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Créer de la concurrence

Par Stéphane Cosson le 9 décembre 2011 | (17) Commentaires | Permalink

Je vais reprendre ici le dernier commentaire que j'ai fait à Yvon Renan dans ma dernière note en essayant de le développer plus : je suppose que vous avez vu comme moi la publicité d'une chambre syndicale dans le dernier numéro de la RFG.

Etes-vous allé sur leur site, qu'ils donnent dans la publicité ? Je vous mets au défi d'y trouver mention de quoi que ce soit concernant ce stage de formation de 155 h pour devenir généalogiste familial professionnel.

Qui fait partie de l'équipe "professorante" ? Quel est le programme des cours et quel est le nombre d'heures pour chacun de ceux-ci ? Quel planning ? A quelle date ? A quel endroit ? Est-ce exigible au DIF ? Quel coût pour le stagiaire ? Y aura-t-il un diplôme ? Une attestation de formation ? Où s'inscrit-on physiquement (où peut-on retirer les dossiers si vous préférez) ? Existe-t-il des préalables à l'entrée dans la formation (combien d'années de pratique dans la généalogie par exemple) ?

Aucune information sur ces sujets, importants s'il en est, nulle part dans le site. Dans la FAQ, vous trouvez seulement mention, dans la réponse à la question "Comment entre-t-on à cette chambre syndicale ?", que celle-ci ne fait pas de formation ni de conseils à l'installation. Comme un bug peut-être ? Ou une information pas mise à jour ? Je n'ai rien contre elle en particulier. J'en ai été membre et, quand j'y étais, je m'y sentais complètement à mon aise. Nos chemins se sont séparés pour diverses raisons. Je ne les attaque pas personnellement, j'essaie simplement de globaliser à partir de leur publicité comme quelqu'un qui chercherait des renseignements parce qu'il a trouvé celle-ci alléchante et qu'il a envie de franchir le pas. Rien de personnel, je préfère le redire.

Je suppose donc qu'il faut uniquement appeler le numéro de portable donné pour en savoir plus. J'aurais préféré personnellement un numéro fixe.Tout le monde n'a pas forcément envie d'appeler un numéro de portable et  mon réflexe premier pour avoir de l'information, c'est Internet. Pas le téléphone.

De même, vous ne trouverez pas cette information dans le site de l'IEFGP (http://www.devenir-genealogiste.com). La formation était bien mentionnée mais "en cours de réalisation, visitez le site de la chambre syndicale". Je dis "était" car lors de ma dernière visite sur le site, avant de rédiger la note, cela avait complètement disparu.

 On lance une publicité : il faut qu'il y ait l'information sur Internet disponible avant. En tout cas, pour moi, c'est une évidence. Je trouve cela dommage si ce n'est pas le cas, c'est comme scier la branche sur laquelle on s'asseoit.

Autre point qui me gêne, mais là de manière beaucoup plus globale. Avant de former de la concurrence, est-on absolument sûr que tous les professionnels familiaux vivent correctement de leur métier ? Pour moi, vivre correctement, cela veut dire dégager a minima un CAHT de 24000 €. Soit un SMIC. Est-ce le cas pour tous ? Sinon, pourquoi mettre en place de la concurrence qui, forcément, va prendre du chiffre d'affaires ? Pourquoi ouvrir un marché ? Est-ce qu'il ne serait pas plus intéressant de s'auto-former, en interne, pour que chacun puisse améliorer ses revenus, en cherchant alors quels sont les manques de la profession ? Cela me paraît être un préalable à la réflexion. Fermer le marché en mettant des barrières à l'entrée, se développer puis au fur et à mesure des besoins nécessaires à la profession, ouvrir petit à petit le marché pour par exemple former de futurs salariés plutôt que des concurrents.

Quelques réflexions à chaud que m'ont inspiré cette publicité. Aucune attaque personnelle, je préfère le dire une troisième fois. Je l'ai vue, je suis allé faire de la veille à ce sujet. Normal, quoi  ! Mais elle me laisse un goût amer dans la bouche.



