Les cartes délivrées par l'USGP
Par Stéphane Cosson le 2 juin 2011 | (2) Commentaires | Permalink
Une de mes correspondantes m'écrivait qu'elle recherchait de l'information sur le métier mais qu'elle en trouvait très peu, que ce soit sur Internet ou par le biais du Pôle Emploi.
Dans son site, l'USGP se qualifie d'être la référence en matière de généalogie professionnelle, d'être la principale organisation représentative. Loin de moi l'idée de vouloir lui enlever ce rôle. Mais je me suis dit qu'avec les informations qu'elle donnait, notamment par le biais de son annuaire, il devrait être possible de donner plus d'informations sur cette profession. Que peuvent nous dire les cartes délivrées annuellement par l'USGP ?
Tout d'abord, à ce jour, 409 cartes ont été délivrées en 2011. A 72%, le généalogiste est un homme (295 hommes pour 114 femmes), successoral (373 cartes successorales contre seulement 36 cartes familiales). Il a au plus 15 ans d'expérience dans le métier (78% des cartes donnent une date d'entrée postérieure à 1996, 40% se situant tout de même dans la tranche 2006-2011).
En regardant de plus près ces dates d'entrée, nous obtenons les résultats suivants :
- avant 1980 : 10
- 1980-1985 : 17
- 1986-1990 : 24
- 1991-1995 : 29
- 1996-2000 : 76
- 2001-2005 : 84
- 2006-2011 : 162
Nous avons donc apparemment trois palliers : un premier pallier jusqu'en 1995, un deuxième pallier de 1996 à 2005 et enfin les cinq dernières années qui implosent le compteur. Je peux me tromper, mais a priori, je dirais qu'il s'agit d'un secteur en expansion en terme d'emplois. Sinon, ce crescendo ne serait pas possible.
Si nous regardons de plus près le métier de généalogiste familial, à 53% c'est un métier féminin. 55% des familiaux ont une date d'entrée qui se situe dans les 10 dernières années, dont un tiers dans la tranche 2006-2011. Si nous avions des successoraux avant 1980, ce n'est pas le cas pour les familiaux. Ce qui recoupe bien d'autres sources par ailleurs disant que le métier est né dans le courant des années 1980.
On peut supposer que le métier de généalogiste familial a connu un fort turn-over. Il semblerait sur le point de se stabiliser. En effet, si nous regardons les dates d'entrée :
- 1980-1985 : 3
- 1986-1990 : 2
- 1911-1995 : 6
- 1996-2000 : 5
- 2001-2005 : 8
- 2006-2011 : 12
Nous n'avons une augmentation durable que depuis 1996. De 1980 à 1996, cela me semble très sinusoïdal.
Peut-être a-t-il fallu ce temps nécessaire pour que le métier commence à entrer dans les moeurs. Mais il me semble encore bien fragile : 36 cartes délivrées en 2011 sur un total de 409, soit 8,80%. C'est peu au vu de l'explosion dans le même temps de la généalogie en tant que loisir.
Le crescendo observé par ailleurs est donc pour moi une explosion d'emplois côté successoral, pas côté familial. Sans doute manque-t-il aux familiaux une réflexion collective du point de vue économique. Car le marché est bel et bien là par ailleurs. Sinon comment expliquer une telle inadéquation ?
Voir aussi : Organisations professionelles
L'exception culturelle française
Par Stéphane Cosson le 28 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Lionel Maurel (alias Calimaq) et Jordi Navarro ont ouvert le débat sur l'utilité, ou pas, de l'exception culturelle en matière de réutilisation des données publiques.
Blog de Lionel Maurel (calimaq)
Blog de Jordi Navarro
http://papiers.poussieres.free.fr/index.php/2011/05/18/de-lutilite-de-lexception-culturelle/
Discussion intéressante mais je me suis dit que pour bien la comprendre, il fallait savoir quand même de qoui on parlait au départ. Je ne sais pas vous, mais, personnellement, cela m'aide. Je suis allé fouiller sur Internet : l'exception culturelle, comment ça marche ? Je ne suis pas sûr que tout le monde le sache.
