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Formation professionnelle en généalogie
Par Stéphane Cosson le 18 mai 2007 | (10) Commentaires | Permalink
Quand in s'installe, on aimerait bien auparavant avoir suivi une formation.
L'idéal, pour devenir généalogiste, serait d'être déjà installé pour connaître les erreurs à ne pas commettre quand on veut s'installer. Le problème, c'est que cela ne marche pas comme cela.
Enfin jusqu'à présent ...
Il semblerait en effet que, même dans ce domaine-là, il y ait de l'évolution. J'ai en effet appris que l'Université de Corse Pasquale Paoli, à Corte, est en train de mettre en place une licence professionnelle de généalogie, qui ouvrirait en septembre 2008.
Cette formation s'adresserait aux étudiants ayant déjà suivi deux années de droit. Il y aurait une douzaine de places ouvertes.
Il y a de fortes chances que cela soit en rapport avec la volonté des Corses de sortir de l'indivision foncière. Mine de rien, ce n'est pas à cause des indépendantistes qu'il y a le plus de meurtres en Corse. C'est à cause de l'indivision. Il semblerait, d'après une de mes collègues, qui travaille en Corse, que ce soit un fouillis pas possible et qu'ils auront besoin de main d'oeuvre pour essayer de s'en extirper sans trop de dégât.
Mais bon, je m'avance peut-être à ce sujet. Ce qui me semble être une bonne nouvelle quand même c'est la mise en place de cette formation professionnelle. Pour le moment, je ne peux vous en dire plus. J'ai écrit au Président de l'Université de Corse Pasquale Paoli pour en savoir plus. A suivre donc...
Commentaires
Rédigé par : Jérôme Malhache | 21 mai 2007 23:08:05
Cette nouvelle est à la fois réjouissante et d'une grande portée. Elle l'est pour les généalogistes aujourd'hui en exercice et pour ceux qui aspirent à se diriger vers ce métier. Deux axes de réflexion m'engagent à le penser.
D'abord le choix d'une licence professionnelle. Je trouve ce choix judicieux. Il correspond bien aux profils de ceux qui ont vocation à consolider les rangs des pionniers de la généalogie. Il y correspond bien mieux qu'un éventuel mastère (un n-ième)sans réelle connexion avec la réalité du métier de généalogiste.
Ensuite, l'émergence même de ce cursus. Je le commenterai à deux titres. Premièrement en le comparant à un parcours professionnel que j'ai moi-même expérimenté. Deuxièmement en me référant aux travaux de l'Union des syndicats de généalogistes professionnels (USGP)auxquels j'ai participé d'abord comme vice-président puis comme président de la Chambre des généalogistes professionnels (CGP).
Le cursus que j'ai jadis expérimenté est celui des stagiaires commissaires-priseurs. Pour accéder au stage il fallait être (avant 1985 si ma mémoire est bonne)diplômé en droit ou en histoire de l'art, puis, après, diplômé en droit et en histoire de l'art. Mais dans un cas comme dans l'autre, à partir de l'accession à la qualité de stagiaire, un cycle d'enseignement spécifique était fourni sous la direction de la Chambre nationale des commissaires-priseurs. Les cours portaient par exemple sur la gestion d'une étude, sur la pratique des ventes judiciaires, toutes choses non apprises sur les bancs de la fac de droit. Les cours portaient aussi sur les bronzes, les tapis, la faïence, toutes choses, terre à terre, non vues par l'étudiant qui avait étudié l'égyptologie à l'Ecole du Louvre. Thème bien éloigné du quotidien qui l'attendait. Ces cours, assurés par des professionnels, étaient d'un grand profit pour le stagiaire.
Lorsqu'en 2004/2005 nous nous sommes réunis entre généalogistes pour mettre en place une union professionnelle, le thème de la formation a tout naturellement été évoqué. La carence actuelle, mais aussi les accidents de parcours de certains généalogistes, introduits sans préparation dans l'exercice de ce métier, ont imposé le sujet.
