Messages subliminaux
Par Stéphane Cosson le 30 juillet 2011 | (2) Commentaires | Permalink
Je connais quelqu'un, depuis une dizaine d'années maintenant, qui était totalement réfractaire à la généalogie. Un vrai de vrai chez les réfractaires. Un en première ligne. Il ne fallait pas lui en parler. Cela ne l'intéressait pas. Point barre. Conversation close.
Un de ses parents est décédé il y a quelques mois. Et... Depuis...
Il avait reçu l'arbre généalogique informatisé de sa famille paternelle, fait par une sienne cousine. Il a commencé par m'envoyer une première version. Puis une deuxième. Puis la troisième version, complète. Où toutes les générations apparaissent. Et entre chaque version, il me faisait quelques commentaires par oral, m'appellant pour savoir si j'avais bien reçu ses e-mails, me prouvant qu'il ne s'était pas contenté d'un simple transfert mais qu'il l'avait regardé. Me disant, par exemple, que la cousine avait tenu compte des informations, dates et noms, qu'il lui avait fait passer.
Il a pris, un jour, une matinée entière à me décrire son arbre généalogique : parents, oncles et tantes, cousins germains, enfants des cousins gemains. Les métiers de chacun. Les domiciles de chacun. Côté paternel, puis côté maternel. J'avais entendu certains noms, depuis une dizaine d'années que nous nous connaissons. En tant que généalogiste, je m'étais repéré en gros.J'aurais dû prendre en note ce qu'il me racontait. Mais j'étais tellement étonné qu'il le fasse de manière aussi systématique, sur un aussi long temps, que je me suis contenté de l'écouter.
Là il vient de m'envoyer les photos de son caveau familial. Où on peut constater qu'il a appartenu d'abord à une première famille. Puis une deuxième famille, apparentée à la première, est venue. Enfin sa famille à lui commence à l'occuper, hélas. Il avait fait un premier envoi. Trop lourd, il n'était pas passé. Il m'a appelé pour savoir si je l'avais reçu. Quand je lui ai dit que non, il a refait un envoi en plusieurs e-mails.
Je pense qu'il n'a pas du tout conscience des messages qu'il m'envoie. Mon interprétation, mais je peux me tromper, c'est que je suis en train d'assister à la naissance d'un généalogiste. Quelque chose est en train de changer en lui, je le vois. C'est encore subliminal. Cela n'a pas pénétré sa conscience. Mais c'est beau à voir. Et à accompagner avec beaucoup de douceur et de compréhension.
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La nostalgie n'est plus ce qu'elle était
Par Stéphane Cosson le 31 mai 2011 | (0) Commentaires | Permalink
Vous l'avez sans doute remarqué : les marketeurs surfent sur la vague de la nostalgie pour vous vendre au mieux leurs produits. En tant que généalogistes, nous surfons tout autant sur ce thème. Si, si, ne niez pas ! Nous sommes des nostalgiques en puissance.
Et bien, figurez-vous, que la nostalgie est morte, vive la nostalgie !
Longtemps elle fut considérée comme une maladie. Décrite pour la première fois au 17e siècle, elle désignait alors le mal du pays des Suisses au service des différentes monarchies européennes. Au 19e siècle, elle est considérée comme un désordre psychologique. Le signe d'une dépression, d'un deuil pas ou mal surmonté.
Sous l'égide de Robert Wildschut, psychologue néerlandais exerçant ses talents à l'université de Southampton, et de travaux récents de psychosociologues, nous sommes passés du pathologique au bienfait.
Après moultes et moultes études savantes, ils se sont rendus compte que les bouffées nostalgiques (à dose modérée, faut pas pousser non plus) peuvent être désormais considérées comme un élément de bien-être. En effet, selon leurs dires, la nostalgie est une forme particulière de mémoire autobiographique contribuant à l'amélioration de l'estime de soi, permettant de maintenir son identité au cours des différentes transitions de la vie tout en réduisant les composantes anxiogènes associées à celles-ci.
De plus, se souvenir de belles choses du passé rend également plus confiant dans le futur. La nostalgie n'est plus ce qu'elle était.
Voir aussi : Science
Interaction Intermédiaire / Utilisateur
Par Stéphane Cosson le 13 septembre 2008 | (0) Commentaires | Permalink
Je suis actuellement en train de reprendre l'ouvrage sur le besoin de l'information là où je l'avais laissé il y a quelques mois. Le chapitre sur l'interaction informationnelle de personne à personne -cela fait très jargonneux comme cela mais en fait c'est plus simple qu'il n'y paraît -, bref ce chapitre m'ouvre des horizons.
