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La numérotation Beruck

Par Stéphane Cosson le 5 janvier 2012 | (13) Commentaires | Permalink

En faisant des recherches pour mes cours à Nîmes, je suis tombé sur une nouvelle numérotation généalogique. Voici ce qu'en dit sont inventeur, dans le cadre d'un forum :

"La numérotation Beruck se base d’abord et avant tout sur celle inventée par l’ami des généalogistes, Jérôme de Sosa. Le personnage central sur lequel vous bâtirez votre classement se nomme le de cujus et portera le numéro 1. Les ascendants de celui-ci obéiront à la règle qui veut que le père d’un individu soit représenté par un nombre égal au double de celui que porte son enfant, la mère étant représentée par un nombre égal au double de celui que porte son enfant plus un.

  Numérotation

Jusque-là, rien d’innovant. Passons donc au cœur du problème : les descendants des ascendants du de cujus. Pour numéroter un tel individu, il suffit de rajouter l’initiale de son prénom à celui de ses parents qui est le plus proche de la numérotation de Sosa du de cujus. La numérotation se base donc sur la filiation directe : un enfant n’aura comme début de numérotation celle de son père que si celui-ci est descendant de la lignée principale.

 Sexe

Les hommes sont représentés par une lettre majuscule, les femmes par une minuscule. Si le prénom est inconnu, l’initiale sera remplacée par le symbole mâle/femelle, suivant le cas.

 Alliés

Pour numéroter un allié (un compagnon/une compagne), qui n’est donc pas un descendant d’un ascendant du de cujus (sauf exception : voir IMPLEXES), il aura la numérotation de sa moitié suivit du symbole « & » et de son initiale. Les enfants issus d’une relation entre un allié et un individu extérieur à la famille auront la numérotation de l’allié suivit de leur initiale. L’individu non allié aura la numérotation de l’allié suivit du symbole « & » et de son initiale.

Initiales

Le problème qui se pose est le cas fort courant de plusieurs membres du même sexe d’une fratrie (recomposée ou non) ayant les mêmes initiales. Il est alors donné arbitrairement à l’un des enfants problématiques le suffixe « 2 ». Il est évident que si nous avons X individus de même sexe aux mêmes initiales, nous rajouterons les nombres correspondants derrière l’initiale de chacun. Le « 1 » n’étant pas attribué, il y aura donc un de ces enfants qui ne comptera que son initiale.

De même, si un individu a eu plusieurs conjoints et que ceux-ci ont les mêmes initiales, la règle du suffixe chiffré sera d’application.

 Parrains/marraines

Pour ce qui est des membres extérieurs à la famille, ils porteront la numérotation de leur filleul le plus âgé suivit d’un astérisque « * » et de leur initiale. Si un membre de la famille en parraine un autre, il ne sera pas représenté par cette numérotation.

Implexes

Comme les individus issus de ce genre de situation peuvent avoir plusieurs numérotations, il faut donc respecter une priorité dans celles-ci. Il convient de prendre celle débutant avec le Sosa le plus petit. Si les différentes numérotations comportent le même , la lignée la plus directe (le moins de « & ») primera. S’il n’est toujours pas possible de les départager, la numérotation la plus courte sera de mise. Enfin, dans le cas d’individus issus de cousins germains dont les deux numérotations possibles sont les mêmes hormis la dernière lettre, celle du père l’emportera.

Généalogie d’un allié

Pour remonter la généalogie d’un allié, ses ascendants seront soumis à une numérotation de Sosa. Ils se verront donc attribuer la numérotation de l’allié (devenu de cujus secondaire) suivie d’un tiret « - » et du numéro Sosa correspondant. Toutes les règles citées jusqu’ici s’appliqueront, en n’oubliant pas que tout individu issu de la branche principale reste prioritaire. Remarque : Il existe un cas particulier où deux frères/cousins s’unissent à deux sœurs/cousines et où aucune des priorités de numérotation précitées ne permet de déterminer de de cujus secondaire. Il sera donc laissé au soin du généalogiste de le choisir sur base d’autres critères ou arbitrairement.

