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Un effondrement du système traditionnel ?
Par Stéphane Cosson le 29 janvier 2007
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(8) Commentaires | Permalink
Je viens de lire un article un article très intéressant dans Libération sur le marché du disque, notamment une interview de Chris Anderson, économiste.
Je l'ai trouvé très intéressant et, curieusement, j'ai fait le lien avec ce qui se passe actuellement dans le monde de la généalogie (à un moindre degré bien sûr).
Selon Chris anderson, dans les industries culturelles, la migration vers le numérique signifie qu'il y a désormais la place pour un choix infini et donc une demande illimitée. Sur le Net, il n'y a plus une seule cible mais des milliers de micro-communautés. On va vers une fragemetation des audiences et la règle des 80/20 sera de moins en moins pertinente pour fonder une activité.
Actuellement existe la colossale puissance du bouche à oreille en ligne. il y a en outre des voies de ditribution alternatives sur le Net et de nouvelles sources de financement. Selon lui, toujours en parlant de l'industrie musicale, si elle veut survivre, elle doit s'adapter et proposer de vrais services, arrêter de se positionner comme une vendeur d'enregistrements. Cela signifie qu'il va falloir faire de l'argent dans tout ce qui n'est pas repliable, pas numérique : le merchandising, les contrats de licence de droits et le live.
Je trouve que ses réflexions sur l'industrie musicale peuvent s'appliquer à la généalogie. Les généalogistes professionnels sont désormais fortement concurrencés par les la mise en ligne des états civils et par les dépouillements des bénévoles. Certes, me direz-vous, les minutes notariales ne seront jamais numérisées car trop importantes en volume. A nous professionnels de la généalogie de créer des niches dans lesquelles nous apporterons vraiment notre plus-value, là où personne ne pourra nous suivre ou difficilement. Je crois qu'il faut vraiment repenser notre façon d'agir en généalogie. Nous avons un modèle économique à inventer. C'est plutôt sympa comme idée, non ?
Commentaires
Rédigé par: Sébastien AVY | 30 janv. 07 15:36:46
bonjour
et pourquoi donc les minutes notariales seraient-elles pas numérisées ? et même toutes les séries des AD, les collections de bibliothèques, etc ...
Oh je sais, ce n'est certainement pas pour demain, quoique il suffit de constater le nombre d'AD en ligne de plus en plus nombreuses.
Mais penser que tout ne sera pas un jour numériser est une erreur. Je pense au contraire que c'est bien la l'avenir.
Comme toute les nouvelles technologies, au début, cela revient assez cher de l'utiliser, mais le progrès étant ce qu'il est, dans quelques années les programmes de numérisations reviendront bien moins chers grace au développement technique.
Des exemples : la voiture, le téléphone, la radio, la télévision, les ordinateurs fixes, les téléphones portables, les ordinateurs portables, les appareils photos numériques, lecteur DVD, l'ADSL, etc ...
Tous, ils ont été à leur début des produits de luxes réservés à une certaine catégorie de la population.
Aujourd'hui ils sont partout.
Alors, les collections de la BNF ou des Ad du coin entièrement en ligne sur internet ... mais c'est tout simplement pour après-demain.
Rédigé par: Stéphane Cosson | 30 janv. 07 15:59:49
Bonjour,
Merci pour votre commentaire. Actuellement, la numérisation des minutes notariales est impossible car beaucoup trop coûteuse. Les minutes notariales sont un fonds beaucoup plus important que l'état civil ou les BMS en terme de mètres linéaires. Rechercher dans une minute notariale est en outre beaucoup plus compliqué que dans les NMD ou les BMS. Ce qui explique pourquoi ce n'est absolument pas à l'ordre du jour.
Je crois que ce n'est vraiment pas une question du coût de la technique mais bien une question de coût par rapport à l'importance des fonds.
A mon avis, croire au tout numérique est aussi une erreur. Et ceux qui n'auront pas les moyens de se payer un ordinateur parce qu'ils sont trop pauvres dans leurs pays (par exemple) ? On les oublie ?
Je penche plutôt sur la mise en place d'un commerce équitable du numérique.
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: Sébastien AVY | 30 janv. 07 17:49:01
je ne suis pas d'accord. On est en train de changer de société orienté vers le tout numérique.
A chaque grand changement, il y a toujours eu des sceptiques pour ne pas y croire et l'histoire leur a donné de cuisant démentis : le train, le charbon, le pétrole, etc...
Regardez à quelles vitesses les cédéroms/DVD ont remplacé les vinyls ou les VHS.
Google s'y est mis le premier en voulant numériser les bibliothèques anglo-saxonnes, la région Alsace a suivi en numérisant la BNU de Strasbourg. Il y a un projet européen, en rade pour l'instant.
Le XXIème siècle sera numérique, ou ne sera pas ;-)
Rédigé par: Stéphane Cosson | 30 janv. 07 19:11:56
Bonjour,
Deux points par rapport à votre commentaire.
