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Un SMIC brut mensuel
Par Stéphane Cosson le 5 août 2009 | (5) Commentaires | Permalink
J'ai rajouté un commentaire à ma dernière note. Mais tout le monde ne lisant pas forcément les commentaires, j'ai préféré le mettre aussi sous forme de note.
Je crois que cela peut faire réfléchir.
Actuellement, le SMIC mensuel brut est de 1337,70 €. Si on calcule à l'année, cela fait un montant brut de 16052,40 €.
Imaginons que ce montant-là soit le montant du bénéfice réalisé par le généalogiste professionnel. Et on remonte alors, en rajoutant les charges petit à petit, jusqu'à obtenir un montant de CAHT. Par charges, j'entends Sécurité Sociale (6,5% du bénéfice), retraite (8,6% du bénéfice + 756 € de complémentaire + 76 € pour invalidité et décès), Urssaf (5,4% sur 11000 € + 8 % sur 11 000 € et sur le montant de la Sécurité Sociale et sur le montant de la retraite + 46 € pour la formation) et des frais généraux équivalents à 60% du bénéfice.
Ce montant de CAHT obtenu est alors divisé par 1050 heures. C'est notre nombre d'heures facturables de production en considérant qu'on travaille 5 jours par semaines, 50 semaines par an (seules sont enlevées 2 semaines de fermeture des AD, les vacances ne sont pas prises en compte, et souvent on profite des semaines de fermeture pour récupérer le retard qu'on a pu prendre dans nos autres tâches), que seuls 3 jours de travail sont possibles dans la semaine (deux jours étant pris par les trajets, la comptabilité, le commercial...) et en prenant en compte 7 heures de travail effectif journalier (les Archives n'ouvrent presque jamais 8 heures d'affilée). Nous arrivons à un tarif horaire d'une trentaine d'euros. C'est peu ou prou notre tarif horaire TTC.
Sachant que les frais de déplacement sont remboursés par le client, que ce sont des frais que le généalogiste professionnel avance. Ils n'entrent donc pas dans la rémunération.
Alors, connaissez-vous une profession libérale qui travaille pour toucher un SMIC brut mensuel ? Personnellement, à part nous, non.
Commentaires
Rédigé par : Anne Auburtin | 5 août 2009 14:28:52
Bonjour,
Vous partez du principe que chaque recherche n'est vendue qu'une fois pour faire votre calcul. Or vu la faible solvabilité de votre clientèle de particuliers par rapport à des entreprises, vous ne pourrez guère augmenter votre prix de l'heure au delà des 40 euros. Il faudrait donc plutôt essayer de vendre ces travaux plusieurs fois ; par exemple en mettant à disposition vos données pour un tarif d'abonnement modeste mais qui pourrait vous apporter un peu de trésorerie régulière, un peu comme viadéo et son service prénium. Peut être aussi profiter de déplacements payés pour répondre à des recherches moins onéreuses car sans frais de déplacement mais sans aucun engagement de délai de réponse de votre part. Vous pourriez ainsi attirer une clientèle de généalogistes amateurs, qui ont besoin d'un dépannage mais sans enjeu particulier pour eux.
Que se passe t-il sur votre SOS-généalogie ? Savez-vous quel est le profil de la clientèle ?
Je ne crois pas beaucoup (mais ce n'est qu'un sentiment) à la généalogie familiale, non successorale pour être un moyen de vivre confortablement sauf pour quelques spécialistes développant des services. Il faudrait peut être aussi envisager de travailler en réseau entre généalogistes spécialisés dans différentes régions en partageant des outils pour agrandir la clientèle et diminuer certains frais généraux.
Voilà mes petites idées du jour...
Cordialement
Anne Auburtin
Rédigé par : Stéphane Cosson | 5 août 2009 16:16:44
Je vais faire une distinction entre ce que je fais et ce que font mes collègues à ma connaissance. C'est vraiment différent.
Personnellement, je considère que vendre plusieurs fois, non pas une recherche généalogique, mais des actes (la recherche est spécifique à la personne) est possible. C'est la raison pour laquelle j'ai mis en place le site http://www.patronimip.com. De même, je mets en vente une partie de mon fonds sur Geneanet.
