Enquête sur les lecteurs des Archives
Par Stéphane Cosson le 13 juillet 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Il y a quelques mois, le Département des Etudes, de la Prospective et des Statistiques du Ministère de la Culture a mis en ligne son étude 2011 "chiffres clés statistiques de la culture" réalisée à partir de sa banque de données de statistiques culturelles.
Que nous dit cette étude sur les lecteurs des Archives ? En 2009, presque 72% des lecteurs des services d'archives sont lecteurs des Archives Départementales. Entre 2007 et 2009, les visites des sites Internet ont quasiment triplées. De même si on regarde les millions de pages vues. Sachant qu'à peu près la moitié des documents numérisés en France sont mis en ligne. De ce fait, le nombre de lecteurs inscrits a diminué pendant la même période. Ce qui me semble relativement normal, les personnes ne se déplaçant plus pour consulter les documents mis en ligne.
En 2009, 62% des publics des Archives sont venus pour des séances de travail. A 52% ce public est généalogiste. Nous n'avons pas encore les chiffres pour 2009 mais en 2008, 12% des personnes de 15 ans et plus sont allés au moins une fois dans leur vie dans un centre d'archives. L'âge et le sexe ne modifient pas ce pourcentage. A 64%, ces personnes ont au moins le bac (31% un bac+4 ou plus, 18% bac+2-3, 15% bac).
Le public des Archives est un public citadin à 89% : 39% habitent Paris et son agglomération, 14% une ville de plus de 100 000 habitants, 12% une ville entre 20 000 et 100 000 habitants, 8% une ville de moins de 20 000 habitants et 11% une commune rurale.
Quelques remarques à propos de ces statistiques :
Nous n'avons pas les métiers mais au vu du niveau de formation, je dirais que nous sommes dans la PCS+. C'est-à-dire un public composé de chefs d'entreprises, d'artisans, de commerçants, de cadres et de professions intellectuelles supérieures (professeurs et professions scientifiques salariés appliquant directement des connaissances très approfondies dans les domaines des sciences, ayant des activités d'intérêt général de recherche, d'enseignement ou de santé, cadres administratifs et commerciaux d'entreprise, ingénieurs et cadres techniques d'entreprise) et professions intermédiaires (contremaître, instituteur, infirmier, assistante sociale). Ce qui, à mon avis, éclaire bien le montant des facturations que j'avais développé dans une autre note.
Il me semble que cela nous donne deux informations intéressantes sur les généalogistes : personne citadine ayant au moins le bac. Je dirais aussi que le généalogiste est une personne appartenant à ce qu'on appelle la classe moyenne, quand je vois les professions de la PCS+, sachant que ce terme ne veut pas dire forcément grand chose.
Par contre, une question que je me suis posé en regardant ces statistiques : sont-ils des Créatifs Culturels ? Appartiennent-ils à cette catégorie d'individus ayant en commun d'adopter une vision globale du monde, favorisant la faible dépendance vis-à-vis des modes de consommation industrialisés en même temps que le développement personnel et spirituel, refusant les dégradations environnementales et recherchant des solutions nouvelles aux problèmes socio-personnels ? Je n'ai rien qui me le prouve mais comme cela, a priori, je donnerais plutôt une réponse positive. Et vous, qu'en pensez-vous ?
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Pros et mise en ligne des fonds
Par Stéphane Cosson le 24 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink
La mise en ligne des fonds est une bonne chose, au moins pour la conservation des originaux. Elle peut permettre aussi une indexation collaborative.
La mise en ligne a aussi au moins deux inconvénients : le public peut devenir prescripteur, exiger que la numérisation mobilise des ressources pour le satisfaire au détriment de travaux aussi essentiels, moins visibles et moins utiles pour lui. C'est aux archivistes d'y veiller.
Elle peut aussi donner une image déformée des fonds conservés, tout ce qui n'est pas en ligne n'existant plus aux yeux du public.
Et là, il me semble que les généalogistes professionnels peuvent intervenir. Le web, la mise en ligne ne va pas nous remplacer. Notre public va simplement nous demander d'autres prestations. Nous devons donc nous replacer sur le web en présentant de nouvelles compétences.
Et tous ces fonds invisibles, qui ne sont pas en ligne, qui ne le seront peut-être jamais, nous tendent les bras. A nous d'aller les fouiller pour bien les connaître et proposer autre chose, quelque chose de différent. Ouvrir nos perspectives.
