Généalogistes : Anecdotes de Professionnels
Par Stéphane Cosson le 19 janvier 2007
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Généalogistes : anecdotes de professionnels est le titre de l'ouvrage que vous pouvez désormais commander aux Editions En Famille (40 rue Marcellin Berthelot 92700 Colombes). De quoi s'agit-il exactement ?
Si vous vous souvenez bien, je vous avais parlé d'une certaine "Etape Trois" il y a quelques temps ... Mais si rappelez-vous ... C'était en un temps pas si lointain...
Bref, tout cela pour vous dire que cette "Etape Trois", comme le pensait Guillaume, était bien un ouvrage. Il a été écrit par neuf membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels (mais c'est un pur hasard dû simplement au fait que, appartenant à la même chambre syndicale, nous nous connaissons plus ou mieux que nous ne connaissons ceux des autres chambres) : deux successoraux et sept familiaux. Ah, oui ! S'il y a égalité entre les deux branches de la profession, il n'y a pas encore entièrement parité. Mais cela devrait venir.
Vous y trouverez 25 histoires, toutes différentes. Personnellement, j'ai écrit quatre de celles-ci et fourni deux dessins (au crayon à papier s'il vous plaît, donc noir et blanc) ainsi qu'une photo.
Notre but ? Comme le rappelle Jérôme Malhache, dans sa préface, ainsi que dans sa postface, c'est de faire connaître mieux notre métier, les différences entre les deux branches.
Sans vouloir me vanter, mais lisez le texte de Xavier Guillemot, généalogiste successoral, et lisez le mien sur la famille Lemajeur. Vous verrez, nous sommes vraiment dans deux optiques différentes. Et pourtant nous exerçons la même profession. Même profession, mais pas même métier !
Un texte qui a plu à tous les auteurs : Quand Monsieur Dreyfuss épouse Mademoiselle Aurore Jaccusse. Cela ne vous rappelle rien ? Et pourtant, souvenez-vous, le 13 janvier 1898, un certain Emile Zola qui signe, dans le journal l'Aurore, un texte pour Dreyfus intitulé "J'accuse !". Vous me direz ce que vous en pensez ! Il y a de ces coïncidences de l'Histoire parfois ! Merci à Jean-Michel Marchand, généalogiste successoral, pour cette anecdote. Et vous avez 25 anecdotes ainsi...
Ah, peut-être, un dernier détail : 15 €. Vous me direz ce que vous en pensez ! J'attends vos commentaires à son sujet !
Honte à moi ! J'ai omis de vous signaler les autres auteurs ! Il s'agit de Laurence Abensur-Hazan, Jean-François Aupetitgendre, Annie Bouyer-Giroux, Jean-Pierre Cazaux, Xavier Guillemot, Jérôme Malhache et Jean-Michel Marchand.
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Les armoiries de la famille de Berne (1)
Par Stéphane Cosson le 18 janvier 2007
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La famille de Berne appartient à mes ancêtres. Eh bien oui, j'ai une famille noble dans mes ancêtres ! On a beaucoup écrit sur elle, beaucoup de bétises surtout. Je vous raconterais un jour comment on peut vérifier les sources écrites si cela vous intéresse.
Lors de mes recherches, je me suis intéressé à leurs armoiries : de quelle origine étaient-ils ? Suisse ? Purement tarnais ? Et si leurs armoiries pouvaient me donner une partie de la réponse ?
Selon l'annuaire de la noblesse de France, la famille est d'origine suisse, installée en France à la fin du XIVe siècle avec Renaud de Berne, époux de Jeanne de Malartic (ou Yolande de Malortie ?). Les armoiries seraient celles de la ville d'origine de Renaud. Le Cabinet des titres, pièces originales, volume 305, à la Bibliothèque Nationale, nous donne celles-ci :
De gueules à une bande d'or chargée d'un ours de sable.
Qu'en est-il exactement ? Ces armoiries confirment-elles leurs origines ? Ou bien, au contraire, leur ont-elles été attribuéesparce qu'elles étaient parlantes pour des héraldistes bien ignorants de la prononciation occitane ?
