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Question de budget

Par Stéphane Cosson le 9 septembre 2012 | (11) Commentaires | Permalink

Cela fait un petit moment que je n'ai pas publié, le temps pour moi de prendre des vacances et d'assimiler de nouvelles notions, pour que je puisse ensuite mieux vous en parler.

Aujourd'hui, histoire de recommencer en flèche, et de vous remettre dans l'ambiance,  je vais réagir à l'article de Guillaume de Morant sur la recherche d'un généalogiste professionnel. Je m'étais dit que je ne devais pas, qu'il ne fallait pas que je réagisse. J'ai tenu jusqu'à aujourd'hui : bel effort ! 

Que nous dit Guillaume sur la question du budget ? Les honoraires sont parfaitement libres, les prix extrêmement variables d'une région et d'un professionnel à l'autre. Un bon indicateur est le tarif à la journée. Avec l'apparition du statut d'auto-entrepreneur et sous l'effet de la concurrence, les tarifs ont légèrement baissé. On trouve des professionnels à partir de 120 euros HT la journée (soit 18 euros TTC l'heure), hors déplacement.

Et là, en lisant ceci, Guillaume, j'ai hurlé dans mon for intérieur. 18 euros TTC l'heure. Avais-je bien lu ? OH, les mecs, on fait partie des professions libérales, vous êtes au courant ! Nous devrions tous être à 400 euros la journée, pas seulement ceux qui sont proches de la région parisienne ! Voire même 480 euros.  Qu'est-ce que ce tarif minimum, à la baisse en plus !

Ce prix c'est un tarif low-cost et pas autre chose. Alors, expliquez-moi comment vous allez construire une entreprise rentable à long terme en adoptant une politique centrée sur une stratégie low-cost ? Dans les services, je vous le dis tout de suite : IMPOSSIBLE ! A ce tarif-là, il est normal que nous soyons concurrencés par des entreprises de type NotreFamille.com qui fait travailler à moindre coût des Malgaches. A ce tarif-là, il est normal que les clients nous lâchent instantanément. 

Mon rêve : arriver à enfin atteindre ce montant de 50 euros TTC l'heure. Avec une profession qui baisse ses tarifs à côté, c'est un rêve impossible à atteindre. Comment voulez-vous faire de la qualité qui devrait être notre obsession première ? Comment justifier ce tarif sans faire fuir la clientèle ? 

Qui plus est, baisser ses prix, c'est se dévaloriser. Et rien d'autre. Et là, une fois encore, la qualité, à la trappe ! Parce que si vous baissez vos tarifs, cela veut dire que vous reconnaissez que vous ne valez pas ce tarif, que votre travail, votre compétence valent moins. Et là, vous ouvrez la porte aux marchands de tapis qui vont essayer de faire baisser encore vos tarifs.  Vous même vous le faites, alors le client, pensez, il va s'engouffrer avec un plaisir jouissif dans cette brêche que vous lui ouvrez en grand.

C'est pour moi incompréhensible comme tarif minimal ! Je préfère encore la généalogie à la carte.



Commentaires

Rédigé par : Sophie Boudarel | 9 sep 2012 16:18:48

J'ai moi aussi été étonnée des tarifs avancés par Guillaume dans son article.
Nouvellement installée en tant que professionnelle, il est bien évidemment tentant de pratiquer des tarifs au rabais pour attirer le chaland.
Néanmoins, je ne veux pas brader la qualité de mon travail.
Cela me prendra peut-être plus de temps pour trouver une clientèle suffisante à la rentabilité de mon entreprise, mais je me dois d'être honnête envers eux et envers moi-même. C'est selon moi, le début de toute relation stable et économiquement viable en terme économique.


Rédigé par : Stéphane Cosson | 9 sep 2012 16:27:41

Tout à fait d'accord avec vous Sophie. Le premier maître mot, c'est : qualité ! Le deuxième maître-mot : rentabilité. Et les deux font la paire. Oui, cela va prendre du temps car on travaille avec du bouche-à-l'oreille mais on le savait avant de s'installer.

Brader ? Jamais ! Surtout pas ! Vous avez des compétences, reconnues, elles ont un coût.

Nous sommes profession libérale, le but fixé à atteindre c'est être entre 50 et 60 euros TTC de l'heure. Nous en sommes loin !


Rédigé par : Pierre Ammeloot | 9 sep 2012 17:11:49

Bel article, il ne faut pas se laisser faire. Vous avez des compétences et elles ont un prix. Vos clients accepteraient de ne pas être payés à la fin du mois ? J'ai moi aussi été indépendant (dans l'informatique) et en dessous de 500€ HT jour je ne prenais pas. Cela ne m'a pas empêché d'avoir de belles missions. :-)
Courage !