Pour résumer, il est ressorti de ces échanges que l'USGP, structure confédérale représentant la grande majorité des professionnels aujourd'hui en exercice, aurait vocation à participer à l'action de formation. Cela de deux manières : 1) En assurant une formation continue pour les généalogistes professionnels (la plupart des familiaux, mais aussi certains successoraux, sont en attente de mise à niveau ou de confirmation de leur expertise ; 2) En préparant les outils d'accès à une profession non réglementée qui ne saurait s'exercer dans le désordre, tant sur le plan de la gestion d'entreprise, que dans l'application de standards de la relation client, sans même évoquer le besoin élémentaire du socle de connaissances ; de telle sorte que pourront être minimiser les échecs d'installations insuffisament préparées.
En conclusion je salue l'initiative de l'Université de Corte. Ce n'est pas seulement ma part de sang corse qui vibre à cette annonce. C'est aussi parce que, comme professionnel, je sais qu'un signe apparait toujours à point nommé lorsqu'un processus, qui de toute façon va exister, doit prendre corps.
Rédigé par : stéphane Cosson | 23 mai 2007 09:55:28
En ce qui concerne l'USGP, si elle veut s'impliquer, je crois qu'il pourrait y avoir une solution : mettre en place une politique de formation diplômante en alternance.
Nous savons tous, du moins les familiaux, que les premiers mois sont difficiles. Les clients ne nous connaissent pas. Il faut que le bouche-à-oreille se fasse. Pourquoi ne pas profiter de cette période creuse pour se former, notamment dans le domaine de la gestion d'entreprise ? Chaque syndicat pourrait le faire par rapport à ses nouveaux membres sous l'égide de l'USGP. Les nouveaux pourraient ainsi avoir un tuteur avec qui discuter des difficultés, de la mise en place des moyens pour les résoudre. Les tuteurs, quel que soit leur syndicat, pourraient se réunir entre eux pour se débriefer, parler des problèmes que leurs "tutorisés" rencontrent. Bref, créer un véritable mouvement de formation.
Et pourquoi pas, en partenariat avec les formations universitaires ? Pourquoi les étudiants ne feraient-ils pas des stages chez des professionnels aguerris, les futurs familiaux chez des successoraux en place et vice-versa histoire de mieux se connaître, puis un stage long dans sa spécialité pour voir la réalité concrète du terrain, avec un dossier bien spécifique à traiter ?
Quel risque y a t-il ? A mon avis aucun. Simplement une meilleure reconnaissance et connaissance de la profession.
Rédigé par : Jérôme Malhache | 25 mai 2007 23:04:13
Décidément, le thème de la formation est crucial. C’est en tout cas un sujet qui me passionne. Ce n’est pas la première fois que nous l’abordons ensemble, Stéphane. Charles Hervis en avait déjà rendu compte dans les colonnes de la RFG. Tes axes de réflexions sont intéressants et ils m’inspirent d’autres remarques.
Selon l’APCE (Agence pour la création d’entreprise) seulement 15% des créateurs d’entreprise suivent une formation appropriée avant de se jeter à l’eau (Source : 20Minutes-Paris). Je pense que dans notre secteur, la généalogie familiale, ce ne sont plus 85% des créateurs qui souffrent d’un manque de préparation, mais sans doute 99%. La proportion doit être presque aussi importante dans l’autre branche, la généalogie successorale, mais la prééminence d’entreprises historiques, pérennes et leader, occulte peut-être le phénomène.
Tout cela tient en partie à l’histoire récente de la profession. Ainsi, pour ne parler que des familiaux, il faut se souvenir que dans les années 80, ils pratiquaient de petites recherches pour le compte d’autrui sans même avoir besoin d’être inscrits à l’Urssaf. Ils déclaraient ces sommes dans leurs revenus sans autre tracas. Beaucoup devaient penser que ce statut de vrais-faux professionnels était la panacée (je remercie au passage un pionnier de m’avoir éclairé récemment sur ce point). Autant dire qu’avec de tels profils on était loin de l’esprit d’entreprise. Dans ces conditions comment imposer l’image du professionnalisme auprès du public ?
