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La consultation des archives en ligne (2e partie)

Par Stéphane Cosson le 12 août 2006 | Commentaires (6) Commentaires | Permalink

La mise en ligne des registres paroissiaux du Tarn sur Internet, puis à moyen terme du cadastre, me fait faire quelques soucis. Ne vais-je pas y perdre de la clientèle ? Pourquoi les gens me paieraient-ils alors qu'ils pourront avoir l'information gratuitement ou presque (il y aura le prix de la connexion) sur Internet, à toute heure du jour et de la nuit, et ce quel que soit l'endroit où ils habitent ?

J'ai fait un petit calcul sur les conséquences que cela pourrait avoir sur mon chiffre d'affaires.

Concrètement, si je regarde un mois de travail, je peux le diviser ainsi :

  • Je passe un jour aux Archives Départementales du Lot.
  • Je passe aussi un jour aux Archives Départementales de l'Aveyron.
  • Je passe enfin deux jours aux Archives Départementales de la Haute-Garonne.
  • Mes jeudis matins sont occupés par la mise en ligne sur l'intranet de l'AERI des fiches concernant le Cd-Rom sur l'histoire de la Résistance dans le Tarn.
  • Mes jeudis après-midis sont eux occupés par mes cours de généalogie.
  • Tout le reste du temps, je suis aux Archives Départementales du Tarn à faire des recherches pour les particuliers, principalement sur les registres paroissiaux, les registres des notaires et le cadastre.

Cette recherche aux Archives du Tarn me prend donc la majorité de mon temps (je compte environ 75% de celui-ci). Qu'en sera-t-il ensuite ?

Je considère cette mise en ligne comme de la concurrence contre laquelle je ne pourrais pas lutter, dans le cadre de la recherche pure. Me contacteraient alors seulement les personnes qui veulent faire des recherches sur les notaires ou qui n'ont pas Internet. Combien seront-ils ? Je n'en sais rien.

J'ai donc décidé, sur cette base, de contacter le Président du Conseil Général du Tarn (puisque cette mise en ligne dépend de sa décision) afin de lui demander un rendez-vous à ce sujet. Je vais bien voir ce qu'il va répondre.




Commentaires

Rédigé par: Franck | 13 août 06 20:44:08

Bonsoir,

Les archives en ligne sont devenues inéluctables de part l'engouement de la recherche de ses racines par les généalogistes amateurs. Il suffit de voir l'évolution de la dégradation des registres dans certaines communes (remisage à même le sol, dans des placards humides, pages déchirées, annotations, etc..., de plus en plus d'AD récupèrent les registres maintenant. Certaines mairies refusent (même les actes de décès), attribuent des horaires de consultaions par ex: un après-midi, quelques heures, on est loin de la consultation libre des actes de plus de 100 ans et si l'on continue à ce rythme là, que laisserons nous aux chercheurs des temps futurs.

On est loin des gants de coton pour saisir des livres à la BNF

Je suis pour la mise en libre consultation par Internet. Tout le monde (ce sont les contribuables qui paient cette numérisation, non ? , même ceux qui ont peu de moyens, doivent pouvoir avoir accès à ce type de document.

Je comprends ton inquiétude, c'est sûr que cette numérisation va te diminuer ton chiffre d'affaire, mais tu ne peux pas enrayer cette avancée.

Il va te falloir innover dans ta profession, trouver de nouvelles niches, je pense que tu en as la capacité. Tu peux comprendre que tu ne peux imposer aux généalogistes amateurs de passer systématiquement par un généalogiste professionnel pour faire sa recherche généalogique, ton métier à un coût certain que certains ne pourront jamais s'offrir. Si ta passion t'a amené à être un professionnel, d'autres aiment à toucher de vieux livres, lire des actes anciens et combler leurs félures de la vie, c'est humain...

Tu as commencé à te poser les bonnes questions pour faire évoluer ta profession, continue dans ce sens, il y aura toujours besoin d'un bon professionnel, tu vas te diriger vers de nouveaux services, peut-être vers un nouveau type de clientèle, de l'assistance, je ne sais... La France, n'est pas encore couverte en numérisation (ça coûte un max), ça avance vite, mais comme tu le sais, tu as largement le temps de réagir, mais il ne faut pas trop tarder quand même, les premiers sont toujours les mieux servis.

La numérisation va diminuer ton chiffre d'affaire, mais tu n'es pas seul qui va souffrir, les associations vont devoir aussi se réveiller ou disparaître (ça fera pas de mal à certaines que je connais), les consultations aux Archives vont diminuer, les mairies retourneront à leurs routines (certaines secrétaires sont contentes de voir des généalogistes).

Ton métier va certainement évoluer plus sur l'assistance (lecture d'actes, aide à la recherche, etc...). A toi de faire évoluer ta profession, seul ceux qui iront de l'avant, survivront.

Regarde ce qui c'est passé dans l'industrie, ceux qui ont innovés, ont gagnés, mais c'est une remise en question continuelle, le monde bouge, peut-être pas comme on le voudrait, mais il faut faire avec ou disparaître....

Haut les coeurs, en avant...

Cordialement

Franck

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 13 août 06 23:26:18

Bonsoir,

Loin de moi l'idée d'imposer aux amateurs de passer exclusivement par un professionnel. Par contre, certains services d'Archives qui ont numérisé leur état civil et leurs registres paroissiaux proposent à la vente aux généalogistes amateurs les CD des communes qui les intéressent. L'Aveyron propose cela avec un coût de 30 € le CD. Cela n'empêche pas le travail du professionnel. Je suis persuadé qu'il existe plein de solutions exploitables et gagnant-gagnat pour chacun.