Il y a ainsi, ai-je découvert, exception culturelle internationale et exception culturelle française. Et elles sont différentes.
L'exception culturelle internationale :
Pour ce qui est de l'internationale, il s'agit de 38 coalitions regroupant environ 400 organisations professionnelles de la culture. En 1948, interviennent les accords du GATT (règles libérales de non discrimination tarifaire et liberté des échanges). Dans ces accords existent des clauses de sauvegarde reconnaissant aux pays en développement la possibilité de relever leurs droits de douane afin de protéger les industries naissantes. Nombre de pays se sont engoufrés là-dedans pour protéger leur industrie cinématographique contre Hollywood, par le biais de quotas.
Dans les années 60, il y a critique de ce système par les Etats-Unis. En liant leur programme télévisé au GATT, ils estimaient que ces clauses de sauvegarde ne concernaient que le cinéma.
En 1986, ont été adopté les accords du GATS : libre accès du marché, interdiction de pénaliser commercialement un produit importé par rapport aux produits nationaux, avantages accordés mutuellement entre deux pays du GATT étendus à tous les membres. Les Européens ont pris peur pour leur culture.
En 1993, le Parlement Européen opte pour une clause supposant l'intégration de la culture dans les négociations du GATT MAIS en mettant en place une liste d'engagements veillant à ce que tous les mécanismes de protection de la culture propres à chaque pays soient maintenus.
En 1994, une deuxième clause est votée : La culture n'est pas exclue définitivement du GATT mais elle n'est pas non plus incluse. Oui mais non mais peut-être. Pas simple.
L'exception culturelle française :
Elle désigne en fait toute l'action du Ministère de la Culture depuis que celui-ci existe, les dispositifs règlementaires et législatifs mis en place. Cela consiste à défendre les arts nationaux contre une industrie américanisée dangereuse pour la diversité ou supposée telle. D'où un système de quotas, d'aide automatique à la création.
On peut y associer les faits culturels suivants, entre autres :
- l'importance quantitative de festivals.
- le prix unique du livre.
- le système d'autofinancement du secteur cinématographique.
Mais tout cela souffre de limites : de nombreux créateurs ne pouvant vivre de leur métier sont dans la précarité ; les arts de la scène sont peu ou prou standardisés pour répondre aux critères du Ministère.
Selon Françoise Benhamou, économiste de la culture, la démocratisation de la culture est un échec complet. Mario Vargas Llosa, Evangelos Venizelos, ancien ministre grec de la Culture, Tyler Cowen, économiste, développent une thèse comme quoi ce concept, cette tentation de protection par des quotas, ces mesures protectionnistes sont un véritable danger.
Le débat n'est pas clos puisque un collectif de spécialistes de l'histoire du cinéma suggère l'inverse.
La question financière est bien sûr au coeur des débats. Un autre économiste, Guillaume Vuillemey, suggère de développer les financements privés comme dans les autres pays : mécenat et exemptions fiscales appropriées.
Au vu de ce que j'ai lu à ce sujet, cela concerne principalement les arts du spectacle vivant et l'industrie culturelle. Pas vraiment, ou alors à la marge, le patrimoine culturel (dont font partie les archives).
Et, pour revenir au débat lancé par Lionel Maurel et Jordi Navarro, il me semble mieux le comprendre si j'intègre cette question de protection, de financements. Si je considère que, d'une certaine manière, les archives s'industrialisent quand elles numérisent et parce qu'Internet intègre une dimension financière, et une dimension internationale, qui n'existaient pas jusqu'à présent. Pour le dire autrement, faut-il protéger ou pas les données publiques quand elles sont numérisées ? Et s'il y a protection, comment ? Pour moi, le débat se situe là.
