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L'énigme Magdelaine Jacques

Par Stéphane Cosson le 8 avril 2008 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Il y a parfois des énigmes qui sont difficiles à résoudre, même pour les professionnels.  Je pensais en avoir résolu une.

Raté ! Une de mes élèves l'a remise sur le tapis et me l'a compliqué. Histoire que ce soit un bon imbroglio. Je vais volontairement vous donner les noms des communes parce que cela rajoute au problème.

Au départ, j'ai donc une demoiselle Magdelaine Jacques, née de parents inconnus à Albi, qui est déclarée le 26 juillet 1834, âgée d'environ 15 jours. Jusque là tout va bien. Mais cela va vite se compliquer.

Elle est mise en nourrice jusqu'en 1845 chez un couple sur la commune de Saint André, puis à partir de 1845 chez un autre couple qui accepte de la nourrir gratuitement, toujours sur la même commune.

En 1872, sur la commune voisine de Saint André, Curvalle, elle épouse un homme, né de parents inconnus, dont elle aura un fils deux ans plus tard.

Au mariage de ce fils en 1899, sur la commune d'Ambialet, elle est dite décédée en 1885 sur la commune d'Alban.

Direction donc la commune d'Alban pour chercher son acte de décès. Rien en 1885. En fait, elle est décédée en 1888, sur Alban effectivement, sous les noms de Magdelaine Marie. A son décès, ce sont deux voisins qui la déclarent et la disent âgée de 48 ans. Elle en a en fait 54. Mais bon, à six ans près, on va pas chicaner non plus. Même en 1888.

En marge, il est fait mention d'un jugement rectificatif d'état civil datant de 1899 pour lui redonner son nom de Magdelaine Jacques.

Jusque là, cela paraît relativement simple. Cela m'a pris du temps pour tout vérifier mais cela me semblait bon, correct pour mon client.

Première difficulté : 4 jours avant elle est née à Albi une fille de parents inconnus nommée Magdelaine Marie. Je perds ensuite complètement sa trace. Sachant que pour son mari, rien n'a été exact dans aucun acte passé, à part le nom de famille, je suis très méfiant. Magdelaine Jacques ou Magdelaine Marie ? Laquelle est la bonne ? Je n'ai bien sûr pas de contrat de mariage qui puisse m'aider.

Et c'est là qu'intervient mon élève avec son arbre généalogique, qu'elle me montre à la fin d'un de mes cours de généalogie. Elle a un souci concernant sa famille Lapeyre, peut-être aurais-je une idée. Une piste, quelque chose pour l'aider.

En 1860, sur la commune de Cambon, s'est mariée Magdelaine Jacques avec Jean-François Lapeyre. Elle en a eu deux enfants. Et ensuite on perd la trace du couple. Simple n'est-il pas ! Sauf que...

Sauf qu'à la naissance des enfants, la mère ne s'appelle plus Magdelaine Jacques mais ... Julie.  Damned ! S'agit-il du bon couple ? Aurait-elle changée de prénom selon la volonté de son mari ? Est-ce "ma" Magdelaine Jacques ou une autre ? Au mariage en 1860, on lui donne pourtant la date de naissance de "la mienne". Et là encore bien sûr, pas de contrat de mariage. Rien qui puisse aider à déméler les fils, à part peut-être le recensement de 1861. Raté ! Pas de recensement conservé pour l'époque !

Et on n'a jamais entendu parler dans la famille de mon élève de la famille de mon client. L'inverse est tout aussi vrai. Alors si vous avez une idée... Je suis preneur !

Voir aussi : Initiation

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Pierre Dupont et le tricotage

Par Stéphane Cosson le 19 février 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Ce qui est le plus intéressant, et le plus agaçant parfois, c'est de devoir entièrement reconstituer une généalogie.

J'ai le cas actuellement sur plusieurs communes de l'Ariège, dans le Volvestre. Sur toute la période des registres paroissiaux, je me retrouve avec des mariages non-filiatifs. Et je recherche la filiation de Pierre Dupont, nom banal s'il en est, même en Ariège.

AAAhhh !!! Damned !

Le problème, c'est que sur les communes sur lesquelles je fais les recherches, communes imbriquées les unes dans les autres du point de vue religieux avec des annexes partout en plus, ils s'appellent quasiment tous Pierre Dupont. Et quand ce n'est pas Pierre, c'est Jean. Super ! Cela va me plaîre, si, si !

Bon, pas de panique. Tout relever systématiquement. Prendre tous les Dupont, commune par commune. Cela prend du temps mais c'est le seul moyen de s'en sortir. Tout noter : les témoins, les parrains et marraines. Tout ! Je ferais du tri à la maison, à tête reposée.

Tout re-écrire à la main chronologiquement, tranquillement, pour bien s'en imprégner. Et puis ...Papier (plusieurs feuilles), crayon, gomme. On va travailler à l'ancienne mais parfois c'est nécessaire. Les manches sont retroussées : je peux tirer tous les fils les uns après les autres. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers. L'arbre va se mettre en place.

Bon alors, qui s'est ce Pierre Dupont qui se marie en 1782 ? Je le rattache à quel couple de parents ? J'en ai un là, tout seul, né en 1741. Et si c'était lui ? 41 ans, c'est un peu vieux pour un mariage mais bon, je pose l'hypothèse, c'est lui. On verra bien avec les naissances de ses enfants. Ah ! Tout compte fait, c'était le bon !

Je les ai tous ? OK ! Et maintenant celui qui m'intéresse, il est où ? Je peux poser maintenant mes hypothèses vraisemblables, éliminer tous les Pierre Dupont qui ont trouver des parents et voir qui il me reste côté parents avec un Pierre pas marié. Tout compte fait, je n'ai qu'un couple avec un fils prénommé Pierre non encore marié. Le fils est né en 1732, celui dont je cherche l'ascendance se marie en 1765. Cela pourrait quand même bien coller dans les dates. De même, son père putatif, prénommé Pierre, pourrait être ce Pierre, fils d'Antoine Dupont né en 1701 et pour lequel je n'ai rien non plus.

Reste plus qu'à vérifier mes hypothèses par le biais des minutes des notaires. Mais je pense que j'ai bien avancé. Cela m'a pris deux jours de relevés, une demi-journée à essayer de reconstituer le puzzle. Il n'empêche : J'ai une ascendance plausible pour une commune. Plus que trois à faire !   

Voir aussi : Initiation

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Normalisation

Par Stéphane Cosson le 3 février 2008 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Ce doit être un défaut dû à ma formation de documentaliste. Ou peut-être tout simplement la volonté de me faciliter la vie. Allez savoir !

Bref, j'étais en train de saisir une liste-éclair d'une personne et je n'ai cessé de râler sur deux colonnes de saisie : département et lieux.

Cela me paraissait pourtant facile : "Département" pour le numéro de département et "lieux" pour indiquer le nom de la commune. Eh bien pas du tout. Ou alors c'est moi qui veut être trop logique. Mais dans la colonne "Département", je trouvais le nom de la commune, le numéro du département ou les deux ou rien, dans la colonne "Lieux" un lieu-dit, une commune ou l'inverse. Parfois, je n'avais que ce nom de lieu-dit, sans commune ni département. Lieu-dit à rechercher, parfois introuvable, donc perte de temps, d'énergie. Vous voyez Prunelle râler dans Gaston Lagaffe ? Eh bien c'est à peu près cela !

Il arrive qu'un nom soit utilisé par plusieurs communes dans différents départements. Quand rien n'est précisé, lequel est le bon ? Mystère ! Je suis donc parti parfois sur un a priori, au vu des communes travaillées par la personne. Il est habituellement sur ce secteur-là, donc on va supposer que... Mais alors, est-ce la bonne supposition ? Mystère !

Et c'est là que je me dis qu'une normalisation dans la saisie des données sur un logiciel, c'est quand même plus pratique. Cela m'a fait réaliser qu'il me faut le signaler dans mes cours de généalogie. Parce que si la personne qui saisit en premier, elle sait ce que veulent dire les ellipses qu'elle a faite, la personne qui reprend le dossier derrière elle ne le sait pas forcément, n'a pas la même façon de penser qu'elle, pas les mêmes références. D'où de la clarté, de la clarté et encore de la clarté pour ne pas commettre d'erreurs.

Et vous qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Initiation

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Quand les Rigoulat sont des Recoulat

Par Stéphane Cosson le 22 décembre 2007 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Je m'en rends compte vraiment tous les jours : nos ancêtres étaient dans une civilisation de l'oral, pas dans une civilisation de l'écrit comme nous. Il faut vraiment se mettre dans leur peau, faire cet effort si on veut les retrouver sans trop de difficultés.

J'en ai encore eu un exemple cette semaine.

Christophe fait des recherches pour une cliente sur Rodez. Il recherche une famille Mazars, nom aveyronnais s'il en est. Dans les ancêtres de cette famille, il trouve à  un moment une famille Recoulat.

Quand je reprends toutes les données pour les mettre en forme et l'envoyer à la cliente, ce nom de famille m'interpelle. Recoulat, Recoulat. Le nom n'est pas commun.

Dans mes ancêtres, j'ai une famille Rigoulat que j'ai bien étudiée. Tous les Rigoulat tarnais sont issus d'un seul couple, marié en 1671 à Valence d'Albigeois : Pierre Rigoulat et Françoise Biscons. Dans le contrat de mariage comme dans le mariage religieux, le fiancé est qualifié de scieur de long, natif de Saint Julien en Rouergue. Avec ça, vous êtes avancés ! Vous en voulez combien des Saint Julien en Aveyron ? Parce qu'il y en a quand même quelques uns !

