Les forfaits en généalogie
Par Stéphane Cosson le 2 octobre 2011 | (4) Commentaires | Permalink
Faites l'expérience : diviser le montant d'un forfait par votre tarif horaire. Vous obtiendrez un certain nombre d'heures. Notez-le dans un coin, mais qu'il soit bien visible pour vous. Comptez à côté toutes les heures réelles que vous y passer. Notez-le sur votre emploi du temps, jour après jour. Et comparez. C'est flagrant.
Vous êtes client ? Vous pouvez exiger que le généalogiste n'y passe que ce nombre d'heures, facile à calculer. Et qu'il vous envoie le résultat de ses recherches à cet instant T. Est-il celui que vous attendez ? Pas sûr.
Il me semble qu'il faut faire alors autrement.
J'ai une technique très simple pour cela. Je pose à chacun de mes clients une question simple : sachant que nous allons sans doute travailler ensemble pendant des années, peut-être que des mois, disons un certain temps, combien êtes-vous prêts à mettre par mois pour vous faire plaisir sans grever votre budget ?
Ils ne peuvent y mettre que 40 €. Je travaillerais pour 40 €. Ils peuvent aller jusqu'à 2000 €. Mais il n'y a pas de souci non plus. Quel est le prix de leur plaisir ? Ou plutôt, quel prix accordent-ils à leur plaisir, une fois toutes les autres dépenses enlevées ?
Personnellement, je m'adapte. C'est d'ailleurs à moi à m'adapter à eux, non l'inverse. Ce sont leurs recherches, ce sont eux qui en ont la totale maîtrise budgétaire. Voilà mon tarif horaire, point. A moi de faire mon job ensuite en fonction du budget qu'ils m'ont alloué. Et je leur envoie tous les mois le résultat de mes recherches pour leur montrer que leur argent est bien dépensé. J'ai définitivement renoncé à rédiger des rapports reliés. C'est pour moi une perte de temps.
C'est aussi la raison pour laquelle j'ai supprimé quasiment tous les forfaits de mon offre. D'abord parce que j'ai constaté que les montants proposés sont bien en-deça de la réalité effective de mon travail et ce en notant jour après jour, mois après mois, sur un agenda, toutes mes heures. Brader mon travail, mes compétences, ne m'intéresse pas.
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Imaginaire et symbolique de la généalogie
Par Stéphane Cosson le 3 septembre 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Certains de mes confrères écrivent que notre profession est soumise aux fluctuations socio-économiques. La recherche n'est pas un produit de première nécessité. Etant dans le budget "loisir" de nos clients, on est donc susceptible d'être rapidement supprimé en cas de crise. Bref, qu'il faut se lancer en ayant une marge financière de sécurité pour le temps des vaches maigres inéluctables qui va de toutes les façons nous tomber dessus.
Je ne sais pas pour vous mais personnellement, je ne trouve pas cela très glamour comme argument de vente. Cela ne donne pas vraiment envie. Est-ce que je vends de la crise économique en remuant ma crécelle de pestiféré et en faisant la manche ? C'est la crise ! Ayez pitié d'un pauvre généalogiste professionnel, messieurs-dames. NON ! Franchement, NON !
Alors qu'est-ce que je vends ? Et si on allait voir plutôt du côté de l'imaginaire et du symbolique ?
Les ethnologues se sont penchés sur nous les généalogistes comme de bonnes fées. Ils nous apprennent que, quand nous faisons des recherches généalogiques, nous mettons en place des relations avec les ancêtres qui ne sont entachées d'aucun passif. La négociation des rapports entretenus avec eux se trouve exclusivement entre nos mains. Du coup, nous pouvons sélectionner celui ou ceux avec qui nous pouvons et voulons établir un dialogue. Autrement dit, des relations sans contraintes.
Ils nous apprennent aussi que la quête des racines appartient à une population à la mémoire cassée, à la recherche d'identité. Chercher ses ancêtres pour chercher à guérir.