 Priorité de classement

Il est fortement conseillé d’écrire chaque individu sur une fiche individuelle afin d permettre l’insertion de nouveaux individus dans le futur. Ainsi, pour avoir une facilité de lecture de vos données, il faut donner une priorité entre les différents types de caractères afin de classer efficacement ses fiches. Je préconise celle-ci : nombre > lettre > mâle/femelle > & > - > *"

 Le seul inconvénient de cette numérotation est celui inhérent à la numérotation de Sosa : elle doit être entièrement revue si l’on change de de cujus. Vous l'avez compris, il s'agit d'une numérotation globale, dont on se sert principalement au début, avant d'utiliser un logiciel, quand on veut assimiler les différents liens de parenté et avoir une vue d'ensemble de la généalogie que l'on commence. Pour moi, c'est véritablement une numérotation de compréhension de "la généalogie, comment ça marche ?".

J'avoue que je ne la connaissais pas avant de tomber par hasard sur le forum où Christophe Beruck l'expliquait. Mes étudiants étant pour la plupart des débutants, elle m'a semblé intéressante à leur faire connaître en parallèle de  Sosa-Stradonitz et d'Aboville. Je ne sais pas par contre  si cette numérotation aura le même succès international que les deux autres.

Et vous qu'en pensez-vous ?



Commentaires

Rédigé par : Sophie Boudarel | 5 jan 2012 11:10:19

"Pour numéroter un allié (un compagnon/une compagne), qui n’est donc pas un descendant d’un ascendant du de cujus (sauf exception : voir IMPLEXES), il aura la numérotation de sa moitié suivit du symbole « & » et de son initiale."
Comment numéroter dans le cadre de plusieurs unions avec des conjoints ayant la même initiale ?

Veuillez excuser ma trivialité mais je trouve que ceci engendre une belle usine à gaz, à mois que je n'ai rien compris au système ?

Il serait intéressant que M. Beruck puisse la tester dans un logiciel de généalogie, mais je ne suis pas sûre que cela soit traduisible en informatique.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 5 jan 2012 11:24:53

Bonjour Sophie,

Tout d'abord, voici l'exemple qu'il donnait dans le forum.

Paul Beauregard (16), l'arrière-arrière grand père de Philippe Beauregard (1) a eu l'arrière grand-père de Philippe, Jean Beauregard (8), et un autre enfant, Alphonsine Beauregard (16a). Celle-ci a eu Brigitte Leborgne (16ab) qui a elle même eu avec Henri Bellevue (16ab&H) Charles Bellevue (16abC), Christophe Bellevue (16abC2) et Catherine Bellevue (16abc).
Le père d'Henri, Albert Bellevue (16ab&H-2) a eu, en plus de Karine Beloeil (16ab&H-3), une autre compagne, Elisabeth Ogenblik (16ab&H-2&e) avec qui il a eu François Ogenblik (16ab&H-2F)

Pour ce qui est de deux conjoints ayant les mêmes initiales, si j'ai bien compris, le deuxième aura le suffixe "2" en plus. S'il y a un troisième conjoint avec les mêmes intiales, soyons fous, il aura le suffixe "3" et ainsi de suite.

Il précisait bien dans le forum, dont j'ai toujours oublié le nom depuis que j'en parle, que ce n'était pas possible de numéroter ainsi dans un cadre informatique. La numérotation n'était possible que papier.

C'est bien pour cela que, pour moi, il s'agit uniquement d'une numérotation d'apprentissage pour bien se repérer dans les notions d'alliés, d'implexes, etc. On sait tous que le logiciel est vite indispensable.


Rédigé par : jordi | 6 jan 2012 09:55:59

Pour ma part, je vais dire la même chose que Sophie : cette numérotation est une machine à gaz.
Et surtout qu'apporte-t-elle ? Rend-elle plus simple l'identification d'un individu ? Je n'en ai pas l'impression. Identifier l'individu numéroté 16ab&H-2&e est il simple ? Quel est l'intérêt de lui avoir attribué cette référence ?
Dans mon logiciel, chaque individu porte un numéro, même si cet individu n'a aucun lien avec les autres. C'est un simple numéro d'ordre, sans signification propre, mais qui me permet, immédiatement, de le retrouver dans ma base. Et n'est-ce pas tout ce que je demande à une numérotation ?