J'avais regardé les Saint Julien paroisse en vain. Je ne trouvais pas ce nom de famille. Comme un des Saint Julien était proche du Cantal, je m'étais dit que peut-être... Et je les avais mis de côté. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Et là, Christophe me trouve ce nom : Recoulat. La prononciation est quand même relativement proche de mes Rigoulat. Que le nom ait été déformé selon ce que le prêtre et le notaire aient entendu ne me surprendrait pas. Eh, du Rouergue au Tarn, on ne dit pas les mêmes choses !

Il faut que je vérifie quelque chose. Voyons voir Tous les noms de famille de France. Si je tape "Recoulat", il me dit quoi ? Aveyron (je m'en serais douté) et plus particulièrement trois communes : Castanet, Gramond, Moyrazès. Il n'y en a pas ailleurs en Aveyron. Ceux de Rodez viennent d'une de ces trois communes, de même sans doute que ceux qui sont ailleurs dans le sud.   

Christophe me trouve sa famille Recoulat à proximité de Gramond. Où est ma carte IGN que je continue de vérifier ? Castanet, Moyrazès et Gramond forment un triangle. On est proche de Barraqueville, Boussac.  Proche de Barraqueville ? Saint Julien ! J'ai mon Saint Julien qui me saute aux yeux !

Je ne sais pas vous mais moi je trouve que cela fleure bon. Je veux bien mettre ma main au feu, je suis quasi-sûr de ne pas me brûler. Mes Rigoulat sont des Recoulat. Sûr et certain. Rien ne le prouve avec exactitude mais il y a des fois des pistes qu'il faut suivre sans se poser de questions. Christophe, à qui j'en parle, a eu la même certitude.

Ne reste plus qu'à les relever systématiquement pour trouver le couple des parents de Pierre Rigoulat.

Voir aussi : Initiation

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Modification d'un nom de famille

Par Stéphane Cosson le 9 octobre 2007 | Commentaires (7) Commentaires | Permalink

Hier, aux Archives Départementales de la Haute-Garonne, j'étais en salle des microfilms à la recherche d'une famille dont le nom est courant en Occitanie : Hébrard.

Sur un siècle, quelle ne fut ma surprise de trouver de nombreuses graphies de ce nom.

En effet, alors que la famille était sur des communes limitrophes, au fur et à mesure qu'elle changeait d'endroit -et elle en a changé souvent, étant une famille de métayers-, le nom se transformait.

Ainsi j'ai trouvé des Hebra, Ebra, Ebrard, Ibrard, Hébrard. Parfois, deux frères portaient un nom différent : Hebra pour l'un avec jugement modificatif du tribunal d'instance pour fixer ce patronyme, Hébrard pour l'autre.

Personnellement, j'ai l'habitude en tant que professionnel et je n'en tiens pas compte. Je prends toujours les diférentes orthographes pour faire une note explicative à mon client. Mais je me dis : Et si cela avait lui qui avait effectué la recherche ? Aurait-il trouvé aussi facilement ? Je n'en suis pas si sûr.

De même, une des épouses de cette famille Hébrard a changé régulièrement de prénoms. Le plus souvent, elle se prénomme Marguerite. Au moment du décès de son mari -et pour la naissance d'un de ses enfants- elle s'appelle Claude ou Claudette. Et au moment de la naissance de l'ancêtre de mon client, et uniquement à ce moment là, elle se prénomme Marie. Là encore, si je n'avais pas récupéré tous les enfants, j'aurais pu partir sur une mauvaise piste. C'est ce qu'avait fait mon client qui n'avait pris que son ancêtre et qui, à partir de là, avait trouvé une Marie qui correspondait en âge... Mais qui n'était pas la bonne.

Toujours, toujours faire attention, y aller avec prudence. Toujours tout récupérer de manière systématique est ma devise. Ensuite, je fais du tri chez moi, tranquillement. Ah ! Dans mes relevés systématiques, je prends aussi systématiquement les parrains / marraines ainsi que les endroits où ils vivent. Parfois cela peut donner des pistes.

Voir aussi : Initiation

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Les brisures en héraldique : addition des figures

Par Stéphane Cosson le 15 janvier 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Et voici la dernière leçon concernant les brisures avant le texte dont je vous avais parlé. Je vais en effet laissé volontairement tombé les brisures de bâtardises. Ce sont les plus connues, celles sur lesquelles il y a le plus de fantasmes et donc, pour moi, les moins intéressantes.

Quelle figure est ajoutée pour briser les armes ? Là encore, ce sera une note plus courte que d'habitude.

La plus utilisée est le lambel. Il s'agit d'une traverse horizontale placée en chef, ormée d'un nombre variable de pendants (de 2 à 13). Les lambels à 5 pendants sont toutefois les plus courants.

Pourquoi le lambel ? Tout simplement parce qu'il semblerait qu'il s'agisse d'une figure introuvable de façon ordinaire dans l'écu. Mettre un lambel signifie donc briser les armes. Le lambel serait en outre la brisure de l'aîné de ceux qui brisent.

Le franc-quartier d'hermine plain semble avoir été l'apanage des cadets brisant en troisième position.

Les brisures en ajoutant une grosse figure ne sont guère fréquents. On leur préfère nettement l'ajout de plein de petites. Ah, la Merlette !!!

Voir aussi : Initiation

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Les brisures en héraldique : modification des figures

Par Stéphane Cosson le 12 janvier 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Chose promise, chose due ! Voici la suite concernant les brisures en héraldique.

Aujourd'hui : les modifications des figures.

Pour une fois, j'ai décidé de vous faire une note relativement courte.

Les brisures de figures peuvent être de cinq formes :

  • Augmentation du nombre :  assez rare.
  • Diminution du nombre : assez rare.
  • Modification de la forme. Elle affecte principalement les lignes de bordure des pièces et partitions.
  • Modification de la position : assez rare, même si appréciée par des héraldistes de l'époque moderne pour des raisons encore inconnues.
  • Changement de figure. Un changement complet est rarissime car cela modifie trop les armoiries et il n'est plus possible de reconnaître les armoiries auxquelles elles se rattachent. Mais les changements de figures secondaires sont plus fréquents.

Voir aussi : Initiation

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Les brisures en héraldique : modification des émaux

Par Stéphane Cosson le 6 janvier 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Suite de notre note sur les brisures en héraldique.

Comme je vous l'ai déjà dit, mon but est d'ensuite, à partir d'un exemple, vous montrer comment l'héraldique peut aider à comprendre la généalogie d'un famille. Certes, il s'agira d'une famille noble, mais de petite noblesse, que j'ai trouvé dans mes ancêtres et pour laquelle, alors qu'il y avait des écrits sur elle, j'ai dû tout reprendre de A à Z tellement je trouvais des erreurs par rapport aux recherches que je menais alors sur elle.

Donc, la modification des émaux.

Il semblerait qu'elle fut importante. L'inversion des émaux a été une première forme de celle-ci. Elle était pratique car elle ne se voyait guère. Le champ de la couleur de la figure ou l'inverse, qui y prenait vraiment garde ? Si jamais quelqu'un ne se souvenait pas vraiment de l'écu originel, cela pouvait passer sans problème aux yeux de tout le monde.

De même, pourquoi s'embêter à changer deux couleurs ? Et si on n'en changeait qu'une seule ? Le champ ou la figure selon l'envie de la personne. Là encore, cette brisure passait presque inaperçue.

Enfin, il était possible de changer la surface du champ : semailles de petits meubles par exemple. Ou on rajoute une bande, on échiquette le champ, on le burele, on le frette. Cela peut aussi fonctionner pour les pièces.

Dans tous les cas, il me semble que c'était vraiment une manière de la faire passer inaperçue le plus possible.

Voir aussi : Initiation

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Les brisures en héraldique : définition

Par Stéphane Cosson le 5 janvier 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Après le vocabulaire, et pour terminer cette initiation à l'héraldique, je vous propose d'étudier les brisures en héraldique.

Bien évidemment, derrière tout cela, j'aimerais ensuite vous proposer un texte pour essayer de vous montrer comment l'héraldique peut amener à améliorer ou à approfondir -à vous de choisir le terme qui vous convient le mieux- l'arbre généalogique.

Donc aujourd'hui, définition des brisures.

Elles sont apparues au Moyen Âge. A cette époque, pour tous les mâles d'une même famille, un seul avait le droit de porter les armes pleines : l'aîné de la branche aîné.

Tous les autres devaient apporter une modification  aux armes familiales. Cette modification s'appelle la brisure. Pour quoi cette modification ? Tout simplement pour montrer qu'ils ne sont pas chefs d'armes. En quelque sorte, ils démontrent ainsi qu'ils sont cadets.

Cela a un avantage : en repérant le blason, vous pouviez situer rapidement l'homme le portant dans sa famille, voire même dans son lignage. Cela permettait aussi aux personnes d'une même famille de pouvoir se repérer  facilement.

A l'époque moderne, seules les familles royales et les grandes familles nobles en font toujours usage.

Comme c'était considéré comme peu glorieux, on a souvent essayé de briser sans que cela se voit :

  • en modifiant les émaux
  • en modifiant les figures
  • en ajoutant une figure
  • en créant une partition de l'écu : armes paternelles avec d'autres armes (mère, épouse, aïeul, fief ayant des armoiries propres).

Nous les verrons les unes après les autres.

Voir aussi : Initiation

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Vocabulaire de l'héraldique : les petits meubles géométriques

Par Stéphane Cosson le 3 janvier 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Suite de notre initiation au vocabulaire de l'héraldique. Aujourd'hui, ce qu'on appelle les petits meubles géométriques, très fréquents dans l'héraldique française moderne. En effet, par son indice de fréquence, 50% des armoiries françaises modernes en ont au moins un.

Voyons de quoi il s'agit.

Le besant : Il s'agit d'un petit meuble circulaire, dont la taille varie selon le nombre d'exemplaires dans l'écu. Le besant est d'or ou d'argent.

Le tourteau : Ah non il ne s'agit pas d'un crustacé ! C'est la même chose que le besant mais d'une autre couleur : gueules, azur, sable, sinople ou pourpre. A vous de choisir !

