Site Internet genealogie-tarn.fr
Par Stéphane Cosson le 2 février 2012 | (0) Commentaires | Permalink
Je suis en train de changer de webmestre. Mon site Internet genealogie-tarn.fr est actuellement indisponible. En effet, mon ancien webmestre a détruit son site avant que le nouveau , et ses modifications, n'arrive sur la toile. Oui, je sais, ce n'est pas sympa de sa part.
Donc, pour le moment, le temps que le nouveau site soit terminé, n'hésitez pas à m'écrire pour toute demande de renseignements à l'adresse suivante : stephane.cosson@aliceadsl.fr.
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Eh bien ça y est ! Me voilà complètement dans mes habits de professeur
Par Stéphane Cosson le 31 janvier 2012 | (0) Commentaires | Permalink
Eh bien, ça y est, me voilà dans mes habits de professeur. Complètement. Totalement.
Les cours se passent bien. Ouf ! Rassuré de ce côté-là ! Satisfait ? Oui. Je m’éclate dans mon rôle de professeur. Un peu surpris que des gens plus âgés que moi m’appellent « Monsieur » mais cela va passer avec l’expérience. Enfin, j’espère. Et puis, je donne des formations depuis quelques années. De ce côté-là, j’avais un peu d’expérience.
Les huit premières heures de cours, où j’avais les licences Pro « Agent de Recherche Privé » en plus, ont été des heures de cours très formelles. Il paraît que cela ne se fait plus. Que ce n'est plus pédagogique. Qu'il faut penser désormais en séquences et en séances. Mais comment faire autrement quand vous avez à la fois des étudiants qui n'ont que huit heures de généalogie et d'autres qui en ont cinquante ?
Côté cours, ce qui a été un peu compliqué, c’est que les licences Pro et les DU ne font pas la même généalogie. Les licences Pro sont plus proches des généalogistes successoraux, donc sont dans une généalogie horizontale, alors que les DU font la généalogie que l’on connaît, en remontant dans le temps (verticale). Mais le sachant, il suffit de s’adapter.
Les licences Pro ont semble-t-il bien accroché. En tout cas, certains m’ont posé des questions et m’ont demandé des compléments sur mon cours. Ce que je trouve plutôt positif.
Je dois récupérer samedi leurs copies. Mes premières copies à corriger. Eh bien voilà, ça y est, je suis complètement dans mon rôle professoral. J’ai essayé d’être le plus gentil possible avec eux, en créant leur évaluation, ayant bien conscience que ce n’est pas leur matière principale et que certains ne voyaient pas le lien entre ce cours et le reste de leur cursus. Je ne voulais pas du coup les bloquer. Je vais voir ce que cela a donné concrètement. J’adapterais mieux les années suivantes.
Actuellement, je commence à travailler avec les étudiants du DU sur des textes pour qu’ils puissent avoir la structure de ceux-ci et pouvoir rapidement trouver l’information quand ils seront confrontés à ces types de document. Et j’en profite pour leur donner d’autres notions mais de manière plus ludique. J’essaie de choisir les documents les plus couramment utilisés. J’ai prévenu la professeure de paléographie (ou la professoresse ? Choisissez celui qui vous plaît le plus, le deuxième me paraissant plus dans la logique de la langue française, même si c’est moins beau à entendre. Et puis j’ai horreur de ces « e » que l’on rajoute à la fin des mots en « eur ») car il y a un peu de diplomatique, pour ne pas empiéter sur son cours. Je leur envoie par e-mail les documents, comme cela sont évitées les photocopies et s’ils veulent ensuite les lire, ils pourront les agrandir sur leur écran d’ordinateur sans difficulté.
Une étudiante m’a envoyé un CV car elle tient à faire un stage chez un professionnel, à partir du mois de juillet, pour une durée de 6 mois. J’ai déjà accueilli des stagiaires, donc cela ne me gêne pas. Et puis cela me paraissait normal de le lui proposer quand elle m'en a parlé.