Si Renaud de Berne est Suisse, ce qui après tout est possible, il nous faut trouver des preuves ou des hypothèses le confirmant. De 1346, date de la bataille de Crécy, à 1453, date de l'alliance entre la Suisse et la France et l'apparition des premiers gardes suisses, des milliers de jeunes gens aventuriers franchirent les cols alpins pour des champs de bataille lointains. Ils espéraient y trouver gloire et fortune, n'hésitant pas à braver les interdictions Cantonales. Renaud de Berne, s'il a existé, appartenait peut-être à ceux-ci.
Un autre fait vient confirmer cette hypothèse suisse. Dans un ouvrage intitulé Fontes Rerum Bernensium, j'ai retrouvé plusieurs personnes portant le patronyme Von Bern. Hélas, aux dates où ils apparaissent, il est impossible de savoir s'il s'agit véritablement d'un nom de famille ou plutôt d'un surnom donnant leur lieu d'origine et permettant de les distinguer d'homonymes.
Mais alors, quelles certitudes avons-nous ?
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Pas de nègres dans la famille de René ?
Par Stéphane Cosson le 5 novembre 2006
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J'avais rendez-vous avec un de mes clientes. J'étais en train de lui présenter mon rapport quand, pour une de ses ancêtres, elle s'est mise à me raconter une histoire. Bien évidemment, cette histoire était impossible à trouver dans mes recherches.
Elle a accepté que je vous la raconte en modifiant les noms et les dates.
René était un ancien militaire de carrière. Nous sommes vers le milieu du XIXe siècle. René était devenu militaire parce que son père avait été porté disparu lors d'une guerre. C'était une manière pour lui de renouer avec Père.
René avait eu plusieurs garçons de son mariage. Il avait décidé que l'un d'eux serait militaire comme lui. Comme lui aussi, le fils qu'il avait choisi pour lui succéder dans l'armée serait envoyé dans les colonies. Ce garçon, ce fut son dernier-né : Victor.
Victor n'était pas trop enthousiaste de devenir militaire. Mais il n'osait pas aller à l'encontre de la volonté paternelle. Il partit donc sept ans à Madagascar.
Là, il rencontra une jeune et accorte indigène. Victor se mit en ménage avec elle et en eut une petite fille : Aimée. Au bout de ses sept années, Victor est rappelé en métropole, muté ailleurs. Il ne veut pas laisser à Madagascar sa compagne et sa fille. il écrit donc à son père pour lui demander l'autorisation de se marier et de rentrer avec elles en métropole.
C'est mal connaître René qui lui répond très sèchement, d'une seule phrase : "Pas de nègres dans ma famille !" On ne pouvait être plus clair. Victor repart donc seul.
Revenu en métropole, pour les oublier, il fréquente un temps les filles de mauvaise vie. René l'apprend et se déplace pour remettre son fils dans le droit chemin manu militari. René ordonne aussi à Victor de se marier avec quelqu'une comme il faut.
Victor continue d'obéir à son père. Il rencontre alors Appolonie, une jeune fille de 20 ans. Elle ne plaît pas trop à René mais, bon, il accepte que Victor l'épouse. Elle saura bien calmer son niais de fils.
Ma cliente ne comprenait pas pourquoi René n'avait en fait jamais accepté Appolonie. Les naissances des enfants de Victor et d'Appolonie n'avaient rien changé. Il y avait incompatibilité d'humeur entre les deux.
Tout en discutant, elle pointe du doigt Appolonie et Victor sur l'arbre généalogique déplié. Et là, j'arrête ma cliente. Je n'ai jamais vu un visage s'éclairer autant et aussi vite.
Savez-vous quel était le nom de famille d'Appolonie ? ... Nègre, bien sûr ! Un joli pied de nez du destin, non ?