La fontaine : Cette création héraldique originale, très présente en Angleterre, est un besant fascé ondé d'argent et d'azur ou d'argent et de gueules.

Les étoiles : Elles ont 5 ou 6 ou 8 rais. C'est la figure la plus employée dans les armoiries roturières.

La molette : une étoile percée en rond, tout simplement.

Le losange: Comme son nom l'indique, il est en forme de losange. Très effilé, on parle alors de fusée. Percé en forme de losange, c'est un mâcle, percé en rond, un ruste.

La billette : petit meuble rectangulaire.

Le croissant : comme son nom l'indique là aussi, il est en forme de croissant, les pointes tournées vers le chef. Tournées vers la pointe, on parle alors de croissant couché.

La croisette : C'est une petite croix qui peut être recroisettée quand chacune de ses branches se termine par une croix. On la trouve souvent, tiens donc, dans les armes ecclésiastiques.

L'écusson : petit meuble en forme d'écu.

L'annelet : petit meuble en forme d'anneau.

Le carreau : petit meuble carré.

Le flanquis : petit sautoir alésé.

Toutes ces figures, petites comme vous pouvez le constater, permettent en fait assez souvent de combler les vides. Elles servent aussi de brisures.

Voir aussi : Initiation

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Vocabulaire de l'héraldique : les végétaux

Par Stéphane Cosson le 2 janvier 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Comme je l'avais dit précédemment, après une petite interruption volontaire, retour vers l'initiation au vocabulaire de l'héraldique.

Aujourd'hui, intéressons-nous aux végétaux.

Les végétaux représentés de manière naturaliste :

Les végétaux ne sont pas d'un emploi très fréquent dans l'héraldique. A l'époque moderne, ils ont servi de figures parlantes ou ont fait allusion à une profession.

Toutefois, l'héraldique paysanne y a toujours puisé la majeure partie de ses figures. Est-ce parce que cette classe était la plus proche de la nature ?

Les végétaux dans cette partie qui nous intéressent le plus sont les arbres, le plus souvent appartenant à une espèce indéterminée. On les dit :

  • futés : leur tronc est d'un émail particulier.
  • arrachés : ils montrent leurs racines.
  • fruités : comme le nom l'indique, ils portent des fruits. Comme le fruit du chêne est le gland, un chêne est donc dit, très logiquement, englanté quand on voit ses fruits.
  • secs : ils sont dépourvus de feuilles.

Si dans un blason, vous voyez un chandelier à sept branches, ce n'est pas forcément ce que vous pensez. Il peut s'agir d'un créquier, un arbuste stylisé portant le nom d'un prunellier sauvage.

De même, la nymphale est une feuille découpée en forme de coeur échancré et la panelle une feuille en forme d'as de pique renversé.

Les motifs floraux et végétaux stylisés :

Le trèfle : trois folioles arrondies et un pétiole en forme de tige plus ou moins longue et ondulée. Dépourvu de tige et les folioles légèrement pointues rayonnant autour d'un petit cercle ? on parle alors de tiercefeuille. S'il y a cinq folioles et non plus trois, on lui donne le nom de quintefeuille.

La rose : cinq pétales autour d'un coeur circulaire, avec parfois des sépales. Si le coeur est les sépales sont d'un émail particulier, elle est alors ornée et boutonnée. On peut aussi la voir tigée et feuillée.

Mais bien sûr, le plus connu de ces motifs floraux et végétaux stylisé est...la fleur de lis. LE symbole de notre royauté. A son sujet, je vous conseille de lire entre autres, le traité d'héraldique de Michel Pastoureau, pp.160-165. Vous en apprendrez beaucoup sur elle.

Voir aussi : Initiation

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Vocabulaire de l'héraldique : les animaux

Par Stéphane Cosson le 8 décembre 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Après les pièces et partitions, il me semble normal de parler des différents animaux que l'on peut trouver dans les blasons. Le plus important à mon sens est de les décrire pour qu'ensuite vous puissiez les reconnaître plus facilement.

Je n'aborderais que les animaux les plus courants.

Les quadrupèdes :

  • Le lion : Il est toujours vu de profil, dressé verticalement sur sa patte postérieure droite, les trois autres levées, la queue érigée verticalement au corps, son panache retombant vers son corps. Dans ces cas-là, on le dit rampant. S'il est figuré horizontalement, il est dit passant.
  • Le léopard : Il est le plus souvent passant, sa tête vue de face, le panache de sa queue retombant vers l'extérieur. Pour le reste, il ressemble à un lion passant. L'élément le plus important pour le distinguer du lion, c'est la position de sa tête.

Les oiseaux :

  • L'aigle (nom féminin dans l'héraldique) :  Elle est représentée le plus souvent aplatie, la tête dressée, les ailes étendues et symétriques, les pattes plus ou moins écartées. La fameuse aigle bicéphale du Saint Empire Romain Germanique n'apparaît qu'au XVe siècle. S'il y a plusieurs aigles dans un même blason, on parle alors d'aiglette.
  • Le vol : il s'agit de deux ailes d'aigle réunies, dont les extrémités sont dressées vers le chef de l'écu. S'il n'y a qu'une aile, on parle alors de demi-vol.
  • L'alérion : Il s'agit d'une petite aigle, sans bec, ni pattes et les ailes abaissées.
  • La merlette : La fameuse merlette ! Celle qui a donné son nom aux "marchands de merlette" pour parler des faussaires en généalogie ! Il s'agit en fait d'un petit oiseau stylisé, vu de profil, les ailes repliées et dépourvu de pattes. Très pratique pour remplir les vides dans un blason !
  • Le coq : Il est vu de profil, la tête levée, le jabot gonflé, la queue en panache, les deux pattes posées au sol.

Les animaux chimériques :

Leur place dans les armoiries a toujours été restreinte. Eh oui ! Encore une légende qui s'effondre ! Ce ne sont pas les animaux les plus utilisés dans les blasons !

  • Le griffon : sa partie supérieure est celle d'une aigle, sa partie inférieure est celle d'un lion. Sa queue est celle du léopard. Il est toujours vu de profil.
  • Le dragon : Vous le voulez comment ? Bipède ? Quadrupède ? Ailé ou pas ? A vous de choisir, il y a du stock ! Sinon, son corps et sa queue sont ceux d'un reptile, ses pattes et sa tête appartiennent au lion, les serres à une aigle, les ailes au papillon ou à la chauve-souris. Il est le plus souvent rampant.
  • Le basilic : C'est un dragon à tête de coq.
  • La panthère : Elle a le corps du lion, la tête d'un taureau, les pattes antérieures d'un griffon, les pattes postérieures du boeuf ou du lion. Elle est rampante et vomit des flammes par la bouche et les oreilles.

La fois prochaine, nous parlerons des végétaux en héraldique.

Voir aussi : Initiation

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Vocabulaire de l'héraldique : pièces et partitions

Par Stéphane Cosson le 5 décembre 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Une fois que l'on connaît un peu de vocabulaire, on ne connaît pas forcément tout l'héraldique. Ce serait trop simple.

C'est parti donc pour une explication simple sur les pièces et les partitions de l'écu. Pour ne pas compliquer le problème, nous ne parlerons que des plus connus.

Les pièces :

Les plus connues sont au nombre de dix et occupent à peu près un tiers de l'écu :

  • la fasce : deux lignes parallèles horizontales au milieu de l'écu.
  • la bande : deux lignes obliques et parallèles, descendant de gauche à droite pour le spectateur.
  • la barre : c'est le contraire de la bande. Ce sont bien deux lignes obliques parallèles, mais descendant de droite à gauche pour le spectateur.
  • le chef : comme son nom l'indique, c'est la partie supérieure de l'écu délimitée par une ligne horizontale.
  • le pal : il est perpendiculaire à la fasce. Donc deux lignes verticales parallèles au milieu de l'écu.
  • la croix : C'est la fasce plus le pal.
  • le sautoir : c'est la bande plus la barre. Une croix de Saint André quoi, ou pour ceux qui ne connaîtraient pas, la croix de la multiplication.
  • Le chevron : un V renversé. Euh, vous savez, une certaine marque de voiture française en possède deux...
  • le franc-quartier : un carré placé dans l'angle dextre supérieur de l'écu.
  • la bordure : comme son nom l'indique, elle est parallèle au bord de l'écu, tout au long de celui-ci.

Les partitions :

Une fois qu'on connaît les pièces, on connaît les partitions.

  • Le parti : ligne verticale divisant l'écu en deux.
  • le coupé : ligne horizontale divisant l'écu en deux.
  • le tranché : diagonale en descendant de gauche à droite.
  • le taillé : diagonale en descendant de droite à gauche.
  • l'écartelé : coupé plus parti.
  • l'écartelé en sautoir : tranché plus taillé.
  • le gironné : coupé plus parti plus tranché plus taillé.

Cela ne vous rappelle rien ? il me semble pourtant qu'à la place de deux lignes parallèles, vous n'en avez qu'une seule.

Enfin, vous pouvez aussi couper l'écu en plein de petits carrés (on parle alors d'échiqueté), de rectangles (billeté) ou de losanges (losangé comme son nom l'indique !). Voius voyez que l'héraldique ce n'est pas si compliqué que cela. Prenez le comme un amusement.

Voir aussi : Initiation

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Vocabulaire de l'héraldique

Par Stéphane Cosson le 3 décembre 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Quand je donne mes cours de perfectionnement en généalogie, et seulement là, j'aborde la question de l'héraldique. J'estime qu'auparavant les généalogistes amateurs n'ont pas vraiment à s'en préoccuper. Peut-être ai-je tort ?

Quand je commence à leur en parler, je leur dis toujours qu'ils vont avoir du vocabulaire pour jouer au scrabble. Cela ne va pas forcément leur rapporter beaucoup de points mais bon, on ne peut pas tout avoir non plus.

