| Retour à l' acceuil |

Créer des niveaux de compétence ?

Par Stéphane Cosson le 12 mai 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Une question que je me pose, quand je vois le déferlement que parfois certaines de mes idées peuvent créer : Et si on mettait en place des niveaux de compétence, en s'inspirant par exemple de l'euroréférentiel des compétences existant pour les métiers de l'information et de la documentation ?

Je me dis que, parfois, cela pourrait nous être utile.

L'euroréférentiel des compétences a créé quatre niveaux (les définitions ont été rédigées par Madame Claudine Masse) :

  • Niveau 1 : Professionnel utilisant les outils qu'on met à sa dispostion et possédant une culture de base dans le domaine.
  • Niveau 2 : professionnel maîtrisant les outils de base, effectuant des travaux spécialisés ou répétitifs, capable de collaborer avec des spécialistes du contenu concerné, en faisant usage de savoir-faire pratiques. Il dispose d'un instrument de lecture et d'expression des besoins qu'il rencontre permettant de proposer des évolutions ou de concevoir de nouveaux services.
  • Niveau 3 : professionnel connaissant toutes les techniques du métier, il sait en parler et les utiliser. Il est capable d'interpréter une situation, de porter un jugement impliquant une adaptation à la tâche, de créer un outil.
  • Niveau 4 : professionnel maîtrisant la méthodologie, ce qui lui permet de concevoir des systèmes nouveaux, d'auditer, de manager l'information dans son entreprise ou dans un réseau.

Je me dis que, peut-être, cela permettrait de mieux faire reconnaître le métier. Avons-nous tous le même niveau de compétences ? A mon avis, c'est une utopie que de le croire car déjà nous arrivons, en tout cas pour les généalogistes familiaux, sur ce métier pour des raisons différentes, avec des formations différentes. Imaginer des niveaux de compétences, à mon sens, ne serait pas ...insultant (même si ce n'est pas le bon terme mais pour le moment je n'en vois pas d'autre). Ce serait simplement reconnaître que nous n'abordons pas le métier avec les mêmes compétences de départ.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le marché généalogique est-il un marché mal compris ?

Par Stéphane Cosson le 21 avril 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Toujours dans le cadre de mes lectures, je continue à doses homéopathiques l'ouvrage sur le marketing des services. L'ouvrage est conséquent, ne se lit pas comme un roman et il vaut mieux avoir assimiler avant de poursuivre.

La partie que je lis actuellement s'intitule "spécificités des processus et gestion de l'innovation dans les services". Et cela m'a déclenché un déclic : le marché des généalogistes professionnels est-il un marché mal compris ?

Le marché de la généalogie est un marché qui a profondément évolué depuis les années 1980. L'activité a vu son image s'améliorer, son marché exploser. De quelques généalogistes au départ, la généalogie est maintenant affaire de professionnels, de grandes sociétés informatiques, de journalistes, d'éditeurs. Ne manquent plus que les grandes surfaces !

La plupart des produits ont été dépoussiérés, il faut bien le reconnaître : prenez du recul, regardez ce qui était proposé dans les années 80 et ce qui est proposé maintenant, il n'y a pas photo. Il me semble que, outre quand même des compétences particulières, cela est aussi dû à une maîtrise correcte de problèmes, disons-le, de productivité, de formation, de bases de données, de systèmes d'information. C'est quand même ce qui est le plus rentable et ce ne sont ni Geneanet, ni Notrefamille, ni Ancestry qui diront le contraire. Je ne le crois pas du moins. Ni même les associations et les systèmes gravitant autour.

Disons-le aussi : ce marché échappe en grande partie aux généalogistes professionnels. Cette échappée s'est faite progressivement mais elle est bien réelle. Et si en fait, pour bien faire comprendre leur rôle, les généalogistes familiaux devaient innover sur leur mode de commercialisation, sur le processus de réalisation de leur prestation ? Changer les types de produits, peut-être.  Les modes de distribution  pour s'adapter aux attentes du marché. Reprendre en tout cas la main, faire mieux percevoir leurs potentialités au sein de ce marché. Ce n'est peut-être qu'une idée mais quel est le risque ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le généalogiste, c'est aussi une entreprise

Par Stéphane Cosson le 19 avril 2008 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Je paraphe volontairement une rubrique du magazine L'Entreprise. Tous les mois, il présente ainsi une entreprise que l'on a tendance à voir autrement.

Ce mois-ci ,il s'agit de l'IGN. Et je crois que nous pouvons nous en inspirer.

Actuellement, le but de l'IGN est de numériser l'ensemble de ses fonds de carte pour en faire un nouveau trésor de guerre à partir duquel il pourra décliner des produits dérivés. Pour cela, l'IGN a dû expliquer à son personnel que son métier avait changé, que travailler au crayon sur des photos aériennes argentiques était dépassé à l'ère du numérique.

Lire cet article m'a fait prendre encore plus conscience qu'il existe aussi un trésor de guerre pour nous. Trésor de guerre pour lequel nous ne déclinons quasiment aucun produit dérivé, moi le premier.

Quels produits dérivés ? Je ne sais pas encore. Le public va-t-il suivre ? Nous verrons bien. A partir de notre trésor de guerre, je crois que nous pouvons mettre en place une cartographie, voire même plusieurs, rien qu'avec la liste-éclair. On peut faire une cartographie par nom de famille sur un département. On peut faire la liste pour une commune donnée des noms de famille qui existent sur celle-ci. C'est bien sûr la lecture de l'article sur l'IGN qui m'a induit ces cartographies. D'autres choses sont possibles pour générer des recettes.

Car après tout le généalogiste c'est aussi une entreprise.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le généalogiste familial est-il un pauvre qui s'ignore ?

Par Stéphane Cosson le 13 avril 2008 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Un pauvre, en 2005, célibataire, vivait avec moins de 681 € par mois, soit moins de 10 €  par jour une fois un loyer payé. Qu'en est-il vraiment pour un généalogiste familial ? Appartient-il sans le savoir à ce monde des pauvres, un pauvre qui travaille comme beaucoup d'autres en France ?

La question, posée ainsi, peut être choquante. Toutefois, je crois qu'il faut vraiment se la poser dans ces termes-là.

En tout cas, c'est ce qu'il ressort de mes différentes discussions et lectures de ce week end.

Nous avons rencontré, Christophe et moi, vendredi après-midi notre expert-comptable. Avec la comptable, nous avions tout fait pour éviter au maximum, elle et moi, d'avoir une perte. Malheureusement, autant elle que moi savions que cela allait être difficile. A deux, Christophe et moi avons réalisé le même CA HT en 2007 que moi tout seul en 2006. Pourquoi ? La préparation des sites Internet. L'écriture de ceux-ci a eu un coût que nous n'avons pu éviter.  Coût temporaire bien sûr mais coût quand même. La quadrature du cercle, cela n'existe pas.

Du coup, la discussion avec l'expert-comptable était simple : il fallait augmenter ce CA HT, à tout prix. Il nous disait que, pour pouvoir nous en sortir à deux en nous payant chacun un SMIC, il fallait sortir 60 000 € HT. Il nous a posé quelques questions : quel est le CA HT moyen d'un généalogiste familial ? La profession est-elle économiquement viable ? Que nous disent les études de marchés et autres études économiques spécifiques à la profession ? Comment s'en sortent les généalogistes professionnels familiaux célibataires, puisque ce sont eux qui peuvent vraiment nous en apprendre sur cette viabilité économique ?

Il a été très surpris qu'aucune étude économique n'existe véritablement sur la profession. Pour lui, cela lui semblait complètement surréaliste.

En effet, selon lui, il y a deux solutions : soit la profession n'est pas économiquement viable et alors, quels que soient les efforts de chacun, elle est vouée à disparaître, inéluctablement.  Soit elle est économiquement viable et c'est l'approche économique de chacun qui est mauvaise, mal orientée.

Nous sommes bien sûr partis sur la deuxième solution. Pour lui, comme pour nous, seul Internet, au vu de l'explosion de la généalogie dans ce médium, peut permettre une sortie économique viable tout en faisant attention de ne pas créer une bulle dangereuse. Le but est d'arriver à déclencher du cash, de la marge financière sans perdre trop de temps. Il faut donc ré-utiliser au maximum ce que chacun possède.

Selon lui, comme pour nous, mais le travail est alors immense, il faut complètement ré-inventer le métier de généalogiste familial. L'étudier à fond, tout mettre à plat sans complexe, le disséquer entièrement pour ne prendre que ce qui est économiquement intéressant. Et laisser tomber sans état d'âme tout le reste. Cela va criser dans les chaumières. Quels sont les professionnels qui sont prêts à faire cela ? Je crains fort qu'ils ne soient pas nombreux du tout. Cela va demander une prise de conscience difficile. Les ruades vont venir de partout. Il risque d'y avoir beaucoup de triage dans la profession. A mon avis à moins que je ne me trompe. Mais si une vie économique normale ne pouvait être qu'à ce prix ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Période obscure de l'Histoire

Par Stéphane Cosson le 22 mars 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Avez-vous lu la note de Généinfos sur l'amnésie collective annoncée ? Très intéressante. J'y ai mis un commentaire mais j'aimerais développer un peu plus ce dont parle cette note, rebondir plus encore.

J'ai une formation d'archiviste-documentaliste. Et au cours de ma formation, j'ai rédigé un mémoire sur le nettoyage des documents. Pas mon meilleur mémoire de fin d'études, il faut bien le reconnaître. Toutefois, cela m'a permis de faire un stage dans un service de restauration de documents et d'aller faire des recherches à la bibliothèque du Centre de Recherches sur la Conservation des Documents Graphiques.

Cela m'a sensibilisé relativement tôt à cette question de perte de documents. Comme je l'écris dans mon commentaire, nous serons, je le crois sincèrement, la "période obscure de l'Histoire".