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Le divorce aux cèpes
Par Stéphane Cosson le 21 octobre 2006
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Pour une fois, histoire de changer un petit peu d'air, j'avais envie de vous raconter une anecdote trouvée au cours de mes recherches. Elle m'a semblé tellement particulière que j'ai eu envie de vous la faire partager.
Je l'ai intitulée : le divorce aux cèpes.
Nous sommes en 1885, le divorce vient d'être autorisé à nouveau. Césaire est marié à Orancie, demoiselle de bonne famille, catholique pratiquante, de qui il a eu six enfants. Mais Césaire s'ennuie avec Orancie et est donc allé voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Il a rencontré une demoiselle accorte, plaisante, et, à cette époque où la contraception est quasi-inexistante, il est arrivé ce qui devait arriver : ladite demoiselle a accouché d'une petite Justine.
Césaire est bien embêté mais reconnaît l'enfant comme lui appartenant, née de ses oeuvres. Cette naissance, à laquelle il ne s'attendait pas du tout, a été un déclic pour lui. Césaire demande le divorce et quitte le domicile conjugal pour s'installer avec la maman de Justine. Catastrophe pour Orancie !
J'ai pu retrouver les négociations entre Césaire et Orancie, notamment ce qu'a écrit Orancie pour faire changer son mari d'avis. Elle traite bien sûr la demoiselle de gourgandine, de courtisane et la voue aux gémonies. Il est hors de question pour Orancie d'accepter ce que lui demande son mari. Divorcer, jamais ! Sa religion le lui interdit. Et puis quelle honte pour leurs enfants ! Qui voudrait s'unir avec un enfant de divorcé ? Personne bien sûr ! Veut-il vraiment cela pour ses enfants ? Elle est persuadée que non.
Une partie de ses divers courriers m'a intrigué. Orancie demande à son mari de revenir, qu'elle veut bien accepter la séparation de corps de bien, à la rigueur, mais pas plus. Et surtout, elle a pris un avocat à qui elle écrit son incompréhension. Son Césaire a quitté le domicile conjugal, certes, mais... il a laissé toutes ses affaires. Il n'a rien déménagé ! La seule chose qu'il a emporté avec lui ? Des conserves de cèpes ! Et rien d'autre ! Certes, il les avait fait cueillir. Mais sans plus. Ce n'est pas à un homme de s'en occuper ensuite. Cette tâche avait été réservée à la domesticité. Pourquoi ces conserves de cèpes ? Elle n'en sait rien. Va-t-il revenir ? Son avocat peut-il l'éclairer sur ce point ? Malheureusement, non !
Comment l'affaire s'est-elle terminée ? Césaire est revenu au domicile conjugal (avec les conserves de cèpes auxquelles il n'avait pas touché) mais... pas seul. Justine et sa mère l'accompagnaient. La séparation de corps et de bien a été prononcée. Et Orancie a continué de voir une autre faire des enfants à son mari après avoir obtenu ce qu'elle voulait. Mais à quel prix ?
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La métaphore de l'arbre
Par Stéphane Cosson le 11 octobre 2006
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Je viens de lire un article très intéressant, dans Le Monde 2, d'un botaniste spécialiste de la canopée tropicale. Les généalogistes emploient souvent la métaphore de l'arbre. Mais au vu de cet article, j'ai compris combien elle pouvait être riche, beaucoup plus que je ne le pensais.
Je vais essayer de résumer sa pensée, en fonction de ce dont je me souviens.
Pour lui, un arbre est un être vivant très méconnu de l'homme. Un être vivant qui possède un génome incroyable par rapport à celui de l'être humain, puisque selon les études qu'il a mené avec des biologistes, différentes branches d'un même arbre peuvent avoir des génomes légèrement différents, ce qui n'est pas le cas pour l'homme. toutes les cellules d'un même humain possèdent le même génome.
Un arbre est constitué de racines, d'un tronc et de la canopée. Les racines peuvent aller très loin dans la terre. si je reprends une autre image, c'est véritablement la face cachée de l'iceberg. Pour un arbre qu'il cite, le jujubier je crois, l'arbre visible mesure environ deux mètres et les racines dans le sol 60 mètres. Les racines sont souvent méconnues, de même que la canopée. L'homme le plus souvent ne voit que le tronc. Deux éléments lui manquent donc pour l'appréhender complètement.