J'ai pensé que cela pourrait vous intéresser aussi. Aujourd'hui les différentes parties de l'écu et les émaux.

Les différentes parties de l'écu :

Souvent, on entend parler de pointe, de dextre, de senestre, de chef. Certes, mais comment on sait où cela se situe ?

En fait, il faut se placer en face de l'écu, imaginer qu'il y a une personne en face de nous qui le porte. Dextre, c'est sa droite, donc notre gauche. Senestre c'est donc notre droite. Le chef, c'est en haut, la pointe en bas. Le milieu de l'écu, c'est comme pour le fromage en meule : on parle de coeur.

Les émaux de l'écu :

Dans les émaux, nous avons tout d'abord deux métaux : l'or  (jaune) et l'argent (blanc).

Il y a ensuite cinq couleurs : gueules (rouge), sable (noir), azur (bleu), sinople (vert) et pourpre (rouge violacé).

Enfin, nous avons les fourrures, combinaison de deux émaux, associés pour rappeler les peaux renforçant les boucliers au Moyen Age. Deux sont utilisées très fréquemment : le vair (alternance de clochettes d'argent et d'azur) et l'hermine (champ d'argent semé de mouchetures de sable). L'hermine, rappelez-vous, le manteau que portaient les rois.

Il est interdit de superposer ou de juxtaposer deux émaux appartenant au même groupe. Pas de métal sur métal ni de couleur sur couleur. Pour les fourrures, elles s'emploient indifféremment avec un métal ou une couleur.

Voir aussi : Initiation

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Les difficultés de lecture

Par Stéphane Cosson le 19 septembre 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Les Archives Départementales du Tarn, dans le cadre des Journées du Patrimoine, ont réalisé une exposition sur la recherche généalogique. Dans ce cadre-là, elles ont édité deux fascicules intéressants à mon sens :

  • Le petit guide du généalogiste débutant
  • Le petit guide du généalogiste débutant mais averti : problèmes et solutions.

Il s'agit de deux guides vraiment très bien faits et que je vous recommande. Dans le deuxième, il y a quelques remarques par rapport à l'écriture. Les reprendre ne peut pas faire de mal, à mon avis.

Que conseillent les Archives Départementales du Tarn en matière de lecture ?

Elles constatent tout d'abord qu'au fur et à mesure que l'on avance dans les générations, les difficultés s'accroissent. Heureusement, comme on avance dans les générations, on a le temps de voir l'écriture se modifier petit à petit.

Un dessin humoristique, dans leur guide, montre une souris (un rat de bibliothèque ?) qui râle après un scribe de l'Ancien Régime et son écriture avant de dire : "Z'auriez pu me dire que ze le tenais à l'envers ! Ssa fait 3 zours que ze ssuis desssus !" Et il est  tellement vrai que l'on a parfois l'impression qu'à l'envers ce serait plus lisible.

Selon elles, il ne faut jamais essayer de lire ce que l'on a envie de lire. il vaut mieux comparer les pattes de mouches que de deviner à vue de nez. Et si on butte sur un mot, mieux vaut laisser la pâte reposer et y revenir ensuite que s'y énerver dessus. En vain le plus souvent ! Le document ne va pas partir, alors on se calme, on respire et on compare.

De même, elles conseillent de se baser sur la phonétique, pas sur l'orthographe actuelle du nom. Débridez votre imagination ! Explorez toutes les possibilités ! N'ayez pas peur, vous tomberez bien à un moment donné sur une possibilité imaginée par le scribe en fonction de son humeur.

Deux petits guides vraiment très bien faits, très pédagogues. Je vous les recommande !

Voir aussi : Initiation

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La dérogation

Par Stéphane Cosson le 26 août 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Il y a une semaine, j'ai reçu une demande de devis très précise pour laquelle la dérogation auprès du Procureur de la République me semblait indispensable.

Je fais donc mon devis en expliquant longuement ma démarche à mon prospect. Il vient de me refuser le devis en m'expliquant qu'il ne comprend pas pourquoi il y a cette demande de dérogation.

Il me semble qu'une explication sur ce sujet pourrait intéresser tout le monde .

La demande du prospect :

"Paul D., né le 27.10.1870, fils de François D. âgé de 26 ans, marchand, demeurant à M., et d'Antoinette L., âgée de 25 ans, même métier, même ville, mariés.

Léocadie D., née le 1.02.1872, de François et d'Antoinette.

Germaine Françoise D., née le le 3.02.1887, de François et d'Antoinette.

De ces aïeuls, je n'ai aucun renseignement. Apparemment s'ils sont restés, comme je le pense, au pays et qu'ils se sont mariés, voudriez-vous me donner les actes de naissance des enfants et petits-enfants, leurs actes de mariage ainsi que ceux de leurs enfants s'ils en ont eu et leurs actes de décès ainsi que ceux de leurs enfants s'ils en ont eu.

S'ils ont eu des petits-enfants qui sont maintenant de mon âge, pourriez-vous me les nommer pour que je puisse les contacter, s'ils sont toujours dans la région Midi-Pyrénées si vous pouvez savoir où ils se trouvent pendant votre recherche. Je vous demanderai de bien vouloir me donner l'adresse de la personne à contacter pour les retrouver."

Mon analyse et ma réponse :

Personnellement, en lisant ceci, j'ai compris que mon prospect voulait une recherche descendante. Je lui ai donc fait un devis en lui expliquant qu'il m'était difficile de quantifier exactement le temps que j'allais passer à les retrouver (Sont-ils vraiment restés au pays ? Rien ne me l'affirme.). Je lui disais aussi que, comme très vite, nous allions être dans la règle des 100 ans, une dérogation auprès du Procureur de la République serait nécessaire.

Je lui proposais un prix à la journée, comprenant la recherche et les déplacements.

La réponse de mon prospect :

"Pour la dernière fille de François D., je ne vois pas pourquoi vous voulez faire intervenir le Procureur de la République alors qu'elle est née plus de 100 ans à nos jours et aux leurs il y a exactement 119 ans. Et pour Paul D. 130 ans, pour Léocadie 128 ans.

Donc je vous demanderais de laisser tomber. Je trouverais quelqu'un d'autre".

Petit rappel juridique :

La loi du 3 janvier 1979 sur les Archives stipule que, pour les recherches de moins de 100 ans, une demande de dérogation est impérative, ceci afin de protéger la vie privée des personnes. Le généalogiste professionnel ne peut s'y soustraire. C'est une obligation légale qu'il doit respecter.

Je crois qu'il y a encore de la pédagogie à accomplir de ce côté-là. Visiblement, ce n'est pas clair pour tout le monde. Je ne juge pas la réponse de mon prospect. Je constate simplement son refus, sur une incompréhension me semble-t-il.

Mais je peux me tromper.

Voir aussi : Initiation

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Gérer les problèmes de l'homonymie

Par Stéphane Cosson le 30 juillet 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

A un moment ou à un autre, tout généalogiste est confronté à un problème d'homonymie. Il trouve deux couples identiques au même endroit, faisant des enfants au même moment. Comment attribuer les enfants au bon couple sans se tromper ?

Pas si simple ! Pourtant, une solution existe.

Je vais peut-être commencer par un exemple. Je viens de découvrir sur la commune de Penne, paroisse Notre Dame de Roussergues, deux couples identiques : Jean Linon et Marguerite Bourdoncle, vivant tous deux au lieu-dit de Courniac.

Les deux couples font des enfants à la même période.  Le prêtre ne mentionne pas d'adjectif accolé au prénom. Pas de Jean jeune ou de Jean vieux. Le type même de problème qui semble insoluble si l'on n'est pas attentif et organisé.

Comment sortir de cet imbroglio ? La première chose est de bien noter toutes les indications données par le prêtre, comme par exemple :

  • âge du père (s'il y a un décalage entre les deux, cela peut permettre d'attribuer les bons enfants à chaque couple).
  • parrains et marraines des enfants (on peut espérer que ce ne sont pas les mêmes pour les deux couples).
  • témoins.

Bien évidemment, cela implique nécessairement de ne pas se contenter de prendre un seul enfant mais de bien reconstituer toute l'histoire familiale de la fratrie, voire des deux fratries. Il y a toujours un moyen pour essayer de contourner cet obstacle.

Si cela ne suffit pas, essayer d'autres sources, comme les notaires. Trouver les contrats de mariage ou les testaments peut aider à démêler les fils.

Surtout, il est nécessaire de faire preuve de patience et de rigueur. Sans cela, on peut remonter une fausse piste généalogique. Cela arrive, même aux plus chevronnés, involontairement ! Et c'est toujours du temps perdu inutilement.

Bon courage !

Voir aussi : Initiation

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Les relevés systématiques

Par Stéphane Cosson le 25 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Les cercles de généalogie amateurs effectuent des relevés systématiques. C'est toujours très pratique pour tout le monde. Cela fait gagner du temps.

Toutefois...

Toutefois, mon expérience me fait dire que, parfois, sans le vouloir, l'erreur étant humaine, il peut y avoir no pas des erreurs mais des omissions.

Je m'explique. Sur le Tarn, je suis tombé sur deux communes qui ont une église principale avec beaucoup d'annexes : Puylaurens et Mazamet en l'occurrence. Puylaurens n'a pas été relevé de manière systématique, contrairement à Mazamet. De ce fait, sur Puylaurens, quand je travaille sur les registres paroissiaux, je peux noter avec précision s'il s'agit de l'église principale ou d'une de ses annexes. Mazamet a été relevé et les personnes n'ont pas différencié sur les actes paroisse principale et ses annexes. Il faut dire pour leur gouverne que ce n'est pas forcément évident de les connaître. Mais du coup, cela peut poser des soucis, mineurs toutefois.

