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Anticipation

Par Stéphane Cosson le 12 juillet 2010 | (4) Commentaires | Permalink

Je suis stupéfait par certaines remarques que peuvent me faire des collègues lors de conversations téléphoniques au point que parfois je me demande si nous vivons sur la même planète.

Tenez ! Un exemple très récent, toujours en cours : la mise en ligne des Archives Départementales. On se doute, peu ou prou, que tous les départements vont y passer un jour. Les professionnels qui ont leurs AD en ligne, que ce soit un ou plusieurs départements, voient à un moment donné une clientèle les fuir : ceux qui leur demandaient de chercher de l'état civil à leur place. C'est en ligne, ils se débrouillent tout seuls. Qui dit perte de clientèle dit perte de chiffre d'affaires. Jusque là c'est logique.

Ce qui l'est beaucoup moins à mon sens, c'est que mes confrères, professionnels, en tout cas ceux avec qui j'en ai discuté, n'anticipent pas cette perte potentielle et se retrouvent le bec dans l'eau. Pas de campagne de prospection de nouveaux clients, pas de mise à plat des produits, des tarifs, des potentialités. Ils subissent cette mise en ligne. Et certains se retrouvent avec quasiment plus de clientèle. A se lamenter.

On sait tous, plus ou moins, quand un département va être mis en ligne. Si on n'a pas de date précise, on a quand même une fourchette. Il me semble que, dès qu'elle est connue, ce n'est plus le moment de s'endormir. Une campagne de prospection, avant d'obtenir des résultats, il faut compter six mois. Ce seront donc six mois à se donner des coups de schlague, avec des horaires étendus en prime, pour ne pas perdre ce chiffre d'affaires. L'état civil s'en va ? Qu'est-ce que je peux proposer d'autre ? A quel prix ? Comment je peux récupérer d'autre clientèle ? Objectif toujours en vue et à ne jamais lâcher. Cela s'appelle AN-TI-CI-PER. Et cela fait partie de notre travail.

Etre un généalogiste professionnel, ce n'est pas que faire de la recherche à la place des autres. C'est aussi pouvoir en vivre. Et là, j'ai l'impression que nous ne sommes pas sur la même planète. Bizarre !

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Atténuer des critères ?

Par Stéphane Cosson le 3 mai 2010 | (0) Commentaires | Permalink

Quels coûts est-il possible d'atténuer pour un généalogiste professionnel ? Quel est le niveau normal pour certains critères que nous utilisons dans notre profession ? Qu'est-ce que nous assumons comme coûts supplémentaires sans rien gagner en échange ? Qu'est-ce qui a reçu trop d'attention dans la course compétitive que nous avons lancé ? Quels sont les critères qui ne servent pas à grand chose ?

Ces questions-là peuvent vous paraître curieuses. Je me les étais déjà posées il y a quelques mois. J'avais d'ailleurs eu des commentaires encourageants à ce sujet.  Une des questions que je m'étais posée concernait le temps que je passe pour mes clients en plus du temps de recherche. A l'époque, cela devait être en décembre, je m'étais demandé si ce temps complémentaire pouvait être comptabilisé à mes clients. Ce temps de synthèse, si je ne le compte pas, c'est un coût supplémentaire pour moi. C'est du temps passé pour mes clients que je ne leur facture pas. A ma connaissance, ce n'est pas dans les habitudes de la profession de le compter. En tout cas, les quelques généalogistes que j'ai interrogé ne le font pas. La seule qui, à ma connaissance, le fait systématiquement est une consoeur qui se déplace à l'étranger et qui compte, forcément, son temps de trajet pour ne pas travailler à perte.

Je m'étais demandé si je pouvais compter ce temps. Et les commentaires que j'avais reçu m'avaient semblé encourageants. Les clients étaient en capacité de comprendre que ce temps leur était exclusivement consacré. J'avais alors fait un courrier à l'ensemble de mes clients pour le leur expliquer.  Dans l'ensemble de mes clients, une seule m'a quitté. Sinon, j'ai eu des retours aussi encourageants que les commentaires de ma note.

