Gestion de l'information généalogique
Par Stéphane Cosson le 20 juin 2009
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Je me souviens d'une discussion, pas si vieille que cela, entre collègues professionnels. Certains étaient outrés que l'on puisse envisager le métier d'un point de vue commercial. Et pourtant...
Et pourtant, si j'analyse correctement ce qui se passe actuellement, et si nous ne voulons pas rater le virage qui est en train d'être pris, il nous faudra franchir ce pas, cette vision. Je m'explique.
Actuellement, du moins il me semble, les sociétés commerciales de la généalogie gèrent des flux d'information. En tout cas, si je prends l'exemple de Geneanet, chaque fois qu'une nouvelle information arrive susceptible d'intéresser leurs utilisateurs, une alerte est mise en place. Nous sommes bien dans de la gestion d'information. Ce que ne fait aucun généalogiste professionnel à ma connaissance.
La numérisation des BMS et NMD permet en outre la constitution de bibliothèques virtuelles. Vous êtes intéressé par une commune ? Vous téléchargez le fichier, le sauvegarder sur votre disque dur et vous y avez accès sans passer par le site des Archives qui le propose. La contrainte de temps, de lieu n'existe plus.
Mais en même temps, il me semble que les stratégies de recherche d'information se compliquent. Internet est un lieu où il y a beaucoup d'informations, pas toutes exactes, où il peut du copillage, des informations sans mention des sources. N'y aurait-il pas alors besoin d'un médiateur professionnel accompagnant les utilsateurs d'Internet, qui valoriserait l'outil informationnel avec une vraie valeur ajoutée et utilisable ? Le généalogiste professionnel ne pourrait-il pas être ce médiateur ? Cela demande d'imaginer le métier différemment. Ce ne serait plus, sans que cela soit péjoratif dans ma bouche, un métier où toute personne un tant soit peu organisée, ayant de l'expérience de la recherche généalogique, pourrait s'installer mais un métier auquel on se formerait, qui n'aurait plus une image dévalorisée, qui prendrait les virages en même temps que tous les autres acteurs, pas à leur suite ou pas du tout.
Je crois qu'il nous faut vraiment passer de la recherche généalogique à la gestion de l'information généalogique. C'est copernicien comme vision mais cela peut être intéressant.
Voir aussi : Prospective
Généalogie et rugby
Par Stéphane Cosson le 16 juin 2009
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Une fois de plus, je laisse mon esprit dériver. Volontairement. On m'a posé la question du lien possible entre généalogie et développement durable. D'un autre côté, j'essaie de voir comment il serait possible de mettre en place des activités rémunératrices à court terme dans le domaine de la généalogie, et toujours dans l'innovation. Aller là où les autres ne vont pas.
Sans que je sache vraiment pourquoi, et je serais bien incapable de vous le dire, s'est imposée à moi l'image de Serge Blanco et du rugby. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. J'étais tout simplement en train de réfléchir sur l'idée d'une marque en généalogie. Et là, paf, le rugby, Serge Blanco. Bon d'accord, je suis du Sud, Albi retrouve la plus haute division rugbystique (je ne sais jamais comment cela s'appelle, le top 14 je crois ou 15, enfin dans ces chiffres-là) mais quand même.
Une idée comme cela, qu'il me faudra vraisemblablement creuser : quelles sont les valeurs de la généalogie ? Qu'est-ce qu'elle véhicule ? Qu'est-ce qu'elle permet ? Sans que je sache vraiment pourquoi, je suis persuadé que l'on peut faire des affaires intéressantes si l'on s'appuie sur ses valeurs. Si je garde mon parallèle avec le rugby, (c'est peut-être là le lien, allez savoir) vous avez le rugby- sport (une trentaine de bonhommes qui courent derrière un ballon ovale, je caricature volontairement, vous devriez avoir l'habitude maintenant) et le rugby-affaires (calendrier, vêtements et autres babioles permettant de rappeler les valeurs du rugby-sport). Le rugby-affaires c'est certes du merchandising mais qui s'appuie sur autre chose. Enfin, c'est comme cela qu'ils le présentent.
Et peut-être que si j'arrive à déterminer les valeurs véhiculées par la généalogie, je pourrais faire mon lien avec le développement durable tel que demandé. Allez savoir ! La créativité parfois où cela se perche !
Voir aussi : Prospective
Attente et retard
Par Stéphane Cosson le 31 mai 2009
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Le Congrès a eu au moins un point positif : pouvoir comparer nos pratiques entre professionnels (enfin, ceux qui ont bien voulu en discuter). Nous sommes tous tellement différents, membres de chambres ou pas, débutants ou anciens. Le métier est tellement un métier de solitaire. Comparer peut faire du bien.