Pierre Bonhomme, dans son avant-propos de l'ouvrage de Bertrand Lavédrine sur la conservation des photographies, a titré celui-ci ainsi : Mériter le patrimoine. Qu'ya-t-il de plus précaire que le papier ?

Pour résoudre cette précarité de nos papiers acides, de nos papiers bois, l'homme a essayé d'inventer de nouvelles solutions. La solution informatique en est une, sauf que nous changeons souvent de support. Carte perforée (qui est encore capable de les lire ?), disquette, CD, disque dur externe... A chaque fois, nous ne transférons pas toutes les données d'un support vers l'autre. Ce qui n'est pas transféré est perdu. Qui a conservé les vieux modèles de nos ordinateurs en bon état de marche ? Qui a conservé les vieux programmes qui allaient avec et qui permettaient de les faire fonctionner ? Ne rêvez pas, personne  ! Soyons réalistes ! Une durée de vie des supports qui n'est donc pas éternelle.

Mais ce n'est pas tout.

Quand je faisais mes études, on nous disait qu'il fallait faire du tri. Les archives contemporaines cela se trie. Dans toutes les Archives Départementales, il existe des salles de tri. On a mis en place des tableaux de tri depuis les années 60. Les archives, elles ont désormais un âge, un cycle de vie :

  • Archives actives : recours permanent au dossier.
  • Archives semi-actives : période de moindre utilisation du dossier.
  • Archives définitives : ne concerne qu'une faible partie de documents dont l'existence est éternellement prolongée, les autres pièces jugées sans valeur sur le plan historique étant détruites.

Jugées sans valeur sur le plan historique : Mais nul ne sait comment les documents que nous produisons seront regardé dans un siècle ou deux et quel sera le regard qui se posera sur eux. Et si les documents que nous trions actuellement devenaient utiles dans le futur ? Qu'en savons-nous vraiment  ?

Ne serions-nous pas des avatars de Prométhée ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

File d'attente

Par Stéphane Cosson le 2 mars 2008 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Toujours dans l'ouvrage "Marketing des services", il y a toute une partie sur l'attente dans les services et ses conséquences.

Je me suis alors posé la question : une fois tous les états civils et registres paroissiaux numérisés et en ligne, les généalogistes amateurs continueront-ils d'accepter des heures de levée ?

Selon les auteurs, personne n'aime attendre. C'estennuyeux, les gens s'agitent, sont impatients, parfois de mauvaise humeur à cause uniquement de cela, cela fait perdre du temps et cela peut même être physiquement inconfortable. Et pourtant tout le monde y est confronté.

Dans ce phénomène universel de l'attente, il y a plusieurs solutions pour la réduire :

  • repenser le système d'attente
  • réfléchir à une réduction de la durée de chaque opération
  • comprendre les comportements des clients et leur perception de l'attente
  • mettre en palce un système de réservation.

Une fois tous les registres paroissiaux et tous les états civils en ligne, numérisés, les généalogistes pourront y accéder quand ils veulent, avec une certaine immédiateté : le temps d'attente sera réduit alors au temps de la connexion. Avec le haut débit, quasiment rien. Imaginez alors le même généalogiste qui va en salle de lecture d'un service d'Archives Départementales, habitué qu'il est à cette immédiateté, et qu'on lui dise : "il y a une levée de documents tous les 3/4 d'heure, trois documents à chaque fois ...et vous venez de rater une levée, vos documents seront donc là dans une heure, une heure et quart environ". Bonjour le décalage, surtout s'il ne vient que pour faire des photos de documents notariés par exemple. Sera-t-il prêt à attendre ? Est-ce à lui à s'adapter ou aux Archives ?

J'avoue que je n'en sais rien. Mais cette lecture sur les files d'attente m'a fait me poser la question. Peut-être sera-t-il prêt alor à payer un professionnel pour attendre à sa place ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

La rouille institutionnelle

Par Stéphane Cosson le 26 février 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

C'est le nom qu'a donné Mitchell T. Rabkin au processus de revitalisation des services vieillissants ou obsolètes. Selon lui, cela ne signifie pas que ces processus ont été mal conçus au départ mais plutôt qu'il existe des remises en question de ceux-ci : changements technologiques, nouveaux dispositifs, nouvelles offres, nouvelles attentes de la part des clients.

Je trouve l'expression assez belle et assez d'actualité dans notre monde de la généalogie en pleine mutation.

Pour cet auteur, la rouille est due à deux causes :

  • des changements de l'environnement externe rendant des pratiques existantes désuètes, nécessitant une nouvelle conception du processus fondamental voire la création d'un nouveau processus.
  • une détérioration naturelle des procesus internes : bureaucratie rampante par exemple, application de standards erronés.

Pour éviter que la rouille ne prenne toute la place, il faut utiliser de l'antirouille, c'est bien connu. Dans ce cas précis, on devrait plutôt parler de plusieurs antirouilles :

  • éliminations des étapes n'ajoutant aucune valeur, pour se concentrer sur la partie bénéfice et production.
  • évolution vers le libre-service.
  • offre d'un service direct : porter le service vers le client au lieu d'amener le client vers le service.
  • Elaborer une offre de services multiples en se concentrant sur un segment bien défini des clients.
  • améliorer les aspects physiques.

Au vu de ce qui est en train de se passer  (Archives Départementales mettant de plus en plus leur état civil en ligne, les arbres en ligne des particuliers chez les sociétés commerciales), il me semble que le métier de généalogiste familial doit être entièrement repensé. Surtout si nous ne voulons pas perdre de la clientèle.

Je le vois de mon côté : sur ma zone géographique, je n'avais pour le moment que le Tarn en ligne (soit 1/8 de ma zone de recherches). A la fin de l'année 2008, il devrait y avoir la moitié de ma zone de recherches en ligne. Pour continuer à vivre de mon métier, il me faut repenser intégralement celui-ci. Je n'ai pas le choix.  Question de survie économique.

Un de mes choix a été le développement vers Internet : d'ici la fin de l'année six sites Internet seront sortis de terre pour présenter toute la palette de mes possibilités. Sachant qu'il y a d'autres idées derrière qui suivent. 

Le deuxième choix s'est imposé de lui-même : l'innovation à tout prix. C'est le moment d'être une Jeune Entreprise Innovante. Fiscalement en plus c'est intéressant. Pourquoi s'en priver ?

Un troisième choix a été de bouger de période  d'étude. Je travaille ainsi régulièrement sur du XVIe siècle en Midi-Pyrénées. Pas toujours simple notamment en ce qui concerne les sources, mais beaucoup moins de concurrence.

Un quatrième choix a été d'éliminer dans le rendu à mes clients les pertes de temps. Je suis définitivement passé du côté du compte-rendu mensuel plutôt que des rapports en fin de recherche. Trop longs, pas assez productifs à mon goût. Et les clients pour le moment n'ont jamais râlé.  Qui plus est, cela me fait des rentrées d'argent régulières, lissées sur toute l'année ou presque.

Mais cela me demande des efforts, des remises en question constantes. Question de processus mental, une fois que c'est enclenché, cela se fait tout seul.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Questions sur la gratuité

Par Stéphane Cosson le 21 janvier 2008 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Je suis en train de lire un petit ouvrage, paru dans la collection Banc Public des Editions Albin Michel. Ecrit par Francine Markovits, il s'intitule : C'est gratuit ! A qui profite ce qui ne coûte rien ?

Très intéressant. J'y puise une foule de réflexions, de pistes possibles sur la question de la gratuité dans la généalogie.

Quelques glanures comme cela en passant...

La gratuité permet de faire la différence entre une situation d'abondance et une situation de marché. Selon l'auteur, la situation d'abondance serait celle où la nature, sans aucun travail, distribuerait gratuitement tous les objets nécessaires à la satisfaction des besoins. Une profusion naturelle dont le corrélat serait la dispersion des hommes et la rareté de ces besoins.

Cela ne vous rappelle rien ? Non ? Vraiment rien ? C'est pourtant ce que j'entends assez souvent pour la généalogie. C'est sur Internet. Cela ne coûte rien. On peut faire la généalogie dans son fauteuil, sans chercher, sans bouger. Quelques clics et hop, c'est fait. Aucun travail ou presque. Situation naturelle d'abondance. On trouve l'information partout, parfois redondante. Pourquoi s'enquiquiner la vie ?

Mais... Mais...

Selon l'auteur, la gratuité c'est comme les trains : elle cache autre chose. Ainsi selon elle, la gratuité peut être une relation complexe où la valeur réelle, le coût de production de quelque chose, est gommé, effacé. La gratuité devient donc une procédure de refoulement, de déni. Ni le donateur, ni le bénéficiaire ne tiennent compte du temps de production. La gratuité ? Un évènement isolable qu'au prix d'une dissimulation.

Tiens donc !

La gratuité ? un moment pendant lequel le donateur est démasqué dans sa volonté de domination.  Une relation pour le moins inégale. Un décalage entre une représentation subjective et les effets réels mis en place.

Intéressante comme notion, non ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le généalogiste professionnel est-il un chef d'entreprise ?

Par Stéphane Cosson le 12 décembre 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

C'est la question que je ne cesse de me poser. Visiblement, je ne suis pas le seul dans mes connaissances professionnelles. Pour moi, la réponse est claire : c'est définitivement oui.

Mais, je ne suis pas le seul à me rendre compte que cette réponse positive peut poser problème. Comme si elle était une grossièreté. Pas une petite grossièreté. Non, non, le truc bien lourd, bien gras, bien choquant. Si je comparais cette réponse à la sexualité, nous serions dans le domaine de la pornographie.

Vous croyez que j'exagère ? Pas vraiment !

