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Les armoiries de la famille de Berne (3)

Par Stéphane Cosson le 25 janvier 2007 | (2) Commentaires | Permalink

Ils me l'ont écartelé ! J'étais en train de rechercher toujours une preuve de l'origine de cette famille de mes ancêtres à partir de leur blason quand je découvre d'autres armoiries de cette famille que je ne connaissais pas. Et ils me l'ont écartelé ! Zut alors ! Et maintenant qu'est-ce que je fais ?

Bon, procédons par ordre. Qu'est-ce qu'elles me disent ces armoiries ?

En un et en quatre, j'ai l'ours bernois. Je connais, j'en sais pas plus mais je connais.

En deux, je trouve :

De sinople au pal componé d'argent et de sable.

En trois, le blason est le suivant :

D'azur au dextrochère de carnation brassardé d'argent armé d'une épée antique d'argent garnie d'or, la pointe haute et mouvant du flanc senestre.

Mais d'où elles sortent ces armoiries ? J'avais déjà des difficultés avec mon ours bernois, en voilà d'autres. Je vais reprendre lentement et oublier Renaud de Berne qui, à mon avis, de plus en plus est un personnage imaginaire, inventé de toutes pièces par les héraldistes.

Reprenons les armoiries que je connais de cette famille. La plupart portent l'ours bernois. Une branche, la branche aînée, branche éteinte au XIXe siècle, porte celle que je viens de découvrir "de sinople au pal componé d'argent et de sable". Une branche cadette, apparue aau début du XVIIe siècle et actuellement éteinte, a eu la bonne idée de sculpter  les armoiries au fronton de son château. Je n'ai pas les émaux, mais il y a un pal et celui-ci est d'une seule couleur. Brisure du blason originel ? Je sais aussi que l'endroit où se situe le blason est la partie la plus ancienne du château et qu'il représente les armes du bâtisseur et de sa femme qui sont en parti.

Cela fleure bon. Sans doute suis-je sur la bonne piste. Modifions mes hypothèses de départ.

A mon avis, l'ours bernois est tout aussi fantaisiste que Renaud de Berne. Il a été vraisemblablement attribué à une famille qui n'a pu donner aux héraldistes du Roi ni ses origines précises, ni son blason.

A mon avis, de sinople au pal d'argent (ou de sable) est le blason originel. C'est à confirmer bien sûr. Je ne suis pas sûr qu'un jour je trouverais une preuve probante, inattaquable. Mais l'ours bernois pour une famille qui me semble être typiquement occitane et tarnaise ne me plaît pas du tout.

Quant au blason écartelé en trois, c'est sans doute le rappel d'une alliance prestigieuse.Mais laquelle  ? Et depuis quand ce blason est-il écartelé ? Pour le moment, je n'en sais rien.

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Les armoiries de la famille de Berne (2)

Par Stéphane Cosson le 20 janvier 2007 | (0) Commentaires | Permalink

Bon, ma seule certitude c'est que je n'en ai pas. C'est pas fait pour me faire avancer tout cela.

Allez zou Galinette ! A toi le rat de bibliothèque ! Pas d'autres solutions pour essayer de comprendre !

La plus ancienne représentation de l'ours bernois qui soit encore existante et datable se trouve sur le chapiteau d'une colonne de l'Hôtel de Ville de Berne : 1412-1413. Mais elle est sans les émaux !  Y en aurait-il une avec les émaux ? Oui ! Sur un magnifique pavois du XIVe siècle, indatable !

Bon eh bien, y a plus qu'à se tourner vers d'autres sources... Les sceaux peut-être ? Gagné, à partir de 1224, mais toujours sans les émaux ! Les pièces de monnaie ? Même résultat ! Une chanson de gestes peut-être ? Ce sera la Chanson de Gugler, créée peu après 1375. Elle nous dit ceci :

L'écu de Berne est si réussi

Avec dessus ses traits colorés :

Le premier est rouge, le médian jaune.

Au milieu, impavide, se tient

Un ours tout noir et bien dessiné :

De griffes rouges il est armé,

Sa robe est plus noire que charbon,

Il aura pour seul butin la gloire.

