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Faux et déception
Par Stéphane Cosson le 25 avril 2008
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(14) Commentaires | Permalink
Un de mes clients m'a demandé il y a quelques temps de vérifier une généalogie qu'il avait trouvé dans une revue. Il était tout content : le généalogiste qui avait établi celle-ci lui disait qu'il descendait d'une bâtarde inconnue de Henri IV. Qui plus est, il donnait des dates, des noms de notaires, des cotes plus ou moins précises mais faciles à retrouver.
Ce qu'il voulait en me demandant de vérifier cette généalogie, c'était de pouvoir lui fournir les preuves. Il était en train de rédiger l'histoire de sa famille, pensez si cela était important : il descendait de Henri IV ! Ce n'est pas donné à n'importe qui !
La réalité s'est révélée toute autre.
Rien de ce qu'avait écrit le premier généalogiste ne s'est révélé exact. Mais absolument rien. Tout avait été inventé de la première à la dernière ligne, y compris les cotes d'archives. Tout !
Quelle déception pour mon client, même si ce que je lui ai découvert par ailleurs, la véritable généalogie, lui a fait plaisir.
Mais pas de bâtarde inconnue de Henri IV ! Lui qui avait commencé à échafauder le plan de son ouvrage à partir de cela, il devait tout recommencer.
J'ai donc qualifié auprès de mon client l'autre généalogiste de "faussaire". Quand on invente tout, y compris des preuves, on est bien dans ce domaine-là il me semble. Je pense même que juridiquement cela peut avoir des conséquences. Je ne trouvais pas, à ce moment-là, mon opinion mal venue. Autant prévenir la communauté généalogique, si elle ne le savait déjà, qu'il fallait se méfier comme de la peste d'écrits de tel généalogiste. J'ai alors appris que nous étions plusieurs à nous en méfier, principalement dans le Midi de la France. Que d'autres généalogistes avaient essayé de trouver les preuves qu'il annonçait mais que rien, absolument rien, à chaque fois, n'avait été trouvable. Bref, un loup blanc !
Mais j'ai appris aussi que d'autres le soutenaient pour diverses raisons. Et que surtout, dénoncer un "faussaire" en généalogie pouvait être une action courageuse (après tout si je n'ai pas de preuves certaines, il peut m'attaquer en diffammation) mais aussi quelque chose considéré comme un jugement de valeur. Où est alors le vrai ? Quelle est la meilleure action : se taire ou pas ? J'avoue que je ne sais pas. Mon coeur me dit de dénoncer, ma tête raisonne en terme d'ennuis possibles.
Qu'auriez-vous fait ?
Commentaires
Rédigé par: Raphaël | 25 avr. 08 14:50:39
Il vaut mieux tout de même ne pas vous mouiller sans prendre de recul, ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur vos activités généalogiques (surtout si ce "faussaire" est soutenu par de nombreux généalogistes... mais pourquoi ?).
En même temps, si ce travail de faussaire ne répond pas à une commande payée, peut-on réellement l'attaquer ? dans quelle mesure une généalogie fausse publiée a gratis dans une revue est un délit ?
Je suppose qu'en prenant contact avec vos collègues qui ont déjà remarqué ses erreurs vous pourrez déjà avoir des preuves des erreurs et fausses pistes qu'il engendre. Et éventuellement en prenant contact avec le généalogiste incriminé, peut-être pourrez-vous lui demander d'où viennent ces erreurs, et quelles sont ses motivations.
Mais une dénonciation de front... ce seront des ennuis à la clé :)
Rédigé par: Stéphane Cosson | 25 avr. 08 18:24:19
Bonsoir,
Houlà, je n'attaque jamais de front. Pas fou, non ? En fait, c'est quelqu'un que je connais depuis la fin des années 80. Nous sommes plusieurs professionnels à ne plus tenir compte des informations qu'il peut donner.
Sinon, toutes les explications que j'ai pu avoir disaient que les informations lui auraient été transmises pas un membre de sa famille qui ne lui aurait jamais transmis les sources de ses recherches.
Je me pose simplement des questions, même si c'est publié sans droits d'auteur. On sait bien que, même actuellement, tout le monde ne vérifie pas les informations qu'il peut transmettre à d'autres, via Internet ou autrement. Comment séparer le bon grain de l'ivraie ? Comment faire comprendre à nos clients, en tant que professionnel que, quand on nous envoie des données de cette source, il faut tout refaire alors que ceux-ci nous les envoie de bonne foi ?
Je crois que ce sont aussi des questions qu'il faut se poser.
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: Guillaume R. | 25 avr. 08 19:50:33
Bonjour
Il n'est pas facile, même quand on est dans son bon droit, de se lancer dans des actions pouvant déboucher au juridique, et ceci surtout si on a pas un petit matelas financier.