Pour pouvoir bien guérir, il faut une véritable libération de notre imaginaire. Tous, sans exception, nous avons eu un jour l'espoir de rencontrer, même de manière lointaine, même collatérale, quelque ancêtre célèbre. Cela fait du bien à notre Ego, il faut bien se l'avouer. Parce que c'est plus simple de s'identifier à lui. C'est peut-être aussi plus simple de s'y attacher, de se prendre d'amitié. S'il n'y en a pas, tant pis, nous savons le faire avec ceux que nous voulons mettre en exergue. On a tous un ancêtre envers lequel on a une affection un peu particulière. Un ancêtre préféré.
Rechercher ses ancêtres, c'est pouvoir prolonger un peu de soi en eux. C'est mettre en place un curseur pour pouvoir nous promener dans l'espace et le temps, en nous libérant de notre destin. C'est aussi mener un voyage initiatique en nous ancrant dans leurs lieux de vie. En faisant cela, il a été démontré que nous avons une hausse de notre sentiment de mieux contrôler notre vie. En essayant de trouver des réponses lors de notre quête, on essaie alors plus facilement d'autres choses. Nous accroissons aussi notre performance, notre confiance en notre réussite future.
Voilà pour notre imaginaire. Qu'en est-il du côté symbolique ? C'est l'arbre qui nous donne des réponses. Un arbre c'est un symbole de la vie, en perpétuelle évolution. C'est aussi le chemin par lequel passent ceux qui vont du visible à l'invisible, le symbole alors des rapports établis entre terre et ciel.
L'arbre le plus important, symboliquement parlant, est l'Arbre de Vie, associé à la manifestation divine et dont les fruits transmettent une parcelle d'immortalité. Souvent cet Arbre de Vie est renversé : d'en haut est puisée la vie qu'on s'efforce de faire pénétrer en bas. Il est symbole de fertilité. Plusieurs cultures pratiquèrent le mariage mystique entre arbres et humains destiné à renforcer la capacité de procréation.
Les pères-arbres, les mères-arbres, venant de ces mariages mystiques, nous conduisent vers l'arbre-ancêtre. Dépouillé de tout son contexte mythique, cela a aboutit de nos jours à l'arbre généalogique.
D'une certaine manière, l'arbre généalogique est un nouvel Arbre de la Connaissance, sans danger celui-ci car sans interdit. Personnellement, je préfère vendre cela, m'attacher à cet imaginaire, à cette symbolique. Libéré des contraintes matérielles, amenant mon client vers un ailleurs. Et là, la question du budget ne se pose plus en terme de crise car nous sommes, lui et moi, ensemble, au-delà.
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Y a-t-il du travail oui ou non ?
Par Stéphane Cosson le 26 août 2011 | (6) Commentaires | Permalink
Je suis actuellement en contact avec une jeune dame qui veut s'installer et qui m'a posé cette question. Si la réponse était aussi simple qu'un oui ou qu'un non, cela se saurait. Ce n'est pas le cas, malheureusement.
Y a-t-il du travail oui ou non ? Peut-être, sans doute. Posons la question différemment : Suis-je en capacité de le créer ?
Je crois qu'en fait il faut vraiment revenir à l'étude de marché. L'American Marketing Association donne cette définition : Rassemblement, enregistrement, analyse et compte-rendu de tous les faits relatifs au transfert et à la vente des biens et des services, du producteur au consommateur.
Qui est le généalogiste professionnel ? Que fait-il ? Quels sont ses produits/services ? Quels sont ses motivations et critères de choix (en allant interroger des professionnels) ? Comment arrive-t-il à déclencher l'acte d'achat et à fidéliser ses clients ?
En étudiant ce que le généalogiste professionnel propose, on a en creux ce qu'il ne propose pas. Trouver du travail dans ce domaine peut passer par là : aller là où les autres ne vont pas. Aucune concurrence alors. Et le temps de réaction va faire que vous aurez de toutes les façons un temps d'avance, qu'il vous faudra conserver par contre.
