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La numérotation Beruck

Par Stéphane Cosson le 5 janvier 2012 | (13) Commentaires | Permalink

En faisant des recherches pour mes cours à Nîmes, je suis tombé sur une nouvelle numérotation généalogique. Voici ce qu'en dit sont inventeur, dans le cadre d'un forum :

"La numérotation Beruck se base d’abord et avant tout sur celle inventée par l’ami des généalogistes, Jérôme de Sosa. Le personnage central sur lequel vous bâtirez votre classement se nomme le de cujus et portera le numéro 1. Les ascendants de celui-ci obéiront à la règle qui veut que le père d’un individu soit représenté par un nombre égal au double de celui que porte son enfant, la mère étant représentée par un nombre égal au double de celui que porte son enfant plus un.

  Numérotation

Jusque-là, rien d’innovant. Passons donc au cœur du problème : les descendants des ascendants du de cujus. Pour numéroter un tel individu, il suffit de rajouter l’initiale de son prénom à celui de ses parents qui est le plus proche de la numérotation de Sosa du de cujus. La numérotation se base donc sur la filiation directe : un enfant n’aura comme début de numérotation celle de son père que si celui-ci est descendant de la lignée principale.

 Sexe

Les hommes sont représentés par une lettre majuscule, les femmes par une minuscule. Si le prénom est inconnu, l’initiale sera remplacée par le symbole mâle/femelle, suivant le cas.

 Alliés

Pour numéroter un allié (un compagnon/une compagne), qui n’est donc pas un descendant d’un ascendant du de cujus (sauf exception : voir IMPLEXES), il aura la numérotation de sa moitié suivit du symbole « & » et de son initiale. Les enfants issus d’une relation entre un allié et un individu extérieur à la famille auront la numérotation de l’allié suivit de leur initiale. L’individu non allié aura la numérotation de l’allié suivit du symbole « & » et de son initiale.

Initiales

Le problème qui se pose est le cas fort courant de plusieurs membres du même sexe d’une fratrie (recomposée ou non) ayant les mêmes initiales. Il est alors donné arbitrairement à l’un des enfants problématiques le suffixe « 2 ». Il est évident que si nous avons X individus de même sexe aux mêmes initiales, nous rajouterons les nombres correspondants derrière l’initiale de chacun. Le « 1 » n’étant pas attribué, il y aura donc un de ces enfants qui ne comptera que son initiale.

De même, si un individu a eu plusieurs conjoints et que ceux-ci ont les mêmes initiales, la règle du suffixe chiffré sera d’application.

 Parrains/marraines

Pour ce qui est des membres extérieurs à la famille, ils porteront la numérotation de leur filleul le plus âgé suivit d’un astérisque « * » et de leur initiale. Si un membre de la famille en parraine un autre, il ne sera pas représenté par cette numérotation.

Implexes

Comme les individus issus de ce genre de situation peuvent avoir plusieurs numérotations, il faut donc respecter une priorité dans celles-ci. Il convient de prendre celle débutant avec le Sosa le plus petit. Si les différentes numérotations comportent le même , la lignée la plus directe (le moins de « & ») primera. S’il n’est toujours pas possible de les départager, la numérotation la plus courte sera de mise. Enfin, dans le cas d’individus issus de cousins germains dont les deux numérotations possibles sont les mêmes hormis la dernière lettre, celle du père l’emportera.

Généalogie d’un allié

Pour remonter la généalogie d’un allié, ses ascendants seront soumis à une numérotation de Sosa. Ils se verront donc attribuer la numérotation de l’allié (devenu de cujus secondaire) suivie d’un tiret « - » et du numéro Sosa correspondant. Toutes les règles citées jusqu’ici s’appliqueront, en n’oubliant pas que tout individu issu de la branche principale reste prioritaire. Remarque : Il existe un cas particulier où deux frères/cousins s’unissent à deux sœurs/cousines et où aucune des priorités de numérotation précitées ne permet de déterminer de de cujus secondaire. Il sera donc laissé au soin du généalogiste de le choisir sur base d’autres critères ou arbitrairement.