De ce fait, c'est un conseil que je donne toujours lors de mes cours d'initiation : notez bien toutes les informations, y compris au niveau des églises ! Cela peut éviter des bévues par la suite et permettre de mieux connaître, même par ce biais, la vie de nos ancêtres, d'imaginer correctement comment ils vivaient.

Voir aussi : Initiation

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La déclaration de grossesse

Par Stéphane Cosson le 21 juin 2006 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Depuis un édit de Henri II, les femmes célibataires ou veuves qui se retrouvaient enceintes devaient absolument déclarer leur grossesse, sous peine, si l'enfant décédait peu de temps après la naissance, d'être accusées d'infanticide. La peine était alors la pendaison.

Cette déclaration de grossesse est, me semble-t-il un auxiliaire utile pour mettre de la chair dans la vie de nos ancêtres.

La déclaration de grossesse se trouve en série B, la série de la justice d'Ancien Régime, aux Archives Départementales.

Tout comme la dispense de consanguinité, il s'agit au départ d'une enquête. Est auditionnée en premier lieu la femme enceinte. Si cela lui est possible, elle doit donner le nom de l'homme qui l'a engrossée. Il peut être ainsi interrogé et la justice peut connaître ses intentions à l'égard de cette naissance.

Viennent ensuite les auditions de témoins, du côté de la femme comme du côté de l'homme, afin de confirmer ou d'infirmer leurs dires.

Souvent cela s'arrête là. Il faut alors aller chercher d'autres informations dans d'autres séries. Vérifier si les futurs parents se sont mariés par exemple dnas les registres d'état civil. Sinon, voir comment la mère a déclaré l'enfant naissant.

Une autre information à aller rechercher est le montant de la pension que le père peut verser à la mère pour s'occuper de l'éducation de l'enfant. Cette information se trouve dans les registres des notaires.

Si le père ne veut pas se marier, ne veut pas s'occuper de l'enfant pécuniairement parlant, c'est sa famille alors qui le fait à sa place. Mais cela a un coût. L'homme est souvent obligé alors de partir à l'aventure.

C'est ce qui est arrivé au père d'Honoré de Balzac. Il a mis une jeune fille enceinte, est parti en prison pour refus de mariage, ses parents ont payé la pension à sa place et lui ont montré la porte. Et c'est ainsi qu'Honoré Balssa est devenu Honoré de Balzac.

Voir aussi : Initiation

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La dispense pour consanguinité

Par Stéphane Cosson le 18 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Il s'agit d'un document que l'on trouve en série G aux Archives Départementales, plus précisément dans la sous-série concernant l'officialité diocésaine.

Un document tel que celui-ci est toujours très intéressant à dépouiller, même si c'est un peu long. Celui que j'ai sous les yeux fait 27 pages. Mais on y trouve une mine d'informations.

Tout d'abord, on y trouve l'arbre généalogique dessiné montrant très précisément la parenté entre les suppliants. Dans la requête des cousins, ils justifient souvent les raisons du mariage : ils se sont connus charnellement, l'absence de mariage ferait scandale dans la communauté, ils sont pauvres ...

Suivant le degré de parenté prohibé, il faut obtenir un bref papal de dispense. Si c'est le cas, vous pouvez trouver toute l'explication concernant ce bref papal et sa fulmination.

Bien évidemment, comme dans tout acte de justice (ce qui est bien le cas ici car il s'agit de justice ecclésiastique), on auditionne les suppliants et plutôt deux fois qu'une. L'un après l'autre, et pas par les mêmes personnes, pas le même jour, pas au même endroit mais chacun dans sa paroisse s'ils vivent dans des paroisses différentes, ils doivent justifier leur volonté de se marier, comment ils se sont connus de manière très précise.

Auditionner les suppliants c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Ils peuvent s'être entendus au préalable et ressortir le même récit. Il faut donc auditionner des témoins, voisins le plus souvent (pas la famille, elle est trop impliquée), afin de vérifier les dires. Et pour être le plus complet possible, il faut aller chercher des témoins d'un côté comme de l'autre.

Enfin, vient le jugement, l'autorisation. Il y a alors une pénitence à accomplir. Par exemple : les suppliants devront assister à la messe de leurs paroisses les dimanches et fêtes, le temps des fiançailles, à genoux, avec modestie, un cierge allumé à la main. Ils devront se confesser pour obtenir l'absolution suite à l'inceste qu'ils s'apprêtent à commettre. Après le mariage, ils réciteront dans l'église de la paroisse de leur domicile, à genoux, après la messe, le chapelet. De même, chaque soir, avant de se coucher, toujours à genoux, ils réciteront cinq Pater et cinq Ave puis baiseront la terre. Et ce pendant six mois.

La dispense de parenté donne donc une tranche de vie intéressante à aller chercher. Il me semble que cela donne de la vie à l'arbre généalogique, de la chair. Je trouve dommage qu'elle ne soit pas plus exploitée. Allez voir ! Vous ne serez jamais déçus.

Voir aussi : Initiation

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Un changement de patronyme

Par Stéphane Cosson le 16 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Il peut arriver au cours de nos recherches que l'on tombe sur un patronyme dont on ne comprend pas l'origine. Ainsi, lors de mes recherches, je suis tombé sur un prénom féminin servant de nom de famille. Ce nom de famille était celui de la mère d'un enfant naturel né au début du XIXe siècle.

J'ai trouvé une explication plausible à ce propos en faisant des recherches sur une des paroisses de Castres, dans le Tarn.

Je m'explique :

En 1744, sur la paroisse Saint Martial de Camarens, Marguerite Mauriès épouse Pierre, fils naturel de Marguerite Roques et de père inconnu. Actuellement, Pierre porterait le nom de sa mère : Roques. A cette date, il s'appelle simplement Pierre.

Pierre et Marguerite Mauriès ont naturellement des enfants, cinq pour être précis, qui naissent sur la même paroisse sur une période de 12 ans : trois filles et deux garçons. Là encore, leurs enfants ne portent pas le nom de leur grand mère : Roques. Les filles sont appelées "Pierrote" et les garçons "Pierre". Et ce en plus des prénoms qui leur ont été attribué.

De ce fait, je me pose une question. Et si mon prénom féminin servant de nom de famille était du même acabit ? Et si l'ancêtre de l'enfant naturel était lui-même un enfant naturel ? Si le changement de nom, l'attribution du nouveau s'était opéré ainsi ?

Imaginons : Pierre et Marguerite Mauriès ont une fille, prénommée Marie. Dans son acte de baptême, elle s'appelle donc Marie Pierrote et non Marie Roques. Cette Marie est  connue uniquement sous ce nom-là. Si Marie Pierrote a un enfant naturel, né hors mariage, peut-être gardera-t-il comme patronyme le nom de sa mère : Pierrote. Peut-être sera-t-il appelé Mariette, c'est-à-dire fils de Marie. Comment le savoir avec certitude ? A mon avis c'est impossible.

Par contre, si on se trouve dans la situation que j'ai décrite au début (un prénom fémini servant de nom de famille), penser l'inverse n'est peut-être pas si idiot.

La généalogie est bien souvent une série de questions difficiles à résoudre. Il faut toujours se mettre dans la peau de nos ancêtres, essayer d'imaginer au mieux comment eux réagiraient et faire un choix raisonné. Pas si simple.

Voir aussi : Initiation

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L'acte de notoriété

Par Stéphane Cosson le 15 juin 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Un acte de notoriété est un acte qui remplace un acte d'état civil. Dans tous les cas que j'ai trouvé, l'acte remplacé était un acte de naissance qui avait été omis.

Ces actes se trouvent d'abord dans la série 4 U aux Archives Départementales : la série des justices de paix.

L'acte de notoriété est rédigé non pas à la date de l'acte qu'il remplace mais à la date où la personne a besoin de l'acte manquant.

Cela peut être notamment au moment d'un mariage. Un exemple ?

Prenons le cas de Jacques Capelle, fiancé avec Anne Champagnol. Nous sommes en 1831, dans le Tarn. Les bans sont en cours de publication. Pour pouvoir se marier, Jacques a besoin de présenter son acte de naissance. Il se déplace alors à la commune où il est né pour avoir son extrait de naissance. Mais, d'après les recherches les plus exactes faites dans les registres d'état civil, sa naissance n'y apparaît pas.

Le maire lui délivre un certificat de manquement et lui conseille d'aller au greffe du tribunal où se trouvent les doubles. Ce que fait Jacques.  Là encore, pas de naissance déclarée. D'où l'acte de notoriété obligatoire.

Jacques Capelle se présente alors devant le juge de paix de son canton accompagné de sept témoins. Chacun des témoins prête serment et déclare qu'il connaît bien le requérant, certifiant sa date de naissance.

Souvent, la date ne donne que le mois et l'année. C'est rare que le jour exact y figure. Par contre, ce qui est intéressant, c'est quand ces actes de notoriété concernent des enfants nés de parents inconnus. Une filiation peut être alors mentionnée en filigrane.

C'est le cas pour Jacques Capelle. Il est déclaré comme né de parents inconnus dans la maison du sieur Capelle. Il se marie en 1831 sous le seul prénom de Jacques. L'année suivante, quand naît sa fille aînée, elle n'est pas fille de Jacques NN mais de Jacques Capelle. Il est possible alors de supposer que le sieur Capelle chez qui il est né est son père biologique, très marié au moment de sa naissance et qui l'a eu d'une servante restée anonyme. Surtout quand ce sieur Capelle se prénomme aussi Jacques.

J'ai eu plusieurs cas ainsi. C'est ce que j'ai appellé les reconnaissances en filigrane. Mais nous pourrons y revenir une autre fois.

Voir aussi : Initiation

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L'intégration au village

Par Stéphane Cosson le 12 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Avez-vous remarqué comment une nouvelle famille s'intégre dans un village ? C'est parfois très intéressant. Cela peut être aussi riche d'enseignements.

Voyons comment par le biais d'un exemple réel.