Les temps ont changé. L’improvisation n’est plus de mise. Pourtant on voit encore de nombreux candidats, postulant auprès de chambres professionnelles, qui croient que parce qu’ils aiment la généalogie et qu’ils en connaissent les techniques, ils peuvent s’installer comme professionnels. Ils risquent de très vite confirmer la statistique qui dit qu’une entreprise nouvellement créée sur 3 met la clef sous la porte dans les 3 ans. Ils oublient : comptabilité, marketing, droit, fiscalité,… bref, tous les aspects incontournables de la gestion d’entreprise.
Pour autant il faut adapter les formations à ceux qui en ont besoin. Les mastères des écoles de commerce qui s’adressent à des Bac + 5 ne correspondent que rarement aux profils de ceux qui se dirigent vers notre profession de généalogiste. On y vient souvent après une autre vie professionnelle (gage de richesse d’ailleurs). On y vient aussi après une expérience de salarié dans un cabinet successoral. Expérience qui prépare au métier mais qui ne prépare pas forcément à la gestion d’entreprise. Ces constats devraient servir de fil rouge aux procédures paritaires qui pourraient voir le jour.
En 1994, avant de créer mon entreprise (en 1995, dans un autre domaine que la généalogie), j’ai eu la chance de bénéficier d’une formation en « création et gestion d’entreprise ». J’ai pu mesurer les paramètres et prendre conscience de certains écueils. Si j’ai sauté le pas, quand même, je l’ai fait en connaissance de cause. La prise de risque n’est jamais raisonnable. Mais au moins elle peut être évaluée, quantifiée. Et quand je me suis présenté devant un banquier, avec un dossier nickel, avec un compte de résultat prévisionnel, alors j’ai compris que tout le travail en amont avait sa raison d’être.
Rédigé par : Stéphane Cosson | 26 mai 2007 08:43:35
Ce que je constate, en me basant sur les personnes qui m'e-mailent et qui veulent s'installer comme généalogiste familial, c'est qu'aucun n'y va les yeux fermés. Pour le moins, ils essaient de trouver de l'information sur la profession. Ils veulent du concret, tous. Mais ce concret, cette information économique sur la profession fait cruellement défaut. Même si quelques solutions existent : l'étude que nous avons faites, Laurence Abensur-Hazan et moi-même, la fiche rédigée pour le compte de l'APCE qui va sortir au mois de juin. C'est mieux que rien mais c'est insuffisant. Cela n'explique pas tout le côté gestionnaire, concrètement.
Certains se font aider avant de s'installer : Coopérative d'activité, couveuse, Boutique de Gestion. Mais comment établir un business plan sur trois ans pour une profession pour laquelle quasiment aucune information économique, statistique n'existe, ne peut se trouver ?
Il me semble que, en plus de la formation à proprement parler, il serait temps aussi que, peut-être sous l'égide de l'USGP, des études économiques soient lancées sur la profession, que nous soyons familiaux ou successoraux. Comment fournir sinon de la statistique à ceux qui veulent se former au métier ? Comment pouvons-nous faire évoluer ces métiers ? Pour une fois, interrogeons au niveau national le passé de notre profession, surtout pour les familiaux.
Se présenter devant un banquier avec un dossir nickel, avec un compte de résultat prévisionnel, est plus que primordial. Mais il faut aussi qu'il soit réaliste, le plus proche possible de la réalité, pour que le banquier puisse étudier le dossier en toute quiétude, avec des comparatifs.
Rédigé par : Basile Audigier | 24 mar 2008 16:09:21
Bonjour,
je suis actuellement en 3ème année de Droit à Montpellier. J'aimerai savoir comment-on devient généalogiste successoral ou familial. Apparemment, il n'y a pas de master professionnel.Est-ce que vous avez des nouvelles de cette licence professionnelle à Corte? Quel genre de master I me conseillerez-vous?