Commentaires

Rédigé par : Annie Bouyer | 13 déc 2011 10:00:38

Bonjour,

Est-il possible de répondre aux différentes questions posées sur ton blog au sujet de la formation mise en place par la CGP sans être censuré ni engendrer de polémiques stériles ? De même sur la question des CA des confrères ? Cela confirmerait en effet que tu ne dénigres pas la CGP comme tu l'annonces plusieurs fois…

D'autre part, peux-tu dire à ton ami qui m'a téléphoné qu'il n'était pas très malin de sa part de reprendre les mêmes questions que celles de ton blog ? Si son accent ne m'avait pas déjà alertée, son impolitesse à ne pas se présenter m'a confirmé ma première impression.

Annie BOUYER-GIROUX,
Trésorière-secrétaire de la Chambre des généalogistes professionnels
55 av Marceau - 75116 PARIS.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 13 déc 2011 10:01:34

Bonjour Annie,

Tu peux parfaitement répondre, toi ou quelqu’un d’autre de la CGP, voire même plusieurs de la CGP, aux questions posées sur mon blog. Les seuls que j’ai censurés étaient des commentaires injurieux, écrits sous un pseudonyme, ou des spam. A mon avis, ni l’un ni l’autre n’étaient intéressants. Pour le reste, je laisse une totale liberté d’expression. Les commentaires sont publiés sans que j’aie un droit de regard préalable sur ceux-ci. Autrement dit, il n’y a aucune vérification de ma part, aucune modération.

Je n’ai pas l’intention de provoquer ou d’engendrer une polémique stérile. Pourquoi ? Cela ne ferait pas grandir la réflexion et cela ne serait bon ni pour toi ni pour moi. Tu as une opinion, elle ne sera pas forcément la mienne. Ensuite, peut-être un terrain d’entente sera-t-il possible dans la discussion. Ou tout du moins aurons-nous pu faire partager une discussion intéressante aux lecteurs du blog.

Je ne sais pas qui t’a appelé. En tout cas, je n’ai demandé à personne de le faire en reprenant les questions du blog, sans se présenter. Par contre qu’un lecteur lambda l’ait fait après avoir lu mon blog est possible. Mais l’ordre, ou la demande comme tu veux, n’est pas venu de moi.

Cordialement,

Stéphane Cosson


Rédigé par : Annie Bouyer | 13 déc 2011 10:02:32

Et pourtant tu laisses sous-entendre dans ton blog que tu t'es renseigné...

Mais passons : pourquoi incriminer un n° de tél portable ? Si je n'ai pas de fixe à donner, j'ai mes raisons -très personnelles- et d'autres de mes confrères ne donnent pas de fixe afin de ne pas être ennuyés à leur domicile assez tard le soir ou le week-end.

Pourquoi cette formation ? Pour répondre aux nombreuses demandes qui nous sont faites par tél, par le Net ou par écrit. Pour éviter que des personnes peu formées ou insuffisamment informées ne s'installent et pour éviter des désillusions. C’est la même démarche que le CLG de Blois. Que tu ne critiques pas il me semble. Et non pas pour leur faire croire que c'est facile et qu'on peut en vivre, comme le fait Nîmes dont j'ai rencontré les stagiaires au printemps et avec qui je me suis entretenue. Leur niveau m'a effarée pour certains qui n'arrivaient pas à remonter plus loin que la fin du XIXe siècle... et dont la culture générale et historique était loin d'être "normale".

Ce n'est pas sur le site de la CGP ? Pour une raison technique et administrative trop longue à expliquer.

Pas de prix ? Pas de noms de formateurs etc. ? Pour ne pas influencer les candidats que nous engageons à se présenter, à expliquer leur parcours et leur motivation. A la suite de quoi, nous leur demandons de nous écrire pour confirmation et leur proposons des modules adaptés à leurs besoins. Nous en avons dissuadé un certain nombre dont les connaissances ou la motivation (recherche d'un stage payé par le pôle emploi sans avoir jamais effectué aucune recherche etc.) étaient insuffisantes ou la mobilité inexistante, ne connaissant que Genealogie.com ou Geneanet mais pas les dépôts d'archives...