D’autres n’hésitent pas à m’envoyer des e-mails pour me poser des questions sur comment trouver de l’information, sur ce qu’ils aimeraient avoir comme précisions en cours, sur des problèmes de lecture…
Les étudiants me trouvent disponible. Ce qui me semble être la moindre des choses. Pour moi, cela fait partie du job. J’ai entendu de la bouche de certains que j’étais un puits de science, c’est gentil de leur part mais je trouve cela amusant. On ne va peut-être pas aller jusque là.
Je fais visiter, en deux groupes et sur deux semaines, les AD de Nîmes aux étudiants (ceux qui ne sont pas en paléo sont du coup avec moi). Ils en profitent pour se faire inscrire. C’était nécessaire pour les rassurer, la plupart étant des primo-généalogistes.
Je leur ai donné le travail à faire, ils étaient impatients de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés. J'ai attendu pour cela que les licences Pro nous aient quitté.
Tout d’abord une biographie d’un personnage pris au hasard, marié dans la décennie 1833-1842 avec obligation de remonter 3 générations patronymiques au dessus et 2 générations avec tous les descendants. Cela, pour qu’ils puissent travailler sur toutes les séries d’archives. Et il fallait s’adapter à la fermeture des AD pour cause de déménagement à partir du mois de mai.
Ensuite, pour ceux qui veulent s’installer, une petite étude de marché pour qu’ils puissent connaître au moins l’entourage associatif et professionnel là où ils veulent s’installer. Celle-ci ne sera pas forcément notée (je ne sais pas encore, je n’ai pas entièrement choisi) mais je tiens à ce qu’ils partent en ayant au moins l’avis d’un professionnel sur ce thème.
Nous ferons enfin un travail collectif aux AD de Nîmes. J’ai trouvé une famille, sur Nîmes même, qui peut être, je crois, intéressante : une famille Lautrec, sans doute descendante de ceux qui sont plus connus. Je le subodore mais cela va rester à prouver, peut-être issue de la branche de Vieussan qui est la branche la plus proche.Nous travaillerons alors sur les microfilms (Nîmes n'est pas numérisé et travailler sur des négatifs va être, je crois, une expérience intéressante pour eux) et sur les inventaires qui seront seuls à disposition des lecteurs. Et en cas de pépin, nous serons en capacité de pouvoir déménager vers les AM de Nîmes. Le but du travail collectif est pour moi de savoir s’ils arrivent à se débrouiller, ont les bons réflexes, s’ils savent s’entraider (parce que dans la généalogie, c’est tout aussi important que la recherche).
Un professeur, je vous dis !
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ETALAB, COEPIA et APIE
Par Stéphane Cosson le 25 janvier 2012 | (0) Commentaires | Permalink
Savez-vous que depuis un décret de mai 2011, en ce qui concerne la réutilisation, la règle est la gratuité et l’exception la tarification ? Si l’administration veut tarifer, il faut qu’elle rédige un dossier motivé à la fois au COEPIA (Conseil d’Orientation de l’Edition Publique et de l’Information Administrative) et à l’APIE (Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat). Ce qui peut peut-être expliquer pourquoi certains départements payants sont devenus gratuits.
En outre, le Premier ministre François Fillon a créé par décret la mission Etalab le 21 février 2011. Ne me demandez pas le développé du sigle, je ne l’ai pas trouvé. Etalab coordonne l’action des administrations de l'Etat et apporte son appui à ses établissements publics administratifs pour faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques. Placé sous l’autorité du Premier ministre et rattaché au Secrétaire général du Gouvernement
Etalab a réalisé une Licence Ouverte pour faciliter la réutilisation libre et gratuite de ces informations publiques, telles que définies par l’article 10 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
Dans le cadre de leurs missions de service public, les administrations produisent ou reçoivent des informations publiques qui peuvent être réutilisées par toute personne physique ou morale à d’autres fins que celles de la mission de service public.
