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La nostalgie n'est plus ce qu'elle était

Par Stéphane Cosson le 31 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink

Vous l'avez sans doute remarqué : les marketeurs surfent sur la vague de la nostalgie pour vous vendre au mieux leurs produits. En tant que généalogistes, nous surfons tout autant sur ce thème. Si, si, ne niez pas ! Nous sommes des nostalgiques en puissance.

Et bien, figurez-vous, que la nostalgie est morte, vive la nostalgie !

Longtemps elle fut considérée comme une maladie. Décrite pour la première fois au 17e siècle, elle désignait alors le mal du pays des Suisses au service des différentes monarchies européennes. Au 19e siècle, elle est considérée comme un désordre psychologique. Le signe d'une dépression, d'un deuil pas ou mal surmonté.

Sous l'égide de Robert Wildschut, psychologue néerlandais exerçant ses talents à l'université de Southampton, et de travaux récents de psychosociologues, nous sommes passés du pathologique au bienfait.

Après moultes et moultes études savantes, ils se sont rendus compte que les bouffées nostalgiques (à dose modérée, faut pas pousser non plus) peuvent être désormais considérées comme un élément de bien-être. En effet, selon leurs dires, la nostalgie est une forme particulière de mémoire autobiographique contribuant à l'amélioration de l'estime de soi, permettant de maintenir son identité au cours des différentes transitions de la vie tout en réduisant les composantes anxiogènes associées à celles-ci.

De plus, se souvenir de belles choses du passé rend également plus confiant dans le futur. La nostalgie n'est plus ce qu'elle était.


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L'exception culturelle française

Par Stéphane Cosson le 28 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink

Lionel Maurel (alias Calimaq) et Jordi Navarro ont ouvert le débat sur l'utilité, ou pas, de l'exception culturelle en matière de réutilisation des données publiques.

Blog de Lionel Maurel (calimaq)

http://scinfolex.wordpress.com/2011/05/17/de-linutilite-de-lexception-culturelle-en-matiere-de-reutilisation-des-donnees-publiques/

http://scinfolex.wordpress.com/2011/05/18/persiste-et-signe-lexception-culturelle-est-bien-inutile-y-compris-en-matiere-de-reutilisation-commerciale/

Blog de Jordi Navarro

http://papiers.poussieres.free.fr/index.php/2011/05/18/de-lutilite-de-lexception-culturelle/

Discussion intéressante mais je me suis dit que pour bien la comprendre, il fallait savoir quand même de qoui on parlait au départ. Je ne sais pas vous, mais, personnellement, cela m'aide. Je suis allé fouiller sur Internet : l'exception culturelle, comment ça marche ? Je ne suis pas sûr que tout le monde le sache.

Il y a ainsi, ai-je découvert, exception culturelle internationale et exception culturelle française.  Et elles sont différentes.

L'exception culturelle internationale :

Pour ce qui est de l'internationale, il s'agit de 38 coalitions regroupant environ 400 organisations professionnelles de la culture. En 1948, interviennent les accords du GATT (règles libérales de non discrimination tarifaire et liberté des échanges). Dans ces accords existent des clauses de sauvegarde reconnaissant aux pays en développement la possibilité de relever leurs droits de douane afin de protéger les industries naissantes. Nombre de pays se sont engoufrés là-dedans pour protéger leur industrie cinématographique contre Hollywood, par le biais de quotas. 

Dans les années 60, il y a critique de ce système par les Etats-Unis. En liant leur programme télévisé au GATT, ils estimaient que ces clauses de sauvegarde ne concernaient que le cinéma.

En 1986, ont été adopté les accords du GATS : libre accès du marché, interdiction de pénaliser commercialement un produit importé par rapport aux produits nationaux, avantages accordés mutuellement entre deux pays du GATT étendus à tous les membres. Les Européens ont pris peur pour leur culture.

En 1993, le Parlement Européen opte pour une clause supposant l'intégration de la culture dans les négociations du GATT MAIS en mettant en place une liste d'engagements veillant à ce que tous les mécanismes de protection de la culture propres à chaque pays soient maintenus.