Bref, nous avons plein de choses à répondre à tes propos sur ton blog mais nous ne souhaitons pas que nos propos soient déformés ni entraînent ensuite des commentaires désobligeants de ta part.
Quant au CA, il ne veut rien dire : moi qui connais les budgets de mes confrères, je peux t'assurer que certains font 40 000 mais ont 35 000 de charges, déplacement, hébergement et ne vivent pas de leur travail. D'autres n'ont "que" 20 000 mais ayant déjà un autre travail ou une retraite ou une pension d'invalidité, sont exonérés du RSI et en retirent plus de bénéfices que ceux qui ont les meilleurs CA. C'est très compliqué et tu ne peux pas affirmer que tes 40 000 € de CA sont autant de bénéfices qui te font vivre. Suis-je claire ? Mes confrères me conseilleraient sûrement de ne pas répondre sur ton blog, de crainte de me faire allumer, mais je ne veux pas que tu diffuses de fausses infos. Car malgré quelques divergences d'opinions, j'apprécie un grand nombre de tes réflexions sur le métier.

Annie,


Rédigé par : Stéphane Cosson | 13 déc 2011 10:03:28

Pour ce qui est de la question du téléphone portable, pourquoi ne pas mettre le numéro fixe de la CGP ? Cela m’aurait semblé plus logique pour que les gens puissent se renseigner d’abord là, le standard ayant été briefé au préalable, quitte à renvoyer les personnes ayant des questions trop précises vers un des membres du bureau.

Ce n’est pas sur le site de la CGP ? Cela ne sert à rien de mettre le site dans la publicité. Cela induit en erreur les gens et cela donne une mauvaise image de marque. A mon avis.

Je te rassure, je critique tout autant le CLG de Blois, notamment dans le fait qu’il n’y a aucune partie commerciale ou marketing dans ce qui est proposé. Ce qui me paraît quand même primordial. Pas de CA sans clientèle.
J’ai eu par le passé par exemple une longue conversation avec Christine Lescène dans le cadre du blog, qu’elle a interrompue, dans laquelle je lui disais que généalogiste professionnel ne signifiait pas forcément entrepreneur individuel et un type particulier d’impôts. Mais mon message n’est pas passé.

J’ai, à cause du blog, très souvent des gens qui m’écrivent avant de s’installer. Ma première réponse est un e-mail rempli de questions précises pour connaître leurs motivations et leurs compétences. Et dans lequel je leur dis toujours que s’installer c’est 3 ans sans week-ends, sans vacances, 70h/semaine minimum. Sont-ils prêts ? Je te garantis que cela calme les envies.

Pour ce qui est de Nîmes, je ne sais ce que leur enseignait David Mataix en généalogie. Je ne le connaissais pas en tant que professionnel mais d’après ce que j’ai compris il était mono-client, travaillant pour une riche famille. C’était peut-être plus facile pour lui.
Par contre, que je leur dise que c’est facile et qu’on peut en vivre, il n’en sera jamais question dans mon enseignement. Ils veulent s’installer après le diplôme ? Etude de marché corrigée par mes soins d’abord a minima. Et là-dessus, je serai intraitable. S’installer pour se planter, non !
Je ne les ai pas encore rencontrés mais la première question que je leur ai posée par e-mail est une question sur leur pratique de la généalogie. Ce qui me paraît primordial.

Pourquoi des commentaires désobligeants de ma part ? Déformer des propos quand ils peuvent apporter une information utile au lectorat, quel intérêt ? Pourquoi est-ce que je t’allumerais, comme tu dis ? Les autres me connaissent-ils si mal ? Par contre, que je sois une grande gueule avec mon franc-parler, oui ! Mais parce que je sais dans quelle direction précise je veux aller.

Je ne confonds pas CA et bénéfice. Mais pour moi, quelqu’un qui réalise un CA de 16 000 € avec un bénéfice de 3 000 €, par exemple, n’est pas quelqu’un qui peut vivre de son métier s’il n’a que ce revenu-là. Pour pouvoir se payer correctement, il faut réaliser un CA mensuel minimum qui puisse permettre de sortir un bénéfice correct. Pour moi, ce CA est de 24 000 €. Une entreprise qui embauche un salarié au SMIC sait que ce salarié doit lui rapporter ce CA de 24 000 € si elle veut le payer au SMIC sans qu’elle y soit de sa poche. C’est aussi simple que cela.
Je ne prends jamais en compte les revenus en plus, volontairement. Quelqu’un qui a 40 000 € de CA avec 35 000 € de charges est quelqu’un qui n’a pas regardé où il peut diminuer ses charges ou quelles charges il peut faire payer à ses clients (déplacement, hébergement sont à faire payer aux clients systématiquement par exemple) ou quel produit il ne compte pas (le temps de synthèse que l’on passe pour les clients par exemple). A mon avis.
J’y suis passé, j’ai failli ne pas pouvoir me relever après le départ de mon associé, je peux en parler en connaissance de cause. J’ai suivi un an de formation en individuel sur ce sujet. Où on a épluché toutes mes pratiques et toute ma comptabilité ligne par ligne.

