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Pouvoir réel contre pouvoir légal
Par Stéphane Cosson le 8 septembre 2007 | (0) Commentaires | Permalink
Je ne sais plus où j'ai lu qu'auparavant le monde était coupé en deux : les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Puis, les mauvais s'étant éliminés d'eux-mêmes, il y a eu les bons et les innovants. Désormais, dans le monde économique, il existe les rapides, dans le sens "ceux qui savent réagir", et tous les autres sont morts.
Cela m'a fait penser à la notion de pouvoir : pouvoir réel contre pouvoir légal. Dans les deux cas, il s'agit de pouvoir, mais pas vraiment du même. Eh oui, une fois encore, l'ouvrage d'Anis Bouayad sur les alliances stratégiques.
Pour Anis Bouayad, le pouvoir traditionnel est associé à la puissance. On prend le pouvoir contre les autres. Pour cet auteur, le pouvoir peut emprunter d'autres voies : la conviction, la persuasion, la séduction ... Dans tous les cas, un consensus s'installe.
Pour cet auteur, non seulement on ne prend pas le pouvoir en luttant contre mais surtout en luttant avec les autres. Prendre le pouvoir en luttant avec ? En voilà une drôle d'idée mais personnellement elle me plaît bien.
Dans le premier cas, on se confronte, c'est la guerre et que le meilleur gagne.
Dans le deuxième cas, on s'en fout de savoir qui est le plus fort car on est tous dans la même galère, tournés vers un même but. Dans ce cas, le pouvoir égale une mutualisation de la décision et une association dans l'action. Faire ensemble pour exister chacun. Exister avec d'autres plutôt que de mourir seul, marginalisé. Dans ce cas, le pouvoir se partage. Il n'y a aucune domination des uns sur les autres. Chacun a une once de pouvoir dans sa spécialité. On se donne les moyens d'évoluer.
Tenez un exemple très personnel : vous avez pu le constater, il y a régulièrement dans les commentaires des demandes concernant la généalogie successorale. Ce n'est pas ma spécialité. Est-ce une raison pour ne pas y répondre ? J'ai préféré aller chercher un généalogiste successoral compétent qui réponde à ma place. Cela rassure ainsi les personnes qui font les demandes. Résultat : j'ai appris qu'un membre d'un des plus grands cabinets de généalogie successorale lisait occasionnellement le blog. J'ai pris contact et une association naîtra peut-être de ce contact. Je ne sais pas encore quelle forme elle prendra. Tout est ouvert me concernant. Peut-être qu'un bout de chemin pourra se faire ensemble dans une troisième voie qu'aucun n'imagine encore. Mais c'est vraiment cela qui m'intéresse.
J'aime beaucoup cette notion de pouvoir telle que définie par Anis Bouayad. Cela renforce ma réflexion sur la stratégie à mettre en place pour mon entreprise ou dans le cadre de mes engagements personnels.
Territorialité de la généalogie ?
Par Stéphane Cosson le 1 septembre 2007 | (4) Commentaires | Permalink
Il me semble que l'arrivée d'Ancestry sur notre territoire doit inciter à se poser différemment des questions. Ancestry joue le rôle du chien dans le jeu de quilles.
Quelle est la territorialité de la généalogie ? Peut-être pour commencer une définition de la territorialité : il s'agit d'un espace géoéconomique dans lequel la stratégie est déployée, les activités affectées, les alliances nouées, les ressources allouées, selon Anis Bouayad.
Si nous y regardons de plus prêt, nous avons d'un côté une entreprise qui arrive en France après s'être implantée ailleurs. Pour elle, son territoire de développement est le monde. Il s'agit d'Ancestry. Nous avions déjà une autre entreprise de ce type, mais moins agressive, qui avait d'autres objectifs de travailler sur le monde : les Mormons. A ma connaissance, Ancestry n'a pas de but religieux mais seulement des buts commerciaux.
Si nous y regardons, la France en tant que territoire semble être un territoire approprié pour Ancestry. La généalogie en tant qu'activité économique s'y est déployée petit à petit depuis maintenant 30 ans, se développant, créant de la richesse. Même si les bases de données d'Ancestry en France sont pour le moment ridicules par rapport à celles des entreprises françaises, elle a créé une présence sur le territoire. Ancestry n'a rien acquis ou pas grand chose. L'important, je crois, n'est pas sa force, sa puissance, sa taille. Ancestry est là, met en place son maillage, sa stratégie. Ancestry peut se déployer avec peu.
De l'autre côté, nous avons plusieurs entreprises françaises qui, à ma connaissance, sont principalement franco-françaises. Que ce soit SWIC, Geneanet ou Notrefamille.com, à ma connaissance, auncune n'est sortie de l'Europe. Il y a, il me semble, un certain déséquilibre entre Ancestry et elles, déséquilibre qui peut être comblé.
Imaginons : la France a un fort passé colonial et possède aussi une capacité intéressante d'accueil des étrangers. Et si cela pouvait servir d'appui, de base à un développement vers l'international des entreprises françaises ? Et si, nous généalogistes professionnels familiaux, pouvions jouer un rôle dans ce jeu ? Nous sommes en effet basés sur toute la France. Un maillage a été créé, différent du maillage des associations généalogiques. Nous pouvons apporter une compétence différente. A nous de savoir créer des alliances intéressantes sinon le réveil va être rude.