En 1994, une deuxième clause est votée : La culture n'est pas exclue définitivement  du GATT mais elle n'est pas non plus incluse. Oui mais non mais peut-être. Pas simple.

L'exception culturelle française :

 Elle désigne en fait toute l'action du Ministère de la Culture depuis que celui-ci existe, les dispositifs règlementaires et législatifs mis en place. Cela consiste à défendre les arts nationaux contre une industrie américanisée dangereuse pour la diversité ou supposée telle. D'où un système de quotas, d'aide automatique à la  création.

On peut  y associer les faits culturels suivants, entre autres :

  • l'importance quantitative de festivals.
  • le prix unique du livre.
  • le système d'autofinancement du secteur cinématographique.

Mais tout cela souffre de limites : de nombreux créateurs ne pouvant vivre de leur métier sont dans la précarité ; les arts de la scène sont peu ou prou standardisés pour répondre aux critères du Ministère.

Selon Françoise Benhamou, économiste de la culture, la démocratisation de la culture est un échec complet. Mario Vargas Llosa, Evangelos Venizelos, ancien ministre grec de la Culture, Tyler Cowen, économiste,  développent une thèse comme quoi ce concept, cette tentation de protection par des quotas, ces mesures protectionnistes sont un véritable danger.

Le débat n'est pas clos puisque un collectif de spécialistes de l'histoire du cinéma suggère l'inverse.

La question financière est bien sûr au coeur des débats. Un autre économiste, Guillaume Vuillemey, suggère de développer les financements privés comme dans les autres pays : mécenat et exemptions fiscales appropriées.

Au vu de ce que j'ai lu à ce sujet, cela concerne principalement les arts du spectacle vivant et l'industrie culturelle. Pas vraiment, ou alors à la marge, le patrimoine culturel (dont font partie les archives).

Et, pour revenir au débat lancé par Lionel Maurel et Jordi Navarro, il me semble mieux le comprendre si j'intègre cette question de protection, de financements. Si je considère que, d'une certaine manière,  les archives s'industrialisent quand elles numérisent et parce qu'Internet intègre une dimension financière, et une dimension internationale, qui n'existaient pas jusqu'à présent. Pour le dire autrement, faut-il protéger ou pas les données publiques quand elles sont numérisées ? Et s'il y a protection, comment ? Pour moi, le débat se situe là.


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Pros et mise en ligne des fonds

Par Stéphane Cosson le 24 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink

La mise en ligne des fonds est une bonne chose, au moins pour la conservation des originaux. Elle peut permettre aussi une indexation collaborative.

La mise en ligne a aussi au moins deux inconvénients : le public peut devenir prescripteur, exiger que la numérisation mobilise des ressources pour le satisfaire au détriment de travaux aussi essentiels, moins visibles et moins utiles pour lui. C'est aux archivistes d'y veiller.

Elle peut aussi donner une image déformée des fonds conservés, tout ce qui n'est pas en ligne n'existant plus aux yeux du public.

Et là, il me semble que les généalogistes professionnels peuvent intervenir.  Le web, la mise en ligne ne va pas nous remplacer. Notre public va simplement nous demander d'autres prestations. Nous devons donc nous replacer sur le web en présentant de nouvelles compétences.

Et tous ces fonds invisibles, qui ne sont pas en ligne, qui ne le seront peut-être jamais, nous tendent les bras. A nous d'aller les fouiller pour bien les connaître et proposer autre chose, quelque chose de différent. Ouvrir nos perspectives.

A nous d'avoir de bonnes pratiques permettant une excellente prise de recul, encore plus de croisement des informations, encore plus de qualifications des sources. En fait, Internet modifie notre façon de penser. Il nous donne accès à un nouveau rapport à la connaissance et au monde. A nous de savoir l'étreindre.

J'ai lu dans le dernier numéro d' Archimag  que depuis qu'Internet existait, nous n'écrivions plus à plat mais en plusieurs dimensions. J'ai trouvé la phrase intéressante, ouvrant des perspectives de réflexions.