Ce blason est donc bien connu. Mais l'est-il hors de Suisse ? Direction les drapeaux bernois ! Ben, oui, il faut faire feu de tout bois ! Le drapeau à l'ours n'est connu qu'au travers de miniatures et de vitraux. Cela ne veut pas dire qu'on s'en est servi. Le pennon bernois peut être ? Il a servi, avec certitude, de bannière de ralliement dès le XIVe siècle et il est connu aussi par les insignes.

Que nous disent aussi les livres consultés ? Qu'il n'existe aucune législation protégeant l'héraldique à Berne. Donc... Les armoiries pouvaient être récupérées sans aucune crainte par des familles étrangères à la Suisse. Je vais peut-être arriver à comprendre.

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Généalogistes : Anecdotes de Professionnels

Par Stéphane Cosson le 19 janvier 2007 | (0) Commentaires | Permalink

Généalogistes : anecdotes de professionnels est le titre de l'ouvrage que vous pouvez désormais commander aux Editions En Famille (40 rue Marcellin Berthelot 92700 Colombes). De quoi s'agit-il exactement ?

Si vous vous souvenez bien, je vous avais parlé d'une certaine "Etape Trois" il y a quelques temps ... Mais si rappelez-vous ... C'était en un temps pas si lointain...

Bref, tout cela pour vous dire que cette "Etape Trois", comme le pensait Guillaume, était bien un ouvrage. Il a été écrit par neuf membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels (mais c'est un pur hasard dû simplement au fait que, appartenant à la même chambre syndicale, nous nous connaissons plus ou mieux que nous ne connaissons ceux des autres chambres) : deux successoraux et sept familiaux. Ah, oui ! S'il y a égalité entre les deux branches de la profession, il n'y a pas encore entièrement parité. Mais cela devrait venir.

Vous y trouverez 25 histoires, toutes différentes. Personnellement, j'ai écrit quatre de celles-ci et fourni deux dessins (au crayon à papier s'il vous plaît, donc noir et blanc) ainsi qu'une photo.

Notre but ? Comme le rappelle Jérôme Malhache, dans sa préface, ainsi que dans sa postface, c'est de faire connaître mieux notre métier, les différences entre les deux branches.

Sans vouloir me vanter, mais lisez le texte de Xavier Guillemot, généalogiste successoral, et lisez le mien sur la famille Lemajeur. Vous verrez, nous sommes vraiment dans deux optiques différentes. Et pourtant nous exerçons la même profession. Même profession, mais pas même métier !

Un texte qui a plu  à tous les auteurs : Quand Monsieur Dreyfuss épouse Mademoiselle Aurore Jaccusse. Cela ne vous rappelle rien ? Et pourtant, souvenez-vous, le 13 janvier 1898, un certain Emile Zola qui signe, dans le journal l'Aurore, un texte pour Dreyfus intitulé "J'accuse !". Vous me direz ce que vous en pensez ! Il y a de  ces coïncidences de l'Histoire parfois ! Merci à Jean-Michel Marchand, généalogiste successoral, pour cette anecdote. Et vous avez 25 anecdotes ainsi...

Ah, peut-être, un dernier détail : 15 €. Vous me direz ce que vous en pensez ! J'attends vos commentaires à son sujet !

Honte à moi ! J'ai omis de vous signaler les autres auteurs ! Il s'agit de Laurence Abensur-Hazan, Jean-François Aupetitgendre, Annie Bouyer-Giroux, Jean-Pierre Cazaux, Xavier Guillemot, Jérôme Malhache et Jean-Michel Marchand.

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Les armoiries de la famille de Berne (1)

Par Stéphane Cosson le 18 janvier 2007 | (0) Commentaires | Permalink

La famille de Berne appartient à mes ancêtres. Eh bien oui, j'ai une famille noble dans mes ancêtres ! On a beaucoup écrit sur elle, beaucoup de bétises surtout. Je vous raconterais un jour comment on peut vérifier les sources écrites si cela vous intéresse.

