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Quand un prénom permet d'avoir plusieurs générations

Par Stéphane Cosson le 13 décembre 2009 | (2) Commentaires | Permalink

Je vous en ai déjà parlé : je fais une recherche sur les branches inconnues de la famille de Toulouse-Lautrec. Je l'ai suffisamment dit pour que des lecteurs me relèvent des contrats de mariage, des testaments de cette famille. Parfois, cela permet de bien faire avancer la recherche sur cette famille.

Cela a été le cas mercredi. Une dame me dit qu'elle a trouvé sur Sorèze un contrat de mariage en 1578, celui de Hugues de Lautrec avec Marguerite de Padiès. Cela m'intéresse-t-il ? Bien sûr, je prends toujours.

Hugues de Lautrec est seigneur de Salettes, à l'autre bout du département du Tarn. Dans l'ouvrage de Jacques-René Magné et Jean-Robert Dizel, les épouses de cette branche de Salettes sont pour la plupart inconnues. La seule que les auteurs connaissaient, c'est justement cette Marguerite de Padiès. Mais l'année du mariage n'était pas connue.

Avoir le contrat a permis d'apporter des modifications notables à cette branche. Tout d'abord, cela a permis de savoir que le couple n'a eu qu'un seul enfant et non plusieurs comme les auteurs le pensaient. En effet, le mariage a eu lieu en 1578 et Hugues de Lautrec est assassiné en 1580. Cela laisse peu de temps pour en faire plusieurs.

Ensuite, on a le nom de la mère de Hugues : Marguerite de Villepassans. Les Villepassans sont une famille que l'on retrouve sur Sorèze, et aussi dans l'Aude. D'où peut-être l'explication de ce mariage si lointain.

Et enfin, dans le contrat, le père du marié est prénommé Pelfort et non Hugues comme le pensaient les auteurs. Pelfort est un prénom très intéressant car il n'appartient qu'à une seule famille noble : la famille de Rabastens. Pour que le père de Hugues soit prénommé Pelfort, il faut qu'auparavant il y ait eu une alliance avec cette famille.  Toute autre hypothèse est inenvisageable car vraiment le prénom de Pelfort n'appartient qu'à cette famille de Rabastens qui en a l'exclusivité en quelque sorte.

Maintenant reste à trouver l'alliance. La grand-mère paternelle de Hugues est inconnue. Pourrait-elle être une Rabastens. ? Je pense que oui. En effet, à l'époque où cette grand-mère vivait, nous trouvons dans la branche des seigneurs de Lexos, branche de la famille de Rabastens donc et Lexos étant en plus proche géographiquement du lieu de Salettes,  nous trouvons donc deux filles de Hugues de Rabastens qui sont qualifiées de mariées dans plusieurs actes mais dont les maris sont inconnus. En fait, ils ne sont pas cités dans les actes où leurs femmes apparaissent. Ces deux filles sont Antoinette et Gaillarde de Rabastens.

Et si l'une d'entre elles était la grand-mère de notre Hugues de Lautrec ? D'abord, nous avons cette transmission du prénom Pelfort. Ensuite, nous retrouvons dans les deux familles le prénom Hugues. Là encore, Hugues n'appartient pas au pool des prénoms de la famille de Lautrec à cette époque. Et si ce prénom avait été lui aussi transmis par cette famille de Rabastens ? Hugues de Rabastens pourrait très bien être le grand-père ou l'arrière-grand-père d'un Hugues de Lautrec, cela ne serait pas choquant.

Nous aurions ainsi Jean de Lautrec, seigneur de Salettes, époux de Gaillarde ou d'Antoinette de Rabastens. D'où au moins deux fils : Hugues  de Lautrec et Pelfort de Lautrec. Hugues par rapport au prénom donné par Jacques-René Magné et Jean-Robert Dizel et Pelfort étant donné par le contrat de mariage de 1578. Pelfort de Lautrec qui fut l'époux de Marguerite de Villepassans, d'où derechef un Hugues de Lautrec, notre marié de 1578.