Ce n'est pas la solution la plus simple mais c'en est une. Une autre est aussi d'étudier ses points forts. En quoi suis-je doué ? Quelles sont les recherches accomplies, a priori difficiles, compliquées, mais pour lesquelles je suis arrivé à un résultat dont je suis fier ? Suis-je en capacité de les reproduire si un client me demande à peu près la même chose ? Là se situe, je crois, la passion. Je vais pouvoir expliquer ma démarche avec exaltation, transmettre mon bonheur d'avoir su trouver. Chaque découverte procurera alors un plaisir immense et si j'arrive à le faire ressentir alors la partie est gagnée.
Pas simple non plus. Mais où se situe le risque ? D'ailleurs en existe-t-il vraiment un ?
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Analyse des clients de la paléographie
Par Stéphane Cosson le 5 août 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Il y a quelques temps, j'avais fait une note sur l'analyse des clients de la généalogie à partir de ma facturation sur 10 ans. J'ai analysé cette fois-ci les clients demandant de la paléographie en me servant de ceux entrant depuis 2008 dans le cadre de SOS Paléo, soit 82 personnes en trois ans et demi. Cela représente un montant HT total de commandes de 6202,63 €. Et un montant moyen annuel de facturation de 75,64 €.
La grande majorité de ces personnes sont des hommes. Si je compare cela aux personnes venant à mes formations, c'est normal. En effet, ce sont en grande majorité des femmes qui viennent se former. J'ai constaté aussi que, souvent, les femmes qui me demandent de leur transcrire un acte ont commencé à essayer de le déchiffrer mais n'y arrivant pas, elles m'envoient le texte avec leur début de transcription. Cela n'a jamais été le cas d'un homme. Il faudrait vérifier au niveau des formations purement généalogiques. Est-ce la même chose ?
11 de ces clients sont des clients que je peux qualifier de "fidèles" en ce sens qu'ils ont passé des commandes sur plusieurs années : 9 hommes et 2 femmes. Leur montant de facturation est de 1242 €, soit 20% du total. Leur facturation moyenne annuelle est plus élevée : 112,91 €.
Si la grande majorité des clients viennent de manière ponctuelle (ils ont besoin une fois que quelqu'un leur lise un ou plusieurs actes), le client fidèle par contre passe plusieurs commandes par an : de 2 à 7.
Les deux types de clientèle, généalogie et paléographie, sont plutôt des mondes étanches. Il est rare qu'un client de la généalogie me demande de la paléographie mais cela peut arriver quand il veut mettre une touche finale à sa généalogie comme la publication d'un ouvrage pour ses petits-enfants par exemple et qu'il veut l'illustrer par le biais d'actes transcrits en entier. Un client de la paléographie, en trois ans et demi, ne m'a jamais demandé une recherche en généalogie, y compris ceux qui ont des recherches dans ma zone de prédilection : Midi-Pyrénées. Ils ont besion du paléographe, pas du généalogiste.
Et, en analysant cette clientèle, je me suis rendu compte que je ne suis pas le même paléographe quand je transcris pour elle et quand je forme dans cette discipline ou que j'écris sur ce sujet. Comme quoi, paléographe peut aussi permettre un éventail d'activités différentes.
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La généalogie est-elle soluble dans le discount ?
Par Stéphane Cosson le 20 juillet 2011 | (6) Commentaires | Permalink
J'étais en train de faire une recherche sur les blogs ouverts par les généalogistes professionnels quand je suis tombé sur le site d'un confrère de la Nièvre qui propose des prix discount. J'ai donc changé mon fusil d'épaule sur le pourquoi de ma note. Il m'a en effet beaucoup interrogé. La généalogie est-elle soluble dans le discount ou le low cost ?
Dans l'un des principes du discount, il y a un assortiment limité de prestations. Ce n'est pas son cas. Le plus important, peut-être, est la maîtrise des coûts de fonctionnement, le but étant de fidéliser les clients par les prix en appliquant des taux de marque bas. Cela implique de bien connaître à la fois les coûts fixes et les coûts variables d'une entreprise de généalogie. Difficile, vu le peu de données qui existent sur ce sujet.
Le but à ne pas perdre est de toujours s'assurer un seuil de rentabilité, c'est-à-dire un minimum d'activité à partir duquel l'entreprise cesse de perdre de l'argent et devient rentable pour elle-même, autrement dit génère du bénéfice.