Je me suis rendu compte d'une chose : il semblerait en fait qu'il y ait deux types de généalogistes. Ceux que la crise économique atteint et qui voient leur CAHT baisser et ceux qui n'ont vu aucun changement et qui ont au contraire des mois de retard à cause de celle-ci.
Je me suis demandé alors quelle pouvait en être la cause. Je me suis demandé si la diversification n'y était pas étrangère. En temps de chamboulement comme c'est le cas actuellement, je crois qu'il faut savoir louvoyer, faire feu de tout bois. Suivant ses envies, ses capacités, 20% de baisse de CAHT ici, 20% de CAHT récupéré là. Ou pas.
Ce qui m'a semblé évident c'est que tous ceux qui prenaient du retard dans leur travail, deux-trois mois de retard en moyenne, étaient des généalogistes qui avaient su s'ouvrir à d'autres pratiques, qui avaient anticipé, qui s'étaient bougé pour ne pas subir. De ce fait, cette anticipation leur avait ouvert d'autres clientèles qu'il fallait aussi satisfaire sans pour antant lâcher les clientèles habituelles. D'où les retards. Parce qu'ils étaient au feu sur plusieurs points en même temps. Et qu'il fallait tout avancer petit à petit.
Je trouve cela plutôt rassurant. Parce que je ne suis pas le seul dans ce cas. Je l'ai vu avec ma consoeur qui partageait le stand avec moi. Une commande arrivait ? Systématiquement, elle disait au client qu'il l'aurait pas avant juillet voire septembre. Parce qu'elle a su se diversifier. Oui, je trouve cela plutôt rassurant. Le métier n'est pas mort. Il évolue et c'est tant mieux.
Voir aussi : Prospective
Généalogiste-paléographe ou généalogiste web 2.0 ?
Par Stéphane Cosson le 24 février 2009
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Je paraphrase en cela le titre de l'article de Madame Claire Martin, directrice des AD 48, paru dans la Gazette des Archives n° 208, dans lequel le mot "généalogiste" était bien sûr remplacé par le mot "archiviste".
Un article relativement court mais dans lequel j'ai puisé quelques idées.
Elle traite notamment du fait qu'il faut examiner les fonds comme un tout cohérent et organique, destiné à être classé pour en permettre la communication au public et dont la conservation dans de bonnes conditions, voire la numérisation, est nécessaire afin de les transmettre aux générations futures.
Alors, bien évidemment, de par ma formation, cela n'a pu que faire écho. Dès le départ, je ne me suis pas préoccupé d'arbre généalogique, de logiciel. Parce que, franchement, cela n'a aucune importance. Dès le départ, j'ai tout classé par familles. Parce qu'il me semblait que cela permettait de faciliter les échanges entre généalogistes. Je n'ai jamais envisagé la généalogie comme un arbre. Pour moi, curieusement c'est complètement secondaire. J'ai toujours privilégié le nom de famille, les données par patronymes, quels que soient le lieu et la date. Envisager la généalogie comme des fonds patronymiques cohérents.
Vous voulez des renseignements sur la famille Delcayre ? Je vous sors tous les renseignements sur cette famille, pas le petit bout de généalogie dépendant de l'arbre Cosson + le petit bout dépendant de l'arbre Barthélémy + le petit bout de l'arbre ... Vous voulez les Delcayre, vous avez les Delcayre, point. Cela m'a toujours semblé plus cohérent.
Claire Martin traite de deux autres points dont l'un m'a étonné. Tout d'abord, elle dit que l'archivage d'un mètre linéaire d'archives coûte en moyenne 53 € par an au contribuable. Que l'absence de traitement de ce mètre linéaire peut donc entraîner un coût important pour la collectivité à la fois sur le plan immobilier, en terme de fonctionnement et en terme aussi d'efficacité administrative.
53 € annuel le mètre linéaire. Le montant n'est pas anodin. J'ai fait un petit calcul : j'ai 5 ml d'archives chez moi. Ce qui représente donc un coût de 265 € annuel. Soit un coût de 2385 € depuis que j'exerce en tant que professionnel. Ou un coût de 7155 € depuis que je fais de la généalogie. C'est parfois intéressant de mettre des chiffres sur une réalité.
Enfin, elle présente comme antinomiques les commémorations et les travaux des archivistes et des historiens. Les premières se situent dans le domaine de l'émotion, de l'affectif, du souvenir, de la nostalgie. Les deuxièmes s'efforcent de rationaliser, d'expliquer, de mettre à distance, de rendre compréhensible et accessible. Où se situe le généalogiste ? J'avoue que je ne sais pas. Sans doute un peu dans les deux.