Ne sont pas des informations publiques au sens de la loi du 17 juillet 1978 les informations contenues dans des documents dont la communication ne constitue pas un droit (en application de la loi du 17 juillet 1978 ou d’autres dispositions législatives, sauf si ces informations font l’objet d’une diffusion publique), celles contenues dans des documents produits ou reçus par les administrations dans l’exercice d’une mission de service public à caractère industriel ou commercial, et celles contenues dans des documents sur lesquels des tiers détiennent des droits de propriété intellectuelle.
Ne sont également pas des informations publiques susceptibles d’être réutilisées celles qui contiennent des données à caractère personnel, sauf lorsque les personnes intéressées y ont consenti, ou lorsqu’elles ont fait l’objet d’une anonymisation par l’administration, ou lorsqu’une disposition légale ou réglementaire le permet (dans ces trois cas, la réutilisation est subordonnée au respect de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978).
Cette licence réaffirme la liberté de reproduire, de copier, de publier et de transmettre l’information sous réserve de mentionner la paternité de celle-ci (a minima le producteur). Voir aussi sur ce sujet la note de Jordi sur la protection de nos arbres généalogiques :
Etalab rappelle la possibilité d’adapter, de modifier, extraire et transformer l’information pour pouvoir en faire autre chose. Cette licence précise que les réutilisateurs pourront exploiter à titre commercial en la combinant avec d’autres informations ou en l’incluant dans un produit ou une application.
Elle prémunit les futurs usagers de tout risque lié au code de la propriété intellectuelle.
Enfin, cet accès aux données publiques offre l’opportunité de faire émerger des connaissances inédites sur un territoire, de partager les éléments de la décision publique avec une société civile qui le demande et qui, sinon, se fera sa propre idée en dehors de tout dialogue avec les auteurs publics, selon la Fédération Internet Nouvelle Génération.
Il me semble que cette licence fait bien avancer le débat sur les licences de réutilisation commerciale. Qu'en pensez-vous ?
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In Memoriam : Marc Puech
Par Stéphane Cosson le 12 janvier 2012 | (1) Commentaires | Permalink
Son nom ne vous dit peut-être rien. Mais pour ceux qui s'intéressent à la généalogie dans le Tarn, son nom est incontournable. Vous avez forcément fait un tour sur son site : Orencie Capelle, du nom de sa grand-mère paternelle. C'est là que vous avez trouvé,entre autres, la liste de tous les CM du Tarn de 1670 à 1792 au moins et il commençait à y mettre les testaments dépouillés par d'autres lecteurs des AD 81. Il y avait regroupé aussi des relevés systématiques avec filiations des mariages de nombreuses communes tarnaises. Au point que la Revue Française de Généalogie signalait systématiquement Orencie Capelle dans son hors-série Internet et Généalogie.
Vous pouviez lire parfois aussi ses commentaires sur ce blog.
Une longue maladie l'a malheureusement rattrapé trop tôt. Sa gentillesse, sa disponibilité, son sens du partage, son grand coeur et sa passion vont nous manquer.
A Dieu, Marc.
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Et bien ça y est, c'est parti !
Par Stéphane Cosson le 18 décembre 2011 | (3) Commentaires | Permalink
Et bien ça y est, c'est parti ! J'ai rencontré mes étudiants du Diplôme Universitaire de Nîmes vendredi. Je ne sais si je leur ai fait bonne impression. J'espère. Autant j'étais un chouïa coincé lors de la présentation devant eux et les autres professeurs (pas le moment de me rater), autant ensuite, entre nous, j' ai senti que je me détendais. Nous étions entre nous et c'étaient à eux de se présenter à moi. Notamment sur leur pratique en généalogie, leur envie, leurs besoins.
Ne me manquent que les étudiants de la Licence Pro "Agent de Recherche Privé" qui ont 8 heures de généalogie. Les 8 premières heures seront donc mutualisées avec celles du DU. Avant d'avoir une évaluation spéciale pour eux qu'il me faut maintenant rédiger et pour laquelle je vais mettre en place une notation.