Rédigé par : Hubert de La Morinière | 7 jan 2012 10:49:11

Bonjour,
Reconnaissons simplement qu'aucun système de numérotation n'est parfait dès qu'on manipule des grandes masses.
Le système Sosa (Eyzinger-Stradonitz pour les germanistes) devient lourdingue passé les 15 générations.
Le système d'Aboville idem une fois passé 6 ou 7 générations, et aussi pour les fratries de plus de 10 enfants.
Jordi a raison avec les logiciels, une fiche un numéro (on voit bien là l'archiviste) et pas de doute, et s'il y a des doublons, suffit de fusionner.
Cette numérotation Beruck ne semble avoir d'intérêt que pour un exercice théorique papier, et n'a aucun intérêt si l'on a un logiciel de généalogie. Et en cas de coupure électrique prolongée on peut enfin trier ses papiers...


Rédigé par : ChB | 7 jan 2012 18:45:32

L'utilisation par informatique est possible, le système est suffisament complet que pour s'y prêter: il manque juste un informaticien...


Rédigé par : Stéphane Cosson | 8 jan 2012 10:08:29

Je suis d'accord avec vous. Mais pour un "grand débutant" en généalogie, quelqu'un qui commence, qui doit acquérir des notions de vocabulaire en plus de notions dans la recherche, qui doit apprendre à classer ses informations, vraiment au tout début, elle me semble intéressante.

A mon sens, elle permet d'acquérir une gymnastique de l'esprit. Et ensuite on passe à d'autres numérotations plus simples.

En tout cas, c'est ainsi que je la présente à mes étudiants nîmois. Le but n'est pas de savoir qu'un individu est numéroté 16ab&H-2&e mais de comprendre le déroulé de ce numéro. Elisabeth Ogenblik est la deuxième compagne du père de l'époux de la cousine germaine du grand-père de Philippe Beauregard (dont on monte la généalogie, notre numéro 1). Cela peut permettre de la situer dans une parentèle dont parfois on connaît des noms mais sans savoir exactement qui ils sont et où ils se situent précisément.

Pour moi, je le redis, l'utilité de la numérotation Beruck est là : une numérotation d'apprentissage pour acquérir une gymnastique de l'esprit. On numérote Elisabeth Ogenblik et ensuite on déroule le numéro pour la situer précisément. A mon sens, 5 générations suffisent pour cela.


Rédigé par : jordi | 16 jan 2012 10:52:14

En fait, ce qui me gène le plus dans le principe des numérotations "signifiantes" c'est qu'elles ne sont pas adaptées aux pratiques de mise en ligne d'échange et de mise en ligne de nos données.
Car ces numéros sont propres à chaque généalogiste et ne peuvent jamais êtres transposés à un autre, à moins qu'ils ne soient frères... Du coup, je n'en vois plus trop l'utilité.
De plus, ne connaissant pas mon arbre par coeur, je suis incapable de dire qui est mon sosa 1563. De tête, je suis même incapable de dire, rapidement, si cet individu est de ma branche paternelle ou maternelle. Je sais juste qu'il s'agit d'une femme et qu'elle est mon ancêtre directe. Assez peu de choses, finalement.

Enfin, Hubert a raison de le signaler, mon côté archiviste me fait dire qu'une numérotation signifiante n'est jamais une bonne solution. Les archivistes ont ainsi abandonné ce principe depuis bon nombre d'années et cotent maintenant en continu dans une seule et même série.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 16 jan 2012 22:23:08

Je comprends mieux pourquoi j'ai toujours détesté la série W. Je préfère parler du 8U, par exemple, parce que je sais immédiatement de quoi il s'agit. Cela a une signification mnémotechnique que perd la série W où tout est entassé sans âme à mon sens. En tout cas, je l'ai toujours ressenti comme cela.

Je crois que le plus important n'est pas de connaître ses numéros Sosa. Après tout, nous détestons être considérés comme des numéros, pourquoi le faire pour nos ancêtres ? Disons simplement que c'est une méthode de classement qui a certes ses limites mais qui peut s'avérer pratique pour certains côtés comme les implexes. Et personnellement, plutôt que de parler de ma 1563, je préfère savoir qu'il s'agit de, par exemple, Alizonde de Bar. Autant lui rendre son identité, même si j'en sais peu sur elle.


