Deux conceptions de la profession
Par Stéphane Cosson le 22 août 2007
|
(1) Commentaires | Permalink
Au fur et à mesure de mes discussions avec différents collègues, je me demande si, in fine, il n'y aurait pas deux conceptions antinomiques de la profession de généalogiste.
Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ?
La première serait le "Baroque Italien" : beaucoup de créativité, tout fonctionne plus ou moins bien, cahin caha. Ce n'est pas la perfection. Cela demande à être amélioré mais...mais cela fonctionne. Le monde de la généalogie se transforme ? Pas grave, ces généalogistes-là se transforment aussi. Pas vraiment très structurés, pas vraiment cadrés, ils y vont et puis à la grâce de Dieu... On verra bien !
C'est plutôt ma vision du monde de la généalogie. Au cas où vous ne l'auriez pas compris, relisez mes notes depuis décembre 2005...
L'autre manière de voir la généalogie, et l'organisation de la profession, ce serait le "Coucou Suisse". C'est carré, cela fonctionne, c'est éternel, cela ne tombe jamais en panne. Bref, réglé comme du papier à musique gravé dans le marbre. On commence par établir le cadre et ce qui n'y rentre pas...et bien cela n'y rentre pas ! Mais d'abord le cadre !
Mais... mais je me demande si cette deuxième conception, du coup, n'oublie pas de l'information en cours de route. Mais... Cette conception me fait beaucoup penser au phénomène bureaucratique démontré par Michel Crozier dans l'ouvrage du même nom, en 1963.
Au départ, une centralisation importante qui entraîne des règles et des procédures fortes. Ces dernières donnent naissance à une attitude rigide de la part de ceux qui les emploient. De ce fait, les communications sont difficiles et, bien évidemment, les informations pas forcément bonnes. Pas de bonnes informations entraînent souvent des décisions inadaptées. Et donc, pour essayer de pallier à cette inadaptation, on centralise de manière importante. Et cela recommence.
Dans cette vision des choses, j'entends dire que c'est l'ancienneté qui prime sur le mérite, que c'est le grade qui prime sur la fonction. Et pourquoi pas le retour à la loi salique tant qu'on y est ?
Quand j'entends cette conception au cours de mes conversations, tintinabule toujours en moi la phrase "Nous sommes les meilleurs car tous les autres sont morts". Phrase qui pour moi veut dire qu'il faut toujours s'adapter.
Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ?
Voir aussi : Organisations professionelles
Une âme de syndicaliste ?
Par Stéphane Cosson le 18 août 2007
|
(0) Commentaires | Permalink
Je me demande si à force d'appartenir à une chambre syndicale professionnelle, in fine, je ne me suis pas découvert une âme de syndicaliste.
Une petite définition, tout d'abord, issue de Wikipédia :
Le syndicalisme (de syndic, venant lui-même du grec sundikos, qui assiste quelqu'un en justice) est le mouvement qui vise à unifier les travailleurs dans des organisations, les syndicats, pour défendre leurs intérêts communs.
J'aime bien cette définition.
Je me rends compte, petit à petit, que défendre des intérêts communs à l'ensemble de la profession prend chez moi, pour moi, de l'importance. Sans le savoir, et je m'en rends compte maintenant, c'est la base de mes projets.
J'aurais pu travailler uniquement pour moi. En fait, je veux mettre en place des outils qui pourraient servir à mes collègues généalogistes familiaux, qui pourraient leur apporter un moyen d'exister. Et qui pourront servir aussi à l'ensemble de la communauté généalogique. Certes, comme je ne vis pas d'amour et d'eau fraîche, je ne m'oublie pas au passage. Je suis entrepreneur, pas bénévole d'une association. Mais l'argument financier n'est pas le seul.
Savoir que certains ne voient que par cette lorgnette me met même plutôt en colère. Ce n'est pas parce que je ne génère pas beaucoup de CAHT que je suis forcément inintéressant professionnellement. Ce n'est pas parce que je génère peu de bénéfice que ma voix a moins d'importance que les autres. Peut-être que je peux apporter des compétences, ou que sais-je encore, que les plus riches financièrement parlant n'auront pas.
Pas question d'être pour moi un "passager clandestin" : profiter sans payer. Je serais plutôt du style à rejoindre le mouvement pour que chacun profite de l'avantage collectif. Pas plus que ce que je dois, pas moins non plus.
J'aime bien la définition de la coopération par Axelrod : Le pacte CFMC.
- C pour Coopération : ne jamais faire défection en premier.
- F pour Fermeté : répondre à chaque défection de l'autre.
- M pour Magnanimité : ne pas garder rancune.
- C pour Clarté : s'en tenir à ce comportement.
Tout y est dit.
Voir aussi : Organisations professionelles
Généalogiste : une profession non réglementée
Par Stéphane Cosson le 21 janvier 2006
|
(2) Commentaires | Permalink
Il y a quelques mois, dans la revue Héraldique et Généalogie est paru un éditorial sous la plume de Philippe Houël de Chaulieu portant ce titre. Dans ce dernier, il y avait un certain nombre d'erreurs prouvant une méconnaissance de la profession.
Il me semble important de rétablir quelques vérités.
Certes, la profession de généalogiste n'est pas réglementée. Il n'y a pas de diplôme de généalogiste. Du point de vue du droit, seule la recherche d'héritiers est reconnue par la loi. Toutefois, il est possible de constater quelques faits, toujours en mesure de rassurer nos clients potentiels.
Si l'on en croit les réponses données par les membres de la Chambre des Généalogistes Professionnels lors de l'enquête réalisée auprès d'eux entre novembre 2004 et avril 2005, au moment de leur adhésion, les études effectuées avant leur installation sont très ecclectiques. Pour ce qui est des généalogistes familiaux, 11 ont fait des études de droit, 3 des études d'histoire, 2 des études en archivistique, 2 des études de sociologie ou d'ethnologie, toutes études très utiles dans le cadre de cette profession.
Ce métier est certes et d'abord un métier exercé par des passionnés. La majorité des familiaux ont été au préalable des généalogistes amateurs qui ont franchi le pas de la professionnalisation.
Du fait de ces études, les généalogistes familiaux sont en mesure de savoir précisément ce qu'ils sont en droit de révéler ou pas. La loi sur les archives leur est parfaitement connue. Il ne viendrait à l'idée d'aucun de donner des informations de moins de 100 ans à une personne autre que leur client. Les renseignements de plus de 100 ans sont dans le domaine public, quant à eux, librement consultables par quiconque, comme le prévoit la loi sur les archives.
Les généalogistes sont rassemblés en chambres syndicales. Les plus importantes se sont regroupées dans une Union, reconnue officiellement, créée pour n'avoir sur certains points qu'un seul interlocuteur parlant d'une seule voix, permettant aussi de comparer des pratiques parfois différentes.
Je crois que cela méritait d'être rappellé.
Voir aussi : Organisations professionelles