Lors de mes recherches, je me suis intéressé à leurs armoiries : de quelle origine étaient-ils ? Suisse ? Purement tarnais ? Et si leurs armoiries pouvaient me donner une partie de la réponse ?

Selon l'annuaire de la noblesse de France, la famille est d'origine suisse, installée en France à la fin du XIVe siècle avec Renaud de Berne, époux de Jeanne de Malartic (ou Yolande de Malortie ?). Les armoiries seraient celles de la ville d'origine de Renaud. Le Cabinet des titres, pièces originales, volume 305, à la Bibliothèque Nationale, nous donne celles-ci :

De gueules à une bande d'or chargée d'un ours de sable.

Qu'en est-il exactement ? Ces armoiries confirment-elles leurs origines ? Ou bien, au contraire, leur ont-elles été attribuéesparce qu'elles étaient parlantes pour des héraldistes bien ignorants de la prononciation occitane ?

Si Renaud de Berne est Suisse, ce qui après tout est possible, il nous faut trouver des preuves ou des hypothèses le confirmant. De 1346, date de la bataille de Crécy, à 1453, date de l'alliance entre la Suisse et la France et l'apparition des premiers gardes suisses, des milliers de jeunes gens aventuriers franchirent les cols alpins pour des champs de bataille lointains. Ils espéraient y trouver gloire et fortune, n'hésitant pas à braver les interdictions Cantonales. Renaud de Berne, s'il a existé, appartenait peut-être à ceux-ci.

Un autre fait vient confirmer cette hypothèse suisse. Dans un ouvrage intitulé Fontes Rerum Bernensium, j'ai retrouvé plusieurs personnes portant le patronyme Von Bern. Hélas, aux dates où ils apparaissent, il est impossible de savoir s'il s'agit véritablement d'un nom de famille ou plutôt d'un surnom donnant leur lieu d'origine et permettant de les distinguer d'homonymes.

Mais alors, quelles certitudes avons-nous ?

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Pas de nègres dans la famille de René ?

Par Stéphane Cosson le 5 novembre 2006 | (0) Commentaires | Permalink

J'avais rendez-vous avec un de mes clientes. J'étais en train de lui présenter mon rapport quand, pour une de ses ancêtres, elle s'est mise à me raconter une histoire. Bien évidemment, cette histoire était impossible à trouver dans mes recherches.

Elle a accepté que je vous la raconte en modifiant les noms et les dates.

René était un ancien militaire de carrière. Nous sommes vers le milieu du XIXe siècle. René était devenu militaire parce que son père avait été porté disparu lors d'une guerre. C'était une manière pour lui de renouer avec Père.

René avait eu plusieurs garçons de son mariage. Il avait décidé que l'un d'eux serait militaire comme lui. Comme lui aussi, le fils qu'il avait choisi pour lui succéder dans l'armée serait envoyé dans les colonies. Ce garçon, ce fut son dernier-né : Victor.

Victor n'était pas trop enthousiaste de devenir militaire. Mais il n'osait pas aller à l'encontre de la volonté paternelle. Il partit donc sept ans à Madagascar.

Là, il rencontra une jeune et accorte indigène. Victor se mit en ménage avec elle et en eut une petite fille : Aimée. Au bout de ses sept années, Victor est rappelé en métropole, muté ailleurs. Il ne veut pas laisser à Madagascar sa compagne et sa fille. il écrit donc à son père pour lui demander l'autorisation de se marier et de rentrer avec elles en métropole.

C'est mal connaître René qui lui répond très sèchement, d'une seule phrase : "Pas de nègres dans ma famille !" On ne pouvait être plus clair. Victor repart donc seul.

Revenu en métropole, pour les oublier, il fréquente un temps les filles de mauvaise vie. René l'apprend et se déplace pour remettre son fils dans le droit chemin manu militari. René ordonne aussi à Victor de se marier avec quelqu'une comme il faut.

Victor continue d'obéir à son père. Il rencontre alors Appolonie, une jeune fille de 20 ans. Elle ne plaît pas trop à René mais, bon, il accepte que Victor l'épouse. Elle saura bien calmer son niais de fils.