 Priorité de classement

Il est fortement conseillé d’écrire chaque individu sur une fiche individuelle afin d permettre l’insertion de nouveaux individus dans le futur. Ainsi, pour avoir une facilité de lecture de vos données, il faut donner une priorité entre les différents types de caractères afin de classer efficacement ses fiches. Je préconise celle-ci : nombre > lettre > mâle/femelle > & > - > *"

 Le seul inconvénient de cette numérotation est celui inhérent à la numérotation de Sosa : elle doit être entièrement revue si l’on change de de cujus. Vous l'avez compris, il s'agit d'une numérotation globale, dont on se sert principalement au début, avant d'utiliser un logiciel, quand on veut assimiler les différents liens de parenté et avoir une vue d'ensemble de la généalogie que l'on commence. Pour moi, c'est véritablement une numérotation de compréhension de "la généalogie, comment ça marche ?".

J'avoue que je ne la connaissais pas avant de tomber par hasard sur le forum où Christophe Beruck l'expliquait. Mes étudiants étant pour la plupart des débutants, elle m'a semblé intéressante à leur faire connaître en parallèle de  Sosa-Stradonitz et d'Aboville. Je ne sais pas par contre  si cette numérotation aura le même succès international que les deux autres.

Et vous qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Initiation

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Le prénom de Mademoiselle PUECH

Par Stéphane Cosson le 9 novembre 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Je faisais des recherches sur Valence d'Albigeois quand, tout à coup, je suis tombé sur cet acte :

Le 3 septembre 1702 a été baptisée Catherine Puech, fille légitime de Jean Puech et de Marie Courbière, née la veille, à qui on a imposé le prénom Christine. Son parrain Jean Puech, oncle, marraine Christine Puech sa grand-mère.

Ah ! Relisons, on ne sait jamais. C'est la fin de la journée, deux ordinateurs se sont déjà éteints sans que je le leur demande alors que je travaillais dessus, avec impossibilité de les rallumer, l'imprimante m'a imprimé mais sans me sortir de document,  pourquoi pas un acte farfelu en plus ? Cela ne me choquerait plus.

A été baptisée Catherine Puech à qui on a imposé le prénom Christine, je ne me suis pas trompé. C'est bien ce qui est écrit sur l'acte. Restons zen : allons voir sur l'autre registre paroissial comment elle se prénomme cette demoiselle nouvellement née. Au double du greffe, l'acte est normal, elle se prénomme Christine. Tout va bien !

Que s'est-il donc passé ? Nous sommes au début du mois de septembre, notre curé aurait-il déjà abusé du vin de messe nouveau ? Et surtout, je mets quel prénom ? Dois-je tenir compte du prénom Catherine ou pas ?

J'ai décidé, parce que dans ces cas-là il faut bien prendre une décision, de lui laisser ce prénom de Catherine et de la noter comme Christine Catherine Puech. Je ne sais si c'est la bonne décision mais au moins, il me semble que les deux actes sont respectés.

Voir aussi : Initiation

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Comment reproduit-on la généalogie ?

Par Stéphane Cosson le 23 octobre 2011 | (0) Commentaires | Permalink

J'avais déjà commencé à rédiger sur ce thème dans ma réponse à René Borg. Mais le fait qu'à partir de janvier, je vais donner des cours de généalogie à l'Université de Nîmes dans le cadre de leur diplôme, m'incite à poursuivre plus loin ma réflexion, toujours en m'appuyant sur l'ouvrage de Dominique Foray portant sur l'économie de la connaissance.

Transmettre le savoir peut se faire selon trois possibilités :

  • La démonstration : elle s'utilise dans le cadre de la relation maître à apprenti. La transmission se fait par le geste et la parole.
  • La codification ou le passage au support papier. Cela implique un langage adapté, une modélisation du savoir tacite que l'on veut transmettre.
  • L'enregistrement audiovisuel de la connaissance en action. Elle peut alors être analysée, scrutée. Cela permet la mémorisation et l'analyse des connaissances mobilisées au cours de ces actions. Restons dans l'actualité : c'est ce que font nos joueurs de rugby quand ils regardent les matches de leurs adversaires ou qu'ils revoient les leurs pour comprendre où sont leurs failles.