Depuis janvier, c'est donc quelque chose que j'applique le plus possible. Ce n'est parfois pas simple, c'est tellement peu dans les manières d'agir de la profession. Il m'arrive alors d'hésiter, de ne pas oser. C'est peut-être bête de ma part. Mais dans la majorité des cas, je l'applique. Je compte le temps de synthèse, le temps de présentation des résultats pour mes clients. Et cela passe sans problème.

Du coup, ce n'est pas que je gagne mieux ma vie, mais c'est un coût qui a diminué, que je ne supporte plus. Je n'en fais désormais pas trop pour mon client. Je lui consacre le temps que je dois lui consacrer pour lui offrir une prestation de qualité et je lui compte ce temps.

Et si ce temps compté donne une facture trop importante par rapport à celles que mon client avait l'habitude de payer l'an passé, je fais une cote mal taillée à la fois pour ne pas le faire fuir et pour que cela soit rentable pour moi. Cela me paraît normal. Je ne peux pas lui augmenter une facture de 200 €, par exemple, du jour au lendemain de mon propre fait. Donc nous trouvons un compromis ensemble. Normal !

Assumer ce coût ne me rapportait rien, même pas en terme de réputation. Je n'y gagnais rien. C'était un coût. L'atténuer me permet de commencer à créer une nouvelle courbe de valeur dans mon métier. Et cela, c'est plutôt positif.

C'est ce que j'appelle atténuer des critères. Je n'exclus pas puisqu'il y a ces compromis, ces hésitations de ma part. Mais il me coûte moins cher que l'an passé.

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La typologie des clients

Par Stéphane Cosson le 2 mars 2010 | (0) Commentaires | Permalink

Dans l'ouvrage que je suis en train de lire, et dont je vous ai déjà parlé, l'auteur donne quatre types de cients que nous pouvons rencontrer. Chacun d'eux a des comportements particuliers. J'ai pensé que cela pouvait être intéressant de vous les donner.

Le joyeux vagabond : C'est un client indiscutablement satisfait mais qui ne donne pas sa fidélité en échange. C'est en effet un client très attiré par la nouveauté et donc qui se méfie de la routine, des habitudes. Sa première impression étant a priori négative, allez savoir pourquoi, il est très surpris quand il découvre la réalité, meilleure que ses attentes. C'est un client qui peut nous rendre très euphorique si on n'oublie pas que ce client évolue. Pour lui, le service peut être superflu. Pour lui, il faut mettre en place des batteries d'actes de gentillesse et d'amabilité qui trouvent, hélas, leurs limites face à des concurrents plus dynamiques et agressifs.

Le satisfait en profondeur : Le client idéal, celui qui ne changerait pour rien au monde de fournisseur. Il s'attendait à un très bon service, il l'a obtenu. Il voulait de la qualité, il l'a eu. Il estime qu'il en a pour son argent, que le service est soigné. Tout le monde est content, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais... Mais il demande constamment qu'on apporte de la valeur ajoutée à la marque. La moindre faille dans le service sera notée et se retournera contre nous. Il attend de l'excellence sans faute. Il est très exigeant.

L'otage : C'est un client très fidèle et peu satisfait. Il est fidèle car il ne peut pas faire autrement. Il lui faut du personnel avisé et débordant de gentillesse. Il s'attend à un grand service, qui lui a été promis, et s'il ne voit rien venir, il peut rompre définitivement. Et dans ce cas-là, il n'hésitera pas à dire du plus grand mal de son ancien fournisseur. Il faut donc comprendre où on fait les fautes et les corriger de suite. Il peut vous dire que, de toute façon, quoi que vous fassiez, le service est en dessous de tout. C'est un client qui est peu informé, qui n'a pas effectué des démarches particulières. Ce qui peut être intéressant alors c'est de travailler sur la marque pour rendre le client heureux.