Peut-être une dénonciation par un organisme type chambre syndicale, est elle plus appropriée ?
Pour info :
Article 2.2 du code de déontologie de la FFG http://www.genefede.org/menu.php?mbre=&partie=4&page=12
2.2 - Le généalogiste prend soin de ne pas véhiculer d'informations généalogiques erronées, en vérifiant les renseignements recueillis aux sources initiales (état civil, actes notariés, etc.) avant de les diffuser, ou, en cas d'impossibilité, en faisant mention de l'inaccessibilité de la source initiale ou en précisant pour le moins la source d'où il les a lui-même tirées.
Rédigé par: Stéphane Cosson | 26 avr. 08 08:35:33
Bonjour,
Au risque de me faire sanctionner par eux, voire même exclure de ma chambre syndicale par lettre recommandée sans préavis :
La question a été posée au CA de ma chambre syndicale. Je ne crois pas déformer leurs propos en disant que, pour eux, il s'agissait de ma part d'un jugement de valeur déplacé. Même s'ils ont des preuves irréfutables...
Cordialement
Stéphane Cosson
Rédigé par: Laurent Desché | 2 mai 08 09:44:42
Bonjour Monsieur Cosson,
la généalogie n'est pas une science exacte et malgré toutes les précautions que l'on peut prendre, elle comporte une part non négligeable d'erreurs. Comme tout chercheur, le généalogiste est amené à émettre des hypothèses et ensuite à les vérifier.
Les généalogies fausses existent de tout temps. L'un de mes arrières-arrières-grands-pères, notaire de la République, a commis une généalogie fausse, pour un quart des données qu'il avait collectées. Cela en fait-il un faussaire ?
Dans le cas que vous citez, la création de toute pièce d'une généalogie imaginaire, avec de fausses références et de fausses preuves à l'appui, s'apparente à la création de faux tableaux. Il s'agit d'un délit prévu dans le code pénal, sous le terme de "faux et usage de faux en écritures privées".
Voir par exemple : http://lexilis.free.fr/notesjur/note56.htm
Si vous devez dénoncer le faussaire, il faut le faire "preuves à l'appui". Je crois que le fait d'inventer de toutes pièces des références à des documents d'archives suffit à caractériser le délit. Il y a usage de faux si l'auteur vend son "travail" ou le publie.
Je suis étonné que votre syndicat professionnel ne veuille pas appuyer vos démarches ! La confraternité a ses limites. A quand un ordre professionnel obligatoire pour lers généalogistes, comme cela vient d'être imposé aux kiné et aux infirmiers ? A moins que la profession de généalogiste ne soit appelée définitivement à disparaître !
Rédigé par: Raphaël | 5 mai 08 11:07:34
"Je crois que le fait d'inventer de toutes pièces des références à des documents d'archives suffit à caractériser le délit."
>> en effet ! :)
En tout cas Stéphane, je pense que ce genre de travaux bâclés et faussés, s'il s'agit d'un généalogiste pro, ne peuvent faire du bien à l'image de la profession. Si la chambre syndicale ne s'en rend pas compte, alors ce sera à vous d'utiliser cet exemple pour affirmer votre professionnalisme et renforcer votre image de sérieux ;)
Rédigé par: Stéphane Cosson | 5 mai 08 11:21:54
Merci pour vos commentaires.
Heureusement, si je puis dire, il ne s'agit pas d'un professionnel, pas que je sache en tout cas. Mais je crois que cela ne change pas grand chose.
Quant à la chambre à laquelle j'appartenais, je me suis fait viré au bout d'un mois (pas pour cette raison). Nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes sur tous les sujets.
Rédigé par: MORTIMER | 5 mai 08 19:00:14
Attention à l'orthographe, monsieur COSSON, faites-vous relire : votre ami Christophe n'est-il pas meilleur que vous ?
Bien sûr qu'il faut l'ouvrir, mais à bon escient car se taire, c'est être complice, non ?
Qui peut bien être ce faussaire ? Le saura-t-on un jour ?
Rédigé par: micmac | 5 mai 08 19:38:56
Mais que s'est-il passé avec votre chambre syndicale ? Qu'avez-vous fait de si grave pour qu'une décision aussi dure soit prise ?
Oui, je rejoins l'avis de certains, il faut toujours vérifier avant d'annoncer des choses comme celles-ci. Qui est ce faussaire ? Je suis étonné de voir que d'autres généalogistes (professionnels ?) le connaissent et ne font rien !
bon courage pour la suite
Rédigé par: Falbala | 5 mai 08 20:34:02
Navré que vous ayez été viré. C'est incompréhensible : vos idées sont si novatrices comme vous le dites souvent qu'il est étonnant que l'on ne vous accueille pas. Peut-on savoir ce qui a poussé votre chambre à vous rejeter de la sorte ? Vous en avez trop dit ou pas assez !
