella.
Il en sera de même pour ses descendants. La famille, de ce fait, n'est plus qualifiée d'étrangère. Ses origines ont été oubliées. Ils ont été intégré par le jeu des alliances.
On le voit, ces différents mariages permettent d'ancrer une lignée nouvellement installée dans le réseau nuptial du village. Un autre avantage consiste à faciliter l'entraide en cas de difficulté majeure. Enfin, c'est aussi une manière de se protéger en cas d'attaques de lointains cousins (dans nos sociétés occidentales, l'attaque est plus souvent juridique que véritablement physique). Les alliés servent alors de boucliers de défense.
Il s'agit de stratégies d'intégration. Elles permettent de gommer les différences, l'origine étrangère et ouvrent plus rapidement les alliances. Cela se rapproche de ce que certains ethnologues ont appelé la maison-pivot. Une lignée plus fortunée que les autres accueille chez elle des cousins pauvres comme domestiques. Ils lient ainsi mieux connaissance et la branche riche envisage de les caser avec des cadets ou des héritiers d'oustal de même niveau de vie qu'elle. Le salaire versé se transforme alors en dot potentielle. La branche riche sait qu'ainsi elle fidélise ses cousins pauvres puisqu'elle les marie avec des familles que leur niveau de vie initial rendaient inaccessibles. Elle sait aussi qu'ainsi elle pourra compter sur une aide quasi-aveugle de ceux-ci en cas de problème économique dans l'avenir.
Les détournements de la loi
Par Stéphane Cosson le 10 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Nous l'avons vu, la loi religieuse sur les interdits est assez contraignante. De ce fait, les personnes ont essayé de la détourner. Souvent, ils y sont arrivés relativement assez bien.
Ils l'ont fait de plusieurs manières. L'explication peut parfois en être un peu compliquée. Je vais essayer de vous la rendre la plus pésagogique possible.
1 - Le mariage avec un allié d'allié :
La personne, quelle que soit son sexe, va chercher un conjoint dans un lignage allié à celui de son père. le but : avoir des cousins communs sans être soi-même cousin. La famille est proche, connue, recommandable, apparentée mais par par le sang. L'idéal !
2 - Le mariage avec un cognat d'un demi-germain :
Que de mots qui peuvent paraître barbares. Quelques définitions. Le cognat est un parent consanguin, c'est-à-dire quelqu'un avec qui la personne possède un ascendant commun, éloigné ou pas. Le demi-germain, c'est le demi-frère ou la demi-soeur.
Un exemple ? Une femme s'est mariée deux fois. Du premier lit, elle a eu une fille et du deuxième lit un fils. Ce dernier épouse une cousine paternelle de sa demi-soeur (donc pas cousine avec lui puisqu'ils ont la même mère !). Là encore, la famille est proche, connue, recommandable et apparentée.
3 - Le mariage avec un parent cognatique du conjoint d'un parent utérin :
Deux familles en présence : A et B. A possède une fille et un fils. B a deux fils : l'un d'eux est marié et a engendré une fille. En premier lieu, la fille A s'unit au fils B célibataire. Puis quelques années plus tard, le fils A épouse la nièce de son beau-frère B.
Dans ce cadre, nous trouvons l'union remarquable. Elle unit une soeur et un frère de parents A avec un frère eet une soeur de parents B. Cette union a plusieurs avantages : chacun perd une fille et gagne une belle-fille. Les dots des filles sont volontairement rigoureusement identiques. De ce fait, elles ne sont pas versées. Il en est de même pour les dots des garçons. Bref, de ce côté là, le mariage ne coûte rien.
Troisième cas de figure : les bouclages dans l'affinité. Mais si, vous l'avez déjà rencontré ! Le même jour, les parents veufs et leurs enfants fiancés s'épousent. Là encore, pas d'éparpillement des biens.
Vous avez déjà dû rencontrer tous ces cas de figure. Il pouvait être pour vous d'y mettre un nom dessus, vous ne croyez pas ?
Les mariages nécessitant dispense : le droit civil face au mariage
Par Stéphane Cosson le 8 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Nous avons vu quel pouvait être la position de l'Eglise. De même, le droit civil ne permet pas tout. Il se base sur les mêmes principes pour interdire : la moralité et le biologique.