Voir aussi : Organisations professionelles
Etre porté
Par Stéphane Cosson le 22 janvier 2011 | (1) Commentaires | Permalink
Depuis que j'ai ouvert ce blog, j'ai régulièrement des personnes qui me demandent des conseils pour pouvoir se mettre à leur compte en tant que généalogiste. Leurs demandes, leur questionnement, petit à petit, ont fait germer une idée.
En cherchant sur Internet pour mieux leur répondre, je me suis rendu compte :
1- Que les organismes de formation nationaux qui existent dans ce domaine, qu’ils soient universitaires ou privés, ne font pas d’accompagnement sur le long terme.
2- Qu’il n’existe aucune information, ou presque, sur mon métier, que ce soit sur Internet ou ailleurs qui pourrait aider d’autres organismes d’accompagnement comme les coopératives d'activités, les couveuses, les pépinières, les Boutiques de Gestion ou CCI.
3- Que les chambres syndicales de généalogistes professionnels n’accompagnent pas non plus les personnes qui veulent s’installer. Elles n'interviennent qu'une fois la personne installée. Mais, si le généalogiste membre a des difficultés économiques pour diverses raisons, à ma connaissance, de par mon expérience à la CGP, il ne peut trouver d'aide de leur part.
4- Qu’il faut 3 ans à peu près pour que le bouche-à-oreille fonctionne.
Il y a un créneau à prendre il me semble. Mon idée : pourquoi ne pas monter une structure qui accompagnerait sur 3 ans ou plus les généalogistes qui veulent s’installer, leur donnerait des conseils, les formerait pour qu’ils ne commettent pas trop d’erreurs et que leur envie devienne pérenne ?
Un tutorat en quelque sorte, mix d'organisme de formation et de portage salarial. Ce qui permettrait aussi de créer d'une autre manière du réseau social entre les généalogistes. Les quelques personnes à qui j'ai pu en parler trouvent cela intéressant.
Du coup, je suis parti à la pêche à l'information pour que mon idée ne reste pas qu'à ce stade. J'espère pouvoir créer une telle structure dans le courant de l'année. Si tout va bien...
Voir aussi : Innovation | Organisations professionelles
Vous avez dit professionnel libéral ?
Par Stéphane Cosson le 7 août 2010 | (3) Commentaires | Permalink
La discussion entamée avec Christine Lescène m'a chipoté, me laissant insatisfait. Je suis donc allé chercher des renseignements sur la profession libérale.
Tout d'abord, il n'existe aucune définition légale de la profession libérale. La seule définition que l'on puisse donner est une définition par défaut : est libéral celui qui n'exerce ni une activité commerciale ni une activité artisanale ou agricole. L'UNAPL (centrale syndicale représentative des libéraux) considère comme membre d'une profession libérale toute personne qui apporte des services sous forme indépendante juridiquement et économiquement et qui, dans le cadre d'une déontologie et d'une compétence reconnue, demeure responsable de ses actes. Ces prestations concernent principalement la fourniture d'un travail intellectuel.
Il existe deux types de professions libérales : les réglementées dont le titre est protégé (médecin, avocat, architecte, expert-comptable, vétérinaire,....), classées dans la catégorie "profession ibérale" par la loi, avec une déontologie stricte et soumises à des instances professionnelles, et les autres, dont l'exercice n'est soumis à aucune condition de diplôme. Le généalogiste professionnel fait partie des autres.
Le plus souvent, le professionnel libéral s'est déclaré à l'URSSAF. Dans ce cas-là, il exerce en tant qu'entrepreneur individuel, soumis aux BNC. Juridiquement, il n'est fait aucune distinction entre les biens privés de l'entrepreneur et les biens propres à son activité. L'entrepreneur individuel est totalement engagé dans son activité. En cas de dettes impayées, on peut saisir son patrimoine personnel.