Cordialement,

Stéphane Cosson


Rédigé par : Annie Bouyer | 13 déc 2011 10:04:25

Voici quelques réponses à tes questions
Tu as raison pour le site de la CGP y a eu un bug dans cette pub, on l'a bien compris. Quant au standard de la CGP, ce n’est qu’une domiciliation qui me transmet les appels ensuite d’où du temps perdu…

J’en calme aussi beaucoup, crois-moi, quand ils m'appellent...

De mon côté, j'ai toujours aussi mauvais caractère et aussi peu de diplomatie, trop tard pour me changer. Je hais lèche-culs et hypocrites. (Par rapport à ta remarque grande gueule et franc-parler).

Je n'ai pas dit que tu confondais CA et bénéfice ; Combien de charges as-tu et combien de frais de déplacement as-tu ? Que te reste-t-il à la fin de l'année ?

Déplacement, hébergement sont à faire payer aux clients systématiquement par exemple : c'est ce que je fais, d'autant que je suis la seule de la CGP à me déplacer autant, étant mobile et disponible.

Le plus gros problème : comment résoudre le problème de ce temps de synthèse que l’on passe pour nos clients ? Je ne parle pas de travail comme toi, 2 H de synthèse et l'envoi de documents sans arbre ni dossier complet mais de recherches qui nécessitent après une journée aux AD, un à deux jours (parfois plus) de travail intense : traitement des photos, saisie des données, mise en forme etc. aboutissant au dossier que le client demande : comment reformuler le fameux "forfait d'une journée aux AD comprenant etc." ? Faut-il annoncer dès le début 3 jours de travail à x € la journée ? D'autant que je fais comme toi depuis longtemps : je leur demande quel budget ils souhaitent consacrer et sur combien de temps... Tout en sachant que pour moi, c'est plus facile, quand je me déplace loin, d'en faire un maximum lors de ce déplacement plutôt que de perdre du temps à y revenir 3 mois après, avec des frais supplémentaires. Mais je crois que voulant trop bien faire, j'en donne trop à chaque fois. Je ne propose pas de forfait par quartiers, branches etc. Sauf quand c'est un arbre patronymique...

Cet échange est très instructif, et je t'en remercie.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 13 déc 2011 10:05:19

Bonjour Annie,

Combien de charges as-tu et combien de frais de déplacement as-tu ? Que te reste-t-il à la fin de l'année ? Je travaille toujours le plus possible dans la transparence à ce sujet. Tu pourras vérifier sur Infogreffe si tu veux. Je vais oublier l’année 2008, catastrophique à tous les points de vue. Mais en 2009, j’ai fait un CA de 24 000 € avec un bénéfice de 1 000 €. En 2010, CA de 38 000 € avec un bénéfice de 8 000 €. Pour 2011, le point comptable avec mon expert-comptable en septembre donnait le même CA mais avec un bénéfice de 10 500 €, sachant qu’il manquait alors 3 mois. Je clôture cette année à tous les points de vue mon déficit 2008. Tous mes frais de déplacements sont répercutés systématiquement à mes clients. Je te laisse calculer les charges, tu as tous les éléments.