De même, un arbre a la maîtrise du temps. Certains ont plus de 43 000 ans. L'homme quant à lui a la maîtrise de l'espace. Selon ce botaniste, la maîtrise du temps est plus importante que celle de l'espace car elle est moins dévastatrice.
La canopée est un monde vivant, méconnu (et le mot est plus que faible), riche de possiblités encore inconnues.
Chaque élément de l'arbre a son importance. En cas de tempête, la canopée est une prise idéale pour le vent. Le tronc la relie aux racines qui lui donnent une assise. Le tronc est constitué de matière qui peut s'avérer toxique mais qui protège la matière vivante qui peut circuler ainsi en toute liberté, sans crainte des ennemis.
Du point de vue généalogique, nous, humains du temps présent, nous ne voyons aussi qu'une partie. Les recherches que nous menons ne sont que les éléments d'une chaîne. Il y a dans les archives plus de lacunes que de documents consultables. Et pourtant nos ancêtres ne sont pas nés ex nihilo avec Villers-Cotterets. Seulement ils ont laissé peu de traces. Mais ils sont bien là, indispensables pour que nous puissions exister.
Notre canopée à nous c'est le futur, les générations qui se rajoutent et que nous ne connaîtrons jamais. Quelle trace allons-nous laisser avec nos recherches ? Bien malin qui pourra le prédire avec certitude. Dans ce domaine, nous sommes tous des Paco Rabanne.
Je crois que ce que nous faisons est aussi très méconnu à la fois de nous et de ceux qui nous entourent. Essayons-nous de maîtriser le temps par nos recherches ? Peut-être.
Se contenter des recherches, tracer le tronc avec des noms et des dates n'est pas du tout suffisant. Comme pour l'arbre véritable, nous n'appréhendons ainsi qu'une petite partie, la partie la plus visible. Qui s'occupera de notre canopée et de nos racines profondes, souterraines ? Comment pouvons-nous les connaître, les étudier et avoir ainsi une vision globale ? Vaste programme.
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Définition du métier d'archiviste
Par Stéphane Cosson le 13 septembre 2006
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En attendant l'heure de la levée, j'ai feuilleté un peu par hasard l'ouvrage de Caroline Piketty "Je cherche les traces de ma mère : Chronique des archives" paru aux éditions Autrement dans la collection Passions complices.
Caroline Piketty est archiviste. De 1997 à 2000, elle a travaillé au sein de la Mission d'étude sur la spoliation des Juifs en France.
Dans son ouvrage, pages 101 et 102, elle donne une définition de son métier que, personnellement, je trouve très belle.
Voici ce qu'elle écrit (Les paragraphes sont de mon fait) :
Lorsqu'il m'est demandé de présenter mon métier, j'hésite toujours à le décrire et oscille selon l'humeur entre deux professions connues, thérapeute ou concierge.
En principe, je préfère les concierges car elles embellissent le quotidien et leur curiosité gonflée de bavardages et de potins m'est très familière.
[...]
Du thérapeute, je m'approche sans être vraiment certaine de savoir panser les plaies trop profondes. Je franchis des passerelles, chargée des questions qui me sont posées, soulageant quelque peu ceux qui me les posent en les invitant à passer le gué.
Personnellement, j'aime beaucoup le rapprochement entre archiviste et thérapeute. Il me semble que cette définition pourrait aussi s'appliquer à mon métier. Vraiment une très belle définition, fruit d'une réflexion profonde sur le pourquoi du métier, prise après beaucoup de recul.
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Ouvrage sur la paléographie
Par Stéphane Cosson le 26 mai 2006
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Roland de Tarragon a écrit un ouvrage sur la paléographie. Je ne sais exactement ce qu'il vaut car je ne l'ai pas eu entre les mains.