Ce qui peut être très gênant, l'activité d'un généalogiste professionnel, en tout cas familial, pouvant être très fluctuante au début, le temps de se former une clientèle. Bon, je sais, on part toujours en ne pensant pas se planter. Mais prudence est mère de sûreté.
Du coup, le 1er août 2003, une loi a permis une meilleure protection du logement principal de l'entrepreneur individuel contre cette emprise des créanciers. Elle est valable après constitution et publication d'un acte notarié notifiant l'insaisissabilité et inscrit au registre du commerce ou des métiers. Cette loi est très pratique si vous vivez en résidence individuelle. D'après mon expérience, elle l'est beaucoup moins si vous vivez en appartement parce qu'intervient alors le règlement de copropriété. En effet, l'acte notarié donne avec précision les mètres carrés de votre résidence consacrés à votre activité, mesurés par un géomètre-expert. Si votre règlement de copropriété est mal fichu, le géomètre-expert peut devoir mesurer tout l'immeuble, appartement par appartement, à vos frais, pour que vous puissiez vous protéger.
Autre possibilité, toute récente : constituer une EIRL. Vous protégez votre patrimoine et, en tant qu'entreprise individuelle, vous pouvez bénéficier du régime fiscal des sociétés. Lors de la création d'une EIRL, l'entrepreneur individuel dresse la liste des biens nécessaires à son entreprise ou utilisés dans le cadre de cette activité professionnelle et qu'il apporte en garantie à ses créanciers professionnels. Attention, ce n'est pas une nouvelle forme juridique. C'est juste une particularité de l'entreprise individuelle.
Dernière possibilité pour être vraiment sûr de protéger votre patrimoine personnel, et la plus sûre : constituer une société. Et là, en tant que professionnel libéral non règlementé, vous n'avez pas beaucoup de possibilités : Société d'Exercice Libéral si le greffe du tribunal de commerce vous l'accepte, SARL ou EURL. Et dans ce cas-là, vous entrez dans le cadre des sociétés commerciales.
Et c'est là où la discussion avec ma consoeur montrait des points de divergence. Le professionnel libéral peut-il être un commerçant ? Nous n'étions pas du tout d'accord. Peut-être tout d'abord une petite définition du commerce.
Définition du commerce par l'OCDE : Activité principale d'échange de biens et de services, couvrant l'ensemble des transactions entre individus, entre organisations ou entre individus et organisations, complétant l'activité de production en permettant de rémunérer la fourniture d'un bien ou d'un service principalement par le recours à la monnaie.
Au départ, le code de commerce élimine bien des actes commerciaux l'activité des professions libérales dans sa définition où il y a achat en vue de revente. En effet, pour la profession libérale, il manque cette première partie : l'achat.
Mais... Le code de commerce qualifie d'actes de commerce les actes accomplis dans le cadre d'une entreprise de nature ou de forme commerciale (SA, SARL, EURL, SEL entre autres). Il y a entreprise au sens de l'article L110-1 quand on peur relever l'existence d'une installation et la répétition de certains actes par le titulaire de cette installation. Qui dit installation dit une certaine organisation extérieure : un bureau, un téléphone, un ou plusieurs employés... Qui dit répétition dit que vous, en tant que généalogiste, vous êtes prêt à accomplir toutes les opérations du même genre au bénéfice de ceux qui s'adresseront à vous.
Vous êtes professionnel libéral, vous voulez protéger votre patrimoine le plus sûrement possible ? Vous montez une société, EURL par exemple. Vous faîtes alors des actes de commerce. Et donc vous êtes commerçant. Professionnel libéral parce que vous vendez des prestations intellectuelles et commerçant de par la forme juridique que vous avez choisi.
