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Conseils à Jennifer
Par Stéphane Cosson le 9 octobre 2009 | (5) Commentaires | Permalink
Vu le nombre de questions, je pense que cela peut être plus intéressant que je vous réponde par le biais d'une note afin que d'autres puissent en profiter. Je pense même que cela va prendre plusieurs notes.
Convaincre le conjoint qu'il ne s'agit pas que d'une lubie et que la généalogie n'est pas qu'une passion de vieux va être le plus difficile. J'en parle par expérience. Vous allez donc commencer par cela et oubliez l'auto-entrepreneur au moins dans un premier temps. Parce que passer de salarié à entrepreneur n'est pas une chose simple, innée. C'est véritablement de l'acquis. Passez plutôt par une couveuse, une pépinière, une coopérative d'entreprise, ou toute autre chose dans ce style pour solidifier vos bases. Faites-vous accompagner. Ce peut être aussi votre Chambre de Commerce ou la boutique de gestion du coin. Je me fous de la structure, disons-le clairement, mais pas de l'apprentissage, pas de l'accompagnement. C'est vraiment hyper-important.
Blois ne sera qu'une solution partielle, qui va vous donner des pistes. Mais ne fera pas à votre place, n'apprendra pas pour vous. A ma connaissance, elle peut être prise en charge, partiellement.
Convaincre le conjoint va prendre des années. Cela fait neuf ans que je fais ce métier, huit ans que je vis en couple et que mon conjoint n'est toujours pas convaincu. C'est dire l'ardeur de la tâche. Apprenez à être entrepreneur. Vraiment !
Oubliez les 40 000 €. Vous avez une voiture, un ordinateur, du papier ? C'est suffisant comme budget de départ. Le site vous verrez plus tard. Quand vous aurez éclairci ce que vous voulez proposer à vos clients. Quand vous saurez votre zone de chalandise.
Pouvez-vous vous absenter plusieurs jours de file, voire une semaine entière ? Cela ne va-t-il pas gêner vos trois garçons ou votre mari ? Votre étude de marché sera en fonction de ce choix géographique de déplacement. La fréquence des déplacements hors département, c'est vous qui la choisissez. Allez interroger les généalogistes déjà installés de votre secteur et en fonction, choisissez votre secteur, vos services. Qu'est-ce que vous allez apporter pour que des clients viennent, AD en ligne ou pas ?
Voilà ce que je peux vous dire pour le moment. Je réfléchis aux autres questions et je vous fais une nouvelle note dans la foulée.
Commentaires
Rédigé par : Jennifer | 13 oct 2009 14:48:12
Bonjour Stéphane,
Comme je m'y attendais, vos réponses sont très pertinentes.
Dans un premier temps, je vais me rapprocher de la Chambre de Commerce dont je dépends.
Encore merci.
Cordialement,
Jennifer
Rédigé par : Blanc | 31 oct 2009 18:34:50
bonjour,
Le statut de l'autoentrepreneur n'est pas incompatible avec se faire aider par tous les organismes qui peuvent aider, conseiller accompagner etc. l'entrepreneur en herbe.
J. Blanc
Rédigé par : Stéphane Cosson | 1 nov 2009 11:28:55
Je reviens tout d'abord sur le statut de l'auto-entrepreneur, d'après une réponse ministérielle publiée au Jo du Sénat (information trouvée sur Internet) :
Le dispositif de l'auto-entrepreneur, mis en place par la loi de modernisation de l'économie (LME) du 4 août 2008, est entré en vigueur le 1er janvier 2009.
Ce dispositif permet d'exercer très simplement une activité artisanale, commerciale ou libérale, sous forme individuelle, à condition que le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 80 000 euros pour les activités d'achat/revente et 32 000 euros pour les activités de services.
Les formalités et les coûts liés à la création d'entreprises sont réduits grâce à une déclaration unique, qui peut être effectuée par Internet. Les charges sociales et, le cas échéant, fiscales sont calculées forfaitairement en fonction du seul chiffre d'affaires réalisé.
