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Le costume de Fernand Raynaud

Par Stéphane Cosson le 3 juillet 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Vous connaissez l'histoire du costume de Fernard Raynaud, celui qui avait toujours un défaut. Certes, cela ne doit rien dire aux moins de 20 ans, mais les autres, cela devrait leur parler un chouïa.

Et bien, dans mes recherches, je suis tombé sur un costume de Fernand Raynaud. Une recherche où il y avait toujours un défaut.

Un client me demandait de lui rechercher depuis quand exactement une propriété était dans sa famille. Entre 1840 et 1854, d'après ses souvenirs, son lointain aïeul ayant acheté une autre propriété en même temps ou presque, en 1844. Je prend donc ma table des acheteurs dans cette période en série 3Q aux Archives. Facile, me disais-je. Pour une fois que j'ai une date à peu près précise. Et ... ? Et bien rien. Nada. Que dalle, les souvenirs étaient erronnés. Pas pour la propriété de 1844, mais pour l'autre.

Direction : le cadastre. Il est propriétaire, donc il va y apparaître. Bingo ! L'achat selon le cadastre se fait en 1861. L'ancien propriétaire s'appelle Jean-Pierre Boussagol, cultivateur, habitant Massals. Retour au 3Q, table des acheteurs, en 1860-1861. Et... ? Et bien rien. Nada. Que dalle non plus. Bon ! D'accord ! On va pas s'énerver pour si peu ! J'ai pas fait la période 1854-1860. Si cela se trouve ...

Bingo ! Achat en 1859 de ladite propriété à ... Etienne Tabariès, aubergiste, habitant Belmont-sur-Rance. Ah ! c'est pas le même !  Bon ! C'est pas grave ! On va pas s'énerver pour si peu ! J'ai le nom du notaire... qui n'est pas déposé... Mais j'ai le nom de son successeur actuel. Je prends rendez-vous, j'obtiens les photocopies des actes. Et je comprends enfin où est le défaut du costume.

Jean-Pierre Boussagol a vendu à Etienne Tabariès qui a re-vendu presque de suite, en spéculant, à l'ancêtre de mon client. Dans l'acte de vente qui m'intéresse, l'acheteur devra payer une certaine somme, pour ne pas dire une somme certaine et conséquente, à Jean-Pierre Boussagol, propriétaire antérieur au vendeur. Qui donc, visiblement, n'avait pas fini de payer sa dette quand il revend.

Sauf que pour le cadastre, c'est allé trop vite. Il a pas suivi. Et Etienne Tabariès est passé à l'as. Aux pertes et profits ou à ce que vous voulez d'autre. De Boussagol à l'ancêtre de mon client, direct ! Heureusement, ce sont les actes chez le notaire qui font foi. Et j'ai l'habitude. Imaginez quelqu'un qui débute... Comment s'en dépatouille-t-il ?



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