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Un familial peut-il se développer autant qu'un successoral ?
Par Stéphane Cosson le 26 novembre 2011 | (14) Commentaires | Permalink
Il y a quelques années, quand j'étais encore membre d'une chambre c'est dire si cela date, j'avais discuté avec des confrères généalogistes familiaux, affirmant qu'il était possible à un généalogiste familial de pouvoir se développer autant qu'un généalogiste successoral, voire même réaliser un chiffre d'affaires équivalent. Mes confrères n'y croyaient pas du tout. Et le mot est faible.
A l'heure où je me pose des questions sur une éventuelle embauche d'une, voire deux, personne(s) en plus (pour pouvoir profiter de mes week-ends, par exemple, ou ne pas faire attendre des clients plusieurs mois par manque de temps à leur consacrer complètement, ce qui est plus grave que mes week-ends, et enfin développer des projets qui dorment dans des cartons depuis plusieurs années faute de manque de temps), la question surgit à nouveau. Il faut dire que ma lecture actuelle sur l'économie de la connaissance (eh oui, le livre est petit mais dense, donc long à lire) n'y est sans doute pas pour rien.
Il existe en économie de la connaissance ce qu'on appelle l'Argument de Baumol. De quoi s'agit-il ? Il y a dans notre économie des secteurs progressifs et d'autres qui ne le sont pas. Presque une lapalissade dit comme cela. En fait, il faut aller chercher plus loin.
Il y a des secteurs intrinsèquement non progressifs pour lesquels les limites de la croissance sont inhérentes à la substance de l'activité. C'est le cas du spectacle vivant. Difficile d'accélérer la musique de Mozart ou de jouer une pièce avec moins d'acteurs que prévu.
Il y a aussi des secteurs structurellement non progressifs. Les problèmes sont liés aux modes de création et d'exploitation des savoirs. ils ont été établis à un moment donné, compte tenu d'un certain état des connaissances. Ils peuvent donc évoluer. Mais parfois, cette évolution "naturelle" peut être ralentie par des "croyances".
Pour moi, le secteur de la généalogie professionnelle est typiquement là dedans. Ce que j'ai entendu de mes confrères lors de cette discussion passée est une croyance. Rien n'empêche le développement économique a priori. Il existe des opportunités offertes notamment par le changement technologique mais pas seulement. Par contre, je subodore que l'on se met des freins. Car le secteur de la généalogie s'est transformé. De nouveaux acteurs sont apparus, se sont développés, s'adaptaient au fur et à mesure que la généalogie évoluait. Et nous ? Que s'est-il passé pendant ce temps-là ? A part d'être à la traine ?
Pourquoi n'osons-nous pas ? De quoi avons-nous peur ? C'est comme si nous n'avions pas pris conscience de nos avantages, des arguments que nous pouvons faire valoir à notre clientèle, des preuves que nous pouvons apporter de notre savoir. C'est en tout cas l'impression que j'ai parfois quand je suis des formations et que je discute avec d'autres professionnels libéraux. En tout cas, c'est ce qu'ils me renvoient et je ne me sens pas "coincé", étant plus dans l'envie de développer mon entreprise.
Et si on essayait pour une fois de croire l'inverse, que nous sommes en capacité de nous développer, de prendre une place suffisante ? Après tout, quel est le risque ?
Commentaires
Rédigé par : Tof Monaute | 27 nov 2011 11:38:08
j'ai suivi une formation pour monter ma boite (cabinet) en 2001, et dejà la genealogie etait a l'heure du numerique!!! la vie en a pour le moment voulut autrement mais je pense que l'arrivée des AD en ligne compromet grandement la rentabilité de la genealogie familiale, a moins d'avoir a son arc de solides connaissances des archives et de proposer autre choses que 8 generations dans un arbre pour 2000 euros...... a un public de plus en plus avertis a la recherche d'acte et d'ancetres en general.
ce que je veux dire par là c'est qu'une personne capable de faire un puzzle de 1000 pieces y'a 10 ans pouvait avec 10000 francs monter un cabinet de genealogistes. maintenant que l'obstacle de l'accessibilité aux données se reduit le client, qui s'il s'interesse un peu a ses ancetres, ne va pas se contenter d'une recherche d'etat civil sur 5 ou 8 generations pour 2000 euros (c'est une moyenne hein!!). Travail qui s'il n'y a pas d'embuche ne prends pas non plus 6 mois a temps plein
Rédigé par : Stéphane Cosson | 27 nov 2011 11:39:15
Personnellement, je ne propose pas 8 générations à 2000 €, cela ne présente aucun intérêt. Et en plus, ce n'est pas dans les demandes de mes clients, cela tombe bien ! Peut-être que le fait que j'ai de solides connaissances en archivistique (DESS), histoire (maîtrise), anthropologie de la famille (DESS) et sociologie (DESS) permette que je puisse proposer autre chose : la paléo, la formation, les articles dans les revues entre autre choses. Proposer un site entièrement consacré à ma base de données, être allé vers d'autres possibilités (réviser le français et les maths par le biais de la généalogie pour des publics en difficulté), ne pas avoir eu peur de travailler avec les sociétés commerciales, font que je ne pose pas la question de la rentabilité. Je ne ressens pas l'accessibilité des données sur Internet comme un obstacle, bien au contraire.