Rédigé par : Fred Coussay | 9 sep 2012 18:51:33

Sympa l'article :)

D'accord avec Stéphane, au début de mon aventure de généalogiste pro, en auto entrepreneur, j'avais mis des tarifs dont je pensais qu'ils raviraient les clients (30 euros de l'heure). Et finalement j'ai revu ma copie à la hausse, des tarifs low-cost ne rassurent pas forcément le chaland qui ont l'impression de demander une prestation de mauvaise qualité, et donc ils peuvent être récalcitrants...

La vraie question que vous avez souvent traité Stéphane, à mon sens, est plutôt de proposer des tarifs adaptés au budget des familles (paiement en plusieurs fois, etc....), tout le monde y est ainsi gagnant :)


Rédigé par : Stéphane Cosson | 9 sep 2012 20:05:46

C'est ce que Guillaume de Morant à mon sens a nommé : la généalogie à la carte.

On fixe avec le client la somme qu'il peut y mettre mensuellement (attention, donner les tarifs avant, pour ne pas entendre : 1 euro).Il faut rester dans les limites de nos tarifs.
Et chaque mois, on donne au client les découvertes du mois.
Guillaume parle de ronger son frein, de patience... En même temps, la personne sait qu'elle se fait plaisir, entièrement plaisir, sans contrainte budgétaire, en sachant où elle va.

Et pour nous, on sait qu'on a ainsi des rentrées financières régulières.

Oui, Fred, tout le monde y est gagnant.


Rédigé par : Gregory Rhit | 9 sep 2012 22:54:40

Etant moi-meme installé depuis peu en tant que genealogiste familial professionnel, je me suis forcement heurté à cette fameuse question des tarifs. Apres avoir regarder les tarifs pratiqués par les autres genealogistes familiaux ayant pignon sur rue (ou plutôt sur web devrais-je dire ^^) et avoir reflechi a ce qui pourrait être le plus interessant pour moi et bien sûr pour le client, j ai decidé de fixer mes tarifs et certaines de mes prestations sont justement facturées à 30€/h.
Je n ai pas l impression de proposer du low-cost (mais je peux me tromper) à ce prix-là même si j ai conscience d être dans une fourchette assez basse mais je me dis que lorsqu'on debute, on ne peut pas se permettre de proposer les mêmes tarifs que des confreres etant depuis 10,20 ou 30 ans sur le marché et qui ont souvent une notoriété qu'un nouveau venu n'a pas. Aprés, je suis d'accord pour dire que tomber dans des prix trop bas n est pas non plus une bonne idée car cela peut faire penser au client que les prestations seront moins bonnes que chez le voisin qui est un peu plus cher.
En somme, tout est question de mesure...


Rédigé par : Anne Dardaud | 10 sep 2012 09:33:44

Tout à fait d'accord avec ce que vous dites Stéphane, même si dans les faits ce n'est pas simple !
La facturation est la partie la plus compliquée de notre travail, sachant qu'il s'agit d'une prestation intellectuelle aléatoire : on ne peut garantir à nos clients le résultat de nos recherches qui parfois n'aboutissent pas ; alors il faut être pédagogue avec nos clients, expliquer que c'est le travail de recherche qui compte, que ne pas trouver c'est malgré tout fermer des portes et des pistes... Personnellement, j'essaye un mix entre la facturation à l'heure et la facturation à l'acte, et généralement le tout s'équilibre...Mais généralement, je sonde mon client pour savoir quelle somme il est prêt à consacrer, et j'essaye d'adapter mon travail. J'essaye d'être souple, surtout en période de vaches maigres !


Rédigé par : Pepper | 11 sep 2012 09:43:58

J'exerce une profession artisanale et je suis heurtée au meme problème.
De plus en plus de gens auto entrepreneurs offrent des tarifs extrememeny bas pour un travail pas frocément bien fait. Hors, ils ont un autre emploi principal donc pour eux c'est juste une histoire d'arrondir leurs fins de mois.
Comment peut-on vivre d'un metier sur lequel nous somme concurrencés par des "amateurs" qui n'ont aucune idée de ce qu'est un travail fait en finesse ? Je reste également sur 50 euros de l'heure, mais j'ai fait une formation dans mon domaine, obtenu des diplomes mérités, et je sais pourquoi je fais telle ou telle chose, je sais l'expliquer, et le service après vente est essentiel.
j'ai aussi le problème de la concurrence sur internet, mais ce que les gens ne savent pas encore, c'est qu'internet a rarement un service après-vente en cas de problème. c'est la mort de l'artisanat, mais il ne faudra pas venir pleurer quand on ne sera plus là.
En tant que généalogiste amateur, je pense que si je devais venir à payer un professionnel, c'est pour justement avoir un petit plus par rapport à ce que je peux trouver sur le net, et donc ce plus a un prix. Professionnels, ne baissez pas vos prix. Moins vous serez chers et plus on aura des doutes sur la qualité du service....


