« Rapprochement familiaux et successoraux | Accueil | Etape trois (suite) »
Ressenti, jugement et innovation
Par Stéphane Cosson le 26 novembre 2006
|
(5) Commentaires | Permalink
Quelques jours de discussion en interne m'ont fait réfléchir sur un sujet : qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont en capacité d'innover et pas d'autres ? A quoi est-ce dû ?
J'ai personnellement une réponse. A mon avis, cette question en appelle plusieurs.
Je ne sais plus où j'ai lu que, quand une innovation était lancée, elle pouvait déranger. De ce fait, le premier à la lancer pouvait chuter par manque de préparation ou parce que le marché n'était pas prêt et son idée pouvait être reprise alors par d'autres, une fois le marché préparé.
Mais cela ne dit pas pourquoi certains en sont capables et d'autres pas. Comme je le disais, j'ai personnellement une réponse.
Personnellement, je fonctionne maintenant au ressenti. Je peux humer une atmosphère, percevoir une ambiance, des signes intangibles et malaxer entre elles des idées, des perceptions, pour en tirer quelque chose de nouveau. Il s'agit d'une certaine sensibilité que je ne peux expliquer concrètement. Disons que le monde n'est plus noir ou blanc pour moi, mais plutôt comporte toute une palette de gris et d'autres couleurs. Ce qui me gouverne, c'est le lien que j'ai pu faire entre mes émotions et ma rationalité, mon savoir-faire. Je me sers des unes pour amplifier l'autre. Elles se modifient les unes les autres.
Je n'ai pas toujours été comme cela. Avant de faire ce travail sur moi-même, j'étais dans ce que j'appelle le jugement (le monde est noir ou blanc, il ne peut être les deux en même temps, les autres couleurs n'existent pas). Je possédais des certitudes et je ne voulais pas en démordre. Du coup, quand on me proposait une idée qui dérangeait mes certitudes bien établies, je la rejetais au prétexte que de toutes les façons elle ne marcherait jamais. Le meilleur moyen pour que cela soit effectivement le cas. Quand j'étais ainsi, toute innovation était forcément mort-née.
Il me semble, mais je peux me tromper, que seul le ressenti peut faire naître l'innovation. Ce que j'appelle le jugement est forcément nécrophage à mon sens.
Commentaires
Rédigé par: Jean-Yves | 26 nov. 06 21:53:53
Entièrement d'accord : rien ne se créé sans émotion au préalable !
Rédigé par: Chabasse | 27 nov. 06 17:29:38
"Ressenti, jugement et innovation
Entièrement d'accord : rien ne se créé sans émotion au préalable !"
Les réflexions seraient-elles différentes sous ce titre:
effluves , autorité, rayonnement ?
la part de l'idéfini est aussi éloquente dans bien des activites, pedagogiques ou thérapeutiques .
La vue baisse avec les années ,
mais l'essentiel ne se voit pas avec les yeux .
Rédigé par: Stéphane Cosson | 28 nov. 06 10:37:33
Bonjour,
Rien effectivement ne se crée sans émotion préalable. La créativité permet aussi de mieux canaliser les émotions ressenties, d'en faire une force motrice plutôt que de se laisser submerger parfois par elles. Les réflexions auraient été les mêmes, quel que soit le titre de ma note.
Effectivement, pour moi aussi, l'essentiel ne se voie pas forcément avec les yeux. La première impression est toujours la bonne dit-on. Ce sont les yeux qui voient mais c'est le corps qui ressent ce qui se dégage de la personne. Les yeux ne sont qu'un canal pour avoir de l'information.
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: lucien chabasse | 28 nov. 06 16:31:48
Bonjour Stéphane,
"Les yeux ne sont qu'un canal pour avoir de l'information."
... un canal parmi d'autres, semble -il
Ceux qui sont privés de la vue développent les autres sources d'information, et ils les développent mieux.
Que de fois nous regardons sans voir. ce qui est exceptionnel pour l'animal dans son milieu naturel.
Le regard à l'horizontale donne à la main la direction de l'action projetée à l'horizon et au de là.
Ce que me rappelle les conférences de Pierre Rabischong, le professeur de médecine, d'anatomie, le poète.
http://www.amazon.fr/programme-Homme-Pierre-Rabischong/dp/2130522335
Quand le doigt du serveur au tennis pointe vers la balle, les yeux ne voient que la balle, l'essentiel n'est-il pas l'image suggérée?
La danse, la gymnastique sont riches d'images aussi significatives.
Il a tellement de charme le "petit Prince " .Et voila que je retombe en enfance
Cordialement .
Lucien
Rédigé par: Stéphane Cosson | 28 nov. 06 18:33:50
Bonjour Lucien,
Effectivement, les sens se développent, disparaissent parfois, réapparaissent parfois sans que l'on sache pourquoi. Le cerveau et ses mystères !
Bien sûr, ressentir c'est être ouvert. Ne pas avoir des oeillères donc (revoilà les yeux), savoir tendre la main sans avoir peur ou pas trop (pour le toucher), sentir l'air ambiant (bonjour monsieur l'odorat), ne pas se contenter d'entendre mais écouter plutôt (merci l'ouïe)et enfin savoir apprécier les goûts des choses proposées, que ce soit un goût réel ou simplement l'aptitude à être heureux avec un rien. C'est, je crois, aussi savoir se servir des cinq sens pour en développer un sixième : l'intuition, mélange subtil des cinq autres.
Ressentir pour pouvoir créer. Je le répète, l'un ne va pas sans l'autre. Mais cela peut être dérangeant car il n'existe plus vraiment de certitudes, que des impressions. Par contre, c'est très agréable.
Cordialement
Stéphane Cosson