Passer de l'autre côté de la barrière, avoir des "vrais" étudiants devant moi, qu'il va falloir noter, Mein Gott ! J'ai l'impression d'avoir vieilli. Mais en même temps, cela va être, je crois, une belle aventure. Ils m'ont semblé, du moins certains, impatients que je leur apprenne, je suis de mon côté impatient de faire passer ma passion. Malgré tout, ce n'est pas le moment de me louper. Ce qu'il y a de bien, ce qui me rassure, c'est qu'il s'agit pour la plupart de débutants. Une terre vierge à défricher. Génial !
Il n'empêche : je me dois de bien préparer mes cours. De penser aux documents sur lesquels nous allons travailler en faisant lien avec les autres cours. A ce que je veux leur transmettre. Aux travaux que je vais leur demander. Même si j'ai une petite idée pour l'un puisque un bon nombre envisage une reconversion. Taratata : Ils ne vont pas couper à l'étude de marché notée ! Pour l'autre, nous avons 30 heures de travaux pratiques aux AD. A moi avant à préparer le travail, déblayer le terrain.
Du boulot en perspective en plus de ce que j'ai déjà ! Pas grave ! Je crois que je vais m'éclater.
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Créer de la concurrence
Par Stéphane Cosson le 9 décembre 2011 | (17) Commentaires | Permalink
Je vais reprendre ici le dernier commentaire que j'ai fait à Yvon Renan dans ma dernière note en essayant de le développer plus : je suppose que vous avez vu comme moi la publicité d'une chambre syndicale dans le dernier numéro de la RFG.
Etes-vous allé sur leur site, qu'ils donnent dans la publicité ? Je vous mets au défi d'y trouver mention de quoi que ce soit concernant ce stage de formation de 155 h pour devenir généalogiste familial professionnel.
Qui fait partie de l'équipe "professorante" ? Quel est le programme des cours et quel est le nombre d'heures pour chacun de ceux-ci ? Quel planning ? A quelle date ? A quel endroit ? Est-ce exigible au DIF ? Quel coût pour le stagiaire ? Y aura-t-il un diplôme ? Une attestation de formation ? Où s'inscrit-on physiquement (où peut-on retirer les dossiers si vous préférez) ? Existe-t-il des préalables à l'entrée dans la formation (combien d'années de pratique dans la généalogie par exemple) ?
Aucune information sur ces sujets, importants s'il en est, nulle part dans le site. Dans la FAQ, vous trouvez seulement mention, dans la réponse à la question "Comment entre-t-on à cette chambre syndicale ?", que celle-ci ne fait pas de formation ni de conseils à l'installation. Comme un bug peut-être ? Ou une information pas mise à jour ? Je n'ai rien contre elle en particulier. J'en ai été membre et, quand j'y étais, je m'y sentais complètement à mon aise. Nos chemins se sont séparés pour diverses raisons. Je ne les attaque pas personnellement, j'essaie simplement de globaliser à partir de leur publicité comme quelqu'un qui chercherait des renseignements parce qu'il a trouvé celle-ci alléchante et qu'il a envie de franchir le pas. Rien de personnel, je préfère le redire.
Je suppose donc qu'il faut uniquement appeler le numéro de portable donné pour en savoir plus. J'aurais préféré personnellement un numéro fixe.Tout le monde n'a pas forcément envie d'appeler un numéro de portable et mon réflexe premier pour avoir de l'information, c'est Internet. Pas le téléphone.
De même, vous ne trouverez pas cette information dans le site de l'IEFGP (http://www.devenir-genealogiste.com). La formation était bien mentionnée mais "en cours de réalisation, visitez le site de la chambre syndicale". Je dis "était" car lors de ma dernière visite sur le site, avant de rédiger la note, cela avait complètement disparu.
On lance une publicité : il faut qu'il y ait l'information sur Internet disponible avant. En tout cas, pour moi, c'est une évidence. Je trouve cela dommage si ce n'est pas le cas, c'est comme scier la branche sur laquelle on s'asseoit.