Le négociateur : Il est peu ou pas satisfait. Il va négocier tout. Son intérêt immédiat avant tout. Un bon moyen pour le retenir c'est de mettre en place des cartes de fidélités. C'est un client qui ne s'attendait pas à une bonne promesse de service et qui ne se trouve pas surpris par l'offre réelle. C'est un client qui raffole aussi du low cost. Pour le fidéliser, outre les cartes de fidélités, bien souvent on met en place la grosse artillerie des promotions en tous genres. Cela peut coûter cher à l'entreprise sans arriver au moindre résultat.

Quels sont les clients de la généalogie ? Nous avons bien sûr affaire aux quatre. Il me semble malgré tout, vu le peu de généalogistes familiaux installés, que nous avons plutôt des otages. Mais des otages informés. Internet est passé par là. A nous de savoir les transformer en des clients satisfaits en profondeur. 

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Analyse des appels de SOS Généalogie

Par Stéphane Cosson le 10 janvier 2010 | (0) Commentaires | Permalink

Vous le savez : la ligne de SOS a été arrêtée pour le moment. Oui, je sais, mes confrères de SOS vous diront qu'elle a été arrêtée, point. Nous ne sommes pas d'accord sur ce sujet. Toutefois, cela n'empêche pas d'analyser la provenance des appels et de voir s'il y a quelque chose d'intéressant qui peut en ressortir.

Vous m'excuserez, je suis un bien piètre cartographe, et ce n'est rien de le dire. J'ai essayé toutefois de vous faire une carte qui aurait pu être parlante mais vraiment elle était trop moche pour que je vous la présente. Les résultats d'août 2007 à octobre 2009 nous disent donc ceci  pour les zones d'origines des appels :

  • Ile de France : 30%
  • Bordeaux : 15%
  • Toulouse : 12%
  • Rouen : 10%
  • Nancy : 9%
  • Marseille : 8%
  • Lyon et Lille : 6% chacun
  • Nantes : 5%

Si vous préférez sous forme de phrase, 30% des appels proviennent de l'IIe de France, etc.  Je me suis interrogé sur ces chiffres. Pourquoi tant de différence entre Bordeaux et Nantes ? Les Bordelais seraient-ils moins doués, auraient-ils besoin de plus d'aide ? Je ne le crois pas.

Je suis allé chercher l'explication ailleurs, en ligne, copiant les quelques cartes que nous possédons sur la généalogie ou je m'en suis fabriqué à partir des données existantes. Quatre cartes sont à notre disposition :

  • La carte des départements en ligne, donnée par Généinfos
  • La carte de Bigenet
  • La carte de Geneabank
  • la carte de Genealogie.com, que je me suis fabriquée à partir de leurs données.

J'ai tracé dessus les mêmes frontières que celles de France Telecom pour pouvoir comparer au mieux. Et Toulouse a été vraiment le plus frappant pour moi, sans doute parce que c'est aussi mon secteur de recherches.

Sur 11 départements dépendant de la zone France Telecom de Toulouse (Midi-Pyrénées et Limousin), trois sont en ligne.  Sur Bigenet, si le Limousin est bien présent, pour Midi-Pyrénées par contre, vous n'avez qu'un seul département. Vous regardez la carte des documents disponibles sur Genealogie.com : A part le Lot, vous avez un grand désert. Seul Geneabank se tire du lot, mais il vous faut être membre des associations adhérentes pour y avoir accès. Bref, un grand désert de tout côté. Tant mieux pour mes confrères et moi, vous me direz. Et 12% des appels.

Bordeaux est un chouïa moins désertique, mais la situation est quand même similaire.

La question que je me suis posée est la suivante : Existe-t-il un lien entre la mise en ligne des départements, le dynamisme des associations et  les appels sur la ligne de SOS ? Je crois que oui.