Rédigé par : Stéphane Cosson | 11 sep 2012 11:17:25

Grégory, 30 €/h me paraît être vraiment le minimum syndical, si je puis dire. Proposer moins me paraît vraiment une aberration.

Je ne suis pas sûr que la profession dans son ensemble ait mené une réflexion sur notre tarification, ait mené des comparatifs avec d'autres professions, libérales ou pas, installées à leur compte (merci Pepper pour votre commentaire). Ceux qui maintenant font des études de marché, ceux qui s'installent sont gênés, je crois, par le manque de leurs aînés dans ce domaine. Parce qu'ils n'ont qu'une solution : s'adapter aux tarifs proposés par la profession, en tout cas ceux qui sont sur le web. Et comment maintenant passer de ce tarif bas à un tarif normal de 50 € / h sans faire fuir la clientèle ?

Il va y avoir tout un travail de pédagogie à mener. Mais les chambres, censées être les plus représentatives, vont-elles le vouloir ? Vont-elles communiquer à ce sujet, de manière officielle ? Ou bien va-t-il falloir que ce soient les généalogistes hors chambres qui donnent l'impulsion à ce mouvement ? Là, j'avoue ne pas savoir. J'ai un petit doute quand même.


Rédigé par : Gregory Rhit | 11 sep 2012 17:27:46

@Stéphane, votre phrase : "ceux qui s'installent sont gênés, je crois, par le manque de leurs aînés dans ce domaine. Parce qu'ils n'ont qu'une solution : s'adapter aux tarifs proposés par la profession" m'interpelle car elle refléte finalement ce que j'ai vécu en m'installant.

Je suis passionné de généalogie depuis des années et même si je savais que des généalogistes professionnels existaient, je n'ai jamais pris le temps d'étudier en profondeur leurs tarifs car je n'ai jamais eu le besoin de devoir faire appel à l'un d'eux jusqu'à ce que je prenne la décision de m'installer. Je me suis lancé dans une étude de marché et je le confirme : les tarifs proposés oscillent entre 30 et 40€ de l'heure dans la quasi-totalité des cas (en tout cas pour ce que j'en ai vu car il est certain que je n'ai pas fait le tour de TOUS les généalogistes professionnels). J'ai donc pensé que c'était la norme même si je me rappelle m'être justement fait la réflexion que c'était peu comparé à certaines autres professions libérales. Et aujourd'hui, je ne me vois pas augmenter mes tarifs car comme vous dîtes, comment le faire sans faire fuir une clientèle plus ou moins habituée à un certain tarif ?

Il y a effectivement peut-être un travail de pédagogie à mener et même si ce travail est mené, est-ce que la totalité de la profession suivra ? Moi aussi, j'ai un petit doute...


Rédigé par : Gregory Rhit | 11 sep 2012 17:50:11

@Pepper, serait-ce indiscret de vous demander dans quelle branche vous exercez ? Votre post est trés intéressant et je suis d'accord avec la quasi-totalité de ce que vous dîtes mais je tiens tout de même à y apporter deux "bémols" si je puis dire :

1- Je suis moi-même en statut auto-entrepreneur mais je n'ai pas d'emploi à côté. La généalogie est mon unique activité car je pense que malgré tout ce qui se dit, il est encore possible d'en vivre. Aprés, avoir un emploi à côté ne signifie pas que le travail fait en secondaire va être baclé même si cela peut arriver. J'ai un ami qui fait des dépannages informatiques en tant qu'auto-entrepreneur en emploi secondaire et il a toujours trés bien travaillé. J'ai connu aussi des artisans qui bossaient trés mal. Bref, c'est aussi une question de conscience professionnelle, il y a du bon et du mauvais partout à mon sens.

2- Comme petit prix ne veut pas forcément dire mauvaise qualité, prix élevé ne veut pas forcément dire bonne qualité. Il faut aussi se dire que certains se lancent en pensant qu'il est facile de faire fortune en se mettant à son compte et en mettant des prix trés elevés juste pour faire de l'argent tout en se foutant royalement de la satisfaction du client !


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