Voir aussi : Prospective
Quel est le coeur du métier de généalogiste ?
Par Stéphane Cosson le 26 janvier 2009
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Quel est notre coeur de métier en tant que généalogiste ? Est-ce uniquement la recherche pour les particuliers ? Je ne le crois pas. Ou disons plutôt de moins en moins. Il me semble que cette recherche n'est qu'une partie de notre travail, la partie visible.
Après tout, en faisant des recherches pour les particuliers, le généalogiste constitue un stock : un stock de données, d'actes. N'y a-t-il pas déplacement du centre de gravité de notre métier, de ce fait ?
Restons sur cette idée de stock. La tâche du généalogiste n'est-elle pas aussi de le rendre le plus pertinent possible, de le décrire, de l'indexer avec un maximum de précision ? Notre coeur de métier peut-il être autour de ce stock ?
Pourquoi ne pas agir plus en aval ? Décrire l'information que nous possédons à des niveaux de granularité divers : personne n'a forcément besoin de la même information. Inventons donc des filtres, des tamis différents en fonction des besoins. De même, repensons l'accès. Je ne sais pas encore comment mais je crois que nous devrions travailler à ce niveau.
En outre, un de nos rôles n'est-il pas de conseiller, de formaliser, de traduire des besoins ? Le besoin de visibilité et d'accès aux archives s'accroît. Le besoin d'accompagnement, le besoin d'autonomie aussi. Et là nous travaillons aussi en amont. Après tout, plutôt que de considérer que nos utilisateurs, nos clients sont des niais (ce qu'ils sont de moins en moins) et qu'il faut tout leur apprendre, leur mâcher tout le travail, faisons plutôt confiance à leur sens critique quant à l'appréciation de la qualité de l'information que nous leur donnons. En même temps, profitons-en pour leur donner un certain nombre de réflexes. Seule compte l'information que nous possédons. Oublions sa localisation physique. De toute façon, avec la numérisation des archives, celle-ci n'aura bientôt plus aucune importance.
Nous sommes des professionnels ? Faisons en sorte que l'authentification des données passe uniquement par nous. Après tout, n'est-ce ce à quoi se sont attelées les associations et les sociétés dites commerciales ? Et nous attendons quoi ?
Voir aussi : Prospective
Une aide à l'appropriation de la connaissance
Par Stéphane Cosson le 24 janvier 2009
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Je viens de lire un article très intéressant dans le dernier numéro d'Archimag. Ils avaient fait un sondage sur les personnalités les plus importantes dans le domaine de l'infodoc. Archimag proposait une liste de 55 noms mais la liste était ouverte.
Cinq personnalités ont été interviewées. Ce qu'elles ont pu dire sur le numérique et l'aide à l'appropriation de la connaissance a fait tilt.
Plus les outils technologiques proposés sont sophistiqués, plus le citoyen lamba est désemparé. Et là, il faut faire oeuvre de pédagogie. La réponse à donner passe par l'être humain. L'avenir, selon eux, c'est l'être humain et les services qu'il peut construire. J'ai trouvé cette première approche plutôt réjouissante.
De même, l'humilité sortait de leur discours. Même si les ressources patrimoniales restent d'une valeur inestimable, prendre conscience de la finitude extrême des collections semblait plus qu'important à leurs yeux. En effet, à côté de celles-ci, il existe les ressources d'Internet, des ressources électroniques immenses et non maîtrisées. Alors, certes, on peut posséder un stock rare et s'en satisfaire mais le mieux quand même est l'exploitation toujours renouvelée des contenus. Si je puis m'exprimer ainsi, ce n'est pas le moment d'attendre la prochaine ère glaciaire parce que là ce sera trop tard. La communication est une nécessité inhérente au travail de l'infodoc désormais.
Et là, on revient à l'être humain et à la pédagogie. En effet, pour exploiter les contenus, des créateurs de contenus, des créateurs de données doivent se mettre au travail, surgir de terre. D'où la nécessité aussi de toujours innover, de faire de la veille.
Mais il faut aussi des "filtres", c'est-à-dire des personnes qui orientent, recommandent, savent entrer dans la conversation géante du web en étant reconnues comme des interlocuteurs. Ce qui implique de se tenir à jour en tant que professionnel pour ne pas être dépassé. Et cette entrée se fait au moyen de tous les outils collaboratifs possibles et imaginables. Bref, là encore, d'une certaine manière, un pédagogue.
Je ne sais pour vous, mais pour moi c'est entré en résonnance avec mes aspirations profondes.