J'ai regardé  la région  France Telecom de Nantes : Bretagne et Pays de Loire. Quasiment tous les départements sont en ligne. Quasiment tous les départements sont sur Geneabank et ceux qui ne sont pas dessus  se trouvent alors soit sur Bigenet, soit sur Genealogie.com. La zone est bien couverte. Peu d'appels sur la ligne car il existe d'autres moyens d'aide.

Et le lien entre les trois s'est vérifié sur les autres régions en province. Peu ou prou. Pour le moment, je ne me l'explique pas. Je le constate. Plus la zone a été couverte, moins il y a  eu d'appels sur notre ligne, l'Ile de France étant un cas à part.

Je crois que c'est parlant. Peut-être me faudra-t-il alors retravailler le concept à partir de ce constat. Pour le proposer ensuite à d'autres partenaires.

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Qui est propriétaire des recherches généalogiques ?

Par Stéphane Cosson le 7 janvier 2010 | (8) Commentaires | Permalink

Il s'est déroulé un évènement cette semaine qui m'a fait réfléchir : dans le cadre de la relation entre le généalogiste professionnel et son client, qui est propriétaire des recherches effectuées par le professionnel ? Le client  ou le professionnel ? Aucun des deux ? Les deux, mais pas de la même chose ?

Je suis toujours parti du principe que nos ancêtres ne nous appartiennent pas. Ils sont aussi les ancêtres d'autres personnes et il est normal de partager nos découvertes avec le reste de la communauté généalogique. C'est la raison pour laquelle j'ai mis en place ma base de données http://www.patronimip.fr et la raison aussi pour laquelle j'ai un partenariat avec Geneanet.

Je fais les recherches pour mon client. Il y a la recherche en Archives où je récupère en vrac tous les documents qui peuvent l'intéresser. Il n'y a pas vraiment d'ordre. Je ne suis pas là pour cela. Une fois chez moi, je synthétise, j'organise ma présentation de ces recherches et je lui envoie cette présentation. Mais, une fois chez moi aussi, j'organise différemment, pour moi, ces recherches que j'ai pu faire. Ce deuxième classement, personnel, qui ne sort pas de chez moi, n'est pas fait par dossier client mais par nom de famille.

Peut-être faut-il distinguer les étages du millefeuille. Si le client peut être propriétaire des documents que je lui envoie et pour lesquels il me paie, je ne pense pas qu'il le soit de mon classement personnel chez moi, même si ce classement est composé de l'ensemble des recherches effectuées pour l'ensemble de mes clients.

Je ne sais pas si je suis clair. Mais pour moi, il y a vraiment deux choses différentes. Qu'en pensez-vous ?

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Gérer le conflit et ne pas perdre un client

Par Stéphane Cosson le 26 octobre 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Je crois que je commence soit à être bon commercialement, soit à bien savoir gérer les conflits. Les deux sont peut-être vrais.

Je l'ai dit à un moment, j'ai quelques problèmes de santé qui m'ont obligé à ralentir mes cadences, le temps que je puisse me reposer. Le problème, c'est que les clients peuvent râler si les cadences ralentissent trop à leur goût, par rapport à leurs attentes. Et m'écrire leur mécontentement. La généalogie est une  passion, les sentiments peuvent parfois s'exacerber.

Comment alors ne pas les perdre ? Comment faire en sorte qu'ils ne donnent pas une mauvaise image de moi à d'autres clients potentiels ? Un client satisfait le dit à sept, un client mécontent à douze. Ce n'est pas négligeable.

J'ai personnellement une solution qui vaut ce qu'elle vaut mais qui fonctionne. J'écris en envoyant le travail pour lequel j'ai été payé  en reconnaissant ma faute, en légitimant leur désapprobation. Je les reconnais dans leur colère, leur perte de confiance. Ils ont raison, je suis en tort. Et je me confonds en excuses. Plutôt deux fois qu'une. Je commence d'ailleurs mon courrier ainsi, avant de parler du travail. Ils m'ont écrit leur désapprobation, à moi de leur dire que je l'ai entendu.