Personnellement, la vision de mon métier est claire : créer de la richesse, créer de l'emploi. Montrer que l'on peut vivre correctement de cette passion. Innover. Etre force de proposition. Et l'affirmer.

Pourquoi avoir peur d'être ce que je suis ? J'y vais et advienne que pourra. Pour certains de mes confrères, agir ainsi signifie que je dénigre l'ensemble de la profession. Diantre, comme ils y vont ! Ai-je vraiment autant de pouvoir que ce qu'ils me donnent ? Je ne le crois pas !

Je ne juge personne, chacun agit en fonction des moyens qu'il peut mettre en place, qu'il peut mobiliser. Moi, personnellement, j'ai décidé d'en vivre. De me battre pour cela. D'essayer d'autres choses que ce qu'il existe actuellement. Quitte à me faire des ennemis parce que je dérange. Qu'y puis-je ?

Pendant que certains croient que je les dénigre et le clâment, j'ai créé. Un réseau. Une société. Un nouvel emploi. Un nouveau service. Des partenariats. Comme devrait le faire tout chef d'entreprise s'il veut que sa société devienne pérenne.

Je ne suis pas sûr que leur bilan soit identique.

Mais j'ai vraiment l'impression que tout le monde n'a pas fait le pas, n'a pas franchi les étapes nécessaires pour devenir chef d'entreprise. Un des professionnels que je connais parlait de "généalogiste professionnel-amateur" pour nous qualifier. Certes, la plupart sont des amateurs au départ, des personnes qui se sont dit que leur passion pouvait à terme devenir un travail rémunérateur. Et là, désolé, mais il faut changer de point de vue. Je ne suis pas un "professionnel-amateur". Il y a un terme de trop, une antinomie que j'ai gommé.

Mais parfois, il peut y avoir comme un goût amer dans la bouche. Dommage !

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Année 2008 sous le signe du rédactionnel

Par Stéphane Cosson le 10 décembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

L'année 2007 n'est pas encore complètement terminée que déjà je commence à me projeter sur l'année 2008. Il le faut bien ! Je crois qu'elle sera bien remplie ! A des moments, cela m'affole même un peu et je me dis même qu'à deux, nous n'allons pas y arriver.

Bon, pas de panique ! Reprenons notre régime de bananes et voyons où nous en sommes.

D'ici la fin de l'année, il y a trois articles à écrire pour Ancestry et un au moins en janvier 2008. De même, si le tarif négocié avec Ancestry est validé, il y aura aussi la frappe de tout ce qui est encore manuscrit chez moi. Pour un quart c'est quasiment complet, en récupérant tout ce que j'ai tapé pour mes clients depuis 7 ans, mais ce ne sont qu'un quart. Toujours dans cette même optique, il va me falloir finir ma liste-éclair pour eux. Je commence à en apercevoir le bout du tunnel mais il y a encore du travail.

Pour ce qui est de GeneaNet, les photos sont en train d'être faites par un professionnel. Cela va nous coûter un peu mais cela nous libère du temps. Ne restera plus qu'à indexer toutes les photos puisqu'il s'agit encore de mon fonds, donc sans doute seul mais pas forcément. Toute l'indexation est à faire de ce côté-là.

SOS Généalogie : un site Internet est prévu. Au départ, j'imaginais plusieurs sites séparés. Mais au cours des discussions avec les participants de SOS, je crois qu'un seul site sous la bannière de SOS Généalogie sera effectivement plus efficace. Là encore, il y aura du rédactionnel. Certain est déjà prêt, d'autre est en cours,d'autre encore est à finaliser car seulement prêt dans ma tête. Mais je crois que cela plaira in fine à Pierre-Valéry Archassal et à Jean-Yves Baxter. Entre autres bien sûr...

SOS Généalogie, c'est aussi se mettre d'accord sur les pubs, et continuer à assurer la permanence téléphonique.

Ah, bien sûr, toujours dans le cadre des sites Internet, je voudrais refondre le site de S2CF.

Les Editions Christian : Je devrais en savoir plus cette semaine mais l'ouvrage dont je rêve depuis tant d'années sur une famille de Toulouse-Lautrec complète, avec les branches roturières, pourrait se finaliser. Nous serions quatre auteurs au moins parce que, bon, je veux bien être un hyper-actif mais quand même...

Et il me restera bien sûr toute la partie administrative et commerciale. J'ai bien quelques idées pour améliorer encore notre CA, mais en aurais-je le temps ?

Christophe va continuer bien sûr à me faire les recherches en Archives. Et là, de nouvelles demandes ne cessent d'arriver depuis quelques semaines.

Mais je crois qu'il va falloir à nouveau revoir le travail de l'un et de l'autre. Où peut-il m'aider en plus ? Ou bien aurons-nous besoin de l'aide de quelqu'un d'autre pour tout ce qui est frappe par exemple (dans ce cas-là, à associer pour qu'il n'y ait pas de charges salariales et patronales à payer, donc quelqu'un de confiance tant pour lui que pour moi).

Il va falloir en discuter tous les deux. Tout réorganiser pour ne pas trop perdre de temps. Et essayer de tout mener à bien. Notre avenir en dépend.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Complaisance !

Par Stéphane Cosson le 8 décembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je rebondis sur le terme de Pierre-Valéry Archassal dans son commentaire sur ma dernière note : Complaisance. Je suis allé chercher mon dictionnaire. C'est parfois, pour ne pas dire toujours, utile.

Donc, le petit Robert nous dit que la complaisance est littéralement un acte effectué en vue de flatter. La définition à mon avis doit être complétée. C'est parti pour la définition de "flatter" : louer faussement ou excessivement quelqu'un, chercher à tromper quelqu'un en déguisant la vérité, en entretenant des illusions, faire paraître plus beau que la réalité.

Christ et Marx ! J'ai souligné volontairement les mots qui m'ont le plus frappé dans ces définitions. Il y a encore du chemin à parcourir !

Et dire que certains pensaient que la mise en place de l'USGP, le travail effectué depuis 10 ans pour ce qui est de la CGP, depuis plus longtemps pour ce qui est de la CSGHF suffisait à nous faire pleinement entrer dans le monde de la généalogie et à prouver que nous pouvions être des acteurs sur qui compter, tant familiaux que successoraux. Raté !

Je me rends de plus en plus compte combien l'année 2007 a été véritablement une perte de crédibilité pour nous, les professionnels. Et je dénigre personne en particulier ! Je suis aussi un professionnel, j'ai ma part de responsabilité dans ce fiasco (je crois que le terme n'est pas trop fort). Et non, je ne suis pas masochiste en battant excessivement ma coulpe. J'essaie simplement d'être le plus réaliste, de pousser encore plus loin l'analyse parce que je crois que c'est absolument nécessaire.

Certes, nous avons chacun moins de moyens financiers et humains qu'une association. Les chambres syndicales n'ont pas réussi à fédérer entre elles les bonnes volontés, à nous faire progresser tous ensemble vers un même but, un même objectif. L'année 2007 m'a permis de me rendre compte, d'être pleinement conscient que la plupart des professionnels appartenant à la CGP n'y sont que pour une simple question de carte professionnelle, pour pouvoir obtenir plus facilement leurs dérogations auprès des procureurs de la République. Et c'est tout ! On a longuement parlé entre ceux qui essayaient de faire bouger les gens d'eux en terme de de "majorité silencieuse". Certains se sont disputés pour des questions de pouvoir ridicules, liées simplement au CA HT, oubliant de ce fait les véritables objectifs, faire progresser l'ensemble de la profession. Je trouve cela très grave ; je comprends mieux ce terme de "complaisance" employé par Pierre-Valéry Archassal.

Les réseaux se sont faits en dehors de tout système, par ...Comment dire  ? Simplement je crois par affinités.  Combien de réseaux de professionnels existent-ils ? Combien sont innovateurs ? A mon avis, très peu. Chacun prêche pour sa paroisse, isolé, gardant son coin de chasse.

Et un simple mot a lancé un énorme pavé dans la mare. Il va falloir l'assimiler.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Faire du business en Pologne

Par Stéphane Cosson le 22 novembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

C'est le titre d'une fiche pratique  rédigée par Michel Gire, expert-comptable chez Baker Tilly France, pour le compte du magazine L'Entreprise du mois de novembre.

Moi qui étais en train de réfléchir sur ce sujet, j'avoue qu'elle est vraiment tombée à pic. Cela m'a permis de savoir quelle était, pour moi, la meilleure solution.

Mais que nous dit Michel Gire ?

Pour lui, il y a trois manières de faire du business :

  • Créer une société de capitaux en Pologne, une société qui serait entièrement polonaise.
  • Installer un bureau de représentation : pas de personne moral distincte et une seule activité possible : publicité et promotion de l'entreprise étrangère.
  • ouvrir un établissement secondaire.

C'est cette dernière solution qui me paraît personnellement la plus intéressante. Pourquoi ? Simplement parce que cela permet de créer une marque dans le domaine de la généalogie. il n'y en a pas tant que cela, quand l'occasion peut nous être donnée, autant la saisir, surtout en international.

L'établissement secondaire doit utiliser le nom de l'entité étrangère dans la langue de son pays d'origine conjointement avec la traduction en polonais de sa forme légale suivie de la mention "oddzial w Polsce", nous apprend Michel Gire. Il doit aussi tenir sa comptabilité selon le droit polonais.

Si en tant que généalogiste, je voulais m'installer en Pologne, voilà la stratégie que j'appliquerais :

  • Création d'un établissement secondaire
  • Recrutement d'un Polonais, si possible avec une double compétence : juriste et historien. La personne devrait aussi parler anglais, pour que la correspondance entre nous puisse se faire plutôt dans cette langue.