Voir aussi : Organisations professionelles
Les débuts de la profession
Par Stéphane Cosson le 7 février 2010 | (0) Commentaires | Permalink
Au départ, je m'étais lancé ce week-end à relever toutes les annonces des professionnels parues dans la Revue Française de Généalogie depuis le numéro 31, premier numéro en ma possession. Cela ne nous rajeunit pas, c'était le numéro d'avril-mai 1984. Comme je les ai tous depuis, je m'étais dit au départ : "Facile !". Des nèfles oui, parce qu'il y a eu du monde. C'est une tâche de longue haleine en fait, à petites doses nécessairement.
Par contre, j'ai trouvé quelques anecdotes sur le début de la profession qui me semblent intéressantes de partager avec vous. Histoire de se replonger dans une époque pas si lointaine. Il y a 25 ans donc...
Très vite, j'ai trouvé des annonces inversées. Je m'explique : il ne s'agit pas d'annonces écrites par des professionnels recherchant un client potentiel mais des annonces écrites par des clients potentiels recherchant un professionnel : " Cherche personne pour me faire des recherches au tarif courant, habituel, à l'acte". Pas banal ! Mais cela veut dire, il me semble que dès le départ, les généalogistes ont compris en quoi les professionnels pouvaient leur être utiles. La CSGHF existe depuis 4 ans à peine. Le marché est tout nouveau. Le besoin est déjà là, bien présent.
Dans le numéro 38 de la RFG, apparaît pour la première fois une sélection de généalogistes "professionnels" recommandés pour le sérieux de leurs recherches et leurs prix "intéressants". Les guillemets sont d'époque. Il est mentionné après cette sélection que la profession se structure et que certains seront bientôt en mesure de proposer une charte.
Le 30 juin 1985 se déroule la première AG de l'Association des Généalogistes Familiaux, association loi 1901 déclarée à Brive-la-Gaillarde. Son premier conseil d'administration est composé de Chantal Cosnay, Patrice Hacard, Frédéric Grappin, André Leschot et Christian Mazenc qui est nommé président. Ce CA est élu pour 3 ans. On a alors une première définition du métier dans un article publié en kiosque : professionnel ne faisant pas des recherches d'héritiers mais uniquement des recherches généalogiques à vocation historique ou familiale.
Dès le numéro 40, l'AGF prend la dernière de couverture pour faire sa publicité.
En avril-mai 1986 est annoncée la création de l'Institut National de Formation Généalogique. 360 heures de cours avec examen écrit et oral devant un jury composé de membres de l'Université et de la profession. 120 heures d'enseignement théorique en archivistique, paléographie, droit et fiscalité d'entreprise. 240 heures de stage et de rédaction d'un mémoire. Prise en charge possible par la formation continue. C'était, je crois, le meilleur moyen d'asseoir une légitimité pour la profession.
En décembre 1986 est publiée la première liste des membres de cette AGF : 30 personnes. 3 sont toujours en activité au moment où je vous écris, 3 seulement, c'est peu. Mais c'est aussi le rôle des précurseurs : ils installent puis s'en vont. Cela représente 70% des professionnels de l'époque. J'en ai donc conclu que la CSGHF regroupait a priori les autres. Ce qui nous fait aux alentours de 40-45 professionnels début 1987, si je sais bien compter. Nous sommes à une centaine en 2010. Le nombre a donc doublé en un quart de siècle, pour faire simple. Est-ce beaucoup ou peu ? Je n'en sais rien. J'aurais plutôt tendance à penser que c'est peu par rapport à l'explosion exponentielle des amateurs.
Voilà, trois ans de la vie d'une profession qui débutait. Trois ans importants à mon sens. Cela fait du bien parfois de s'y replonger.
Voir aussi : Organisations professionelles
Modèle économique
Par Stéphane Cosson le 25 septembre 2008 | (0) Commentaires | Permalink
Je viens de lire un article parlant d'une personne dont j'ai complètement oublié le nom. Pas grave. Ce que j'ai préféré retenir, c'est ce que la personne disait au journaliste qui l'interviewait. Plusieurs points m'ont marqué :
- Toujours attaquer par la face nord. C'est le plus compliqué, mais ce n'est pas grave. C'est même mieux.