Parfois, un simple prénom et nous trouvons une aïeule en plus. Cela reste à confirmer bien sûr par d'autres actes. Mais l'hypothèse est vraiment intéressante.

Voir aussi : Initiation

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Je me suis fait eu !

Par Stéphane Cosson le 3 septembre 2009 | (3) Commentaires | Permalink

On a beau le dire, le répéter, le redire encore : il faut toujours vérifier, re-vérifier et re-vérifier encore les informations, surtout quand elles viennent d'Internet. On ne sait jamais, une même information fausse peut se répéter à l'infini. Toujours aller aux sources. On le serine à longueur d'année à nos clients, à nos élèves.

Et puis parfois, on peut aussi se laisser aller à la facilité et ne pas vérifier à l'état civil ce qui est affirmé sur Internet. Et se faire avoir.

C'est ce qui vient de m'arriver. J'avais cherché une information sur Internet. J'avais recoupé plusieurs sources, toutes sur Internet : des sources généalogiques sérieuses et réputées telles et des sources journalistiques sérieuses et réputées telles, puisque l'information que je cherchais pouvait aussi se trouver par ce biais.

Toutes les sources Internet convergeaient, me donnaient une information identique. Ab-so-lu-ment toutes ! Je n'ai pas du coup vérifié  à l'état civil mon information. Les sources étaient censées être sérieuses, me donnaient la même information. J'ai fait confiance. Erreur ! Toutes diffusaient la même information, certes, mais la même information fausse.

Et je me suis fait avoir. Plus qu'à faire mon maxima mea culpa vis-à-vis de la famille qui m'a renvoyé dans les cordes.

Bon et bien, la prochaine fois, comme je le dis tout le temps à tous mes clients, comme je le fais d'habitude et ordinairement, je vérifierais. Nobody is perfect !

Voir aussi : Initiation

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Née de père inconnu ?

Par Stéphane Cosson le 23 juillet 2009 | (2) Commentaires | Permalink

Il y a des moments où on se demande si les officiers d'état civil percutent comme il faut. En faisant mes recherches, je tombe sur la commune de Puylaurens, dans le Tarn, sur un acte de naissance intéressant dans le genre "prenez-nous pour un âne, vous aurez du foin".

C'est la sage-femme qui fait la déclaration à la place de la mère.  Cette dernière s'appelle Jeanne Pech et en cette année 1814, elle accouche seule d'une fille. Elle dit à la sage-femme qu'elle est célibataire et qu'elle veut que sa fille porte les prénoms de Marie-Anne Latger.

Le dernier prénom est pour le moins curieux et c'est lui qui a éveillé mon attention. Marie-Anne Latger, née de père inconnu. Vous le croyez, vous ? Moi pas du tout. Le père est parfaitement connu et il est même nommé par la mère. Ce qui me le fait dire : Latger. Ce fameux prénom bizarre.

En effet, Latger est un nom de famille. D'une famille qui justement habite Puylaurens et qui justement fait des enfants dans les mêmes années. Et si le sieur Latger, marié bien comme il faut, était allé voir si ailleurs l'herbe était plus verte ? Pas de précaution pour l'époque donc grossesse possible pour la jeune fille séduite. Jeune fille qui, une fois engrossée, sait parfaitement que son amant ne pourra pas se marier avec elle, puisqu'il est déjà marié, ne pourra pas légitimer son enfant et qu'elle sera toute sa vie considérée comme une fille-mère, une moins que rien, une Marie-couche-toi-là. Le meilleur moyen alors de signifier la parenté avec le père c'est de donner son patronyme comme deuxième prénom à l'enfant. Née de père inconnu, certes, officiellement, mais pas tant que cela en fait.

Voir aussi : Initiation

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Stages de paléographie

Par Stéphane Cosson le 7 juillet 2009 | (1) Commentaires | Permalink

J'organise sur Albi deux semaines de stage de paléographie :

  • une semaine en août (du 10 au 14)

  • une semaine en septembre (du 14 au 18)

 

 pour un coût de 400 € la semaine, hébergement non compris. Le nombre de places ouvertes : de 4 à 12. Pas plus pour pouvoir avoir un confort important et une qualité dans le stage.