Voir aussi : Prospective
Un rêve peut-être fou
Par Stéphane Cosson le 11 janvier 2009
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Je suis actuellement en train de mettre à jour ma liste-éclair. Une fois de plus, plusieurs dizaines, plusieurs centaines ?, de noms à rajouter en rouge pour savoir ainsi exactement les modifications que j'aurais à faire sur le site.
Et j'ai de plus en plus un rêve qui peut paraître un peu fou, voire même complètement barje, au vu de mon résultat comptable et fiscal, au vu de la situation actuelle : embaucher.
Oh, je vais y aller avec circonspection. L'expérience de mon ancien associé m'a suffit comme mauvaise expérience pour apprendre ce qu'il ne fallait surtout pas faire. Peut-être même qu'avec lui, j'avais pris le problème à l'envers. Ce qui m'a coûté. Et m'a appris en même temps.
Reprenons les bonnes bases : calcul des heures de travail nécessaires, coût de celles-ci, business plan pour rechercher des financements éventuels. Prenons le temps de la réflexion. Mesurons le risque.
Cela peut paraître un rêve un peu fou mais en même temps quand je vois le travail qui s'accumule et dont je n'ai pas le temps de m'occuper. Les envies que j'ai...Je me dis : Et si ? Pourquoi pas ? Il va me falloir apprendre à déléguer, mais à apprendre correctement et à déléguer tout aussi correctement.
Un rêve peut-être un peu fou.
Voir aussi : Prospective
Développer la mémoire de l'entreprise
Par Stéphane Cosson le 10 décembre 2008
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Décidément, l'ouvrage sur le knowledge management est d'une richesse que je ne soupçonnais pas. Notamment en ce qui concerne les approches qu'il développe pour mettre en place une mémoire de l'entreprise.
Celle qui me parle le plus en tant que généalogiste professionnel et en tant que chef d'entreprise est la conception centrée sur les utilisateurs.
En effet, cette approche donne l'assurance que la mémoire sera définie en fonction des besoins des utilisateurs. En tant que généalogiste, je suis porteur de mémoire. Les sociologues parlent de membre-pivot d'une famille. En tant que professionnel, je me dois d'organiser tout l'environnement autour des recherches que j'effectue.
Ces recherches ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Derrière il y a tout un travail de mise en place, d'indexation pour retrouver plus facilement l'information, et pour pouvoir aussi la fournir plus rapidement. Mais, pour pouvoir organiser correctement, pour éviter de ne pas se tromper, le mieux est quand même de le faire en fonction, et en fonction, seulement de la détermination des besoins, de la conception de ces besoins, de leur "implantation". Les besoins de mes clients, généalogistes amateurs, ont en effet fortement évolués depuis que la généalogie familiale professionnelle existe. Je me dois non seulement de suivre ces besoins mais aussi les anticiper le plus possible. Donc être au plus près de mes utilisateurs.
Du coup...
Le système le plus efficace est celui qui est créé en partenariat entre le développeur que je peux être et les utilisateurs, les personnes intéressées dans cette organisation. Pour ceux qui étudient le Knowledge Management, une personne intéressée est une personne qui a un enjeu pouvant être affecté par le système. Donc toute personne qui a quelque chose à perdre ou à gagner, qui peut affecter ou qui est affectée par l'organisation mise en place.
Ce qui rend le travail intéressant, motivant, c'est qu'aucun des points de vue ne peut être ignoré sans conséquence dommageable pour l'organisation en son entier. Toutes les personnes qui s'y penchent ajoutent des contraintes. C'est quelque chose qui peut être relativement exaltant. Et qui est absolument impossible à résoudre tout seul.
En cela, c'est une autre manière d'envisager la généalogie. Il me semble que cela ouvre d'énormes perspectives.
Voir aussi : Prospective
La culture de la peur
Par Stéphane Cosson le 15 novembre 2008
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Mon stagiaire en comptabilité avance lentement mais très sûrement dans la saisie de mes comptes. Et c'est là, en le voyant agir au quotidien, que je me rends compte que nous ne sommes pas, mais vraiment pas du tout dans la même culture d'entreprise.
Il est dans ce que l'on pourrait appeler une culture de la peur, de la catastrophe voire pire si nécessaire. Cela me stresse au possible, vous ne pouvez pas savoir...
Je suis chef d'entreprise, donc quelqu'un d'optimiste. Forcément et irréductiblement optimiste. Si je commence à ne penser qu'en problèmes plutôt qu'en solutions, je n'y arriverais jamais. Je n'avancerais jamais. On peut me mettre toutes les stratégies marketing imaginables devant les yeux, Blue ocean, Fair Price ou autre, elles ne serviront à rien. Puisque je serais toujours dans l'imagination du pire qui va forcément me tomber dessus d'ici la prochaine nano-seconde. Ah, trop tard ! Je ne sais pas comment mon stagiaire en comptabilité peut vivre comme cela. Pour moi, c'est impensable.