S2CF serait présent bien sûr à toutes les étapes de la création de l'établissement secondaire et à sa mise en route. Les compétences de Christophe seraient alors utilisées (après tout, il est d'origine polonaise par sa mère). Visites en Pologne très régulières au début, pour que tout se cale. Très régulières, cela veut dire pour moi au moins une fois par mois, sans doute plutôt une fois par semaine.

Puis, une fois l'affaire lancée, les demandes de recherches arrivant, si tout est bien calé, une visite par trimestre (sans forcément prévenir) serait peut-être suffisante. A voir à l'usage en fait.

L'exemple concern la Pologne puisque la fiche de L'Entreprise était sur ce pays. Mais à mon avis, cela peut s'appliquer pour tout pays.

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Shalom Israël ?

Par Stéphane Cosson le 3 novembre 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Un de mes clients est chevalier de l'Ordre de Malte et m'a confié la recherche des preuves de sa noblesse. Un jour il m'a invité chez lui. Cela je vous l'ai déjà raconté dans une note précédente.

Mais il y a une suite.

Sa dame me dit que l'Ordre de Malte à Jérusalem recherche une personne pour 6 mois pour les aider à classer des documents. Si je veux, ils peuvent me recommander et selon elle, ce n'est pas une proposition à refuser.

Effectivement, je crois que c'est vraiment une proposition intéressante, qui peut ouvrir d'autres portes. Quel est le risque de postuler ? Je viens de recevoir l'adresse du Père qui s'en occupe et mon client lui a envoyé un courriel de recommandation.

Toutefois, avant d'envoyer à mon tour un courriel, il me faut en parler à Christophe. 6 mois, c'est relativement long. Christophe se sentira-t-il la force de gérer seul notre étude généalogique pendant tout ce temps, seul ou avec l'aide de notre expert-comptable ? Est-ce que cela veut dire qu'il faut repousser certains projets que je suis en train de mettre en place depuis plusieurs mois, pour lesquels je recherche des financements ou Christophe peut-il s'en occuper seul là aussi ? Et qu'en est-il de SOS Généalogie ? Cela ne veut-il pas dire que je m'éparpille ?

6 mois, c'est long. Sera-t-il possible de les fractionner, sur une année par exemple un mois en Israël et un mois en France alternativement ? Et bien sûr, quels sont les documents à classer ? S'il s'agit de documents médiévaux, c'est hors de mes compétences actuelles. Par contre, je pourrais toujours donner des adresses au Père, d'autres contacts, d'autres personnes qui pourraient être intéressées.

Bref, pour le moment, cela me pose plus d'interrogations que je n'ai de réponses. J'avais pris le temps de la réflexion mais peut-être pas suffisamment.  Toutefois... Toutefois, le point positif c'est que mon client est pour le moins satisfait de mes prestations et du contact qui a été établi entre nous.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Professionnels de la généalogie : l'avenir en questions

Par Stéphane Cosson le 29 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Dans "Généinfos", Guillaume de Morant a rédigé une note récemment intitulée "Associations généalogiques : l'avenir en questions". Très intéressante note s'il en est. Les commentaires qui lui font suite le sont tout autant.

Plusieurs points sont abordés par Guillaume :

  • Expériences non partagées entre les différents cercles de généalogie.
  • Faux débat sur la crise du recrutement des associations.
  • Modèle associatif peinant à évoluer

Selon Guillaume, tout ceci est l'arbre qui cache la forêt. La forêt, c'est le manque de projets maintenant que les relevés des NMD et BMS sont en voie d'achèvement. Pas de nouveau chantier fédérateur en vue.

Philippe Pacaud, un des commentateurs, signale en fait qu'il n'y a pas d'analyse stratégique de la part du monde associatif. S'il n'y avait que là ...

C'est vrai, les points abordés par Guillaume de Morant peuvent aussi s'appliquer au monde professionnel. A ma connaissance, aucun professionnel ne partage ses bonnes pratiques avec les autres généalogistes. Et pourtant, ce serait possible assez facilement. Comment ? A la CGP, quand on audite un candidat, on lui demande de nous rédiger un dossier client. On peut voir de suite comment il rédige celui-ci. Quand on le reçoit, on peut aussi lui demander ses trucs et astuces. Dès qu'il est entré dans la CGP, pourquoi ne pas faire un rapport à tous les membres indiquant comment il fait. Non pas pour le juger mais pourque les autres puissent tout simplement savoir, le contacter, pour qu'il y ait partage.

Un modèle peinant à évoluer ? C'est une gageure de le dire. Il me semble qu'il y a une volonté de résister au changement véritable : l'analyse stratégique de chaque structure. Une véritable volonté de ne pas se former économiquement, stratégiquement pour la plupart.

A ma connaissance, le faux débat sur le métier de généalogiste familial existe aussi. On ne replace pas notre turn-over relativement important dans son modèle économique : un métier en émergence. Ce turn-over est donc normal et non comparable à ce qui existe pour les généalogistes successoraux qui sont dans une autre phase de leur vie de professionnels : la maturité. donc absolument rien à voir.

De même, pas de chantier fédérateur proposé par les syndicats professionnels. Pas à ma connaissance en tout cas. Notre avenir professionnel est aussi en questions.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Un processus de stimulation mentale

Par Stéphane Cosson le 11 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je suis, entr'autres, en train de lire un ouvrage sur le marketing des services. J'y puise de bonnes pistes de réflexions.

Et comme je suis en forme, veinards que vous êtes, vous avez droit à une deuxième note aujourd'hui !

Tout d'abord, j'ai eu la confirmation que le métier que j'exerce depuis maintenant sept ans est bien un métier de services.  L'ouvrage dont je vous parle me l'a confirmé en neuf points :

  • On ne possède pas un service. On y accède temporairement.
  • Les services sont des performances intangibles, pas des objets.
  • Les clients sont souvent activement impliqués dans le processus de production.
  • D'autres personnes peuvent faire partie de l'expérience du service.
  • Il est difficile de contrôler la qualité tout en améliorant la productivité.
  • Souvent, le service est difficile à évaluer par le client.
  • Les services ne peuvent pas être produits en avance pour être stockés.
  • Le facteur temps est très important.
  • Les systèmes de livraison comprennent des canaux physisques et électroniques.

La généalogie est bien en plein dans cette définition. Mais la généalogie est une action intangible. Ce n'est pas, ce ne sera jamais un objet. C'est par contre un processus de stimulation mentale. Elle modifie, même si nous ne nous en rendons pas souvent compte, nos perceptions. Un exemple ? Un de mes clients utilise un logiciel qui lui donne la date de tous les anniversaires. Cela lui a permis de créer du lien avec tous ses cousins généalogiques et il les appelle régulièrement pour leur souhaiter ces anniversaires. En même temps, bien sûr, ils s'échangent des nouvelles. L'auraient-ils fait sans la généalogie ? Ce client n'en est pas persuadé.

Cette modification exige pour nous, professionnels, un code de bonne conduite, des règles déontologiques. Nous le faisions, nous en sentions la nécessité mais sans vraiment savoir pourquoi c'était si nécessaire.

De la part de nos clients, sans qu'ils soient maintenant dans l'obligation de se déplacer, la généalogie demande  un investissement en temps. Et si le coeur du service généalogique était l'information ? Pourquoi les bases de données sont-elles aussi importantes, le sujet d'une bataille importante entre sociétés commerciales ? Pourquoi les Archives numérisent-elles ? N'est-ce pas parce que les archives sont des données qui peuvent être facilement digitalisées, enregistrées et rendues disponibles pour des réutilisations ultérieures ? N'est-ce pas parce que les archives peuvent être "transformées" en produits manufacturables une fois cette digitalisation opérée ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

La vache à lait

Par Stéphane Cosson le 6 octobre 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Actuellement, il y a de nombreuses discussions concernant la commercialisation des données. Certains font la différence entre tous les partenaires en possédant, disant qu'il faut le permettre à certains et l'interdire à d'autres. D'autres ne font pas ces différences.

Et si, plus simplement, on abordait le problème par le biais du produit plutôt que par le biais des personnes qui peuvent en avoir ? N'y aurait-il pas une solution plus simple ?

Si j'ai bien compris le problème, ces bases de données réutilisables, commercialisables à l'infini sont l'objet de toutes les convoitises. Si j'ai bien compris, elles sont ce qu'on appelle : une vache à lait. Un objet économique qui fournit du cash quasi à l'infini et permet ainsi de financer d'autres projets. Un objet économique qui se rentabilise très vite. Je pense que c'est pour cela que les discussions sont si ardues à leur propos car tout le monde voudrait se les approprier et notamment les sociétés commerciales.

C'est un produit sur lequel il y a peu d'investissement eet un investissement qui se rentabilise, qui s'amortit très vite. Le propre de la vache à lait. Tous les jours, deux fois par jour, on traie. Il suffit, si je puis dire, de nourrir la vache.

Pourquoi tout le monde n'y aurait pas droit, du moment qu'il est commerçant ? Pourquoi certains se constitueraient-ils des bases de données dont ils ne pourraient pas se servir ensuite ? Quel est l'intérêt ?

Plutôt que d'imaginer des interdictions pures et simples, on peut tout imaginer : des locations par exemple. Je crois que ces discussions sont le moment d'être créatif et non de fermer sous un prétexte ou un autre.

Et vous qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Développer la marque ?

Par Stéphane Cosson le 23 septembre 2007 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Je vais me faire traiter de hérétique. On va vouloir m'occire peut-être façon Jeanne d'Arc mais tant pis, j'assume :

Et si l'avenir de la généalogie se trouvait en partie dans le développement de marques ?