Si vous êtes intéressés, laissez-moi un commentaire avec votre adresse e-mail pour que nous puissions en discuter ensuite hors du blog.

Voir aussi : Initiation

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Le costume de Fernand Raynaud

Par Stéphane Cosson le 3 juillet 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Vous connaissez l'histoire du costume de Fernard Raynaud, celui qui avait toujours un défaut. Certes, cela ne doit rien dire aux moins de 20 ans, mais les autres, cela devrait leur parler un chouïa.

Et bien, dans mes recherches, je suis tombé sur un costume de Fernand Raynaud. Une recherche où il y avait toujours un défaut.

Un client me demandait de lui rechercher depuis quand exactement une propriété était dans sa famille. Entre 1840 et 1854, d'après ses souvenirs, son lointain aïeul ayant acheté une autre propriété en même temps ou presque, en 1844. Je prend donc ma table des acheteurs dans cette période en série 3Q aux Archives. Facile, me disais-je. Pour une fois que j'ai une date à peu près précise. Et ... ? Et bien rien. Nada. Que dalle, les souvenirs étaient erronnés. Pas pour la propriété de 1844, mais pour l'autre.

Direction : le cadastre. Il est propriétaire, donc il va y apparaître. Bingo ! L'achat selon le cadastre se fait en 1861. L'ancien propriétaire s'appelle Jean-Pierre Boussagol, cultivateur, habitant Massals. Retour au 3Q, table des acheteurs, en 1860-1861. Et... ? Et bien rien. Nada. Que dalle non plus. Bon ! D'accord ! On va pas s'énerver pour si peu ! J'ai pas fait la période 1854-1860. Si cela se trouve ...

Bingo ! Achat en 1859 de ladite propriété à ... Etienne Tabariès, aubergiste, habitant Belmont-sur-Rance. Ah ! c'est pas le même !  Bon ! C'est pas grave ! On va pas s'énerver pour si peu ! J'ai le nom du notaire... qui n'est pas déposé... Mais j'ai le nom de son successeur actuel. Je prends rendez-vous, j'obtiens les photocopies des actes. Et je comprends enfin où est le défaut du costume.

Jean-Pierre Boussagol a vendu à Etienne Tabariès qui a re-vendu presque de suite, en spéculant, à l'ancêtre de mon client. Dans l'acte de vente qui m'intéresse, l'acheteur devra payer une certaine somme, pour ne pas dire une somme certaine et conséquente, à Jean-Pierre Boussagol, propriétaire antérieur au vendeur. Qui donc, visiblement, n'avait pas fini de payer sa dette quand il revend.

Sauf que pour le cadastre, c'est allé trop vite. Il a pas suivi. Et Etienne Tabariès est passé à l'as. Aux pertes et profits ou à ce que vous voulez d'autre. De Boussagol à l'ancêtre de mon client, direct ! Heureusement, ce sont les actes chez le notaire qui font foi. Et j'ai l'habitude. Imaginez quelqu'un qui débute... Comment s'en dépatouille-t-il ?

Voir aussi : Initiation

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Partage de listes-éclairs

Par Stéphane Cosson le 19 mai 2009 | (1) Commentaires | Permalink

Comme beaucoup, je suppose, je suis en train de préparer le Congrès, notamment en mettant à jour ma liste-éclair. A ce sujet, des clients m'ont envoyé la leur et je m'aperçois qu'il y a sans doute un apprentissage à faire à ce sujet.

Je ne sais pas vous mais personnellement, dans ma liste-éclair, j'essaie d'être le plus possible précis. Je vais donc du général au particulier : département, commune, paroisse, lieu-dit. Ainsi, je peux me repérer géographiquement.

Or, je m'aperçois que certains de mes clients sautent des étapes. Au lieu de le marquer dans cet ordre, ils ne mettent que le lieu-dit, omettant tout le reste. Résultat : je cherche. Résultat aussi pour eux : je fais payer cette recherche. 