Dans tous les cas, nous sommes dans une connaissance tacite, du moins au départ. Cette connaissance est entre les mains de celui qui la possède. Sa transmission et sa valorisation dépendent de son bon vouloir. Cela exige  son implication volontaire, délibérée. Mais il y a des risques de désinvention qui sont grands. La désinvention c'est l'oubli au cours du temps de la façon dont une technique doit être mise en oeuvre. Vous avez déjà entendu l'expression : c'est comme le vélo, cela ne s'oublie pas. Désolé de vous le dire ! Le vélo, si on n'en fait pas, cela s'oublie.

La codification mutile nos connaissances. Ce qui est écrit est juste un programme d'apprentissage, pas ce que la personne connaît en totalité. Dans certains cas, ce programme est complet. Dans d'autres il est très insuffisant, voire complètement et totalement inutile, et seuls l'entraînement, l'exercice, la simulation permettent d'apprendre correctement.

Mais la codification permet aussi la création de nouveaux savoirs, impensables quand  la connaissance n'appartient qu'à une seule et unique personne. Son inscription rend possible le fait d'examiner autrement, de réarranger, d'isoler des éléments, de combiner, de classer. On trie, on traite l'information différemment. De nouveaux objets apparaissent : liste, tableau, formule, réseau arborescent et j'en passe.

Revenons à la généalogie. Depuis les années 1990, fleurissent des ouvrages aux noms évocateurs : La généalogie facile, ABC de la généalogie, ABCdaire de la généalogie, La généalogie mode d'emploi, s'initier à la généalogie sur Internet, Comment résoudre les blocages en généalogie, Réussir sa généalogie.... Je dois en oublier. Mais là, nous sommes bien en plein dans la codification. Et vraisemblablement, parce qu'ils se doivent d'être pédagogiques et non des ouvrages savants, universitaires, parce qu'ils s'adressent à un public de novices au départ, le savoir de leurs auteurs est forcément mais volontairement mutilé.

De même, nous sommes dans la codification quand vous lisez les deux plus anciennes revues de généalogie : RFG et Gé-Mag. Ou la plus récente : Votre Généalogie. La différence ? La taille du savoir transmis à chaque fois.

Les cours de Nîmes, ceux donnés auparavant dans le cadre de cercles ou par les Archives Départementales sont dans la démonstration. Nous sommes dans le face à face.

La mise en ligne des arbres sur des sites comme Généanet ? Généawiki ? Les blogs ? Codification.

Les émissions de radio, de télé ?  Si nous ne sommes pas dans l'enregistrement audiovisuel, dans quoi sommes-nous ? Mais on pourrait tout aussi bien imaginer un généalogiste qui filme ses recherches en permanence et les diffuse sur Youtube. Même combat !

Et tout cela a permis la création de nouveaux savoirs : les logiciels de généalogie par exemple. Impensables si au préalable on n'a rien mis sur le papier. Ce sont aussi les études des sociologues, historiens et anthropologues sur les pratiques des généalogistes. Ou l'enquête des 3000 familles du professeur Dupâquier il y a quelques années déjà.

Quand je vous disais que nous sommes en train de révolutionner la généalogie !

Voir aussi : Initiation

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Nom et hiérarchie sociale

Par Stéphane Cosson le 28 juillet 2011 | (2) Commentaires | Permalink

J'étais hier aux Archives de l'Aude à faire des recherches sur une famille de Rieux-Minervois : la famille Cathala. J'avais dépouillé les registres paroissiaux et je recherchais des contrats. Le prêtre, quelle que soit la date, avait toujours attribué le nom de Cathala à cette famille. Les notaires des XVIe et XVIIe m'ont donné une autre version.

En effet, le nom n'était pas le même en fonction du métier, et de la position dans la hiérarchie sociale. Vincent Cathala, docteur en médecine, décède sous ce nom à Rieux. Son fils, Marc-Antoine, marchand apothicaire, se marie chez le notaire de Peyriac-Minervois sous le nom de Cathelan.

