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Anticipation
Par Stéphane Cosson le 12 juillet 2010 | (4) Commentaires | Permalink
Je suis stupéfait par certaines remarques que peuvent me faire des collègues lors de conversations téléphoniques au point que parfois je me demande si nous vivons sur la même planète.
Tenez ! Un exemple très récent, toujours en cours : la mise en ligne des Archives Départementales. On se doute, peu ou prou, que tous les départements vont y passer un jour. Les professionnels qui ont leurs AD en ligne, que ce soit un ou plusieurs départements, voient à un moment donné une clientèle les fuir : ceux qui leur demandaient de chercher de l'état civil à leur place. C'est en ligne, ils se débrouillent tout seuls. Qui dit perte de clientèle dit perte de chiffre d'affaires. Jusque là c'est logique.
Ce qui l'est beaucoup moins à mon sens, c'est que mes confrères, professionnels, en tout cas ceux avec qui j'en ai discuté, n'anticipent pas cette perte potentielle et se retrouvent le bec dans l'eau. Pas de campagne de prospection de nouveaux clients, pas de mise à plat des produits, des tarifs, des potentialités. Ils subissent cette mise en ligne. Et certains se retrouvent avec quasiment plus de clientèle. A se lamenter.
On sait tous, plus ou moins, quand un département va être mis en ligne. Si on n'a pas de date précise, on a quand même une fourchette. Il me semble que, dès qu'elle est connue, ce n'est plus le moment de s'endormir. Une campagne de prospection, avant d'obtenir des résultats, il faut compter six mois. Ce seront donc six mois à se donner des coups de schlague, avec des horaires étendus en prime, pour ne pas perdre ce chiffre d'affaires. L'état civil s'en va ? Qu'est-ce que je peux proposer d'autre ? A quel prix ? Comment je peux récupérer d'autre clientèle ? Objectif toujours en vue et à ne jamais lâcher. Cela s'appelle AN-TI-CI-PER. Et cela fait partie de notre travail.
Etre un généalogiste professionnel, ce n'est pas que faire de la recherche à la place des autres. C'est aussi pouvoir en vivre. Et là, j'ai l'impression que nous ne sommes pas sur la même planète. Bizarre !
Commentaires
Rédigé par : Blanc | 26 juil 2010 16:09:37
Stéphane,
En arrêtant pas de mettre en exergue les manques de tes confrères et à sous-entendre que tu es le meilleur, tu vas te mettre tout le monde à dos !!!
Jérôme
Rédigé par : Stéphane Cosson | 26 juil 2010 17:16:19
Désolé de m'énerver mais... Si je veux garder un toit au-dessus de ma tête, crouter tous les jours, bref être dans le plus basique des besoins humains essentiels, je n'ai pas d'autre choix que d'anticiper.
Et je ne l'oublie pas. Cela ne veut pas dire être le meilleur, montrer du doigt les défauts des autres. C'est simplement être dans le basique.
Rédigé par : Blanc | 26 juil 2010 17:20:06
Stéphane,
J'ai pris deux fois la parole à propos de la réutilisation des archives numérisées : une fois sur le blog de la FFG pour réagir à un article parut dans Marianne et une deuxième fois sur mon blog pour soulever les méfaits de la mise en ligne des archives :
http://jerome.blanc3.perso.sfr.fr/Dotclear
D'autre part, si ceux qui se plaignent et semblent ne rien faire, c'est peut-être qu'ils ne veulent pas parler de leur stratégie !
La recherche généalogique dans l'état-civil est bien souvent une porte d'entrée pour se voir confier d'autres recherches, mais pour l'instant, cette porte s'est fermée et de plus les archives départementales font maintenant des recherches pour les particuliers (sans parler des nombreuses associations qui font des recherches gratuitement), enfin nous sommes nombreux sur Paris.
Sans cela, merci à mon coach des conseils, j'avoue que je prends du poids ces temps ci !
Une, deux, une deux !!!
Jérôme
Rédigé par : Stéphane Cosson | 26 juil 2010 17:53:30
Jérôme,
Tu m'as répondu alors que j'étais en train de censurer mon commentaire, le trouvant à la relecture trop violent.
Je voulais le re-écrire moins sanguin mais tu ne m'en as pas laissé le temps.
Pour comprendre le sens de ta réponse (avec mes commentaires en plus) :
Je ne me suis jamais présenté comme le meilleur. Loin de là ! Très loin même. Mais j'admets avoir une vision très critique du métier que j'essaie de baser sur les faits.
L'un des faits, notamment, était cette absence patente de la voix des généalogistes professionnels sur le sujet de NotreFamille. A mon sens, si on ne dit pas notre réaction, on va subir. Ne pas parler de sa stratégie alors que tout le monde le fait, franchement c'est con, désolé pour l'expression. ET je ne vois toujours pas la voix de l'USGP, ni de la CGP, ni de la CSGHF pour prendre les syndicats dans lesquels il y a des familiaux ou l'union qui est censée regrouper les syndicats les plus représentatifs.
A Paris, vous avez la BNF, Vincennes, le CARAN entre autres qui permettent d'aller chercher de la clientèle différente, de proposer de nouveaux produits. Ce que je n'ai pas en province. Mëme si vous êtes nombreux, c'est justement le moment et le moyen de se démarquer. Il faut arrêter avec les associations ou les AD qui font des recherches bénévolement. Ce sont à mon sens de fausses excuses.
Désolé, je ne me censure pas souvent, voire jamais. Mais là je l'avais estimé. Il ne faut jamais écrire sous le coup de la colère.