En même temps, de par son métier, comptable, je peux comprendre. Il surveille les comptes, donne des conseils en gestion pour me faire faire des économies (même si parfois les bouts de chandelle, je trouve cela complètement inutiles et prises de tête. Ce que nous pouvons nous engueuler à ce sujet parce que nous sommes tous deux des têtus obstinés et tenaces). Son but, c'est que l'entreprise ne soit pas dans le rouge. Pour cela, il met le hola, un frein à mes désirs, mes envies, mes enthousiasmes.
Mais c'est quand même une culture différente de la mienne. Je n'imagine la vie qu'en termes de solutions non encore trouvées. Pas en terme de problèmes non encore résolus et peut-être définitivement irrésolubles. C'est ce qu'on pourrait appeler la culture de l'optimisme, de la vie en avant, du jaillissement, du Yallah ! Complètement aux antipodes de ce qu'il pense au quotidien.
C'est ce qui me fait me rendre compte que chacun doit vraiment être dans son territoire, sa chasse gardée. Qu'il fasse attention aux comptes d'accord. Mais que cette attention empêche la créativité au cas où... Non ! Je vous l'ai déjà dit, je veux changer d'expert-comptable. Mon stagiaire en comptabilité me permet de bien connaître les besoins que j'aurais à ce sujet, les missions que je peux exiger du nouveau expert-comptable que j'aurais choisi, une fois les comptes saisis. Ce sera pour moi, principalement, une mission d'affinement de ma stratégie, de ma gestion, en dépiautant tous les comptes.
Ce sera au moins cela.
Voir aussi : Prospective
Les cinq styles de dialogue
Par Stéphane Cosson le 15 septembre 2008
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Toujours utile de savoir comment on aborde un problème quand on a un client en face. Je viens d'apprendre qu'il existait cinq styles de dialogue, cinq manières très différentes de répondre, en tant que spécialiste, à la demande, correctement formulée ou pas, de la personne que nous avons en face.
Et ce, bien sûr, toujours en me penchant sur les besoins de l'information.
J'ai pu savoir ainsi où je me situais...
Mais d'abord les cinq styles :
- Style 1 : vous avez envie de connaître la nature du problème de l'usager, d'encourager la verbalisation, de réduire son stress et de le stimuler.
- Style 2 : Vous réconfortez l'usager sans prendre en compte la nature réelle du problème. vous n'encouragez pas la verbalisation et vous ne le stimulez pas.
- Style 3 : vous montrez une intention de vous intéresser au problème. Mais vous entamez une discussion en n'abordant que ses aspects tangentiels. De ce fait, vous n'aidez pas à résoudre le problème.
- Style 4 : vous montrez un manque d'intention à aider à la verbalisation du problème. Vous expliquez, vous justifiez votre point de vue et niez les informations prenant en compte la position de l'usager. Vous n'offrez que des réponses rationnelles.
- Style 5 : vous rejetez ou dénoncez le besoin exprimé. Vous changez le sujet ou montrez votre désaccord. Vous exprimez votre désapprobation à l'égard de l'usager et lui déniez toute possibilité d'aborder le problème.
Personnellement, les résultats du test qui était proposé ont montré que je m'intéressais au problème qu'avait la personne, que j'encourageais sa verbalisation mais... avec une tendance à ne vouloir aborder que les aspects tangentiels dudit problème. Bref, je suis styles 1 et 3.
Comme cela, cela semble inutile, voire même superfétatoire. Connaître son style de dialogue, quelle importance ? Mais imaginez seulement que in fine le problème de l'usager se conclut par une vente. Voir quel est son style est aussi une manière de voir comment on négocie la vente, comment on amène le client à nous acheter le produit que nous pouvons lui proposer.
Par exemple, le style 3 est peut-être le style qui me fait rater des ventes. Si je pars trop sur mon idée, si j'insiste trop pour vendre un produit à la personne sans prêter attention à ses refus réitérés, je peux arriver à ne rien lui vendre du tout. De ma faute, parce que je n'ai pas su l'écouter complètement.
Cela peut donc permettre de m'aider à corriger mes défauts dans le domaine de l'écoute de l'autre. Et là, je trouve que ce n'est pas plus mal. Après tout, le but de tout bon professionnel c'est bien d'augmenter son CA HT, non ?
Voir aussi : Prospective