Le cousin de Vincent, maître bâtier, reste Cathala. BMS et registres notariés sont d'accord sur ce point. Barthélémy Cathala, natif de Labastide-Rouairoux, étranger donc, reste aussi Cathala. Comme tous ceux qui, comme lui, ne sont pas du secteur (j'ai un nid de Cathala de Labastide-Rouairoux qui a fait colonie à Rieux-Minervois).

Jean, maréchal-ferrand en 1595, est noté Cathala dans les BMS, voire Cathela, Cathelan dans le répertoire du notaire, Cathelan ou Cathala dans le corps de l'acte notarié. Certains de ses cousins, exerçant la même profession, mais aînés par rapport à lui,  resteront Cathelan chez le notaire quel que soit l'endroit où ils sont mentionnés.

C'est la première fois que j'ai rencontré ce cas. Cela m'a fait bizarre pour les recherches mais à chaque fois que je trouvais un acte concernant cette famille, en fonction de la position hiérarchique, je trouvais Cathala ou Cathelan. Sachant que j'ai trouvé aussi une famille de petite noblesse portant le nom de Cathelan. Et là deux hypothèses :

Ce sont tous des Cathelan et au fur et à mesure qu'ils ont baissé dans la hiérarchie sociale, le nom s'est modifié en Cathala.

Ce sont tous des Cathala et les plus riches ont été agrégés à la famille noble par le notaire, histoire de les flatter.

Qu'en pensez-vous ?

 

Voir aussi : Initiation

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Retour aux sources

Par Stéphane Cosson le 16 juillet 2011 | (6) Commentaires | Permalink

Je suis allé présenter à un client les recherches généalogiques faites pour lui. Nous avons profité qu'il vienne en vacances dans sa maison de campagne pour cela.

Je me déplace donc avec l'ordinateur portable et commence à lui présenter les résultats obtenus. A un moment, je lui dis que le plus lointain ancêtre que je lui ai trouvé habitait la même commune que celle où il a sa maison de campagne (maison achetée par lui, pas du tout une maison de famille). J'en profite pour lui dire que, par ce plus lointain ancêtre, nous cousinons puisque la femme de cet ancêtre est de la même famille que ma mère.

Et nous nous quittons sur cette révélation. Mais cela le titille et quelques jours plus tard, alors que j'étais aux Archives, il me laisse un message sur le répondeur : même commune certes, mais quel lieu-dit de cette commune ? Si je pouvais le lui dire avant qu'il ne reparte à son domicile, il en serait ravi.

Je reprends mes notes et... Son ancêtre le plus lointain habitait le lieu-dit où il a acheté sa maison ! Il s'agit d'une commune à l'habitat dispersé, cela aurait pu être n'importe quel lieu-dit. Il aurait pu faire son achat n'importe où dans le Tarn. Et bien non ! Il a acheté là où ses ancêtres ont vécu ! Sans le savoir !

Il y a des moments où je me demande si nous ne sommes pas guidés dans nos choix par quelque chose de supérieur à nous ? Pourquoi là précisément ? Je trouve cela assez extraordinaire et inexpliquable personnellement.

Voir aussi : Initiation

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On s'est aimé dans les maïs, t'en souviens-tu mon Azaïs ?

Par Stéphane Cosson le 11 juillet 2011 | (0) Commentaires | Permalink

Petit clin d'oeil dans mon titre à une très courte chanson d'Hubert-Félix Thiéfaine. Mais quand j'ai lu le contrat de mariage de Pierre Azaïs et d'Esther Benazech, fille de David et de Jeanne Vaute, passé chez Me Pomier, notaire d'Espérausses (Tarn), le 8 septembre 1726 cela a tout de suite fait tilt.