C'est par contre un peu plus compliqué qu'en droit canon. Voyons cela.
1 - La parenté et l'alliance légitimes :
En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les degrés. Il est impossible de s"unir avec ses géniteurs, ses enfants et ses grands-parents.
En ligne collatérale, le mariage entre germains, oncle et nièce, tante et neveu est aussi prohibé.
L'alliance en ligne directe porduit le même empêchement que la parenté. En ligne collatérale, un beau-frère et une belle-soeur ne pouvaient en théorie convoler ensemble. La loi du 1er juillet 1914 supprima cette interdiction, sauf en cas de divorce. La loi du 11 juillet 1975 mit fin à cette exception.
2 - La parenté et l'alliance naturelles :
La parenté naturelle, depuis la loi du 3 janvier 1972, est assimilée totalement avec la parenté légitime alors qu'auparavant il n'existait aucun lien juridique entre l'enfant naturel et la famille de ses père et mère. Du fait de cette loi, les empêchements sont identiques.
Pour ce qui est de l'alliance naturelle, toute union entre ascendants ou descendants illégitimes d'un individu et son ex-conjoint est illégale.
3 - La parenté et l'alliance adoptives :
Deux cas de figure se présentent. L'un concerne l'adoption plénière et l'autre l'adoption simple. Il est peut-être bon de rappeler ce qui fait la différence entre elles.
L'adoption plénière ne concerne que des mineurs âgés de moins de 15 ans. Elle imite la filiation légitime par le sang. Entre autres effets, l'enfant adopté prend le nom de l'adoptant et il n'existe plus aucun lien entre sa famille d'origine et lui. Conséquemment, la parenté et l'alliance adoptives présentent les mêmes interdictions que lap arenté et l'alliance légitimes.
L'adoption simple ne crée pas cette rupture entre l'adopté et sa famille d'origine. Si un lien de parenté apparaît entre lui et son adoptant, ce n'est pas le cas avec la famille de l'adoptant. De même, l'adopté simple conserve son nom auquel il peut rajouter celui de l'adoptant. L'adoption peut être révocable.
Pour des raisons morales, l'article 366 de la loi du 11 juillet 2966 stipule que les unions suivantes sont impossibles :
- entre l'adoptant, l'adopté et ses descendants.
- entre les enfants adoptifs d'un même individu.
- entre l'adopté et les enfants de l'adoptant.
- entre l'adopté et le conjoint de l'adoptant.
- entre l'adoptant et le conjoint de l'adopté.
4 - Les cas de dispense :
Une dispense peut être obtenue pour motif grave (exemple : un enfant à naître) auprès du Président de la République.
Là encore, la loi prévoit des cas bien précis. La dispense est autorisée pour un oncle et sa nièce, une tante et son neveu, des alliés en ligne directe quand la personne qui a créé l'alliance est défunte, les enfants adoptifs d'un même individu, l'adopté et les enfants de son adoptant.
Mais la loi n'a malheureusement pas prévu tous les cas possibles. De ce fait, les implicites peuvent être résolus différemment par la jurisprudence.
Les mariages nécessitant dispense : la position de l'Eglise
Par Stéphane Cosson le 7 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Souvent, dans ses recherches, un généalogiste trouve au moins un mariage entre parents, un mariage avec dispense.
S'il arrive à trouver le texte en latin de l'évêque, à côté de l'acte de mariage dans les registres paroissiaux, il est souvent content, même s'il ne lit pas forcément le latin, car c'est un document intéressant qui peut bien illustrer une généalogie.
Si en plus, il peut avoir l'acte de dispense, l'enquête épiscopale, alors là, cela peut être le summum : avec l'enquête, il y a toujours en effet LE tableau généalogique donnant la parenté, avec des dates et des lieux précis. Cette enquête se trouve dans la série G aux Archives Départementales, dans les archives de l'officialité diocésaine.
Mais il peut être aussi intéressant de comprendre ce qui se cache derrière ces interdictions. Voyons tout d'abord la position de l'Eglise.