Dans les deux cas, malheureusement, depuis le départ de mon associé, l'indexation est en stand-by et je vais essayer de pallier à cet inconvénient par le biais de stagiaires.
Mais, à ma connaissance, à part Alain Chapelier qui a son site pour les Ardennes, personne d'autre ne le fait. Les discussions que j'ai pu avoir avec mes confrères, quand je faisais partie d'une chambre syndicale, étaient très hard sur ce sujet. Je passais pour un hérétique, et je n'exagère pas en employant ce terme, de pouvoir penser comme cela. Cherchez les listes-éclairs des généalogistes professionnels sur leurs sites. Il n'y en a pas des tonnes. J'ai des détracteurs, des professionnels qui me détestent parce que je peux penser ainsi.
Travailler en réseau, nous le faisons par le biais de SOS Généalogie. Le public vient y chercher pour le moment deux choses : un dépannage ponctuel, méthodologique, par le biais de la ligne audiotel et un dépannage paléographique. Dans tous les cas, il s'agit de généalogistes amateurs.
Mais, là encore, peut-être moins maintenant, au début en tout cas, le fait que nous nous soyions mis à plusieurs pour proposer un service en commun a fait que certains professionnels ne nous ont plus parlé, disant qu'ils ne nous parleraient plus tant que ce service existerait.
Travailler en réseau ? Mais quelle idée ! Il me semble pourtant qu'à l'heure actuelle, c'est une étape obligatoire. Et pour moi, travailler en réseau, cela ne veut pas dire sous-traiter une recherche par un autre professionnel. C'est bien proposer ensemble le même produit.
Mon opinion, et je vais me faire des amis une fois encore, mais ce n'est pas grave j'assume, c'est que le monde professionnel de la généalogie n'a pas une réflexion d'ensemble sur la profession. Ou, si cette réflexion existe, je n'en vois pas de résultat concret, tangible. Il me semble que le monde professionnel est quand même un monde relativement "Lambinaïre" comme on dit chez moi, aveugle employons le terme, sans aucune visée économique à long terme concernant le secteur.
Tenez : combien de professionnels participent aux différents blogs, mettent des commentaires ? Combien ?
Ce que vous me dites me paraît évident, au coin du bon sens. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de tous les professionnels.
45 € de l'heure, plutôt que 40, et nous sommes dans la moyenne des travailleurs indépendants. Ce serait un tarif raisonnable.
C'est quand même une augmentation de 50%. C'est pas gagné que tout le monde s'y mette.
Cordialement,
Stéphane Cosson
Rédigé par : Anne Auburtin | 5 août 2009 17:16:57
Je ne travaille pas dans le monde de la généalogie mais c'est vrai que la profession parait, pour être soft, sans imagination par rapport à d'autres milieux pro. Il en est de même de certaines associations.Est-ce vraiment gênant ? Dans toutes les professions il y a des dinosaures et des évolutifs...
Votre réflexion m'intéresse parce que j'approche de la retraite et je me dis qu'un complément d'activité, en indépendante, sans les contraintes du management d'équipe, pourrait être une bonne transition pendant quelques années... Même si mes souhaits financiers et de charge de travail sont loin des vôtres, cela m'aide à me projeter.
Rédigé par : Stéphane Cosson | 5 août 2009 17:26:43
Merci pour votre commentaire. Si vous permettez, il y a des fois où il ne faut pas être soft sinon les choses ne sont pas dites dans leur juste mesure.
Que certaines associations soient des dinosaures, cela ne me semble pas trop grave. Elles ne sont que quelques unes dans un monde associatif qui est quand même plutôt évolutif.
Qu'une profession ressemble à des dinosaures, c'est beaucoup plus grave à mon sens, même s'il y a des exceptions et heureusement. Parce que cela entrave les évolutifs. C'est ainsi en tout cas que je le perçois de l'intérieur.
A moins qu'il ne faille patienter et attendre que les dinosaures aient disparu. Mais le monde économique actuel nous laisse-t-il cette possibilité ?
Rédigé par : papyduweb | 4 sep 2009 09:34:40
le reseau est obligatoire
sinon que de temps perdu a faire des KM
alors qu une aide sur place est souvent possible