Je sais pertinemment qu'il va me falloir trouver de nouvelles niches et faire évoluer ma profession, ma clientèle. Je crois que j'essaie de m'y employer depuis plusieurs mois. Mais le temps que les idées que j'ai se concrétisent (un projet, cela peut prendre plusieurs années s'il faut chercher des partenaires et des financements), en attendant je vis de quoi ? Est-ce que là le Conseil Général du Tarn peut m'aider pour la recherche de partenaires, pour la recherche de financements, afin que cela aille plus vite si cela est possible ? C'est aussi une question que je veux poser à son président.

Mon questionnement est plus une recherche de solution diplomatique sur le terrain. A ma connaissance, aucun généalogiste professionnel ne s'est posé ce type de question pour le moment. La plupart considère même que la numérisation ne nous fait pas concurrence (ce en quoi à mon avis ils ont tort). A ma connaissance, dans les instances dirigeantes de la profession, au moins dans mon syndicat et à mon avis aussi à l'Union, cette question n'est pas du tout à l'ordre du jour. Il me semble que l'Union réagit plutôt dans l'urgence, quand la catastrophe est à nos portes, ce qui n'est pas encore le cas. A ma connaissance aussi, personne n'en a parlé avec la Direction des Archives de France.

Cela ne me coûtera pas grand chose de voir ce qu'en pense mon président du Conseil Général qui est aussi député. Le risque de ce côté-là me semble minime.

Cordialement, Stéphane

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Rédigé par: Franck | 14 août 06 09:48:59

Bonjour,

Je m'attendais à ta réponse. Je ne sais pas si tu ressortiras avec une bonne impression de ton entretien, mais tu auras le mérite d'avoir essayé.

Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est l'individualisme de tes confrères. Pour tout te dire, j'en ai un assez connu dans une de mes branches familiales, mais pas celui que j'ai utilisé qui est un indépendant. Vous êtes affiliés pour certains à deux instances (syndicat ou Union) et au fil des discussions entre toi et Olivier et entre ceux que je connais, je me demande parfois si vous avez le même métier.

Sans entrer trop dans le détail, je m'explique. Vous êtes peu à exercer cette profession (étant déclaré) sur l'ensemble de la France et vous n'arrivez pas à vous fédérer pour une chartre commune pour être reconnu de tous. Je suis peut-être utopique, mais une même voix doit avoir plus de poid, non ?

Je vois au fil des discussions sur ton Blog, tes doutes, tes interrogations, tes ambitions d'évolution, bref tout le questionnement que devrais avoir tout bon professionnel. Dans le monde de tes confrères que je côtoie ou ai côtoyé, ils ont tendance à ne traiter les problèmes que quand cela arrive.

Je te vois te débattre sur certains soucis qui je pense pourrait se régler plus facilement s'il y avait une meilleure union entre-vous. C'est mon opinion vu de l'extérieur, je ne suis qu'un généalogiste amateur et aussi un ex-client de votre profession.

Peut-être ai-je tort, à toi de me le dire...

Cordialement

Franck

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 14 août 06 10:13:18

Bonjour Franck,

Pour reprendre l'organisation des généalogistes professionnels, disons qu'il existe deux chambres qui se font concurrence : la Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France et la Chambre des Généalogistes Professionnels. Ces deux chambres se sont alliées avec la chambre de Coutot-Roehrig, généalogistes successoraux, pour créer l'Union des Syndicats de Généalogistes Professionnels, en 2006, pour justement ne parler que d'une seule voix. Mais cette Union est toute jeune et pas encore connue du public.

Le métier de généalogiste familial est aussi relativement jeune (moins de 30 ans d'existence). Je crois que jusqu'à présent, les professionnels ont simplement essayé de vivre de leur métier, de faire accepter celui-ci sans trop se préoccuper d'avancer tous ensemble vers un même but. Certains, très connus, se sont simplement occupés de leur réputation personnelle et advienne que pourra pour les autres. Le turn over de la profession semble enfin être en train de se stabiliser me semble-t-il, même s'il y a encore beaucoup de "déchets" par rapport aux installations.

Cette idée (avancer tous ensemble vers un même but) est très récente : je dirais deux ou trois ans, donc pas encore entrée dans les moeurs de tous les professionnels.
Je le vois au sein de ma chambre. J'ai lancé l'idée de travailler en collaboration avec l'INED sur la loi permettant de choisir le nom de famille des enfants. Il me semblait que nous pouvions être une force intéressante pour faire une statistique valable sur la France entière. Combien suivraient cette idée ? Je crois que je peux les compter sur les doigts d'une main sans utiliser tous mes doigts, et ce sur une quarantaine de membres que compte la chambre. Ils n'ont pas encore l'habitude de travailler tous ensemble alors que personnellement je pars à la recherche d'idées et de partenaires dès que mon travail à côté me le permet. Cela va se mettre en place petit à petit à mon avis. Il faut créer le besoin.

Il est vrai que j'ai une vision différente de mon métier, une vision très entrepreneuriale (et certains me le reprocheraient presque mais un métier c'est fait pour en vivre décemment). Il me semble percevoir des frémissements encourageants de transformation chez les généalogistes professionnels. Peut-être à force d'en parler, le clou s'enfonce.

A mon avis, le métier va se transformer dans les années à venir ou va disparaître.

Cordialement, Stéphane

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Rédigé par: Marie | 21 janv. 08 14:32:15

Bonjour,
pour le Lot, il y a aussi un nouveau site de relevés : www.genealogie46.com
Cordialement
Marie

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Rédigé par: Stéphane Cosson | 21 janv. 08 16:08:57

Bonjour Marie,

Merci pour l'information. Quand je disais que tout se modifie...

Il me semble de plus en plus obligatoire de se poser les bonnes questions pour évoluer.

Stéphane Cosson

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