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La question de l'embarras en généalogie et en paléographie

Par Stéphane Cosson le 10 septembre 2013 | (0) Commentaires | Permalink

Parfois, vous l'avez remarqué, nous pouvons être embarrassés. Nous pensions, après moultes recherches, avoir bien réalisé notre arbre quand, patatras, nous trouvons autre chose qui nous casse parfois tout ce que nous avions pu construire.

Un exemple peut-être ? Actuellement, je fais une recherche sur une famille Baux. Je recherche particulièrement un Jacques Baux début XVIIIème siècle. Plusieurs ont fait un arbre généalogique, reliant ce Jacques à une famille Baux proche géographiquement. En faisant mes recherches, j'en ai trouvé deux autres qui pourraient aussi correspondre. Damned ! Lequel est le bon maintenant ? Comment fais-je pour le savoir ?

Je peux pour cela adopter les quatre autres critères dont les paléographes se servent dans le domaine de la critique textuelle. Tout d'abord, les paléographes partent du principe que plus une information est embarrassante, plus elle s'approche de la vérité. La lecture la plus difficile vaut mieux que la lecture facile.

Un critère intéressant pour nous est l'abondance des sources. J'ai trois Jacques Baux ? Je relève tous les actes les concernant. Et je compare, je vérifie en partant du principe que plus des sources indépendantes les unes des autres (et il faut bien s'assurer que cette indépendance est respectée, donc j'évite en partie les arbres postés sur Internet, du moins tous ceux qui ne mettent pas des cotes d'archives), plus ces sources sont nombreuses à dire la même chose, plus nous pouvons être enclins à croire celles-ci.

Un deuxième critère est l'ancienneté. Autre exemple : le fameux mariage entre Baudouin de Toulouse et Alix de Lautrec. Depuis quand trouvons-nous mention de celui-ci ? Avons-nous des sources plus anciennes qui disent autre chose ? C'est effectivement le cas, nous avons des sources plus anciennes. De ce fait, partons du principe que plus un manuscrit est ancien, plus notre confiance en sa rigueur doit être grande car il y a peu de probabilités qu'il ait été "pollué".

Le troisième critère est le contexte de l'époque. Quel était-il par exemple au moment où ce fameux mariage entre Baudouiin et Alix a été créé de toutes pièces ? Quel était le but sous-jacent de ses créateurs, leurs intentions ? Cela peut s'appliquer pour d'autres textes plus récents. Par exemple, pour mes Jacques Baux, le contexte à étudier sera le nôtre. Pour quelles raisons un a-t-il été choisi plutôt que les deux autres ? Qui étaient les généalogistes qui ont travaillé sur lui ?

Le dernier critère, enfin, quand le document est vraiment ancien, est la structure du texte, c'est-à-dire le style d'écriture, le vocabulaire employé... Tout cela est-il d'époque ? 

Et à partir de tous ces éléments, de tous ces critères, on peut alors essayer de résoudre au mieux notre embarras.

 


 



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