Autre point qui me gêne, mais là de manière beaucoup plus globale. Avant de former de la concurrence, est-on absolument sûr que tous les professionnels familiaux vivent correctement de leur métier ? Pour moi, vivre correctement, cela veut dire dégager a minima un CAHT de 24000 €. Soit un SMIC. Est-ce le cas pour tous ? Sinon, pourquoi mettre en place de la concurrence qui, forcément, va prendre du chiffre d'affaires ? Pourquoi ouvrir un marché ? Est-ce qu'il ne serait pas plus intéressant de s'auto-former, en interne, pour que chacun puisse améliorer ses revenus, en cherchant alors quels sont les manques de la profession ? Cela me paraît être un préalable à la réflexion. Fermer le marché en mettant des barrières à l'entrée, se développer puis au fur et à mesure des besoins nécessaires à la profession, ouvrir petit à petit le marché pour par exemple former de futurs salariés plutôt que des concurrents.
Quelques réflexions à chaud que m'ont inspiré cette publicité. Aucune attaque personnelle, je préfère le dire une troisième fois. Je l'ai vue, je suis allé faire de la veille à ce sujet. Normal, quoi ! Mais elle me laisse un goût amer dans la bouche.
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Archives Départementales vs NotreFamille : un problème d'appropriation ?
Par Stéphane Cosson le 5 novembre 2011 | (7) Commentaires | Permalink
Maintenant que le soufflé semble un peu retombé, avant que ne crissent à nouveau les épées sous le feu de l'aiguisement, et si nous regardions ce qui se joue entre ces deux protagonistes en prenant un peu de distance, de hauteur ? Et si nous passions cette question au crible de l'économie de la connaissance ? Que pourrions-nous apprendre ?
Nous avons tout d'abord ce qu'il serait possible d'appeler un inventeur : les Archives Départementales. L'invention ? La mise en ligne sur Internet d'images numérisées.Le coût de la première utilisation de celles-ci est très élevé. Il inclut en effet le coût de leur production. Par contre, multiplier les usages n'impose pas de coûts supplémentaires.
Cet inventeur va avoir des difficultés, a des difficultés pour conserver son invention de façon exclusive tout en l'utilisant. On voit bien ce qui se passe actuellement entre les Archives et NotreFamille, le bras de fer qui s'est engagé.
Cette invention, bien non rival, difficilement contrôlable, est un bien dont l'usage peut potentiellement se multiplier sans entrave. Deux manières pour ce faire : soit c'est le fait de quelqu'uns (NotreFamille par exemple), soit cela passe par un multitude de contributions et cela donne une image un peu éparpillée, insaisissable, voire même chaotique, mais de même valeur.
Dans un cas comme dans l'autre, cela exige de la part de l'inventeur une attitude positive. Il doit souhaiter que le fruit de son travail puisse être utilisé par d'autres qui continueront le chemin qu'il a commencé à tracer. Il me semble que les Archives sont bel et bien dans cette attitude.
Une de ces disséminations possibles ? L'indexation des photos mises sur Internet.
Mais il y a un petit hic. Comment disséminer de manière large et rapide ? Que vaut-il mieux : la multitude ou seulement quelques uns ? Les économistes de la connaissance nous affirment que la multitude est préférable. En effet, ainsi chacun met dans un pot commun son savoir et son savoir-faire. Par le biais de licences croisées, chacun peut se servir du moment qu'il contribue au stock de savoirs collectifs.
Deuxième hic : comment obtenir une rente produite grâce à cet effort d'invention ? Les Archives ont trouvé une première solution par le biais des licences de réutilisation. Mais ce n'est qu'une solution parmi d'autres possibles.