A nous d'avoir de bonnes pratiques permettant une excellente prise de recul, encore plus de croisement des informations, encore plus de qualifications des sources. En fait, Internet modifie notre façon de penser. Il nous donne accès à un nouveau rapport à la connaissance et au monde. A nous de savoir l'étreindre.
J'ai lu dans le dernier numéro d' Archimag que depuis qu'Internet existait, nous n'écrivions plus à plat mais en plusieurs dimensions. J'ai trouvé la phrase intéressante, ouvrant des perspectives de réflexions.
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Être pédagogue
Par Stéphane Cosson le 19 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink
Il y a des fois où il faut faire preuve de pédagogie envers les clients sans forcément les vexer. Simplement leur expliquer que ce qu'ils me proposent est impossible. Quelques exemples, tous véridiques, issus de 11 années d'expérience :
Une dame m'envoie un arbre généalogique dans lequel un homme a un enfant 2 ans après son décès, sachant qu'il se marie avec la mère dudit enfant 12 ans après ledit décès. A mon avis, une date au moins est fausse. Laquelle ?
Une femme a son premier enfant alors qu'elle est âgée de 44 ans environ. Cela me semble un peu vieux. Le dernier enfant, d'accord. Le premier, j'en suis beaucoup moins sûr, surtout quand il y en a une palanquée derrière. Un gros doute.
Comment expliquer à une personne qu'elle me confond deux personnes qui sont cousines, voire deux familles qui n'ont pas de lien entre elles en prenant des gants ?
Comment expliquer à une cliente étrangère ne parlant pas français que ce n'est pas parce qu'elle a trouvé une personne portant le même nom et le même prénom que son ancêtre, à des dates approximativement identiques, que c'est forcément le bon, surtout quand ce nom est plus que répandu dans la région qu'elle cherche ?
Comment expliquer qu'une personne née en 1640 ne peut pas se marier en 1789 et que la personne vous soutient mordicus le contraire, qu'elle a raison ? Oups.
C'est le moment, à chaque fois, d'être pédagogue. Pas si simple. Les personnes que j'ai en face ne sont pas forcément prêtes à entendre ce que je vais leur dire. Il faut pourtant leur faire intégrer que, là, elles peuvent se tromper. Que ce n'est pas dans la logique généalogique. Que cela ne fonctionne pas. J'ai parfois beau prendre tous les gants que je peux, il arrive que la personne coupe les ponts parce qu'elle refuse d'entendre mon discours. Parce que cela la perturbe trop, que cela implique une trop grande remise en question. Parce qu'elle s'est inventé un monde que le professionnel que je suis lui casse de fond en comble.
C'est là où je me rends compte du pouvoir de la généalogie, de l'emprise qu'elle peut avoir sur nous sans que nous nous en rendions compte. Qu'il est possible de faire au détriment de la logique parce qu'on est parti sur une idée préconçue et qu'on adapte la réalité à cette idée au lieu d'adapter notre idée à la réalité.
Mais c'est un bon exercice de reformulation.
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Recherches accomplies par les Archives Départementales pour le compte des usagers
Par Stéphane Cosson le 6 mai 2011 | (5) Commentaires | Permalink
C'est le titre d'une rubrique que j'ai trouvée à l'intérieur d'un site d'Archives Départementales mettant ses archives en ligne, dans le chapitre "Renseignements pratiques". Je suis allé voir et j'ai été surpris.
Cela commence par un rappel de l'article 72 du Règlement général des Archives Départementales, article qui se termine par le classique : L'archiviste n'est pas tenu de faire pour les intéressés (ses usagers) les recherches qui leur incombent normalement et qu'il est possible de faire eux-mêmes. Je crois qu'on a tous reçu un jour un courrier de réponse des AD contenant cette phrase.
Deuxième paragraphe : comment accéder aux documents administratifs et autres archives publiques ? Là encore, rien que du très banal : consultation gratuite sur place, copie possible si cela ne nuit pas à la conservation du document, par courrier électronique quand le document est disponible sous forme électronique.