Dans l'ouvrage de Jean-Louis Beaucarnot sur la généalogie (collection "Que sais-je ?"), il est écrit que la généalogie porte en soi des limites dont l'absence de produits tangibles commercialisables. Jean-Louis Beaucarnot écrit :

Hormis certains documents sur papier, les livres rares qui ont une cote sur le marché du livre ancien et les souvenirs ou meubles de famille, davantage du domaine de la brocante ou de l'antiquité, aucun objet tangible susceptible d'une évaluation objective n'a finalement cours dans le monde généalogique.

Et si l'avenir était dans les produits dérivés, même pour la généalogie ?  Je m'inspire pour cela de ce qu'écrit Ronan Chastellier, maître de conférences à Sciences-Po, dans le dernier numéro de L'Entreprise. Pour lui, il n'est plus besoin de créer un univers fictionnel complexe pour avoir des produits dérivés renouvelant l'intérêt pour des produits hyper-banalisés. Pour lui, il y a désormais les produits dérivés 2.0, reposant sur des "personnages-logos" puissants, agissant de manière hypnotique, codifiés par des dessinateurs-graphistes et "mis en carte" sur les produits.

Cette technique suppose le recours à des sites Internet pour disposer des informations nécessaires sur les personnages et les produits, avec en apothéose la réalisation d'une vraie oeuvre créatrice, style BD ou film.

Notre seule limite dans ce domaine est notre imagination. Je suis persuadé qu'il y a des possibilités différentes de celles proposées par Notrefamille.com mais allant dans le même sens.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le généalogiste est-il un commerçant ?

Par Stéphane Cosson le 22 septembre 2007 | Commentaires (7) Commentaires | Permalink

Toujours dans nos discussions entre collègues, il y a une pierre d'achoppement entre nous : Le généalogiste familial est-il ou non un commerçant ?

Cela pourrait être notre controverse de Valadolid. A l'époque, on se demandait si les Indiens, tout juste découverts, avaient une âme. Si nous devenons commerçants, d'une manière ou d'une autre, allons-nous perdre la nôtre, celle du chercheur d'archives ?

La discussion est ardue. Deux camps se sont formés. Voici quelques pistes de réflexions.

Tous les généalogistes familiaux s'éclatent en faisant ce que nous appellons la "recherche pure" : un client nous confie un dossier dans lequel nous devons remonter une partie de sa généalogie. Nous sommes alors en salle d'archives, à consulter l'état civil, les BMS, les registres des notaires, voire d'autres documents en fonction de ce qu'il nous demande ou des pistes que nous pouvons dégager selon les blocages que nous pouvons avoir. C'est vrai que c'est gratifiant, valorisant.

Mais...notre départ, c'est quand même l'état civil et les BMS. Il faut d'abord construire l'arbre pour pouvoir ensuite y mettre des feuilles. En cette période de numérisation de l'état civil et des BMS, en cette période de mise en ligne de ces archives numérisées, les généalogistes amateurs ont moins besoin de nous.

Pour moi qui suis dans un département où l'état civil et les BMS sont numérisés et mis en ligne, je le constate tous les jours. Christophe et moi n'avons quasiment plus de demandes, ou ponctuelles, de recherches sur le Tarn, notre département de domicile. Heureusement que nous avons 7 autres départements dans notre zone géographique pour pouvoir vivre. Mais ces autres départements numérisent et soit vendront des Cd-Roms soit mettront en ligne. Le danger est bien présent autour de nous. 

Souvent mes clients se contentent de tout ce qui est état civil et recherches chez les notaires. Très peu, même quand je le leur propose, veulent aller plus loin et mieux connaître la vie de leurs ancêtres. Très peu recherchent des Louis-François Pinagot.

Donc, pour ne pas voir son chiffre d'affaires baisser, il faut inventer de nouvelles pistes. Et c'est vraiment là où nous ne sommes pas d'accord. Pour certains, inventer ces nouvelles pistes équivaudrait à devenir un commerçant, à ne pas fournir de vraies réponses aux vraies questions de notre clientèle. Pour ces mêmes, le vrai avenir de notre profession consiste à rechercher et obtenir des prérogatives que le lecteur lambda n'a pas et qu'il sera obligé de venir chercher auprès de nous.

Peut-être. La vérité est sans doute ailleurs, au milieu de nos interrogations. Et si nous nous interrogions, une bonne fois pour toutes, sur les besoins de notre clientèle ? Cela ne pourrait-il pas nous donner des pistes de réflexions ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Pouvoir réel contre pouvoir légal

Par Stéphane Cosson le 8 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Je ne sais plus où j'ai lu qu'auparavant le monde était coupé en deux : les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Puis, les mauvais s'étant éliminés d'eux-mêmes, il y a eu les bons et les innovants. Désormais, dans le monde économique, il existe les rapides, dans le sens "ceux qui savent réagir", et tous les autres sont morts.

Cela m'a fait penser à la notion de pouvoir : pouvoir réel contre pouvoir légal. Dans les deux cas, il s'agit de pouvoir, mais pas vraiment du même. Eh oui, une fois encore, l'ouvrage d'Anis Bouayad sur les alliances stratégiques.

Pour Anis Bouayad, le pouvoir traditionnel est associé à la puissance. On prend le pouvoir contre les autres. Pour cet auteur, le pouvoir peut emprunter d'autres voies : la conviction, la persuasion, la séduction ... Dans tous les cas, un consensus s'installe.

Pour cet auteur, non seulement on ne prend pas le pouvoir en luttant contre mais surtout en luttant avec les autres.  Prendre le pouvoir en luttant avec ? En voilà une drôle d'idée mais personnellement elle me plaît bien.

Dans le premier cas, on se confronte, c'est la guerre et que le meilleur gagne.

Dans le deuxième cas, on s'en fout de savoir qui est le plus fort car on est tous dans la même galère, tournés vers un même but. Dans ce cas, le pouvoir égale une mutualisation de la décision et une association dans l'action. Faire ensemble pour exister chacun. Exister avec d'autres plutôt que de mourir seul, marginalisé. Dans ce cas, le pouvoir se partage. Il n'y a aucune domination des uns sur les autres. Chacun a une once de pouvoir dans sa spécialité. On se donne les moyens d'évoluer.

Tenez un exemple très personnel : vous avez pu le constater, il y a régulièrement dans les commentaires des demandes concernant la généalogie successorale. Ce n'est pas ma spécialité. Est-ce une raison pour ne pas y répondre ? J'ai préféré aller chercher un généalogiste successoral compétent qui réponde à ma place. Cela rassure ainsi les personnes qui font les demandes. Résultat : j'ai appris qu'un membre d'un des plus grands cabinets de généalogie successorale lisait occasionnellement le blog. J'ai pris contact et une association naîtra peut-être de ce contact. Je ne sais pas encore quelle forme elle prendra. Tout est ouvert me concernant. Peut-être qu'un bout de chemin pourra se faire ensemble dans une troisième voie qu'aucun n'imagine encore. Mais c'est vraiment cela qui m'intéresse.

J'aime beaucoup cette notion de pouvoir telle que définie par Anis Bouayad. Cela renforce ma réflexion sur la stratégie à mettre en place pour mon entreprise ou dans le cadre de mes engagements personnels.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Territorialité de la généalogie ?

Par Stéphane Cosson le 1 septembre 2007 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Il me semble que l'arrivée d'Ancestry sur notre territoire doit inciter à se poser différemment des questions. Ancestry joue le rôle du chien dans le jeu de quilles.

Quelle est la territorialité de la généalogie ? Peut-être pour commencer une définition de la territorialité : il s'agit d'un espace géoéconomique dans lequel la stratégie est déployée, les activités affectées, les alliances nouées, les ressources allouées, selon Anis Bouayad.

Si nous y regardons de plus prêt, nous avons d'un côté une entreprise qui arrive en France après s'être implantée ailleurs. Pour elle, son territoire de développement est le monde. Il s'agit d'Ancestry. Nous avions déjà une autre entreprise de ce type, mais moins agressive, qui avait d'autres objectifs de travailler sur le monde : les Mormons. A ma connaissance, Ancestry n'a pas de but religieux mais seulement des buts commerciaux.

Si nous y regardons, la France en tant que territoire semble être un territoire approprié pour Ancestry. La généalogie en tant qu'activité économique s'y est déployée petit à petit depuis maintenant 30 ans, se développant, créant de la richesse.  Même si les bases de données d'Ancestry en France sont pour le moment ridicules par rapport à celles des entreprises françaises, elle a créé une présence sur le territoire. Ancestry n'a rien acquis ou pas grand chose. L'important, je crois, n'est pas sa force, sa puissance, sa taille. Ancestry est là, met en place son maillage, sa stratégie. Ancestry peut se déployer avec peu.

De l'autre côté, nous avons plusieurs entreprises françaises qui, à ma connaissance, sont principalement franco-françaises. Que ce soit SWIC, Geneanet ou Notrefamille.com, à ma connaissance, auncune n'est sortie de l'Europe. Il y a, il me semble, un certain déséquilibre entre Ancestry et elles, déséquilibre qui peut être comblé.

Imaginons : la France a un fort passé colonial et possède aussi une capacité intéressante d'accueil des étrangers. Et si cela pouvait servir d'appui, de base à un développement vers l'international des entreprises françaises ? Et si, nous généalogistes professionnels familiaux, pouvions jouer un rôle dans ce jeu ?  Nous sommes en effet basés sur toute la France. Un maillage a été créé, différent du maillage des associations généalogiques. Nous pouvons apporter une compétence différente. A nous de savoir créer des alliances intéressantes sinon le réveil va être rude.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Les Experts

Par Stéphane Cosson le 4 juillet 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Le fait de vendre une infime partie de mes données dormantes chez SWIC, son rachat par Notrefamille.com me fait penser à une chose. Actuellement, nous ne sommes plus les seuls à diffuser de l'information utile. Il y a une multiplication des systèmes de partage d'information en ligne. Certains donnent plus d'importance à l'individu dans les phases de découverte et de diffusion de l'information.