Il me semble, mais je peux complètement me tromper, que NotreFamille essaie de mettre en place une autre rente mais envisagée cette fois-ci de manière monopolistique. L'entreprise a bien compris que l'indexation peut être rentablement intéressante. Là encore, un coût pour la mettre en place, en tant qu'inventeur à son tour, puis autant d'utilisations qu'il est possible d'imaginer moyennant financement par les utilisateurs.
A priori, de la manière dont semble se dérouler le combat entre les deux parties, il n'est pas envisagé, voire pas envisageable, qu'il y ait mise en place d'une concurrence potentielle. D'autres firmes essaieront sans doute d'entrer une fois qu'elles auront compris le profit qu'il est possible d'en retirer. Mais cela sera-t-il encore possible pour elles ? N'y aura-t-il pas mise en place de barrières à l'entrée, empêchant toute concurrence, permettant de mainteinr un prix fixé uniquement par NotreFamille ? Elle maximisera alors sa position monopolistique.
D'autres solutions sont possibles, sachant que si on privilégie la possession exclusive fondée sur un droit légal d'exclusion, la question du mode d'appropriation devient insurmontable, inextricable. Un véritable noeud gordien. Quelles solutions ?
- Le secret commercial. Mais s'il est possible pour une entreprise, cela me semble compliqué pour les Archives Départementales.
- Revendiquer la possession exclusive après avoir fourni la preuve que l'on est bien l'inventeur. Cela implique de mobiliser des dispositifs juridico-sociaux autour du droit de propriété intellectuelle. Bref, des années de procédure.
- Créer une difficulté pour copier l'invention. Là encore cela ne me semble pas simple pour une administration.
Selon les économistes de la connaissance, la meilleure solution reste un travail en commun de l'ensemble des parties en présence : Archives, sociétés commerciales (et non une seule), cercles de généalogie. Un peu à la manière des Mormons il y a quelques années, où le microfilmage a été utile à tous, où tout le monde en est sorti gagnant. Je crois que cela reste encore à inventer.
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Pour répondre à René Borg
Par Stéphane Cosson le 16 octobre 2011 | (3) Commentaires | Permalink
Si vous faites un tour sur Facebook, vous avez sans doute entendu parler de ce journaliste de Vosges Matin, le sieur René Borg, qui a écrit, le 9 octobre 2011, un court papier sur la généalogie à partir de l'étude de Dominique Desjeux commandée par NotreFamille. En quelques lignes, il nous compare à des névrosés du tabac, de l'alcool ou du jeu. Pour lui, la recherche généalogique quasi obsessionnelle de son pedigree est considérée désormais comme addictive. Nous serions des accros à la recherche du grand-oncle d'Amérique cousu d'or ou du trisaïeul à particule. Toujours selon ce triste sire, on est d'autant plus addict qu'on est plutôt jeune et fâché avec toute sa famille. Pourquoi ? par manque (c'est des malades, on vous dit) de repères, de racines. Et il termine par un Garçon, l'addiction SVP!
Ce n'est pas que je veuille lui faire de la publicité, loin de là. A mon avis, il n'a rien compris à l'étude de Dominique Desjeux pour la dévoyer ainsi. Pourtant, elle me paraîssait limpide pour qui s'y connaît un peu. Confirmant ce que l'on savait par ailleurs.
Par contre, je crois qu'il devient nécessaire d'expliquer comment se réalise l'apprentissage de la généalogie. Parce que ce qu'il prend pour de l'addiction est en fait, pour moi, de l'auto-émulation. Ou si vous préférez, à chaque fois que nous apprenons quelque chose, que nous savons faire quelque chose, cela nous pousse à aller plus loin.
Comment apprenons-nous à être généalogiste ? Par la pratique. Nous utilisons deux degrés dans le cadre de cet apprentissage :
- Un apprentissage du premier degré qui est juste l'amélioration de notre productivité fondée sur la répétition et le développement de l'expertise associée. Autrement dit, plus on répète une tâche, mieux on sait l'accomplir. C'est le cas, il me semble, de la paléographie. Plus on lit des actes, mieux on sait les lire.