Rédigé par : Tof Monaute | 27 nov 2011 11:43:13
mon avis rejoint en parti le votre, le genealogiste familale professionnel doit proposer autre chose que ce que l'on peut trouver par soit même devant un pc. Soit en acceptant des recherches d'acte a l'unité ou des recherches d'actes très specifiques. Je n'ai peut etre pas eu le courage d'aller jusqu'au bout de ma demarche de monter un cabinet geenalogique mais je ne suis pas certain que celui ci aurait été viable très longtemps. l'arrivé des AD en ligne , contrairement a vous, me semble quand même enlever le pain de la bouche a certains qui travaillaient avec une clientele eloignée et peu disponible a se deplacer au AD; Ceci etant si un genealogiste familiale doit se convertir en formateur pour vivre de son entreprise pourquoi pas... mais ce n''est plus de la genealogie a mon sens
Rédigé par : Stéphane Cosson | 27 nov 2011 12:05:24
En fait, que met-on derrière le mot "généalogie" ? Devons-nous avoir une acception étroite (la recherche pour des particuliers exclusivement) ou bien plus large ?
Personnellement, j'ai une acception la plus large possible, simplement pour ne me fermer aucune porte et parce qu'à mon avis, c'est la seule manière de pouvoir en vivre correctement.
Pour ce qui est de la formation en particulier, je la vois de deux manières :
1/Former mes futurs clients potentiels. Cela ne m'enlève pas le pain de la bouche. Au contraire, nous avons pu établir une relation de confiance autrement et, en cas de difficultés, ils n'hésiteront pas à venir me voir, à me demander du travail. Parce qu'à travers la formation, ils m'auront testé pendant au moins 15 heures (mon minimum de formation). Cela a toujours fonctionné depuis que je fais de la formation dans le cadre d'associations.
2/Me former. Si mes clients potentiels se forment et pas moi, au bout d'un moment ils seront mieux formés que moi et n'auront plus besoin de mes services. A moi donc de me tenir au courant, d'aller chercher dans d'autres domaines économiques des possibilités à leur proposer, de voir comment je peux les atteindre autrement. C'est ce que je fais depuis 6 ans en terme de marketing et depuis 3 ans dans le cadre des deux jours annuels gratuits de formation ORIFF.
Sinon, la plupart de mes clients viennent me voir parce qu'ils ont des difficultés, des blocages. Je les débloque, ils repartent faire leurs recherches et reviennent me voir dès qu'un nouvel obstacle se présente à eux.
Pour ceux qui ne veulent pas faire leur généalogie, qui me la confient en entier, je me considère alors comme un passeur d'ancêtres. C'est leur histoire personnelle. Je fais simplement le lien entre eux et leurs ancêtres. Je les laisse les "ingurgiter", se les approprier si vous préférez.
C'est par exemple une des raisons pour lesquelles je ne leur fais pas de tableau généalogique, je ne travaille pas avec un logiciel de généalogie. A eux de voir les liens, de se les fabriquer. S'ils ont un tableau, ils mettent la généalogie dans un coin une fois qu'ils ont ouvert mon courrier. Ce n'est pas mon but. C'est leur histoire et c'est très important pour moi de ne pas interférer.
Quant à la clientèle éloignée et/ou peu disponible à se rendre aux AD, je crois que les AD en ligne ne changent rien. Ils n'avaient pas de disponibilité pour aller aux AD, je ne suis pas sûr qu'ils aient plus de temps pour se mettre devant un écran d'ordinateur à chercher par eux-mêmes. Je ne crois pas que leur envie se soit tout d'un coup déclenchée parce qu'ils peuvent avoir accès à une partie des AD depuis chez eux.
J'ai fait un peu long, désolé !
Rédigé par : christophe | 27 nov 2011 14:33:03
j'ai suivi une formation pour monter ma boite et en fait celle ci etait plus comptable que genealogique.... mais dispensée par une genealogiste professionnelle.
Je ne suis pas certain que la vocation premiere lorsqu'on se dirige sur ce type de carrière soit de faire de la formation.