Toutefois, vu comment on peut galérer parfois à essayer de comprendre les pattes de mouches de nos ancêtres, je crois que cela valait la peine de vous le signaler. A vous de vous faire votre propre opinion.
Bien évidemment, comme tous les ouvrages, il donne les lettres de l'alhabet sous leurs différentes formes. Ce qui est toujours pratique. Qui sait qu'un V barré est en fait un R majuscule, par exemple ?
Il donne aussi des syllabes et éléments de mots, quelques particularités comme des lettres ajoutées à un mot ou utilisées à la place d'autres. Un exemple plus personnel : quand j'ai recherché la famille Frespuech dans le Tarn, qui aurait pris au départ les Furpuech, Prefuech ?
Bien évidemment aussi, l'ouvrage donne les abréviations indispensables. Pbre = prêtre !
L'ouvrage est accompagné d'un Cd-Rom, qui pourrait être considéré comme une sorte de didacticiel.
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Les origines de la famille de Toulouse-Lautrec
Par Stéphane Cosson le 22 mai 2006
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En 1981, Philippe Zalmen Ben-Nathan a soutenu une thèse de doctorat à l'Université de Toulouse Le Mirail portant sur La vicomté de Lautrec aux XIIIe et XIVe siècles : aspects économiques et sociaux du pouvoir public en Albigeois médiéval, sous la direction de Philippe Wolff. Il enseigne actuellement en Israël.
En 2002, dans Les Annales du Midi, il a publié un article sur les origines de la famille de Toulouse-Lautrec, notamment sur le fameux passage des Lautrec aux Toulouse.
C'est un résumé de cet article que je vous propose aujourd'hui.
A partir du XVIIe siècle, une tradition historique s'est mise en place : lors de la Croisade contre les Albigeois, la famille de Lautrec serait tombée en quenouille et aurait laissé place à une nouvelle famille : les Toulouse-Lautrec. Vers 1196 Alix de Lautrec, l'héritière de cette lignée de quatre siècles et demi, se serait mariée avec le frère du comte de Toulouse : Baudouin. Vu comment la maison de Toulouse a fini, il semble à l'auteur que les chroniqueurs de l'époque n'auraient pas manqué d'en parler. Or il n'en fut rien !
Philippe Zalmen Ben Nathan, au cours de ses recherches, a découvert une généalogie de cette famille, oeuvre de l'archiviste et chroniqueur fuxéen Michel du Bernis. Cette généalogie est plus ancienne que la tradition du XVIIe siècle : elle date en effet des années 1455. Cette généalogie se trouve aux Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques. C'est la plus ancienne actuellement connue (et la plus méconnue des auteurs, quels qu'ils soient, qui ont rédigé un jour sur cette famille). Michel du Bernis est réputé pour être quelqu'un d'absolument fiable dans ce qu'il affirme, s'appuyant sur les documents en sa possession.
Cette généalogie permet de démontrer que, le mariage d'Alix de Lautrec et de Baudouin de Toulouse réel ou supposé, le lien avec la famille de Toulouse ne se fait pas par eux. Les enfants supposés de ce couple sont, selon Michel du Bernis, les enfants de Frotard III de Lautrec, donné par tous les auteurs comme mort sans postérité.
Ce fait appelle en moi une autre réflexion : toujours vérifier à la source les dires des personnes. Ne pas se contenter de ce qu'ils affirment. Il n'y a que comme cela que la généalogie peut avancer, progresser et que des mythes peuvent s'arrêter ou ne plus se répandre.
Voir aussi : Livres
Branches roturières de familles nobles
Par Stéphane Cosson le 26 février 2006
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Au cours de mes recherches généalogiques, je suis tombé sur deux noms de famille bien particuliers : Bourbon et Lautrec. Dans les deux cas, il s'agissait de familles roturières. Dans les deux cas, ce nom m'a interpellé.
Je vais prendre l'exemple de la famille Lautrec tout d'abord.