Ma cliente ne comprenait pas pourquoi René n'avait en fait jamais accepté Appolonie. Les naissances des enfants de Victor et d'Appolonie n'avaient rien changé. Il y avait incompatibilité d'humeur entre les deux.

Tout en discutant, elle pointe du doigt Appolonie et Victor sur l'arbre généalogique déplié. Et là, j'arrête ma cliente. Je n'ai jamais vu un visage s'éclairer autant et aussi vite.

Savez-vous quel était le nom de famille d'Appolonie ? ... Nègre, bien sûr ! Un joli pied de nez du destin, non ?

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Le divorce aux cèpes

Par Stéphane Cosson le 21 octobre 2006 | (2) Commentaires | Permalink

Pour une fois, histoire de changer un petit peu d'air, j'avais envie de vous raconter une anecdote trouvée au cours de mes recherches. Elle m'a semblé tellement particulière que j'ai eu envie de vous la faire partager.

Je l'ai intitulée : le divorce aux cèpes.

Nous sommes en 1885, le divorce vient d'être autorisé à nouveau. Césaire est marié à Orancie, demoiselle de bonne famille, catholique pratiquante, de qui il a eu six enfants.  Mais Césaire s'ennuie avec Orancie et est donc allé voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Il a rencontré une demoiselle accorte, plaisante, et, à cette époque où la contraception est quasi-inexistante, il est arrivé ce qui devait arriver : ladite demoiselle a accouché d'une petite Justine.

Césaire est bien embêté mais reconnaît l'enfant comme lui appartenant, née de ses oeuvres. Cette naissance, à laquelle il ne s'attendait pas du tout, a été un déclic pour lui. Césaire demande le divorce et quitte le domicile conjugal pour s'installer avec la maman de Justine. Catastrophe pour Orancie !

J'ai pu retrouver les négociations entre Césaire et Orancie, notamment ce qu'a écrit Orancie pour faire changer son mari d'avis. Elle traite bien sûr la demoiselle de gourgandine, de courtisane et la voue aux gémonies. Il est hors de question pour Orancie d'accepter ce que lui demande son mari. Divorcer, jamais ! Sa religion le lui interdit. Et puis quelle honte pour leurs enfants ! Qui voudrait s'unir avec un enfant de divorcé ? Personne bien sûr ! Veut-il vraiment cela pour ses enfants ? Elle est persuadée que non.

Une partie de ses divers courriers m'a intrigué. Orancie demande à son mari de revenir, qu'elle veut bien accepter la séparation de corps de bien, à la rigueur, mais pas plus. Et surtout, elle a pris un avocat à qui elle écrit son incompréhension. Son Césaire a quitté le domicile conjugal, certes, mais... il a laissé toutes ses affaires. Il n'a rien déménagé ! La seule chose qu'il a emporté avec lui ? Des conserves de cèpes ! Et rien d'autre ! Certes, il les avait fait cueillir. Mais sans plus. Ce n'est pas à un homme de s'en occuper ensuite. Cette tâche avait été réservée à la domesticité. Pourquoi ces conserves de cèpes ? Elle n'en sait rien. Va-t-il revenir ? Son avocat peut-il l'éclairer sur ce point ? Malheureusement, non !

Comment l'affaire s'est-elle terminée ? Césaire est revenu au domicile conjugal (avec les conserves de cèpes auxquelles il n'avait pas touché) mais... pas seul. Justine et sa mère l'accompagnaient. La séparation de corps et de bien a été prononcée. Et Orancie a continué de voir une autre faire des enfants à son mari après avoir obtenu ce qu'elle voulait. Mais à quel prix ?

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La métaphore de l'arbre

Par Stéphane Cosson le 11 octobre 2006 | (23) Commentaires | Permalink

Je viens de lire un article très intéressant, dans Le Monde 2, d'un botaniste spécialiste de la canopée tropicale. Les généalogistes emploient souvent la métaphore de l'arbre. Mais au vu de cet article, j'ai compris combien elle pouvait être riche, beaucoup plus que je ne le pensais.

Je vais essayer de résumer sa pensée, en fonction de ce dont je me souviens.