Il faut aussi s'intéresser au point mort c'est-à-dire à l'instant T où la courbe du chiffre d'affaires et la courbe des charges nécessaires pour produire ce CA feront intersection.
Le modèle économique du discount ou du low cost est-il un modèle viable pour la généalogie ? En y réfléchissant, un chercheur, un professionnel, ce qu'il vend c'est certes ses compétences mais aussi son temps. Je mets du temps de recherche à votre disposition et ce temps-là vous sera exclusivement consacré à vous, client, qui m'en avez fait la demande. Dans ce temps, je mettrais en place tous les moyens à ma disposition pour essayer de vous trouver un résultat. Je n'ai pas une obligation de résultat mais je vais mettre en branle tous mes moyens pour vous dans le temps que vous m'avez imparti. Ce temps-là me semble difficilement changeable, modifiable. A la rigueur, en augmentant mes compétences, j'irais plus vite dans mes manières de penser, d'imaginer des solutions pour vous. Et dans le même temps, je pourrais alors vous trouver plus de données qu'au début de ma vie professionnelle.
Si je veux vous fournir un travail de qualité, je ne vais pas vous envoyer mes notes sur feuilles volantes, au crayon à papier. Je vais passer du temps aussi pour vous les présenter. Temps qui se compte et qui me semble aussi difficilement modifiable. Je pourrais taper plus vite si je prends des cours qui me permettent de le faire. Mais là, j'augmente mes compétences pour vous. Et cela se paie en retour.
Tout cela peut-il aller avec un modèle low cost ? Personnellement, je ne le crois pas. Pas pour me payer a minima et avoir envie d'en vivre. Je serais plutôt sur le modèle économique de la montée de gamme qui me paraît plus logique. Attirer du monde par des prix bas peut fonctionner un temps mais, je crois, on peut se laisser vite débordé. Le mois ne compte que 24 jours de travail si on veut profiter de sa vie de famille. Et dans ces 24 jours, il faut tout compter : recherche, synthèse, prospection de nouveaux clients, comptabilité. Ils passent très vite et on ne peut pas, je crois, laisser tomber une tâche pour une autre qui nous semble plus urgente. Parce que là aussi, on sera vite débordé.
Je ne dis pas que j'ai raison. Mais généalogie et low cost me paraissent, au vu de mon expérience, des réflexions que je mène depuis plusieurs années, incompatibles. Mais ce n'est qu'une opinion personnelle.
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Un petit coup de gueule
Par Stéphane Cosson le 5 juillet 2011 | (6) Commentaires | Permalink
Il y a des choses comme cela qui m'agacent profondément. Je ne pousse pas souvent des coups de gueule mais j'ai horreur du travail mal fait ou fait à moitié, surtout quand c'est diffusé sur Internet et censé aider le vulgum genealogicum pecus.
Je m'explique : je fais une recherche pour un client dans un secteur géographique pour lequel il existe un site Internet : BMS, CM, testaments. Fait par des bénévoles. A priori, très correct. En fait, en y regardant de plus près, tout dépend du bénévole qui a fait le relevé. Vous avez la perle du bénévole qui vous marque tout, celui dont tout le monde rève. Une perle. Un bonheur à lire. Vous allez chercher le document les yeux fermés. Un amour de bénévole. Si, si Vraiment.
Et puis vous avez à côté le bénévole qui fait du travail de sabraque comme on dit chez moi. Le je-m'en-foutiste qui ne note pas grand chose, uniquement l'année, sans le jour et le mois et qui n'est pas forcément en plus la bonne, qui peut être celle du début du registre, alors quand un registre fait plusieurs années... C'est pas le top ! Celui qui vous fait un relevé de CM sans vous marquer le nom du notaire ou la cote du registre. Cela sert à quoi, alors, de faire un relevé ? Surtout quand la commune a une palanquée de notaires exerçant à la même période. Celui qui vous fait un relevé de CM et de testaments, marquant toutes les informations pour les CM mais aucune pour les testaments à part le nom du testateur. Alors qu'il a eu les deux entre les mains. Celui qui veut faire vite et qui vous lit n'importe quoi comme nom, alors que si la généalogie était une course de vitesse cela se saurait. Bref un travail à refaire derrière. Du temps perdu. De l'énervement.