Par rapport au temps de synthèse : Qui sont tes clients ? Quelle est précisément leur demande ? Ont-ils vraiment besoin de ce dossier important à chaque fois avec traitement des données, des photos, mise en forme, etc. ?
Si ce sont des généalogistes amateurs, pourquoi passer du temps à créer un arbre sur un logiciel de généalogie, en faire un tirage relié qu’ils devront ensuite retaper sur leur logiciel ? Autant leur envoyer un Gedcom. C’est moins de temps perdu pour les deux.
Ont-ils toujours besoin des photos ? Ou bien la cote précise des documents consultés leur suffit-elle, quitte à ce qu’ils demandent, eux, les photos aux AD. Ce qui résout en partie le problème des licences de réutilisation commerciale.
J’envoie tous les mois un dossier complet des recherches effectuées pour eux, même si ce dossier n’est pas relié. Je me considère comme un passeur d’ancêtres. C’est leur histoire personnelle, je n’ai pas à intervenir en faisant des interprétations. Je laisse mes clients les faire tout seuls et revenir vers moi avec leurs questions, pas des questions que j’aurais pu induire. Et tous les mois, ils ont une somme à me payer plutôt que de sortir une grosse somme in fine. Un arbre généalogique, des photos, uniquement s’ils m’en font la demande précise. Et cela se paie alors. Sinon, non.
Tu passes 3 jours sur un dossier client, tu lui fais payer trois jours. Leur faire cadeau des 2/3 de ton temps n’est pas leur rendre service, cela dévalorise ton travail. Et cela ne te rémunère pas en plus.
Je me suis vraiment posé la question du « comment travailler ». Et c’est comme cela que j’ai mis en place ce système. Et jamais un de mes clients ne s’est plaint jusqu’à présent. A la rigueur me disent-ils que je ne fais pas comme les autres et cela les surprend un peu au départ. Puis ils s’habituent. Un client, cela se forme. Et tu peux faire un courrier à tes clients en expliquant ta méthode.

J’ai suivi un an de formation en individuel au sujet de mon travail J’ai travaillé avec une association et mon expert-comptable. Avec l’association, nous avons épluché tout mon travail au plus fin, que ce soit ma pratique professionnelle ou ma comptabilité. Depuis, par exemple, je note tout ce que je fais sur un agenda, jour par jour, client par client. C’est ce qui m’a permis de comprendre que je ne me faisais pas payer tout mon temps de travail et m’a permis de changer cela. Qu’est-ce que je pouvais mettre en place en plus, pour montrer mon savoir-faire, mes compétences ? Est-ce que je me valorisais suffisamment ? Quel était mon véritable temps de travail hebdomadaire et quel était celui que je faisais payer ? Pourquoi y avait-il un écart ? Quels étaient les freins en moi ?
Avec l’expert-comptable, nous avons épluché encore plus finement toutes mes dépenses. Chaque fois, je devais répondre à la question : utile pour déclencher des recettes ou pas ? Inutile, je supprime. Utile, est-ce que je peux la faire payer au client ou diminuer son coût ? De même pour les recettes. Est-ce que je peux les augmenter sans me faire perdre de la clientèle ?
Et tu fais du tri. Sainement.

Notre conversation m’a paru aussi intéressante, formatrice. Merci à toi.


Rédigé par : Annie Bouyer | 13 déc 2011 10:06:19

Je pense que le prochain client qui se présentera aura droit à un "interrogatoire" très précis sur ce qu'il souhaite en fonction du prix qu'il veut payer ! Certains me demandent en effet un fichier Ged-com mais d'autres ne sont encore qu'au papier et au crayon et ont besoin d'arbres...


Rédigé par : christophe | 17 déc 2011 08:39:42

tres interessante discussion. Moi qui est suivi une formation à Blois cà m'a vite calmé dans mon projet de genealogiste professionnel.... mais comme j'entame un bilan de comptetence en janvier peut etre que la question d'un nouveau stage sera envisagé. Quoiqu'il en soit c'est en forgeant qu'on devient forgeron et même avec le calcul le plus precis des charges il est difficile de prevoir le marché de demain
La question est le marché est il deja saturé? combien de genealogiste vive réellement de leur travail? 10000 euros de benefice c'est apres t'etre remunéré ou hors remuneration par ce que 10000 euros net pour vivre par an c'est en dessous du smic!!! le jeu en vaut il la chandelle?


Rédigé par : Stéphane Cosson | 17 déc 2011 12:22:42

Pour la question du bénéfice, 10 000 € c'est après m'être rémunéré. Question rémunération, on déclare pour le moment le minimum juste pour valider mes trimestres pour la retraite. Mais c'est volontaire.