Pour lui, un arbre est un être vivant très méconnu de l'homme. Un être vivant qui possède un génome incroyable par rapport à celui de l'être humain, puisque selon les études qu'il a mené avec des biologistes, différentes branches d'un même arbre peuvent avoir des génomes légèrement différents, ce qui n'est pas le cas pour l'homme. toutes les cellules d'un même humain possèdent le même génome.

Un arbre est constitué de racines, d'un tronc et de la canopée. Les racines peuvent aller très loin dans la terre. si je reprends une autre image, c'est véritablement la face cachée de l'iceberg. Pour un arbre qu'il cite, le jujubier je  crois, l'arbre visible mesure environ deux mètres et les racines dans le sol 60 mètres. Les racines sont souvent méconnues, de même que la canopée. L'homme le plus souvent ne voit que le tronc. Deux éléments lui manquent donc pour l'appréhender complètement.

De même, un arbre a la maîtrise du temps. Certains ont plus de 43 000 ans. L'homme quant à lui  a la maîtrise de l'espace. Selon ce botaniste, la maîtrise du temps est plus importante que celle de l'espace car elle est moins dévastatrice.

La canopée est un monde vivant, méconnu (et le mot est plus que faible), riche de possiblités encore inconnues.

Chaque élément de l'arbre a son importance. En cas de tempête, la canopée est une prise idéale pour le vent. Le tronc la relie aux racines qui lui donnent une assise. Le tronc est constitué de matière qui peut s'avérer toxique mais qui protège la matière vivante qui peut circuler ainsi en toute liberté, sans crainte des ennemis.

Du point de vue généalogique, nous, humains du temps présent, nous ne voyons aussi qu'une partie. Les recherches que nous menons ne sont que les éléments d'une chaîne. Il y a dans les archives plus de lacunes que de documents consultables. Et pourtant nos ancêtres ne sont pas nés ex nihilo avec Villers-Cotterets. Seulement ils ont laissé peu de traces. Mais ils sont bien là, indispensables pour que nous puissions exister.

Notre canopée à nous c'est le futur, les générations qui se rajoutent et que nous ne connaîtrons jamais. Quelle trace allons-nous laisser avec nos recherches ? Bien malin qui pourra le prédire avec certitude. Dans ce domaine, nous sommes tous des Paco Rabanne.

Je crois que ce que nous faisons est aussi très méconnu à la fois de nous et de ceux qui nous entourent. Essayons-nous de maîtriser le temps par nos recherches ? Peut-être.

Se contenter des recherches, tracer le tronc avec des noms et des dates n'est pas du tout suffisant. Comme pour l'arbre véritable, nous n'appréhendons ainsi qu'une petite partie, la partie la plus visible. Qui s'occupera de notre canopée et de nos racines profondes, souterraines ? Comment pouvons-nous les connaître, les étudier et avoir ainsi une vision globale ? Vaste programme.

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Définition du métier d'archiviste

Par Stéphane Cosson le 13 septembre 2006 | (0) Commentaires | Permalink

En attendant l'heure de la levée, j'ai feuilleté un peu par hasard l'ouvrage de Caroline Piketty "Je cherche les traces de ma mère : Chronique des archives" paru aux éditions Autrement dans la collection Passions complices.

Caroline Piketty est archiviste. De 1997 à 2000, elle a travaillé au sein de la Mission d'étude sur la spoliation des Juifs en France.

Dans son ouvrage, pages 101 et 102, elle donne une définition de son métier que, personnellement, je trouve très belle.

Voici ce qu'elle écrit (Les paragraphes sont de mon fait) :

Lorsqu'il m'est demandé de présenter mon métier, j'hésite toujours à le décrire et oscille selon l'humeur entre deux professions connues, thérapeute ou concierge.

En principe, je préfère les concierges car elles embellissent le quotidien et leur curiosité gonflée de bavardages et de potins m'est très familière.

[...]

Du thérapeute, je m'approche sans être vraiment certaine de savoir panser les plaies trop profondes. Je franchis des passerelles, chargée des questions qui me sont posées, soulageant quelque peu ceux qui me les posent en les invitant  à passer le gué.