Me Pomier était à la fin de sa vie vraisemblablement Parkinsonien, une écriture hachurée, minuscule, avec une plume aussi coincée dans sa main qu'un roll-mops dans une cuve à mazout (pour rester dans une expression très "Thiéfainesque"). Il a eu la bonne idée de s'en apercevoir et de faire rédiger les différents actes par ses clercs, se contentant de signer ceux-ci (à part quelques uns, difficilement déchiffrables). Tant mieux !

Pourquoi cela a-t-il fait tilt ? Il écrit ceci à propos de Pierre Azaïs (orthographe de l'époque en moins) : natif du masage des Landes terre de Berlats, à présent habitant au château de Berlats, âgé d'environ 26 ans, fils de Marie Mons, de la ville de Nîmes, qui fut s'accoucher audit masage des Landes chez Pierre Combes où elle déclara que le fils d'où elle sort de s'accoucher était des oeuvres d'un nommé Azaïs ainsi qu'il a été rapporté au susdit fiancé depuis qu'il est en âge de connaissance.

Et là, je me suis dit : deux solutions. Ou Marie Mons allait rejoindre le sieur Azaïs pour qu'il reconnaisse son enfant, voire même l'épouse, et elle a accouché avant d'arriver chez lui. Ou le sieur Azaïs est un prête-nom et elle n'a pas accouché pour rien chez Pierre Combes (père réel ?).

J'ai regardé sur Berlats si je trouvais sa naissance entre 1696 et 1706. Ou le décès de sa mère. Sait-on jamais, l'un comme l'autre aurait pu m'apporter de nouvelles informations. Nada ! Rien ! Ni l'un ni l'autre. Il y a bien quelques Azaïs qui se marient, mais ce sont des filles dont le père se prénomme David, déjà décédé en 1696.  Le mystère reste donc entier. Mais j'ai trouvé intéressant la manière dont cela était présenté chez le notaire, au moment du contrat.

Voir aussi : Initiation

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Contrat, mariage, quittances dotales : dans cet ordre... ou pas !

Par Stéphane Cosson le 30 juin 2011 | (0) Commentaires | Permalink

Normalement, quand on recherche un acte de mariage et que l'on veut avoir quelque chose le plus complet possible, on cherche dans l'ordre suivant  : le contrat de mariage, le mariage, les quittances dotales. C'est l'ordre logique.

Sauf que certains couples, l'ordre logique, c'est vraiment pas leur truc. Prenons l'exemple de Jean de Berbigier et Marguerite de Laprune. Ils passent leur contrat de mariage le 1er juin 1557 chez Me Jean Poussard, notaire de Cordes. La lecture du contrat (en occitan) est intéressante.

Jean de Berbigier donne à sa femme tous et chacun de ses biens conformément à leur mariage du 5 février 1555. Ah, ils sont mariés depuis plus de 2 ans. Parle-t-on encore de fiancés ? Pourtant dans l'acte, oui.

Paul de Laprune, frère de la "fiancée" lui donne 3000 livres de dot et 300 livres de rentes. Sur les 3000 livres, Jean de Berbigier reconnaît que son "futur" beau-frère lui en a déjà versé 2139 entre le 5 avril 1556 et le 23 mai 1557.  Sept quittances dotales en tout, passées avant le contrat. Heureusement, nous avons les dates et les sommes de chacune. Ils sont mignons, ils ont pensé à nous. Bon d'accord, ils ont oublié les noms des notaires, il n'y a que huit études à l'époque à Cordes. Mais, faut pas exagérer non plus ! Ils ne vont pas nous mâcher tout le travail quand même !

Le jour du mariage, le "fiancé" reçoit paiement de la fin de la dot, soit 861 livres en 300 écus d'or de 5 sols chacun. Pour l'époque, une très belle dot.

Là, c'était un exemple à peu près simple, relativement court dans le temps. Mais j'ai trouvé un autre couple marié en 1621 et dont le contrat a été passé en ... 1647 ! Contrat dans lequel on prévoyait la robe de mariée et ce que le père allait donner au festin nuptial ! Un peu tard peut-être. A mon avis, les deux étaient consommés : le mariage comme le festin. Mais bon, chipotons pas non plus. Ils pouvaient refaire la fête après tout. Cela existe bien maintenant, pourquoi pas à l'époque ?