Prenons le cas de Jean Bancal. Originaire du côté de Decazeville, dans l'Aveyron, diocèse de Rodez, il est prêtre et nommé curé à côté de Sainte Foy d'Aigrefeuille, dans la Haute-Garonne, diocèse de Toulouse. Pas vraiment son secteur. Il essaie de se rapprocher de sa famille. Il est nommé alors à Guitalens, dans le Tarn, diocèse de Lavaur, quelques années plus tard. Mais il n'y reste pas et va dans une autre paroisse, toujours dans le même diocèse, à Saint Barthélémy de Montpella.

Là, il y reste, et commence à bien connaître ses ouailles, leurs niveaux de fortune. Jean Bancal est d'une famille de marchands. Il a repéré une vieille famille de marchands dans sa paroisse qui a des filles à marier. Il fait venir son neveu de son village d'origine : Antoine. Jean Bancal rapproche son neveu de cette famille, propose d'abord une association très mercantile, afin que son neveu fasse ses preuves auprès de son futur beau-père. Puis le moment venu, le mariage est conclu. Antoine n'était plus vraiment un étranger. Première alliance dans la paroisse de Montpella.

Antoine Bancal habite donc Saint Barthélémy de Montpella. Mais son mariage est sans postérité. Il lui faut pourtant un héritier pour que ses affaires ne périclitent pas. Un de ses beaux-frères décède, laissant des filles en bas-âge dont Antoine Bancal est nommé tuteur. Et si la solution était là ? Antoine fait venir un de ses neveux : Astorg, qui habite toujours son village d'origine. Il le forme au métier de marchand et dès qu'une des nièces de sa femme est suffisamment grandette, il lui fait épouser son neveu à lui. Deuxième alliance dans la paroisse de Montpella.

La femme d'Astorg décède en couches. De leur union, il ne reste qu'un garçon en vie. Astog Bancal a accru la fortune familiale. Il a fait des achats de terre, a deux grandes propriétés auxquelles il a donné son nom. Il peut rechercher une alliance un peu plus riche et va chercher la fille d'un petit nobliau en manque de fortune. Troisième alliance dans la paroisse de Montpella.

Il en sera de même pour ses descendants. La famille, de ce fait, n'est plus qualifiée d'étrangère. Ses origines ont été oubliées. Ils ont été intégré par le jeu des alliances.

On le voit, ces différents mariages permettent d'ancrer une lignée nouvellement installée dans le réseau nuptial du village. Un autre avantage consiste à faciliter l'entraide en cas de difficulté majeure. Enfin, c'est aussi une manière de se protéger en cas d'attaques de lointains cousins (dans nos sociétés occidentales, l'attaque est plus souvent juridique que véritablement physique). Les alliés servent alors de boucliers de défense.

Il s'agit de stratégies d'intégration. Elles permettent de gommer les différences, l'origine étrangère et ouvrent plus rapidement les alliances. Cela se rapproche de ce que certains ethnologues ont appelé la maison-pivot. Une lignée plus fortunée que les autres accueille chez elle des cousins pauvres comme domestiques. Ils lient ainsi mieux connaissance et la branche riche envisage de les caser avec des cadets ou des héritiers d'oustal de même niveau de vie qu'elle. Le salaire versé se transforme alors en dot potentielle. La branche riche sait qu'ainsi elle fidélise ses cousins pauvres puisqu'elle les marie avec des familles que leur niveau de vie initial rendaient inaccessibles. Elle sait aussi qu'ainsi elle pourra compter sur une aide quasi-aveugle de ceux-ci en cas de problème économique dans l'avenir.

Voir aussi : Initiation

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Les détournements de la loi

Par Stéphane Cosson le 10 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Nous l'avons vu, la loi religieuse sur les interdits est assez contraignante. De ce fait, les personnes ont essayé de la détourner. Souvent, ils y sont arrivés relativement assez bien.

Ils l'ont fait de plusieurs manières. L'explication peut parfois en être un peu compliquée. Je vais essayer de vous la rendre la plus pésagogique possible.

1 - Le mariage avec un allié d'allié :

La personne, quelle que soit son sexe, va chercher un conjoint dans un lignage allié à celui de son père. le but : avoir des cousins communs sans être soi-même cousin. La famille est proche, connue, recommandable, apparentée mais par par le sang. L'idéal !

2 - Le mariage avec un cognat d'un demi-germain :

Que de mots qui peuvent paraître barbares. Quelques définitions. Le cognat est un parent consanguin, c'est-à-dire quelqu'un avec qui la personne possède un ascendant commun, éloigné ou pas. Le demi-germain, c'est le demi-frère ou la demi-soeur.

Un exemple ? Une femme s'est mariée deux fois. Du premier lit, elle a eu une fille et du deuxième lit un fils. Ce dernier épouse une cousine paternelle de sa demi-soeur (donc pas cousine avec lui puisqu'ils ont la même mère !). Là encore, la famille est proche, connue, recommandable et apparentée.

3 - Le mariage avec un parent cognatique du conjoint d'un parent utérin :

Deux familles en présence : A et B. A possède une fille et un fils. B a deux fils : l'un d'eux est marié et a engendré une fille. En premier lieu, la fille A s'unit au fils B célibataire. Puis quelques années plus tard, le fils A épouse la nièce de son beau-frère B.

Dans ce cadre, nous trouvons l'union remarquable. Elle unit une soeur et un frère de parents A avec un frère eet une soeur de parents B. Cette union a plusieurs avantages : chacun perd une fille et gagne une belle-fille. Les dots des filles sont volontairement rigoureusement identiques. De ce fait, elles ne sont pas versées. Il en est de même pour les dots des garçons. Bref, de ce côté là, le mariage ne coûte rien.

Troisième cas de figure : les bouclages dans l'affinité. Mais si, vous l'avez déjà rencontré ! Le même jour, les parents veufs et leurs enfants fiancés s'épousent. Là encore, pas d'éparpillement des biens.

Vous avez déjà dû rencontrer tous ces cas de figure. Il pouvait être pour vous d'y mettre un nom dessus, vous ne croyez pas ?

Voir aussi : Initiation

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Les mariages nécessitant dispense : le droit civil face au mariage

Par Stéphane Cosson le 8 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Nous avons vu quel pouvait être la position de l'Eglise. De même, le droit civil ne permet pas tout. Il se base sur les mêmes principes pour interdire : la moralité et le biologique.

C'est par contre un peu plus compliqué qu'en droit canon. Voyons cela.

1 - La parenté et l'alliance légitimes :

En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les degrés. Il est impossible de s"unir avec ses géniteurs, ses enfants et ses grands-parents.

En ligne collatérale, le mariage entre germains, oncle et nièce, tante et neveu est aussi prohibé.

L'alliance en ligne directe porduit le même empêchement que la parenté. En ligne collatérale, un beau-frère et une belle-soeur ne pouvaient en théorie convoler ensemble. La loi du 1er juillet 1914 supprima cette interdiction, sauf en cas de divorce. La loi du 11 juillet 1975 mit fin à cette exception.

2 - La parenté et l'alliance naturelles :

La parenté naturelle, depuis la loi du 3 janvier 1972, est assimilée totalement avec la parenté légitime alors qu'auparavant il n'existait aucun lien juridique entre l'enfant naturel et la famille de ses père et mère. Du fait de cette loi, les empêchements sont identiques.

Pour ce qui est de l'alliance naturelle, toute union entre ascendants ou descendants illégitimes d'un individu et son ex-conjoint est illégale.

3 - La parenté et l'alliance adoptives :

Deux cas de figure se présentent. L'un concerne l'adoption plénière et l'autre l'adoption simple. Il est peut-être bon de rappeler ce qui fait la différence entre elles.

L'adoption plénière ne concerne que des mineurs âgés de moins de 15 ans. Elle imite la filiation légitime par le sang. Entre autres effets, l'enfant adopté prend le nom de l'adoptant et il n'existe plus aucun lien entre sa famille d'origine et lui. Conséquemment, la parenté et l'alliance adoptives présentent les mêmes interdictions que lap arenté et l'alliance légitimes.

L'adoption simple ne crée pas cette rupture entre l'adopté et sa famille d'origine. Si un lien de parenté apparaît entre lui et son adoptant, ce n'est pas le cas avec la famille de l'adoptant. De même, l'adopté simple conserve son nom auquel il peut rajouter celui de l'adoptant. L'adoption peut être révocable.

Pour des raisons morales, l'article 366 de la loi du 11 juillet 2966 stipule que les unions suivantes sont impossibles :

  • entre l'adoptant, l'adopté et ses descendants.
  • entre les enfants adoptifs d'un même individu.
  • entre l'adopté et les enfants de l'adoptant.
  • entre l'adopté et le conjoint de l'adoptant.
  • entre l'adoptant et le conjoint de l'adopté.

4 - Les cas de dispense :

Une dispense peut être obtenue pour motif grave (exemple : un enfant à naître) auprès du Président de la République.

Là encore, la loi prévoit des cas bien précis. La dispense est autorisée pour un oncle et sa nièce, une tante et son neveu, des alliés en ligne directe quand la personne qui a créé l'alliance est défunte, les enfants adoptifs d'un même individu, l'adopté et les enfants de son adoptant.

Mais la loi n'a malheureusement pas prévu tous les cas possibles. De ce fait, les implicites peuvent être résolus différemment par la jurisprudence.

Voir aussi : Initiation

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Les mariages nécessitant dispense : la position de l'Eglise

Par Stéphane Cosson le 7 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Souvent, dans ses recherches, un généalogiste trouve au moins un mariage entre parents, un mariage avec dispense.

S'il arrive à trouver le texte en latin de l'évêque, à côté de l'acte de mariage dans les registres paroissiaux, il est souvent content, même s'il ne lit pas forcément le latin, car c'est un document intéressant qui peut bien illustrer une généalogie.

