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De la querelle entre amateurs et professionnels
Par Stéphane Cosson le 3 juillet 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Il y a une chose que je n'arrive pas à comprendre. C'est cette défiance, cette méfiance qu'ont les amateurs sur les professionnels. Comme si, forcément, un professionnel ne pensait qu'à son CA HT de manière permanente. Il y a d'autres manières d'être.
Je crois que les amateurs ne l'ont toujours pas compris. J'en ai encore eu la preuve aujourd'hui.
J'étais animateur d'un cercle généalogique. Je l'ai été pendant huit ans. Je suis membre de ce cercle généalogique depuis 1989. Et je suis passé professionnel en 2000. Il y a donc eu onze années pendant lesquelles je n'ai fait que du bénévolat et où les autres amateurs ont pu m'apprécier ou pas à ce titre.
Le fait de passer professionnel n'a pas changé ma mentalité. Pour certains amateurs qui me connaissent, cela paraît évident. Pour d'autres, qui ne me voient que très rarement, le fait que je sois devenu professionnel signifie pour eux que je cherche à tout prix à récupérer à des fins professionnelles mes contacts associatifs. Dans le but de faire du chiffre bien sûr.
Ces personnes-là n'arrivent pas à comprendre, sans doute parce que cela ne fait pas partie de leur mentalité, que l'on peut aussi faire partager son savoir, aider les personnes à évoluer dans leur pratique professionnelle, dans l'exercice de leurs recherches, sans forcément faire du prosélytisme commercial à tout crin.
De ce fait, et sans doute parce que c'est ce qu'eux feraient, ils se méfient. Personnellement, je crois plutôt qu'ils projettent ce qu'ils sont sur les autres, sans se préoccuper de la personne qu'il y a vraiment en face, sans s'interroger sur les motivations profondes du professionnel que je peux être. Et alors que les deux mondes devraient cohabiter sans difficulté (il y a de la place pour les professionnels comme pour les amateurs généalogistes car nous ne vivons pas la chose de la même manière, les professionnels la vivant de manière plus intensive, plus quotidienne), ils créent volontairement des querelles. Sans doute pour des questions de pouvoir.
C'est en tout cas ainsi que je le ressens. Je ne juge pas leurs actes. Je constate simplement les conséquences que cela entraîne à mon avis et qui me semblent dommageables. Pour tous.
Commentaires
Rédigé par : Franck | 4 juil 2006 08:36:15
Bonjour,
Je répondrais à votre question par cette boutade, simplement la peur de l'inconnu et la peur de la différence et par quelques questions.
* Peur de l'iconnu, pourquoi ?. Pour le commun des mortels, qu'est-ce-qu'un généalogiste professionnel ? Si ce blog aide à démistifier votre profession, il n'en va pas de même de vos confrères. Tous n'ont pas votre ouverture d'esprit ! Comment est perçue votre profession par le généalogiste amateur ? Par la réaction que vous décrivez si bien, d'amateur et de bénévole, vous êtes devenu professionnel donc votre image est ternie, vous avez passé dans le monde du mercantile. Pas l'ennemi à abattre, mais quelqu'un dont on n'a plus confiance car du gentil bénévole que vous étiez, vous être devenu pour le lambda quelqu'un de différent, vous allez gagner de l'argent sur le travail des autres... Fi, de l'homme que vous êtes réellement, le marchand est né et ça fait peur. J'ai remarqué ce problème depuis pas mal d'année et en est aussi souffert, j'ai aussi essayé de comprendre. Dans une association, si vous êtes comme tout le monde (je ne dirais pas "Moutons de Pannurge, mais presque), bref adhérant de base, pas de soucis, par contre du jour ou vous vous montrez un peu plus entreprenant en devenant par exemple Président de cette asso, vous devenez la cible à abattre. Un troupeau d'Iznogood apparait, vous devenez celui par qui tous les malheurs arrivent, vous n'êtes pas jugés sur vos actes, mais sur une image que donne de vous vos contradicteurs, qui d'ailleurs la plus part du temps n'ont rien fait pour faire avancer l'asso. Dans toute activité malheureusement, un jour ou l'autre, on rencontre ces problèmes qui provoquent des drames parfois.
* Une image brouillée aussi par le généalogiste successoral, qui est plus gourmand que l'état dans le droit à l'héritage. On passe au dessus du travail qu'il a fallu faire pour arriver à ce résultat.
* Image brouillé du généalogiste professionnel, car c'est une fonction qui est opaque. Moi (lambda), je fais ma généalogie personnelle, c'est difficile, je dois me déplacer, adhérer à des assos, etc... et lui, il a accès à toutes les archives gratuitements, etc... et lui il gagne de l'argent.
L'argent, le nerf de la guerre ! Fi, de savoir que vous avez fait des études, des investissements, que vous gagnez de l'argent que si vous avez des clients,...
* Fonction opaque : un médecin, une infirmière, un réparateur télé, on sait ce qu'ils font. Un généalogiste professionnel, non ? Quelqu'un qui passe le pas pour se rapprocher de votre profession, est parfois effaré par le coût de vos prestations, surtout si ce futur ou ex futur client est généalogiqte amateur. Attention, je ne parle pas de vous, je ne vous connais pas, mais en général.
Dans un précédent post, je parlais de confiance avec un généalogiste professionnel et de gagnant-gagnant.
Il ya beaucoup à faire, pour dépoussièrer votre profession méconnue du grand public, et surtout quand on n'en voit que le côté des stars du livre ou de la radio, mmême s'il y a de la vulgarisation de la généalogie, sans parler du côté bizzzzznessss de certaines sociétés qui se font des "c... en or" avec des relevés qui ne leur appartiennent pas, mais ça c'est une autre histoire.
A vous lire
Cordiallité
Franck
Rédigé par : Stéphane Cosson | 4 juil 2006 13:55:11
Bonjour Franck et un grand merci pour votre commentaire.
Je vais juste apporter une modification par rapport à ce que vous dites. Vous écrivez : le généalogiste professionnel a accès à toutes les archives gratuitement. Mais comme tout le monde, cest un principe en France ! Par contre, tout comme l'amateur, il se déplace (simplement il choisit les lieux de ses déplacements, les régions sur lesquelles il veut travailler), il a aussi des frais d'adhésion non pas à un cercle généalogique mais à une chambre syndicale.
Autre précision aussi : je ne gagne pas forcément de l'argent sur le travail des autres. Certes les relevés systématiques existent. Si les bénévoles ne veulent pas qu'ils soient unitilisés, il ne faut pas les déposer ni en mairie ni aux Archives mais les garder par devers soi. Mais je ne travaille pas qu'avec ça. Combien de communes ont été dépouillées exactement ? Combien de registres de notaires ne l'ont pas été ? Combien aussi de registres de contrôle des actes et d'hypothèques ? Mon travail ne consiste pas seulement à travailler sur l'état civil. Je passe aussi trois à quatre heures par jour à mettre en fiche les renseignements que j'ai trouvé.
Sinon, je suis assez d'accord avec vous : il faut faire connaître au quotidien le métier pour qu'il fasse moins peur. D'où ce blog.
Merci encore pour votre commentaire.
Cordialement, Stéphane