1 - Les empêchements de mariage :
Plusieurs canons s'occupent de cette question.
Le canon 1058 stipule que tous ceux qui n'en sont pas empêchés par le droit peuvent contracter mariage. Les empêchements peuvent être de plusieurs sortes : état de vie exclusif du mariage comme la vie religieuse, interdiction fondée sur un motif très grave touchant le bien commun ou privé.
Selon le canon 1075, seule l'autorité souveraine de l'Eglise a pleins pouvoirs en la matière. La dispense est une solution pour résoudre la difficulté. Mais selon l'Eglise la dispense est une facilité facultative. La dispense est définie comme un relâchement de la loi ecclésiastique. Il est nécessaire qu'il existe une cause juste, compte tenu des circonstances, du cas et de l'importance de la loi.
C'est aux fidèles à signaler les cas d'empêchements dirimants (annulant ou faisant obstacle au mariage) et c'est la raison pour laquelle les bans sont publiés. Il existe douze cas d'empêchements dirimants. Le généalogiste s'intéresse principalement à deux.
2 - La consanguinité :
Elle a varié au cours des siècles. A partir de 1215 et du Concile de Latran, il est interdit de se marier si les grands-parents des fiancés sont cousins germains.
En 1917, cette interdiction pour ce degré précis est levée. En 1983, le droit canon décide de compter les degrés de parenté de la même manière que le droit civil.
Et désormais, le canon 1091 stipule que le mariage est interdit entre tous les ascendants et descendants, naturels ou légitimes, et entre cousins germains en ligne collatérale.
3 - L'affinité :
L'affinité peut se définir comme la parenté par alliance. Les affins sont les parents des conjoints et les conjoints des parents, uniquement en ligne directe. Jusqu'en 1917, l'affinité pouvait aussi provenir de relations illégitimes.
L'affinité en tant qu'interdiction a été légalisée dès 306, au Concile d'Elvira. Pourquoi cette interdiction ? Parce que, selon l'Eglise, les époux ne forment plus qu'une seule chair après le mariage ou l'union (dans le cas de relations illégitimes). Cet interdit doit alors se comprendre comme un nouvel interdit de consanguinité.
A la recherche des surnoms
Par Stéphane Cosson le 6 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Le surnom peut être défini comme un mot ajouté au patronyme d'un individu pour le différencier de ses homonymes. Sa fonction primordiale est donc l'identification.
Son choix révèle une connivence culturelle, des comportements sociaux. Il permet de reconnaître celui qui appartient à la même communauté, de distinguer l'étranger.Le groupe choisit le surnom et sa désignation n'est jamais le fruit du hasard. Ainsi, il signifie l'acceptation dans le groupe.
Quels surnoms un généalogiste peut-il rencontrer ?
Tout d'abord, ce peut être le prénom du père, ou d'un ancêtre marquant, qui n'étant pas courant se fixe : Antoine dit Samuel par exemple. Ce prénom peut permettre aussi de différencier deux branches d'une même famille : Bouteille dit Louis et Bouteille dit Jacques, Louis et Jacques étant deux frères ayant donné chacun une branche.
Le surnom peut être en rapport avec une fonction exercée : Hérail dit Cossoul (consul), Soulages dit Diagou (le jeune valet en occitan).
Il peut mettre en évidence une particularité, physique ou morale : Montaut dit Chicane, Assié dit Redoundo (le potelé).
Il peut enfin rappeler une alliance avec un autre oustal, que celle-ci soit récente ou pas. Le surnom peut même provenir d'un remariage d'un veuf ou d'une veuve avec quelqu'un appartenant à un oustal plus riche que la première alliance. Je m'explique : J'ai trouvé sur la commune de Cadix, dans le Tarn, à la fin du XVIIIe et tout le XIXe siècle le cas d'une famille qui s'appelait Lacroux dit Coutouly. Pas d'alliance entre un Lacroux et une Coutouly. Par contre, en 1711, je trouve le remariage de la veuve de Pierre Lacroux avec Barthélémy Coutouly. Le deuxième époux étant d'un oustal plus riche que le premier, son nom est resté comme surnom pour les enfants du premier lit.