- On ne réussit pas tout seul, il faut savoir s'encadrer des bonnes personnes, des bons profils complémentaires.
- Trouver le bon modèle économique et s'y engager. A fond.
- Toujours garder son humour et être le seul à prendre les décisions, en restant sur le terrain, dans le concret.
Je crois que cela m'a permis de déterminer mon modèle économique. L'interview des responsables de Geneanet me l'a fait comprendre. Dans cette interview, qu'est-il dit ?
Tout d'abord, les responsables de Geneanet se sont rendus compte que sans salarié pour développer la partie technique et les revenus publicitaires, il devenait difficile de poursuivre le développement de la structure. Je suis entièrement d'accord. Je m'en rends compte tout le temps pour le moment. Embaucher un salarié, c'est actuellement ma face Nord.
Christophe Becker a parlé du modèle économique de Geneanet (je reformule à ma manière, il l'expliquerait sans doute mieux). Il y a tout d'abord une partie "accès gratuit" : tout le monde y a accès. Il y a ensuite une partie payante : les membres privilèges. Recherche par couple possible dans les listes-éclairs, récupération des photos en ligne ou de registres photographiés... Bref des accès à des services, payants certes mais qu'ils sont les seuls à avoir, et qui génèrent donc des revenus à Généanet.
Il me semble que c'est ce modèle-là qu'il faudrait adapter à notre sauce de généalogiste professionnel. La différence ? Travailler non plus seulement sur la France comme peut le faire un site comme Geneanet mais devenir LE spécialiste, chacun de notre côté, de notre secteur de recherches. Chez Geneanet, c'est la mise en ligne gratuite d'arbres généalogiques, entre autres, qui peut alimenter le fonds. Chez le généalogiste professionnel, ce serait les recherches payantes. Et nous pouvons toujours , nous aussi, proposer d'autres services payants. A nous de les inventer ou d'adapter ceux déjà existants.
Il me semble que cela pourrait être le modèle économique à suivre. Qu'en pensez-vous ?
Voir aussi : Organisations professionelles
Besoin d'information
Par Stéphane Cosson le 28 juin 2008 | (0) Commentaires | Permalink
Toujours dans le but de déveloper mon CA HT, je m'interroge sur les différents services que je peux apporter en tant que généalogiste professionnel.
Je suis allé chercher des réponses dans un ouvrage d'Yves-François Le Coadic, intitulé "Le besoin d'information : formulation, négociation, diagnostic". A priori, cela peut paraître bizarre.
Croyez-vous ?
Qu'est-ce qui conduit une personne à rechercher de l'information ? Pourquoi un généalogiste amateur va-t-il chercher sur Internet, par exemple ? Simplement parce que, dans un contexte donné, il a perçu l'existence d'un problème qu'il lui faut résoudre et quil a constaté que, pour pouvoir le résoudre, son état de connaissances actuel est insuffisant. Ce qui va donc générer chez lui un besoin d'information.
Il en sait suffisamment pour savoir qu'il lui manque de l'information mais pas suffisamment pour pouvoir poser les bonnes questions. Bref, vous, moi, lui, dans ces cas-là, nous naviguons entre deux eaux. D'où notre recherche sur internet, dans une bibliothèque, dans un cercle de généalogie ou ailleurs.
Mais en même temps, il s'agit d'un cercle quelque peu vicieux. En effet, il nous manque toujours quelque chose. Nous n'en savons jamais assez. Nous sommes entrés, sans le savoir, dans un processus dynamique. Un besoin satisfait en engendre toujours d'autres.
Nous sommes toujours insatisfaits. Ce qui peut entraîner du stress, de l'angoisse, de la peur, de la frayeur, du scepticisme, de la réticence. Ce qui entraîne aussi la motivation, la confiance. Il nous manque de l'information mais on va la trouver. C'est sûr !