Le déblocage est a mon sens la source la plus stimulante d'une recherceh genealogique pour un tiers... est ce la source principale de rentrée d'argent???
Sur le dernier point je ne suis absoluement pas d'accord.. je n'ai peut etre pas les moyen de me rendre a Nevers tous les ans pour faire mes recherches masi dès que les archives seront en ligne je pense pouvoir debloquer du temps a la convenance pour explorer les registres. Autre exemple, je n'ai pas le temps d'aller au archives municipales d'une commune a 20 km de chez moi, mais avec les ad en ligne j'ai depouiller 25 ans de la commune et etablie des liens entre individu que le temps de recehrches aux ad ne m'aurait pas permis (on est tributaires des heures d'ouverture aussi) les ad en ligne permettent de faire de la genealogie depuis le canada a 03h00 du matin si cà nous chante. Dnas ce sens les ad en ligne ont permis la democratisation de la recherche mais je pense qu'elle a privée les professionnelles d'une clientelle qui n'avait pas d'autres choix que de passer par eux.
Rédigé par : Stéphane Cosson | 28 nov 2011 09:13:06
Une formation plus comptable que généalogique. Pourquoi pas ? Mais ma consoeur vous a-t-elle appris à vous vendre ? Quid du côté marketing ? Quid du commercial ? Les deux sont quand même hyper importants. Sans clientèle, sans savoir aller la chercher, on ne rentre pas d’argent et on ferme sa boîte.
La vocation première quand on se dirige vers ce type de carrière n’est pas la formation. Mais quand la demande existe, autant y répondre. Sinon, ce sera un autre professionnel qui le fera à votre place.
Quelles sont mes rentrées d’argent ? Sur un CAHT de 41200 € environ (décembre non compris mais j’ai comptabilisé les 2-3 factures prévues en novembre et pas encore rédigées) :
SOS Paléo 6%
Formation 1%
Articles dans les revues 1%
Recherches pour les particuliers 92% dont 63% sont des déblocages.
Pour mon dernier point, je vais faire une distinction : il y a ceux comme vous, généalogiste amateur, qui sauront libérer du temps quand les AD qui les intéressent seront mises en ligne.
Il y a aussi ceux qui, mise en ligne ou pas, ont envie mais ne feront pas d’effort et iront voir le professionnel (37% de ma clientèle).
N’oublions pas que la mise en ligne n’est pas la panacée. Elle permet seulement de consulter plus facilement les registres les plus souvent consultés par les lecteurs. Si vous voulez aller plus loin, par exemple consulter les minutes notariales, les archives de la justice, soit vous vous déplacez, soit vous faites appel à un professionnel. De ce côté-là, rien n’a changé.
Autre problème (si je puis dire) : quand vous êtes en salle de lecture, si vous avez des difficultés de lecture, les autres personnes peuvent vous aider. Seul, devant votre écran d’ordinateur, ce n’est plus possible. Et alors vous pouvez faire appel à un professionnel pour cela.
Nous sommes prévenus suffisamment tôt de la mise en ligne d’un département pour pouvoir l’anticiper, prévoir d’autres solutions, mettre en place d’autres produits à proposer à notre clientèle. Le pire, c’est ne rien faire et subir. On perd la clientèle qui n’avait d’autres choix que de passer par nous ? Comment faire pour la faire revenir vers nous ? Là est la véritable question que doit se poser un professionnel.
Sans vouloir me vanter, je travaille principalement sur les AD du Tarn qui sont en ligne. Malgré cela, je double depuis 4 ans tous les 2 ans mon CAHT. A part l’anticipation du problème, je ne vois pas d’autres explications.
Rédigé par : Christophe | 28 nov 2011 21:00:11
Il est vrai que pour le tarn je rencontre des difficulté personnellement!! qui sais je ferai peut etre appel a vous.
En tout cas merci pour la transparence des chiffres,
La pub est un metier!!! vous pouvez avoir le meilleur site internet du monde si vous savez pas referencer un site personne ne le verra.... faut savoir vendre que ce soit un service , ou un bien, je sais de quoi je parle puisque je fais de la location saisonnière depuis peu
Rédigé par : Stéphane Cosson | 28 nov 2011 21:32:07
Côté sites Internet, je suis en train de changer de webmestre afin qu'ils soient plus correctement référencés. Je sais ce que je veux très précisément. Cela prendra peut-être un peu de temps mais je sais que le nouveau en est parfaitement capable.
Pour ce qui est de la transparence des chiffres, c'est ma manière de travailler depuis le début. Il n'y a que comme cela à mon sens que l'on peut correctement travailler dans la confiance.