Merci, déjà pour toutes les informations que j'ai pu récolter sur votre Blog.
Rédigé par : Stéphane Cosson | 24 mar 2008 17:00:50
Houlà, comme vous y allez ! Vous conseiller sur un Master I ? Mais je ne sais pas !
Sinon :
Si la profession vous intéresse, j'ai rédigé une fiche métier pour le compte de l'APCE ainsi qu'un premier aperçu d'étude économique de la profession (avec une consoeur). Cette dernière date de 2005, mais faute de mieux pour le moment... Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à m'écrire à mon e-mail personnel.
Pour ce qui est de la licence professionnelle, le mieux là encore est de vous adresser à Jean-Noël Védère, président de la Chambre des Généalogistes Professionnels, qui est plus à même de vous répondre.
Pour devenir généalogiste successoral, le mieux est d'envoyer spontanément des CV aux sièges sociaux des généalogistes successoraux parisiens? A ma connaissance, c'est la meilleure façon d'apprendre le métier.
Je ne peux vous en dire plus pour le moment, j'en suis désolé. J'espère que je vous aurais éclairé quand même.
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par : plop | 5 août 2009 13:18:09
Bonjour,
Je m'inscris cette année en première année de droit à Corte.
Essayant de voir toutes les perspectives qui s'offrent à moi, j'ai vu l'existence de cette licence professionnelle.
Je voudrais en savoir plus sur la profession, si vous pouviez donc m'envoyer votre fiche métier et votre étude économique.. Je n'ai pas votre mail personnel.
Cordialement.
Rédigé par : Stéphane Cosson | 5 août 2009 13:26:54
Bonjour,
Je vous donne mon e-mail : stephane.cosson@aliceadsl.fr. J'aurais besoin de votre adresse pour pouvoir vous l'envoyer.
Cordialement
Rédigé par : sd | 22 sep 2010 20:36:49
Bonsoir Monsieur,
J'ai toujours été intéressé par la généalogie et je songe sérieusement à me réorienter dans cette profession.
Je suis fonctionnaire et j'aurai aimé savoir les modalités pour y parvenir.
Je vous remercie
Cordialement
Rédigé par : Stéphane Cosson | 23 sep 2010 09:46:21
A mon avis, la première chose à faire est une étude de marché : où voulez-vous vous installer ? Existe-t-il de la concurrence ? Les cercles sont-ils dynamiques ? Les Archives sont-elles sur Internet ? Quelles sont vos motivations profondes pour quitter un emploi sûr pour aller vers un emploi plus aléatoire ? Depuis quand faîtes-vous de la généalogie ? Qu'allez-vous proposer à votre future clientèle ? Comment pouvez-vous vous démarquer ?
Il existe, je crois, différentes formules pour que ce temps de réflexion obligatoire à mon sens soit un temps rémunéré. Voyez avec votre employeur.
Ensuite, sous quelle forme voulez-vous vous installez : auto-entrepreneur, entreprise individuelle (pour mémoire, l'auto-entrepreneur n'est qu'une des formes de l'entreprise individuelle), société ? Etudiez les avantages et les inconvénients de chacune.
Vérifiez s'il existe là aussi des formules qui soient pour vous un filet de sécurité. Ne lâchez pas la proie pour l'ombre. Pas le moment de vous retrouver ensuite au RSA si vous ne pouvez réintégrer la fonction publique et que votre envie se transforme en un échec.
Je le rappelle, c'est un métier difficile. De 3 à 5 ans sont nécessaires pour que le bouche-à-oreille fonctionne et que vous puissiez vous payer un SMIC. 3 à 5 ans sans vacances, sans week-ends, à travailler 70 h/semaine voire plus. Cela va modifier la situation familiale, les revenus de votre foyer, forcément. Y êtes-vous prêt ?
La passion c'est bien, c'est exaltant, dynamisant, épanouissant, mais elle a un coût. Etes-vous prêt à le payer ?