Et si nous nous concentrions sur les phases pour lesquelles nous apportons une forte valeur ajoutée ?

Et d'abord quelles sont ces phases ? Car c'est bien beau dire qu'il faut se concentrer sur elles mais pour cela il serait bien de les identifier auparavant.

Je crois qu'elles sont de plusieurs types :

  • une phase d'expertise et d'analyse : il n'y a qu'un professionnel qui peut arriver à débloquer un généalogiste amateur, parce qu'il connaît ses fonds, ses documents sur le bout des doigts. Il n'y a que lui, parce qu'il y est tous les jours ou presque, qui peut se faufiler entre les documents, rebondir d'un document à un autre.  Je le vois tellement souvent aux AD quand on vient me voir : "Monsieur, je suis bloqué !" Et que je réponds : "Vous avez pensé à telle série ?". 90% des réponses sont négatives.
  • une phase de documentation : nous savons organiser de l'information. Cela peut paraître bête à dire mais c'est comme cela. Personnellement, j'ai classé toutes mes données par patronymes. Peu m'importe de savoir de quel bout d'arbre ou pour quel client. Ce qui m'intéresse c'est le patronyme. Je peux faire une cartographie Ancien Régime d'un patronyme étudié. Cette cartographie ne sera pas complète, elle s'affinera au fur et à mesure du temps. Mais en tant que professionnel, j'ai cette capacité. D'abord parce que j'ai toutes mes données chez moi, collectées au fur et à mesure de mes recherches. Je n'ai pas besoin de faire appel aux bonnes volontés de qui que ce soit. Du coup, cela me permet aussi de répondre aux questions des lecteurs de salle d'archives et cela renforce encore mon expertise. "Monsieur, je suis bloqué sur ce nom !" Et que je réponds : "Vous avez pensé à telle commune ou paroisse ?". Parfois cela fonctionne même pour le lieu-dit.

Je me souviendrais toujours de la tête qu'a faite une de mes cousines qui cherchait comme cela, sans plus, ses ancêtres sur sa commune. A un moment donné, elle me cite deux lieux-dits où ils seraient mais sans me citer aucun nom. Deux noms ont fusé de ma bouche. Les deux fois, je suis tombé juste. Cela l'a étonné. Mais tout comme je connais mes fonds, mes séries archivistiques, je connais mon fonds patronymique.

Je crois que là, nous avons une carte à jouer. Mais le mieux quand même serait que nous nous rassemblions tous plutôt que d'oeuvrer chacun dans notre coin. Ensemble, on est toujours plus fort que seul. Dommage que certains de mes confrères ne le comprennent pas.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Cela bouge dans le secteur

Par Stéphane Cosson le 28 juin 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Le rapprochement entre SWIC et Notrefamille me fait réagir. Cela bouge dans le secteur et ne me surprend pas du tout. Comme tout secteur économique, car la généalogie en est un, des changements se seraient déroulés à un moment ou à un autre.

Ils arrivent. A nous de nous y préparer correctement.

Un secteur économique est un système d'inter-relations. C'est l'histoire du papillon à Paris qui provoque un tsunami à Tokyo juste parce qu'il a modifié le battement de ses ailes. Une modification entraîne d'autres modifications.

Première modification : l'entrée en Bourse de Notrefamille.

Deuxième modification : le rapprochement SWIC - Notrefamille.

Peut-être y avait-il déjà une autre modification avant celles-ci : la création de l'USGP. C'est-à-dire le rapprochement des chambres professionnelles.

Les cartes sont en train d'être redistribuées.  Les obstacles se renforcent.

Il me semble que c'est ce qui est en train de se passer pour les généalogistes successoraux : réforme des successions, mandats... Et autres joyeusetés pour eux. Je comprends mieux pourquoi certains successoraux de ma chambre craignent pour eux et essaient de prendre durablement le pouvoir et de mettre en place des réformes au sein de notre chambre en leur faveur.

Je crois que cette intensification de la lutte peut se comprendre par ce prisme. Nous sommes entrés dans une période de turbulences, d'adaptations en tous genres. L'élimination des plus faibles, économiquement parlant, est en marche. Ceux qui auront survécu auront peut-être alors une rentabilité supérieure, des résultats financiers satisfaisants. Ils seront rentrés dans une époque de croissance ralentie.

Bref, il me semble que le secteur de la généalogie rentre dans sa maturité. C'était à prévoir un jour ou l'autre.

Nous devrions rencontrer, me semble-t-il, dans les mois qui viennent trois types de personnalités :

  • Les agents du changement : 10% de notre secteur environ. Ils adoptent les nouveautés avec énergie et optimisme.
  • La majorité silencieuse : 75% de notre secteur environ. Ils ne sont pas en première ligne mais, une fois que le changement leur a été expliqué et qu'ils en sont persuadés, ils y vont sans aucun état d'âme.
  • Les sclérosés : Ils combattent toute idée de changement jusque dans leurs derniers retranchements. Ce sont les opposants les plus butés. Ils n'adhèrent pas à la nouvelle vision et ils doivent alors disparaître du paysage. Si je calcule bien, cela représente 15% de notre secteur.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Généalogie et cécité

Par Stéphane Cosson le 22 juin 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Un de mes clients m'a laissé il y a quelques jours un e-mail. Il est en train de perdre la vue, lentement mais sûrement. De ce fait, il me demande de trouver des solutions pour qu'il puisse continuer à lire les documents que je lui envoie maintenant depuis 4 ans.

Pas si simple !

Je me suis rendu compte qu'en fait la généalogie était entièrement pensée pour les "bien-voyants". Et les autres, ils n'y ont pas droit ? Et pourquoi ?

Pour le moment, pour mon client, j'ai trouvé une solution qui lui convient. Je lui envoie tout en gras, tapé en gros caractères. Il peut comme cela lire sans trop s'abîmer le peu de vue qui lui reste. Mais je suis sûr que d'autres solutions pourraient s'imaginer.

Par exemple, il existe un logiciel qui permet de transformer les textes écrits "en noir" en des textes en braille. Quel est le premier éditeur de logiciel généalogique qui pensera à faire de même ?

Certes, les mal-voyants ne pourront jamais voir des actes numérisés. Mais peut-être est-il possible de les modifier si on s'en donne un peu les moyens ? Par exemple, il pourrait y avoir des donneurs de voix qui liraient les photos des actes d'état civil ou de registres paroissiaux pour les personnes mal-voyantes. Et pourquoi pas ? Cela existe bien pour les romans.

La question posée par mon client m'a en tout cas amené à réfléchir. Que pouvons-nous faire pour les mal-voyants passionnés de généalogie ? Devons-nous simplement leur dire que ce n'est pas pour eux ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Exposition

Par Stéphane Cosson le 21 juin 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Ma dernière conversation , les derniers mots m'ayant fait beaucoup rire,  m'a rappelé une autre histoire.

Il y a quelques années de cela, j'avais demandé au journal L'Entreprise, après un article qu'ils avaient intitulé "comment gérer l'échec ?", qu'il serait peut-être un jour intéressant de se poser la question inverse : "Comment gérer le succès ?". Le rédacteur en chef était bien embêté semble-t-il avec ma question.

Comment gérer le succès ? Comment se blinder par rapport à l'exposition médiatique, aux rumeurs, aux attaques personnelles que cela peut entraîner parfois ?

Il est clair que je m'expose plus que la plupart de mes confrères. Je publie des articles régulièrement dans la RFG, j'ai un blog (qui devrait bientôt apparaître dans la rubrique " les Blogs à la Une" de Typepad) dans lequel je rédige régulièrement des notes. Il s'agit d'une exposition voulue.

Pour ce qui est du blog, je me suis rendu compte qu'en fait écrire sur sa profession était une activité nécessaire que tout le monde devrait faire à un moment donné de sa vie professionnelle. C'est sans doute ce  qui m'a le plus manqué durant les trois premières années de mon activité, celles où je testais dans une coopérative d'activité mon marché. Il me semble qu'en fait, toute personne qui teste son marché, quelle que soit la structure dans laquelle elle le fait, devrait rédiger. Parce qu'ensuite, quand elle se lance, on lui demande du rédactionnel. Et qu'à ce moment-là, il m'en manquait pas mal pour ne pas dire qu'il me manquait tout. D'où le blog.

Je rédige, donc je présente mes réflexions. Cela me permet de humer l'air du temps.  Cela me permet d'exercer ma créativité. J'écris, cela se met en place plus facilement dans ma tête, je peux ensuite plus facilement agir, chercher des partenaires, leur présenter là où j'en suis plus vite. Mon mode de fonctionnement : réflexion ! Action ! Et le tout dans un temps qui me convienne. Que demander de plus ?

Cette exposition peut susciter un flot polémique, des attaques personnelles : jalousie, dépit ou d'autres raisons peuvent en être à l'origine. Peu importe.  Je crois que de ce côté là, mon interlocuteur a raison : mes détracteurs auront fermé boutique bien avant moi ! Le temps qu'ils perdent à me surveiller, à vérifier si je suis présenté par d'autres de la bonne manière ou d'une manière qui pourrait choquer l'ensemble de la communauté généalogique professionnelle selon eux, j'avance. Pour moi, cela veut dire qu'ils n'ont pas d'autre tâche plus importante que d'être à l'affût.

Et en plus, j'ai des projets et  pris un associé pour pouvoir développer au mieux ceux-ci, pour pouvoir me libérer du temps pour ce sujet ! Mais quelle horreur !!! Un généalogiste professionnel familial qui envisage de faire un CA HT supérieur à 15 000 € ! Sus à l'ennemi ! L'hallali est proche ! Reste à savoir qui il va concerner...