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Être pédagogue

Par Stéphane Cosson le 19 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink

Il y a des fois où il faut faire preuve de pédagogie envers les clients sans forcément les vexer. Simplement leur expliquer que ce qu'ils me proposent est impossible. Quelques exemples, tous véridiques, issus de 11 années d'expérience :

Une dame m'envoie un arbre généalogique dans lequel un homme a un enfant 2 ans après son décès, sachant qu'il se marie avec la mère dudit enfant 12 ans après ledit décès. A mon avis, une date au moins est fausse. Laquelle ?

Une femme a son premier enfant alors qu'elle est âgée de 44 ans environ. Cela me semble un peu vieux. Le dernier enfant, d'accord. Le premier, j'en suis beaucoup moins sûr, surtout quand il y en a une palanquée derrière. Un gros doute.

Comment expliquer à une personne qu'elle me confond deux personnes qui sont cousines, voire deux familles qui n'ont pas de lien entre elles en prenant des gants ?

Comment expliquer à une cliente étrangère ne parlant pas français que ce n'est pas parce qu'elle a trouvé une personne portant le même nom et le  même prénom que son ancêtre, à des dates approximativement identiques, que c'est forcément le bon, surtout quand ce nom est plus que répandu dans la région qu'elle cherche ?

Comment expliquer qu'une personne née en 1640 ne peut pas se marier en 1789 et que la personne vous soutient mordicus le contraire, qu'elle a raison ? Oups.

C'est le moment, à chaque fois, d'être pédagogue. Pas si simple. Les personnes que j'ai en face ne sont pas forcément prêtes à entendre ce que je vais leur dire. Il faut pourtant leur faire intégrer que, là, elles peuvent se tromper. Que ce n'est pas dans la logique généalogique. Que cela ne fonctionne pas. J'ai parfois beau prendre tous les gants que je peux, il arrive que la personne coupe les ponts parce qu'elle refuse d'entendre mon discours. Parce que cela la perturbe trop, que cela implique une trop grande remise en question. Parce qu'elle s'est inventé un monde que le professionnel que je suis lui casse de fond en comble.

C'est là où je me rends compte du pouvoir de la généalogie, de l'emprise qu'elle peut avoir sur nous sans que nous nous en rendions compte. Qu'il est possible de faire au détriment de la logique parce qu'on est parti sur une idée préconçue et qu'on adapte la réalité à cette idée au lieu d'adapter notre idée à la réalité.

Mais c'est un bon exercice de reformulation.


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Le paradoxe de l'eau et du diamant

Par Stéphane Cosson le 15 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink

L'interview de Myriam Provence, parue dans Gé-mag n° 303-304, a été reprise in extenso sur le site de l'USGP pour présenter le métier de généalogiste familial professionnel. Réfléchissant toujours sur la question du prix d'une généalogie, vu par le prisme du marketing des biens culutrels, j'ai relu avec attention cette interview.

Elle y dit que la principale difficulté, pour nous généalogistes, réside dans la crise économique. La recherche, quelle qu'elle soit, n'est pas un produit de première nécessité et celle-ci est remise à plus tard.

Il me semble que c'est peut-être aller un peu vite en besogne. Cela m'a fait penser au paradoxe de l'eau et du diamant d'Adam Smith : il n'y a rien de plus utile que l'eau mais elle ne peut rien acheter ; un diamant n'a presque aucune valeur quant à son usage mais on trouvera à l'échanger contre une très grande grande quantité d'autres marchandises.

Sommes-nous de l'eau ou du diamant ? En fait la valeur dépend des circonstances et pas seulement des qualités intrinsèques du bien. Chacun peut avoir sa propre valeur d'usage selon ses goûts et les circonstances dans lesquels il se trouve. Mais seule la valeur d'échange (le prix) est observable.

Autrement dit, en période de crise économique, vous dites à deux personnes que sa généalogie faite par un professionnel va lui coûter disons 5000 euros. Suivant que c'est un généalogiste amateur, qui sait déjà ce que vaut la recherche, ou une personne qui n'en a jamais fait et qui y vient simplement par curiosité, ce prix de 5000 euros n'a pas la même valeur alors que les circonstances économiques sont les mêmes. Le généalogiste amateur peut trouver que ce prix est acceptable et l'autre personne que c'est un prix qu'il n'est pas du tout disposé à payer.