Au départ, vous vous dites, c'est sur Internet, fait par des bénévoles qui y ont passé du temps, qui veulent mettre au profit de la communauté leur travail. Vous avez un a priori plus que favorable. Et paf, vous tombez sur un truc ni fait ni à faire. Et non je ne ferais pas de la délation en vous disant qui c'est. Mais cela m'agace. Ce site-là m'a beaucoup énervé. Et je pense dans ce cas-là ne pas être le seul. que cela pourrait aussi agacer d'autres bénévoles, d'autres généalogistes amateurs. Je ne me place pas du côté du professionnel, simplement du côté du produit (parce que je suis persuadé que l'on peut trouver la même chose chez des pros). Je trouve que c'est du temps gâché. Et c'est dommage. Vous êtes prêts à les louer, à les remercier pour leur aide à la communauté et vous les vouez aux gémonies. Et en plus, cela peut être défavorable pour ceux qui ont bien fait leur boulot dans le même site. Du gâchis. Dommage !
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Pourvoir des ressources : le prix
Par Stéphane Cosson le 10 avril 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Dans une période où j'envisage de prendre un deuxième collaborateur (si, si), dans cette période aussi où les licences de réutilisation commerciale font toujours débat, je suis allé me poser des questions, et essayer de trouver des réponses aussi tant qu'à faire, du côté du prix.
Le prix est une variable importante du financement des organisations culturelles, quelles qu'elles soient. Il connaît une inflation importante à cause de la continuelle augmentation des coûts de production. A ce sujet, j'ai découvert qu'il existait une loi, dite loi de Baumol et Bowen, pour essayer de résoudre ce problème :
- Il peut y avoir répercussion de cette hausse des coûts sur les prix. On se dirige alors vers une clientèle aisée. Ce n'est pas mon envie et je ne crois que ce soit l'envie non plus des Archives.
- On baisse la qualité et on standardise. A mon avis, cela n'a pas beaucoup d'intérêts non plus. Une baisse de la qualité, c'est une perte de clientèle. Standardiser ? Mais standardiser quoi ?
- On réduit son activité et il y a une disparition progressive de celle-ci. Autant se suicider tout de suite, ce sera moins douloureux et plus rapide.
- On demande le soutien des pouvoirs publics. Cela peut marcher pour les Archives. Pour une entreprise privée, cela fonctionne si la profession est sinistrée et considérée comme "primordiale". Pour les autres...
Bref, pas simple tout cela. Peut-être existe-t-il une autre solution. Envisager le prix en fonction de l'offre proposée.
Il y aurait ainsi une offre centrale et une offre périphérique. Pour les Archives, l'offre centrale c'est par exemple, laisser un libre accès à tous aux documents d'archives, les collecter, les protéger, les valoriser. Bref faire ce qu'un archiviste doit faire. Et cette offre centrale est gratuite. Pour un généalogiste, ce serait aider les personnes à trouver leur ascendance. Elle est alors payante et dans la mesure du possible j'essaie de pratiquer des prix recouvrant un pourcentage plus ou moins important des coûts engagés. Pour pouvoir en vivre.
L'offre périphérique, c'est tout ce qu'on peut penser rajouter en plus à cette offre centrale : des produits dérivés, des expositions, des catalogues, des inventaires, et j'en passe, au niveau des Archives. Pour un généalogiste comme moi, ce peut être la prise de photos, un accès à une base de données sur Internet, la paléographie... Cette offre périphérique est presque systématiquement payante et les prix pratiqués recouvrent quasi tout le temps les coûts engagés. Ce prix est fixé à partir des produits offerts, des politiques de prix des concurrents, des publics identifiés en fonction de leur capacité et leur consentement à payer. La question à se poser : quel est le bénéfice supplémentaire proposé pour que mes services se distinguent de ceux des concurrents ?