Ah, au cas où vous ne l'auriez pas compris, mon ambition est toujours là ! Et elle ne va pas me lâcher de si tôt. Et c'est curieux comme auprès de certains de mes collègues, ce discours passe bien.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Marché à l'exportation

Par Stéphane Cosson le 19 juin 2007 | Commentaires (7) Commentaires | Permalink

On va me reprocher encore d'être ambitieux mais je crois que c'est le seul moyen de vraiment s'en sortir. Certains projets étant en passe de se mettre bien en place, je suis en train de passer aux suivants. C'est peut-être trop tôt mais avoir plusieurs projets est toujours revigorant, surtout que tous ne vont pas voir le jour.

Je pars toujours du principe : aucune compétence endormie, aucune donnée non plus. Comment récupérer des marchés qui peuvent être potentiellement intéressants mais qui sont pour le moment endormis, faute de réponses concrètes ou appropriées ?

De par son ascendance maternelle, Christophe, mon associé, comprend une langue  mais il ne la parle pas. Il sait la prononcer aussi. Nous sommes dans un département pour lequel il y a eu des vagues d'immigration de ce pays.

Je sais par ailleurs qu'existent des demandes de recherches généalogiques concernant ce pays, demandes qui ne sont pas satisfaites ou difficilement pour le moment. Une de nos consoeurs a les mêmes origines que Christophe mais n'est pas intéressée par les demandes de généalogie familiale. Seules les demandes de généalogie successorales sont prises en compte par elle.

A mon avis, il y a donc un marché insatisfait pour le moment. Et il me semble qu'il pourrait être mieux satisfait. Mon interrogation actuelle est la suivante : comment faire financer des cours de langue pour Christophe ? L'Union européenne pourrait-elle engager des sous là-dedans, dans le cadre du développement de la coopération entre deux de ses pays par exemple ? Il va falloir trouver une solution satisfaisante pour tous.

Le pays étant relativement éloigné, je crois qu'ensuite il devrait être possible de regrouper les différentes recherches en un seul voyage, quitte à diviser les frais de déplacement par le nombre de recherches pour que cela ne fasse pas trop cher à chacun des demandeurs. Il faut que cela soit rentable aussi pour les deux parties.

Cela me trotte depuis un petit moment dans la tête. Tant que je me le serais pas malaxé comme il faut (c'est ma manière de voir les problèmes, je me les mâche, je me les rumine de manière créative), une solution ne va pas sortir. Je le sais. A voir et à suivre donc...

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Numérisation et tourisme

Par Stéphane Cosson le 9 juin 2007 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Jean-Yves Baxter, dans une de ses notes, parle d'un article très intéressant, article en anglais, sur les conséquences de la mise en ligne des archives d'Irlande sur le tourisme généalogique. Je n'ai pas encore lu tout l'article que je suis allé chercher sur le Net. Mais les quelques chiffres que j'ai vu me parlent énormément.

L'auteur montre que la mise en ligne a eu une conséquence inattendue, involontaire, voire même surprenante. En 2000, l'Irlande recevait 116 000 touristes généalogiques, des gens donc qui venaient en Irlande, qui se déplaçaient uniquement pour chercher leurs ancêtres. Une fois les archives en ligne, ce chiffre est tombé à 45 000 personnes en 2004.

La généalogie peut donc être un moteur de l'économie locale. Les personnes qui viennent chercher leurs ancêtres consomment sur place un minimum. Ils ne viennent pas forcément louer une chambre d'hôtel. Ils peuvent venir avec leur camping-car (j'en ai vu quelques uns camper ainsi sur le parking des Archives du Tarn). Mais ils consomment, ne serait-ce que l'essence, la nourriture s'ils restent plusieurs semaines, quelques sorties. Peut-être la location d'une place de camping.

Les archives sont en ligne. Ils ne se déplacent plus car ils n'en ont plus besoin. Avec l'ADSL, se connecter ne coûte quasiment plus rien, beaucoup moins en tout cas qu'un déplacement à prévoir et à organiser. En outre, plus besoin de se poser la question des horaires des salles de lecture, des réservations, des attentes entre deux levées. C'est vraiment du sur-place, chez soi, dans un fauteuil. Mais il manque tout le contact humain avec les autres lecteurs, contact qui me paraît quand même primordial car les "autochtones" conaissent l'histoire de leur département et peuvent ainsi donner des pistes de recherche rien qu'en entendant un nom de famille.

70 000 personnes en moins sur l'Irlande en si peu de temps, personnellement, je trouve cela énorme. La question que je me poserais si j'étais un organisme de tourisme serait la suivante : comment les faire revenir ? Qu'est-ce que je peux leur proposer qu'ils ne trouveraient pas chez eux, en tapotant sur leur clavier ? Comment puis-je rendre à nouveau la généalogie attractive  touristiquement parlant ?

Protéger les documents originaux en les numérisant, d'accord. La mise en ligne est-elle vraiment obligatoire, économiquement parlant ? Qui a mené une réflexion sur ce sujet en France ? A ma connaissance, pas les conseils généraux ni les Archives, à moins qu'ils ne veuillent se débarrasser des généalogistes amateurs qui "encombrent" leurs salles pour réserver celles-ci aux "vrais" chercheurs. Riez pas, je l'ai déjà entendu dire. Cela me semble être un retour en arrière ringard et d'arrière-garde. La solution des Archives de la Haute-Savoie est alors peut-être la bonne : en ligne certes mais payant. Celle des Archives de l'Aveyron peut en être une autre : numériser et vendre les Cd-Roms commune par commune, mais alors à un prix pas trop attractif mais pas trop repoussant non plus.

Et si c'était une réflexion à proposer à nos politiques ? A partir des statistiques des chercheurs amateurs hors-départements de toutes les salles de lecture par exemple. Les chiffres doivent se trouver assez facilement. En faisant une recherche croisée au minimum avec des spécialistes du tourisme, on devrait pouvoir convertir cela en nuitées. Non ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Un effondrement du système traditionnel ?

Par Stéphane Cosson le 29 janvier 2007 | Commentaires (8) Commentaires | Permalink

Je viens de lire un article un article très intéressant dans Libération sur le marché du disque, notamment une interview de Chris Anderson, économiste.

Je l'ai trouvé très intéressant et, curieusement, j'ai fait le lien avec ce qui se passe actuellement dans le monde de la généalogie (à un moindre degré bien sûr).

Selon Chris anderson, dans les industries culturelles, la migration vers le numérique signifie qu'il y a désormais la place pour un choix infini et donc une demande illimitée. Sur le Net, il n'y a plus une seule cible mais des milliers de micro-communautés. On va vers une fragemetation des audiences et la règle des 80/20 sera de moins en moins pertinente pour fonder une activité.

Actuellement existe la colossale puissance du bouche à oreille en ligne. il y a en outre des voies de ditribution alternatives sur le Net et de nouvelles sources de financement. Selon lui, toujours en parlant de l'industrie musicale, si elle veut survivre, elle doit s'adapter et proposer de vrais services, arrêter de se positionner comme une vendeur d'enregistrements. Cela signifie qu'il va falloir faire de l'argent dans tout ce qui n'est pas repliable, pas numérique : le merchandising, les contrats de licence de droits et le live.

Je trouve que ses réflexions sur l'industrie musicale peuvent s'appliquer à la généalogie. Les généalogistes professionnels sont désormais fortement concurrencés par les la mise en ligne des états civils et par les dépouillements des bénévoles. Certes, me direz-vous, les minutes notariales ne seront jamais numérisées car trop importantes en volume. A nous professionnels de la généalogie de créer des niches dans lesquelles nous apporterons vraiment notre plus-value, là où personne ne pourra nous suivre ou difficilement. Je crois qu'il faut vraiment repenser notre façon d'agir en généalogie. Nous avons un modèle économique à inventer. C'est plutôt sympa comme idée, non ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Ressenti, jugement et innovation

Par Stéphane Cosson le 26 novembre 2006 | Commentaires (5) Commentaires | Permalink

Quelques jours de discussion en interne m'ont fait réfléchir sur un sujet : qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont en capacité d'innover et pas d'autres ? A quoi est-ce dû ?

J'ai personnellement une réponse. A mon avis, cette question en appelle plusieurs.

Je ne sais plus où j'ai lu que, quand une innovation était lancée, elle pouvait déranger. De ce fait, le premier à la lancer pouvait chuter par manque de préparation ou parce que le marché n'était pas prêt et son idée pouvait être reprise alors par d'autres, une fois le marché préparé.

Mais cela ne dit pas pourquoi certains en sont capables et d'autres pas. Comme je le disais, j'ai personnellement une réponse.

Personnellement, je fonctionne maintenant au ressenti. Je peux humer  une atmosphère, percevoir une ambiance, des signes intangibles et malaxer entre elles des idées, des perceptions, pour en tirer quelque chose de nouveau. Il s'agit d'une certaine sensibilité que je ne peux expliquer concrètement. Disons que le monde n'est plus noir ou blanc pour moi, mais plutôt comporte toute une palette de gris et d'autres couleurs. Ce qui me gouverne, c'est le lien que j'ai pu faire entre mes émotions et ma rationalité, mon savoir-faire. Je me sers des unes pour amplifier l'autre. Elles se modifient les unes les autres.

Je n'ai pas toujours été comme cela. Avant de faire ce travail sur moi-même, j'étais dans ce que j'appelle le jugement (le monde est noir ou blanc, il ne peut être les deux en même temps, les autres couleurs n'existent pas). Je possédais des certitudes et je ne voulais pas en démordre. Du coup, quand on me proposait une idée qui dérangeait mes certitudes bien établies, je la rejetais au prétexte que de toutes les façons elle ne marcherait jamais. Le meilleur moyen pour que cela soit effectivement le cas. Quand j'étais ainsi, toute innovation était forcément mort-née.