En 1992 est paru aux éditions Christian un ouvrage intitulé « Les Comtes de Toulouse et leurs descendants les Toulouse-Lautrec : étude historique et généalogique, IXe – XXe siècles », sous la plume de Jacques-René Magné et Jean-Robert Dizel.
Au cours de mes recherches généalogiques personnelles, je suis plusieurs fois tombé sur le nom de famille Lautrec, avec ou sans particule, dans des lieux et avec des professions qui m’étonnaient : paysans, tisserands, couturiers, notaires, marchands, bourgeois parfois. Me référant à cet ouvrage, je ne trouvais mention d’eux nulle part. Qui étaient ces Lautrec que je pouvais rencontrer ? D’où venaient-ils ?
Ces branches se répartissent sur sept départements pour le moment : le Tarn, l’Hérault, l’Aveyron, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, l’Ariège et l’Aude.
Le nom de famille Lautrec a parfois été déformé : Lautrac, Lautret, Lautrey, Lautré, Delautre, Lautrex, Lautrets, Lautres. Tout dépend en fait comment le scripteur entendait le nom. Comme les porteurs de ce nom, pour la plupart, ne savaient ni lire ni écrire, ils n’ont pas fait modifier les erreurs.
Cette déformation du nom s’explique assez facilement. En effet, selon Jacques Astor, la lettre c a avancé son point d’articulation en t dans de nombreuses occasions. De même, la chute du c final est assez courante en Occitanie.
De même, toujours selon cet auteur, le e tonique latin, qu’il soit fermé ou ouvert, peut se transformer en a en français devant une nasale entravée.
Ainsi certains des Lautrec que j’ai trouvé avant la Révolution, écrits alors « Lautrec », sont devenus après la Révolution « Lautre ». C’est le cas notamment de ceux du Pont-de-Cirou, de Monestiés, dans le Tarn, ou de Pézenas, dans l’Hérault.
En outre, ne serait-ce que sur le Tarn, nous trouvons à la fois le nom de lieu Lautrec (la commune) et le nom de lieu Lautre. Quatre hameaux portent ce nom dans ce département : commune du Bes paroisse Notre Dame de Guior, commune d’Escroux paroisse Saint Pierre de Lacapelle, commune de Montredon-Labessonié paroisse Saint Salvy de Salclas et commune de Terre-Clapier paroisse Saint Salvy. Pour un au moins, il est situé proche des possessions de la famille de Toulouse-Lautrec. Cela ne serait qu’une coïncidence que ce serait pour le moins étonnant.
En ce qui concerne la famille Bourbon, pareillement, je les trouve dans des lieux où les branches nobles ont vécu, du moins les lieux que j'ai étudié actuellement en Midi-Pyrénées, où ce n'est pas vraiment un nom du cru. La coïncidence me paraît encore étonnant.
Ce qui m'a le plus surpris, cela a été les quelques mots rédigés par Hervé Pinoteau dans l'ouvrage de Patrick Van Kerrebrouck sur la famille noble. Hervé Pinoteau écrit : "Un bon nombre de personnes ont Bourbon comme patronyme et sans particule : ils sont probablement originaires d'un lieu-dit Bourbon, ou peut-être encore de familles ayant servi des Capétiens de ce nom."
Mais bien sûr ! Je vais le croire ! Surtout que, quand j'ai parcouru l'ouvrage de Patrick Van Kerrebrouck, j'ai constaté que la quasi-totalité des bâtards masculins de la famille noble des Bourbon n'ont pas eu de descendance, même s'ils étaient mariés. Ce qui est statistiquement impossible.
Pourquoi ne pas penser plutôt que ces bâtards ont eu une descendance tombée dans la roture, donc "inintéressante" pour les nobiliaires ?
Voir aussi : Livres
Ouvrage sur le métier de généalogiste
Par Stéphane Cosson le 30 janvier 2006
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Avez-vous constaté qu'il n'existe rien sur le métier de généalogiste ? J'ai beau chercher, je ne trouve rien. Ni à l'APCE, ni au CIDJ, ni à l'ONISEP. Rien non plus chez les éditeurs spécialistes.