Ils peuvent parfois râler. J'essaie alors de leur expliquer que les homonymes dans les lieux cela existe.  Un exemple sur une nom que je connais bien : Cadix, dans le Tarn. Deux paroisses portent ce nom : Sainte Cécile de Cadix, commune du même nom, canton de Valence d'Albigeois et Saint Sernin de Cadix, commune de Cuq-Toulza et chef-lieu du canton du même nom. L'une est dans le nord-est du Tarn, l'autre dans le sud-ouest. Si on ne met que Cadix sans précision, il peut y avoir confusion.

Certes, vous me direz : les gens connaissent leur généalogie et ne font pas la confusion. Sauf que les personnes avec qui ils partagent les informations ne la connaissent pas aussi bien qu'eux et qu'il vaut mieux alors leur donner toutes les indications s'ils veulent, par exemple, pouvoir récupérer un acte.

Cela peut paraître basique à dire, mais quand vous comptez cinq jours de recherche de lieux à un client qui vous a envoyé une liste-éclair sans trop de précision géographique, à 240 € TTC la journée, je vous le garantis, il apprend spontanément ou presque à rechercher les précisions lui-même et ne fais pas deux fois cette erreur. Et j'ai encore trop souvent des listes sans trop de précisions à mon goût. Cela me rapporte mais je préfèrerais passer ce temps là à compléter la recherche, à fouiller les archives plutôt que les dictionnaires de lieux.

D'où à mon avis, un apprentissage nécessaire à faire.

Voir aussi : Initiation

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ll faudrait savoir !...

Par Stéphane Cosson le 15 avril 2009 | (4) Commentaires | Permalink

J'étais en train de travailler sur une généalogie, celle de la famille Auriol de Labessière-Candeil dans le Tarn. Derrrière mon ordinateur. Tranquille. Et je tombe sur le mariage le 3 floréal an 13 de Jean-François-Baptiste Auriol, fils de Jean-Louis-Patient Auriol et de Marie-Anne Giberles, habitant Labessière-Candeil, avec Marguerite Louise Douat, fille de feu Claude Douat et de feue Elisabeth Birbes, née à Albi, ayant quatre ans de plus que son mari. Jusque là, rien que du très normal. Bon, l'épouse est plus âgée, d'accord mais à part cela, rien que du très normal je vous dis.

Je poursuis la lecture de mon acte afin de noter les témoins. Le premier témoin est le père du fiancé. Le deuxième est beaucoup plus intéressant. Je cite :

"En présence de feu Etienne Bouissou, âgé de sinquante quatre ans, oncle du futur, domicilié à Labessière". Pardon ? J'ai relu plusieurs fois. Me serais-je trompé dans ma lecture ? Que nenni. L'officier d'état civil a bel et bien écrit : "en présence de feu Etienne Bouissou."

N'y aurait-il pas comme une erreur ? Surtout que, pour un mort, il a l'air de bien se porter au point qu'il déclare qu'il ne sait point signer. Pour le moment, je n'ai pas d'explication. Si jamais vous en trouvez une qui soit plausible... Vous me faîtes un petit commentaire, merci !

Voir aussi : Initiation

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Chaîne documentaire et généalogie

Par Stéphane Cosson le 19 septembre 2008 | (0) Commentaires | Permalink

Je me suis replongé dans mes cours de documentation, toujours dans le cadre de mon questionnement pour améliorer ma productivité et résoudre mon problème actuel par rapport au travail qui m'incombe. Des journées de 8 h 30 à 23 h, cela ne sera possible qu'un temps. Un petit passage vers / une nouvelle lecture de la chaîne documentaire m'en a fait pleinement prendre conscience. La recherche n'est qu'une étape de la généalogie professionnelle, pas sa finalité.

Mais d'abord, c'est quoi la chaîne documentaire ?

C'est une étape importante des missions d'une bibliothèque ou d'un centre de documentation du moment qu'elle veut construire une politique documentaire d'ensemble. Plusieurs étapes vont permettre de mettre le document à la disposition du lecteur. Ce qui détermine le service de qualité offert au lecteur : rapidité, efficacité, pertinence.