Où trouver ces surnoms ? Dans les registres paroissiaux et d'état civil bien sûr, mais pas seulement. Les actes notariés sont aussi une bonne source, de même que le cadastre. La recherche du surnom s'avère toujours compliquée mais, personnellement, je la trouve toujours intéressante et riche d'enseignement.
Les commandes des clients
Par Stéphane Cosson le 5 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Je vous ai déjà parlé des profils de la clientèle d'un généalogiste professionnel. Toujours en me servant du tableau que j'avais concocté à cette occasion, je me suis interrogé sur le montant moyen des commandes, moyenne effectuée sur mes six ans de CA HT.
Voici les résultats que cela donne.
Pour les hommes :
- 34% ont passé une commande inférieure à une demi-journée de travail. La plupart du temps, il s'agit en fait de conseils qui ont été facturés.
- 8% ont passé une commande égale à une demi-journée de travail.
- 6% ont passé une commande dont le montant est compris entre une demi-journée et une journée de travail.
- 13% ont passé une commande égale à une journée de travail.
- 39% ont passé une commande supérieure à une journée de travail.
Pour les femmes, les résultats sont les suivants :
- 25% ont passé une commande inférieure à une demi-journée de travail. Là encore, il s'agit de conseils qui ont été facturés.
- 10% ont passé une commande égale à une demi-journée de travail.
- 8% ont passé une commande dont le montant est compris entre une demi-journée et une journée de travail.
- 15% ont passé une commande égale à une journée de travail.
- 43% ont passé une commande supérieure à une journée de travail.
Je ne sais ce que vous en pensez, mais personnellement cela éclaire d'un jour nouveau le temps nécessaire pour pouvoir en vivre. J'ai souvent écrit qu'il fallait 4 ans pour pouvoir en vivre. Un de mes collègues donne le même temps pour obtenir un volant de clientèle suffisant. Quand on regarde le montant des commandes, on comprend tout de suite pourquoi. 60% des hommes comme des femmes (en arrondissant les pourcentages) commandent moins d'une journée de travail. Si le volant d'affaires n'est pas suffisant, l'entreprise ne peut que connaître des difficultés financières.
Pour calculer ces pourcentages, volontairement j'ai confondu la facturation à l'heure et la facturation à l'acte. En effet, dans un cas comme dans l'autre, cela ne change pas grand chose au calcul.
Comment embaucher un salarié (7e partie) ?
Par Stéphane Cosson le 3 juin 2006 | (0) Commentaires | Permalink
Je viens de recevoir la réponse de la Préfecture du Tarn par rapport à ma demande de renouvellement de Contrat Initiative Emploi (Ah, à ce propos, si cela vous intéresse, l'éditeur de Capital a bien voulu consacrer dans son courrier des lecteurs quelques lignes de l'e-mail que je lui avais envoyé).
Cela ne va pas me faciliter la tâche. Il va falloir que là aussi je sois créatif. Reste à savoir comment.
La réponse de la Préfecture du Tarn est donc la suivante :
Etant donné que l'enveloppe annuelle affectée en 2006 aux CIE était déjà consommée à 75% au 15 mai 2006, le Service Public de l'Emploi a décidé de ne plus accorder de prolongation et de limiter la durée des nouveaux CIE à sept mois.
Il n'est donc pas possible d'apporter une réponse favorable à votre requête.
Il va donc falloir trouver d'autres solutions, qui ne soient pas trop onéreuses pour moi en tant qu'employeur. La moins onéreuse serait de ne pas embaucher. Mais comment alors dégager du temps pour mettre en place les projets qui pourraient me rapporter financièrement ?
C'est peut-être la décision la plus difficile que j'ai à prendre actuellement en tant qu'entrepreneur. Je sens que quelques nuits vont être très courtes. Il va vraiment falloir tout étudier, tout mettre à plat, tout chiffrer. Réaliser une étude de marché comparative : rentabilité avec embauche, rentabilité sans embauche.
Le genre de décision vraiment difficile, angoissante même. Mais il va me falloir m'y atteler. Je n'ai pas d'autre choix. Il va me falloir solliciter mes partenaires pour cela.