Personnellement, j'aime beaucoup le rapprochement entre archiviste et thérapeute. Il me semble que cette définition pourrait aussi s'appliquer à mon métier. Vraiment une très belle définition, fruit d'une réflexion profonde sur le pourquoi du métier, prise après beaucoup de recul.

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Ouvrage sur la paléographie

Par Stéphane Cosson le 26 mai 2006 | (1) Commentaires | Permalink

Roland de Tarragon a écrit un ouvrage sur la paléographie. Je ne sais exactement ce qu'il vaut car je ne l'ai pas eu entre les mains.

Toutefois, vu comment on peut galérer parfois à essayer de comprendre les pattes de mouches de nos ancêtres, je crois que cela valait la peine de vous le signaler. A vous de vous faire votre propre opinion.

Bien évidemment, comme tous les ouvrages, il donne les lettres de l'alhabet sous leurs différentes formes. Ce qui est toujours pratique. Qui sait qu'un V barré est en fait un R majuscule, par exemple ?

Il donne aussi des syllabes et éléments de mots, quelques particularités comme des lettres ajoutées à un mot ou utilisées à la place d'autres. Un exemple plus personnel : quand j'ai recherché la famille Frespuech dans le Tarn, qui aurait pris au départ les Furpuech, Prefuech ?

Bien évidemment aussi, l'ouvrage donne les abréviations indispensables. Pbre = prêtre !

L'ouvrage est accompagné d'un Cd-Rom, qui pourrait être considéré comme une sorte de didacticiel.

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Les origines de la famille de Toulouse-Lautrec

Par Stéphane Cosson le 22 mai 2006 | (2) Commentaires | Permalink

En 1981, Philippe Zalmen Ben-Nathan a soutenu une thèse de doctorat à l'Université de Toulouse Le Mirail portant sur La vicomté de Lautrec aux XIIIe et XIVe siècles : aspects économiques et sociaux du pouvoir public en Albigeois médiéval, sous la direction de Philippe Wolff. Il enseigne actuellement en Israël.

En 2002, dans Les Annales du Midi, il a publié un article sur les origines de la famille de Toulouse-Lautrec, notamment sur le fameux passage des Lautrec aux Toulouse.

C'est un résumé de cet article que je vous propose aujourd'hui.

A partir du XVIIe siècle, une tradition historique s'est mise en place : lors de la Croisade contre les Albigeois, la famille de Lautrec serait tombée en quenouille et aurait laissé place à une nouvelle famille : les Toulouse-Lautrec. Vers 1196 Alix de Lautrec, l'héritière de cette lignée de quatre siècles et demi, se serait mariée avec le frère du comte de Toulouse : Baudouin. Vu comment la maison de Toulouse a fini, il semble à l'auteur que les chroniqueurs de l'époque n'auraient pas manqué d'en parler. Or il n'en fut rien !

Philippe Zalmen Ben Nathan, au cours de ses recherches, a découvert une généalogie de cette famille, oeuvre de l'archiviste et chroniqueur fuxéen Michel du Bernis. Cette généalogie est plus ancienne que la tradition du XVIIe siècle : elle date en effet des années 1455. Cette généalogie se trouve aux Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques. C'est la plus ancienne actuellement connue (et la plus méconnue des auteurs, quels qu'ils soient, qui ont rédigé un jour sur cette famille). Michel du Bernis est réputé pour être quelqu'un d'absolument fiable dans ce qu'il affirme, s'appuyant sur les documents en sa possession.

Cette généalogie permet de démontrer que,  le mariage d'Alix de Lautrec et de Baudouin de Toulouse réel ou supposé, le lien avec la famille de Toulouse ne se fait pas par eux. Les enfants supposés de ce couple sont, selon Michel du Bernis, les enfants de Frotard III de Lautrec, donné par tous les auteurs comme mort sans postérité.

Ce fait appelle en moi une autre réflexion : toujours vérifier à la source les dires des personnes. Ne pas se contenter de ce qu'ils affirment. Il n'y a que comme cela que la généalogie peut avancer, progresser et que des mythes peuvent s'arrêter ou ne plus se répandre.

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