Première étape : Estimation et analyse des besoins. Qui a besoin de quoi ? Dans un centre de documentation ou une bibliothèque, cela va amener à des achats d'ouvrage. Pour les généalogistes que nous sommes, cela va permettre d'établir un devis correct au client ou de lui proposer de nouveaux produits.

Deuxième étape : Recherche et collecte de l'information : Direction les services d'Archives Départementales ! La plupart du temps, c'est souvent la seule chose que nous faisons payer à nos clients. Combien de collègues ai-je entendu me dire que le temps à rédiger les rapports était systématiquement sous-estimé !

Troisième étape : Sélection des documents. Pour moi, il s'agit d'un temps de rédaction. La plupart de mes collègues font des rapports une fois la recherche finie (parfois 18 mois après la commande passée, un temps d'attente que j'estime trop important pour le client). Je préfère personnellement écrire mensuellement à mes clients. Mais dans tous les documents que j'ai pu récolter, quels sont les plus pertinents, ceux qui vont faire que la recherche va se poursuivre, que la deuxième étape va se renouveler quasi-automatiquement ?

Quatrième étape : Traitement des documents. Et là, c'est du travail souterrain, que souvent le client ne voit pas, mais qui est important pour nous. Deux types de traitement : un traitement matériel (où est-ce que je le range ? Comment est-ce que je m'organise matériellement ?) et un traitement intellectuel (comment puis-je le retrouver plus vite ? La liste-éclair par exemple).

Cinquième étape : Diffusion de l'information. Faire connaître les recherches que j'ai déjà faites. Si on me les redemande, ce sera toujours ça de temps gagné. Je peux, non je dois refacturer du travail déjà effectué. Les sociétés commerciales le font bien, pourquoi pas moi ?

Sixième et dernière étape : Feed-back dans le but de repartir à la première étape et d'analyser de nouveaux besoins.

Voir aussi : Initiation

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La sérendipité en généalogie

Par Stéphane Cosson le 17 septembre 2008 | (0) Commentaires | Permalink

Comme je dis, encore un mot qu'on va pouvoir ressortir au Scrabble. La quoi ? La sérendipité. Si je vous donne la définition, je crains que cela ne vous éclaire pas plus. Tant pis,vous l'aurez quand même, et après j'explique.

La sérendipité est une heuristique de recherche d'information qui fait qu'en cherchant une information, on trouve une autre information que l'on ne cherchait pas mais qui s'avère très utile. Quand je vous disais que cela ne vous éclairerait pas plus !

Une sorte de hasard en quelque sorte mais plutôt un hasard "programmé". Imaginez-vous en abeille butinant d'un site Internet à l'autre à partir d'une recherche d'information très précise que vous avez lancé. Vous vous êtes fixé sur une information à trouver absolument. Nada, rien de rien en allant d'un site à l'autre. Vous ne trouvez rien !

Par contre, à un moment, vous allez tomber sur une information que vous ne pensiez pas trouver là, qui peut avoir un rapport lointain avec la précédente recherche mais qui peut vous éclairer d'un jour nouveau une autre recherche et vous la débloquer complètement. Vous faites de la sérendipité ! Ce n'est pas exactement ce que vous cherchiez, ni ce que vous vous attendiez à trouver mais cela va vous rendre service.

Personnellement, c'est une technique que j'applique quand un client me demande une recherche dans les actes notariés. On ne sait jamais. Pour les notaires, je pars sur du systématique, ce que j'explique au client. Tant qu'à y être, autant tout récupérer, y compris ce qui semble inutile au prime abord. Tant que le problème n'est pas résolu, je peux générer de nouvelles hypothèses ainsi et les tester. Par rejets successifs, je vais arriver à la bonne solution.

En outre... Je peux aussi générer des hypothèses considérées non pas comme vraies et que je rejetterais, mais comme probables.

Je peux toujours tomber sur un acte auquel je ne m'attendais pas, qui l'intéresse ou qui peut intéresser un autre de mes clients. Ce n'est jamais du temps perdu !