Par contre, le troisième paragraphe m'interpelle et j'ai interrogé à son sujet le directeur des AD et le président du Conseil Général (ils peuvent avoir des réponses différentes). Ce troisième paragraphe traite des recherches que les Archives Départementales peuvent être amenées à réaliser à la place des usagers pour retrouver la trace d'un document que ceux-ci ne peuvent désigner avec précision. Voici ce que nous dit ce paragraphe :
- Recherches nécessitant moins de 30 minutes : 5 €
- Recherches nécessitant entre 30 minutes et 2 heures : 15 €
- Recherches nécessitant plus de 2 heures : 40 €
Il est précisé ce qu'il est possible de faire dans ce temps imparti. Moins de 30 minutes veut dire recherches dans des documents pourvus de tables. Entre 30 minutes et 2 heures, recherches complexes mettant en jeu de nombreux documents ou des documents dépourvus de tables. Les recherches de plus de 2 heures sont des recherches particulièrement complexes comme les origines de propriétés, les droits d'eau, etc.
Et cela, je ne sais pas vous, mais cela me choque. Ma première impression ? Les Archives, administration publique, chassent sur mes terres de manière déloyale. Parce que si cela ne ressemble pas à du tarif à l'acte ou à du tarif horaire, comme le proposent les professionnels, c'en est quand même très proche. A un coût moindre que celui des professionnels qui plus est. On est aux alentours de 15 € de l'heure en faisant un calcul moyen, qui est juste en dessous du tarif le plus bas que je connaisse proposé par un professionnel (23 €). Je ne sais d'ailleurs pas comment à ce tarif il peut en vivre, mais cela c'est un autre sujet.
Question : si les Archives le proposent à ce tarif, à quoi sert d'aller chercher les services d'un généalogiste professionnel pour le même rendu (mais plus cher) ?
Ce qui me met mal à l'aise, c'est le rapprochement entre le premier paragraphe et ce troisième paragraphe. Si je résume, en espérant ne pas déformer leurs intentions : les Archives ne font pas de recherches à la place des usagers mais voici nos tarifs. Illogique à mon sens. D'où mes courriers car il me semble qu'un partenariat Archives / Professionnel serait plus dans le gagnant-gagnant et libèrerait du temps pour que les Archives puissent collecter, classer, conserver et communiquer les documents qui leur sont confiés (leur mission quoi). Qu'en pensez-vous ?
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Agnès, Anne, Arthur, Thomas et Benoît
Par Stéphane Cosson le 29 avril 2011 | (5) Commentaires | Permalink
Si vous suivez l'actualité de ces derniers jours, ces prénoms vous parlent sans doute. Je ne sais vous, mais personnellement j'ai été très touché par ce drame. Peut-être est-ce le sort particulier réservé au jeune Benoît qui a fait que les vannes de mon émotion ont été grandement ouvertes. Je ne sais pas. Je me contente pour le moment d'accueillir ce flot, impressionnant.
J'ai eu envie de leur rendre un hommage sur mon blog. C'est peut-être bizarre de le faire pour des gens que je ne connais pas. Peut-être pas. N'y voyez aucune indécence, aucune manière de voyeurisme ou autre de ma part. Plus une manière de leur tendre symboliquement une main chrétienne pour les accompagner vers un ailleurs. Je me suis beaucoup posé la question avant de le faire. J'y ai très longuement réfléchi, pesé le pour et le contre. Le fallait-il ? Comment cela pouvait-il être pris ? Et puis je me suis dit qu'il fallait simplement laisser parler le coeur. Peut-être est-ce tout simplement aussi une manière pour moi d'essayer de tarir ce flot émotionnel ressenti pour eux ces derniers jours.
Dans le flot des informations qui sont sorties, l'une m'a fait tilt. On ne se refait pas. Un entrefilet disait qu'il s'agissait d'une famille noble rouergate d'origine. Dans mon flot d'émotions, le généalogiste a été un moment le plus curieux, le plus fort. Le Rouergue, c'est mon secteur. Je suis du coup allé un peu fouiller.
En fait, le berceau de la famille est à la frontière du Vivarais et du Velay. Effectivement, en 1712 une alliance avec la famille de Roux de La Roumiguière ouvre la porte sur le Rouergue et plus particulièrement le secteur du Nord-Est où le Lot est dyslexique. C'est d'ailleurs la seule mention qu'en font Hippolyte de Barrau et le Vicomte de Bonald, les spécialistes des généalogies rouergates.
Rouergate ? Beaucoup plus de Lozère en fait.