- Un apprentissage du deuxième degré, beaucoup plus intéressant, car c'est là que se cache ce que nous appellons le "virus généalogique". Cet apprentissage consiste à réaliser une série d'expériences pour identifier la meilleure stratégie opérationnelle. Apprendre par la pratique en expérimentant sur le tas. Comment je vais chercher un acte de notaire dont je ne connais ni le nom ni la date, par exemple ? Je vais galérer un moment mais cela va me permettre de savoir ce qu'il ne faut pas faire et la prochaine fois j'irais plus vite.
Nous sommes libres d'y consacrer autant de temps et d'efforts que nous souhaitons pour apprendre et expérimenter. Rien, absolument rien ne nous donne des délais. Rien ne nous chronomètre, ne nous stresse. C'est une liberté agréable à vivre. Nous sommes libres de trouver notre équilibre, celui qui nous plaît, entre la pratique considérée comme "normale" et la recherche, l'expérimentation.
Le plaisir que nous pouvons éprouver, la curiosité intellectuelle que cela éveille, le sentiment d'émulation provenant de l'appartenance à une communauté de pratiques (comme faire partie d'un cercle généalogique par exemple ou mettre ses données en ligne gratuitement pour les faire partager) sont pour nous de puissants stimulants faisant pencher la balance en faveur de cet apprentissage.
Qui plus est, la production des savoirs que nous générons n'épuise pas le domaine de la généalogie mais est le facteur essentiel commandant l'abondance future de nouveaux savoirs. Nous sommes en train de révolutionner la manière de faire de la généalogie. Elle n'a jamais autant avancé en quelques décennies après une stagnation de plusieurs siècles.
Nous sommes très loin d'une dépendance, cette envie répétée et irrépressible que nous subissons en dépit de nos efforts et de notre motivation pour nous y soustraire. Nous n'avons pas la conscience aigüe de perdre notre liberté d'action. Nous n'éprouvons pas de dégradation d'ordre physique, psychique, relationnel, familial et social en faisant de la généalogie. Ce n'est pas une conduite à risque, la généalogie, en tout cas personne n'a réussi à le démontrer jusqu'à présent. Peut-être sommes-nous un chouïa dans l'assuétude, comme on peut l'être quand on est un vrai amateur de chocolat et qu'on a besoin de sa petite dose quotidienne savourée avec délectation. Et encore !
A se poser la question qui est le véritable malade dans l'affaire !
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Les inscriptions sont ouvertes !
Par Stéphane Cosson le 11 octobre 2011 | (28) Commentaires | Permalink
Les inscriptions pour le Diplôme d'Université de Généalogie à Nîmes sont ouvertes ! Une université dans un ancien Fort Vauban, une équipe de 5 professeurs sympas comme tout qui vont vous chouchouter, vous dorloter, s'occuper de vous avec soin, que demander de plus ? Franchement ! Vous n'avez que jusqu'à la fin du mois d'octobre pour vous inscrire.
Pour vous donner l'eau à la bouche, voici en quelques mots (ou presque) le programme.
Bases et méthodes de l'histoire moderne :
Ce cours a pour objet de fixer clairement la chronologie de l'histoire de France et de l'histoire européenne modernes de la fin du XVe à la veille de la Révolution française. Il s'agira de voir comment l'Ancien Régime repose, notamment en France, sur un système politique dans lequel la construction de l'absolutisme supplante peu à peu l'Etat féodal. Par ailleurs la naissance de l'économie monde, symptomatique de la modernité, est envisagée des grandes découvertes au commerce international et maritime du XVIIIe siècle. Dans le domaine religieux, la crise profonde que traverse le christianisme à la fin du Moyen Age suscite l'apparition des réformes catholique et protestante, doublée des guerres de Religion. Seront abordées également les permanences et les mutations sociales, en particulier celles qui affectent la société traditionnelle d'ordre et de corps avant que ne s'annonce la société de classe. Seront évoqués enfin les grands courants intellectuels et culturels, de l'humanisme aux Lumières.