Une des premières phrases, que je trouve excellente personnellement, dit textuellement : on sait ce que l'on voulait quand on a trouvé ce que l'on veut. Intéressante, non ?
Autrement dit, l'usager, quel qu'il soit, ne sait pas toujours identifier avec certitude et précision ses besoins d'information. A l'intermédiaire de le prévoir, d'anticiper cette incertitude dès le début du dialogue entamé, de deviner les besoins non exprimés.
Un exemple ? J'ai une personne qui m'appelle pour me dire qu'elle veut offrir un cadeau pour les 80 ans de son père et que la généalogie lui paraît être un bon cadeau. Quel type de cadeau (première incertitude) ? En discutant sur les différents types possibles, nous tombons d'accord sur une généalogie sous forme de livre (incertitude résolue). Le problème, c'est que la personne sait que son frère a fait des recherches sur le nom de famille mais il ne sait pas exactement lesquelles (deuxième incertitude). Tant que je n'ai pas de renseignements plus précis, je peux difficilement lui faire le devis qu'il me demande. S'il ne s'agit que d'une mise en forme ou s'il s'agit de recherches en archives, le prix ne sera pas le même (troisième incertitude). Nous sommes l'un et l'autre trop dans l'incertitude. Nous sommes alors tombés d'accord pour que ce soit le frère qui m'appelle et que je vois avec lui le devis proposable (deux incertitudes ainsi résolues puisque nous serons alors deux interlocuteurs avec les bonnes informations de part et d'autre).
Ses besoins ont été clarifiés, les miens aussi. La question du départ a été reformulée. La question du départ était : je veux faire un cadeau pour fêter les 80 ans de mon père et la généalogie me paraît être le bon cadeau. Cette question a été précisée : je souhaite que les recherches généalogiques effectuées par mon frère soient mises en forme par un professionnel pour que mon père, au moment de son anniversaire, puisse lire un ouvrage sur sa famille.
Bref, son besoin a été canalisé à travers différents filtres. En même temps, cet exemple m'a fait comprendre la distance qui peut exister entre lui, mon client, mon prospect, et moi, spécialiste de la généalogie familiale. Distance qui fait que parfois je peux ne pas arriver à répondre aux besoins d'information de mes clients. A moi d'y faire toujours attention. Le but ? Arriver à réduire le plus possible ces distances entre nous.
Voir aussi : Science
Les gènes de Christophe Colomb
Par Stéphane Cosson le 13 mai 2006 | (14) Commentaires | Permalink
Le 20 mai 1506, Christophe Colomb décède. Mystères et controverses autour de ce personnage. D'où vient-il ? De Gênes ? De Savone ? De Calvi ? Est-il un corsaire catalan ? Un juif portugais ? Nul ne le sait.
Un professeur espagnol va tenter de résoudre cette énigme.
Ce professeur c'est José-Antonio Lorente, directeur du laboratoire d'identification génétique de l'Université de Grenade. Une vaste enquête est lancée à travers l'Europe à ce sujet.
300 porteurs du nom Colon des alentours de Valence, Barcelone et des Baléares, 250 Colombo de la province de Gênes, une vingtaine de Colom et Coulom autour de Perpignan et Toulouse vont fournir un peu de leur salive en vue d'une analyse ADN.
Le but ? Comparer leur chromosome Y avec celui d'un des fils de Christophe Colomb, Hernando, enterré à Séville, dans la cathédrale.
Seul souci par rapport à cette enquête : il y a trois ans, le même homme avait lancé une autre enquête pour déterminer la sépulture de Christophe Colomb. Les résultats ne sont toujours pas parus. La crainte c'est qu'il en soit de même pour celle-ci, qu'elle ne soit qu'un coup médiatique.
Toutefois, cette enquête me paraît intéressante. Une autre manière d'envisager la généalogie en quelque sorte. Sans présumer des résultats, imaginez qu'un des groupes soit apparenté avec Chrsitophe Colomb. Ne restera plus qu'à remonter la généalogie de chacun des porteurs du patronyme pour voir comment ils se rattachent à leur illustre cousin. Un long travail en perspective.
Voir aussi : Science