Pas de souci pour le Tarn, n'hésitez pas à m'envoyer un e-mail: stephane.cosson@aliceadsl.fr
Rédigé par : christophe | 28 nov 2011 23:04:31
je suis quand même surpris du CAHT que peut degager un cabinet et dans les proportions que vous decrivez; je trouve celà honorable pour une profession pas si commune que celà
Rédigé par : christophe | 28 nov 2011 23:07:38
ps : qui sait je vous enverrai peut etre un cv si vous cherchez a embaucher :)))
Rédigé par : Stéphane Cosson | 29 nov 2011 10:06:29
En ce qui concerne le CAHT, je crois que c'est possible en travaillant le côté commercial / marketing, en proposant des nouveautés, en ayant un panel relativement large de produits, en privilégiant la qualité.
Je crois aussi qu'il faut montrer quelles sont nos caractéristiques par rapport à la concurrence (même si nous sommes une profession peu commune), quels avantages le client peut en retirer, quelles preuves nous pouvons lui apporter (important de donner les preuves pour ne pas se griller derrière en affirmant des faits faux). Ce qui permet de justifier nos prix et de valoriser nos prestations sans aucune difficulté ou presque. Et de fidéliser nos clients ainsi (ce qui coûte moins cher que d'aller en chercher de nouveaux).
Ce n'est pas seulement "je suis bon en généalogie. Youkaïdi, youkaïda, je m'installe en tant que professionnel". Parce que cela ne fonctionne pas. Et on se plante.
Mais c'est vrai que l'on n'attend pas ce type de CAHT de la part d'un familial. Je crois que nous pouvons nous compter sur les doigts d'une main, sans utiliser tous les doigts, pour avoir atteint ce niveau. En tout cas, si je me fie à ceux qui sont visibles sur Infogreffe (pour les entrepreneurs individuels, c'est plus compliqué d'avoir leurs chiffres).
Prêt à déménager sur Midi-Pyrénées ?:))))
Rédigé par : christophe | 30 nov 2011 11:16:15
Pour le demenagement?? pas de soucis!!! puis je serais plus pres de mes ancetres originaire de Montfa....
En tout cas discussion tres interessante
Rédigé par : Renan YVON | 2 déc 2011 13:17:33
Merci pour cet article positif et les précieuses informations que vous fournissez, et qui alimentent notre réflexion sur le métier, nos offres...
Tatiana (Yvon Généalogie) et moi partageons votre optimisme, et surtout votre volontarisme. La valeur ajoutée du généalogiste professionnel est réelle, et les prospects sont là... Il faudrait sans doute que la profession prenne conscience que, comme toute activité de services, elle ne peut se passer d'innovation produit, de communication, de marketing, relation client...
Et nous y travaillons !
Rédigé par : Stéphane Cosson | 2 déc 2011 19:40:46
Pour rebondir sur votre commentaire : je suppose que vous avez vu comme moi la publicité de la Chambre des Généalogistes Professionnels dans le dernier numéro de la RFG.
Etes-vous allé sur leur site, qu'ils mentionnent dans la publicité ? Je vous mets au défi d'y trouver mention de quoi que ce soit concernant ce stage de formation de 155 h pour devenir généalogiste familial professionnel.
Qui fait partie de l'équipe "professorante" ? Quel est le programme des cours et quel est le nombre d'heures pour chacun de ceux-ci ? Quel planning ? A quelle date ? A quel endroit ? Est-ce exigible au DIF ? Quel coût pour le stagiaire ?
Aucune information sur ces sujets, importants s'il en est, nulle part dans le site. Dans la FAQ, vous trouvez seulement mention que la CGP ne fait pas de formation ni de conseils à l'installation. Comme un bug peut-être ? Ou une information pas mise à jour ?
Je suppose donc qu'il faut uniquement appeler le numéro de portable donné pour en savoir plus. Comme cela a priori, cela ne me donne pas une impression de sérieux même si l'intention est louable. Tout le monde n'a pas forcément envie d'appeler un numéro de portable et personnellement mon réflexe premier pour avoir de l'information, c'est Internet. Pas le téléphone.
De même, vous ne trouverez pas cette information dans le site de l'IEFGP (http://www.devenir-genealogiste.com). La formation est bien mentionnée mais "en cours de réalisation, visitez le site de la CGP".
Ce qui ne me fait pas changer d'opinion. On lance une publicité : il faut qu'il y ait l'information sur Internet disponible avant la pub. En tout cas, pour moi, c'est une évidence.
Je crois que certains de la profession ont pris conscience de cette nécessité de l'innovation produit, de la communication, du marketing, de la relation client, etc. Je ne crois pas hélas que ce soit la majorité. Je ne suis pas sûr, notamment, que ce soit le cas des syndicats professionnels. Sans vouloir les dénigrer, bien sûr.