La figure tutélaire de la famille, si je puis employer cette expression, natif de Mende, a été évêque de Rodez au début du XXe siècle. Prénommé Charles, il est aussi le neveu d'Alphonse de Lamartine. Agnès, Anne, Arthur, Thomas et Benoît, j'espère que ce lointain grand-oncle pourra vous accueillir, vous accompagner et vous ouvrir tout grandement les Portes Divines vers un monde de grâce. Mes pensées vous accompagnent, ainsi que votre famille et vos amis.
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VDM généalogique
Par Stéphane Cosson le 22 avril 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Je viens de lire le blog d'Aïeux et d'ailleurs sur ce thème : http://www.daieux-et-dailleurs.fr/fr/ciel-mes-aieux/289-vdm-genealogique pour ceux qui veulent aller voir. J'en ai profité pour faire un petit commentaire.
Mais tout compte fait, alors que j'étais reparti travailler, je me suis dit que cela méritait autre chose. Ou un plus. Non...mais...parce que...après tout...c'est quoi la vie d'un généalogiste professionnel ? D'après vous ? A part s'occuper de vos VDM généalogiques ? Hein, dites voir un peu ?
C'est rare qu'on s'adresse à un professionnel quand tout va bien. Ou alors c'est parce qu'on est débordé de boulot ou qu'on sait pas faire ou pas envie de faire. Mais ça, c'est la cerise sur le gâteau. C'est plus fréquent quand cela pédale dans la choucroute, que vous êtes enlisés de chez enlisés et que même déblayer avec la pelle ou vous faire tracter par un autre ne servira à rien. Alors plutôt que de criser, vous nous refilez le bébé et l'eau du bain. Tenez, débrouillez-vous, moi j'abandonne. Pas sur les pieds !!! Trop tard !!!
Des VDM généalogiques, j'en ai tout le temps. Tous les jours. C'est même mon fonds de commerce. Mais c'est là où je m'éclate. Grâce à elles, je progresse dans ma pratique. Tiens, je n'ai pas encore exploré cette piste. Là, avec cette VDM généalogique, cela va être l'occasion. Génial !!!!
Heureusement qu'il y en a. J'en veux encore ! Bon d'accord, cela m'arrive de criser moi aussi. Scrogneugneu de scrogneugneu, qu'est ce que ce client et sa VDM de recherche ? Mais je n'ai pas le droit de le montrer. Je ne suis pas payé pour cela. Alors... SBAM et je cherche. Ce qui ne veut pas dire que je trouve tout le temps. Mais une piste explorée qui n'a rien donnée, c'est une piste à explorer en moins. C'est mieux que rien. Si, si, je vous garantis, c'est mieux que rien.
Vous trouvez que c'est cher. Vous rechignez, renaclez, râlez un bon coup mais si j'arrive à vous montrer le côté positif de cette VDM généalogique qui est la vôtre, alors c'est gagné. Bref, j'en redemande. Je dois être maso, parfois.
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Urgence dernier recours
Par Stéphane Cosson le 17 avril 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Je reçois parfois des messages dans lesquels je sens l'urgence vitale de la situation. Où je suis vraiment le dernier recours. Il faut le gérer. Ce n'est pas toujours simple.
Un exemple ? Une cliente m'écrit pour quelqu'un d'autre. La personne pour qui je vais travailler, qui n'est pas ma cliente, est atteint d'une maladie mortelle, au stade terminal. Elle veut léguer les recherches généalogiques qu'elle a faite à ses descendants. Mais le temps, et sa maladie, courent plus vite que les recherches qu'elle est encore en capacité de faire. Résultat : le bébé m'est refilé pour pouvoir les terminer. Je ferais la touche finale.
Bon !!! D'accord !!! J'ai le droit de déglutir ?
Je ne sais pas si vous sentez l'urgence de la situation mais personnellement je la sens bien. Waouh !!! La pression est là. Pas le moment de se louper ! Il va me falloir gérer tout cela. Et cela ne va pas être simple. Mais pas simple du tout. Ce sont des situations extrèmement rares heureusement. Mais stressantes au plus haut niveau.
A mon sens, c'est quelque chose qui ne peut pas être géré seul. Mais avec une aide professionnelle. Pour raison garder.
C'est rare, je l'ai déjà dit. Mais cela fait aussi partie des aléas du métier.