Pour le premier, ce qu'il va recevoir en échange de ce prix aura plus de valeur que la somme payée. Par exemple parce qu'il aura gagné du temps, de la sérénité peut-être, évité des frais plus importants s'il avait dû le faire par lui-même. Ou que sais-je encore.

Pour le deuxième, ce prix peut être considéré comme un prix de luxe, une dépense superfétatoire.

Il me semble alors que, plutôt de raisonner en terme de crise économique présente ou absente, il est plus intéressant de raisonner uniquement en terme de public à qui nous nous adressons. Cela me semble plus facile.

A moins d'oser imaginer que même généalogiste, si on lui proposait ses prix pratiqués, elle se poserait la question de l'achat en période de crise économique. Autrement dit, les prix que nous pratiquons en tant que professionnels sont-ils acceptables pour nous ? Si nous répondons oui à cette question, pourquoi se poser la question de la crise économique ?


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Les parents de Louis Vernhes

Par Stéphane Cosson le 10 mai 2011 | (2) Commentaires | Permalink

J'ai, en 1735, le mariage de Louis Vernhes et Marie Aubeleau, non filiatif. Pas de contrat de mariage. Un nom de famille des plus répandus. Un couple de métayers, donc une famille qui bouge. Comment trouver les parents de Louis Vernhes ? Seule solution : faire avec les éléments que j'ai. Et extrapoler de manière raisonnable en restant au conditionnel. Voici comment j'ai procédé :

Louis Vernhes et Marie Aubeleau ont eu au moins 13 enfants entre 1736 et 1759, dans plusieurs communes différentes, limitrophes certes mais quand même. Ceux dont nous avons les actes de naissance sont :

*Antoine, né en 1736, dont le parrain est Antoine Vernhes (parenté non précisée)

*Germain, né en 1738, dont le parrain est Germain Gavalda et la marraine Jeanne Vernhes (parenté non précisée pour les deux)

*Louis, né en 1740, dont le parrain est Etienne Vernhes (parenté non précisée)

*François, né en 1747, dont le parrain est son frère Antoine

*Pierre, né en 1749, dont le parrain est Pierre Puel et la marraine Jeanne Puel (parenté non précisée pour les deux)

*Jeanne Marie, née en 1750, dont le parrain est son frère Antoine et la marraine Marguerite Puel (parenté non précisée pour la marraine)

*Jean Pierre, né en 1752, dont les parrains et marraines ne sont a priori pas apparentés

*Catherine, née en 1755, dont le parrain est son oncle Louis Vernhes, et la marraine Catherine Puel, qualifiée de parente

*Louis, né en 1759, dont le parrain est son frère Louis Vernhes

Il y a par ailleurs plusieurs enfants dont je n'ai pas les actes de naissance :

*Louis, mentionné comme parrain

*Etienne, décédé en 1747

*Marie-Anne, décédée en 1747

*Jean Louis, marié en 1784

On sait donc que Catherine Puel, marraine de Catherine, est parente. On peut supposer que Pierre, Jeanne et Marguerite Puel le sont aussi, soit de Louis Vernhes, soit de Marie Aubeleau.

 Marie Aubeleau, lors de son mariage, est dite native de la paroisse de Saint Amans du Ram, consulat de Vezins de Lévézou en Rouergue. On a peu de parrains de son côté, exceptés ses 2 sœurs (Jeanne et Marguerite), et peut être Germain Gavalda, puisqu’il y a un couple Aubeleau-Gavalda à Vezins de Lévézou. Il serait ainsi plus logique de penser que les Puel sont apparentés à Louis Vernhes.

Aurions-nous un mariage Vernhes / Puel ? Heureusement, oui, filiatif qui plus est ! Antoine Vernhes et Marie Puel, métayers, se marient en 1712 à Lédas et Penthiès. Cette Marie Puel est dite fille d’Etienne. Peut-être sont-ils les parents de notre Louis ? Avons-nous d'autres indices ?