Ayez foi : avec la foi, on déplace des montagnes, c'est bien connu.
Rédigé par: Stéphane Cosson | 5 mai 08 20:40:51
Désolé s'il y a parfois des fautes au niveau orthographe. J'ai beau me relire avant de poster, il y en a toujours qui passent au travers du filet. Désolé, vous faîtes bien de me le dire, je serais encore plus prudent à l'avenir.
Sinon, il s'agit d'une personne d'une soixantaine d'années environ (peut-être plus, j'ai toujours eu du mal à lui donner un âge), qui vit en Languedoc-Roussillon. Quand j'en ai parlé à certains de mes collègues (professionnels), l'un d'eux a dit : "C'est lui ? Pas de quartiers !". Peut-être qu'une action commune est possible, à voir entre nous.
Sinon, par rapport à ma chambre syndicale, disons simplement que j'ai continué un projet en lien avec mon blog sans leur en parler (je n'en voyais pas l'utilité), projet antérieur à mon adhésion chez elle, projet pour lequel j'avais trouvé le financement, projet que j'ai voulu rentabiliser et donc projet dans lequel j'ai proposé de la vente d'espace publicitaire à mes collègues successoraux puisqu'ils étaient concernés au premier chef. Disons aussi que la chambre n'a pas voulu cautionner cela (ce que je ne lui demandais d'ailleurs pas). La chambre syndicale a donc trouvé cela malhonnête et nous a exclu, disant que ce projet pouvait être selon elle une "imposture". Les grands mots sont lancés mais pas les bonnes questions, malheureusement !
Rédigé par: Falbala | 6 mai 08 09:55:15
"Imposture"... fichtre !
J'avoue quand même avoir du mal à suivre : êtes-vous aussi généalogiste successoral ? J'avais compris que cette activité était quand même différente de ce que vous faisiez, mais vous semblez tellement actif que rien ne nous étonne venant de vous.
Courage à vous car les choses ne semblent pas très favorables pour vous en ce moment d'après ce vous écrivez. Et votre associé, comment va-t-il ?
Au fait, attention aussi à la grammaire! Un petit coup d'oeil au Bescherelle vous aiderait pour les accords.
Rédigé par: Stéphane Cosson | 6 mai 08 10:34:41
Fichtre : le problème est-il si important que cela : grammaire et orthographe ! Je serais si mauvais ? Je ferais attention, promis.
Sinon, je ne suis pas successoral et je ne le serais jamais. Seulement... Seulement j'ai écrit deux notes sur ce sujet dans mon blog. Et ces deux notes ont déclenché 15 à 20% des commentaires du blog. 1/250e des notes. 15 à 20% des commentaires.
Au vu de ce pourcentage, de cette proportion, je me suis posé des questions : Pourquoi les gens viennent-ils ? A quel besoin je réponds ? Il me semble que ces personnes sont à la recherche d'informations. N'étant pas successoral, j'ai mis en place un partenariat avec un de mes confrères, généalogiste successoral, pour pouvoir leur donner des réponses. Ils viennent vers moi. Je m'y dois. Ce qui me semble normal.
Au vu de ce pourcentage, de cette proportion, au vu aussi des remerciements qui arrivaient, je me suis posé la question : pourquoi ne pas prendre cette partie de mon blog et mieux la référencer dans le cadre d'un site, toujours en prenant toutes les précautions d'usage ?
Je ne cherche pas les héritiers, comme peut le faire un successoral. Je ne propose pas mes services de généalogiste aux notaires. Je reclasse de l'information qui existe déjà sur mon blog dans un autre cadre. Cette nuance-là n'a pas été perçue par ma chambre.
Sinon, j'ai bien compris combien je pouvais être dérangeant dans le monde de la généalogie parce que je mets les pieds dans les plats, parce que j'avance. J'ai des idées, je les mets en application. Et dans le monde feutré de la généalogie professionnelle, cela ne passe pas actuellement. J'ai des détracteurs ? Tant pis, j'avance, avec mon associé. Je me sers de ces "tueurs d'idées", de ces "consensuels immobilistes" comme d'une force.
Rédigé par: Falbala | 7 mai 08 17:16:13
Bonjour Stéphane,
En vous lisant, je viens d'avoir une idée moi aussi : vous cherchez à faire parler de vous pour vendre vos prestations. Alors pourquoi ne pas chercher un partenariat avec les fabricants de pots de yoghourts pour y faire figurer vos coordonnées ou même votre photo ? Tout le monde en achète ou en tout cas passe au supermarché devant le rayon frais. Alors pourquoi pas ? Vous toucheriez plein de monde. Encore plus efficace qu'Internet... et moins dangereux à vous lire (j'ai lu votre petite note sur vos déboires, avec qui d'ailleurs à part la chambre qui n'a pas voulu de vous ?).