Il me semble, mais je peux me tromper, que seul le ressenti peut  faire naître l'innovation. Ce que j'appelle le jugement est forcément nécrophage à mon sens.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Généalogie et Haute-couture

Par Stéphane Cosson le 18 novembre 2006 | Commentaires (11) Commentaires | Permalink

Je viens d'assister à un défilé de mode. Il était organisé par les créateurs entrepreneurs-salariés de la coopérative d'activité dont j'ai fait partie avant de m'installer à mon compte, dans le cadre de la quinzaine de l'économie sociale et solidaire.

Et comme d'habitude, j'essaie toujours de rattacher la généalogie à tout ce que je peux trouver intéressant.

Toujours dans le but bien sûr de pouvoir augmenter le CA HT des généalogistes familiaux, de trouver de nouvelles idées pour sortir la généalogie de la recherche pure. Mais cela, il me semble que vous vous en doutiez un peu, non ?

Bon, revenons au défilé de mode ! En le regardant, je me suis dit : "Et si on faisait un mélange des deux ?" C'est vrai ! Qu'est-ce qui empêche un créateur, un styliste, d'aller chercher inspiration dans le monde de la généalogie ? Ils vont bien chercher leur inspiration partout, pourquoi pas là ?

Personnellement, je le vois plutôt dans le monde de la haute-couture ou du street wear, ce mélange. Je m'explique.

Pourquoi ne pas broder des arbres généalogiques, vierges ou pas, stylisés ou pas, des armoiries, du vocabulaire qui nous est spécifique voire même l'écriture du XVIe siècle sur des vêtements féminins ? Je parle bien de broderies. Il me semble que cela ferait plus classieux que si c'est un simple transfert.

Pourquoi ne pas sortir des vêtements mixtes sur lesquels seraient écrites des phrases comme :

"J'ai retrouvé mon Soza 312 !"

ou

"Sachent tous présents et à venir qu'il n'y a rien de plus certain que la mort et de plus incertain que l'heure d'icelle".

Oui, je sais, cette dernière formule n'est pas forcément très joyeuse, mais ceux qui sont habitués à lire des testaments en entier auront reconnu une phrase type des testateurs.

Et après tout, pourquoi pas ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

généalogie et réchauffement climatique

Par Stéphane Cosson le 11 novembre 2006 | Commentaires (4) Commentaires | Permalink

Ce matin, en écoutant la radio, j'ai entendu une interview de Jean-Marie Pelt. Il parlait d'un ouvrage qu'il avait co-écrit avec Théodore Monod.

Une fois de plus, cela m'a fait rebondir sur le rôle de la généalogie. Mélanger généalogie et réchauffement climatique peut paraître bizarre au premier abord. Et pourtant ...

Sur cette questiion, il me semble que la généalogie peut intervenir modestement quant aux actions concrètes. Sauf à travailler à nouveau sur du papier chiffon, bien moins acide que notre papier car moins blanc, sauf à utiliser aussi des cartouches d'encre recyclées. Et autres petits gestes possibles. A voir avec des partenaires écologistes comment le mettre en place.

Par contre, il me semble que son rôle peut être plus important dans la prise de conscience. Je m'explique.

Faire sa généalogie, c'est se rendre compte au bout d'un moment que nous sommes les maillons d'une chaîne. Nous avons des ancêtres et nous sommes le lien entre eux et nos descendants.

En cela, nous sommes assez proches, il me semble, de la philosophie écologique. Comment ? Personnellement, j'ai souvent entendu les écologistes dire que nous n'avions pas hérité la Terre de nos ancêtres mais que nous l'avions le location pour nos descendants. Là encore, nous ne sommes qu'une courroie de transmission.

Et si l'on se servait de l'engouement de la généalogie pour faire prendre conscience du rôle de l'écologie, des petits gestes quotidiens à mettre en place pour réduire le réchauffement climatique ? Après tout, quel est le risque pour les généalogistes ? A mon sens, aucun.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

De la différence entre amateurs et professionnels

Par Stéphane Cosson le 3 novembre 2006 | Commentaires (6) Commentaires | Permalink

Une de mes consoeurs est confrontée à un problème : l'association généalogique amateur de son secteur est très vindicative commercialement parlant. Elle pose la question : comment réagir ? Comment différencier amateurs et professionnels ? Que peut-on faire contre cela ?

J'ai personnellement quelques éléments de réponse.

Personnellement, je pars du principe qu'il faut attaquer avec les mêmes armes. Voyons ce que propose le cercle amateur et proposons exactement pareil. La différence entre eux et moi ? Je suis professionnel donc je consacre huit heures minimum par jour, 5 jours minimum par semaine à la recherche généalogique. Ce n'est pas le cas des amateurs. Au bout d'un moment, j'aurais accru mes compétences dans ce domaine bien au-delà qu'eux.

Deuxième principe : je suis professionnel. Donc j'ai le droit de faire du commerce. C'est peut-être bête à dire mais certains de mes confrères l'oublient. Ce n'est pas le cas des associations. Donc j'en fais. Innovons, innovons, il en restera bien quelque chose. Construisons de la notoriété. Restons pro-fes-sion-nel. Allons sur un terrain où les amateurs ne pourront pas suivre à moins de prendre un procès pour travail illégal et perte de leur statut association à but non lucratif. Cela veut bien dire ce que cela veut dire.

Je ne suis pas une association à but non lucratif. Je ne joue donc pas dans la même cour qu'eux. J'ai le droit de faire du commerce ! Je me suis inscrit pour cela ! Je paie des charges pour cela ! Pas eux !

Agir en terme de lobbying auprès des politiques ? Personnellement je n'y crois pas trop pour le moment. Accroissons d'abord notre poids économique, devenons des éléphants. C'est curieux comme de suite les politiques nous entendront plus.

Pour le moment, c'est la seule réponse que je peux apporter à ce type d'interrogation. Seriez-vous d'accord avec mes arguments ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Généalogie et publicité

Par Stéphane Cosson le 31 octobre 2006 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Je ne sais si vous avez remarqué, mais personnellement cela fait la deuxième fois que je constate qu'un opérateur de téléphonie mobile se sert de l'arbre généalogique pour sa publicité.

Et si la généalogie pouvait être un instrument publicitaire ?

Le premier opérateur s'était servi de l'arbre d'ascendance. Il avait choisi, il me semble me souvenir, un arbre trois ou quatre générations, très vieille France, avec photo de chaque personne dans des cadres à l'ancienne.

L'opérateur dont je vois la publicité actuellement dans les magazines se sert de l'arbre de descendance. Quatre générations là aussi, chaque génération se distinguant de l'autre par une couleur différente : rose, bleu, vert, jaune.

La différence entre les deux publicités ? L'une faisait passer son message en présentant des personnages et l'utilité que chaque génération pouvait faire de son téléphone mobile. La deuxième se sert de l'arbre généalogique simplement pour faire passer son message écrit : chaque case couple contient en fait un mot.

Je ne sais s'il s'agit de la même agence de publicité qui a eu cette idée, mais il me semble qu'il y a sans doute quelque chose à exploiter à ce niveau. De même, personnellement, en tant que professionnel, cela me dit que la généalogie est en train de passer complètement dans les moeurs, de faire partie du paysage. Sinon, elle ne serait pas exploitée par les publicitaires.

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

L'absence du père

Par Stéphane Cosson le 28 octobre 2006 | Commentaires (10) Commentaires | Permalink

Cette petite semaine d'interruption, due à un déplacement professionnel, m'a permis de réfléchir à une question qui est survenue de façon un peu inattendue. J'étais dans le train, revenant chez moi, quand j'ai surpris la conversation de deux étudiants en psychologie. L'un d'eux présentait à son acolyte son sujet de mémoire sur l'absence du père et les différents moyens mis en place par les enfants pour y pallier.

Cela m'a fait rebondir sur la généalogie.

Partons d'un postulat : les généalogistes amateurs seraient une population à la mémoire cassée, ignorant presque tout de leur origine, n'ayant que des miettes de mémoire éparse, se sentant entouré d'un mystère. Ce qui contribue à déclencher la quête généalogique.

De l'autre côté, nous avons des familles monoparentales, le plus souvent des femmes seules ayant un ou deux enfants. Cela représente environ 6% des ménages. Certains subissent une perte de revenu importante. Selon une enquête de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, 54% de ces mères de famille sont employées ou ouvrières, 4% cadres et 20% inactives.

Nous avons aussi nombre de familles recomposées. Entre 1981 et 1986, 48% des enfants ont vu l'un de leurs parents se remarier et 37% les deux parents. Le nouveau compagnon de la mère peut (ou non) assurer la paternité sociale. Bref, l'enfant peut se retrouver coincer parfois entre plusieurs figures masculines parfois contradictoires.

Mes deux étudiants en psychologie racontaient que l'absence du père ne pouvait être que destruction. Que ce père soit physiquement absent (le cas des familles divorcées) ou symboliquement absent (le cas de plusieurs figures paternelles). Dans ce dernier cas, laquelle choisir ? Selon eux, il existait, heureusement, des palliatifs qui permettaient à l'enfant de s'en sortir et ne pas être trop détruit.

Et si la généalogie, cette quête des origines, était un de ces palliatifs ? Et si ces enfants de familles monoparentales ou recomposées étaient nos futurs clients ? Ce ne sont que des questions pour le moment. Mais cela vaut peut-être la peine de s'y pencher.

Voir aussi : Prospective

Separateur_post

Le nouveau chemin vers le succès

Par Stéphane Cosson le 8 octobre 2006 | Commentaires (11) Commentaires | Permalink

Dans le dernier numéro de L'Entreprise, il est dit que Jack Welch, gourou du management, a été détrôné. Les règles qu'ils préconisait à ce sujet ne sont plus valables.<