Je réfléchis aux autres questions avant de donner une réponse plus poussée.


Rédigé par : Cyril | 17 déc 2011 13:44:07

@Christophe
Pouvez-vous expliquer votre commentaire sur la formation à Blois ?


Rédigé par : Stéphane Cosson | 17 déc 2011 14:56:40

Le marché saturé ? Je ne crois pas. Un marché plutôt plan-plan en tout cas côté professionnels.
Une fois encore, avant toute installation, une étude de marché me semble indispensable. Ne serait-ce que pour connaître les besoins réels insatisfaits et les besoins encore à créer. Pour savoir aussi qui sont les personnes qui ne sont pas encore nos clients mais qui peuvent le devenir. Le marché de demain n'est pas forcément prévisible mais il peut être construit, créé. Être actif plutôt qu'attendre. Être dans l'innovation et en faire une démarche habituelle, volontaire.
Par contre, je crois qu'il faut oublier la question business plan. Cela fait certes plaisir au banquier mais c'est toujours plus faux qu'autre chose.

Ensuite savoir comment on va s'installer : de suite comme entrepreneur individuel ? Passer d'abord par le portage salarial ou la coopérative d'activités ? Monter une EURL ?

Combien de personnes en vivent réellement ? Je crois que c'est une question à poser plutôt aux chambres syndicales. Car ce sont elles qui ont les chiffres. Mais vont-elles vraiment répondre ? Je ne le crois pas.

Ce qui me semble important, c'est de faire attention aux charges : lesquelles peut-on faire payer intégralement aux clients, comme les frais de déplacement par exemple ? Lesquelles sont fixes quel que soi notre niveau de CA ? Lesquelles sont variables et sur lesquelles on peut vraiment faire attention, pour qu'elles aillent plutôt vers la diminution ?

Qu'est-ce qui vous a calmé à Blois mais qui n'a pas fait passer l'envie ?


Rédigé par : christophe | 19 déc 2011 08:52:51

bonjour.
Ce qui m'a calmé dans mon projet c'etait d'une part de ne pas savoir le potentiel réel en terme de marché!!la formation en elle même n'a rien a voir dans mon renoncement de l'epoque. Le seul avantage que j'avais sur la concurence c'etait ma position geographique. il n'y avait pas de genealogiste basé dans la Nievre et de memoire 1 seul dans l'yonne.
La deuxieme chose etait mes connaissances réelles des fonds d'archives, une autre formation aurait ete necessaire. l'autre soucis c'etait qu'a l'epoque il etait dit qu'il fallait 5 ans pour ce créer une clientele et esperer tirer des benefices; ce qui financierement n'etait pas jouable pour moi, meme sans charge a payer. Enfin un manque de soutien de mon entourage de l'epoque m'a fait abandonné le projet
Pourquoi avoir toujours envie ?
La passion pour la genealogie ne me lache pas depuis 15 ans, et a l'aube de la qurantaine j'ai bien envie de faire enfin quelque chose qui me plait professionnellement. Recement j'ai herité d'une proprieté que je loue en saisonnier et que je gere comme une entreprise (gestion des charges fixes et aleatoire, gestion d'un employé en CESU, promotion et publicité, aspect juridique et contrat de location, etc...) ce qui me fait prendre confiance dans mes capacités d'entreprendre et a me depatouiller tout seul, choses qui il y a 10 ans n'etait pas forcement le cas. Avant tout un bilan de competence me permettra de bien definir si je suis sur la bonne voie ou regarder vers d'autres opportunité de carriere.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 22 déc 2011 11:32:17

Savoir quel est le potentiel réel en terme de marché ? Je ne suis pas sûr qu'il soit toujours facile de le savoir, même actuellement.

Les recherches économiques sur la généalogie sont rarissimes. En existe-t-il de véritables, faites par des économistes de profession ? Je ne crois pas. Les chambres syndicales en ont-elles faites pour renseigner les personnes s'intéressant à la profession ? Je ne crois pas non plus. A ma connaissance, seuls les ethnologues et sociologues se sont intéressés à la généalogie en tant que phénomène social. Cela peut peut-être donner un ordre d'idée.