Les professionnels libéraux entrent dans le champ du régime de l'auto-entrepreneur ouvert par la LME. Comme pour les autres travailleurs indépendants concernés, le dispositif leur est applicable au 1er janvier 2009.
La mise en place du régime pour les professionnels libéraux est toutefois plus compliquée que pour les autres professions indépendantes, en raison de la spécificité de leurs régimes de retraite complémentaires. Pour cette raison, la LME a prévu de subordonner la mise en oeuvre de ce nouveau régime à la signature de conventions avec leurs caisses maladie et retraite.
Toutefois, sans attendre la signature de ces conventions, le dispositif est d'ores et déjà opérationnel pour les créateurs libéraux qui relèvent d'une affiliation à la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV). Cette caisse affilie plus de cent cinquante professions différentes et représente actuellement la caisse la plus importante des professionnels libéraux.
Dans la loi pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement publics et privés du 17 février, publiée au Journal officiel du 18 février 2009, un article modifiant la LME prévoit en effet que les auto-entrepreneurs créateurs relevant de cette caisse peuvent se déclarer et verser leurs cotisations aux URSSAF, tout en étant affiliés à la CIPAV.
Ainsi, les professionnels libéraux créateurs relevant de la CIPAV peuvent bénéficier du régime de l'auto-entrepreneur depuis le 19 février dernier. Le taux social qui leur est applicable est de 18,3 % (décret n° 2009-120 du 2 février 2009, publié au Journal officiel du 3 février 2009). À ce taux social s'ajoute pour ceux qui remplissent les conditions, un taux fiscal de 2,2 %. Le taux global libératoire des cotisations sociales et des contributions fiscales s'élève donc à 20,5 %.
Personnellement, quand on sait le "bordel catastrophique" (parce qu'il n'y a pas d'autre mot, hélas) qui existe pour le moment à la CIPAV, je préfère déconseiller ce statut pour les professions libérales. Laissons les choses décanter, se mettre en place. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle.
Le mieux, il me semble, est de se rapprocher de l'ORIFFPL, spécialiste de l'information sur les professions libérales, de voir avec eux quel est le meilleur statut, le meilleur accompagnement possible. Pas de choisir le statut d'auto-entrepreneur et ensuite de se faire accompagner.
Ce ne sont que des opinions personnelles, tirées de mes discussions avec les gens de mon ORIFFPL, de mon expérience personnelle avec la CIPAV, des différents accompagnements que j'ai pu avoir et que je continue d'avoir.
Rédigé par : Blanc | 6 nov 2009 17:26:01
Stéphane,
Qu'est-ce que tu entends par bordel à la CIPAV ? !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Jérôme
Rédigé par : Stéphane Cosson | 6 nov 2009 18:54:21
Un exemple très concret : en janvier 2007, j'ai changé de structure juridique. Je suis passé d'une entreprise individuelle à une SARL. Mon activité continuait à l'identique, seule ma structure juridique changeait.
Mais la CIPAV m'a radié au 31 décembre 2006, supposant que j'avais cessé mon activité. Je continuais à recevoir des demandes de cotisation, moins importantes. Est-ce qu'ils ont comptabilisé les années 2007 à 2009 ? Je ne sais pas.
Il est arrivé la même chose à mon expert-comptable. Son cabinet a été radié, alors qu'il n'y avait eu qu'un changement dans la structure juridique.
Ensuite, ce sont des courriers avec AR, d'autres où il faut redonner le montant de ses revenus sur 4 ans, une ré-inscription, des rappels de cotisation sur plusieurs années parfois....
C'est mon exemple personnel ou celui de mon expert-comptable, mais quand j'ai suivi mes trois jours de formation gratuite à l'ORIFFPL, tous les participants (nous étions une trentaine sur les trois jours, de professions différentes), tous avaient une histoire à raconter avec la CIPAV, y compris les formateurs. Certains sont même montés à Paris directement pour résoudre le problème qui avait été créé mais qui n'en était pas un au départ, pour pouvoir se faire entendre.
Est-ce plus clair ?