Ce qui peut être intéressant alors, mais beaucoup plus compliqué à trouver, c'est de chercher un éventuel sous-seing privé. Ce qui pourrait expliquer le désordre. Quand cela arrive après 1693, c'est simple ou presque : on peut consulter le 2 C (contrôle des actes). Avant, cela relève plus du hasard et de la chance. Mais sait-on jamais ?

Voir aussi : Initiation

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Les parents de Louis Vernhes

Par Stéphane Cosson le 10 mai 2011 | (2) Commentaires | Permalink

J'ai, en 1735, le mariage de Louis Vernhes et Marie Aubeleau, non filiatif. Pas de contrat de mariage. Un nom de famille des plus répandus. Un couple de métayers, donc une famille qui bouge. Comment trouver les parents de Louis Vernhes ? Seule solution : faire avec les éléments que j'ai. Et extrapoler de manière raisonnable en restant au conditionnel. Voici comment j'ai procédé :

Louis Vernhes et Marie Aubeleau ont eu au moins 13 enfants entre 1736 et 1759, dans plusieurs communes différentes, limitrophes certes mais quand même. Ceux dont nous avons les actes de naissance sont :

*Antoine, né en 1736, dont le parrain est Antoine Vernhes (parenté non précisée)

*Germain, né en 1738, dont le parrain est Germain Gavalda et la marraine Jeanne Vernhes (parenté non précisée pour les deux)

*Louis, né en 1740, dont le parrain est Etienne Vernhes (parenté non précisée)

*François, né en 1747, dont le parrain est son frère Antoine

*Pierre, né en 1749, dont le parrain est Pierre Puel et la marraine Jeanne Puel (parenté non précisée pour les deux)

*Jeanne Marie, née en 1750, dont le parrain est son frère Antoine et la marraine Marguerite Puel (parenté non précisée pour la marraine)

*Jean Pierre, né en 1752, dont les parrains et marraines ne sont a priori pas apparentés

*Catherine, née en 1755, dont le parrain est son oncle Louis Vernhes, et la marraine Catherine Puel, qualifiée de parente

*Louis, né en 1759, dont le parrain est son frère Louis Vernhes

Il y a par ailleurs plusieurs enfants dont je n'ai pas les actes de naissance :

*Louis, mentionné comme parrain

*Etienne, décédé en 1747

*Marie-Anne, décédée en 1747

*Jean Louis, marié en 1784

On sait donc que Catherine Puel, marraine de Catherine, est parente. On peut supposer que Pierre, Jeanne et Marguerite Puel le sont aussi, soit de Louis Vernhes, soit de Marie Aubeleau.

 Marie Aubeleau, lors de son mariage, est dite native de la paroisse de Saint Amans du Ram, consulat de Vezins de Lévézou en Rouergue. On a peu de parrains de son côté, exceptés ses 2 sœurs (Jeanne et Marguerite), et peut être Germain Gavalda, puisqu’il y a un couple Aubeleau-Gavalda à Vezins de Lévézou. Il serait ainsi plus logique de penser que les Puel sont apparentés à Louis Vernhes.

Aurions-nous un mariage Vernhes / Puel ? Heureusement, oui, filiatif qui plus est ! Antoine Vernhes et Marie Puel, métayers, se marient en 1712 à Lédas et Penthiès. Cette Marie Puel est dite fille d’Etienne. Peut-être sont-ils les parents de notre Louis ? Avons-nous d'autres indices ?

Nous savons qu’un Etienne Vernhes est parrain d’un enfant de Louis Vernhes. Par ailleurs, nous avons trouvé à La Capelle Pinet, commune limitrophe de Lédas et Penthiès, un Etienne Vernhes, métayer, fils d’un Antoine et frère d’un autre Antoine (Ils sont parrains des enfants de cet Etienne). Comme les deux Etienne Vernhes sont contemporains, il peut s’agir du même. Donc on peut supposer que cet Etienne Vernhes, serait fils d’Antoine Vernhes et Marie Puel. Il pourrait alors tenir son prénom de son grand père maternel, Etienne Puel, son parrain sans doute.