Souvent, mais pas toujours, le client entend et m'écrit à nouveau avec une commande. Mon client n'est pas perdu. Je ne dis pas qu'il est fidélisé, mais il n'est pas perdu. C'est mieux que rien.

Cela n'arrive pas souvent. Heureusement d'ailleurs, je m'inquièterais pour mon fonds de commerce sinon. Mais cela peut arriver. A moi de savoir le gérer au mieux. C'est la solution dans laquelle je me sens le mieux et le plus sincère. Et je ressens de la satisfaction quand il m'écrit qu'il m'a pardonné, parce que j'ai su faire passer mon message.

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Généalogiste professionnel et CESU

Par Stéphane Cosson le 22 octobre 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Plusieurs personnes m'ont demandé si, dans le cas où elles s'installeraient comme généalogistes professionnels, il était possible pour elles de se faire payer par le biais du CESU. Pour ceux qui ignoreraient ce que signifie CESU, c'est le Chèque Emploi Service Universel.

Il me semblait personnellement que ce n'était pas possible. Je voyais mal comment on aurait pu mettre des heures de recherches en Archives, avec remboursement de déplacement, de nuits d'hôtel, de repas, dans un CESU. Peut-être mais j'avais un gros doute. 

Je suis alors allé prendre langue à ce sujet auprès de mon ORIFFPL. L'ORIFFPL, c'est l'organisme régional d'informations, de formations (3 jours gratuits par an du moment qu'on est OK avec nos cotisations URSSAF) et de formalités des professions libérales. Autrement dit, l'équivalent du MEDEF, mais avec moins de pouvoir et beaucoup moins connu. A tort, d'ailleurs, car c'est une mine d'informations quand on a un doute.

Et j'ai eu confirmation de mon intuition. Un généalogiste professionnel, quel que soit son statut (société, auto-entrepreneur, entreprise individuelle), ne peut pas se faire payer par le biais du CESU. La généalogie n'entre pas en effet dans les différentes professions de service à la personne qui peuvent être payées par ce biais. Un généalogiste professionnel rédige des notes d'honoraires comme tout professionnel libéral, même s'il marque "facture" dessus les documents qu'il envoie à ses clients.  Point.  Même et y compris quand il fait de la formation.  A déconseiller donc sauf si on souhaite avoir très vite des ennuis pour cause d'illégalité.

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Les tarifs des professionnels

Par Stéphane Cosson le 9 août 2009 | (7) Commentaires | Permalink

Me faisant accompagner par la Chambre de Commerce du Tarn pour voir comment améliorer mes prestations, j'ai réalisé une petite étude de marché à partir des confrères ayant mis leurs tarifs sur Internet, soit 35 personnes. Le but était de pouvoir établir une moyenne et de voir où je me situais par rapport à cette moyenne.

Certains généalogistes proposent la même prestation à des tarifs différents selon l'époque, le lieu, le type de document. Dans ces cas-là, j'ai fait une moyenne de leurs prestations pour n'avoir à chaque fois qu'un seul chiffre.

Voici les résultats, tous TTC :

  • tarif à l'acte : 14 € en moyenne, sachant que les prix varient entre 8 et 35 €.
  • tarif à l'heure : 30 € en moyenne, sachant que cela va de 25 à 60 € suivant la notoriété. Ceux qui écrivent dans les revues en kiosque ont un tarif de 31 € (sans compter Myriam Provence) ou de 36 € en comptant Myriam Provence.
  • tarif à la demi-journée : 111 €, sachant que les prix varient de 85 à 135 €.
  • tarif à la journée : 220 €, sachant que les prix varient de 131 à 355 €. Ce qui veut dire que certains ont un tarif à la journée moins cher que d'autres pour une demi-journée. Intéressant, non ?
  • frais de déplacement forfaitaire moyen : 50, 50 €.
  • Frais de déplacement au km : 0,37 € en moyenne.
  • Frais d'hébergement moyen : 76 €.