En tant que généalogiste professionnel, je suis générateur d'anxiété mais aussi de confiance. Les gens viennent vers moi parce qu'il leur manque quelque chose. Et ils viennent vers moi parce que j'ai su leur inspirer confiance. Mais en même temps, est-ce que je vais pouvoir leur trouver l'information qui leur manque ? Rien n'est moins sûr, même si je remue ciel et terre. L'information peut être définitivement perdue pour diverses raisons.
Je me dis qu'alors c'est à moi à leur proposer des services qui peuvent rassurer. Ne pas être que dans l'attente par le biais de la publicité. Mais être force de proposition. Complète. Totale. A mon sens, ce sera une manière d'augmenter mon CA HT.
Voir aussi : Organisations professionelles
Deux conceptions de la profession
Par Stéphane Cosson le 22 août 2007 | (1) Commentaires | Permalink
Au fur et à mesure de mes discussions avec différents collègues, je me demande si, in fine, il n'y aurait pas deux conceptions antinomiques de la profession de généalogiste.
Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ?
La première serait le "Baroque Italien" : beaucoup de créativité, tout fonctionne plus ou moins bien, cahin caha. Ce n'est pas la perfection. Cela demande à être amélioré mais...mais cela fonctionne. Le monde de la généalogie se transforme ? Pas grave, ces généalogistes-là se transforment aussi. Pas vraiment très structurés, pas vraiment cadrés, ils y vont et puis à la grâce de Dieu... On verra bien !
C'est plutôt ma vision du monde de la généalogie. Au cas où vous ne l'auriez pas compris, relisez mes notes depuis décembre 2005...
L'autre manière de voir la généalogie, et l'organisation de la profession, ce serait le "Coucou Suisse". C'est carré, cela fonctionne, c'est éternel, cela ne tombe jamais en panne. Bref, réglé comme du papier à musique gravé dans le marbre. On commence par établir le cadre et ce qui n'y rentre pas...et bien cela n'y rentre pas ! Mais d'abord le cadre !
Mais... mais je me demande si cette deuxième conception, du coup, n'oublie pas de l'information en cours de route. Mais... Cette conception me fait beaucoup penser au phénomène bureaucratique démontré par Michel Crozier dans l'ouvrage du même nom, en 1963.
Au départ, une centralisation importante qui entraîne des règles et des procédures fortes. Ces dernières donnent naissance à une attitude rigide de la part de ceux qui les emploient. De ce fait, les communications sont difficiles et, bien évidemment, les informations pas forcément bonnes. Pas de bonnes informations entraînent souvent des décisions inadaptées. Et donc, pour essayer de pallier à cette inadaptation, on centralise de manière importante. Et cela recommence.
Dans cette vision des choses, j'entends dire que c'est l'ancienneté qui prime sur le mérite, que c'est le grade qui prime sur la fonction. Et pourquoi pas le retour à la loi salique tant qu'on y est ?
Quand j'entends cette conception au cours de mes conversations, tintinabule toujours en moi la phrase "Nous sommes les meilleurs car tous les autres sont morts". Phrase qui pour moi veut dire qu'il faut toujours s'adapter.
Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ?
Voir aussi : Organisations professionelles
Une âme de syndicaliste ?
Par Stéphane Cosson le 18 août 2007 | (0) Commentaires | Permalink
Je me demande si à force d'appartenir à une chambre syndicale professionnelle, in fine, je ne me suis pas découvert une âme de syndicaliste.
Une petite définition, tout d'abord, issue de Wikipédia :
Le syndicalisme (de syndic, venant lui-même du grec sundikos, qui assiste quelqu'un en justice) est le mouvement qui vise à unifier les travailleurs dans des organisations, les syndicats, pour défendre leurs intérêts communs.
J'aime bien cette définition.