Pour la suite, je crains que cela soit du travail de recherche à faire soi-même et ensuite en faire profiter les autres.


Rédigé par : BOUYER | 29 déc 2011 11:16:09

Détrompe-toi, Stéphane,
une étude a bien été menée au sein de notre chambre en vue de mettre en place la formation.
Je rappelle que notre objectif, en mettant en place cette formation, n'était pas de créer de la concurrence mais de répondre aux demandes récurrentes de personnes qui souhaitaient s'installer et d'éviter qu'elles ne le fassent sans savoir exactement dans quoi elles s'engagent comme beaucoup l'ont déjà fait et ont échoué. La pré-sélection à cette formation est stricte et l'entretien préalable dont j'ai déjà parlé a pour but de connaître à la fois le niveau de connaissances, de compétences et de motivation des candidats tout en leur exposant les difficultés à en vivre, voire l'impossibilité.
L'étude au sein de la chambre montre clairement la disparité des revenus des 21 études familiales adhérentes à notre structure. La moitié d'entre elles existe depuis une dizaine d'années et aucune n'en vit réellement. Même avec un bon CA, cette moitié doit supporter de telles charges fixes, notamment les cotisations aux organismes sociaux que le bilan en fin d'année se révèle négatif. Les bénéfices que certaines études en tirent ne sont pas suffisants pour en vivre, surtout quand on a une famille à nourrir. Ils n'atteignent pas 10 000 € par an, qui ne représenteraient que 800 € par mois : insuffisant quand on a un loyer à payer. Est-ce ton cas ?
Tu as parlé de passion en évoquant ta présentation devant tes étudiants. Notre profession est exactement un métier-passion, oomme les artistes. Nous mettons notre passion et nos compétences au service des autres et ne nous faisons pas payer le temps passé (voir échanges plus haut)Il faudrait au moins doubler, voire tripler la facture pour en retirer de réels bénéfices.
Je connais suffisamment mes confrères (anciens et actuels) pour affirmer que personne n'en vit. Ce n'est qu'un complément de revenus au sein d'un foyer. Quant aux célibataires, soit ils habitent chez leurs parents, soit ils sont propriétaires et/ou ont d'autres revenus tels que retraite d'une anciene activité, pension quelconque, cours et écriture d'articles etc.
Le nombre impressionnat de personnes qui s'installent puis abandonnent n'est-il pas révélateur de la difficulté de réussir, même en travailant de 10 à 12 H par jour, 7j sur 7 ?
J'ai moi-même suivi une formation organisée par la CGP en 1998,avant de m'installer : combien de ceux qui ont reçu cette formation sont encore en activité ? Une minorité... Il ne suffit pas d'avoir "fait" sa généalogie ni celle de ses amis pour devenir professionnel.
Je crois avoir fait le tour de la question et vous remercie de votre attention..


Rédigé par : BOUYER | 29 déc 2011 12:17:39

Un commentaire sur la difficulté de lecture des commentaires : plutôt que d'aller les chercher dans des articles, il serait bon qu'ils apparaissent au fur et à mesure de leur parution.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 29 déc 2011 14:33:21

Une étude a été menée, chouette et mea culpa ! Ce serait bien si une synthèse pouvait être publiée dans une des revues de généalogie. Je crois que cela serait sain pour l'ensemble de la communauté généalogique. Est-ce possible ?

Pour ce qui est de mes charges, plusieurs points :
Pour 2011, je devrais avoir à peu près un bénéfice de 10 000 €, peu ou prou. Le bilan n'est pas encore fait. Mais dans mes charges sont déjà comptabilisés 1/le revenu que je me suis payé afin de valider mes trimestres retraite et 2/le montant donné mensuellement à ma collaboratrice. C'est donc du bénéfice "pur" si je puis dire. Depuis 3 ans, j'ai éliminé mon déficit de 2008, mis un peu d'argent de côté, et j'en vis. Je n'ai pas un revenu mirobolant mais entre ce que je me paie pendant l'année et le bénéfice de fin d'année, cela commence à devenir correct. Mais j'ai changé ma politique, ma vision du métier.