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Un débat dans le débat
Par Stéphane Cosson le 19 mars 2011 | (0) Commentaires | Permalink
A lire les différentes notes sur la journée d'études organisée par l'Association des Archivistes Français, à lire aussi les commentaires, je me dis qu'il y a vraisemblablement un débat dans le débat.
Reprenons sous un autre angle la question des licences de réutilisation commerciale. Qu'avons-nous ?
Tout d'abord des usagers qui ont été catégorisés : le généalogiste amateur, le généalogiste professionnel, la société commerciale, le documentariste, l'auteur/éditeur à la recherche d'illustration.... Cette catégorisation est classique. Elle existe depuis longtemps. C'est elle qui permet de savoir quel est le public qui fréquente les archives.
Mais....
En face de cette catégorisation, on a rajouté une donnée : la réutilisation commerciale. Et cette catégorisation a été affinée en fonction de cela. Chaque catégorie fait-elle une réutilisation commerciale des images numérisées ou des photos prises ? Si la réponse est non, c'est simple. Cela se complique si la réponse est oui.
Car en face de chaque catégorie, on a mis un nombre (ou un temps pour les documentaristes). Et en face de ce nombre, un prix a été fixé. Et donc différents produits présentant quelques différences les uns par rapport aux autres ont été créés : les licences de réutilisation commerciale.
Catégoriser une cible, concaténer la demande pour un produit nouveau, fixer des prix . Cela ne vous rappelle rien ? Pour moi, c'est typiquement la manière de créer une nouvelle demande, de lancer sur le marché un nouveau produit. Nous sommes dans l'Economie. Dans un début d'envisager la possibilité que les images numérisées puissent ne pas être qu'un coût. Nous sommes encore loin de la question de la rentabilité. Mais .... Nous sommes bien dans cette optique-là.
Sauf que, en, France comme ailleurs, les biens patrimoniaux, l'art, la culture et l'Economie sont censés être des ennemis farouches, mortels. Complètement antinomiques. Et si, avant toute chose, ce débat-là était lancé ? Sont-ils vraiment antinomiques ? Ou bien peut-on envisager un compromis, des outils économiques qui soient propres à l'art, la culture, les biens patrimoniaux ? Inspirés peut-être des autres secteurs de l'économie car on ne va pas inventer l'eau chaude à nouveau. Mais adaptés à ce secteur.
Parce qu'une fois cette question réglée, au clair pour toutes les parties, la question des licences de réutilisation commerciale, des prix se règlera très vite sans qu'il y ait usage de la force, sans tribunal, sans diabolisation de certaines catégories de public, sans nécessité de rassurance.
Non ? Qu'en pensez-vous ?
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Big sorcier ?
Par Stéphane Cosson le 14 mars 2011 | (0) Commentaires | Permalink
C'est curieux comme parfois les gens peuvent m'accorder des pouvoirs, une possibilité, une puissance (rayer la mention inutile) que je ne possède pas du tout.
Un monsieur m'appelle dimanche à 22 h pour savoir si je peux lui faire sa généalogie. Il descendrait de Louis VI le Gros du côté de sa mère et voudrait le vérifier. 22 h un dimanche c'est un peu tard, mais une envie de généalogie, c'est comme une envie de chocolat. Cela peut prendre à n'importe quelle heure.
Nous discutons, nous nous mettons d'accord pour un rendez-vous chez lui. Et surtout, me recommande-t-il, il ne faut rien dire à sa mère et à son beau-frère ! Euh... Je vois pas trop comment ! Je les connais pas, moi, sa mère et son beau-frère ! Comment je peux leur dire quelque chose ?
Il n'est pas le premier à me faire cette remarque. Déontologiquement, si on me pose la question sur un dossier c'est motus et bouche cousue. Et c'est normal. Sinon, transmettre des informations généalogiques dans son dos à des membres de sa famille, sans que ceux-ci m'en fassent la demande, donc de mon propre chef, sans connaître leur nom et adresse, me semble un chouïa compliqué. Ma boule de cristal ne fonctionne pas dans ce cas précis.
C'est bizarre quand même. De quoi ont-ils donc si peur ? Qu'ils soient généalogistes chevronnés ou pas n'y change rien. Cette demande, cette remarque m'est venu des deux types de population. Cette peur vient donc de plus loin, n'est pas en lien avec le fait de savoir ou ne pas savoir faire de la généalogie. Je ne crois pas que cela ait aussi un lien avec les relations familiales. Ces dernières peuvent être excellentes ou exécrables et cela n'y change rien.