Pour ce qui est des arbres généalogiques, vous savez qu'il existe les généalogies par quartiers et les agnatiques. La généalogie agnatique est moins chère que la généalogie par quartier, ce qui est somme toute logique.

Les résultats pour les généalogies agnatiques :

  • 3 générations : 190 €. Ce n'est même pas le prix d'une journée de travail qui devrait être notre minimum syndical si je puis dire.
  • 4 générations : 240 €.

  • 5 générations : 617 € si on ne compte pas les trois tarifs les plus importants, sinon 959 €. Les tarifs vont de 250 à 2500 €.

  • 6 générations : 710 €, pour des prix variant de 300 à 1200 €.

  • 7 générations : 912, 50 € pour une amplitude allant de 350 à 1550 €.

  • 8 générations : 1216 € (500 à 2150 €)

  • 9 générations : 1807, 50 € (600 à 3680 €).

Pour ce qui est de la généalogie par quartiers :

  • 3 générations : 390 €
  • 4 générations : 797 € (294 à 1070 €)

  • 5 générations : 1993 € (580 à 5100 €)

  • 6 générations : 2007 € (990 à 3350 €)

  • 7 générations : 2167 €

  • 8 générations : 3015 €

  • 9 générations : 3200 €.

Pour les autres produits que peuvent proposer les professionnels, il n'y avait pas suffisamment de généalogistes pour pouvoir faire une statistique valable. Sachez tout de même que la paléographie peut vous être tarifée à l'heure, à la ligne ou à la page. De même, l'heure de formation est moins chère d'un tiers que l'heure de recherche alors qu'elle devrait lui être au moins équivalente voire supérieure.

Un SMIC mensuel brut ! Je commence à comprendre pourquoi.

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Analyse ADN ?

Par Stéphane Cosson le 14 juin 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Quelles sont nos limites ? Quand un client nous demande une analyse ADN pour prouver une parenté avec un personnage, illustre ou pas, que devons-nous répondre ? La question n'est pas simple.

J'ai plutôt tendance à penser qu'il faut décrypter la demande. Quelle est la véritable demande derrière ? Si un client me dit : "je descends du couple Axel de Fersen / Marie-Antoinette et on va commencer les recherches par un analyse ADN" ou s'il me dit "dans mes ancêtres, j'ai un enfant naturel qui a deux mères, le nom donné à celle qui a accouché est différent du nom de celle qui l'a reconnu, les deux existent, voici tous les documents que j'ai pu trouver à leur sujet ou au sujet des descendants de leurs frères et soeurs. Mais je ne sais pas laquelle est la véritable mère", la demande est différente, vous en conviendrez.

Dans le premier cas, même s'il y a une énorme liasse de billets sur la table, je ne me fais pas corrompre. Je ne suis pas là, en tant que généalogiste professionnel, pour accréditer une légende familiale.Mon job, c'est de chercher des preuves de la filiation. Il me dit qu'il descend d'Axel de Fersen et de Marie-Antoinette, où sont les preuves ? Il faut étayer ou détruire ses dires. Cela peut être complètement basé sur la ressemblance supposée entre la mère du client photographiée de face et le profil de Marie-Antoinette (je caricature mais cela peut exister). Je ne m'appelle pas Barbara Cartland, le roman à l'eau de rose c'est pas mon truc. Dans ces cas-là, je suis un scientifique. Des preuves, toujours des preuves, encore des preuves. Et après on verra pour l'analyse ADN. Les preuves d'abord.