Je fais la distinction dans l'étude de mes charges entre coût, dépense et investissement. Dans les trois, de l'argent sort mais pas dans le même but. Un coût, c'est quelque chose qui fait perdre de l'argent, qu'on ne peut éviter : loyers, impôts, élecricité, téléphone... Un investissement génère de l'argent à terme : formation, publicité, études de marché, brevets ou marques, paiement de ma collaboratrice. Une dépense est quelque chose qui reste acceptable tant que les temps ne sont pas durs et qui est sacrifié en priorité dans le cas contraire : abonnements, adhésions à des clubs ou autres.
En fonction de ces définitions, je fais du tri afin de ne garder le plus possible que les coûts et les investissements.
Et encore pour mes investissements, j'essaie de passer des partenariats pour qu'ils me coûtent le moins possible.

Comment envisager le métier ? Que vend-on ? Personnellement, j'ai toujours considéré mon métier comme multi-tâches : généalogie, paléo, écriture d'articles et du blog, formation, conseil, revente de données... Je ne fais pas que de la recherche généalogique pure et, je le redis, c'est un tort de croire qu'il faut exclusivement s'enfermer dans celle-ci. Nous nous devons d'être multi-tâches.
Ensuite, je ne vends pas de la généalogie, j'en fais. La nuance est d'importance. Ce que je vends, c'est autre chose : du confort, du plaisir, de la facilité, de la résolution de problème, tout cela à la fois ... Cela peut changer selon le généalogiste professionnel mais c'est la seule raison pour laquelle le client achète.

Métier-passion, oui ! Cela ne veut pas dire qu'il faut se paupériser pour autant. Le client a une demande. A nous de lui donner ce qu'il veut mais pour un prix qui dépasse les charges de l'entreprise. Cela me paraît tellement évident ! Si ce n'est pas le cas, il est normal qu'au bout d'un moment, les généalogistes soient asphyxiés et disparaissent de la circulation.

Connaît-on le turn-over exact de la profession ? A-t-il été étudié ? Est-il possible de donner un pourcentage précis ?

Et être professionnel, je suis d'accord, cela s'apprend, ce n'est pas inné. Cela demande de se faire aider pour comprendre où les erreurs sont faites, comment les éviter par la suite.

Sinon, par rapport à ton deuxième commentaire, la discussion sur ma note suivante a eu lieu sur Facebook et je l'ai basculée sur le blog au fur et à mesure que les messages m'arrivaient dans ma boîte e-mail. Pas simple effectivement à suivre pour le lecteur lambda. Désolé ! J'esssaie dans la mesure du possible que les discussions Facebook sur mes notes basculent sur le blog, en demandant aux intervenants de changer de support. Mais ce n'est pas toujours possible.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 1 jan 2012 11:05:13

Annie,

Un petit rajout à mon précédent commentaire par rapport au paragraphe :

"Notre profession est exactement un métier-passion, comme les artistes. Nous mettons notre passion et nos compétences au service des autres et ne nous faisons pas payer le temps passé (voir échanges plus haut). Il faudrait au moins doubler, voire tripler la facture pour en retirer de réels bénéfices."

Quelques salaires nets trouvés sur le journal du Net :
artiste sculpteur-plasticien : 2098 € nets /mois
artiste peintre : 1897 € nets/mois
écrivain : 4223 € nets/mois

Etre artiste n'empêche pas de gagner de l'argent et de vivre de sa passion, ces salaires nets le prouvent.

Pour ce qui est des intermittents du spectacle, ils connaissent des périodes alternées d'emploi et de chômage (ce n'est pas notre cas). Ils ont à cause de cela un statut particulier : S'ils ont travaillé 507 heures dans l'année au cours des 319 derniers jours pour les artistes, 304 derniers jours pour les ouvriers et techniciens, ils ont droit à 8 mois d'indemnisation. Sachant qu'ils peuvent travailler sur des périodes à perte c'est-à-dire non rémunérées : montage de projet, répétition... D'où parfois une recherche de sponsoring, de mécénat.

Notre statut de profession libérale n'est pas comparable à celui des intermittents. A moins que l'USGP veuille un jour négocier un statut particulier du généalogiste familial avec l'UNEDIC et les organisations syndicales, mais je n'y crois pas trop. Et pour ce qui est du sponsoring, du mécénat, cela fonctionnera si nous montrons que nous sommes rentables.


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