Je me rends compte, petit à petit, que défendre des intérêts communs à l'ensemble de la profession prend chez moi, pour moi, de l'importance. Sans le savoir, et je m'en rends compte maintenant, c'est la base de mes projets.
J'aurais pu travailler uniquement pour moi. En fait, je veux mettre en place des outils qui pourraient servir à mes collègues généalogistes familiaux, qui pourraient leur apporter un moyen d'exister. Et qui pourront servir aussi à l'ensemble de la communauté généalogique. Certes, comme je ne vis pas d'amour et d'eau fraîche, je ne m'oublie pas au passage. Je suis entrepreneur, pas bénévole d'une association. Mais l'argument financier n'est pas le seul.
Savoir que certains ne voient que par cette lorgnette me met même plutôt en colère. Ce n'est pas parce que je ne génère pas beaucoup de CAHT que je suis forcément inintéressant professionnellement. Ce n'est pas parce que je génère peu de bénéfice que ma voix a moins d'importance que les autres. Peut-être que je peux apporter des compétences, ou que sais-je encore, que les plus riches financièrement parlant n'auront pas.
Pas question d'être pour moi un "passager clandestin" : profiter sans payer. Je serais plutôt du style à rejoindre le mouvement pour que chacun profite de l'avantage collectif. Pas plus que ce que je dois, pas moins non plus.
J'aime bien la définition de la coopération par Axelrod : Le pacte CFMC.
- C pour Coopération : ne jamais faire défection en premier.
- F pour Fermeté : répondre à chaque défection de l'autre.
- M pour Magnanimité : ne pas garder rancune.
- C pour Clarté : s'en tenir à ce comportement.
Tout y est dit.
Voir aussi : Organisations professionelles
Généalogiste : une profession non réglementée
Par Stéphane Cosson le 21 janvier 2006 | (2) Commentaires | Permalink
Il y a quelques mois, dans la revue Héraldique et Généalogie est paru un éditorial sous la plume de Philippe Houël de Chaulieu portant ce titre. Dans ce dernier, il y avait un certain nombre d'erreurs prouvant une méconnaissance de la profession.
Il me semble important de rétablir quelques vérités.
Certes, la profession de généalogiste n'est pas réglementée. Il n'y a pas de diplôme de généalogiste. Du point de vue du droit, seule la recherche d'héritiers est reconnue par la loi. Toutefois, il est possible de constater quelques faits, toujours en mesure de rassurer nos clients potentiels.
Si l'on en croit les réponses données par les membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels lors de l'enquête réalisée auprès d'eux entre novembre 2004 et avril 2005, au moment de leur adhésion, les études effectuées avant leur installation sont très ecclectiques. Pour ce qui est des généalogistes familiaux, 11 ont fait des études de droit, 3 des études d'histoire, 2 des études en archivistique, 2 des études de sociologie ou d'ethnologie, toutes études très utiles dans le cadre de cette profession.
Ce métier est certes et d'abord un métier exercé par des passionnés. La majorité des familiaux ont été au préalable des généalogistes amateurs qui ont franchi le pas de la professionnalisation.
Du fait de ces études, les généalogistes familiaux sont en mesure de savoir précisément ce qu'ils sont en droit de révéler ou pas. La loi sur les archives leur est parfaitement connue. Il ne viendrait à l'idée d'aucun de donner des informations de moins de 100 ans à une personne autre que leur client. Les renseignements de plus de 100 ans sont dans le domaine public, quant à eux, librement consultables par quiconque, comme le prévoit la loi sur les archives.
Les généalogistes sont rassemblés en chambres syndicales. Les plus importantes se sont regroupées dans une Union, reconnue officiellement, créée pour n'avoir sur certains points qu'un seul interlocuteur parlant d'une seule voix, permettant aussi de comparer des pratiques parfois différentes.
Je crois que cela méritait d'être rappellé.
Voir aussi : Organisations professionelles