Si en plus, il peut avoir l'acte de dispense, l'enquête épiscopale, alors là, cela peut être le summum : avec l'enquête, il y a toujours en effet LE tableau généalogique donnant la parenté, avec des dates et des lieux précis. Cette enquête se trouve dans la série G aux Archives Départementales, dans les archives de l'officialité diocésaine.

Mais il peut être aussi intéressant de comprendre ce qui se cache derrière ces interdictions. Voyons tout d'abord la position de l'Eglise.

1 - Les empêchements de mariage :

Plusieurs canons s'occupent de cette question.

Le canon 1058 stipule que tous ceux qui n'en sont pas empêchés par le droit peuvent contracter mariage. Les empêchements peuvent être de plusieurs sortes : état de vie exclusif du mariage comme la vie religieuse, interdiction fondée sur un motif très grave touchant le bien commun ou privé.

Selon le canon 1075, seule l'autorité souveraine de l'Eglise a pleins pouvoirs en la matière. La dispense est une solution pour résoudre la difficulté. Mais selon l'Eglise la dispense est une facilité facultative. La dispense est définie comme un relâchement de la loi ecclésiastique. Il est nécessaire qu'il existe une cause juste, compte tenu des circonstances, du cas et de l'importance de la loi.

C'est aux fidèles à signaler les cas d'empêchements dirimants (annulant ou faisant obstacle au mariage) et c'est la raison pour laquelle les bans sont publiés. Il existe douze cas d'empêchements dirimants. Le généalogiste s'intéresse principalement à deux.

2 - La consanguinité :

Elle a varié au cours des siècles. A partir de 1215 et du Concile de Latran, il est interdit de se marier si les grands-parents des fiancés sont cousins germains.

En 1917, cette interdiction pour ce degré précis est levée. En 1983, le droit canon décide de compter les degrés de parenté de la même manière que le droit civil.

Et désormais, le canon 1091 stipule que le mariage est interdit entre tous les ascendants et descendants, naturels ou légitimes, et entre cousins germains en ligne collatérale.

3 - L'affinité :

L'affinité peut se définir comme la parenté par alliance. Les affins sont les parents des conjoints et les conjoints des parents, uniquement en ligne directe. Jusqu'en 1917, l'affinité pouvait aussi provenir de relations illégitimes.

L'affinité en tant qu'interdiction a été légalisée dès 306, au Concile d'Elvira. Pourquoi cette interdiction ? Parce que, selon l'Eglise, les époux ne forment plus qu'une seule chair après le mariage ou l'union (dans le cas de relations illégitimes). Cet interdit doit alors se comprendre comme un nouvel interdit de consanguinité.

Voir aussi : Initiation

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A la recherche des surnoms

Par Stéphane Cosson le 6 juin 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Le surnom peut être défini comme un mot ajouté au patronyme d'un individu pour le différencier de ses homonymes. Sa fonction primordiale est donc l'identification.

Son choix révèle une connivence culturelle, des comportements sociaux. Il permet de reconnaître celui qui appartient à la même communauté, de distinguer l'étranger.Le groupe choisit le surnom et sa désignation n'est jamais le fruit du hasard. Ainsi, il signifie l'acceptation dans le groupe.

Quels surnoms un généalogiste peut-il rencontrer ?

Tout d'abord, ce peut être le prénom du père, ou d'un ancêtre marquant, qui n'étant pas courant se fixe : Antoine dit Samuel par exemple. Ce prénom peut permettre aussi de différencier deux branches d'une même famille : Bouteille dit Louis et Bouteille dit Jacques, Louis et Jacques étant deux frères ayant donné chacun une branche.

Le surnom peut être en rapport avec une fonction exercée : Hérail dit Cossoul (consul), Soulages dit Diagou (le jeune valet en occitan).

Il peut mettre en évidence une particularité, physique ou morale : Montaut dit Chicane, Assié dit Redoundo (le potelé).

Il peut enfin rappeler une alliance avec un autre oustal, que celle-ci soit récente ou pas. Le surnom peut même provenir d'un remariage d'un veuf ou d'une veuve avec quelqu'un appartenant à un oustal plus riche que la première alliance. Je m'explique : J'ai trouvé sur la commune de Cadix, dans le Tarn, à la fin du XVIIIe et tout le XIXe siècle le cas d'une famille qui s'appelait Lacroux dit Coutouly. Pas d'alliance entre un Lacroux et une Coutouly. Par contre, en 1711, je trouve le remariage de la veuve de Pierre Lacroux avec Barthélémy Coutouly. Le deuxième époux étant d'un oustal plus riche que le premier, son nom est resté comme surnom pour les enfants du premier lit.

Où trouver ces surnoms ? Dans les registres paroissiaux et d'état civil bien sûr, mais pas seulement. Les actes notariés sont aussi une bonne source, de même que le cadastre. La recherche du surnom s'avère toujours compliquée mais, personnellement, je la trouve toujours intéressante et riche d'enseignement.

Voir aussi : Initiation

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Vérifier les informations

Par Stéphane Cosson le 29 mai 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Un des premiers trucs que j'enseigne lors de mes cours d'initiation à la généalogie : toujours vérifier les informations, même celles qui sont marquées dans les actes, notamment dans les actes de décès.

Je m'explique.

La plupart du temps, au XIXe siècle, les personnes qui venaient déclarer le décès d'une personne donnaient les informations qu'ils connaissaient. Ces personnes étaient soit des parents, soit le plus souvent des voisins : des messagers. Ces informations n'étaient pas recoupées par des documents officiels mais données en toute bonne foi.

Par exemple, les voisins pouvaient déclarer la personne défunte native d'une ville : Toulouse. Le premier réflexe du généalogiste est d'aller y  chercher la naissance. Et il peut ne rien trouver. Mais, le généalogiste peut se rendre compte qu'en fait, le défunt est né ailleurs mais que sa famille maternelle est bien de là. L'information n'était donc pas entièrement fausse, pas entièrement vraie non plus. Simplement déformée par le temps. Ou encore que le défunt y a vécu toute son enfance ou une partie de celle-ci avant de déménager ailleurs.

Le plus souvent, je m'en suis rendu compte souvent, on fonce les yeux fermés, le nez dans le guidon. Par expérience, par tâtonnements successifs, on apprend à exercer son esprit critique, à se poser des questions, à ne pas tout prendre pour parole d'évangile.

Cela peut sembler étrange pour les néophytes. Mais en fait, cela me semble primordial.

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Les mariages d'enfants

Par Stéphane Cosson le 6 mai 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Au cours de mes recherches généalogiques, je me suis rendu compte qu'une petite minorité des mariés étaient très jeunes au moment de leurs noces.

Au fur et à mesure de leur découverte, ils m'ont interrogé : pourquoi ces mariages précoces ? Quelles pouvaient être leurs raisons ?

Benoît Garnot a écrit que, pendant longtemps, les historiens ont cru que les Français d'Ancien Régime se mariaient précocément. Ils se basaient pour cela sur les mariages aristocratiques et royaux.

En fait, globalement, le mariage est tardif au XVIIIe siècle : 27-28 ans pour les hommes, 25-26 ans pour les femmes. Plusieurs explications sont possibles : volonté de diminuer le nombre d'enfants, impossibilité d'accéder au mariage sans avoir préalablement succédé aux parents.

En cela, le modèle occidental est exceptionnel puisque, partout ailleurs dans le monde, ce sont plutôt des adolescents qui se marient.

Tout d'abord, une précision : tous les mariages que j'ai pu trouvés au cours de mes recherches ont eu lieu alors que les fiancées ont entre 10 et 17 ans.

Pourquoi donc ces mariages ? Peut-être est-ce en lien avec l'héritage ?J'ai étudié les contrats de mariage des couples dont j'étais sûr de l'âge des fiancés au mariage. Dans tous les cas, ce lien avec l'héritage a été possible.

Dans tous les cas aussi, vu l'âge de la fiancée, ce sont les parents qui négocient. Pour que le mariage s'accomplisse vraiment, il faut des garanties. La fiancée peut partir vivre, par exemple, avec ou sans ses parents, chez le fiancé. Les parents des deux fiancés peuvent décider d'exploiter des terres en commun.

Ces mariages ne concernent que 3% des unions que j'ai pu récolter jusqu'à présent, pour l'ensemble de mes clients. C'est très peu, d'accord. Mais elles sont toujours étonnantes.

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Consanguinité et sang

Par Stéphane Cosson le 4 mai 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

En généalogie, ce que je trouve toujours très pratique ce sont les mariages entre cousins. Si je vais en série G, dans les archives de l'officialité diocésaine, je peux espérer trouver l'enquête de dispense et donc un tableau généalogique.

Mais pourquoi ces mariages consanguins existent-ils ? Une explication peut se trouver par l'approche du sang. Je m'explique.

Dans le mariage consanguin, l'échange se fait dans le groupe familial, un groupe forcément restreint.

S'épouser entre soi, c'est être quasiment certain du pouvoir économique et symbolique que possède l'autre. Cela réduit au maximum l'incertitude. C'est créer une sécurité qui n'existe pas, qui ne peut pas exister avec l'étranger.

Se marier entre soi implique peut-être aussi le refus d'une autre image. Le cousin nous renvoie notre propre image, met en place un effet de miroir. Mais ce cousin est-il intéressant parce qu'identique ?

Le mariage consanguin a peut- être une raison idéologique qui serait la préservation d'un patrimoine familial et symbolique transmis par le sang. D'après Pascale Gleize, le sang a la propriété de véhiculer des caractères prédéterminés, de les transmettre d'une génération à l'autre et de les distribuer variablement. Un mariage entre cousins affaiblit le sang, le sang deviendrait souillé, impur pour les descendants des cousins.

Mais mélanger deux sangs, n'est-ce pas aussi affaiblir la pureté de son sang ? Le sang du parent est connu, pas celui de l'étranger. Epouser un non-parent pourrait abâtardir le sang, dilapider le capital biologique. On est alors assez proche du mythe du sang bleu.

