« La nostalgie n'est plus ce qu'elle était | Accueil | A propos des licences de réutilisation commerciale »

Les cartes délivrées par l'USGP

Par Stéphane Cosson le 2 juin 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Une de mes correspondantes m'écrivait qu'elle recherchait de l'information sur le métier mais qu'elle en trouvait très peu, que ce soit sur Internet ou par le biais du Pôle Emploi.

Dans son site, l'USGP se qualifie d'être la référence en matière de généalogie professionnelle, d'être la principale organisation représentative. Loin de moi l'idée de vouloir lui enlever ce rôle. Mais je me suis dit qu'avec les informations qu'elle donnait, notamment par le biais de son annuaire, il devrait être possible de donner plus d'informations sur cette profession. Que peuvent nous dire les cartes délivrées annuellement par l'USGP ?

Tout d'abord, à ce jour, 409 cartes ont été délivrées en 2011. A 72%, le généalogiste est un homme (295 hommes pour 114 femmes), successoral (373 cartes successorales contre seulement 36 cartes familiales). Il a au plus 15 ans d'expérience dans le métier (78% des cartes donnent une date d'entrée postérieure à 1996, 40% se situant tout de même dans la tranche 2006-2011).

En regardant de plus près ces dates d'entrée, nous obtenons les résultats suivants :

  • avant 1980 : 10
  • 1980-1985 : 17
  • 1986-1990 : 24
  • 1991-1995 : 29
  • 1996-2000 : 76
  • 2001-2005 : 84
  • 2006-2011 : 162

Nous avons donc apparemment trois palliers : un premier pallier jusqu'en 1995, un deuxième pallier de 1996 à 2005 et enfin les cinq dernières années qui implosent le compteur. Je peux me tromper, mais a priori, je dirais qu'il s'agit d'un secteur en expansion en terme d'emplois. Sinon, ce crescendo ne serait pas possible.

Si nous regardons de plus près le métier de généalogiste familial, à 53% c'est un métier féminin. 55% des familiaux ont une date d'entrée qui se situe dans les 10 dernières années, dont un tiers dans la tranche 2006-2011. Si nous avions des successoraux avant 1980, ce n'est pas le cas pour les familiaux.  Ce qui recoupe bien d'autres sources par ailleurs disant que le métier est né dans le courant des années 1980.

On peut supposer que le métier de généalogiste familial a connu un fort turn-over. Il semblerait sur le point de se stabiliser. En effet, si nous regardons les dates d'entrée :

  • 1980-1985 : 3
  • 1986-1990 : 2
  • 1911-1995 : 6
  • 1996-2000 : 5
  • 2001-2005 : 8
  • 2006-2011 : 12

Nous n'avons une augmentation durable que depuis 1996. De 1980 à 1996, cela me semble très sinusoïdal. 

Peut-être a-t-il fallu ce temps nécessaire pour que le métier commence à entrer dans les moeurs. Mais il me semble encore bien fragile : 36 cartes délivrées en 2011 sur un total de 409, soit 8,80%. C'est peu au vu de l'explosion dans le même temps de la généalogie en tant que loisir.

Le crescendo observé par ailleurs est donc pour moi une explosion d'emplois côté successoral, pas côté familial. Sans doute manque-t-il aux familiaux une réflexion collective du point de vue économique. Car le marché est bel et bien là par ailleurs. Sinon comment expliquer une telle inadéquation ?



Commentaires

Rédigé par : Olivier | 2 juin 2011 23:57:24

Bonjour,

Sauf erreur de ma part, votre étude ne prend pas en compte les anciennes cartes délivrées et qui ne le sont plus. Il me semble logique que plus on s'éloigne dans le temps, moins il y ait de généalogiste puisqu'il faut bien que leur activité s'arrête à un moment ou à un autre. Avant 1980, c'est tout de même plus de 30 ans de métier, on peut facilement imaginer qu'une certaine proportion des généalogistes ayant démarré dans les années 70 ont arrêté ou sont partis en retraite.

Du coup, on peut déduire de ces statistiques (je parle des premiers résultats) que la généalogie est une profession risquée : par exemple, il y a(urait) environ 52% des généalogistes qui ne restent pas plus de 5 ans dans la profession (162 vs 84), ou qu'il y en a environ 72% qui ne restent pas plus de 15 ans.

Mais à cette heure là, mon analyse peut être erronée :)

Olivier


Rédigé par : Stéphane Cosson | 3 juin 2011 10:06:35

Bonjour,

Mon analyse est plus une analyse à l'instant T. En juin 2011, voici l'image de la profession.

Pour avoir une analyse de 1980 à 2011, qui tiendrait compte des cartes qui ne sont plus délivrées, des personnes parties à la retraite ou qui ont abandonné le métier, il faudrait connaître les statistiques de chaque chambre syndicale. Une analyse dans le temps, membre par membre, effectuée par les chambres syndicales ? Je ne suis pas sûr que celles-ci l'ai faite. J'ai un très gros doute même à ce sujet.

Ce qu'il est par contre possible, c'est de refaire la même étude tous les n ans et voir comment cela évolue.

Il devrait être aussi possible de mieux connaître la population des familiaux en étudiant les publicités payées par chacun dans les différentes revues spécialisées. Ou ne serait-ce que dans une. Ce serait mieux que rien.
Mais c'est un travail relativement long à faire. Avec plusieurs biais : un généalogiste peut ne pas faire de publicité ou la faire tardivement dans sa carrière. C'est par exemple mon cas puisque c'est un deal passé entre Gé-Mag et moi : un article mensuel contre de la pub. J'ai commencé à écrire des articles réguliers pour cette revue en 2009, soit 9 ans après mes débuts dans cette profession.

Que la profession de généalogiste soit une profession risquée, je le pense. Les généalogistes successoraux sont couverts par une assurance de responsabilité civile prévoyant des montants élevés de garanties.
Lorsque les successoraux sont les mandataires de leurs clients, ils perçoivent les sommes leur revenant. Ils doivent alors souscrire obligatoirement un contrat spécial sécurisant complètement et totalement ce type de relation financière au travers, là encore, de substantiels montants de garantie.
Il faut donc avoir non seulement des connaissances en droit mais aussi des reins solides financièrement pour, à mon sens, monter une affaire de généalogie successorale viable. Il faut être en capacité d'avancer les sommes des recherches des héritiers. Et cela peut mener le successoral très loin à l'étranger.

Mon analyse est donc, je le redis, une analyse à l'instant T : en juin 2011, voici l'image de la profession dans son ensemble à partir des cartes délivrées par l'USGP.

Stéphane


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

 

Avertissement: Les informations, textes, images et sons, diffusées via internet par The Social media Group ne sont pas susceptibles, à priori, de contrevenir à la réglementation afférente aux droits d´auteur. Si tel n´était pas le cas, merci de nous le signaler à l´adresse copyright at thesocialmedia point com et nous nous engagerons, sous reserve de la validité de la requête, à effectuer les modifications afférentes dans les plus brefs délais.


Le Blog Généalogie, un site du Social Media Group, réseau de blogs thématiques.