Pourquoi moi, en tant que professionnel, j'irais divulguer de l'information à qui mieux mieux dans une famille que je ne connais pas ? Ce que j'ai constaté dans ceux qui m'ont fait la remarque, c'est que souvent les mêmes liens de parenté reviennent par rapport à ceux qui m'enjoignent de ne rien dire : le beau-frère, les parents, la cousine. Y aurait-il un lien très profond avec l'atome de parenté ? Ce pourrait être intéressant de creuser plus.
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Chambres syndicales et licences de réutilisation
Par Stéphane Cosson le 6 mars 2011 | (0) Commentaires | Permalink
C'est peut-être bête mais je me demande toujours pourquoi les chambres syndicales n'interviennent pas publiquement sur le sujet des licences de réutilisation commerciale. Cela me semble tellement important par rapport à notre avenir professionnel. Elles en parlent peut-être intra muros mais cela ne fait pas avancer le schmilblick.
A priori, je dirais que les licences de réutilisation concernent principalement les registres paroissiaux et l’état civil qui sont les documents les plus utilisés par la majorité des lecteurs des Archives. Viennent derrière les archives des notaires qui, en tout cas pour le Sud de la France, sont la deuxième source pour mettre en place le squelette d’un arbre généalogique.
Ce sont des documents qui ont plus de 75 ans.
En tant que généalogiste familial, je travaille aussi en priorité sur ces types de documents. Ensuite, en fonction des recherches qui me sont demandées, je peux aller chercher dans d’autres séries. Tout dépend des dossiers mais comme cela a priori je dirais 2C, 3 et 4Q, 8U, 4U et série B, série M, série R et série X. Les séries ne vous disant peut-être rien, il s'agit donc du contrôle des actes, de l'enregistrement, des hypothèques, des tables des notaires, de la justice de paix et de la justice d'ancien régime, les recensements, les militaires et la série des enfants abandonnés. Là encore, pour la plupart du temps, des documents de plus de 75 ans.
Travaillant sur les mêmes séries que les généalogistes amateurs, ma clientèle, il est assez normal que je signe une licence. Nous sommes relativement proches dans nos objectifs. Personnellement, je travaille très peu sur du XXe, j'ai ma dérogation du SIAF pour consulter au cas où. Et j'ai demandé une dérogation d'un procureur pour avoir copie parce que je ne pouvais pas faire autrement dns le dossier que je traite.
Aux Archives, les généalogistes successoraux que je rencontre travaillent quasi- exclusivement sur le 3Q, en priorité les déclarations de successions, et sur un peu d’état civil. Ils peuvent utiliser les recensements et les listes électorales. Dans le Tarn, c'est vraiment flagrant, presque caricatural : un successoral est dans la salle ? Ne cherchez plus l'inventaire de l'enregistrement, il est posé à demeure sur sa table. Ils signent alors la licence de réutilisation. C'est obligatoire pour eux comme pour le reste des lecteurs.
Mais le plus souvent, à ma connaissance, ils travaillent hors Archives sur des documents qui ont moins de 75 ans (50 ans pour l'enregistrement) pour pouvoir retrouver les héritiers vivants. Donc sur des documents déjà protégés par la loi, déjà interdits de diffusion publique. Pour ce faire, ils ont la dérogation du SIAF et celles des procureurs pour pouvoir faire des copies.
Depuis 5-6 ans, les chambres syndicales principales dans lesquelles adhèrent les familiaux sont dirigées par des successoraux. Quand cela s'est passé à la CGP, l'argument des successoraux était le suivant : nous rapportons le plus d'argent à la chambre, il est normal que nous la dirigions. Il me semble, c'est une hypothèse, qu'alors elles auraient plutôt tendance à défendre les intérêts des successoraux exclusivement, les familiaux réalisant de petits CAHT par rapport à eux. Donc inintéressants du point de vue de l'argent. Peut-être que le jour où un familial réalisera un CAHT équivalent à celui d'un successoral, ce sera différent.
Comme à mon sens, les licences de réutilisation intéressent plus les familiaux que les successoraux, même si tous les signent, cela peut être la raison pour laquelle les chambres ne se prononcent pas. Les successoraux signent par obligation mais ne se sentent pas concernés. C'est une hypothèse. Je n'ai pas dit qu'il s'agissait forcément de la réalité.
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