Nous savons qu’un Etienne Vernhes est parrain d’un enfant de Louis Vernhes. Par ailleurs, nous avons trouvé à La Capelle Pinet, commune limitrophe de Lédas et Penthiès, un Etienne Vernhes, métayer, fils d’un Antoine et frère d’un autre Antoine (Ils sont parrains des enfants de cet Etienne). Comme les deux Etienne Vernhes sont contemporains, il peut s’agir du même. Donc on peut supposer que cet Etienne Vernhes, serait fils d’Antoine Vernhes et Marie Puel. Il pourrait alors tenir son prénom de son grand père maternel, Etienne Puel, son parrain sans doute.

 Antoine Vernhes et Marie Puel ont eu plusieurs autres enfants, parmi lesquels un Antoine, né en 1722, qui pourrait être le frère mentionné de cet Etienne Vernhes, et une fille Jeanne, mariée en 1734 à Noël Decuq, qui pourrait être la marraine du deuxième enfant de Louis Vernhes et Marie Aubeleau.

 Antoine Vernhes, époux de Marie Puel, a un frère prénommé Louis. Si Louis Vernhes, époux de Marie Aubeleau, est leur fils, ce frère pourrait avoir été son parrain, et lui avoir donné son prénom.

 Marie Puel est décédée en 1735, ce qui explique qu’elle n’apparaisse pas comme marraine des enfants de Louis et Marie Aubeleau. En revanche, Antoine pourrait être le parrain du premier né de Louis, comme c’est l’usage.

 En 1750, Antoine Vernhes, veuf de Marie Puel et de Marie Trouche, épouse Marie Anne Deilhes. A ce moment, il habite le même lieudit que le couple Louis Vernhes-Marie Aubeleau : Le Soulier, à Moularès, commune également proche de Lédas et Penthiès et La Capelle Pinet. Ce lieudit étant assez petit, et les deux étant métayers, il est possible qu’ils vivent ensemble, ce qui confirmerait encore leur parenté.

Enfin, dans les parrains et marraines des enfants de Noël Decuq et Jeanne Vernhes, nous trouvons un Louis Vernhes, oncle, donc frère de Jeanne.

 Au vu de tous ces éléments, il y a de fortes probabilités pour que Louis Vernhes soit le fils d’Antoine Vernhes et de Marie Puel, et qu’il ait eu pour frères et sœurs : Etienne, Antoine, Jeanne et Louis. Rien ne permet de l'affirmer à 100%. Mais il me semble que cela fleure bon quand même.


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Recherches accomplies par les Archives Départementales pour le compte des usagers

Par Stéphane Cosson le 6 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink

C'est le titre d'une rubrique que j'ai trouvée à l'intérieur d'un site d'Archives Départementales mettant ses archives en ligne, dans le chapitre "Renseignements pratiques". Je suis allé voir et j'ai été surpris.

Cela commence par un rappel de l'article 72 du Règlement général des Archives Départementales, article qui se termine par le classique : L'archiviste n'est pas tenu de faire pour les intéressés (ses usagers) les recherches qui leur incombent normalement et qu'il est possible de faire eux-mêmes. Je crois qu'on a tous reçu un jour un courrier de réponse des AD contenant cette phrase.

Deuxième paragraphe : comment accéder aux documents administratifs et autres archives publiques ? Là encore, rien que du très banal : consultation gratuite sur place, copie possible si cela ne nuit pas à la conservation du document, par courrier électronique quand le document est disponible sous forme électronique.

Par contre, le troisième paragraphe m'interpelle et j'ai interrogé à son sujet le directeur des AD et le président du Conseil Général (ils peuvent avoir des réponses différentes). Ce troisième paragraphe traite des recherches que les Archives Départementales peuvent être amenées à réaliser à la place des usagers pour retrouver la trace d'un document que ceux-ci ne peuvent désigner avec précision. Voici ce que nous dit ce paragraphe :

  • Recherches nécessitant moins de 30 minutes : 5 €
  • Recherches nécessitant entre 30 minutes et 2 heures : 15 €
  • Recherches nécessitant plus de 2 heures : 40 €

Il est précisé ce qu'il est possible de faire dans ce temps imparti. Moins de 30 minutes veut dire recherches dans des documents pourvus de tables. Entre 30 minutes et 2 heures, recherches complexes mettant en jeu de nombreux documents ou des documents dépourvus de tables. Les recherches de plus de 2 heures sont des recherches particulièrement complexes comme les origines de propriétés, les droits d'eau, etc.

