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Le généalogiste familial est-il un pauvre qui s'ignore ?
Par Stéphane Cosson le 13 avril 2008
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Un pauvre, en 2005, célibataire, vivait avec moins de 681 € par mois, soit moins de 10 € par jour une fois un loyer payé. Qu'en est-il vraiment pour un généalogiste familial ? Appartient-il sans le savoir à ce monde des pauvres, un pauvre qui travaille comme beaucoup d'autres en France ?
La question, posée ainsi, peut être choquante. Toutefois, je crois qu'il faut vraiment se la poser dans ces termes-là.
En tout cas, c'est ce qu'il ressort de mes différentes discussions et lectures de ce week end.
Nous avons rencontré, Christophe et moi, vendredi après-midi notre expert-comptable. Avec la comptable, nous avions tout fait pour éviter au maximum, elle et moi, d'avoir une perte. Malheureusement, autant elle que moi savions que cela allait être difficile. A deux, Christophe et moi avons réalisé le même CA HT en 2007 que moi tout seul en 2006. Pourquoi ? La préparation des sites Internet. L'écriture de ceux-ci a eu un coût que nous n'avons pu éviter. Coût temporaire bien sûr mais coût quand même. La quadrature du cercle, cela n'existe pas.
Du coup, la discussion avec l'expert-comptable était simple : il fallait augmenter ce CA HT, à tout prix. Il nous disait que, pour pouvoir nous en sortir à deux en nous payant chacun un SMIC, il fallait sortir 60 000 € HT. Il nous a posé quelques questions : quel est le CA HT moyen d'un généalogiste familial ? La profession est-elle économiquement viable ? Que nous disent les études de marchés et autres études économiques spécifiques à la profession ? Comment s'en sortent les généalogistes professionnels familiaux célibataires, puisque ce sont eux qui peuvent vraiment nous en apprendre sur cette viabilité économique ?
Il a été très surpris qu'aucune étude économique n'existe véritablement sur la profession. Pour lui, cela lui semblait complètement surréaliste.
En effet, selon lui, il y a deux solutions : soit la profession n'est pas économiquement viable et alors, quels que soient les efforts de chacun, elle est vouée à disparaître, inéluctablement. Soit elle est économiquement viable et c'est l'approche économique de chacun qui est mauvaise, mal orientée.
Nous sommes bien sûr partis sur la deuxième solution. Pour lui, comme pour nous, seul Internet, au vu de l'explosion de la généalogie dans ce médium, peut permettre une sortie économique viable tout en faisant attention de ne pas créer une bulle dangereuse. Le but est d'arriver à déclencher du cash, de la marge financière sans perdre trop de temps. Il faut donc ré-utiliser au maximum ce que chacun possède.
Selon lui, comme pour nous, mais le travail est alors immense, il faut complètement ré-inventer le métier de généalogiste familial. L'étudier à fond, tout mettre à plat sans complexe, le disséquer entièrement pour ne prendre que ce qui est économiquement intéressant. Et laisser tomber sans état d'âme tout le reste. Cela va criser dans les chaumières. Quels sont les professionnels qui sont prêts à faire cela ? Je crains fort qu'ils ne soient pas nombreux du tout. Cela va demander une prise de conscience difficile. Les ruades vont venir de partout. Il risque d'y avoir beaucoup de triage dans la profession. A mon avis à moins que je ne me trompe. Mais si une vie économique normale ne pouvait être qu'à ce prix ?
Commentaires
Rédigé par: Raphaël | 13 avr. 08 23:20:43
Vu de l'extérieur de la profession, je pense que le fait d'abandonner tout ce qui n'est pas économiquement intéressant, sans nuance, serait peut-être un peu risqué sur le long terme.
Il y a souvent beaucoup de choses économiquement inintéressantes qui sont pourtant des produits d'appel utiles. Pardonnez-moi la comparaison, mais c'est notamment le principe des supermarchés qui attirent les clients avec des produits peu chers donc pas forcément rentables pour le magasin, mais qui permettent surtout d'attirer le client dans le magasin pour lui faire acheter d'autres choses.
Pour un généalogiste professionnel, peut-être que certaines prestations sont peu rentables mais permettent justement (à étudier lesquelles) de faire venir de nouveaux clients qui deviendront fidèles par la suite.
En tout cas la viabilité de la profession est forcément une question utile et il est judicieux que vous la posiez. Il y a forcément de nouvelles niches de rentabilité à exploiter, notamment via le web.
Rédigé par: Stéphane Cosson | 14 avr. 08 09:04:52
Bonjour,
Merci pour votre commentaire. En y réfléchissant, tout en lisant celui-ci, j'ai affiné cette expression "d'inintéressant économiquement". En fait, il faudrait parler plutôt de vente à perte. Ce qui est complètement interdit et on comprend pourquoi.
Quelles sont les prestations, ou dans ces prestations les moments, où nous vendons à perte ? Un exemple comme cela : si, en tant que professionnel, vous entrez pour un client l'arbre généalogique dans un logiciel généalogique mais que vous lui fournissiez uniquement une impression papier sans le gedcom, vous avez passé du temps pour rien puisque votre client devra le retaper pour l'entrer dans son logiciel et qu'il va vous être difficile de pouvoir vendre ce temps à votre client. C'est ce que j'appelle être économiquement inintéressant. Autant passer ce temps-là à prospecter. Si vous lui fournissez le gedcom dans votre prestation, cela devient économiquement intéressant car c'est du temps dont vous pouvez justifier la vente. Le gedcom fait preuve. Un client ne va jamais vous acheter un travail que vous l'obligez à faire.
Un exemple parmi d'autres pour réfléchir sur notre viabilité économique.
Cordialement
Stéphane Cosson