Rédigé par : jordi | 17 jan 2012 09:50:51

On s'éloigne certes de ton sujet, mais personnellement, j'adore le principe de la série W qui résout tous les problèmes auxquels étaient confrontés les archivistes avant qu'elle ne soit mise en place. Aujourd'hui la cote a uniquement un rôle de localisation de l'article. Elle ne dit plus rien quant au contenu dudit article.

Mais cela n'a pas d'importance car, parallèlement, les bases de données informatiques se sont développées avec toutes les possibilités d'interrogations qu'elles permettent. De plus, le thésaurus permet aujourd'hui d'interroger la totalité des fonds sur un thème bien particulier. Ce type d'indexation est beaucoup plus performant puisqu'il te permet de faire ressortir des résultats dans des séries ou des fonds auxquels tu n'aurais peut-être pas pensé.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 17 jan 2012 19:16:04

Je ne crois pas qu'on s'éloigne tant que cela de mon sujet.

Pour moi, un thésaurus, les possibilités d'interrogation d'une base de données ne t'apprennent rien. Tu tapes une question, un mot et ce sont eux qui font le travail de réflexion. A toi ensuite d'aller chercher où ils t'indiquent. Et si à un moment le logiciel plante, tu ne sais plus rien trouver. Parce qu'il n'y a plus de contenu, juste une localisation.

Alors oui, se dire que si le notaire n'est pas trouvé en série 3E, s'il s'agit d'un notaire du XIXe siècle, aller chercher le double de son répertoire en série 8U, ou penser au 3Q pour aller chercher la date si elle n'est pas connue, cela peut être compliqué. Mais tu peux t'imprégner d'un réflexe. Le cerveau sait ensuite où aller chercher.

Et si tu veux trouver d'autres pistes, à toi ensuite de te poser les questions. Et non aller taper un mot-clé devant un écran d'ordinateur. C'est ta réflexion qui te fait avancer.

Bon, là c'est peut-être le professeur qui parle :-) Ou celui qui a commencé à faire des recherches généalogiques il y a 30 ans (eh ben ouais, j'ai de l'avance en terme d'années, mais je suis plus âgé aussi) qui fait peut-être aussi vieille garde.

Mais...

Je crois beaucoup plus au cerveau, et à la puissance de réflexion d'un homme, qu'à un écran d'ordinateur. Peut-être parce qu'il me manque un bout de cerveau mais que le reste a su pallier au manque. Essaie de faire fonctionner un ordinateur auquel il manque des pièces ! C'est pas le top !


Rédigé par : jordi | 23 jan 2012 09:33:42

La série W ne t'empêche absolument pas d'avoir cette réflexion et cette connaissance de l'administration. Et la série W ne jette pas non plus à bas le principe du respect des fonds.

Imagine que tu t'intéresse aux forges sur le territoire d'une communauté sous l'ancien-régime. Ta connaissance des fonds va te conduire tout naturellement vers les archives de cette communauté, sans doute également vers les notaires, mais également vers le fonds des eaux-et-forêts. Mais il se trouve qu'une personne a fait don de papiers de famille remontant à cette époque et dont certains, justement, traitent des forges. Le patronyme n'ayant rien à voir avec ceux des propriétaires de l'époque, tu n'aurais jamais eu l'idée d'aller mettre ton nez dedans. Mais l'index, lui, te les signale...


Rédigé par : Stéphane Cosson | 23 jan 2012 12:36:28

Est-ce un index de la série W ou un index de la série J pour les papiers de famille qui me le dira ? Personnellement, don de papiers de famille remontant à cette époque, je vais voir en série J (fonds entrés par voie extraordinaire) même si le patronyme n'est pas le même.

Mais bon, ce n'est pas parce que je n'aime pas la série W qu'elle n'est pas intéressante.


Rédigé par : jordi | 23 jan 2012 21:44:31

En fait, mon exemple ne venait pas illustrer l'intérêt de la série W, mais bien celui du thésaurus ;-)


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