Si on prend la question des archives de l'état civil sur Internet, un premier bénéfice pour le généalogiste c'est la possiblité de travailler n'importe quand, de n'importe où. Un deuxième bénéfice est d'éviter un déplacement. Un troisième bénéfice est qu'il n'existe pas d'heures de levée, de pré-demande, de documents mis en réserve. Mais cette liberté-là a un coût. Tout d'abord pour la collectivité qui met sur Internet, en terme de numérisation. Et ensuite pour le généalogiste qui consulte : en terme de temps passé, de prix de connexion Internet pour le moins.
Pour un professionnel que je suis, l'avantage il me semble est cette possibilité de réutilisation commerciale, notamment si je crée une base de données qui peut me faire venir de nouveaux clients. D'où paiement d'une redevance. C'est aussi d'étoffer mon offre. Tous les généalogistes n'ont pas la même formation et ce que je peux proposer, d'autres sont en incapacité de le faire. De même que ce qu'ils peuvent proposer, je peux aussi être en incapacité. Je ne me vois pas aquareller des arbres généalogiques par exemple. Pas mon truc. Je m'éclate par contre beaucoup plus dans de la paléo du XVIe siècle.
Mais en même temps, ce prix reste un facteur très secondaire par rapport à la consommation. Vous allez passer du temps sur la Toile à chercher vos ancêtres, par exemple. Ce qui importe, c'est d'arriver à les trouver. Ce n'est pas le temps passé. Vous allez faire appel à un professionnel plutôt que de barjoter et rester bloqué sur un point. Autant lui transférer le problème.
Que veut faire NotreFamille, par exemple, avec sa demande auprès des services d'Archives ? Je crois qu'elle veut être une offre concurrente de substitution. Tout comme les cercles généalogiques sont une offre concurrente de substitution aux services que je peux proposer. Tout comme aussi les sociétés commerciales. Le prix est aussi fonction de ces offres-là.
Et le fait de vouloir me développer, d'augmenter les capacités de mon offre, de me poser peut-être les bonnes questions avant d'agir, me permet de voir ce qui se passe actuellement d'un oeil différent.
Il me semble que la question des licences de réutilisation commerciale, avec une possible redevance à payer, rentre bien dans cette question du prix et d'une offre périphérique. On a l'habitude de ne rien payer ou presque quand on est dans un service d'archives. Mais on a tendance à oublier que la gratuité est un leurre. Soit il y a derrière un objectif principalement promotionnel, soit d'autres publics qui ne sont pas concernés paient à la place de.
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Le "produit archives" : expérience et service
Par Stéphane Cosson le 4 avril 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Comment cela, le produit archives ? Hérésie !!!! Les archives ne sont pas un produit. Non ? Et bien si ! C'est peut-être en l'étudiant ainsi que, en tout cas, pour moi, je peux justifier la mise en place des licences de réutilisation commerciale et les prix pratiqués pour celles-ci.
Un produit culturel, donc, est décomposable comme tout produit culturel en deux volets :
- l'offre centrale : les archives en elles-mêmes que tout un chacun peut consulter du moment qu'il est inscrit aux Archives Départementales, Nationales, Municipales...
- une offre périphérique.
Cette offre périphérique se décompose elle-même en deux services :
- les services d'agrément prolongeant l'offre fournie par les services d'archives et l'expérience que tout un chacun peut en retirer. Cela peut être, par exemple, des cours de paléographie, le service éducatif, la vente de cartes postales, la mise en place d'expositions, d'ouvrages historiques. Je mets personnellement dans cette catégorie les inventaires, index et autres car ils permettent d'apprendre à se repérer dans les différentes séries des archives.
- les services d'équipement rendant l'offre plus accessible et facilitant ainsi l'expérience. C'est typiquement le rôle des sites Internet des services d'Archives.
Notre expérience des archives, notre comportement de "consommateur", s'explique alors sans trop de problème. Nous recherchons tous, généalogistes amateurs ou professionnels, débutants comme confirmés, une gratification affective procurée par le symbolisme, l'esthétisme et l'hédonisme de ce produit culturel un peu particulier.
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Analyse de la clientèle SOS Paléo
Par Stéphane Cosson le 7 novembre 2010 | (0) Commentaires | Permalink
La troisième année de SOS Paléo étant presque finie, j'ai commencé à regarder cette clientèle. Que pouvait-elle nous dire ?