C'est comme cela que j'ai pu rattacher des personnes isolées à des familles. C'est comme cela aussi que je peux développer mon intuition. C'est aussi une manière de bien connaître les familles d'un secteur géographique. On vous dit un nom, vous répondez de suite sur un secteur. Ou l'inverse. Cela peut impressionner la personne en face de vous qui peut alors vous passer une commande. Parce que, sans le savoir, vous avez résolu son problème.

Comment dire ? C'est en quelque sorte un hasard scientifique. Vous avez fait des observations, vous avez récupéré une masse de données qui font qu'à un moment... quelque chose d'autre s'enclenche.

Voir aussi : Initiation

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L'énigme Magdelaine Jacques

Par Stéphane Cosson le 8 avril 2008 | (1) Commentaires | Permalink

Il y a parfois des énigmes qui sont difficiles à résoudre, même pour les professionnels.  Je pensais en avoir résolu une.

Raté ! Une de mes élèves l'a remise sur le tapis et me l'a compliqué. Histoire que ce soit un bon imbroglio. Je vais volontairement vous donner les noms des communes parce que cela rajoute au problème.

Au départ, j'ai donc une demoiselle Magdelaine Jacques, née de parents inconnus à Albi, qui est déclarée le 26 juillet 1834, âgée d'environ 15 jours. Jusque là tout va bien. Mais cela va vite se compliquer.

Elle est mise en nourrice jusqu'en 1845 chez un couple sur la commune de Saint André, puis à partir de 1845 chez un autre couple qui accepte de la nourrir gratuitement, toujours sur la même commune.

En 1872, sur la commune voisine de Saint André, Curvalle, elle épouse un homme, né de parents inconnus, dont elle aura un fils deux ans plus tard.

Au mariage de ce fils en 1899, sur la commune d'Ambialet, elle est dite décédée en 1885 sur la commune d'Alban.

Direction donc la commune d'Alban pour chercher son acte de décès. Rien en 1885. En fait, elle est décédée en 1888, sur Alban effectivement, sous les noms de Magdelaine Marie. A son décès, ce sont deux voisins qui la déclarent et la disent âgée de 48 ans. Elle en a en fait 54. Mais bon, à six ans près, on va pas chicaner non plus. Même en 1888.

En marge, il est fait mention d'un jugement rectificatif d'état civil datant de 1899 pour lui redonner son nom de Magdelaine Jacques.

Jusque là, cela paraît relativement simple. Cela m'a pris du temps pour tout vérifier mais cela me semblait bon, correct pour mon client.

Première difficulté : 4 jours avant elle est née à Albi une fille de parents inconnus nommée Magdelaine Marie. Je perds ensuite complètement sa trace. Sachant que pour son mari, rien n'a été exact dans aucun acte passé, à part le nom de famille, je suis très méfiant. Magdelaine Jacques ou Magdelaine Marie ? Laquelle est la bonne ? Je n'ai bien sûr pas de contrat de mariage qui puisse m'aider.

Et c'est là qu'intervient mon élève avec son arbre généalogique, qu'elle me montre à la fin d'un de mes cours de généalogie. Elle a un souci concernant sa famille Lapeyre, peut-être aurais-je une idée. Une piste, quelque chose pour l'aider.

En 1860, sur la commune de Cambon, s'est mariée Magdelaine Jacques avec Jean-François Lapeyre. Elle en a eu deux enfants. Et ensuite on perd la trace du couple. Simple n'est-il pas ! Sauf que...

Sauf qu'à la naissance des enfants, la mère ne s'appelle plus Magdelaine Jacques mais ... Julie.  Damned ! S'agit-il du bon couple ? Aurait-elle changée de prénom selon la volonté de son mari ? Est-ce "ma" Magdelaine Jacques ou une autre ? Au mariage en 1860, on lui donne pourtant la date de naissance de "la mienne". Et là encore bien sûr, pas de contrat de mariage. Rien qui puisse aider à déméler les fils, à part peut-être le recensement de 1861. Raté ! Pas de recensement conservé pour l'époque !

Et on n'a jamais entendu parler dans la famille de mon élève de la famille de mon client. L'inverse est tout aussi vrai. Alors si vous avez une idée... Je suis preneur !

Voir aussi : Initiation

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