Et cela, je ne sais pas vous, mais cela me choque. Ma première impression ? Les Archives, administration publique, chassent sur mes terres de manière déloyale. Parce que si cela ne ressemble pas à du tarif à l'acte ou à du tarif horaire, comme le proposent les professionnels, c'en est quand même très proche. A un coût moindre que celui des professionnels qui plus est. On est aux alentours de 15 € de l'heure en faisant un calcul moyen, qui est juste en dessous du tarif le plus bas que je connaisse proposé par un professionnel (23 €). Je ne sais d'ailleurs pas comment à ce tarif il peut en vivre, mais cela c'est un autre sujet.

Question : si les Archives le proposent à ce tarif, à quoi sert d'aller chercher les services d'un généalogiste professionnel pour le même rendu (mais plus cher) ?

Ce qui me met mal à l'aise, c'est le rapprochement entre le premier paragraphe et ce troisième paragraphe.  Si je résume, en espérant ne pas déformer leurs intentions : les Archives ne font pas de recherches à la place des usagers mais voici nos tarifs. Illogique à mon sens. D'où mes courriers car il me semble qu'un partenariat Archives / Professionnel serait plus dans le gagnant-gagnant et libèrerait du temps pour que les Archives puissent collecter, classer, conserver et communiquer les documents qui leur sont confiés (leur mission quoi). Qu'en pensez-vous ?


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Battue de CM

Par Stéphane Cosson le 4 mai 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Etre bloqué par un mariage non-filiatif en 1765. C'est trop bête. Trop tôt aussi. Bref inacceptable. C'est vrai quoi, cela aurait été une siècle plus tôt, d'accord. Mais là, à la veille de la Révolution....

Bon ben, il n'y a plus qu'à faire une battue de contrats de mariage. Ils sont presque tous relevés dans le Tarn, alors autant en profiter.

Tout d'abord tirage de tous les contrats des mâles sur le canton qui m'intéresse : 5 pages de contrats quand même. Je savais qu'ils étaient nombreux... Mais là, à ce point... Bon ben, quand faut y aller, faut y aller. Heureusement que je n'ai pas pris en plus les contrats des filles. On verra plus tard pour elles.

J'ai droit à 10 documents par demie-journée, trois documents par levée. C'est le moment de m'organiser et de ne pas en rater une. Le mieux ? Demander un nouveau document au fur et à mesure que je les rends. Pour être sûr d'être toujours approvisionné et que cela roule bien.

Pas le moment de prendre les dots. J'aime bien les prendre d'habitude mais là, pas le temps. Je me contenterais des noms des mariés, de leurs parents et de ceux que j'appelle les assistants au mariage (ceux qui donnent leur avis, conseil et consentement au début des CM). Cela devrait suffire pour me permettre de remonter les généalogies et voir les parentés.

On se partage le travail avec ma collaboratrice et ... Taïaut ! C'est parti !!

100 contrats et un peu plus de deux jours de recherches plus tard :  le XVIIe est entièrement fait, la première moitié du XVIIIe aussi. J'ai trouvé le CM de mon mariage non-filiatif  : le nom du marié avait été mal lu, d'où mal orthographié et du coup introuvable. Cela arrive, personne n'est parfait en paléo. Un peu de pifomètre, un zeste d'intuition, une vérification sur registre et ... BINGO !

Et grâce à cela, j'ai ma filiation jusqu'en 1657. Reste plus qu'à repartir sur les registres paroissiaux pour récupérer le reste de la famille. Et les dates. 

J'ai les yeux qui tournent tous seuls et refusent de lire de l'écriture actuelle. De l'écriture de l'époque aussi d'ailleurs. J'en ris de fatigue, c'est dire. Crevant mais rentable. C'est l'essentiel.


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