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La crise économique fait-elle venir un nouveau public dans les services d'archives ?
Par Stéphane Cosson le 26 mai 2010 | (0) Commentaires | Permalink
J'ai lu un très intéressant article, dans Le Monde 2 il me semble, qui parlait du nouveau public qui arrivait dans les médiathèques à cause de la crise économique, un public avec des attentes différentes auxquelles les personnels n'étaient pas entièrement, voire pas du tout, préparés. Il pouvait s'agir d'hommes entre 30 et 50 ans, au chômage, qui venaient à la médiathèque parce que cela leur permettait de sortir de chez eux, de voir du monde, de bénéficier de services gratuits comme Internet où ils pouvaient dépouiller les petites annonces. Il pouvait s'agir de personnes âgées qui venaient parce que la médiathèque proposait des cours informatiques à prix défiant toute concurrence. Entre autres publics.
Bref, des gens qui venaient là pour rompre leur solitude. Et je me suis posé la question si, à un moment donné, les Archives n'allaient pas recevoir le même type de public. Pas pour les mêmes attentes que ce qu'ils peuvent trouver dans une médiathèque. Les rôles ne sont pas les mêmes. Mais un public qui vient pour éviter de se retrouver en grande conversation avec son poste de télévision qui ne lui répondra pas.
Quand je relis les résultats du sondage, quand je vois les attentes des "jeunes" générations de généalogistes, je me dis qu'il y a sans doute quelque chose à faire, dans le cadre d'un service éducatif qui serait orienté formation pour adultes par exemple. Je l'ai toujours dit, et je le pense de plus en plus, les ancêtres, l'histoire en général, dans notre monde en mouvement perpétuel, ce sont les seules choses qui ne peuvent plus bouger.Et cela peut servir de base pour pouvoir rebondir, parce que ce sera toujours stable, fixe. On peut s'appuyer dessus pour retrouver un sens à sa vie.
Alors certes cela peut être compliqué à gérer parce qu'on peut avoir affaire à des personnes en rupture de la société, à qui il faut redonner les règles de vie les plus élémentaires de type "on arrive propre, à jeun de toute substance illicite ou alcoolisée" ou plus simplement "on arrive à l'heure et quand on ne vient pas, on prévient". Mais les deux expériences que j'ai mené avec des groupes de personnes, très éloignées du monde du travail pour l'un ou qui avait simplement besoin d'un coup de pouce de reconnaissance pour pouvoir redémarrer pour l'autre, je me dis qu'une transversalité est sans doute possible. Et qu'on peut amener les gens différemment vers l'histoire, les Archives, la généalogie et ensuite une reprise en main de leurs vies. Mais quel Conseil Général, quel directeur d'Archives sera assez innovant pour vouloir tenter l'expérience ?