Seule une notice existe dans le ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et Emplois).
Quelles pourraient en être les raisons ?
J'ai posé la question à Elisabeth Vinay, responsable des fiches professionnelles à l'APCE. Je lui ai même fait une proposition. Sa réponse fut la suivante :
Nous n'avons pas la généalogie comme priorité. Je garde cependant vos coordonnées au cas où nous aimerions disposer de l’information de façon résumée, non dans une fiche mais sur le site APCE à la rubrique sectorielle.
J'ai posé aussi la question au responsable de la Boutique de Gestion du Tarn CREER, qui suit mon dossier depuis que je suis installé et qui m'aide à prendre des décisions parfois difficiles. Il commence à bien connaître mon métier depuis bientôt trois ans que je lui en parle et qu'il me voit agir. Sa réponse fut très différente : la généalogie est un métier de niche. Ce qui l'intéresserait, lui et ses collègues, ce serait justement de trouver de l'information sur ces métiers de niche en général, pas sur les métiers plus communs dont tout le monde parle.
Seul le ROME, disais-je, présente une notice. La voici :
Conditions générales d'exercice de l'emploi/métier : Formation et expérience :Définition de l'emploi/métier :
Collecte, gère et met à la disposition des demandeurs d'informations ou des utilisateurs potentiels les ouvrages et la documentation générale ou spécialisée, en vue de satisfaire leurs besoins d'information, de formation, ou de loisir. Gère et enrichit un stock et un flux d'informations par des techniques documentaires appropriées. Après analyse des besoins, recherche, sélectionne, traite cette information, quel que soit le support. Elabore une gamme de produits communicants répondant aux besoins des usagers. Peut aussi réaliser, à la demande, des recherches ou des études sur des sujets spécifiques. Peut être appelé à effectuer la veille documentaire (surveillance de l'information innovante).
L'emploi/métier s'exerce dans les entreprises du secteur public ou privé, au sein d'un service spécialisé en documentation ou attaché à un service travaillant dans un domaine spécifique ou général. L'activité consiste à partager son temps entre les activités techniques spécifiques et l'accueil des usagers, dont il faut satisfaire les demandes dans les meilleurs délais. Les nouvelles technologies de l'information nécessitent de plus en plus la maîtrise de logiciels informatiques qui influent sur les activités en termes d'accès, de stockage, de diffusion et de production. L'activité s'effectue en interrelation avec les utilisateurs internes ou externes et le réseau de fournisseurs d'information. L'amplitude horaire du service est conditionnée par le secteur d'activité ou le type de public auquel il s'adresse.
Cet emploi/métier est généralement accessible à partir de formations dans le domaine information et documentation de niveau III (DUT information et communication options documentation d'entreprise ou métiers du livre, DEUST) ou de niveaux II et I (licence et maîtrise d'information et de documentation, DESS en documentation, diplôme supérieur des sciences et techniques de l'information et de la documentation, mastère spécialisé en management de l'information stratégique, certificat d'aptitude à la fonction de bibliothécaire). Dans la fonction publique, le recrutement s'effectue sur concours à partir de titres ou diplômes.
Quand j'ai lu cette notice, je me suis vraiment posé la question : parlait-on vraiment de mon métier ? Fonction publique, recrutement à partir de titres ou diplômes, service spécialisé de documentation... J'avais vraiment l'impression que la fiche ROME parlait du métier de documentaliste ou de bibliothécaire car à ma connaissance, il n'y a pas de diplôme pour ce métier, pas non plus de généalogiste fonctionnaire.
Il me semble qu'il y a là une grave lacune à combler, un gros effort pédagogique à faire vis-à-vis de nos partenaires. Je commence vraiment à comprendre l'utilité de la mise en place d'une norme professionnelle. Car cette notice me paraît être véritablement une hérésie, un non-sens. Elle est hors de la réalité de mon métier.
Pourquoi ne pas proposer un ouvrage expliquant concrètement le métier ? Y aurait-il un public pour cela ?
Voir aussi : Livres