 Antoine Vernhes et Marie Puel ont eu plusieurs autres enfants, parmi lesquels un Antoine, né en 1722, qui pourrait être le frère mentionné de cet Etienne Vernhes, et une fille Jeanne, mariée en 1734 à Noël Decuq, qui pourrait être la marraine du deuxième enfant de Louis Vernhes et Marie Aubeleau.

 Antoine Vernhes, époux de Marie Puel, a un frère prénommé Louis. Si Louis Vernhes, époux de Marie Aubeleau, est leur fils, ce frère pourrait avoir été son parrain, et lui avoir donné son prénom.

 Marie Puel est décédée en 1735, ce qui explique qu’elle n’apparaisse pas comme marraine des enfants de Louis et Marie Aubeleau. En revanche, Antoine pourrait être le parrain du premier né de Louis, comme c’est l’usage.

 En 1750, Antoine Vernhes, veuf de Marie Puel et de Marie Trouche, épouse Marie Anne Deilhes. A ce moment, il habite le même lieudit que le couple Louis Vernhes-Marie Aubeleau : Le Soulier, à Moularès, commune également proche de Lédas et Penthiès et La Capelle Pinet. Ce lieudit étant assez petit, et les deux étant métayers, il est possible qu’ils vivent ensemble, ce qui confirmerait encore leur parenté.

Enfin, dans les parrains et marraines des enfants de Noël Decuq et Jeanne Vernhes, nous trouvons un Louis Vernhes, oncle, donc frère de Jeanne.

 Au vu de tous ces éléments, il y a de fortes probabilités pour que Louis Vernhes soit le fils d’Antoine Vernhes et de Marie Puel, et qu’il ait eu pour frères et sœurs : Etienne, Antoine, Jeanne et Louis. Rien ne permet de l'affirmer à 100%. Mais il me semble que cela fleure bon quand même.

Voir aussi : Initiation

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Battue de CM

Par Stéphane Cosson le 4 mai 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Etre bloqué par un mariage non-filiatif en 1765. C'est trop bête. Trop tôt aussi. Bref inacceptable. C'est vrai quoi, cela aurait été une siècle plus tôt, d'accord. Mais là, à la veille de la Révolution....

Bon ben, il n'y a plus qu'à faire une battue de contrats de mariage. Ils sont presque tous relevés dans le Tarn, alors autant en profiter.

Tout d'abord tirage de tous les contrats des mâles sur le canton qui m'intéresse : 5 pages de contrats quand même. Je savais qu'ils étaient nombreux... Mais là, à ce point... Bon ben, quand faut y aller, faut y aller. Heureusement que je n'ai pas pris en plus les contrats des filles. On verra plus tard pour elles.

J'ai droit à 10 documents par demie-journée, trois documents par levée. C'est le moment de m'organiser et de ne pas en rater une. Le mieux ? Demander un nouveau document au fur et à mesure que je les rends. Pour être sûr d'être toujours approvisionné et que cela roule bien.

Pas le moment de prendre les dots. J'aime bien les prendre d'habitude mais là, pas le temps. Je me contenterais des noms des mariés, de leurs parents et de ceux que j'appelle les assistants au mariage (ceux qui donnent leur avis, conseil et consentement au début des CM). Cela devrait suffire pour me permettre de remonter les généalogies et voir les parentés.

On se partage le travail avec ma collaboratrice et ... Taïaut ! C'est parti !!

100 contrats et un peu plus de deux jours de recherches plus tard :  le XVIIe est entièrement fait, la première moitié du XVIIIe aussi. J'ai trouvé le CM de mon mariage non-filiatif  : le nom du marié avait été mal lu, d'où mal orthographié et du coup introuvable. Cela arrive, personne n'est parfait en paléo. Un peu de pifomètre, un zeste d'intuition, une vérification sur registre et ... BINGO !

Et grâce à cela, j'ai ma filiation jusqu'en 1657. Reste plus qu'à repartir sur les registres paroissiaux pour récupérer le reste de la famille. Et les dates. 