Généalogie :
Donner une connaissance des nombreuses sources historiques utiles à la réalisation d'une étude généalogique. Où sont les sources ? Sont-elles disponibles et consultables ? Comment trouver des informations complémentaires nécessaires lorsque des documents sont non communicables ?
Ce module comprend une partie théorique et une partie pratique, à Nîmes et à la maison (si l'on peut dire). Parce que la théorie c'est bien beau, mais c'est mieux quand on met les mains dans le camboui. Préparez vos salopettes !
Droit des familles :
Ce cours aborde deux thèmes : le mariage et la filiation (de Rome au XXe siècle). Pour chaque époque seront abordés, pour le mariage la formation du lien, sa dissolution et ses suites (les régimes matrimoniaux divers et variés). Seront également vues les différentes filaitions ainsi que les conditions juridiques de leur établissement et leurs effets.
Héraldique :
Après avoir défini celle-ci, présenté son lexique, les règles et principes du blason, seront rappelés l'origine, l'apparition et la diffusion des armoiries, les fonctions des hérauts d'armes et les armoriaux, la symbolique. A partir d'exemples concrets seront vues les étapes de leur identification, leur place dans une enquête généalogique et les enjeux pour un généalogiste.
Anthroponymie :
Ces dernières années les chercheurs se sont interrogés sur cet aspect assez peu évoqué du domaine de la parenté. Un vaste champ de recherche trop peu étudié jusque là. Pourtant, les sources historiques associées à la reconstitution de généalogies permettent d'envisager de nouvelles hypothèses concernant la genèse de l'anthroponymie moderne, les conceptions de la parenté et la place dévolue à la structure familiale durant la période médiévale.
Paléographie :
Vous pensiez pouvoir y échapper ? Que nenni ! Cela aurait été trop beau ! Arrivés aux abords des XVIIe et XVIe , les généalogistes découvrent des textes, en français, mais "indéchiffrables". A la fin, ils vous sembleront moins indéchiffrables, plus abordables.
20 places sont ouvertes, seulement 20 ! Alors à vos claviers pour demander votre inscription à l'Université de Nîmes ! Maintenant !
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Un Ramsès II moderne
Par Stéphane Cosson le 11 septembre 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Avez-vous entendu parler de cet article du New York Times ? Cynthia Daisy, une Américaine ayant procréé son fils grâce à un don de sperme, a fait une recherche sur un site spécialisé pour lui trouver d'éventuels frères et soeurs.
Bien, ou mal, lui en a pris. La famille est un chouïa grande. Un petit chouïa, trois fois rien : Il faudra juste louer un stade pour les rassemblements familiaux. Elle lui a découvert en effet 150 frères et soeurs. Oups !
Comment est-ce possible ? Aux Etats-Unis, un donneur peut fournir les banques de sperme de manière illimitée (sachant qu'il est rémunéré pour cela). Chaque donneur de sperme a un numéro qui peut être donné aux parents pour pouvoir le retrouver. Comme cela, au prime abord, cela simple sympathique.
Par contre, cela peut poser problème en terme de relations amoureuses. Imaginez deux personnes issues des mêmes gamètes qui tombent amoureuses l'une de l'autre mais ignorent qu'elles sont frère et soeur. Ne pensez pas que cela soit impossible : Souvent le donneur de sperme voit ses dons utilisés dans un district géographique restreint. D'où derrière la question du tabou de l'inceste, de la consanguinité, de la transmission d'anomalies génétiques éventuelles .... D'où aussi des questions de morale vraisemblablement.
Du coup, le législateur américain est en train de réfléchir comment réévaluer le système et mettre en place des règles strictes pour qu'un donneur ne puisse avoir qu'un nombre limité d'enfants. En France, par exemple, un même donneur ne peut avoir que 10 enfants.
Je vous laisse juste imaginer ce que cela peut faire en terme généalogique une fratrie de 150 personnes. Ou en terme successoral. L'horreur !
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