En 3 ans, 50 personnes ont utilisé le service SOS Paléo : 21 femmes et 29 hommes. 2010 a été la première année où une personne a écrit de l'étranger pour demander des transcriptions.
Sur ces 50 personnes, 7 l'utilisent de manière régulière, c'est-à-dire ont déclenché de la facturation en demandant de la transcription de textes sur plusieurs années (2 voire même les 3).
Quelques uns, en plus de ceux-ci, demandent plusieurs fois pendant la même année des transcriptions de texte : 2 en 2009, 5 en 2010. La grande majorité ne l'utilise donc qu'une fois.
La plupart des textes transcrits datent des XVIIe-XVIIIe siècles. Il s'agit le plus souvent de contrats de mariage ou de testaments. Mais j'ai eu aussi à transcrire du courrier, du cadastre, des actes de protestation ...
Le montant moyen de la facturation en 2008 était de 44,37 €. Il est passé à 71,90 € en 2009 et à 79,43 € en 2010.
Le CAHT a augmenté d'1,5 entre 2008 et 2009, de 2,37 entre 2009 et 2010. En fait la différence entre le montant moyen de la facture par personne et l'augmentation du CAHT s'explique simplement par le fait que le nombre de clients a doublé entre 2009 et 2010 alors qu'il était le même entre 2008 et 2009. Peut-être peut-on alors expliquer la différence du montant moyen de facture entre 2008 et 2009 par le fait que les gens ont osé envoyer des textes plus longs. Je ne sais pas. Peut-être.
Peut-être peut-on aussi en conclure que le bouche-à-oreille commence à fonctionner et que les gens s'habituent à voir les publicités dans les deux revues RFG et Gé-Mag. Merci à elles deux. Les 50 personnes ont écrit sans exception en disant qu'elles ont vu une de ces publicités et elles sont ensuite passées par le site Internet pour faire leur commande.
La plupart des personnes demandent à ce que le texte leur soit renvoyé avec la transcription. Mais certains impriment un double spécialement pour ce service et précisent alors que le texte ne doit pas leur être renvoyé. Le renvoi des textes se fait la plupart du temps par la poste, alors que tout le monde donne son adresse e-mail.
C'est donc, pour le moment, un service qui est en courbe ascendante. Peut-être va-t-il continuer sur cette lancée ou peut-être va-t-il stagner. Pour le moment, il est impossible de le prévoir.
Beaucoup de peut-être, vous avez remarqué. Disons que je préfère rester prudent sur les interprétations.
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Répartir les recherches
Par Stéphane Cosson le 15 juillet 2010 | (0) Commentaires | Permalink
Quand on me demande un nom sur une commune, je prends tous les actes systématiquement sur cette commune. En me disant : on ne sait jamais, cela peut être utile un jour ou pas.
J'ai encore aujourd'hui la preuve que c'est utile. Une nouvelle cliente vient de me demander une recherche sur le nom de famille Espié, commune de Sainte-Gemme dans le Tarn. Un nom très répandu sur cette commune. Il y en a partout, quasiment un acte sur quatre les concerne. Cela fait trois jours que j'y suis dessus. 11 copies doubles et demies remplies rien que pour le XIXe siècle, c'est dire.
Mais à force de noter tout, j'ai trouvé la branche qui m'intéressait. Elle est d'une autre commune : Saint Jean de Marcel. Or, dans cette commune, un autre de mes clients m'avait déjà demandé de chercher une famille Espié. Résultat : Recherche déjà effectuée pour ma cliente actuelle. Mais je vais la lui compter comme si je faisais la recherche.
Ce n'est pas pour "l'entuber", c'est simplement que quand je fais une recherche systématique comme cela, je ne compte jamais entièrement le temps passé au départ au client qui me fait la demande. Cela lui coûterait trop cher. Je préfère répartir ce temps-là sur les prochains clients en comptant pour chacun un temps de recherche normal. Cela me semble plus logique. J'ai perdu du temps pour mon premier client, j'en gagne pour celle-ci. Somme toute, in fine, cela s'équilibre.
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