J'ai les yeux qui tournent tous seuls et refusent de lire de l'écriture actuelle. De l'écriture de l'époque aussi d'ailleurs. J'en ris de fatigue, c'est dire. Crevant mais rentable. C'est l'essentiel.

Voir aussi : Initiation

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Roman généalogique

Par Stéphane Cosson le 19 avril 2011 | (2) Commentaires | Permalink

 Une dame, d'origine américaine, vivant aux Pays-Bas, me demande de vérifier si la tradition familiale existant depuis le début du XVIIIe siècle est véridique ou pas. En navigant dans l’arbre que la dame m’a donné :

Nous avons Jean Fouché, d'origine française, peut-être né à Rennes, qui part en Virginie en 1700. Il serait né en 1670, fils d’André  Fouché et de Marie de Foix. Marié deux fois en Virginie, semble-t-il mort à 103 ans. Jusque là tout va bien.

 Et là, accrochez-vous aux branches. J’attaque la falaise. Youkaïdi, Youkaïda, c’est nous les joyeux généalogistes !!! Je le prends sous le ton de la plaisanterie, vous allez voir pourquoi. N'y voyez rien contre la dame, ni contre son arbre. Nous sommes au XVIIIe siècle, ne l'oubliez pas.

 Marie de Foix,  mère de Jean Fouché, serait née à Foix et serait la fille de Jean-Gaston de Foix et d’Agnès Vonhapsburg. Ils seraient décédés tous les deux en Irlande et auraient eu deux autres enfants, deux fils prénommés Alexandre-Gaston et Jean-Gaston, nés respectivement à Roxboroughshire et Melrose, dont le premier serait décédé en Irlande. Tout est possible, pourquoi pas ? Un membre de la famille de Foix, cadet, aventurier, qui aurait voyagé. Cela arrive. Tous sont-ils vraiment connus ?

 Sauf que… Roulement de tambour !!!!

 Jean-Gaston de Foix serait le fils de Henri de Bourbon-Condé (ah ! On change de famille !) et d’une Marie de Médicis (sœur ou cousine de l’autre, née deux ans jour pour jour avant elle), décédée à Cologne.

Quant à Agnès Vonhapsburg, elle serait la sœur (jumelle. Et huguenote, soyons fou !) … d’Anne d’Autriche. Vonhapsburg, ce serait Habsbourg en fait. Et elle serait décédée en Irlande elle aussi.

 Eh là, je me dis : houlà, houlà, houlà, on se calme, va falloir faire du tri ! Quand je vous disais qu’il va y avoir du sport ! La démarche de la dame est louable : Qu'est-ce qui est vrai dans tout cela ? Où trouver les preuves, les actes ? Quelle est son ascendance véritable ?

Je crains que malheureusement, il y ait peu de vrai et que son ancêtre ait tout inventé (à part peut-être les prénoms de ses parents et les lieux éventuellement). Vu de loin, cela ressemble peu ou prou à la famille royale de France de l'époque : Jean-Gaston de Foix à la place de Gaston d'Orléans. Marie de Médicis. Henri de Bourbon, c'est-à-dire Henri IV. Le grand Condé. Anne d'Autriche. On mélange le tout avec un peu de réel et on se fabrique des aïeux, une histoire. Qui, en Amérique, pouvait le vérifier ? A l'époque, au XVIIIe siècle  ? Pas grand monde, je le crains. Jean Fouché était par contre sans doute un débrouillard intelligent. Et cela a pu lui permettre d'entrer dans des familles riches (c'est le cas avec son premier mariage), hors d'atteinte sinon. Même là bas.

Maintenant, il va falloir faire preuve de pédagogie. Tout expliquer à la dame. Détruire, hélas, ce qu'elle m'a appelé une bible familiale pour y mettre à la place uniquement de la vérité. Et là il va falloir y aller avec des pincettes. Est-elle prête à tout entendre ? Pour le moment, je ne le sais pas.

Voir aussi : Initiation

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