En outre, selon l'ordonnance royale de 1484, renouvelée en 1583, il faut trois générations pour que les descendants d'un roturier annobli puissent prétendre à la noblesse de race. Trois générations pour que, par une subtile alchimie, la qualité du sang soit épuré, pour que la grandeur et le caractère particulier de la personnalité noble soient transmis. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les alliances consanguines avec les cousins issus de germains ne sont pas désapprouvées, pourquoi elles sont recherchées. Si trois générations suffisent pour épurer le sang, alors ces unions ne posent plus le risque d'apparition de tare nouvelle.

Mais tout cela devrait être prouvé et ce n'est pas une mince affaire.

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Le testament

Par Stéphane Cosson le 1 mai 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Après avoir vu rapidement comment se déroulait les unions, passons quelques années et voyons comment se prépare la mort.

Pour cela, un seul document : le testament, riche d'enseignements sur les pratiques de l'époque.

Mais un petit rappel tout d'abord ...

En 1980, Pierre Lamaison a pu constater que les pratiques en matière de transmission de patrimoine, malgré l'apparition du Code Civil (censé égaliser les pratiques), étaient restées à peu près identiques à celles de l'Ancien Régime. Les pays inégalitaires sont restés inégalitaires malgré deux siècles de Code Civil.

Que se passe-t-il donc sous l'Ancien Régime où la pratique testamentaire n'est pas négligeable ?

Tou d'abord, le testament indique el lieu où il est passé et l'état physique dans lequel se trouve le testateur. Viennent ensuite un certain nombre de legs pieux. Le testateur assure son devenir dans l'autre monde en disant le lieu de sépulture, le nombre et la fréquence des messes à dire pour cela.

Se déroule ensuite la liste des habitants de la maison ou des parents nommément désignés à qui le testateur veut faire un don : enfants, conjoint, filleuls, serviteurs ou autres. Le dernier de cette liste est l'héritier universel et général. Aucun parent ne doit être oublié et, pour qu'aucun ne se sente lésé, tous ceux dont le testateur a oublié le nom mais qui se réclameront de sa parenté auront un legs de 5 sous. N'oublions personne et en devenons pas le sujet de disputes futures !

S'il n'est pas possible d'oublier un parent, il n'est pas interdit de lui signifier tout le déplaisir qu'il nous a causé. Un exemple ? Françoise Cluzel, épouse de Guillaume Canivenq, habitant La girardié paroisse de Trébas (Tarn). Mariée en décembre 1630, elle teste une première fois le 15 septembre 1632. Parce qu'il l'a mise à la porte de sa maison après l'avoir battue chaque nuit depuis huit mois, parce qu'elle a dû à chaque fois se réfugier chez son père, elle ne lègue pour cette raison que 5 sous à son mari après son décès. Si elle fait par la suite d'autres testaments, cette clause ne sera par contre jamais cassée.

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La dot : elément fondamental du mariage

Par Stéphane Cosson le 27 avril 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Dans le contrat de mariage, il y a un élement incontournable : la dot. Elle focalise toutes les attentions.

Voyons de quoi il s'agit exactement.

La dot peut être cause de résiliation si les parties ne se mettent pas d'accord sur son montant ou si elle n'est pas versée dans les temps impartis. Elle peut aussi devenir la cause de longs procès familiaux, sur plusieurs générations parfois, quand elle n'a pas été versée totalement.

Elle se compose de trois éléments :

  • La dot à proprement parler : il s'agit de sommes d'argent versées au fiancé ou à la fiancée. Une partie provient du chef paternel, une partie du chef maternel. Elle est toujours payable en plusieurs fois.
  • Les dotalices : c'est ce que nous appellons le trousseau : vêtements, meubles, animaux. Cela concerne aussi bien l'homme que la femme.
  • La verquière : typique du Midi de la France. Il s'agit de terres données exclusivement à la fiancée, terres se situant le plus souvent aux alentours proches de la maison. C'est une manière détournée de nommer héritière mineure une fille au cas où l'héritier principal pour une raison ou une autre ne pourrait plus assumer son rôle.

Par le biais de la dot, nous assistons à une circulation des femmes entre les oustals. De même, nous pouvons voir les dots circuler entre les oustals sur plusieurs générations. C'est ce phénomène qui explique pourquoi, au bout d'un moment, quand on étudie de manière assez complète une famille, on voit toujours les mêmes noms apparaître dans les alliances que cette famille contracte. La dot revient toujours à la famille qui l'a versée en premier.

Voir aussi : Initiation

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Le contrat de mariage

Par Stéphane Cosson le 26 avril 2006 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Je vous ai décrit la fois dernière ce qui se passait avant l'intervention du notaire.

Voyons maintenant ce qui se passe quand il vient.

Le contrat de mariage est un point important. Là encore, comme pour le choix de l'oustal, il s'agit de ne pas se tromper. Si le fiancé est assez souvent présent, la fiancée n'a pas souvent le droit au chapitre et ne sera alors prévenue qu'une fois l'acte passé. Ce qui peut entraîner la résiliation de l'acte (on parle alors de cancellation). Si elle veut canceller, elle a deux mois en moyenne pour le faire.

La cancellation peut être aussi à l'initiative du fiancé ou d'un de ses parents, si tout compte fait, le montant de la dot ne convient plus.

D'autres personnes assistent aussi à cette cérémonie :

  • les témoins venus avec le notaire
  • la famille proche  du fiancé : frères, oncles, beaux-frères, cousins
  • la famille proche de la fiancée

Enfin, il peut arriver qu'avant le contrat, la fiancée fasse trois sommations respectueuses à ses parents, leur demandant devant notaire de lui donner son accord.

Quels arrangements proposaient les notaires ?

Si le fiancé est l'héritier (il l'apprend souvent à ce moment-là, ses frères et soeurs sont alors fixés sur leur sort en même temps), ses parents pouvaient lui faire donation de "tous et chacun de leurs biens avec les charges et dettes" en découlant et à la condition expresse que les nouveaux mariés vivent "à même pot et même feu " que les parents. Bien évidemment, en cas de désaccord entre les parties, les héritiers sont tenus de payer une pension viagère annuelle aux parents qui se réservent alors la moitié des biens donnés.

Dans le cas où il n'est pas héritier, deux solution s'offrent à lui : épouser une héritière ete partir "en gendre" chez les beaux-parents, épouser une cadette et louer une maison ou une propriété quelque part (ses parents peuvent en être propriétaires mais ce n'est absolument pas une obligation).

Vient ensuite les droits d'augment et de contre-augment. L'augment est la garantie offerte par le fiancé à sa future d'une situation après son décès : selon la coutume d'Albi (que j'ai plus particulièrement étudié), l'augment était la moitié de la dot de la future. Le contre-augment est la garantie offerte par la fiancée à son futur d'une situation après son décès : il vaut le quart de la dot de la future dans la coutume d'Albi. Souvent, augment et contre-augment comprend de quoi se vêtir, se nourrir et se loger dans la plupart des cas.

Voir aussi : Initiation

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Choix du conjoint sous l'Ancien Régime

Par Stéphane Cosson le 24 avril 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

J'ai constaté que, le plus souvent, les personnes qui consultent les contrats de mariage s'arrêtent aux noms des parents et n'entrent pas dans le corps du texte. ET pourtant, on peut en apprendre beaucoup sur la manière dont nos ancêtres vivaient.

Mais avant de passer chez le notaire, il fallait choisir le conjoint. Et ce n'était pas une mince affaire. Voyons comment cela se passait dans le Midi Toulousain.

La question matrimoniale est fondamentale sous l'Ancien Régime. Nous sommes dans une société où l'homme a la position sociale de son oustal à assumer. La mémoire villageoise conserve le nom des lignées, leur histoire, leur extension territoriale. La lignée a plus d'importance que l'individu. Se mésallier serait lui faire injure et rejaillirait sur ses descendants.  Il ne peut donc se permettre de choisir en toute liberté son conjoint. Dans cette situation, l'amour entre peu en considération.

On croit souvent que c'était une pratique réservée aux nobles mais en fait tout le monde agissait ainsi. Le choix du conjoint est laissé à la sagacité des parents. C'est une affaire qui demande beaucoup de prudence et de diplomatie, de subtiles tractations l'air de rien, éliminant si possible les oustals rivaux.

Tout d'abord, évaluer la fortune de chacun des oustals possibles, tâter sa réputation. Il est hors de propos d'aller chercher conjoint dans un oustal de niveau de vie inférieur. Le marieur est très utile : il connaît tout le monde, est experts à jauger les comportements et les fortunes. Si le mariage est conclu grâce à lui, surtout ne pas oublier de lui faire un petit cadeau. Sinon, il vous fait une réputation !

Ensuite, les parents se rendent visite : montrer son bien, s'accorder sur ce qui reviendra à l'un et à l'autre, choisir les conjoints éventuels. Bref tout faire pour se mettre d'accord sur les modalités de l'alliance future. A demi-mot, bien sûr, car tout est affaire de gestes codifiés.

Une fois tout le monde d'accord, on peut passer à l'étape suivante : le contrat de mariage !

Voir aussi : Initiation

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Une notion typique du Midi de la France : L'oustal

Par Stéphane Cosson le 23 avril 2006 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Au cours de mes rencontres aux Archives Départementales, ou des réunions que je peux animer, j'ai souvent des gens qui viennent vers moi en me disant : "Je ne comprends pas, les enfants ne portent pas le nom du père mais celui de la mère ", "Mais pourquoi ils prennent un surnom qui est un autre nom de famille ?" ou toute autre phrase de ce genre. Cela les perturbe beaucoup et peut les arrêter dans leurs recherches.

Je leur dis que souvent, il faut aller chercher l'explication du côté de l'oustal. Mais un oustal c'est quoi exacte