Tout d'abord, je pense aux pays qui n'ont pas accès à notre richesse économique. Ne peut-il y avoir du commerce équitable du numérique à leur égard ?
Ensuite, il ne faut pas croire que le numérique est la panacée universelle. Actuellement, seul le support papier fait preuve juridiquement. Ensuite, il est clair qu'à chaque changement de support, tout ce qui n'est pas transféré sur le nouveau support est perdu, à moins de garder aussi la technique qui va avec. Vous en connaissez beaucoup qui gardent les anciens ordinateurs ? Personnellement, non.
Qu'en pensez-vous ?
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: Sébastien AVY | 31 janv. 07 14:21:41
Bonjour
pour le point 1 :
les différences de niveaux technologiques dans les différentes sociétés humaines, il y en a toujours eu, et sauf d'arriver à fonder la société parfaite, il y en aura toujours. Je ne pense pas qu'il faille arrêter le progrès technologique pour laisser le temps aux autres de nous rattrapper. A ce compte la, nos ancêtres ne seraient jamais sortis de leurs cavernes.
Quand au commerce équitable, il appartient à la société parfaite. Ce qui ne veut pas dire que j'y suis opposé.
Pour le point 2.1 :
oui aujourd'hui, seul le support papier fait preuve. Il y a quelques siècles, ici ou ailleurs, on préférait la parole donnée ou jurée. Nos sociétés changent, évoluent. Demain le support numérique fera preuve. Il suffit de faire évoluer la loi. Après tout le Code Civil de 2007 n'est pas le même que le Code Civil de 1805. Comment peut-il en être autrement, lui qui s'insinue de partout dans notre vie. Sans le numérique aurions-nous cette discussion ?
Pour le point 2.2 :
Donc tous les travaux actuels de numérisation ne servent à rien puisque ils seront perdus tot ou tard ? Je pense, j'espère, que les institutions, auront pensées à assurer la survie de leur données numériques. L'INA a débuté un programme de numérisation de ses archives TV. Les majors de la musique n'ont-elles pas ressortit sur cédérom de vieilles chansons parues en vinyl. Tout à l'heure, j'écoutais des musiques provençales écrites à la fin du XIXème siècle, elles sont toujours la.
Il est bien certain que seules des institutions publiques ou des sociétés commerciales peuvent maintenir en vie leur patrimoine numérique.
Quand aux particuliers, je pense qu'ils devraient parvenir à sauvegarder son patrimoine numérique contenue dans son DD.
Vous-même, n'avez-vous pas fait cette action de sauvegarde envers vos listes-éclairs ? Vous les avez fait de WORD vers EXCEL, et d'EXCEL vous avez la possibilité de les envoyer vers n'importe quelle base de donnée actuelle. C'est bien une forme d'action de sauvegarde, ou je me trompe ?
Rédigé par: dracula | 1 févr. 07 12:16:03
La numérisation des archives notariales m'apparait ardue, sinon impossible. Quiconque a travaillé dans le notariat connait l'avant de l'apres, photocopieuse. Les archives de plusieurs siecles ne prenaient pas de place, payé au mot et à la page, les clercs economisaient le papier. En clair, il faut de sacrés loupes pour lire les actes des siécles passés.
Par contre, les archives sont collossales pour les dernieres decennies...
Rédigé par: Stéphane Cosson | 1 févr. 07 18:30:41
Bonjour,
Je n'ai jamais dit que les travaux numériques ne servaient à rien. Par rapport à la consultation massive actuellement des archives, ce ne peut être qu'un bien. Je disais simplement qu'il faut penser à bien sauvegarder les outils quand on change les supports.
Personnellement, certes je suis passé de Word à Excel mais je n'ai pas changé d'ordinateur. C'est toujours sur le même outil. Seul le logiciel a changé. La nuance est de taille.
Evidemment que le Code Civil change et heureusement. Mais il y a le Code Civil et les habitudes que l'on peut avoir. Le droit et la coutume en quelque sorte. Pas si simple de modifier les deux.
Sinon, personnellement, le commerce équitable me paraît une évidence. On ne peut pas s'enrichir de plus en plus en appauvrissant de pus en plus le reste de la planète. Gare sinon au retour de boomerang !
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: Stéphane Cosson | 1 févr. 07 18:35:17
Bonjour,
Tout à fait d'accord avec votre commentaire. C'est le propre des archives actuelles d'être expansives. C'est la raison pour laquelle les archivistes ont changé de système, clôturant quasiment toutes les séries pour n'en avoir qu'une seule : la W. C'est la raison pour laquelle ils ont aussi inventé le tri archivistique des documents, les différents âges d'un document d'archives.
Cela pose un souci à tous, sans que nous le sachions véritablement.
Cordialement
Stéphane Cosson
