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Le paradoxe de l'eau et du diamant

Par Stéphane Cosson le 15 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink

L'interview de Myriam Provence, parue dans Gé-mag n° 303-304, a été reprise in extenso sur le site de l'USGP pour présenter le métier de généalogiste familial professionnel. Réfléchissant toujours sur la question du prix d'une généalogie, vu par le prisme du marketing des biens culutrels, j'ai relu avec attention cette interview.

Elle y dit que la principale difficulté, pour nous généalogistes, réside dans la crise économique. La recherche, quelle qu'elle soit, n'est pas un produit de première nécessité et celle-ci est remise à plus tard.

Il me semble que c'est peut-être aller un peu vite en besogne. Cela m'a fait penser au paradoxe de l'eau et du diamant d'Adam Smith : il n'y a rien de plus utile que l'eau mais elle ne peut rien acheter ; un diamant n'a presque aucune valeur quant à son usage mais on trouvera à l'échanger contre une très grande grande quantité d'autres marchandises.

Sommes-nous de l'eau ou du diamant ? En fait la valeur dépend des circonstances et pas seulement des qualités intrinsèques du bien. Chacun peut avoir sa propre valeur d'usage selon ses goûts et les circonstances dans lesquels il se trouve. Mais seule la valeur d'échange (le prix) est observable.

Autrement dit, en période de crise économique, vous dites à deux personnes que sa généalogie faite par un professionnel va lui coûter disons 5000 euros. Suivant que c'est un généalogiste amateur, qui sait déjà ce que vaut la recherche, ou une personne qui n'en a jamais fait et qui y vient simplement par curiosité, ce prix de 5000 euros n'a pas la même valeur alors que les circonstances économiques sont les mêmes. Le généalogiste amateur peut trouver que ce prix est acceptable et l'autre personne que c'est un prix qu'il n'est pas du tout disposé à payer.

Pour le premier, ce qu'il va recevoir en échange de ce prix aura plus de valeur que la somme payée. Par exemple parce qu'il aura gagné du temps, de la sérénité peut-être, évité des frais plus importants s'il avait dû le faire par lui-même. Ou que sais-je encore.

Pour le deuxième, ce prix peut être considéré comme un prix de luxe, une dépense superfétatoire.

Il me semble alors que, plutôt de raisonner en terme de crise économique présente ou absente, il est plus intéressant de raisonner uniquement en terme de public à qui nous nous adressons. Cela me semble plus facile.

A moins d'oser imaginer que même généalogiste, si on lui proposait ses prix pratiqués, elle se poserait la question de l'achat en période de crise économique. Autrement dit, les prix que nous pratiquons en tant que professionnels sont-ils acceptables pour nous ? Si nous répondons oui à cette question, pourquoi se poser la question de la crise économique ?



Commentaires

Rédigé par : Fred | 17 mai 2011 15:42:01

Bonjour,

Tout à fait d'accord avec ce billet fort bien écrit d'ailleurs.

Je suis complètement d'accord sur le fait qu'il faut raisonner en terme de public.
N'oublions pas que la France compte 2.2 millions de millionnaires, soit 1 français sur 30...Et je n'ajoute même pas à cela les autres pays de l'Europe (et du Monde).

Sans compter, que sauf erreur de ma part, tous les généalogistes rencontrés ont débuté par de l'entraide gratuite et/ou associative. Et je pense que cet esprit d'entraide bénévole, reste ancré en nous, généalogiste professionnel ou amateur...

Fred, en cours de franchir le cap :)



Rédigé par : Stéphane Cosson | 18 mai 2011 17:24:34

Bonjour,

Merci pour votre commentaire. Un détail ou une précision, en tant qu'ancien dans la profession.

Si vous pensez pouvoir toucher les millionnaires par le biais de la généalogie, à mon avis et par expérience, c'est à oublier. Ce n'est pas notre public.

Si vous espérez faire partie des 1/30e appartenant à cette catégorie, idem. Ce n'est pas la généalogie qui y mène.

Ceci dit, notre public est le public des généalogistes amateurs, débutants ou chevronnés. Le coeur de notre cible est là.

Sinon, bienvenue au club !

Stéphane Cosson


Rédigé par : Olivier | 22 mai 2011 18:41:45

Bonjour,

Merci pour cette réflexion qui s'applique à bien d'autres professions que la généalogie. À méditer :)

Olivier


Rédigé par : Fred | 31 mai 2011 15:08:50

Arf, je me suis mal exprimé :)

La fatigue, la fatigue :)
Je ne fais pas de généalogie successorale car je n'ai pas encore assez de compétences dans le domaine, je ne toucherai donc jamais les 20% d'un riche nouveau milliardaire !
Je tente l'aventure en auto entreprise car je sais que la route est longue, et que j'ai deux bambins en bas age, donc je ne peux prendre aucun risque...mais qui ne tente rien, n'a rien.

Et merci pour l'accueil !
et bravo pour le blog ! Un jour, le mien sera aussi passionnant^^


Rédigé par : Stéphane Cosson | 31 mai 2011 15:35:47

Merci pour le commentaire.

Je ne fais pas non plus de généalogie successorale. C'est mieux rémunéré mais pour moi, travailler sur du contemporain ne m'intéresse pas.

Déjà,les généalogies descendantes... Quand les clients s'impatientent et qu'il faut leur faire comprendre que le terrain de jeux c'est au minimum la France entière... Et que ce n'est pas simple... Alors le successoral, très peu pour moi.

Cela n'empêche pas de faire un CAHT correct si on a bien étudié son public, les prestations qu'on veut lui proposer.


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