Dans le deuxième cas, je me mets en position d'écoute. Le client vient avec ses recherches qui lui ont pris du temps pendant des années et des années. Je vérifie, tout en l'écoutant, en lui posant des questions, s'il n'a rien oublié comme pistes. S'il en a oublié, je lui donne la démarche à suivre ou je fais à sa place s'il veut me confier la recherche. Mais je suis dans l'écoute et je peux l'accompagner en lui donnant des adresses de labo, en lui disant de se faire accompagner par un psy s'il en ressent le besoin parce qu'il y aura le deuil d'une famille à faire. Je botte en touche. Je l'écoute et je le confie à d'autres spécialistes. Il a eu pendant un temps l'oreille d'un généalogiste professionnel, ce qui l'a rassuré. Mon rôle s'arrête là.

La question est toujours délicate. C'est tellement plus facile l'analyse ADN que de faire de la recherche aux Archives Départementales. Avec l'analyse ADN, la réponse semble magique. Sauf que...  La généalogie n'est pas de la magie. C'est une recherche scientfique. Donc je décrypte derrière cette demande ce qu'il y a véritablement. J'analyse et je propose une réponse à la véritable demande, celle qui est cachée. Pas simple parfois de le faire entendre au client. Mais en même temps cela peut lui ouvrir tellement d'autres possibilités.

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Réaliser une étude de marché

Par Stéphane Cosson le 12 juin 2009 | (0) Commentaires | Permalink

Je me demande si parfois certains réalisent des études de marché avant de se lancer. Vouloir devenir généalogiste professionnel, c'est bien. Mais quand même, pas n'importe comment et pas à n'importe quel prix. Il me semble que cela doit se réfléchir un minimum.

J'ai un très bel exemple avec un article dans La Dépêche du Midi (Merci à Charles de me l'avoir signalé). Quelqu'un qui veut se lancer tout en gardant son emploi, dans le cadre d'un statut d'auto-entrepreneur. Comme cela a priori, avoir un garde-fou, pourquoi pas. Sauf que le reste de son interview m'a alerté.

Comme cela a priori, il n'est pas dans la réalité de la profession. Il propose 42 départements en plus de l'Ariège où il habite, des formations, en statut d'auto-entrepreneur, avec seulement 20% de son temps puisqu'il garde son travail à côté à 80%. Même si sa femme l'aide à temps plein, ce n'est pas réaliste pour moi.


Personnellement, avec la région Midi-Pyrénées, des formations, des articles, le blog, je bosse à temps plein de 9 h à 23 h tous les jours. Faites la différence, même si je
commence à avoir une petite réputation intéressante depuis 9 ans que je suis installé. Je préfère la minorer volontairement car je me contente de la subodorer. Je trouve qu'elle est difficile à mesurer par moi-même.


Le statut d'auto-entrepreneur implique une limite de CAHT à ne pas dépasser si on veut bénéficier des avantages qu'il apporte. Il faut du temps pour prospecter, se faire de la
clientèle. Cela prend de 3 à 5 ans à temps plein, enquête auprès des généalogistes installés.

Pour moi, il ne vise pas le bon public en visant les étudiants, les hôtels et les commerces. Le public du généalogiste professionnel n'est  pas là. Ce ne sont pas eux qui commandent. Même s'il semble réaliser qu'on y vient sur le tard. Le public généalogiste est un public de seniors presque exclusivement. En tout cas ceux qui me commandent.


Je crois qu'il ne s'est pas non plus rendu compte des déplacements que cela implique, du temps qu'ils prennent. 43 départements ! Il va le trouver où ce temps pour aller sur ces 43 départements avec seulement 20% du temps professionnel consacré à la généalogie ?


Je peux me tromper mais je ne le ressens pas du tout comme un concurrent. Parce qu'il y va sans étude de marché au préalable, la fleur au fusil. Etre généalogiste professionnel, cela n'a rien à voir avec faire sa généalogie propre. C'est un véritable métier qui s'apprend.

Mais peu de personnes, je crois, s'en rendent compte. Et c'est dommage.

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