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Là, il y a comme un défaut...
Par Stéphane Cosson le 1 juin 2010 | (0) Commentaires | Permalink
Vous vous souvenez peut-être, pour les plus anciens, de ce sketch de Fernand Raynaud chez le tailleur où il essayait un costume qui était toujours impeccablement parfait sauf que...là, il y avait toujours comme un défaut.
Je crois que parfois, il faut être Fernand Raynaud devant son tailleur. Je m'explique : un client m'avait envoyé de la paléographie à lui transcrire. 1502, écriture encore à la médiévale, sur parchemin photographié. Superbe ! Un plaisir à lire. Je scanne les 3 photos de mon document, les met sur une clé USB sur le portable, ouvre les deux ordinateurs et je transcris au fur et à mesure que je lis. Jusque là tout va bien.
D'habitude, je ne numérote jamais mes lignes. J'arrive à la fin de mon texte. Et je trouve qu'il y a quelque chose de bizarre. Je ne sais pas quoi, mais c'est bizarre. Je fais un tirage, numérote mes lignes. Et effectivement là, il y a comme un défaut : page 1 (début du texte), 39 lignes ; page 2 (milieu du texte), 54 lignes ; page 3 (fin du texte), 37 lignes. Ah ! Il y a bel et bien un problème.
Courrier à mon client : aurait-il la fin du texte ? Normalement, il devrait avoir au moins deux autres photos, voire trois, la ligne 54 ne semblant pas être la dernière du texte. Tant qu'à transcrire, autant qu'il est le texte en entier. Je ne vais pas lui transcrire de la ligne 38 à la ligne 54 sans qu'elles soient complètes. Ce serait bête et surtout incompréhensible.
Eh bien, il n'a pas. La personne qui lui a fait les photos a oublié la fin du texte. C'est gênant ! Mon client n'étant pas en capacité de déchiffrer le document n'a pu s'en rendre compte. Il a fait confiance à son photographe. Par contre, il a apprécié le dévouement que je mettais pour ses recherches, pour reprendre les termes de son courrier. Et là, je suis dans le rôle du tailleur de Fernand Raynaud. C'est normal. Professionnel. C'est de cette manière que je vais le fidéliser. Je ne me voyais pas en train de lui transcrire et de lui envoyer le texte en lui disant : "il manque des lignes mais ce n'est pas mon problème. Débrouillez-vous, je n'ai pas été payé pour cela." Je vais lui envoyer jusqu'à la ligne 37 avec un mot d'accompagnement : dès qu'il a la fin du texte, comme j'ai fait un scan des photos, je pourrais lui reprendre la transcription en sachant où j'en suis. Et il aura son texte en entier.
Un minimum de qualité et je sais qu'il me recommandera des transcriptions. Le prix attire, la qualité fait rester.
